Bonjour Cécile,
salésienne05 a écrit :Enfin, dans ce cas, comme à chaque fois qu'il s'agit d'enfants, de maternité, de viols, etc, le problème reste que c'est encore à la femme de faire le plus grand sacrifice, et dans le cas d'un viol, peu importe la sanction envers le violeur, ce sera quand même à la femme de porter l'enfant pendant 9 mois, de le mettre au monde, et de voir sa vie réellement "bousillée".
Dans cette question, il faut éviter de sentimentaliser, pour avoir une vision juste de la situation. Dans tout ce que nous avons dit précédemment, nous n'avons pas vraiment parlé de l'acte de viol, mais des possibles conséquences. Si nous considérons l'acte lui-même, il est évident que cet acte est odieux, et qu'il doit être sévèrement puni. La loi française, d'ailleurs, met sur le même plan la tentative de viol ou le viol réellement commis, preuve que le législateur reconnaît que cet acte est très grave (on risque 15 ans de réclusion criminelle). Et pour cause : il ruine la vie de la femme, et laisse des séquelles physiques et psychologiques qui ne disparaîtront jamais complètement.
Mais il n'y a pas à compenser la première victime de la femme par le sacrifice de l'autre victime, beaucoup plus discrète, qu'est l'enfant. Sa vie est bousillée par le viol, pas par l'enfant. On a tendance à considérer l'enfant comme la conséquence du viol, comme l'enfant du violeur, alors qu'il n'est là que par hasard (je rappelle que le taux de grossesse après un viol est très peu probable, du fait du traumatisme). L'avortement après un viol est donc non seulement un meurtre, non seulement une seconde blessure pour la femme, mais est en plus profondément injuste : on sacrifie un innocent pour donner une illusion de justice à la femme.
Comme d'autres intervenants vous l'ont dit, si la femme ne se sent pas la force d'élever l'enfant, elle peut le confier à l'adoption. Personne n'a dit que c'était facile, et vous avez raison de souligner la difficulté de confier l'enfant. Mais il n'y a pas à augurer du bonheur de la femme. Comme vous le dit Raistlin, qui sait si l'enfant n'apportera pas la joie dont la maman a besoin pour panser ses blessures ? On ne peut pas juger a priori sur ce qui va se passer.
salésienne05 a écrit :
Si, pour mettre au monde un enfant, la femme ne devait pas le porter, sans doute que la réalité serait toute autre mais, une femme violée enceinte sera triplement victime : victime du viol évidemment, victime des déformations irréparables de la grossesse (poids, vergetures, cicatrices plus ou moins visibles de l'accouchement - épisiotomie, déchirures, césarienne si besoin), victime du regard que son fiancé, son mari, ses amis masculins poseront sur elles.
La femme est victime du viol, c'est évident. En revanche, en quoi est-elle victime des déformations de la grossesse et du regard d'autrui ? Cela n'a rien à voir avec le viol, ce que vous décrivez peut être le lot de toute femme enceinte sur qui on pose un regard négatif. Plutôt que de blâmer la grossesse, pourquoi ne pas blâmer ces regards déformants et accusateurs ? Une femme enceinte est fragilisé par son état, elle doit, à mon sens, être protégée de ces aggressions extérieures. Il faut valoriser la grossesse, pas la dénigrer comme notre époque le fait.
Quant au futur enfant, outre le poids génétique (il a la moitié des gènes du violeur), psychologique (aucune mère ne portera l'enfant d'un violeur comme un enfant désiré), moral, en plus d'un abandon certain (qu'il soit physique ou simplement moral), je ne suis pas sûre que la vie soit réellement un cadeau.
Premièrement, il ne faudrait pas diaboliser le violeur... Certes, les blessures d'enfance persistent et peuvent se transmettre dans les familles, mais il ne faudrait pas voir la propension à violer comme un truc qu'on se refile nécessairement via les gènes. C'est plus compliqué que cela.
Deuxièmement, ce que vous dites a une portée extrême. Si vous considérez que certains partent tellement mal dans la vie (cas de l'enfant fruit d'un viol) que l'on est autorisé à les tuer in utero pour leur éviter une vie difficile "qui ne mérite pas d'être vécue", alors on légitime le meurtre des personnes handicapées depuis la naissance, des enfants prématurés qui comportent des séquelles, et par extension toute vie considérée comme anormale. Vous voyez où mène la sentimentalisation de la réflexion ? On en vient à juger alors qu'on ne le voudrait pas.
Bref, il vaut mieux voir la situation de façon objective, et de tous les points de vue.
J'ai conscience de ne pas être en accord avec l'Eglise quand je dis ça mais peut-on réellement parler d'enfant alors qu'il n'y a que deux cellules (64 au bout de 7 jours, système nerveux au bout du septième jour... et pas de nidation avant la première semaine aussi...) ? Enfin, comme dans de nombreux sujets, je crois qu'une réponse "stricte" n'est pas la plus appropriée et que le cas par cas est l'idéal...
Sur le fait que l'embryon est un être humain, je vous renvoie aux discussions qui ont déjà eu lieu :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... &start=105
Bien à vous,