Le Christ et le végétarisme

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Aline-Marie
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Re: Végétarisme et Christianisme

Message non lu par Aline-Marie »

DavidB a écrit :Avant de sauver les animaux, j'aime mieux sauver les pauvres!
David
Bonjour,
justement, une très grande partie des ressources céréalières et de l'eau sont utilisées par nous, pour notre
bétail destiné à la boucherie. Il faut en moyenne 13-14kg de céréales et 100000 litres d'eau pour produire 1kg
de boeuf. C'est une des conséquences morbides de la production de viande et de produits laitiers telle qu'elle est
devenue aujourd'hui, en plus des traitements mauvais et contre-nature infligés aux animaux et de l'immense pollution
que cela engendre aussi.
Aline-Maryse
"Il n'y a qu'une douleur, c'est d'avoir perdu le jardin de volupté, et il n'y a qu'une espérance ou qu'un désir qui est de le retrouver. Le poète le cherche à sa manière, et le plus sale débauché à la sienne. C'est l'unique objet. Napoléon à Tilsitt et l'ivrogne immonde ramassé dans le ruisseau ont exactement la même soif. Il leur faut l'eau des Quatre Fleuves du Paradis." Léon Bloy
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Aline-Marie
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par Aline-Marie »

J'ai fait récemment le choix à mon tour d'être végétarienne, voir végétalienne. Je ne crains absolument pas les carences.
Si on sait combiner les aliments et les varier, on ne manque de rien. Le soi-disant besoin indispensable de l'homme de consommer
des produits animaux est un mythe qui sert les intérêts de certains industriels (la viande et le lait, c'est un marché juteux !).
Depuis que je me suis mise à ce régime, je me sens en nettement meilleure santé, c'est flagrant. Et il y a de plus en plus de professionnels de la santé qui plébiscite le végétarisme.
Après pour les questions théologiques : personnellement je ne ressens pas le besoin de trouver dans les Ecritures ou autres textes
un "ordre" d'être végétarien. Premièrement parce qu'il n'y en a pas. Deuxièmement parce qu'être végétarien n'est pas interdit, je suis
donc libre de faire ce choix sans avoir à me justifier. Mais je trouve que la violence que nécessitent les sacrifices anciens et la viande peut poser question, surtout que quand on lit la Bible, on voit que Dieu l'aurait même ordonné dans la loi juive ! Il y a aussi l'exemple du sacrifice d'Abel. Ma pensée est que Dieu est le plus grand pédagogue et va à notre rythme. Dans l'AT, la guerre semble aussi approuvée par Dieu, quand il ordonne de massacrer des peuples entiers ! C'est choquant, n'est-ce pas ? Cela veut-il dire que la guerre est bonne ?... Pour les sacrifices, Dieu les ordonne dans la loi juive pour la rémission des péchés et l'action de grâce, mais il suffit de lire les prophètes pour voir que cela ne suffisait pas. Le dénouement, c'est le Christ : il s'est substitué à tous ces sacrifices sanglants une fois pour toutes et se donne à nous à la Messe. J'avais bcp aimé ce qu'un auteur disait dans le cadre d'une discussion sur l'islam et le hallal : "dans le catholicisme, la violence des sacrifices d'animaux est sublimée dans la douceur de l'Eucharistie".
Les orthodoxes mangent végétalien durant le Carême; ils font référence à la pénitence bien sûr, mais aussi à la non-violence et à l'aspiration à notre état originel. Les pères du désert ont aussi décrit la viande comme un aliment qui alourdit l'esprit, en cela ils rejoignent d'autres traditions spirituelles.
Moi je pense comme je l'explique dans un message plus haut qu'aujourd'hui surtout, la consommation de viande et de produits laitiers,
en plus de ne pas être indispensable et même nocif, entraîne aussi d'autres questions éthiques et écologiques. C'est la raison première de mon choix personnel, auquel je peux aussi joindre l'aspect spirituel.
"Il n'y a qu'une douleur, c'est d'avoir perdu le jardin de volupté, et il n'y a qu'une espérance ou qu'un désir qui est de le retrouver. Le poète le cherche à sa manière, et le plus sale débauché à la sienne. C'est l'unique objet. Napoléon à Tilsitt et l'ivrogne immonde ramassé dans le ruisseau ont exactement la même soif. Il leur faut l'eau des Quatre Fleuves du Paradis." Léon Bloy
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Danniel
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par Danniel »

Comment peut-on se dire des êtres spirituels s'il nous faut tuer des êtres vivants pour des besoins corporels.

Je crois que le végétarisme pourrait venir à bout de la famine dans le monde. Bien sur des peuples ne peuvent faire autrement que de manger de la viande, les Inuits par exemple.
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Menthe
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par Menthe »

Danniel a écrit :Comment peut-on se dire des êtres spirituels s'il nous faut tuer des êtres vivants pour des besoins corporels.
L'homme n'est pas seulement un être spirituel, puisqu'il a un corps - vous parlez vous-même de nos "besoins corporels". De plus, les végétaux sont, tout comme les animaux, des êtres vivants.
Mais sur le fond, je ne suis pas en désaccord avec vous : élever et tuer dans des conditions parfois déplorables des êtres vivants qui ressentent la douleur, peut-être la peur (je n'en sais rien et je ne voudrais pas faire d'anthropomorphisme à deux francs), traiter les animaux comme de simples produits "fabriqués" à la chaîne et destinés à satisfaire les besoins du consommateur, ce n'est pas si anodin...
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Danniel
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par Danniel »

Ce n'est pas de moi c'est de Gandhi
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Menthe
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par Menthe »

Ok ! ;) Puisque vous l'avez écrit sans guillemets et sans faire mention de l’auteur, je pensais que la phrase était de vous. Selon evene, Gandhi dit ceci : « Le progrès spirituel exige de nous que nous cessions de tuer les autres êtres vivants pour nos besoins corporels. », ce qui n'est pas exactement la même chose. Je serais curieuse de savoir ce qu'il entendait par là, dans quel contexte il écrit ces mots, ce qu'est pour lui le "progrès spirituel" : en savez-vous plus ?
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Danniel
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par Danniel »

Bonjour Menthe

Je suis vraiment désolé mais je ne peux vous être d'un grand secours, je ne connais de Gandhi que l'Ahimsa (non-violence) et la désobéissance civile.
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ti'hamo
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par ti'hamo »

Une note en passant : on ne peut pas avancer les dérives actuelles de l'élevage industriel ou de l'élevage intensif ou aux rendements trop élevés, et de la surconsommation de viande, pour en conclure qu'il faut être végétarien...

...puisque la culture intensive et industrielle des végétaux pose également beaucoup de problème et est tout aussi mauvaise pour l'environnement, et néfastes pour les pays pauvres (monoculture, abus de pesticides et engrais, épuisement des sols...)


On ne peut donc pas dire que la consommation de viande soit mauvaise, en soi, pour l'environnement et les pays pauvres. Ou aors on devrait dire la même chose de la consommation de végétaux, à cause des dérives de nos systèmes de culture !
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]

Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
[Konrad Lorenz]
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pimpampoum
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par pimpampoum »

Bonjour,

Sans vouloir être rabat-joie, il me semble qu'il y a eu une hérésie "végétarianiste" qui a été condamnée dans les premiers temps du christianisme.

Mais je n'arrive plus à retrouver laquelle et où.
Et je n'ai jamais su pour quelles raisons. Si quelqu'un sait... :-D

Bonne soirée et Dieu vous garde !

(NB. Je mange de la viande mais je ne suis pas anti-végétarienne : je précise pour pas qu'il y ait de malentendu vis-à-vis de ce que j'ai écrit juste au-dessus.)
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MariaMagdala
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par MariaMagdala »

On peut trouver des tonnes d'articles traitant de la maltraitance sur les animaux. C'est particulièrement courant surtout pour subvenir aux besoins des fast food comme KFC ou Mcdo. Il se passe des choses intolérables mais bon, les lobbies font bien leur travail!

Il est clair que le "petit" éleveur local va peut être mieux traité son animal, j'ai le souvenir de mon père qui élevait et élève encore poules, canards et oies et qui de temps en temps en tuait une. Cela n'en reste pas moins un acte violent, même fait avec le plus de douceur possible. Un être perds la vie. Et ils le sentent! Alors qu'elles s'approchaient de mon père avec confiance habituellement (il devait être synonyme de nourriture pour elles), ces volailles se montraient très craintives quand il venait dans le but d'en prélever une pour le repas du dimanche.
C'était dur de les attrapper!
Pareil pour un animal qu'on emmene chez le vétérinaire pour qu'il se fasse euthanasier: ils ont peur!

Alors je me dis qu'une vache, un porc ou tout animal quadrupède, plus intelligent qu'une poule, sait très bien ce qui va lui arriver. Peut être pas exactement dans les faits, mais son instinct de survie est bien présent, de même que la peur, la douleur.

Peut être même ressente-t-il un sentiment de trahison envers celui qui les a éléver.... Qui sait?
Mais je me suis poser la question l'autre jour en parlant avec une de mes collègues qui avait travailler dans un service avec des handicapés très graves... J'espère que je ne choquerais personne, sinon je m'en excuse. Quels sont les critères qui définissent un être humain? Certaines de ces personnes, souffrent de malformations terribles, ou ne réagissent à rien, qui sont incapable d'établir un raisonnement et d'exprimer un sentiment de manière cohérente.... Ces personnes ont le droit à la vie (malheureusement de moins en moins..... mais c'est un autre débat). Donc si ils ne ressemblent pas à un être humain, ne pensent pas comme un être humain que faire? Sont-il humain si un animal est plus intelligent qu'eux ou montre clairement son affection pour son "propriétaire"? Si on lutte pour la vie, pourquoi ne pas lutter pour la Vie au sens large....

Deuxième point, même sans passer à un alimentation strictement végétalienne (parce que la consommation d'oeufs et de produits laitiers est aussi le résultat de souffrance animale, que je peux vous expliquer si vous le souhaitez), on peut découvrir des recettes délicieuses. Et c'est ça qui n'est pas assez mis en avant! Les alternatives aux produits animaux existent. Que ce soit en patisserie que pour des plats chauds, il y a une quantité de recettes succulentes qu'on peut trouver facilement sur internet. On peut faire des gâteaux sans oeufs et sans lait et avoir un moelleux et un fondant incroyable!

Je vous conseille en particulier celle -ci, testée et approuvée par des non-végétariens:
http://vegebon.wordpress.com/2010/05/09 ... e-animale/
La recette est en bas de page.

Si les alternatives sont aussi bonnes, voir parfois meilleures, pourquoi ne pas franchir le pas? Surtout que d'un point de vue économique, c'est extremement rentable.

Alors si c'est bon en bouche, bon pour la santé, bon pour l'environnement, bon pour le portefeuille et peut être bon pour notre âme ( moins souillée par la mort, qui sait?), il faut sauter le pas!
On peut même aller plus loin dans le respect de la vie que ça n'est demandé dans la Bible. Quand on honore Dieu, aime son prochains et prend soin de la nature et des animaux qui nous sont confié... C'est Eden sur Terre! J'imagine que le Seigneur serait très fier de nous, de nous voir défendre la Vie et je serai ravie de lui faire offrande de magnifiques muffins aux pommes fondants et moelleux quand viendra le Jour de l'Homme, ce qui devrait retarder l'Apocalypse de quelques temps! :-D :-D :-D


God bless you!
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" A celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir " (Lc 8,18)
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pimpampoum
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par pimpampoum »

Bonjour !

... j'ai trouvé... par hasard... ce sur quoi je m'interrogeais page précédente :
la condamnation historiquement d'hérésies "végatarianistes" par l'Eglise.

http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9g%C ... rahamiques
Pour les adeptes de l'Église orthodoxe ou des Églises des trois conciles, comme l'Église copte orthodoxe, il y a de nombreuses et longues périodes où s'alimenter en produits issus du règne animal est strictement interdit (végétalisme), et même de se vêtir ou d'utiliser un quelconque produit issu du règne animal (véganisme). En revanche, contrairement au christianisme orthodoxe, pour ce qui est du catholicisme par exemple (à l'opposé du catharisme), qui lève tout interdit alimentaire (que ce soient celui des Juifs (porc par exemple) ou celui des païens (les Égyptiens, les Sabiens et beaucoup d'autres peuples idolâtres évitaient de tuer et de manger des brebis, des boucs, des bœufs)125) .Vers 560, le premier concile de Braga déclara dans son quatorzième canon : « Si quelqu'un, partageant la doctrine de Mani et de Priscillien regarde comme impures les viandes que Dieu à créées pour notre nourriture et qu'aussi il n'ose gouter des légumes mêmes cuits avec de la viande, qu'il soit anathème. »

Ensuite, certains ordres chrétiens, (les trappistes, les Chartreux, les Bénédictins11, les Pères du Désert et tous les ordres monastiques du christianisme orthodoxe), le christianisme ésotérique tel que le Rosicrucian Fellowship ou l'Anarchisme chrétien (représenté par exemple par Léon Tolstoï), mais aussi les courants du christianisme tels que ceux des Cathares et des Adventistes du septième jour, encouragent le végétarisme.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Catharisme
Refus de l'alimentation carnée
Pour les cathares, l'abstinence de nourriture animale n'est pas une privation10. Guilhem Bélibaste, dernier « parfait » cathare connu, a dit à propos des pratiques de privations catholiques : « le jeûne que vous faites vaut autant que le jeûne du loup »11. Il s'agit plutôt d’un prolongement de l’interdit du meurtre à toute vie animale. Le catharisme, là encore, se distingue par une certaine radicalité. En effet, tous les animaux, dans la perspective cathare, sont susceptibles d'avoir reçu une âme céleste11.

Le végétarisme cathare était un refus de commettre la violence à l'égard d'une créature « ayant du sang », – principe pour eux des « vrais chrétiens » :

« Si un criminel dangereux les attaquait, ils pouvaient se défendre ; tuer la vipère ou le loup. Encore qu'à l'époque du catharisme triomphant, un « parfait » ne l'eût sans doute point fait, car il était aussi grave de tuer une bête « ayant du sang » que de tuer un homme. »

— René Nelli, la vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle11.

On retrouve, à l'autre extrémité de la période cathare, des indications explicites de l'idée d'âme reçue également par toute vie animale : Deux femmes de Montaillou (Ariège), vers 1300, discutent religion : « ma commère, ce serait un grand péché de tuer cette poule ! – Est-ce un si grand péché de tuer une poule qu'on le dit ? – Oui, car dans notre religion, les âmes humaines, quand elles sont sorties des corps des hommes et des femmes, se mettent ou s'introduisent dans des poules. 11 »

Le refus de tuer la volaille est un topique de la littérature médiévale11 : un inquisiteur dénonce à l'empereur les cathares amenés à Goslar par le duc de Lorraine vers 1053, un autre inquisiteur fait brûler un toulousain qui lui avait répondu qu'il ne voyait pas quelle faute avait commise ce coq, pour qu'il dût le tuer (vers le milieu du XIIIe siècle)11 ; le même fait brûler deux dames de Foix, en fuite, et que leur déguisement de mauresque n'avait pas mise hors de la suspicion de leur aubergiste toulousaine, qui renseignait l'Inquisition : en effet, prétextant qu'elle s'en allait faire le marché, l'aubergiste leur demanda de tuer et de déplumer les poules pendant son absence, afin de l'avancer dans son travail ; comme lorsqu'elle fut revenue les poules étaient toujours vivantes : l'aubergiste ne dit pas un mot, appâtée par la prime promise aux délateurs ; elle sortit et revint avec deux sergents de l'Inquisition, qu'elle avait déjà alertés11; il n'y a pas lieu de chercher des motifs mystérieux à cette épreuve, qui remplaçait avantageusement les ordalies en usage si longtemps contre les hérétiques dans le nord de la France11.

Les poulets ne sont pas seuls en cause11. Les cathares fréquentaient les paysans, et essayaient de modifier leur mentalité11. Ils leur recommandaient, par exemple, de traiter les animaux avec douceur11. Les femmes se montraient sans doute plus sensibles que leurs maris :

« Guillemette, voyant un Croyant cathare faisant fonction de Parfait battre méchamment son ânesse, ne contient pas son indignation : "ça se dit receveur d'âmes, et ça martyrise les animaux !" »

— René Nelli, la vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle11.

La sensibilité cathare à ce sujet pouvant prendre les formes les plus désespérées :

« Un hérétique que l'on mène en prison, à travers les rues de Limoux, se met à pleurer en voyant les bouchers tuer des veaux, près de l'abattoir de la ville. Il pleurait sur le sort de tous ces gens qui pêchaient mortellement – et se perdaient – en mettant à mort une bête. »

— René Nelli, la vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle11.

Si les Parfaits tombaient par hasard sur un animal pris au piège, ils avaient le devoir de le délivrer, mais, de ce fait, ils causaient un dommage au chasseur. Alors, bien que leur rituel ne leur en fît pas obligation, ils faisaient partir le lièvre et laissaient à sa place une pièce de monnaie11.
Bonne soirée, que Dieu vous garde.
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par Fée Violine »

En effet, les cathares refusaient l'utilisation des produits d'origine animale. C'est d'ailleurs pour cela que les dominicains portent une ceinture de cuir, et que saint Dominique remettait ses sandales (en cuir aussi) en entrant dans une ville (sur le chemin, il les tenait à la main, par pénitence).
Il y a aussi un document de la main de saint Dominique, la réconciliation d'un hérétique en 1208. Ce texte énonce quelles seront les conditions de vie de cet homme, rien de méchant: il continue à mener la même vie austère qu'au temps où il était cathare. Mais il a l'obligation de manger de la viande une fois par an!
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Menthe
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par Menthe »

@MariaMagdala

Bien sûr qu'on peut trouver des articles traitant de la maltraitance des animaux : elle existe ! Les deux discours, aussi bien "les conditions d'élevage sont toujours horribles" que "les éleveurs traitent toujours bien leurs bêtes", sont à nuancer. Cela dépend de l'éleveur (à fond sur le bio, attentif au rendement...), du type d'élevage (porcin, bovin, à l'air libre, en bâtiment...) et de beaucoup d'autres facteurs.
Peut-être avez-vous lu Faut-il manger les animaux ? de Safran Foer ? Si non, je vous le conseille. Il est végétarien et son livre n'est pas flatteur - c'est un euphémisme ! - pour les élevages industriels américains, mais il ne cache pas qu'il existe des élevages où les animaux sont bien traités, même si pour lui ce n'est pas une raison suffisante pour les manger.
Il n'est pas nécessaire d'être végétarien pour vouloir améliorer les conditions d'élevage ou être en faveur de la réduction de la consommation de viande.
Quels sont les critères qui définissent un être humain? Certaines de ces personnes, souffrent de malformations terribles, ou ne réagissent à rien, qui sont incapable d'établir un raisonnement et d'exprimer un sentiment de manière cohérente.... [...] Donc si ils ne ressemblent pas à un être humain, ne pensent pas comme un être humain que faire? Sont-il humain si un animal est plus intelligent qu'eux ou montre clairement son affection pour son "propriétaire"? Si on lutte pour la vie, pourquoi ne pas lutter pour la Vie au sens large....
Je ne connais pas ces critères, mais je répondrais sans hésiter oui à la question en gras. Un être humain n'est pas un être humain parce qu'il est intelligent ou parce qu'il a la capacité de ressentir et de manifester de l'affection envers ses proches. Ces personnes ne sont pas dans la norme, mais ce n'est pas pour autant qu'elles n'appartiennent plus à l'espèce humaine. Un bébé est incapable d'établir un raisonnement (même si dans son cas c'est juste temporaire), il est pourtant un être humain.
Qu'est-ce que vous voulez dire par "ne ressemblent pas à un être humain" et "ne pensent pas comme un être humain" ?

Le respect de la Vie au sens large, qu'est-ce que c'est ? Les végétaux sont des êtres vivants, les bactéries et les parasites aussi. Faut-il respecter leur vie ?
Et c'est ça qui n'est pas assez mis en avant! Les alternatives aux produits animaux existent. Que ce soit en patisserie que pour des plats chauds, il y a une quantité de recettes succulentes qu'on peut trouver facilement sur internet.
Malgré mes réserves, sur ce point je vous approuve totalement ! :)
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Sarah L.
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par Sarah L. »

Je viens tout juste de voir ce post, et il est tout à fait passionnant ! :coeur:

Personnellement, j'étais végétarienne (je ne mange pas de viande, mais je mange des œufs et des produits laitiers) avant d'être catholique, et donc pour des raisons qui n'avaient rien à voir avec la religion. Toutefois, mon végétarisme et ma foi m'apparaissent aujourd'hui comme deux engagements complémentaires, bien que souvent incompris.

Je vais prendre le temps de lire toutes les pages de la discussion dès que possible, mais je peux déjà vous dire qu'aujourd'hui, être végétarien(ne), c'est avant tout refuser un mode de vie, et de consommation, irrespectueux envers les créatures du Seigneur. L'élevage intensif est une aberration, autant dans le traitement qu'il inflige aux animaux, que dans celui qu'il inflige à l'environnement et au consommateur, les conditions sanitaires étant particulièrement sensibles (je pense tout particulièrement aux risques accrus de transmission des zoonoses, comme la vache folle, les diverses grippes, aviaire, porcine, etc).
De plus, nous vivons une ère de vaste gaspillage, où la surconsommation de la viande (qui accompagne un, voire deux, repas par jour, l'idéal étant deux repas par semaine pour un adulte) prive une partie de la population de nourriture. Par exemple, il faut environ 10kg de céréales pour produire 1kg de viande, et environ 100litres d'eau sont nécessaires au total.

Pour résumer, des méthodes de production irrespectueuses de la Création et de notre prochain ont confirmé mon choix de ne plus manger de viande, aujourd'hui, convertie au catholicisme. :)
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MariaMagdala
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Re: Christ et le végétarisme

Message non lu par MariaMagdala »

Menthe a écrit :Je ne connais pas ces critères, mais je répondrais sans hésiter oui à la question en gras. Un être humain n'est pas un être humain parce qu'il est intelligent ou parce qu'il a la capacité de ressentir et de manifester de l'affection envers ses proches. Ces personnes ne sont pas dans la norme, mais ce n'est pas pour autant qu'elles n'appartiennent plus à l'espèce humaine. Un bébé est incapable d'établir un raisonnement (même si dans son cas c'est juste temporaire), il est pourtant un être humain.
Qu'est-ce que vous voulez dire par "ne ressemblent pas à un être humain" et "ne pensent pas comme un être humain" ?

Le respect de la Vie au sens large, qu'est-ce que c'est ? Les végétaux sont des êtres vivants, les bactéries et les parasites aussi. Faut-il respecter leur vie ?
@ Menthe

En me relisant, je me rends compte que j'ai mal exprimé mon idée. Je voulais parler de dignité en fait. Certaines personnes, même très bien intentionnée, prennent comme pretexte que les animaux ne s'expriment pas, ne pensent pas comme nous pour légitimer la consommation de leur chair. Et parfois ces mêmes personnes ont des attitudes également très particulière vis-à-vis de l'IVG et de l'Euthanasie.
Quand je dis "ne ressemblent pas à un être humain" ou "ne pensent pas comme un être humain", je pense à certaines personnes que j'ai déjà pu voir dans des centres spécialisés, des êtres humains certes, mais avec des handicaps tellement lourds et de malformations tellement importantes que physiquement la ressemblance avec la personne lambda n'est clairement pas flagrante. Et avec des handicaps mentaux tellement graves que ces personnes ont l'air de morts vivants, n'arrivant pas a s'alimenter, ni a rien exprimer. Certains passent leurs vies dans ce type de centre, complêtement abandonné de leurs familles.
Je ne remets pas en cause la dignité et le droit de vivre de ces personnes. Etant soignante, je me place clairement contre l'avortement, même thérapeutique et contre l'euthanasie, malgré les situations difficiles auquels j'ai déjà été confronté et je continuerais de défendre le droit à la vie de ces personnes....

Et c'est parce que j'ai du respect pour la vie, que j'aimerai voir les animaux traiter avec plus de respect. Parce que je crois intimement que quand les animaux cesseront d'être traité comme des esclaves ou de la marchandise, on commencera aussi a traiter les êtres humains avec plus d'égards...

Vous terminez en demandant s'il faudrait également respecter les végétaux, les parasites ou les bactéries. Oui, dans une certaines limite bien sur. Ils sont tous necessaires à la vie sur Terre. C'est la grande chaine alimentaire. Si on éradique completement l'un, peut être que celui ci était la nourriture exclusive d'un autres, cet autre fini par disparaitre, puis celui qui s'en nourrissait et ainsi de suite. Que l'on respecte les végétaux me parait également une bonne idée, car c'est la base d'une alimentation équilibrée et d'une atmosphère de qualité... Donc ça me parait promordial.
Mais ça devient legèrement hors sujet.

Donc revenons-en à nos moutons, si j'ose dire: ce serait déjà bien si les gens réduisait leurs consommation de produits animaux et les remplaçaient par des produits végétaux. Tout le monde s'en porterait mieux!
" A celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera retiré" (Mc 4,25)
" A celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir " (Lc 8,18)
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