Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
Règles du forum
Forum de partage de méditations chrétiennes
Mac
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3962
Inscription : lun. 09 févr. 2009, 23:40
Localisation : la Réunion

Re: les trois tentations de Jésus

Message non lu par Mac »

Merci Etienne, je le trouve très éclairé le Pape Benoit XVI.

Je relève cette petite phrase si vrai :

« dans les moments décisifs de la vie, mais aussi à chaque instant, nous sommes face à un carrefour : est-ce que nous voulons suivre le « moi » ou Dieu ?»....

Et aussi

"La foi est en jeu"

Brève mais bonne homélie du Pape!

Fraternellement en Jésus Christ. :ciao:
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

La prière du Notre Père

Message non lu par etienne lorant »

Le mardi de la 1re semaine de Carême

Livre d'Isaïe 55,10-11.
Ainsi parle le Seigneur : La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission.

Psaume 34(33),4-5.6-7.16-17.18-19.
Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Le Seigneur entend ceux qui l'appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l'esprit abattu
.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l'ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. »


Notre prêtre s'est réjoui du bon choix des Lectures d'aujourd'hui, qui nous conduisent "tout naturellement" à relire le Notre Père et à l'apprécier pour ce qu'il nous dit de Dieu. Car, lorsque Dieu parle, sa parole s'accomplit d'une façon ou d'une autre, elle ne lui revient pas avant d'avoir tout accompli. Or, la tentation qui vient très naturellement à l'homme, c'est de prier Dieu en fonction de ses désirs humains... prier selon le moi, l'ego, nos propres désirs.

S'il est une expérience que nous connaissons, c'est bien que la réalisation de nos désirs n'est pas exactement - loin s'en faut ! - ce qui nous rend heureux.
Ici encore, les extraordinaires rencontres qui m'ont été données après ma conversion, me parlent également. D'abord, j'avais demandé à Dieu de "mourir dans l'instant", afin de conserver cette exultation permanente qui m'avait fait danser sans musique, puis me promener pieds nus en sandalettes durant six mois. Ensuite, j'avais demandé à Dieu de me conduire dans un monastère, car j'avais le sentiment que je devais tout réapprendre de l'existence, depuis la marche jusqu'à la parole - et jusqu'à ma manière de réfléchir. Eh bien, rien de tout cela ne me fut accordé. Mais dès mon retour au travail, ma joie a rejailli en moi au travers de multiples rencontres et de services qui constituent toujours des souvenirs de vrai bonheur.

Ainsi, que Ta volonté soit faite, mon Dieu, voici ce qu'il y a de mieux, quand bien même je suis incapable d'y comprendre quelque chose dans le temps que je vis aujourd'hui.

Le prêtre nous a rappelé ensuite les diverses formes de tentation que Jésus avait supportées et qu'il avait toutes renversées en rappelant la volonté du Père. D'une façon ou d'une autre, ce que le démon suggère aux hommes, c'est d'instrumentaliser Dieu, de le mettre à notre service. Mais: "Ne nous soumets pas à la tentation et délivre-nous du mal", car justement le mal, c'est ce qui est contraire à la volonté de Dieu et ce qui est contraire à la volonté de Dieu aboutit toujours au malheur de l'homme. Tout se tient donc, puisque le pardon accordé à autrui annule aussi le mal qui nous retient éloigné du Père.

Tout est donc beau, clair, net pour celui qui croit. Seigneur, ainsi soit-il !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
Fée Violine
Consul
Consul
Messages : 13043
Inscription : mer. 24 sept. 2008, 14:13
Conviction : Catholique ordinaire. Laïque dominicaine
Localisation : France
Contact :

Re: La prière du Notre Père

Message non lu par Fée Violine »

Commentaire du Notre Père par saint François d'Assise:
Saint François d'Assise
Notre Père paraphrasé (trad. Desbonnets et Vorreux, Documents, p. 142)

« Notre Père » très saint,
notre Créateur, notre Rédempteur, notre Sauveur et notre Consolateur.
« Qui es aux cieux »,
dans les anges et dans les saints, les illuminant pour qu'ils te
connaissent, car tu es, Seigneur, la lumière ;
les enflammant pour qu'ils t'aiment, car tu es, Seigneur, l'amour ;
habitant en eux et les emplissant de ta divinité pour qu'ils aient le
bonheur, car tu es, Seigneur, le bien souverain, le bien éternel,
de qui vient tout bien, sans qui n'est aucun bien.

« Que ton nom soit sanctifié » :
Que devienne toujours plus lumineuse en nous
la connaissance que nous avons de toi,
afin que nous puissions mesurer la largeur de tes bienfaits,
la longueur de tes promesses, la hauteur de ta majesté,
la profondeur de tes jugements (Ep 3,18).

« Que ton règne vienne » :
Règne en nous dès maintenant par la grâce ;
introduis-nous un jour en ton Royaume
où enfin nous te verrons sans ombre,
où deviendra parfait notre amour pour toi,
bienheureuse notre union avec toi, éternelle notre jouissance de toi.

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » :
Que nous t'aimions
de tout notre cœur en pensant toujours à toi,
de toute notre âme en te désirant toujours,
de tout notre esprit en dirigeant vers toi tous nos élans et ne poursuivant
toujours que ta seule gloire,
de toutes nos forces en dépensant toutes nos énergies
et tous les sens de notre âme et de notre corps au service de ton amour et
de rien d'autre (Mc 12,30).
Que nous aimions nos proches comme nous-mêmes (Mt 22,39)
en les attirant tous à ton amour selon notre pouvoir,
en partageant leur bonheur comme s'il était le nôtre,
en les aidant à supporter leurs malheurs,
en ne leur faisant nulle offense.

etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Prier dans la confiance absolue

Message non lu par etienne lorant »

Le jeudi de la 1re semaine de Carême

Livre d'Esther 14,1.3-5.12-14.

La reine Esther, dans l'angoisse mortelle qui l'étreignait, chercha refuge auprès du Seigneur.
Elle priait ainsi le Seigneur Dieu d'Israël : « Mon Seigneur, notre Roi, c'est toi le seul Dieu ; viens me secourir, car je suis seule, et je n'ai pas d'autre secours que toi, et je vais risquer ma vie.
Depuis ma naissance, j'ai entendu répéter, dans la tribu de mes pères, que tu as choisi Israël de préférence à toutes les nations, et nos pères de préférence à tous leurs ancêtres, pour en faire à jamais un peuple qui t'appartienne, et tu as fait pour eux tout ce que tu avais promis.
Souviens-toi, Seigneur ! Fais-toi connaître au moment de notre détresse ; donne-moi du courage, toi le roi des dieux, qui domines toute autorité.
Mets sur mes lèvres un langage harmonieux quand je serai en présence de ce lion, et change son cœur : qu'il se mette à détester celui qui nous combat, qu'il le détruise avec tous ses partisans.
Délivre-nous par ta main, viens me secourir car je suis seule, et je n'ai que toi, Seigneur, toi qui connais tout.
»

Psaume 138(137),1-2a.2bc-3.7c-8.
Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,7-12.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Demandez, vous obtiendrez; cherchez, vous trouverez; frappez, la porte vous sera ouverte. Celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve ; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira.
Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ?
ou un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes.



C'est progressivement que Dieu donne à son peuple: Il n'a pas donné d'abord la Loi à Moïse, mais la génération à Abraham. Et avant de donner le temple de Jérusalem, il a donné l'organisation de la vie du peuple par ses prophètes, puis par les rois. Avec la venue du Messie, c'est Dieu lui-même qui s'est donné à son peuple et à tous les hommes, de toutes les générations, afin que quiconque invoque son secours ne soit pas abandonné.

N'est-elle pas un peu étrange la manière dont Jésus va conclure à son enseignement sur la prière ? Il dit clairement : "Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donnez de bonnes choses à vos enfants..." Notre nature est donc si mauvaise ? Non pas, mais c'est la défectuosité, la précarité de notre foi qui est en cause.

J'ai songé que si notre foi avait la qualité de celle du centurion romain (désigné par tous, a priori, comme l'ennemi,) nous nous serions exaucés très rapidement. En quoi la prière du centurion est-elle un modèle ? D'abord, elle ne demande aucun signe au Seigneur ("Il te suffit de dire un mot et mon serviteur se remettra") - c'est une confiance "sans voir"; ensuite, c'est une prière d'intercession. Le centurion ne demande rien pour lui-même, mais pour quelqu'un, sans doute un esclave, sur lequel il a certainement tous les droits de l'occupant.

Comment comprendre et comment atteindre dans notre prière une telle qualité de foi ? Tout simplement en dépassant les considérations humaines que nous appliquons sur Dieu. Si le centurion est capable de demander pour un plus petit que lui, comme le père qui donne de bonnes choses à ses enfants, Dieu n'est-il pas capable de subvenir en plus aux besoins non exprimés du centurion ? La conclusion confirme cette approche de l’Évangile d'aujourd'hui: "Si vous... combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Désirer l'absolu et la perfection

Message non lu par etienne lorant »

Le samedi de la 1re semaine de Carême

Livre du Deutéronome 26,16-19.
Moïse disait au peuple d'Israël : " Aujourd'hui, le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ces commandements et ces décrets. Tu les garderas et observeras de tout ton cœur et de toute ton âme.
Aujourd'hui, tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : qu'il sera ton Dieu, et que tu suivras ses chemins, que tu garderas ses commandements, ses ordres et ses décrets, et que tu écouteras sa voix. Aujourd'hui, le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration : que tu seras son peuple particulier, comme il te l'a promis, et que tu devras garder tous ses commandements.
Il te donnera prestige, renommée et gloire, plus qu'à toutes les nations qu'il a faites, et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il te l'a promis.


Psaume 119(118),1-2.4-5.7-8.
Heureux les hommes intègres dans leurs voies
qui marchent suivant la loi du Seigneur !
Heureux ceux qui gardent ses exigences,
ils le cherchent de tout cœur !


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :
" Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.



Comme nous l'avait dit hier notre prêtre, c'est progressivement que Dieu s'est révélé à son peuple: Il avait donné une génération innombrable à Abraham, à Moïse il a donné des lois. Des lois qui avait pour but de faire de ce peuple un peuple tout particulier, qui Lui sera consacré.

Avec la venue du Jésus, c'est toute l'humanité de tous les temps, qui est destinée à devenir le peuple consacré au Seigneur - et ainsi, ce que la première désobéissance de l'homme avait fait, la consécration de tous au Seigneur le rétablira.

Dans ce qu'Il dit aujourd'hui, le Seigneur continue de défaire des noeuds, de libérer son peuple, de lui procurer la grâce qui lui permettra de s'étendre à l'univers entier. Or, c'est une loi nouvelle, une loi de miséricorde, destinée à tous et à toutes sans aucune exception. Et le premier précepte qui est renouvelé, c'est celui qui divisait les hommes entre amis et ennemis.

Il avance ici deux arguments: le premier, c'est que notre Dieu est "d'égal Amour" pour tous les hommes, les bons comme les méchants, les justes comme les injustes. Est-ce un argument recevable ? Oui, dans la mesure où l'on n'a jamais vu un homme parfaitement bon et parfaitement juste - du moins jusqu'à la venue du Christ, venu tout renouveler.

Le second argument incite à l'effort pour devenir meilleur et de plus en plus jusqu'à la perfection; il nous invite carrément à oeuvrer avec Dieu dans son dessein, à adopter son absolu: "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait !" Eh bien, nous voici tous invités à devenir saints en adhérant de tout notre être à la sainteté du Père.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Pratique de la délivrance

Message non lu par etienne lorant »

Livre d'Isaïe 1,10.16-20.
Écoutez la parole du Seigneur, vous qui ressemblez aux chefs de Sodome ! Prêtez l'oreille à l'enseignement de notre Dieu, vous qui ressemblez au peuple de Gomorrhe !
Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien : recherchez la justice, mettez au pas l'oppresseur, faites droit à l'orphelin, prenez la défense de la veuve.
Venez donc et discutons, dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l'écarlate, ils deviendront comme la neige. S'ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront blancs comme la laine.
Si vous consentez à m'obéir, vous mangerez les bonnes choses du pays.
Mais si vous refusez, si vous vous obstinez, c'est l'épée qui vous mangera. Le Seigneur a parlé.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 23,1-12.
Jésus déclarait à la foule et à ses disciples :
« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes : ils portent sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ;
ils aiment les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues, les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé.



Comment se peut-il que l'on puisse pratiquer une religion, c'est-à-dire une relation à Dieu, de telle manière que nos idées, nos conceptions, nos façons de vivre, notre train de vie et même nos plus vulgaires habitudes ne s'en trouvent en rien changés ? C'est tout simple: il suffit de l'organiser selon nos goûts de telle manière que même le temps passé dans la maison de Dieu devienne une occasion comme une autre de vivre selon nos désirs.

Dans mes jeunes années, si j'ai quitté ma place de servant de messe, c'est que trois dimanches d'affilée, un peu avant la Consécration, comme j'apportais à l'autel les burettes sur mon plateau, j'ai vu un homme et une femme flirter ouvertement dans les premières rangées de l'assemblée. Certes, à cette époque, les églises étaient remplies, mais en l’occurrence, même le prêtre - qui rougissait sans oser rien dire, s'appliquait à ignorer la "romance" en train de se dérouler à ses pieds.

Donc, je suis sorti... sans savoir que je ne reviendrais que quinze ans plus tard.

Et cependant, durant tout le temps qu'avait duré mon catéchisme, j'avais commencé de comprendre en quoi l’Évangile rendait toutes choses différentes, en quoi il éclairait le quotidien le plus banal, lui insufflait de la joie, lui conférait une sorte de sourire tranquille.... tout en demeurant d'un sérieux hors du commun.

J'étais tout jeune, pré-adolescent, et c'est dans une église, lors d'une messe du dimanche que j'ai découvert l'hypocrisie. Et à partir de là ... j'avoue que j'ai commencé de croire que "le monde" devait être plus sérieux que la religion. Je suis devenu un pécheur, mais un pécheur qui avait l'affreuse conscience du malheur où le péché le conduirait...

Ce matin, nous n'étions que six pour vingt-quatre places disponibles, mais l'autel, beaucoup plus dépouillé qu'autrefois, brillait par sa simplicité. Le prêtre - qui a 85 ans depuis m'a rappelé ce mot d'hypocrisie (voilà pourquoi mon partage en traite - et correspond d'ailleurs aux lectures), mais cette fois c'est tout content que je suis reparti. J'ai croisé dans la rue un homme qui m'a toisé avec un sourire condescendant qui n'a fait que gonfler ma joie.

Le désir de la vérité conduit à la souffrance, mais cette souffrance est de celle qui délivre.

Alleluia !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Boire à la coupe : d'amertume et de gloire

Message non lu par etienne lorant »

Le mercredi de la 2e semaine de Carême

Livre de Jérémie 18,18-20.
Mes ennemis ont dit : « Allons, montons un complot contre Jérémie. Les consultations sur la loi ne risquent pas de disparaître par manque de prêtre, ni le conseil, par manque de sage, ni la parole, par manque de prophète. Allons, attaquons-le par nos paroles, ne faisons pas attention à tout ce qu'il dit. »
Mais toi, Seigneur, fais attention à moi, écoute ce que disent mes adversaires.
Comment peut-on rendre le mal pour le bien ? Ils ont creusé une fosse pour me perdre. Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence pour te parler en leur faveur, pour détourner d'eux ta colère
.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 20,17-28.
Au moment de monter à Jérusalem, Jésus prit à part les Douze et, pendant la route, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour qu'ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient, et, le troisième jour, il ressuscitera. »
Alors la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s'approcha de Jésus avec ses fils et se prosterna pour lui faire une demande.
Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Voilà mes deux fils : ordonne qu'ils siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume. »
Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. »
Il leur dit : « Ma coupe, vous y boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder ; il y a ceux pour qui ces places sont préparées par mon Père. »
Les dix autres avaient entendu, et s'indignèrent contre les deux frères.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : les chefs des nations païennes commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand sera votre serviteur ; et celui qui veut être le premier sera votre esclave.
Ainsi, le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »



Il n'est pas de bonne politique d'être celui qui dénonce les injustices, d'autant plus lorsqu'il s'agit des injustices de ceux qui ont le pouvoir. Jérémie en fait l'expérience et demande son secours à Dieu, car ses ennemis montent un complot contre le messager des mauvaises nouvelles - et ils feront de même contre Jésus. Ils en feront de même pour nous si nous continuons de dénoncer les lois immorales de notre temps.

Dans l’Évangile, la mère de Jacques, comme sans doute plusieurs des douze, ne peut admettre la possibilité de la mise à mort de Jésus sur la croix qu'en concluant à sa résurrection immédiate et sa domination sans fin sur tout Israël. Puisqu'on en est là, s'est-elle dit (du moins c'est ce que je me représente), autant que ses fils aient les deux premières places dans ce gouvernement tout particulier.

Les autres disciples sont tout indignés par la demande qu'elle fait - mais en eux-mêmes, ils regrettent certainement de n'avoir pas les premiers songé à ce possible avenir ! Car du point de vue humain, comment concevoir le dessein surnaturel évoqué par le Seigneur ?
Et d'ailleurs, qu'est-ce que çà veut dire de servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ? Servir comme roi, de l'univers, oui - et n'est-ce pas un travail surhumain qui mérite bien qu'on en dise que le maître y a donné sa vie ? Quant a la coupe de gloire, dans les Cieux, il y boiront, certes - mais pas avant d'avoir goûté l'amertume de l'autre, l'amertume du rejet, de l'agonie et de la mise à mort...

Mais Jésus parle ainsi afin qu'ils retiennent ses paroles et s'en souviennent plus tard. Avons-nous déjà souffert quelques injustices à cause de notre foi ? Alors, c'est que notre lampe est bien allumée !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
gerardh
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 5031
Inscription : ven. 26 déc. 2008, 20:02
Conviction : chrétien non catholique
Localisation : Le Chambon sur Lignon (France)

Re: Boire à la coupe : d'amertume et de gloire

Message non lu par gerardh »

_______

Bonjour,

Quelques propos sur l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu, chapitre 20,versets 17-28.

C'est sur un sujet particulièrement intime et solennel que le Seigneur Jésus cherche la compréhension de ses disciples: les souffrances et la mort qui l'attendent à Jérusalem. Eh bien! La mère de Jacques et de Jean choisit ce moment pour lui faire une demande intéressée. Elle serait fière de voir ses fils occuper les places d'honneur dans le royaume du Messie. Et les dix de manifester leur indignation! Non pas peut-être parce que la demande était égoïste et inopportune, mais parce que, secrètement, chacun d'eux ambitionnait cette première place (Luc 22 v. 24). Hélas! Après tout ce que le Seigneur leur avait dit, ce petit enfant qu'il avait placé au milieu d'eux, ils n'avaient donc rien compris ni retenu? Ne les jugeons pas! Combien de peine nous avons à apprendre nos leçons, les mêmes leçons! Combien nous leur ressemblons!

Alors, sans un reproche, avec une patience infinie, le Maître reprend son enseignement. Et, cette fois, il l'appuie de son propre exemple par le v. 28, thème éternel de l'adoration des rachetés.


__________
Mac
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3962
Inscription : lun. 09 févr. 2009, 23:40
Localisation : la Réunion

Re: Boire à la coupe : d'amertume et de gloire

Message non lu par Mac »

Bonjour Etienne, Geradh, :)
Etienne a écrit :Ils en feront de même pour nous si nous continuons de dénoncer les lois immorales de notre temps.
Oui, malheureusement tu as bien raison Etienne.
gerardh a écrit :Hélas! Après tout ce que le Seigneur leur avait dit, ce petit enfant qu'il avait placé au milieu d'eux, ils n'avaient donc rien compris ni retenu?
Excellent effectivement gerardh cette référence à ce petit enfant placé au milieu d'eux.

Affectueusement à tous les deux. :ciao:
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le riche et le pauvre Lazare - Les jugements et la justice

Message non lu par etienne lorant »

Le jeudi de la 2e semaine de Carême

Livre de Jérémie 17,5-10.
Le cœur de l'homme est compliqué et malade ! Qui peut le connaître ? Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon ses actes, selon les fruits qu'il porte.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16,19-31.
Jésus disait cette parabole : « Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux.
Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies.
Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies.
Or le pauvre mourut, et les anges l'emportèrent auprès d'Abraham. Le riche mourut aussi, et on l'enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui.
Alors il cria : 'Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. -
Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : Tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant il trouve ici la consolation, et toi, c'est ton tour de souffrir.
De plus, un grand abîme a été mis entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous. '
Le riche répliqua : 'Eh bien ! père, je te prie d'envoyer Lazare dans la maison de mon père.
J'ai cinq frères : qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture ! ’
Abraham lui dit : 'Ils ont Moïse et les Prophètes : qu'ils les écoutent !
Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu'un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront. ' Abraham répondit : 'S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus. ' »



Les deux textes parlent de la justice qui s'appliquera sur le coeur des hommes - et du coeur qui n'est pas seulement le domaine du sentiment et des émotions, mais qui doit ici être considéré comme le moteur de l'être entier, ce qui le pousse à vivre, agir, changer, avancer ou faire demi tour et passer par ailleurs. Le jour venu, sur tout cela, il y aura un jugement.

Souvent, j'ai considéré cet Évangile comme l'un des rares textes où sont dévoilés les conditions des hommes dans l'au-delà. Certains spiritualistes en ont tiré des conclusions intéressantes - quant à savoir, par exemple, si le riche s'est retrouvé en enfer ou simplement au purgatoire.

Mais le même texte, lu de nouveau, mais cette fois dans la perspective du jugement final de l'âme, m'a fait reporter mon attention sur les évènements terrestres qui ont précédés ce jugement.

Pour les juifs du temps de Jésus et pour leurs ancêtres également, la fortune et la réussite sont considérées comme la récompense divine accordée dès ce monde aux hommes et aux femmes qui se sont bien comportés devant le Seigneur. Ils sont dans l'abondance de biens. Quant aux pauvres, aux faibles, aux malades, ceux qui sont atteints de maladies qui rendent "impurs", ils supportent dans la souffrance la conséquence de leurs péchés - et, pourquoi pas, des fautes de leurs parents: lors de son arrivée à Jérusalem, en Jean 9, Jésus va guérir un aveugle de naissance et ses propres disciples lui demanderont - comme si c'était l'évidence: "Maître, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ?"

Ces conceptions, ces préjugés, je peux dire que je les constate parfois en moi-même devant la pauvreté qui dérive en alcoolisme ou dans de piètres modes de vie, tous marqués par le malheur.

La crise actuelle, la nouvelle pauvreté qu'elle engendre, avec tous les comportements "inappropriés" qu'on imagine, pourrait bien me faire penser que "moi, du moins, je n'ai pas baissé les bras, j'honore la bonne éducation que j'ai reçue !" Eh bien, j'aurais tort, j'aurais même "tout faux" sous le regard de Jésus. Ma conversion, dont le premier moment est ancien de près de trente ans, ne m'a pas gagné la certitude du salut, mais la voici mise à l'épreuve de la miséricorde. La pauvreté d'autrui m'interpelle et me dit: "en quoi es-tu miséricordieux ? Crois-tu que ta pratique religieuse suffira pour ton salut ?"

Pour conclure, encore une chose que je n'avais pas jusqu'ici bien notée. Lorsque Jésus, dans l'histoire qu'il rapporte déclare : "S'ils n'écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu'un pourra bien ressusciter d'entre les morts : ils ne seront pas convaincus." - c'est évidemment lui-même qu'il désigne. Jésus est ressuscité d'entre les morts, mais les juifs qui l'ont mis à mort n'ont été convaincu ni par la résurrection de Lazare et encore moins par celle de Jésus - même l'apôtre Thomas n'a pas voulu le croire avant d'avoir pu le toucher...

O Esprits lents à croire ....
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
gerardh
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 5031
Inscription : ven. 26 déc. 2008, 20:02
Conviction : chrétien non catholique
Localisation : Le Chambon sur Lignon (France)

Re: Le riche et le pauvre Lazare - Les jugements et la justi

Message non lu par gerardh »

_____


Bonjour,

Quelques pensées sur le Livre de Jérémie chapitre 17, versets 5-10 :

Le v. 9 affirme que le cœur humain est foncièrement pervers et incorrigible: «trompeur par-dessus tout et incurable». Sentence qu'il nous faut graver définitivement dans notre pensée; nous serons ainsi gardés d'accorder la moindre confiance à ce pauvre cœur — le nôtre aussi bien que celui d'autrui — et nous nous épargnerons bien des déceptions. Réalisons plutôt le v. 7: «Béni l'homme qui se confie en l'Éternel», avec l'heureuse portion qui en résulte (comp. le v. 8 avec le Ps. 1 v. 3). Abreuvé à la source intarissable, un tel homme ne redoute ni chaleur ni sécheresse; il ne s'en aperçoit même pas. «Enraciné en Lui» (Col. 2 v. 7) il ne craint pas et ne cesse de porter du fruit pour Dieu. Il réalise en effet la condition énoncée par le Seigneur Jésus: «Celui qui demeure en moi, et moi en lui, celui-ci porte beaucoup de fruit; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» (Jean 15 v. 5).


Ainsi que sur Évangile de Jésus Christ selon saint Luc chapitre 16, versets 19-31 (le riche et le pauvre Lazare) :

Le Seigneur lève le voile qui couvre le monde invisible, et leur fait voir le vrai résultat de leur conduite. Un Juif riche, mais égoïste, qui a vécu pour lui-même et qui n’a pas écouté Moïse et les prophètes, se trouve dans les tourments ; le pauvre, méprisé, souffrant, va dans le sein d’Abraham, dont il a sans nul doute partagé la foi. C’est ainsi que, dans une autre occasion, les enfants du royaume, incrédules, sont jetés dehors, et les croyants des nations introduits dans le royaume avec Abraham, Isaac et Jacob (Matthieu 8:11-12 ; voyez encore 15:21-28). Jésus lui-même, pauvre, méprisé et rejeté, entre dans la gloire. Tout ceci nous montre donc que Jésus voulait faire sentir le contraste entre les fausses idées des Juifs et la réalité selon Dieu ; en même temps il montre pourquoi les Juifs sont rejetés.

Le même événement survient pour le riche comme pour le pauvre : c'est la mort; tôt ou tard chacun la rencontre. Et ce récit, fait par Celui qui ne peut mentir, prouve que notre histoire n'est pas terminée pour autant. Elle comporte encore le chapitre définitif dont le Seigneur, tournant un instant la page, nous permet de lire quelques lignes. Que découvrons-nous dans cet au-delà sur lequel tant d'hommes en frissonnant s'interrogent? Un lieu de bonheur et un lieu de tourment! Alors il sera impossible de passer de l'un dans l'autre, trop tard pour croire, mais aussi trop tard pour annoncer l'évangile. «Voici, c'est maintenant le jour du salut» (2 Cor. 6 v. 2).


__________
Mac
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3962
Inscription : lun. 09 févr. 2009, 23:40
Localisation : la Réunion

Re: Le riche et le pauvre Lazare - Les jugements et la justi

Message non lu par Mac »

Merci Etienne pour ton commentaire. En fait quand tu dis que les juifs n'ont pas été convaincus par la résurrection de Lazard en encore moins de Jésus Christ, tout dépend quel sens tu donnes à "n'ont pas été convaincus" à mon avis car les juifs ont décidé de mettre Jésus à mort pour de bon justement après qu'Il ait ressuscité Lazard. En effet (je relate et cite de mémoire) : Suite à la résurection de Lazard certains juifs ont cru, ils ne pouvaient en être autrement ils avaient du voir Lazard mort et bien mort et ont assisté de leurs propre yeux à cette résurrection. Cela a été rapporté aux autorités juives qui elles ont conclu qu'il fallait mettre à mort Jésus à mort de peur que tout le peuple croit en Lui.

Merci aussi a geradh bien sûr pour son apport et de donner de son précieux temps malgré ses obligations.
Alors il sera impossible de passer de l'un dans l'autre, trop tard pour croire, mais aussi trop tard pour annoncer l'évangile. «Voici, c'est maintenant le jour du salut» (2 Cor. 6 v. 2). Votre conclusion est on va dire efficace. :D

Je ne sais pas si nous allons pouvoir creuser davantage. Il est vrai que certains avancent que ce texte parlerait plutôt du purgatoire que de l'enfer. J'aurais bien aimer avoir vos positions et arguments. Merci.

Affectueusement à vous deux. :)

Que Jésus la divine miséricorde :coeur: vous bénisse mes frère. :ciao:
gerardh
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 5031
Inscription : ven. 26 déc. 2008, 20:02
Conviction : chrétien non catholique
Localisation : Le Chambon sur Lignon (France)

Re: Le riche et le pauvre Lazare - Les jugements et la justi

Message non lu par gerardh »

_________

Hello Mac,

D'après le texte, on voit bien qu'il ne peut s'agir du purgatoire.

Cette remarque, indépendamment du fait qu'il n'existe pas :roule:


__________
Mac
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3962
Inscription : lun. 09 févr. 2009, 23:40
Localisation : la Réunion

Re: Le riche et le pauvre Lazare - Les jugements et la justi

Message non lu par Mac »

gerardh a écrit :D'après le texte, on voit bien qu'il ne peut s'agir du purgatoire.
Cette remarque, indépendamment du fait qu'il n'existe pas :roule:
Hello gerardh,

Là je suis au feu rouge et donc je ne vois pas bien d'après le texte. Alors donnes moi des arguments solides ( pas des "tu vois pas" car je suis myope) qui tendraient selon toi à confirmer que c'est l'enfer. Enfin si tu as des arguments?

Fraternellement en Jésus Christ. :ciao:
gerardh
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 5031
Inscription : ven. 26 déc. 2008, 20:02
Conviction : chrétien non catholique
Localisation : Le Chambon sur Lignon (France)

Re: Le riche et le pauvre Lazare - Les jugements et la justi

Message non lu par gerardh »

_______

Bonsoir Mac,

Je vous invite à considérer le verset 26 : "Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous ; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui [veulent passer] de là ne traversent pas non plus vers nous".

Cela répond-il à votre interrogation ?


________
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 4 invités