Isabelle47 a écrit :
Pourquoi, parler de "christianisme non religieux"?
Les rois mages, apparemment n'étaient pas Juifs (on peut plutôt les imaginer iraniens et qu'ils n'avaient aucune connaissance approfondie de YHWH). Cela dit, ils ont reconnu que Jésus était digne d'intéret.
Les païens évangélisés par saint Paul et tous les autres apôtres n'étaient pas juifs, n'avaient donc pas un lien "obligatoire" à YHWH, et pourtant ont trouvé "intéressant" ce que Paul et les autres apôtres racontaient à propos du Christ.
Pour tous ces gens là, le Christ était une réponse intéressante à la question « comment être humain, le mieux possible », en dehors de toute obligation socio-politique de participer à telle ou telle pratique cultuelle.
À l'époque de Jésus, la « Religion », c'était pour les Romains le culte de l'empereur. Écouter saint Paul ou d'autres prêcheurs de l'Évangile, c'était se soustraire à la « Religion » et tenter de répondre de façon authentique aux questions qu'on se pose au fond de soi-même.
À l'époque de Bonhoeffer en Allemagne, la « Religion » c'était le nazisme et le culte d'Hitler, ou ses formes dérivées telles que la Reichskirche.
etienne lorant a écrit :Et puis, j'ai découvert le Pape Benoit XVI
En ce qui me concerne j'ai découvert un cardinal Ratzinger qui disait en l'an 2000 dans le colloque « 2000 ans après quoi ? » organisé à la Sorbonne des choses telles que:
L'homme contemporain se retrouve bien mieux dans la parabole bouddhiste de l'éléphant et des aveugles : un roi dans le Nord de l'Inde aurait un jour réuni en un lieu tous les habitants aveugles de la ville. Puis il fit passer devant les assistants un éléphant. Il laissa les uns toucher la tête, en disant : c'est ça un éléphant. D'autres purent toucher l'oreille ou la défense, la trompe, la patte, le derrière, les poils de la queue. Là-dessus le roi demanda à chacun : comment c'est, un éléphant ? Et selon la partie qu'ils avaient touchée, ils répondaient : C'est comme une corbeille tressée... c'est comme un pot... c'est comme la barre d'une charrue... c'est comme un entrepôt... c'est comme un pilastre... c'est comme un mortier... c'est comme un balai... Là-dessus - continue la parabole - ils se mirent à se disputer, et en criant : « l'éléphant, c'est comme ci, c'est comme ça », ils se jetèrent l'un sur l'autre et se frappèrent avec les poings, au divertissement du roi. La querelle des religions apparaît aux hommes d'aujourd'hui comme cette querelle des aveugles-nés. Car face aux secrets du divin nous sommes, semble-t-il, nés aveugles. Le Christianisme ne se trouve en aucune manière pour la pensée contemporaine dans une position plus positive que les autres - au contraire, avec sa prétention à la vérité, il semble être particulièrement aveugle face à la limite de toute notre connaissance du divin, caractérisée par un fanatisme particulièrement insensé, qui prend incorrigiblement pour le tout le bout touché par l'expérience personnelle.
ou
le Christianisme s'est compris comme la victoire de la démythologisation
Source:
http://www.homocoques.com/ax050902_verite_ratzinger.htm