Bonjour,
salésienne05 a écrit :Il ne faut pas regarder ce "problème" (si problème il y a) avec nos yeux de nationaux n'ayant jamais bougé de chez nous. La question "pourquoi n'ont-ils pas demandé la nationalité française " pouvait se poser pour des émigrés/immigrés du siècle dernier, il se pose différemment aujourd'hui, dans notre univers mondialisé.
Je compte dans mon cercle d'amis proches 17 personnes travaillant à l'étranger, pour des raisons très diverses : l'amour pour certains, la capacité de travailler dans un domaine qui leur était fermé en France, l'envie de changement, le dépaysement, le soleil... Bref. Sur ces 17 personnes, certaines ne travaillent pas (elles sont épouses de ou quand ce sont des hommes, ils ont des difficultés à trouver un emploi). La plupart sont partis de France depuis plus de 10 ans et sont bien intégrées dans leur seconde patrie, 10 d'entre elles sont quasiment sûres de finir leur vie dans leur pays d'adoption. Mais, aucun d'entre eux ne désire obtenir la nationalité du pays où leurs enfants sont nés. Chacun d'entre eux continue à parler français à ses enfants. Chacun d'entre eux continue à cuisiner à la française, avec les apports de l'autre culture. De fait, leurs enfants sont élevés dans deux cultures différentes, et eux cultivent les deux cultures également.
Je me posais la question pour moi même : si je devais déménager à l'autre bout du monde, et ce quel qu'en soit le motif, pourquoi demanderai-je la nationalité du pays où je me suis installée ? J'en respecterai les lois, je tenterai d'y travailler, j'inscrirai mes enfants à l'école locale, j'y ferai mes courses, mais je resterai française. Dans un monde où les moyens de communications nous permettent de rester en lien avec nos proches, nos amis, où qu'ils soient dans le monde, je ne vois pas en quoi le fait de résider dans un pays, de l'aimer, d'y faire sa vie, nécessiterait que l'on renonce à sa nationalité originelle.
La question se pose uniquement pour les personnes qui, de fait, restent en France, pas pour ceux qui s'exilent 10 ou 20 ans. Ces deux cas sont très différents. Le premier entame une démarche d'assimilation à la nation française, le second cas s'installe avec un projet de retour. Mélanger déracinement et culture, deux écueils à l'assimilation, à la question du droit de vote aux étrangers, biaise la réponse à cette question.
Dans les faits, on ne sait pas si l'immigré va revenir. Mais la république française pourrait avoir des règles plus claires, en proposant non pas un droit de vote aux étrangers, dont j'ai montré qu'il était discriminatoire et qu'il remettaient en cause le suffrage universel, mais de proposer la nationalité à ceux qui de fait pourraient l'avoir.
salésienne05 a écrit :
Cela en me paraît pas inconcevable, si on est installé depuis un petit moment en France, de pouvoir voter aux élections locales.
Pourquoi uniquement aux élections locales ? Après tout, les élections législatives sont locales, mais on élit quelqu'un qui va influencer la société au global via le Parlement. De plus, pourquoi ne pas donner à ces citoyens la nationalité française, pour éviter d'en faire des citoyens de seconde catégorie ? C'est ce que je disais ci-dessus : on a le citoyen qui vote parce qu'il est français, et le citoyen qui vote parce que l'on a estimé qu'il contribuait au pays localement. Double injustice : entre immigrés (comment déterminer qui contribue, et qui ne contribue pas), entre l'immigré et l'autochtone, l'un devant faire ses preuves pour voter, pas l'autre.
Il y a beaucoup plus simple : donner la nationalité à l'étranger qui s'assimile à la nation française. Il sera citoyen comme n'importe qui d'autre.
Par ailleurs, il existe une tranche de français de souche qui n'ont pas accès au droit de vote : les SDF... alors, la nationalité...
Argument idiot. Les handicapés non plus n'ont pas accès au droit de vote, selon cette logique. En réalité, cela n'a rien à voir. Les procurations existent, et le problème est ici l'exercice effectif du droit de vote, pas sa jouissance.
Dans les zones d'éducation prioritaire, la difficulté d'intégration ne vient pas des "primo-arrivants" qui sont généralement plein de bonnes volonté, mais bien de la deuxième ou troisième génération dont les parents n'ont pas été intégrés à la période du plein emploi.
A Marseille, dans les années 75/85, mon père était obligé d'appeler tous ses contacts pour trouver des emploi à ses anciens élèves maghrébins, y compris les plus diplômés, car on ne voulait pas de "bougnoules". Avec le temps, les "bougnoules" ont fait des enfants, toujours aussi peu intégrés, des imams saoudiens sont venus leur faire du porte à porte, et nous avons désormais une véritable rancoeur installée, en plus d'un extrêmisme religieux galopant. Pourquoi n'adhèrent-ils pas plus au christianisme ? Parce qu'ils ont dans la tête que le christianisme est la religion des riches blancs... Et de tout manière, dans ces quartiers, il n'y a guère de communauté chrétienne unie pour les accueillir.
Après, avec l'Algérie, on a un autre différend. Les blessures de part et d'autres sont encore béantes et il faut espérer que le temps pourra apporter le réconfort...
Vous parlez ici d'un cas spécifique d'intégration, qui n'est pas vérifié pour d'autres cas. Dans certaines situations, ce sont les primo-arrivants qui ne cherchent pas à s'intégrer, dans d'autres (cas des gitans par exemple, dont la non intégration date du XVème siècle) ce sont des populations plus anciennes.