Heu... L'aujourd'hui c'est le moment où je vis et, comme tout le monde je suppose, j'y trouve satisfaction et insatisfaction. Et de toute manière je n'aime pas trop cette terminologie. Il ne s'agit pas de satisfaction, il s'agit de savoir quels sont les problèmes qui se posent à nous pour pouvoir aller vers eux.J'ai bien peur que vous ne vous engagiez là sur un terrain que vous connaissez peu.
Pourrais-je reformuler ainsi ?
L'AUJOURD'HUI ne vous satisfait pas. Point.
Donc, non, votre "point" ne me convient pas du tout, et je crois me connaître mieux que vous ne me connaissez, non ?
Évidemment je ne l'ai pas connu. Mais qui le connaît ? Qui le connaît comme cet aujourd'hui d'autrefois ? Les très anciens sont morts, et moins vieux l'ont en partie oubliés et mélangés avec leur tempérament d'aujourd'hui.Car l'Autrefois, je suis persuadé que vous ne l'avez pas connu.
C'est manifeste. (pas besoin de demander votre âge)
Rien que le fait de poser la question c'est donner la réponse.La messe en français change bcp.
Les oraisons en français, par exemple. Pourquoi faudrait-il les étudier pour les comprendre ?
Quand les oraisons ne sont pas modifiés en "live", que les lectures ne sont pas tronqués, et le canon dit à toute vitesse, bref, dans la situation idéale, pouvez-vous vraiment me dire que vous saisissez toute la profondeur d'une messe à sa simple audition ? Je veux dire le sens et la relation qui existe entre les oraisons, le psaume et les lectures ?
Personnellement, je ne suis pas un esprit génial et j'ai besoin de les étudier pour les saisir, voilà. Or, je suppose, que je ne suis pas le seul.
Vous savez la messe en français c'est une traduction du latin, donc dans l'absolu lire le français d'un ancien missel et d'un nouveau c'est la même chose.En quoi lire leur traduction à partir du latin dans un missel fait qu'on les comprendrait mieux ?
Le fait que vous posiez cette question est significatif du fait que vous avez projeté sur mon propos un préjugé. Je n'ai jamais dit que l'on comprenais mieux dans l'ancien missel, j'ai dis que l'ancienne forme du rite obligeant à lire pour comprendre invitait à l'étude des textes alors qu'aujourd'hui beaucoup de personnes pensent que puisque la messe est en français il suffit de s'y rendre pour comprendre. Ce qui n'est pas vrai.
Mais je vais être clair : non je ne suis pas insatisfait de l'aujourd'hui, et non, je ne crois pas que dans l'ancien temps on comprenait globalement mieux qu'aujourd'hui (ça dépend quoi en fait), et non, je ne pense pas que le latin est la solution au manque de sens liturgique et de compréhension de la foi.
Seulement je ne crois pas non plus, je le sais d'expérience, que le simple passage au français soit suffisant, je ne crois pas que la participation active des fidèles comprise comme de l'activisme (il faut FAIRE ceci et FAIRE cela et on se SENT actif etc.) soit la solution, et je pense fondamentalement que la meilleure chose que nous puissions faire pour faciliter cette participation active c'est de retrouver le sens des signes. Et les signes ce n'est pas le simple sentiment ou la simple sensation, un signe à un sens pour toute la communauté sinon ce n'est qu'une expression de sa sensibilité.
Là on touche au fond du problème liturgique, chose que Mgr Grallet passe totalement sous silence (peut-être tout simplement parce qu'il n'en a pas conscience), et c'est pour cela que cette opposition me semble erronée : elle ne fait que comparer la surface de deux époques et manque totalement les enjeux réels du sens liturgique.
Mais enfin, je suis une piètre autorité en cette affaire aussi je vous renvoie à Joseph Ratzinger qui explique cela bien mieux que moi (cf. l'Esprit de la Liturgie). Ou encore le très beau Liturgie et Personnalité de Dietrich von Hildebrand.
Soyez remercié, vous m'avez permis de mieux cerner ce qui me gênait dans ce texte et donc de ne pas faire porter sur Mgr Grallet des intentions qui n'étaient pas les siennes.



