Pour défendre la culture de vie, vous êtes prêts à vous battre pour que des lois contraignantes soient votées, mais pour contraindre à l'équité et à la justice (qui permettrait sans doute de promouvoir également la culture de vie), vous ne voulez aucune loi... Je suis d'accord sur le principe de l'argent gagné honnêtement, mais au-delà d'un certain seuil, est-ce moral et réellement équitable ? Quid de ceux qui ne travaillent pas et vivent de leurs rentes ou d'un héritage bien placé ?
Vous m'attribuez des affirmations que je n'ai jamais dites. Où ai-je écris que je souhait des lois contraignantes pour limiter la culture de la mort? En toute objectivité, je préfère faire avancer les consciences que les "forcer" et cela peut importe le domaine. Je suis tout simplement pour moins d'État mais sans être libertarien.
Je suis d'accord pour certaines interventions étatiques mais je n'appelle pas cela de la justice et, encore moins, de l'équité.
Patrick_mtl, votre histoire est rigolote mais totalement biaisée.
Il faut prendre garde à ne pas tomber dans le misérabilisme social, mais il est important de ne pas négliger quelques données sociologiques. Même si certains ne se donnent pas tous les moyens pour réussir, la vie ne leur donne pas forcément non plus. Notre société n'est pas divisée en deux catégories, avec d'un côté les fainéants et d'un autre les travailleurs courageux : on ne part tous pas avec le même capital culturel, social ou économique et la reproduction social est un fait. On réussit moins bien quand on est fils d'ouvrier que fils de cadre. Les riches restent riches et les pauvres ne deviennent que rarement riche. Cette injustice doit à mon sens être corrigée.
Redistribuer à tort et à travers n'est cependant pas la solution : je pense que la vraie solution, ce n'est pas tout prendre aux riches pour donner aux pauvres, mais c'est faire en sorte que tous les Français aient les mêmes chances, peu importe leur origine social, et cela passe par l'éducation et l'école. La méritocratie est un doux rêve, mais malheureusement ça n'existe pas, et par conséquence la théorie libérale et capitaliste est insensée.
Par ailleurs, je rejoints Salésienne05 sur un point : l'écart de salaire entre un ouvrier et son patron est bien trop élevée est il est nécessaire de le limiter, autant pour des raisons d'éthique que de cohésion sociale.
Je voudrais aussi nuancer certains points.
Comme dit plus haut, il n'y a pas d'un côté les paresseux et de l'autre les courageux travailleurs. Mais aussi, ce n'est pas parce qu'une personne est paresseuse à un moment de sa vie qu'elle le restera éternellement.
Personnellement, j'ai eu un gros passage à vide après mes études. Pendant environ un an et demi, je n'ai rien fait. Je ne bossais pas, je n'avais pas le courage de chercher. J'ai eu des aides, dont certaines que j'ai perçues alors que je n'aurais pas dû (et que je suis en train de finir de rembourser). Au bout d'un moment j'ai fini par me réveiller et depuis je bosse normalement.
Si les aides que j'ai touchées n'existaient pas, une personne sans famille ou ami derrière pour la soutenir aurait fini à la rue avec encore moins de chances de ressortir la tête de l'eau. La question est donc : est-il plus grave de voler les honnêtes gens ou de laisser sombrer (très probablement définitivement) des gens qui pourraient éventuellement se rendre utiles plus tard ?
Et puis faut aussi dire qu'il y a des boulots qui font moins envie que d'autres ... des boulots merdiques j'en ai fait quelques-uns, et franchement je peux pas en vouloir aux gens de préférer se faire entretenir plutôt que pourvoir des postes pareils.
Tailler des haies pendant plusieurs heures sous l'averse ; les pauses repas sur les chantiers quand il fait -10°C, en s'abritant du vent derrière les murettes des jardins parce que le patron est reparti avec le camion ; se voir traiter de "nulles" par le patron parce que les rendements ne sont pas à la hauteur de ses critères, alors qu'il ne se rend même pas compte qu'aux cadences qu'il impose c'est une crise de nerfs par jour parmi les filles aux machines (payées le SMIC hein, les filles. Avec des journées de 10h et une pause de 10 minutes chronométrées à chaque demi-journée) ; se bousiller la santé physique et/ou mentale jusqu'au moment où ça va lâcher, et qu'il faudra peut-être supporter les séquelles toute sa vie ; ...
Et dans toutes les grosses boites, en sachant que pendant qu'on bosse comme des cons certains profitent de notre sueur pour se payer des salaires mirobolants, des voyages aux frais de la princesse, etc ... Par contre, pas question de demander plus que le SMIC ("vous avez qu'à arrêter de jouer au loto", dixit un autre patron).
Sans déconner, certains boulots sont des machines à broyer les gens. Il n'y a qu'à relire le post de Jean-Mic sur le sujet, et encore il avoue lui-même qu'il a de la chance de s'en être aussi bien sorti. Plutôt que de supprimer les aides pour ceux qui ne peuvent pas supporter ce système, faudrait d'abord faire en sorte que le travail ne soit pas un sacrifice (toutes proportions gardées, même si parfois ça le devient au sens littéral).
Le problème vient du déséquilibre à fournir entre la charge de travail et la récompense. Pourquoi un ouvrier qui revient épuisé de sa journée de boulot toucherait 10 ou 20 fois moins qu'un type qui a des responsabilités ? Tant qu'une bonne partie des travailleurs continueront de trimer pour un salaire qui leur permet à peine de vivre, je pourrai pas en vouloir à ceux qui ne veulent pas rentrer dans le jeu.