L'homme a-t-il été créé bon ou simplement neutre?
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- Didyme
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L'homme a-t-il été créé bon ou simplement neutre?
Bonjour,
je me demande comment il faut considérer la création de base de l'homme ?
Je veux dire par là la création de son être, l'homme est-il crée bon à la base (lorsqu'il est vierge de toute expérience) ou simplement neutre ?
je me demande comment il faut considérer la création de base de l'homme ?
Je veux dire par là la création de son être, l'homme est-il crée bon à la base (lorsqu'il est vierge de toute expérience) ou simplement neutre ?
Re: A propos de la création de l'homme
La nature humaine est fondamentalement bonne. Nos premiers parents furent créés vierges de tout péché. Mais depuis le péché originel, la nature humaine est blessée, "cassée". Elle reste donc bonne (et non mauvaise comme certaines théologies protestantes ont pu le dire) mais défigurée, et aucun être humain ne naît dans l'état d'innocence originel. C'est l'oeuvre du Christ que de lui redonner sa beauté et même de la rendre encore plus belle en la glorifiant.didyme. a écrit :Bonjour,
je me demande comment il faut considérer la création de base de l'homme ?
Je veux dire par là la création de son être, l'homme est-il crée bon à la base (lorsqu'il est vierge de toute expérience) ou simplement neutre ?
Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Cinci
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Re: A propos de la création de l'homme
Salut Didyme,
Si on utilise comme répère la Sainte Vierge et alors elle dont la conception est dite immaculée justement, j'aurais plutôt tendance à penser que l'homme est crée bon dans une pareille condition. On le voit mieux de la sorte.... l'homme est-il crée bon à la base (lorsqu'il est vierge de toute expérience) ou simplement neutre ?
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Aldous
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Re: A propos de la création de l'homme
Bonjour,Didyme a écrit :Bonjour,
je me demande comment il faut considérer la création de base de l'homme ?
Je veux dire par là la création de son être, l'homme est-il crée bon à la base (lorsqu'il est vierge de toute expérience) ou simplement neutre ?
Ce qu'il faut comprendre, je crois, c'est que l'homme a été créé à l'image de Dieu. Il a donc été créé bon (le "cela était très bon" de la Genèse vient après la création de l'homme)... et libre. C'est parce qu'il est libre qu'il bascule dans le mal, séduit par Satan, selon la Genèse. Il n'est donc, l'homme, même pas responsable du mal, il y succombe de par sa liberté, sa faiblesse et sa limite (il n'est pas parfait comme Dieu, même si il est à son image).
Il faudrait ajouter que cette création est valable pour le commencement de chacun d'entre nous.
Cordialement
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papoter
- Barbarus

Re: A propos de la création de l'homme
Souvenez-vous de jean-Jacques ROUSSEAU qui estimait que "l'enfant né bon mais que c'est la société qui le déprave".
Ce n'est pas ça du tout.
Adam et Eve, nos "premiers" ancêtres naquirent bons dans le paradis terrestre mais c'est leur désobéissance à Dieu dans le but d'être aussi grands et puissants que Lui, appelée péché originel d'orgueil (fruit cueilli dans l'arbre de la connaissance du bien et du mal) qui les rendit mauvais et violents eux et tous leurs descendants...est-il dit et répété dans la doctrine chrétienne, le magistère.
Pourquoi, Dieu les laissa-t-il faire ? Pour leur donner la liberté de choisir, dit-on aussi. Le malheur c'est que la quasi totalité des humains choisissent le mal, sinon, sans cette liberté de choix, ils seraient des marionnettes, ce que Dieu n'a pas voulu...
Voilà toute l'histoire misérable de l'homme et de sa violence congénitale et ce n'est vraiment pas glorieux, non pas vraiment.
Ce n'est pas ça du tout.
Adam et Eve, nos "premiers" ancêtres naquirent bons dans le paradis terrestre mais c'est leur désobéissance à Dieu dans le but d'être aussi grands et puissants que Lui, appelée péché originel d'orgueil (fruit cueilli dans l'arbre de la connaissance du bien et du mal) qui les rendit mauvais et violents eux et tous leurs descendants...est-il dit et répété dans la doctrine chrétienne, le magistère.
Pourquoi, Dieu les laissa-t-il faire ? Pour leur donner la liberté de choisir, dit-on aussi. Le malheur c'est que la quasi totalité des humains choisissent le mal, sinon, sans cette liberté de choix, ils seraient des marionnettes, ce que Dieu n'a pas voulu...
Voilà toute l'histoire misérable de l'homme et de sa violence congénitale et ce n'est vraiment pas glorieux, non pas vraiment.
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Aldous
- Barbarus

Re: A propos de la création de l'homme
Non, nous ne sommes pas rendus mauvais et violents (après la désobéissance d'Adam et Eve). Si nous étions rendu mauvais et violents nous serions obligés de commettre des péchés... Nous sommes rendu avec une tendance au péché. Si nous étions rendu mauvais et violents nous serions obligé de pécher, et ce ne serait plus un péché car un péché implique toujours la liberté.papoter a écrit :Adam et Eve, nos "premiers" ancêtres naquirent bons dans le paradis terrestre mais c'est leur désobéissance à Dieu dans le but d'être aussi grands et puissants que Lui, appelée péché originel d'orgueil (fruit cueilli dans l'arbre de la connaissance du bien et du mal) qui les rendit mauvais et violents eux et tous leurs descendants...est-il dit et répété dans la doctrine chrétienne, le magistère.
Cordialement
Vous l'aimez l'homme, votre prochain?papoter a écrit :Voilà toute l'histoire misérable de l'homme et de sa violence congénitale et ce n'est vraiment pas glorieux, non pas vraiment.
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Cinci
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Re: A propos de la création de l'homme
(je réalise que j'étais trop lapidaire plus haut)
Pour développer ce qu'était mon idée au départ :
... ou verrait mieux avec Marie ce que représente l'état normal de l'homme, dans le projet de Dieu. L'état normal ou la condition telle que crée par Dieu pour l'homme = plein de grâce = en paix = en harmonie avec Dieu et avec la création = bon. Ce qui n'est pas crée par Dieu c'est le péché justement.
On peut dire que la racine de l'humanité est bonne.
Le contraste
Ce qui est ''anormal'' en réalité c'est plutôt la condition dans laquelle les hommes naissent depuis le premier péché. Il n'est pas vraiment de place pour la neutralité. Vous serez en santé; ou bien vous êtes malade.
En santé = Marie de Nazareth = bon. L'humanité souffrante qui est malade = «misère !» = pas bon = vilaine situation.
Pour développer ce qu'était mon idée au départ :
... ou verrait mieux avec Marie ce que représente l'état normal de l'homme, dans le projet de Dieu. L'état normal ou la condition telle que crée par Dieu pour l'homme = plein de grâce = en paix = en harmonie avec Dieu et avec la création = bon. Ce qui n'est pas crée par Dieu c'est le péché justement.
On peut dire que la racine de l'humanité est bonne.
Le contraste
Ce qui est ''anormal'' en réalité c'est plutôt la condition dans laquelle les hommes naissent depuis le premier péché. Il n'est pas vraiment de place pour la neutralité. Vous serez en santé; ou bien vous êtes malade.
En santé = Marie de Nazareth = bon. L'humanité souffrante qui est malade = «misère !» = pas bon = vilaine situation.
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Cinci
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Re: A propos de la création de l'homme
La question :
La conception de Didyme est une chose bonne du côté de Dieu. À l'heure H moins une seconde, alors la visée créationnelle au sujet de Didyme est bonne. Sauf, Didyme naît lui-même dans une condition de pécheur = Dieu est ''comme'' absent pour Didyme. Pécheur équivaut à être tel que coupé de Dieu. Pécheur équivaut à ressentir ''comme'' l'absence de Dieu. Les hommes naissent désormais dans une condition anormale depuis le premier péché. L'être est bon, la condition est mauvaise.la création de son être, l'homme est-il crée bon à la base (lorsqu'il est vierge de toute expérience) ou simplement neutre ?
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Cinci
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Re: A propos de la création de l'homme
Papoter,
Les petits des hommes naissent comme dans un état de vulnérabilité au mal et comme du fait que Dieu leur cacherait sa Face. Un mal se propage, les pécheurs sont vulnérables.
L'enfant naît dans une condition de vulnérabilité au mal. On pourrait dire ''bon'' en le sens qu'il n'est pas moralement coupable de quoi que ce soit, l'enfant qui naît. Il n'est pas coupable sur le plan personnel. Et Rousseau n'est pas coupable lui-même avec son expression tant qu'à ça. Cependant, il serait faux de vouloir faire croire (à trop pousser le bouchon) que nos enfants naîtraient tous comme dans une condition paradisiaque, dans une condition de «proximité avec Dieu» comme ce le serait pour Jésus avec son Père, ou la Sainte Vierge avec Jésus.Souvenez-vous de jean-Jacques ROUSSEAU qui estimait que "l'enfant né bon mais que c'est la société qui le déprave".
Les petits des hommes naissent comme dans un état de vulnérabilité au mal et comme du fait que Dieu leur cacherait sa Face. Un mal se propage, les pécheurs sont vulnérables.
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Re: A propos de la création de l'homme
Merci pour vos réponses.
Je me posais surtout la question pour savoir si l'homme était neutre à la base, comme une matière vierge pouvant avancer de manière égale vers le bien comme le mal sans attache particulère au bien.
Ou bien s'il était bon à la base et donc avait une racine de bien et avait pour fin le bien.
Je me posais surtout la question pour savoir si l'homme était neutre à la base, comme une matière vierge pouvant avancer de manière égale vers le bien comme le mal sans attache particulère au bien.
Ou bien s'il était bon à la base et donc avait une racine de bien et avait pour fin le bien.
L'autre est un semblable.
Re: A propos de la création de l'homme
Excellente question, Didyme !
La lune est-elle créée neutre ? Un lapin est-il bon à la base ?
A l’origine, dans la nature, la créature terrestre humaine est un corps soumis aux mêmes règles naturelles que celles des autres créatures. Tout est bon, mais il n’y a pas encore de personne capable de partager la vie de Dieu. Les êtres, naissent, se reproduisent et se transforment par des combinaisons de cellules qui se succèdent dans le temps et forment parfois des ensembles vivants qui subsistent quelque temps puis disparaissent.
Lorsque l’humain, mâle et femelle, est plongé, baptisé, dans le monde de Dieu (l’Eden), dans un « jardin » où Dieu le fait vivre en harmonie avec son monde spirituel, il est créé à l’image de Dieu avec la possibilité, la liberté, de vivre en communion avec Dieu… ou sans lien d’amour avec Dieu.
Il me semble très probable que cette création spirituelle a dû avoir un effet psycho-somatique énorme sur le corps même de nos premiers parents issu d’une évolution de milliards d’années, y compris sur leur psychisme, dont les effets se sont transmis dans toute leur descendance. Les miracles et la résurrection du Christ nous montrent ce qu’est la vraie vie humaine sans le péché, dans toute sa force spirituelle et physique.
Nos premiers parents ont blessé profondément leur relation avec Dieu. Cela aussi a dû avoir un profond effet psycho-somatique dont les effets se sont aussi transmis dans toute leur descendance.
Ils ont transmis à leurs descendants la vie nouvelle créée en eux, mais aussi sa blessure spirituelle. Ils n’ont pu transmettre qu’une vie blessée.
Et, hélas, sauf lors de cette transmission sans péché par la Vierge Marie qui a donné une âme humaine à Dieu lui-même, la transmission de la vie humaine ne nous donne qu’une vie blessée.
Cette faiblesse ne nous permet pas d’éviter le mal, ni de faire le bien comme nous pourrions le vouloir. Notre harmonie avec Dieu et avec la nature est profondément blessée.
Aldous a raison d’écrire que nous ne sommes pas rendus mauvais et violents. L’humain reste bon et peut encore préférer la communion avec Dieu, le vrai bien.
Il ne me semble même pas juste de dire qu’il aurait une tendance au péché. En cela, il serait déjà fondamentalement mauvais.
Contrairement à ce que propose Aldous, il me semble que nous avons bien été créés « parfaits ». Sinon, nous ne serions pas vraiment « à l’image de Dieu ». Sinon, Dieu n’aurait pas dit que c’était « très bon ». Sinon, surtout, Dieu n’aurait pas pu s’incarner Lui-même en vrai homme.
Ce qui blesse tout homme depuis Adam et Eve (à la seule exception du Christ et de sa mère divinement préparée pour lui donner une vie sans péché), c’est seulement de ne pas être dans la communion avec Dieu. Cet éloignement spirituel en fait un être sans boussole, faisant tantôt le bien, tantôt le mal, mais incapable par lui-même de pouvoir éviter le mal ou choisir le bien en toute perfection. Tous ses actes, mêmes les meilleurs, sont un peu ou beaucoup comme du linge gris. Le mal se glisse en lui et en ses actes, même les plus beaux, par la blessure de son éloignement de Dieu.
Il peut tendre au bien, s’en approcher, mais il ne peut l’atteindre parfaitement sans une communion parfaite avec Dieu.
Sans cette communion, même « vierge de toute expérience », l’homme est coupé de ce qui est essentiel pour pouvoir vivre « bien ».
Il est exact de dire que le bien est la « fin » (la finalité) de l’homme, puisqu’il est créé à l’image de Dieu, adapté à une vie en communion avec Dieu.
Il a la liberté de s’en écarter, mais il est alors en dehors et privé de ce qui lui convient parfaitement.
L’homme n’a pas une « attache » au bien. Il est libre de s’en détacher.
Il est alors dans une réalité inadaptée, avec inévitablement diverses souffrances qui résultent de cette inadaptation. Ce qui n’est pas adapté ne fonctionne pas « bien », mais fait « mal ».
Mais, il me semble bien exact de dire que l’homme a une « racine » de bien. C’est, en effet, dans la vie même de Dieu, dans le bien parfait de la vie divine, qu’il a reçu son existence. Sa racine s’est, en effet, nourrie de Dieu. Mais, il est aujourd’hui déraciné. Le Christ lui offre de pouvoir être greffé en Lui.
La lune est-elle créée neutre ? Un lapin est-il bon à la base ?
A l’origine, dans la nature, la créature terrestre humaine est un corps soumis aux mêmes règles naturelles que celles des autres créatures. Tout est bon, mais il n’y a pas encore de personne capable de partager la vie de Dieu. Les êtres, naissent, se reproduisent et se transforment par des combinaisons de cellules qui se succèdent dans le temps et forment parfois des ensembles vivants qui subsistent quelque temps puis disparaissent.
Lorsque l’humain, mâle et femelle, est plongé, baptisé, dans le monde de Dieu (l’Eden), dans un « jardin » où Dieu le fait vivre en harmonie avec son monde spirituel, il est créé à l’image de Dieu avec la possibilité, la liberté, de vivre en communion avec Dieu… ou sans lien d’amour avec Dieu.
Il me semble très probable que cette création spirituelle a dû avoir un effet psycho-somatique énorme sur le corps même de nos premiers parents issu d’une évolution de milliards d’années, y compris sur leur psychisme, dont les effets se sont transmis dans toute leur descendance. Les miracles et la résurrection du Christ nous montrent ce qu’est la vraie vie humaine sans le péché, dans toute sa force spirituelle et physique.
Nos premiers parents ont blessé profondément leur relation avec Dieu. Cela aussi a dû avoir un profond effet psycho-somatique dont les effets se sont aussi transmis dans toute leur descendance.
Ils ont transmis à leurs descendants la vie nouvelle créée en eux, mais aussi sa blessure spirituelle. Ils n’ont pu transmettre qu’une vie blessée.
Pas vraiment ! Notre création ne vient pas directement de Dieu, comme celle d’Adam et Eve. Elle vient par l’intermédiaire de nos parents. Même la nature humaine du Christ n’a pas été créée directement par Dieu mais par l’intermédiaire de la libre coopération de la Vierge Marie.Aldous a écrit :nous ne sommes pas rendus mauvais et violents (après la désobéissance d'Adam et Eve). Si nous étions rendu mauvais et violents nous serions obligés de commettre des péchés... Nous sommes rendu avec une tendance au péché. Si nous étions rendu mauvais et violents nous serions obligé de pécher, et ce ne serait plus un péché car un péché implique toujours la liberté...
Ce qu'il faut comprendre, je crois, c'est que l'homme a été créé à l'image de Dieu. Il a donc été créé bon (le "cela était très bon" de la Genèse vient après la création de l'homme)... et libre. C'est parce qu'il est libre qu'il bascule dans le mal, séduit par Satan, selon la Genèse. Il n'est donc, l'homme, même pas responsable du mal, il y succombe de par sa liberté, sa faiblesse et sa limite (il n'est pas parfait comme Dieu, même si il est à son image).
Il faudrait ajouter que cette création est valable pour le commencement de chacun d'entre nous.
Et, hélas, sauf lors de cette transmission sans péché par la Vierge Marie qui a donné une âme humaine à Dieu lui-même, la transmission de la vie humaine ne nous donne qu’une vie blessée.
Cette faiblesse ne nous permet pas d’éviter le mal, ni de faire le bien comme nous pourrions le vouloir. Notre harmonie avec Dieu et avec la nature est profondément blessée.
Aldous a raison d’écrire que nous ne sommes pas rendus mauvais et violents. L’humain reste bon et peut encore préférer la communion avec Dieu, le vrai bien.
Il ne me semble même pas juste de dire qu’il aurait une tendance au péché. En cela, il serait déjà fondamentalement mauvais.
Contrairement à ce que propose Aldous, il me semble que nous avons bien été créés « parfaits ». Sinon, nous ne serions pas vraiment « à l’image de Dieu ». Sinon, Dieu n’aurait pas dit que c’était « très bon ». Sinon, surtout, Dieu n’aurait pas pu s’incarner Lui-même en vrai homme.
Ce qui blesse tout homme depuis Adam et Eve (à la seule exception du Christ et de sa mère divinement préparée pour lui donner une vie sans péché), c’est seulement de ne pas être dans la communion avec Dieu. Cet éloignement spirituel en fait un être sans boussole, faisant tantôt le bien, tantôt le mal, mais incapable par lui-même de pouvoir éviter le mal ou choisir le bien en toute perfection. Tous ses actes, mêmes les meilleurs, sont un peu ou beaucoup comme du linge gris. Le mal se glisse en lui et en ses actes, même les plus beaux, par la blessure de son éloignement de Dieu.
Il peut tendre au bien, s’en approcher, mais il ne peut l’atteindre parfaitement sans une communion parfaite avec Dieu.
Sans cette communion, même « vierge de toute expérience », l’homme est coupé de ce qui est essentiel pour pouvoir vivre « bien ».
Cela me semble très juste. C’est vrai bien sûr pour chacun de nous et pas seulement pour Didyme.Cinci a écrit :Didyme naît lui-même dans une condition de pécheur = Dieu est ''comme'' absent pour Didyme. Pécheur équivaut à être tel que coupé de Dieu. Pécheur équivaut à ressentir ''comme'' l'absence de Dieu. Les hommes naissent désormais dans une condition anormale depuis le premier péché. L'être est bon, la condition est mauvaise.
Il me semble que l’homme n’est pas « neutre » à la base. Il est créé « à l’image de Dieu ». Il est « absolument » fait d’une vie adaptée à la vie même de Dieu.Didyme a écrit :Je me posais surtout la question pour savoir si l'homme était neutre à la base, comme une matière vierge pouvant avancer de manière égale vers le bien comme le mal sans attache particulière au bien.
Ou bien s'il était bon à la base et donc avait une racine de bien et avait pour fin le bien.
Il est exact de dire que le bien est la « fin » (la finalité) de l’homme, puisqu’il est créé à l’image de Dieu, adapté à une vie en communion avec Dieu.
Il a la liberté de s’en écarter, mais il est alors en dehors et privé de ce qui lui convient parfaitement.
L’homme n’a pas une « attache » au bien. Il est libre de s’en détacher.
Il est alors dans une réalité inadaptée, avec inévitablement diverses souffrances qui résultent de cette inadaptation. Ce qui n’est pas adapté ne fonctionne pas « bien », mais fait « mal ».
Mais, il me semble bien exact de dire que l’homme a une « racine » de bien. C’est, en effet, dans la vie même de Dieu, dans le bien parfait de la vie divine, qu’il a reçu son existence. Sa racine s’est, en effet, nourrie de Dieu. Mais, il est aujourd’hui déraciné. Le Christ lui offre de pouvoir être greffé en Lui.
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Re: A propos de la création de l'homme
Oui en ce qui concerne le corps physique mais l'âme vient de Dieu.Xavi a écrit :Pas vraiment ! Notre création ne vient pas directement de Dieu, comme celle d’Adam et Eve. Elle vient par l’intermédiaire de nos parents. Même la nature humaine du Christ n’a pas été créée directement par Dieu mais par l’intermédiaire de la libre coopération de la Vierge Marie.Aldous a écrit :nous ne sommes pas rendus mauvais et violents (après la désobéissance d'Adam et Eve). Si nous étions rendu mauvais et violents nous serions obligés de commettre des péchés... Nous sommes rendu avec une tendance au péché. Si nous étions rendu mauvais et violents nous serions obligé de pécher, et ce ne serait plus un péché car un péché implique toujours la liberté...
Ce qu'il faut comprendre, je crois, c'est que l'homme a été créé à l'image de Dieu. Il a donc été créé bon (le "cela était très bon" de la Genèse vient après la création de l'homme)... et libre. C'est parce qu'il est libre qu'il bascule dans le mal, séduit par Satan, selon la Genèse. Il n'est donc, l'homme, même pas responsable du mal, il y succombe de par sa liberté, sa faiblesse et sa limite (il n'est pas parfait comme Dieu, même si il est à son image).
Il faudrait ajouter que cette création est valable pour le commencement de chacun d'entre nous.
Mais ça me ramène à une réflexion que je me suis faite il y a quelques jours en regardant un père et sa fille. Je me disais qu'en-dehors du corps physique, cette fille avait aussi hérité sa personnalité de ses parents (des gènes si on veut). J'ai toujours tendance à penser que c'est Dieu qui a crée notre identité, notre personnalité, notre caractère mais force est de reconnaître qu'on est le fruit de la combinaison de notre père et de notre mère. Est-ce seulement l'influence de l'éducation et de l'observation de nos parents qui nous font prendre certains de leurs traits ou y a-t-il avant tout un héritage génétique ? Et si c'est le cas, où se situe précisément la création personnelle de Dieu dans notre personne ?
Je ne sais pas si on peut vraiment dire ça car autant l'homme puisse-t-il s'écarter du bien il n'en reste pas moins attaché à Dieu. Si tel n'était pas le cas, il n'existerait plus. Il n'y a aucune existence hors de Dieu, Dieu est celui qui est et on ne peut être sans Dieu. Par conséquent, il demeure une attache à priori.Xavi a écrit :Il me semble que l’homme n’est pas « neutre » à la base. Il est créé « à l’image de Dieu ». Il est « absolument » fait d’une vie adaptée à la vie même de Dieu.Didyme a écrit :Je me posais surtout la question pour savoir si l'homme était neutre à la base, comme une matière vierge pouvant avancer de manière égale vers le bien comme le mal sans attache particulière au bien.
Ou bien s'il était bon à la base et donc avait une racine de bien et avait pour fin le bien.
Il est exact de dire que le bien est la « fin » (la finalité) de l’homme, puisqu’il est créé à l’image de Dieu, adapté à une vie en communion avec Dieu.
Il a la liberté de s’en écarter, mais il est alors en dehors et privé de ce qui lui convient parfaitement.
L’homme n’a pas une « attache » au bien. Il est libre de s’en détacher.
Oui, il divorce de lui-même en quelques sortes, il n'est pas en phase avec ce à quoi il est destiné. Et plutôt que de tendre vers une plénitude, une paix, une harmonie avec soi, il tend vers un chaos, un déséquilibre, un manque.Xavi a écrit :Il est alors dans une réalité inadaptée, avec inévitablement diverses souffrances qui résultent de cette inadaptation. Ce qui n’est pas adapté ne fonctionne pas « bien », mais fait « mal ».
Le pire c'est que beaucoup ont l'illusion de s'affranchir de Dieu, de devenir libre en s'écartant de Dieu alors que c'est d'eux-même qu'ils s'éloignent car ils ne sont qu'en Dieu.
J'ai quand même du mal avec ça. Je trouve ça trop absolue car je ne peux concevoir qu'on puisse être totalement déraciné comme n'ayant plus de lien à Dieu, comme pouvant être totalement indépendant de Dieu. Mais alors on serait Dieu...Xavi a écrit :Mais, il me semble bien exact de dire que l’homme a une « racine » de bien. C’est, en effet, dans la vie même de Dieu, dans le bien parfait de la vie divine, qu’il a reçu son existence. Sa racine s’est, en effet, nourrie de Dieu. Mais, il est aujourd’hui déraciné. Le Christ lui offre de pouvoir être greffé en Lui.
L'autre est un semblable.
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Aldous
- Barbarus

Re: A propos de la création de l'homme
Bonjour,Xavi a écrit :Pas vraiment ! Notre création ne vient pas directement de Dieu, comme celle d’Adam et Eve. Elle vient par l’intermédiaire de nos parents. Même la nature humaine du Christ n’a pas été créée directement par Dieu mais par l’intermédiaire de la libre coopération de la Vierge Marie.Aldous a écrit :nous ne sommes pas rendus mauvais et violents (après la désobéissance d'Adam et Eve). Si nous étions rendu mauvais et violents nous serions obligés de commettre des péchés... Nous sommes rendu avec une tendance au péché. Si nous étions rendu mauvais et violents nous serions obligé de pécher, et ce ne serait plus un péché car un péché implique toujours la liberté...
Ce qu'il faut comprendre, je crois, c'est que l'homme a été créé à l'image de Dieu. Il a donc été créé bon (le "cela était très bon" de la Genèse vient après la création de l'homme)... et libre. C'est parce qu'il est libre qu'il bascule dans le mal, séduit par Satan, selon la Genèse. Il n'est donc, l'homme, même pas responsable du mal, il y succombe de par sa liberté, sa faiblesse et sa limite (il n'est pas parfait comme Dieu, même si il est à son image).
Il faudrait ajouter que cette création est valable pour le commencement de chacun d'entre nous.
La création de l'homme, au sens générique, vient directement de Dieu. Un jour l'homme n'existait pas (du temps des dinosaures par exemple) et puis un jour l'homme existe: il n'y est pour rien là-dedans.
Et quand je dis "cette création est valable pour le commencement de chacun d'entre nous" il s'agit, en réponse à savoir si nous sommes créés bons (sujet du fil...), de notre création individuelle à laquelle participent nos parents (je n'ai écrit nulle part qu'ils n'y participaient pas).
Si nous n'avons pas de tendance au péché, d'où vient que nous péchons?Xavi a écrit :Il ne me semble même pas juste de dire qu’il aurait une tendance au péché. En cela, il serait déjà fondamentalement mauvais.
Si vous me lisez bien j'ai écrit "l'homme n'est pas parfait comme Dieu"... Nous avons notre perfection humaine, mais nous ne sommes pas parfaits comme Dieu...Xavi a écrit :Contrairement à ce que propose Aldous, il me semble que nous avons bien été créés « parfaits ». Sinon, nous ne serions pas vraiment « à l’image de Dieu ». Sinon, Dieu n’aurait pas dit que c’était « très bon ». Sinon, surtout, Dieu n’aurait pas pu s’incarner Lui-même en vrai homme..
- Phileas Fogg
- Censor

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- Inscription : mar. 29 janv. 2013, 14:21
Re: A propos de la création de l'homme
1. comme le dit Xavi il faut rappeler le sens des mots : "bon" c'est à dire la finalité.
Le bien étant ce qui nous approche, nous uni à notre fin laquelle est Dieu.
2. ceci posé la question trouve une réponse opposée :
* L'homme "est bon" dans le sens où il a la capacité, un instrument, son intelligence, sa raison, qui lui permet de trouver sa fin, d'y adhérer et de la poursuivre.
Contrairement par exemple à un animal qui n'est ni bon ni mauvais, mais neutre ; où aux anges déchus qui sont fixés dans le refus de Dieu et sont donc mauvais.
Il est créé bon signifie donc avec la capacité de se déterminer à réaliser sa fin.
On trouve une image dans la littérature sacrée, celle du quadrige :
l'homme est comme un quadrige : un ensemble de chevaux guidés par un cocher, qui retourne chez lui, dans sa famille, de laquelle il est né éloigné. C'est le sens de notre vie terrestre : retourner à la maison.
Avant le péché originel, les chevaux étaient dociles, suivaient la volonté du cocher. Avec une certaine immédiateté le quadrige arrivait donc à destination et dans les meilleures conditions.
Suite au péché originel, les chevaux tirent chacun selon leurs caprices et le cocher a le plus grand mal à les diriger.
Non seulement les chevaux mais aussi le cocher a été aussi un peu affecté, ne serait ce que du fait de devoir désormais contenir des chevaux capricieux, ceci cause aussi que parfois même le cocher perd son but de vue et choisit de diriger le quadrige vers une autre destination que la maison, ou l'utilise à une autre fin : pour transporter du fumier.
En ce sens l'homme est bon. C'est une approche plutôt philosophique : selon la nature spécifique de l'homme.
* l'homme "n'est pas bon" au sens où il n'est pas en possession de cette fin. En ce sens seuls les âmes aux Ciel sont bonnes. On peut dire aussi en ce sens que toute la création est bonne et non plus neutre, elle concoure à la gloire de Dieu.
La liberté en ce sens est un défaut de notre nature : le fait de ne pas pouvoir connaitre immédiatement le bien mais de devoir tâtonner, recommencer, oublier, renoncer, etc et donc errer.
C'est une approche plutôt théologique : en ce sens la grande différence sera entre un homme en état de grâce et un homme en état de péché. L'un est participant de la nature divine, l'autre est la négation même de son humanité.
Le bien étant ce qui nous approche, nous uni à notre fin laquelle est Dieu.
2. ceci posé la question trouve une réponse opposée :
c'est "être bon" qui est alors en question d'où deux réponses :Je me posais surtout la question pour savoir si l'homme était neutre à la base, comme une matière vierge pouvant avancer de manière égale vers le bien comme le mal sans attache particulère au bien.
Ou bien s'il était bon à la base et donc avait une racine de bien et avait pour fin le bien.
* L'homme "est bon" dans le sens où il a la capacité, un instrument, son intelligence, sa raison, qui lui permet de trouver sa fin, d'y adhérer et de la poursuivre.
Contrairement par exemple à un animal qui n'est ni bon ni mauvais, mais neutre ; où aux anges déchus qui sont fixés dans le refus de Dieu et sont donc mauvais.
Il est créé bon signifie donc avec la capacité de se déterminer à réaliser sa fin.
On trouve une image dans la littérature sacrée, celle du quadrige :
l'homme est comme un quadrige : un ensemble de chevaux guidés par un cocher, qui retourne chez lui, dans sa famille, de laquelle il est né éloigné. C'est le sens de notre vie terrestre : retourner à la maison.
Avant le péché originel, les chevaux étaient dociles, suivaient la volonté du cocher. Avec une certaine immédiateté le quadrige arrivait donc à destination et dans les meilleures conditions.
Suite au péché originel, les chevaux tirent chacun selon leurs caprices et le cocher a le plus grand mal à les diriger.
Non seulement les chevaux mais aussi le cocher a été aussi un peu affecté, ne serait ce que du fait de devoir désormais contenir des chevaux capricieux, ceci cause aussi que parfois même le cocher perd son but de vue et choisit de diriger le quadrige vers une autre destination que la maison, ou l'utilise à une autre fin : pour transporter du fumier.
En ce sens l'homme est bon. C'est une approche plutôt philosophique : selon la nature spécifique de l'homme.
* l'homme "n'est pas bon" au sens où il n'est pas en possession de cette fin. En ce sens seuls les âmes aux Ciel sont bonnes. On peut dire aussi en ce sens que toute la création est bonne et non plus neutre, elle concoure à la gloire de Dieu.
La liberté en ce sens est un défaut de notre nature : le fait de ne pas pouvoir connaitre immédiatement le bien mais de devoir tâtonner, recommencer, oublier, renoncer, etc et donc errer.
C'est une approche plutôt théologique : en ce sens la grande différence sera entre un homme en état de grâce et un homme en état de péché. L'un est participant de la nature divine, l'autre est la négation même de son humanité.
ΦΧΦΠ
-
Aldous
- Barbarus

Re: A propos de la création de l'homme
Bonjour,Phileas Fogg a écrit :1. comme le dit Xavi il faut rappeler le sens des mots : "bon" c'est à dire la finalité.
Le bien étant ce qui nous approche, nous uni à notre fin laquelle est Dieu.
et pourquoi le sens du mot "bon" renverrait à la finalité? La question posée n'est pas de savoir si l'homme a pour fin d'être bon, mais si il est créé bon. Si l'homme est créé à l'image de Dieu c'est qu'il a cet attribut de Dieu, la bonté. La finalité c'est de restaurer la bonté, mais nous ne partons pas de rien, cette bonté est là en nous. Ou alors expliquez-vous sur ce que vous entendez par "bon" entre guillemets car dans la question de départ il n'est pas évoqué un "bon "entre guillemets...
Mais puisque vous dites que "bon" c'est sa finalité... ça voudrait dire qu'il est créé fini, donc qu'il n'y a pas de finalité à atteindre...Phileas Fogg a écrit :L'homme "est bon" dans le sens où il a la capacité, un instrument, son intelligence, sa raison, qui lui permet de trouver sa fin, d'y adhérer et de la poursuivre.
...
Il est créé bon signifie donc avec la capacité de se déterminer à réaliser sa fin.
Expliquez-vous ou expliquez pourquoi vous mettez "bon" entre guillemets et pas... (pour une même définition, une fois vous mettez bon entre guillemets et une fois pas, c'est vraiment confus...)
La liberté (même dans le sens que nous avons renouer ou pas avec notre bonté) n'est pas un défaut de notre nature, c'est notre nature.Phileas Fogg a écrit :* l'homme "n'est pas bon" au sens où il n'est pas en possession de cette fin. En ce sens seuls les âmes aux Ciel sont bonnes. On peut dire aussi en ce sens que toute la création est bonne et non plus neutre, elle concoure à la gloire de Dieu.
La liberté en ce sens est un défaut de notre nature : le fait de ne pas pouvoir connaitre immédiatement le bien mais de devoir tâtonner, recommencer, oublier, renoncer, etc et donc errer..
Et quand quelqu'un renoue avec sa bonté, il ne quitte pas sa nature humaine, il est toujours susceptible de pécher. C'est en ce sens que les saints continuent de se considérer comme pécheurs et de toujours marcher vers la sainteté parfaite (inatteignable car seul Dieu est parfait).
Non l'autre (l'homme en état de péché) n'est pas la négation de son humanité, c'est l'expression de son humanité (nous sommes pécheurs).Phileas Fogg a écrit :C'est une approche plutôt théologique : en ce sens la grande différence sera entre un homme en état de grâce et un homme en état de péché. L'un est participant de la nature divine, l'autre est la négation même de son humanité.
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