salésienne05 a écrit :Ce qui convient aux uns ne convient pas à d'autres. Ce qui convertira l'un ne convertira pas l'autre. Nous n'avons pas à nous ériger en juge du prêtre, de sa manière de célébrer, de sa façon de déléguer.
Le concile Vatican II et le mouvement liturgique ont largement insisté sur l'Eucharistie en tant qu'assemblée des fidèles dans le Corps du Christ. Le problème est que cette notion a été généralement interprétée selon l'idée que l'assemblée locale doit pouvoir "vivre la célébration" de façon totalement subjective, comme si seul le ressenti de l'"assemblée" (en fait de ceux qui dirigent la mise en oeuvre de la liturgie, prêtres et "équipes liturgiques") avait force de loi. Or, il n'y a qu'un seul Corps du Christ, et par conséquent l'assemblée ne saurait faire subjectivement ce qui lui plaît, mais doit être en communion avec tout le corps. Les signes liturgiques exprimant la vie de ce corps, ce sont les mêmes signes qu'on devrait retrouver partout, sans interdire des variations locales, les rites différents, mais toujours selon les mêmes principes et surtout les signes universellement reçus depuis les Apôtres.
Bien plus, on se souvient que le Christ avait prédit que le Temple de Jérusalem, voué à la destruction, serait relevé en trois jours... l'Evangéliste Jean ajoutant qu'il parlait en réalité du Temple de son Corps. On doit donc en déduire que la structure du Temple juif et l'agencement de ses rites étaient nécessairement conformes au Corps dont ils sont le symbole terrestre (et qu'annonce tout l'Ancien Testament).
Chez les chrétiens, le lieu de la célébration liturgique étant réellement le Corps du Christ, l'emplacement physique où les chrétiens se rassemblent pour la célébration, c'est-à-dire le bâtiment et les liturgies qui s'y déroulent, doivent tout à fait logiquement retrouver la même structure essentielle, les mêmes éléments de base. Il est donc parfaitement logique que le culte chrétien s'avère reprendre bien des éléments essentiels du culte du Temple, et qu'on y retrouve les mêmes principes de base quels que soient les lieux et les temps.
Aussi, le fait de voir le plan des églises récentes, leur agencement intérieur, le déroulement des liturgies et de l'eucharistie, s'éloigner radicalement des "usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue", faire place à la subjectivité des célébrants, est difficile à interpréter autrement que comme un signe de maladie grave de ce corps.
Il faut le répéter, la liturgie est quelque chose d'objectif, ses critères sont ceux de la Tradition ininterrompue, elle n'a pas à être le lieu de la subjectivité de chacun, on n'a pas à préférer tel ou tel "style" actuel. On a le droit de préférer une musique à une autre, mais toute musique n'est pas adaptée.
Dire que la "féminisation" de l'assemblée fait fuir les hommes <: me heurte : on ne va pas à la Messe pour rencontrer une bande de potes ! A écouter ces messieurs, ce serait mieux si les femmes s'en tenaient au rôle de femme de ménage et d'arrangeuse de fleurs et qu'elles laissaient aux hommes le soin de "diriger" virilement la liturgie

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Le fait est que dans le Temple de Jérusalem comme dans toute la tradition chrétienne, la célébration est le fait des hommes, et que la liturgie qui s'écarte délibérément de la Tradition est une liturgie morte. Les femmes ont largement leur place dans le Corps du Christ, mais celle de prêtre ou de lévite ne leur correspond pas. C'est un fait objectif, les subjectivités et susceptibilités personnelles n'y changeront rien.
Par ailleurs, la féminisation de l'assemblée est un fait aisément constatable qui devrait amener à se poser de sérieuses questions. Je sais en ce qui me concerne que ce qui me fait fuir, ce n'est pas le public, ce sont les liturgies non conformes à leur modèle, pour lesquelles on sent rien qu'en les voyant que quelque chose ne va pas rond, quand elles ne sont pas carrément infantiles.
Si les choses tournaient rond, les hommes et les femmes devraient en toute logique se retrouver en proportions égales. Pourquoi les femmes se sentent mieux - ou résistent mieux - que les hommes dans cette ambiance délétère, gardent plus fidèlement la pratique religieuse (bravo à elles!), je n'en sais rien. Le sentimentalisme prégnant dans le catholicisme, qui date au moins du XIXe Siècle mais s'est sans doute largement accentué dans les liturgies "modernes" des 50 dernières années.
In Xto,
archi.