Désolée cher Gyrovague, mais je dois bien ressembler à ça... Je ne suis pas en RTT mais en congés parental. Je donnerai tot ce que j'ai au monde pour travailler, même comme caissière comme ce fut le cas durant mes années étudiantes. Une amie, mère de quatre enfants, avec un travail de cadre, avec une jolie maison avec jardin, et aimant s'occuper des enfants en général (issue elle-même d'une famille nombreuse, ce qui n'est pas mon cas), a demandé un 80% pour s'occuper de ses filles le mercredi : elle me disait être moins fatiguée après une journée intense de travail, avec des clients acariâtres qu'avec ses filles. Le père, pour information, a demandé un 80% à son employeur, mais le lundi

.
Là, voyez-vous, je laisse mes enfants un peu jouer : ils sont en vacances, ce qui signifie la catastrophe pour moi. Ils sont levés depuis 5h30 ce matin environ, ne feront pas la sieste (si ce n'est celui de deux ans), et ils se coucheront vers 20h30. Entre temps, il faut les occuper dans un tout petit espace. Je les sors environ 3h par jour, en m'ennuyant fermement. Pas toutes les mères sont des adeptes des jeux de ballons, de courses, de vélo, etc. J'avais sous-estimé le besoin de silence quand j'ai eu mes fils.
Jean-Mic parlait dans un autre post du burn-out professionnel. Une spécialiste du burn-out vient d'écrire un livre sur le burn-out maternel. Ce livre a été pour moi une révélation. Le faisant lire à mon époux, il a enfin compris mon état car personnellement, je ne mettais pas de mots sur mon malaise. Je fais les choses machinalement, sans envie, sans plaisir, comme un automate. Tout ce qui concerne les enfants me pèse : des sorties au bain, en passant par les repas, véritable corvée alors que j'adore cuisiner. Cet état de bruit permanent me met hors d'usage. Je compte les jours qui me séparent des journées d'école pour les aînés.
Ce que je trouve dommageable, c'est cette inégalité de fait : quand il faut rester à la maison pour s'occuper des enfants, les femmes sont les premières à arrêter leur vie professionnelle. Ce qui signifie aussi, et beaucoup d'hommes l'oublient, ne plus avoir de vie sociale et ne fréquenter que des enfants, et des femmes au bord de l'épuisement avec enfants. C'est aussi dommageable pour les hommes : quand mon mari arrive le soir, j'ai un tel besoin de temps pour être un peu dans le silence et loin de mes enfants que je lui laisse tout sur les bras, et je suis de très mauvaise humeur !
Mon mari est le meilleur des hommes et aime beaucoup s'occuper des enfants. Cependant, alors que souvent il me faisait remarquer que, quand même, ce n'était pas si terrible que ça de rester à la maison, j'ai du m'absenter une semaine et lui a du poser une semaine pour être avec les enfants et faire tourner la maison. Je l'ai retrouvé dans le même état que moi. Depuis cet "essai", il est beaucoup plus compréhensif, d'autant que finalement, cela fait presque 7 ans que je suis en congé parental ou en congé pour enfant handicapé. 7 ans, c'est long, quand on a aucune aide extérieure...
Il est loin le temps où on vivait toutes générations confondues dans un périmètre restreint, et où tout le monde s'entraidait. Actuellement, l'isolement des parents est réelle, et celui des mères encore plus. Alors, avant de porter un jugement hâtif, essayez de vous mettre dans la peau d'une mère en RTT en région parisienne, dans un petit appartement (on ne parle pas des parents versaillais avec maisonnette et vie confortable), avec deux ou trois enfants en bas âge, qui s'ennuient et vous le font savoir, avec du béton et des voitures tout autour...
Cette pub n'a rien à voir avec une attaque en règle contre la famille, ni même une apologie du "gender" ou encore je-ne-sais-quoi. On peut tout à fait être complémentaires tout en ayant une égalité de traitement. Les hommes ne sont pas plus indispensables au travail que leurs épouses. Ils peuvent tout à fait prendre des jours de RTT pour s'occuper des enfants. C'est simplement que, dans notre société encore quelque peu machiste, il n'est pas de bon ton qu'un homme dise : "je m'arrête quelques jours car je dois m'occuper de mes enfants". Mon mari le fait pour accompagner les enfants à leurs sorties scolaires (ce que je ne fais jamais : je ne supporte plus ces sorties où il y a plein d'enfants), et on le regarde bizarrement (du moins les hommes : les femmes sont admiratives !).
Fraternellement.
Cécile, pleine d'enthousiasme à l'idée de reprendre une formation professionnelle en septembre, et qui laissera son homme gérer les enfants deux jours par semaine
