Vivre le bonheur au quotidien

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Isabelle47
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Re: Le bonheur à tout prix ?

Message non lu par Isabelle47 »

Vous faites une interprétation erronée de l'épicurisme.
Mais vous n'êtes pas le seul, le mot "épicurien" est utilisé, de nos jours, de manière abusive, pour désigner une personne faisant passer ses petits plaisirs sensuels et égoïstes au dessus de tout.
Or, Epicure ne prône pas la recherche du plaisir mais au contraire le plaisir dans la modération.
Vous pouvez vérifier vous-même en le lisant.
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Pacem
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Re: Le bonheur à tout prix ?

Message non lu par Pacem »

Isabelle47 a écrit :Vous faites une interprétation erronée de l'épicurisme.
Mais vous n'êtes pas le seul, le mot "épicurien" est utilisé, de nos jours, de manière abusive, pour désigner une personne faisant passer ses petits plaisirs sensuels et égoïstes au dessus de tout.
Or, Épicure ne prône pas la recherche du plaisir mais au contraire le plaisir dans la modération.
Vous pouvez vérifier vous-même en le lisant.
Effectivement, j'ai accusé Épicure pour ce qu'il n'a pas dit. D'ailleurs, c'est écrit dans le paragraphe Wikipedia que j'ai moi-même mis en lien... :zut: :oops:
Merci d'avoir éclairé ma lanterne à ce sujet.

Il ne reste pas moins vrai alors, que l'épicurisme est une recherche de plaisirs personnels (même dans la modération).
Aussi, je pense que cela n'apporte rien de profitable à long terme. Être tourné vers sa satisfaction personnelle est égoïste. Et une existence égoïste n'a rien de glorieux. C'est plutôt une source de remords qui rejoint le vide moral et intellectuel que j'évoquais.
Au contraire, la fierté de son mérite à bien de quoi être profitable à long terme.

Mais peut-être que l'esprit de sacrifice inhérent à la charité est un des principes épicurien ? ... :wow:
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spk
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Re: Le bonheur à tout prix ?

Message non lu par spk »

L'esprit de sacrifice n'a certainement rien d'épicurien, c'est incontestable. Peut-on cependant en inférer qu'Epicure prône l'égoïsme? Je ne crois pas.
Tout d'abord, cela voudrait dire qu'il n'y a rien entre se sacrifier et ne penser qu'à soi. Heureusement, ce n'est pas le cas, et la vie nous offre l'occasion de profiter d'elle avec d'autres, dans la convivialité, le partage, la discussion, etc. L'épicurisme nous invite d'ailleurs explicitement à cultiver l'amitié.
D'autre part, le bonheur visé par Epicure, vous l'avez compris, ne consiste pas dans l'avoir, source inévitable d'égoïsme, mais dans l'être.
Pour moi, cela fait déjà deux raisons de me le rendre sympathique. :)
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Re: Le bonheur à tout prix ?

Message non lu par etienne lorant »

Isabelle47 a écrit :Pardonnez-moi, Etienne Lorant mais est-ce bien charitable d'émettre un jugement sur autrui pour démontrer que vous-même êtes dans le vrai?
Ai-je porté un jugement ? Un vrai jugement ? Ai-je dit : ce que tentent de vivre ces femmes et ces hommes, c'est mauvais ? Si j'ai porté un jugement, alors je l'ai porté aussi contre moi-même puisqu'au début, j'ai commencé par vivre comme eux.

Comme eux, comme elles, comme les autres. Le problème est dans le 'comme', dans l'imitation. Les autres semblent heureux comme ils vivent et donc, si je veux être heureux, il suffit de faire comme eux.

Mais avec moi, çà n'a pas marché. Un couple, puis un autre, puis un troisième... A un moment donné, j'ai dit STOP : j'avais l'impression d'être en train de rouler à toute vitesse sur une autoroute en me fiant aux grands panneaux de direction. Le monde fait cela: il nous indique tout le temps où aller, que faire et comment vivre. "Elle est large la voie !"

Jésus, quand à Lui, dit de chercher la porte étroite, de suivre le chemin resserré, de ne pas regarder en arrière... Au fond des choses, je dirai que personnellement,... j'en avais "marre" d'être comme "obligé" d'être heureux "comme tout le monde" !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le bonheur à tout prix ?

Message non lu par Isabelle47 »

Excusez-moi Etienne. En effet, vous n'avez pas porté de jugement direct.
(simplement laissé entendre ;) )

Echapper aux conventions de "bonheur obligatoire" demande de la volonté, de la constance et une certaine profondeur que tout un chacun n'a pas forcément la chance de posséder.
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Re: Le bonheur à tout prix ?

Message non lu par etienne lorant »

Isabelle47 a écrit : Echapper aux conventions de "bonheur obligatoire" demande de la volonté, de la constance et une certaine profondeur que tout un chacun n'a pas forcément la chance de posséder.
De la volonté ? Je dirais plutôt qu'un seul éclair de lucidité et l'on commence à échapper aux conventions. Car un bonheur qui doit entrer dans des conventions... je sais pas, mais est-ce le bonheur qui l'emporte, ou bien les conventions ?

Bien à vous,

Etienne
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Re: Le bonheur à tout prix ?

Message non lu par etienne lorant »

spk a écrit :L'esprit de sacrifice n'a certainement rien d'épicurien, c'est incontestable. Peut-on cependant en inférer qu'Epicure prône l'égoïsme? Je ne crois pas.
Tout d'abord, cela voudrait dire qu'il n'y a rien entre se sacrifier et ne penser qu'à soi. Heureusement, ce n'est pas le cas, et la vie nous offre l'occasion de profiter d'elle avec d'autres, dans la convivialité, le partage, la discussion, etc. L'épicurisme nous invite d'ailleurs explicitement à cultiver l'amitié.
D'autre part, le bonheur visé par Epicure, vous l'avez compris, ne consiste pas dans l'avoir, source inévitable d'égoïsme, mais dans l'être.
Pour moi, cela fait déjà deux raisons de me le rendre sympathique. :)
En effet, l'épicurisme n'est pas l'hédonisme - de même que le stoïcisme n'est pas un dolorisme ... Merci pour cette mise au point !
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Le bonheur est-il quantifiable ? On peut toujours chercher !

Message non lu par etienne lorant »

L'argent ne ferait pas le bonheur - à lui seul. Découverte d'un chercheur au FNRS !

Les indicateurs de développements tentent de coller au plus près de la réalité. Pourtant, ils sont parfois très éloignés de ce qui constitue le “mieux vivre” des populations. Si nous nous éloignons du paradigme selon lequel l’argent ne fait pas le bonheur, la question qui se pose est la suivante : Qu’est-ce qui nous rend heureux ?
“Un indicateur universel n’a strictement aucun sens (...); même les indicateurs partiels, élaborés à partir de la valeur pondérée de diverses statistiques, n’ont pas pour effet d’améliorer la compréhesion de réalités complexes mais plutôt de les occulter et même de les déguiser.” A en croire la réflexion de Jean Baneth, ancien directeur économique de la Banque mondiale, la course aux indicateurs n’est pas la voie la plus efficace pour faire progresser la notion de “développement durable”.

Ces indicateurs, résultats statistiques, seraient-ils simplificateurs d’une réalité complexe ? Oui. Mais surtout, “puisqu’ils définissent des objectifs et qu’ils guident les gouvernements dans leurs choix sociaux et économiques, il devraient être débattus démocratiquement et non choisis par des experts”, argumente Isabelle Cassiers, Professeur à l’UCL et chercheur au FNRS. Des indicateurs trop limités, comme le PIB qui mesure la production sur des bases monétaires, ne se réfèrent qu’à une fraction de la réalité du développement et sont parfois très éloignés de ce qui constitue le “mieux vivre” des populations. Ce mieux vivre n’a parfois rien à voir avec l’accumulation de richesses matérielles, comme l’a laissé croire une vision longtemps dominante du développement. “On a trop longtemps confondu croissance économique et développement. Or, il convient de faire clairement la différence”, explique Isabelle Cassiers. L’argent ne ferait, seul, pas le bonheur...

Placer l’homme au centre du développement

Jusqu’à présent, c’est la combinaison de deux indicateurs principaux, de dimension internationale, qui nous permet d’approcher une évaluation du développement durable : d’une part l’indice de développement humain (IDH, dont une des trois composantes est le PIB) rend compte des performances économiques et sociales et d’autre part l’empreinte écologique évalue l’impact de nos activités sur la biosphère.

L’IDH a élargi la vision trop étroite du PIB afin de rendre compte d’une réalité plus complexe du développement. Il ne se limite en effet pas à la seule production monétaire, génératrice de revenus. En plus de celle-ci, il prend en compte, la santé et l’éducation. Il influence les décisions des gouvernements depuis trois décénies. Pour les concepteurs de l’IDH, il convenait de replacer l’homme, plutôt que la croissance économique, au centre du développement, suivant la conviction de Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998 et fondateur du Human Development Report Office. Selon celui-ci, “le développement humain, c’est augmenter les choix et les capacités des hommes à vivre une vie saine et décente et à être reconnus. C’est faire avancer la richesse de la vie humaine et non celle de l’économie dans laquelle les hommes vivent”.

Mais cet indicateur ne suffit plus. “L’équité, la dignité, le bonheur et la durabilité sont des fondamentaux de nos vies”, faisait remarquer Helen Clark, administratrice du Programme des Nations Unies pour le Développement Humain (PNUD), pour qui le progrès doit être redéfini à l’aune d’une image globale du développement humain et du contexte dans lequel il s’inscrit.

Le respect de l’environnement comme condition du développement

“Le concept de développement humain est plus grand que ce que l’IDH mesure”, déclarait en juin dernier à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), Khalid Malik, directeur du PNUD. Depuis lors cet organe de l'ONU tente de mettre au point un nouvel indicateur. Celui-ci aurait la particularité d’intégrer le respect des limites de la planète dans la mesure du développement humain. “Une réflexion est actuellement en cours sur la meilleure manière de le faire”, explique Isabelle Cassiers.

Le plus vraisemblable est la publication conjointe de deux indicateurs distincts, toujours à affiner : un indicateur d’objectif, tel que l’IDH et un indicateur de limites écologiques, tel que l’empreinte écologique ou les émissions de CO2. “La réflexion doit se poursuivre car aucun de ces indicateurs n’est parfait. Il s’agit de les affiner pour coller au plus près de la réalité des objectifs de développement d’une part et des limites de la planète d’autre part. Une chose est certaine : les indicateurs exprimés en termes monétaires (comme le PIB) s’éloignent trop de ces réalités.”, explique Isabelle Cassiers.

Le respect de l’environnement est donc central dans les choix qui sont posés. De cela dépend le bien être des générations future. On comprend alors aisément pourquoi un indice de développement durable doit prendre en compte l’équité intergénérationnelle : les choix qui sont faits aujourd’hui ne doivent pas limiter les choix des générations futures. “Cela implique que le droit au développement est fondamental, mais que celui-ci ne peut se faire en réduisant les choix de ceux qui nous suivent”, insistait Khalid Malik.

(...)


Est-il possible de mesurer le bonheur ? “Probablement que non, et les tentatives de le quantifier peuvent sembler vaines, mais elles ont le mérite de déplacer notre regard et de nous inviter à poser d’autres questions : Quelles sont nos finalités ? Où courrons-nous ? Qu’est-ce qui nous rend heureux ?", interroge la chercheuse. Et d’adapter les politiques économiques et sociales en fonction de nos réponses à ces questions.

[+] Texte masqué
http://www.lalibre.be/societe/general/a ... nheur.html
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Livre "Le bonheur en Dieu"

Message non lu par mandonnaud »

Un livre m'a passionné ces derniers jours et m'a appris plein de détails sur la vie d'hommes méconnus dans le monde, je veux parler des moines cisterciens, une des branches des religieux qui suivent la règle de St Benoît.
Ce livre a pour titre « Le bonheur en Dieu », tout un programme ! et pour sous-titre « Souvenirs et réflexions du père abbé de la Trappe », aux éditions Laffont dans la collection « vécu », livre écrit donc par Dom Marie-Gérard Dubois, le père abbé de l'abbaye de la Trappe, paru en 1995, 380 pages, 19 euros 50. Ce livre n'a pas vieilli.
Le père abbé de la Trappe s'est fait aider par Michel Damien, écrivain et journaliste qui a, pour lui, écouté et écrit les confidences étonnantes ou poignantes des moines qu'il inclut dans son livre.
Ce livre d'une part décrit les confidences de la vocation du père Abbé, avant et durant ses début de moine à l'abbaye du Mont des Cats, et décrit le détail de leur vie avant les réformes voulues par le Concile Vatican II. Il partage ses doutes, ses luttes et aussi ses joies et sa paix intérieure, puis il parle de ses promotions à des responsabilités à l'intérieur de son ordre, ce qui lui permet de décrire les réformes récentes des cisterciens avec les raisons et les applications mais aussi avec les autres opinions ou oppositions.
Quand il écrit ce livre, Dom Marie-Gérard Dubois a 64 ans. Il est depuis un moment abbé de l'abbaye de la Trappe, d'où est partie la réforme de Dom Rancé d'où leur appellation de trappistes.

Il est originaire d'une famille de 7 enfants à Lille, très jeune il entre à l'abbaye du Mont des Cats, à une époque où les moines vivent la vie quotidienne dure et plusieurs fois centenaire des trappistes : lever à 4 h du matin pour chants au choeur (7 fois par jour) et lectio divina jusquà 7h, puis le petit déjeuner, puis 5h de travail manuel pour les moines de choeur. Mais il y a aussi les moines convers (sortes de sous-moines et serfs) qui, eux, chantent moins et travaillent plus (8 à 9 h dans les champs, souvent en paysans). Les menus sont souvent végétariens, avec des périodes (avent, carême) au pain et à l'eau. En somme, les 3 huit : 8h de prière, 8h de travail et repas, 8h maxi de sommeil, sieste comprise.
Avec la réforme voulue par le Concile Vatican II, plus de frères convers, plus d'adaptation dans les horaires selon les pays, car en ces dernières années des cisterciens se sont implantés, souvent poussés par la révolution qui les chasse de France, dans toute l'Europe mais aussi aux États-Unis, en Argentine, en Afrique et en Asie. Les coutumes changent et s'adaptent sous la responsabilité du Père abbé, mais au niveau général international se met en place plus de démocratie et de mixité dans les grandes décisions, car il y a des cisterciennes qui sont souveraines dans chaque monastère et qui participent à égalité chaque année aux congrégations générales : un modèle pour nos élus politiques.
Dom Marie-Gérard va être au coeur de ces réformes et nous en décrit les délibérations et mises en forme,les débats et décisions. Il nous fait aussi la confidence de ce qui sera le paradoxe de sa vie: en se faisant moine il fait voeu de stabilité, se voit enfermé à vie au Mont des Cats, son frère lui dira d'ailleurs : "Tu n'as pas peur d'être enfermé à vie dans ce monastère ? ", et en réalité il va passer sa vie en voyages internationaux, car en plus des réunions générales annuelles en tant que Père abbé de la Trappe (poste auquel il fut élu au bout de 16 ans), il y a plein de réunions pour la réforme. En tant qu'abbé il est responsable aussi des nouvelles implantations dans le monde, qu'il visite et soutient ; et aussi en conseil auprès des moniales. Enfin la conférence des évêques de France le sollicite pour venir à Lourdes. Paradoxe de la volonté de Dieu !!!
Au milieu de ces descriptions du vécu de moines et des raisons de leur choix, l'originalité de ce livre, sa grande richesse, ce sont les confidences de plus de 20 vies de ses moines frères.
D'où vient leur vocation, leur vie avant, les difficultés d'être moine, les étapes mais aussi des échecs et les départs. On découvre des personnalités très originales, devenus moines à tout âge et ayant eu, avant, des vies inouïes : comme un commandant d'Air France, pilote d'essai, qui se fait cistercien assez âgé et qu'on redemande au monastère pour inaugurer la ligne du premier Concorde vers les États-Unis; un Allemand, ancien de la Waffen-SS qui se convertit et devient moine; par contre un moine, père responsable des nouveaux arrivants, qui demande au pape le retour à l'état laïc et se marie; aussi un moine qui dans sa jeunesse parisienne fut ami intime de Cocteau et mourra auprès de lépreux en Afrique à côté de son monastère; mais aussi un jeune homme qui avec ses parents, juif par sa mère, subit la rafle du Vel-d'hiver, est sauvé avec son père protestant et expert en allemand, reçoit des confidences du pire SS, se convertit, devient moine, demande à apprendre l'hébreu, devient ainsi un expert professeur et crée des groupes avec des rabbins et des catholiques sur l'étude de la Bible en hébreu, ceci dans son monastère; et bien d'autres témoignages.
Ce qui est intéressant, c'est qu'en partant de ces vécus Dom Marie-Gérard réfléchit en toute liberté sur la vocation, les détails de la vie du moine, ses duretés, leur liberté et toutes les bonnes raisons de les quitter ou de rester, avec beaucoup de franchise et d'humilité.

Je terminerai en citant la 4ème de couverture : « À travers son récit des événements, dom Marie-Gérard Dubois a toujours essayé de faire passer quelque chose de ce que les moines trappistes vivent à l'intérieur d'eux-mêmes, quelque chose de l'expérience spirituelle profonde.
À la lecture, il y a beaucoup de moments forts, d'histoires insolites, d'émotion, et partout la ferveur et la foi,
Un témoignage rare, sans précédent, qui sait nous rendre proche cette vie apparemment séparée. »

Dans ce livre transparaît ce qui est le fond de la vie du moine, le contact dans le silence de la présence de Jésus, de l’immense grandeur de Dieu Père et de l'amour de leur commun Esprit-Saint, le tout perçu et admiré dans la création qui les entoure, attentifs aux fleurs de chaque saison, aux bêtes qu'ils élèvent, aux hommes qui viennent à leur rencontre, pour partager leur Paix.
Je vous conseille de le lire. Je vous rappelle les références: « Le bonheur en Dieu » de Dom Marie-Gérard Dubois, éditions Robert Laffont.
Vous le trouverez d'occasion sur les sites de vente internet amazone ou fnac, ou à la librairie catholique, ou à la réouverture au centre de culture chrétienne.
Bonne lecture !
Jésus est infiniment misericordieux.
http://www.mandonnaud.net/
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