Il existe un autre passage de l’Evangile qui traite de cette question de l’impôt. Il est également dans Mathieu (eh, c’est une déformation professionnelle chez lui) :Vous m'excuserez de n'avoir pas encore pris le temps de répondre à votre précédant message et de livrer à nos lecteurs une courte reflexion qui m'est venue en rédigeant un message à votre attention sur un autre fil.
" « Montrez-moi la monnaie de l'impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d'argent. Il leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? — De l'empereur César », répondirent-ils. Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » "
( Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, chapitre 22, versets 19 à 21 )
N'est-il pas significatif que - dans les Evangiles - le symbole de la souveraineté politique soit précisément la monnaie ? Jésus nous confirme que la monnaie appartient à la sphère propre du pouvoir civil. En demandant la renationalisation de l'émission monétaire, les créditistes ne font rien d'autre que demander que soit rendu à César ce qui est à César.
« […] les collecteurs de la taxe pour le Temple viennent trouver Pierre et lui demandent : ‘Votre maître ne paie-t-il pas la taxe ?’
Pierre répond : ‘Mais si.’ Il rentre à la maison et voici que Jésus lui parle le premier : ‘Simon, quand les rois de ce monde lèvent des taxes et des impôts, qui les paye ? Leurs fils ou ceux qui ne sont pas de la famille ?’ Pierre répond : ‘Ceux qui ne sont pas de la famille’.
Alors Jésus lui dit : ‘Les fils ne paient donc pas. Mais n’allons pas les scandaliser. Va à la mer. Jette l’hameçon et prend le premier poisson qui mord. Tu lui ouvriras la bouche et tu y trouveras une double monnaie. Tu la prendras et la leur donneras pour moi et pour toi ».
Je cite le passage en entier car il est peu connu. On peut entendre un écho de 1 Samuel 8 dans l’ironie de Jésus sur le clan royal exempté de l’impôt (mais comme toujours, Jésus s’exprime à deux niveaux, Il est Lui aussi un Fils quand il s’agit de l’impôt du Temple). Le point significatif de l’anecdote est la dérision. L’argent de l’impôt, on va le trouver miraculeusement dans le ventre d’un poisson ! Deux fois on pose à Jésus une question sur la légitimité de l’impôt, et chaque fois Il répond en ridiculisant la pratique.
Ainsi Jésus ne ponctionne pas Son revenu ni celui de ses disciples. Pas de ‘redistribution sociale’. Pas ‘d’équité fiscale’. Pourtant nous savons qu’Il ne dénigrait pas l’action caritative. Il recommande au jeune homme riche « Donne tes biens aux pauvres ». Aucune critique non plus des donations volontaires au Temple. Dans Luc 21, une veuve pauvre est louée par Jésus pour avoir offert non pas le superflu, mais le nécessaire. Non, le problème est l’imposition, l’obligation légale, et là où existe l’imposition, le politique, Jésus se moque. Il n’entre jamais dans ce jeu-là. C’est la racine de Son enseignement. Il y croit jusqu’à la mort, et des millions d’enfants de Dieu meurent assassinés chaque année parce que nous n’y croyons pas.
Mais retour à ma démonstration. Christophe, la question posée à Jésus dans Mathieu 22 n’est absolument pas celle de la souveraineté monétaire. Rappelons le début du passage. Les Pharisiens et les Hérodiens collabos essaient de piéger Jésus. Ils Lui demandent : est-il permis ou non de payer l’impôt à César ? Et Jésus leur rend un denier de leur pièce. Il les piège à Son tour. « Rendez à César ce qui appartient à César… ». Mais, dites-moi, qu’est ce qui appartient à César ? Que tout doive aller à Dieu, je le veux bien, mais mes revenus, le fruit de mon travail, le legs de mes parents, cela appartiendrait-il à César ? même en partie ? César le prétend, mais je ne le veux pas. Il ne s’agit plus de donation ici, mais de pure confiscation par le quidam quelconque qui se trouve à la tête de l’armée et de la police.
Le « Rendez à César ce qui lui appartient » (en fait, rien), renforcé par la bonne blague du poisson porteur de pièces d’or, rend illégitime pour toujours la levée de l’impôt. Que les chrétiens obéissent « pour ne pas scandaliser », comme recommande le Seigneur, ou par peur des représailles, soit. Mais ils doivent savoir qu’ils n’ont aucune obligation morale de le faire.
CQFD
Fraternellement en un Christ libérateur
Christian[/align]
PS 1 Et si on m'objecte Romains 13, je répondrais qu'entre la voix du Maître et celle du disciple, j'écoute celle du Maître.
PS 2 Merci Christophe d'avoir ouvert un fil sur ce sujet



