Bonjour,
n’étant pas un spécialiste de saint Thomas, ce qui suit mériterait certainement de nombreuses corrections. Elles seront toujours les bienvenues. En ce qui concerne le recours à saint Thomas – et pourquoi lui plutôt qu’un autre, la réponse sera simple : dans la Somme de Théologie, saint Thomas traite de l’obéissance d’un manière très complète et très cohérente, il est Docteur de l’Eglise, et il est également le théologien le plus cité après saint Augustin par... le Concile Vatican II.
Il y a sans doute de nombreuses personnes qui n’ont jamais ouvert la Somme de Théologie. Aussi vais-je d’abord présenter quelques données qui permettent de comprendre comment elle se présente. Brièvement...
Il faudrait commencer par ouvrir la Somme de Théologie. Par exemple, dans une traduction en français, ici :
http://docteurangelique.free.fr/
Si l’on regarde le plan, on constate que la Somme comprend quatre grandes parties. D’abord ce qu’on appelle la «
Prima pars » (qui comprend 119 questions relatives à Dieu, en tant que créateur , et relatives à la création elle-même). Puis une «
Prima secundae » (avec 114 questions, relatives aux actes humains en général). Ensuite une «
Secunda secundae » (avec 189 questions relatives à l'étude des actes humains dans leurs particularités). Enfin une «
Tertia pars » (avec 90 questions – mais en réalité 99 questions, parce qu’il y a un supplément - relatives au Christ en tant que médiateur et chemin pour aller à Dieu).
Il est question de l’obéissance, il faudra donc ouvrir la «
Secunda secundae », parce que c’est la partie relative à l’étude des actes humains dans leurs particularités. Dans la «
Secunda secundae », il y a deux questions relatives à l’obéissance. Ce sont les questions
104 et
105.
Mais avant de tout lire d’un trait et de trouver que c’est vraiment difficile à lire, il faut bien saisir que la Somme de Théologie n’est pas un dictionnaire avec des entrées indépendantes les unes des autres. Encore moins une collection de fiches mémos, ou encore une encyclopédie du savoir catholique. Il ne suffit donc pas de seulement lire les questions 104 et 105 ; il est nécessaire de considérer ces deux petites questions comme étant des parties d'un ensemble plus général – qu'elles s'inscrivent dans mouvement continu qui a été voulu par saint Thomas lui-même. Autrement dit, il faut lire ces deux questions à la lumière des principes auxquelles elles répondent.
C’est la raison pour laquelle, je vais d’abord essayer de présenter ce qu’est ce mouvement. Ceci permettra de comprendre quel est le sens général de l’obéissance pour saint Thomas. Ensuite seulement, il sera possible de parler de la nature et des différentes caractèristiques de l’obéissance. Puis, en dernier lieu la nature et les caractéristiques de de la désobéissance : ce que sont les manquements à l’obéissance.
Pour résumer :
Prima pars : 119 questions Dieu en tant que créateur , la création.
Prima secundae : 114 questions les actes humains en général.
Secunda secundae : 189 questions l'étude des actes humains dans leurs particularités.
Tertia pars : 90 questions (99 avec le supplément) le Christ médiateur chemin pour aller à Dieu.
Dans la
Secunda secundae :

- question
104 l’obéissance

- question
105 la désobéissance
Ce que je vais développer, pour aider à la lecture :
1 mouvement d’ensemble et sens de l’obéissance
2 Nature et caractèristiques de l’obéissance
3 Les manquements à l’obéissance
Pour ceux qui n’ont jamais lu un article de la Somme de Théologie, il convient de tenir compte de ceci: chaque question développe un sujet bien précis : celui-ci est analysé sous la forme d’
articles. Aussi, pour comprendre ce qu’explique saint Thomas, il convient de lire tous les articles de chaque question. En général, on y trouve quatre parties.
1 – il y a d’abord ce que la philosophie médiévale appelle des «
objections », c’est-à-dire une suite d’arguments qui s’opposent aux réponses que saint Thomas va donner à la question. Il ne s’agit donc pas de l’avis ou de la réponse de saint Thomas...
2 - vient ensuite ce que l’on appelle le «
sed contra », qui est une suite d’arguments « en sens contraire », pour ainsi dire - des arguments développés par différents auteurs et qui s’opposent à ceux donnés dans la partie « objections ». Encore ici, il ne s’agit pas de l’avis ou de la réponse de saint Thomas... mais d’une suite de références, d’« autorités », qui viennent appuyer la réponse qu’il va donner.
3 - après l’examen des divers arguments exposés dans les « objections » et le « sed contra », survient la
réponse de saint Thomas. C’est ici que se trouve exposée la pensée de saint Thomas, et jamais, bien entendu, dans la première et la deuxième partie.
4 - la quatrième et dernière partie, ce sont les «
solutions », qui ne sont pas à proprement parler des solutions. Ou alors à prendre dans le sens du « solution » de « solution de continuité », en quelque sorte. Il s’agit ici de dire pourquoi les arguments exposés dans les « objections » ne permettent pas de résoudre correctement la question traitée, et en même temps de montrer qu’ils possèdent quand même une certaine valeur par rapport à la question traitée.
Pour résumer :

1 –
Objections ;

2 –
Sed contra ;

3 –
Réponses de saint Thomas ;

4 –
Solutions.
Amicalement.
Virgile.