Raistlin a écrit :Mais n'oubliez pas que la première charité à avoir envers son prochain, c'est la vérité. D'où le devoir d'évangéliser, justement par charité. C'est ce que les chrétiens ont oublié : ils imaginent que la charité, c'est prendre le thé ensemble en se passant la main dans le dos. Allons, soyons un peu sérieux. Nous sommes invités à aimer comme Dieu aime et l'amour de Dieu est bien plus exigeant que ça.
Pour la première fois depuis... non, c'est vraiment la première fois que je ne puis pas vous suivre. La première charité envers son prochain consiste tout simplement à lui sauver la vie. A l'intention de ceux ou celles qui ne connaîtraient pas cette parole fondamentale de Jésus, je la citerai en entier ci-dessous.
Je voudrais souligner quelques points qui indiquent que la charité passe au-dessus de toutes autres considérations:
- Les deux premiers passants à voir passer à proximité de l'homme "à moitié mort" sont un prêtre et un Lévite. Or, selon les règles de la Torah, l'interdit sur le fait de toucher les morts concerne l'ensemble de la communauté. D'une façon générale, la règle s'applique de façon plus rigoureuse aux serviteurs du Temple, prêtres et lévites. Ces derniers, servants des prêtres, obéissent à des lois de pureté comparables. Ces règles se trouvent précisées dans le Livre des Nombres et le Lévitique.
- L'homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho, c'est certainement un juif pieux qui rentrait chez lui. Or, les samaritains et les juifs sont opposés entre eux au point qu'ils évitent de se fréquenter.
- Il n'y a aucun dialogue entre les deux personnages. Le premier est en trop mauvais état pour pouvoir entretenir un débat de toute manière.
- Et évidemment, le Bon Samaritain "saisi de pitié" est l'image du Christ lui-même.
Donc, je ne puis être en accord avec vous, pour cette fois. Je songe aussi au "bon larron" crucifié avec Jésus: ce dernier ne lui a pas fait la morale. Pas d'accord non plus avec la suite:
Raistlin a écrit : C'est ce que les chrétiens ont oublié : ils imaginent que la charité, c'est prendre le thé ensemble en se passant la main dans le dos. Allons, soyons un peu sérieux. Nous sommes invités à aimer comme Dieu aime et l'amour de Dieu est bien plus exigeant que ça.
En fait, le devoir d'aimer son prochain par les actes vient en premier avant toute parole ou enseignement. Le penseur autrichien et américain Ivan Illich affirme même que la dimension morale dissimule ce que la parabole avait de radical et nouveau à l'époque, et fait qu'elle le garde encore aujourd'hui.
Illich propose même de la comprendre en imaginant le samaritain comme un palestinien prenant soin d'un juif blessé. Non seulement il dépasse sa préférence ethnique pour prendre soin de son semblable, mais en plus il commet une sorte de trahison en s'occupant de cet étranger, qui est, de plus, son ennemi. En faisant cela il exprime sa liberté de choix. La réponse à la question " qui est mon prochain ? " n'est donc pas l'expression d'un devoir, mais d'un don librement offert. Il ne s'agit plus selon Illich de règle ou de morale, mais plutôt d'établir une relation par un choix arbitraire, en s'affranchissant justement des catégories imposées par l'éthique. C'est une réponse libre à un appel.
(trouvé ici :
http://egmoulinsnevers.free.fr/asso/lissonnet.html)
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Voici le texte de cet Evangile :
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question : « Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ? »
L'autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie. »
Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? »
Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.
Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : 'Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.'
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi fais de même. »