Et puis de montrer comment l'exigence totalitaire de rationalité intégrale développée par la modernité philosophique et politique peut conduire, dans ses conséquences ultimes, à des expériences désastreuses qui sont autant de formes de "ligotage" de l'humanité entière.
C'est tristement simple :
En faisant porter sur l'homme l'espoir de la réalisation du Royaume de Dieu (paix, bonheur etc.) sans Dieu, par ses propres moyens, l'humanité moderne, "civilisée", "avancée", prodigieusement "mondaine" donc, fait exactement ce que le "Prince de ce Monde" attend de nous : nous "libérer" de Dieu.
Le vrai ligotage c'est celui qui ne se voit pas, c'est celui fait à partir de la corde de nos désirs.
"Sans Dieu ni maître" , "la jouissance pour tous et sans entraves", "le bonheur à porté de pilules", "l'éradication du mal-être par l'euthanisie".
Autant de programmes de bonheurs.
Disons-le franchement, Dieu notre Père nous a prévenu, son Fils nous a prévenu : nous ne devons pas être de ce monde, même s'il nous faut être dedans pour être signe de contradiction.
Le monde a toujours cherché à se ligoter pour échapper, croit-il, à Dieu.
La particularité de la modernité c'est la systématisation de ce ligotage, sa rationalisation pourrait-on dire. C'est devenu une entreprise, quasiment un programme dont le meilleur allié est le technicisme.
Pour le dire autrement :
Dans l'ancien monde les signes de contradictions étaient éparpillés dans le monde : des bribes dans les religions païennes, dans les philosophies ; la présence de l'Église ensuite qui assurait un signe puissant et permanent de contradiction au sein des sociétés au risque, parfois de s'y compromettre etc.
Le monde moderne éradique volontairement tous ces lieux de contradiction dans la fameuse "sphère intime" avançant la science toujours humaine, la technique toute puissante etc.
Dès lors les signes de contradictions d'éparpillés, de flous, se resserrent de plus en plus, et l'Église Catholique apparaît de plus en plus pour ce qu'elle est réellement : le royaume de Dieu au milieu du royaume du péché, le signe de contradiction par excellence.
Qui s'étonne encore qu'elle soit devenue à ce point haïe ?
Voilà pour le plan "mondain" du problème.
Je crois que l'on a parfaitement bien répondu sur plan "personnel".
Au sujet de la réponse à faire à Satan, j'apprécie, pour ma part, particulièrement ces représentations de la Vierge écrasant d'un pied léger le serpent, sans y faire attention (c'est ça le pire pour lui), les yeux tournées humblement vers le Ciel.