Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Jésus fait toutes choses nouvelles

Message non lu par etienne lorant »

Le mercredi de la 4e semaine de Carême

Livre d'Isaïe 49,8-15.
Parole du Seigneur : Au moment favorable je t'ai exaucé, au jour du salut je suis venu à ton secours. Je t'ai mis à part, je t'ai destiné à être l'homme de mon Alliance avec le peuple pour relever le pays, pour répartir les terres dévastées,
pour dire aux captifs : « Sortez de votre prison ! » à ceux qui sont dans les ténèbres : « Venez à la lumière ! » Même sur les chemins, mes brebis pourront paître, dans toutes les terres désolées elles trouveront des pâturages.
Elles n'auront plus faim, elles n'auront plus soif, soleil et vent brûlant ne les frapperont plus ; car celui qui a eu pitié d'elles les guidera, et vers les sources il les conduira.
A la place des montagnes je ferai des routes, et les chemins seront remblayés.
Les voilà ! ils viennent de loin : ceux-ci, du nord et de l'occident, et ceux-là, des terres du sud.
Cieux, criez de joie, et que la terre exulte ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car le Seigneur console son peuple, et de ses pauvres il prend pitié.
Jérusalem disait : « Le Seigneur m'a abandonnée, le Seigneur m'a oubliée. »
Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas.


Psaume 145(144),8-9.13cd-14.17-18.
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité
.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5,17-30.
Après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, Jésus déclara aux Juifs : " Mon Père, jusqu'à maintenant, est toujours à l'œuvre, et moi aussi je suis à l'œuvre. "
C'est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le faire mourir, car non seulement il violait le repos du sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l'égal de Dieu.
Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu'il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.
Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait. Il lui montrera des œuvres encore plus grandes, si bien que vous serez dans l'étonnement.
Comme le Père, en effet, relève les morts et leur donne la vie, le Fils, lui aussi, donne la vie à qui il veut.
Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger,
afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l'a envoyé.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m'a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous le dis : l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront.
Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d'avoir la vie en lui-même ; et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu'il est le Fils de l'homme.
Ne soyez pas surpris ; l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix, et ils sortiront : ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés. Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d'après ce que j'entends, et ce jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.



Avec cette déclaration qu'il fait, il est évident qu'aux yeux des responsables du temple de Jérusalem, Jésus devra être écarté de toute façon et quelle que soit la manière de procéder. Il accomplit des miracles, ses oeuvres sont merveilleuses, il réalise les anciennes prophéties, des prophéties favorables pour tous - mais c'est très dangeureux: car il va falloir changer de façon de croire et de façon de vivre sa foi. Ainsi, toute l'organisation rituelle devra être changée, les gens simples pourront se mêler librement aux prêtres, les sacrifices d'animaux ne seront plus nécessaires, les minutieux préceptes des actes de purification n'auront plus de raison d'être... et cet homme, Jésus, comment peut-il s'imaginer que nous allons le laisser faire ?

Dans son homélie, le prêtre a insisté pour dire que les changements dans l'Eglise, il y en a eu et il y en aura encore. Car l'oeuvre de Dieu n'est pas achevée, mais elle se poursuit toujours. (Comme il disait cela, je me suis réjoui sans même pouvoir imaginer en quoi nos pratiques pourraient être changées encore. Nous avons eu Vatican II et combien de croyants s'opposent encore aux bouleversements apportés - ne serait-ce pour chaque fidèle de pouvoir entendre la parole de Dieu dans sa propre langue ?)

Je me suis réjoui et ensuite je me suis demandé: le prochain Pape sera-t-il bien accueilli, ou bien sera-t-il scruté et critiqué, ou bien sera-t-il rejeté comme un antichrist ? Mais au fond de moi, la confiance l'emporte. Je suivrai, je suis prêt à changer. Je me souviens de ce cri des apôtres: "Seigneur, où irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Jésus renouvelle la pratique religieuse

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Le mercredi de la 4e semaine de Carême

Livre d'Isaïe 49,8-15.
Parole du Seigneur : Au moment favorable je t'ai exaucé, au jour du salut je suis venu à ton secours. Je t'ai mis à part, je t'ai destiné à être l'homme de mon Alliance avec le peuple pour relever le pays, pour répartir les terres dévastées,
pour dire aux captifs : « Sortez de votre prison ! » à ceux qui sont dans les ténèbres : « Venez à la lumière ! » Même sur les chemins, mes brebis pourront paître, dans toutes les terres désolées elles trouveront des pâturages.
Elles n'auront plus faim, elles n'auront plus soif, soleil et vent brûlant ne les frapperont plus ; car celui qui a eu pitié d'elles les guidera, et vers les sources il les conduira.
A la place des montagnes je ferai des routes, et les chemins seront remblayés.
Les voilà ! ils viennent de loin : ceux-ci, du nord et de l'occident, et ceux-là, des terres du sud.
Cieux, criez de joie, et que la terre exulte ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! Car le Seigneur console son peuple, et de ses pauvres il prend pitié.
Jérusalem disait : « Le Seigneur m'a abandonnée, le Seigneur m'a oubliée. »
Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas.


Psaume 145(144),8-9.13cd-14.17-18.
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité
.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5,17-30.
Après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, Jésus déclara aux Juifs : " Mon Père, jusqu'à maintenant, est toujours à l'œuvre, et moi aussi je suis à l'œuvre. "
C'est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le faire mourir, car non seulement il violait le repos du sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l'égal de Dieu.
Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait : « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu'il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement.
Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu'il fait. Il lui montrera des œuvres encore plus grandes, si bien que vous serez dans l'étonnement.
Comme le Père, en effet, relève les morts et leur donne la vie, le Fils, lui aussi, donne la vie à qui il veut.
Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger,
afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l'a envoyé.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m'a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie.
Amen, amen, je vous le dis : l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront.
Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d'avoir la vie en lui-même ; et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu'il est le Fils de l'homme.
Ne soyez pas surpris ; l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix, et ils sortiront : ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés. Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d'après ce que j'entends, et ce jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.



Aujourd'hui, je cède ma place à un autre commentateur - ou une commentatrice. Aldous est le premier sur les rangs, mais cet exercice est dynamisant. Le tout est de s'y mettre.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Aimer Dieu comme Dieu aime

Message non lu par etienne lorant »

Si je me rendais ce témoignage à moi-même, mon témoignage ne serait pas vrai

Aujourd'hui l'Évangile nous montre comment Jésus répond à l'objection suivante: selon le Deutéronome (19,15), pour la validité d'un témoignage, deux ou trois témoins sont requis. Jésus allègue en sa faveur le témoignage de Jean-Baptiste, le témoignage du Père —qui se manifeste dans les miracles qu'Il réalise— et, enfin, le témoignage des Écritures.

Jésus reproche à ceux qui l'écoutent trois raisons qui les empêchent de voir en lui le Messie Fils de Dieu: le manque d'amour de Dieu; l'absence de droiture d'intention —ils cherchent seulement la gloire humaine— et une interprétation des Écritures selon leurs propres intérêts.

Le Saint Père Jean-Paul II nous écrivait: «On ne parvient à la contemplation du visage du Christ qu'en écoutant dans l'Esprit la voix du Père, car nul ne connaît le Fils hors du Père (cf. Mt 11,27). Aussi, la révélation du Très-haut est-elle nécessaire. Mais, pour l'accueillir, il est indispensable de se mettre en attitude d'écoute».

C'est pourquoi, pour confesser Jésus-Christ comme vrai Fils de Dieu, les preuves externes qu'on nous présente ne suffisent pas; la droiture de la volonté, c'est-à-dire les bonnes dispositions, s'avère nécessaire.

En ce temps de Carême, en intensifiant les œuvres de pénitence qui facilitent le renouvellement intérieur, nous améliorerons nos dispositions pour contempler le véritable visage du Christ. Voilà pourquoi saint Josemaría nous dit: «Ce Christ que tu imagines n'est pas Jésus, mais la triste image que forment tes yeux troubles… Purifie-toi. Clarifie ton regard par l'humilité et la pénitence. Alors… les claires lumières de l'Amour ne te manqueront pas. Et tu auras une vision parfaite. Ton image sera réellement la sienne: Lui!».

Commentaire: Abbé Miquel MASATS i Roca (Girona, Espagne)
Dernière modification par etienne lorant le jeu. 14 mars 2013, 16:59, modifié 2 fois.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Aldous
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Re: Aimer Dieu comme Dieu aime

Message non lu par Aldous »

etienne lorant a écrit : car nous prêtons facilement à Dieu des jugements humains et des logiques humaines plutôt que d'aimer à la manière de Dieu, dont la bonté est infinie.
ça ce n'est pas dit que nous prêtons facilement à Dieu des jugements humains et des logiques humaines... peut-être simplement prévalons nous nos jugements et logiques comme justes au détriment d'écouter la Parole de Dieu (en clair, nous oublions Dieu).
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Jésus menacé ne se dérobe pas

Message non lu par etienne lorant »

Le vendredi de la 4e semaine de Carême

Livre de la Sagesse 2,1a.12-22.

Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu'ils raisonnent ainsi en eux-mêmes : « Notre existence est brève et triste, rien ne peut guérir l'homme au terme de sa vie, on n'a jamais vu personne revenir du séjour des morts.
Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s'oppose à notre conduite, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d'abandonner nos traditions.
Il prétend posséder la connaissance de Dieu, et s'intitule fils du Seigneur.
Il est un démenti pour nos idées, sa simple présence nous pèse ;
car son genre de vie s'oppose à celui des autres, sa conduite est étrange.
Il nous regarde comme des gens douteux, se détourne de nos chemins comme s'il craignait de se salir. Il proclame bienheureux le sort final des justes, il se vante d'avoir Dieu pour père.
Voyons si ses paroles sont vraies, regardons où il aboutira.
Si ce juste est fils de Dieu, Dieu l'assistera, et le délivrera de ses adversaires.
Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu'un veillera sur lui. »
C'est ainsi que raisonnent ces gens-là, mais ils s'égarent ; leur méchanceté les a rendus aveugles.
Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n'espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n'estiment pas qu'une âme irréprochable puisse être glorifiée
.

Psaume 34(33),17-18.19-20.21.23.
Il veille sur chacun de ses os :
pas un ne sera brisé.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 7,1-2.10.25-30.
Après cela, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir.
La fête juive des Tentes approchait.
Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir ?
Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ?
Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne ne saura d'où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas.
Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. »
On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue.



Contrairement à son entourage, Jésus se rend à Jérusalem « pas ostensiblement mais en secret ». Certains auraient voulu qu’il se montre plus. Souvent nous demandons la même chose au Christ. Nous nous disons : "si seulement il faisait d’avantage sentir sa présence dans ma vie, alors les choses seraient différentes." Comme les apôtres, nous nous plaignons souvent, "quand est-ce que tu vas parler clairement et cesser de parler en paraboles ?" Jésus vient pour redonner la vue aux aveugles et pour faire entendre les sourds. Est-ce que je le vois ? Est-ce que je l’entends ? Comment se révèle-t-il dans ma vie ?

http://viechretienne.catholique.org/med ... m-a-envoye
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Du jugement (bis): le témoignage des hommes

Message non lu par etienne lorant »

Le lundi de la 5e semaine de Carême

Livre de Daniel 13,1-9.15-17.19-30.33-62.

Il y avait un habitant de Babylone qui se nommait Yoakim.
Il avait épousé une femme nommée Suzanne, fille d'Helkias. Elle était très belle et respectait le Seigneur.
Ses parents étaient des justes, et ils avaient élevé leur fille dans la loi de Moïse.
Yoakim était très riche, et il possédait un parc auprès de sa maison ; les Juifs affluaient chez lui, car il était le plus illustre d'entre eux.
Deux anciens avaient été désignés dans le peuple pour être juges cette année-là ; ils étaient de ceux dont le Seigneur a dit : Le crime est venu de Babylone par des anciens, par des juges qui prétendaient guider le peuple.
Ils fréquentaient la maison de Yoakim, et tous ceux qui avaient des procès venaient les trouver.
Lorsque le peuple s'était retiré, vers midi, Suzanne entrait dans le parc de son mari, et s'y promenait.
Les deux anciens la voyaient chaque jour entrer et se promener, et ils se mirent à la désirer : ils faussèrent leur jugement, ils détournèrent leurs yeux pour ne plus regarder vers le ciel et ne plus se rappeler ses justes décrets.
Ils guettaient le jour favorable, lorsque Suzanne entra dans le jardin, comme la veille et l'avant-veille, accompagnée seulement de deux jeunes filles ; il faisait très chaud, et elle eut envie de prendre un bain dans le parc.
Il n'y avait personne, en dehors des deux anciens qui s'étaient cachés et qui l'épiaient.
Suzanne dit aux jeunes filles : « Apportez-moi de quoi me parfumer et me laver, puis fermez les portes du parc, pour que je puisse prendre mon bain. »
Dès que les jeunes filles furent sorties, les deux anciens surgirent, coururent vers Suzanne et lui dirent : « Les portes du parc sont fermées, on ne nous voit pas ; nous te désirons, sois consentante et viens avec nous. Autrement nous porterons contre toi ce témoignage : il y avait un jeune homme avec toi, et c'est pour cela que tu as renvoyé les jeunes filles. »
Suzanne dit en gémissant : « De tous côtés, je suis prise au piège : si je vous cède, c'est la mort pour moi ; et si je refuse de céder, je n'échapperai pas à vos mains. Mais je préfère tomber entre vos mains sans vous céder, plutôt que de pécher aux yeux du Seigneur. » Alors Suzanne poussa un grand cri, et les deux anciens se mirent à crier contre elle. L'un d'eux courut ouvrir les portes du parc.
Les gens de la maison, entendant crier dans le parc, se précipitèrent par la porte de service pour voir ce qui arrivait à Suzanne.
Quand les anciens eurent raconté leur histoire, les serviteurs furent remplis de honte, car jamais on n'avait dit pareille chose de Suzanne.
Le lendemain, le peuple se rassembla chez Yoakim son mari. Les deux anciens arrivèrent, remplis de pensées criminelles contre Suzanne, et décidés à la faire mourir.
Ils dirent devant le peuple : « Envoyez chercher Suzanne, fille d'Helkias, épouse de Yoakim. » On l'appela aussitôt.
Elle se présenta avec ses parents, ses enfants et tous ses proches.
Tous les siens pleuraient, ainsi que tous ceux qui la voyaient.
Les deux anciens se levèrent au milieu du peuple, et posèrent les mains sur sa tête.
Tout en pleurs, elle leva les yeux vers le ciel, car son cœur était plein de confiance dans le Seigneur.
Les anciens déclarèrent : « Comme nous nous promenions seuls dans le parc, cette femme y est entrée avec deux servantes. Elle a fermé les portes et renvoyé les servantes.
Alors un jeune homme qui était caché est venu vers elle, et a péché avec elle.
Nous étions dans un angle du parc, nous avons vu le crime, et nous avons couru vers eux.
Nous avons vu qu'ils étaient ensemble, mais nous n'avons pas pu nous emparer du jeune homme, car il était plus fort que nous : il a ouvert la porte et il s'est échappé.
Mais elle, nous l'avons appréhendée, et nous lui avons demandé qui était ce jeune homme ;
elle n'a pas voulu nous le dire. De tout cela, nous sommes témoins. » L'assemblée les crut, car c'étaient des anciens du peuple et des juges, et Suzanne fut condamnée à mort.
Alors elle cria d'une voix forte : « Dieu éternel, toi qui pénètres les secrets, toi qui connais toutes choses avant qu'elles n'arrivent,
tu sais qu'ils ont porté contre moi un faux témoignage. Voici que je vais mourir, sans avoir rien fait de tout ce que leur méchanceté a imaginé contre moi. »
Le Seigneur entendit sa voix.
Comme on la conduisait à la mort, Dieu éveilla l'esprit de sainteté chez un tout jeune garçon nommé Daniel, qui se mit à crier d'une voix forte : « Je suis innocent de la mort de cette femme ! »
Tout le peuple se tourna vers lui et on lui demanda : « Que signifie cette parole que tu as prononcée ? » Alors, debout au milieu du peuple, il leur dit : « Vous êtes donc fous, fils d'Israël ? Sans interrogatoire, sans recherche de la vérité, vous avez condamné une fille d'Israël.
Revenez au tribunal, car ces gens-là ont porté contre elle un faux témoignage. »
Tout le peuple revint donc en hâte, et le collège des anciens dit à Daniel : « Viens siéger au milieu de nous et donne-nous des explications, car Dieu a déjà fait de toi un Ancien. »
Et Daniel leur dit : « Séparez-les l'un de l'autre, je vais les interroger. »
Quand on les eut séparés, Daniel appela le premier et lui dit : « Toi qui as vieilli dans le mal, tu portes maintenant le poids des péchés que tu as commis autrefois en jugeant injustement : tu condamnais les innocents et tu acquittais les coupables, alors que le Seigneur a dit : Tu ne feras pas mourir l'innocent et le juste. Eh bien ! si réellement tu as vu cette femme, dis-nous sous quel arbre tu les as vus se donner l'un à l'autre ? » Il répondit : « Sous un sycomore. »
Daniel dit : « Voilà justement un mensonge qui te condamne : l'ange de Dieu a reçu un ordre de Dieu, et il va te mettre à mort.
Daniel le renvoya, fit amener l'autre et lui dit : « Tu es de la race de Canaan et non de Juda ! La beauté t'a dévoyé et le désir a perverti ton cœur.
C'est ainsi que vous traitiez les filles d'Israël, et, par crainte, elles se donnaient à vous. Mais une fille de Juda n'a pu consentir à votre crime.
Dis-moi donc sous quel arbre tu les as vus se donner l'un à l'autre ? » Il répondit : « Sous un châtaignier. »
Daniel lui dit : « Toi aussi, voilà justement un mensonge qui te condamne : l'ange de Dieu attend, l'épée à la main, pour te châtier, et vous faire exterminer. » Alors toute l'assemblée poussa une grande clameur et bénit Dieu qui sauve ceux qui espèrent en lui. Puis elle se retourna contre les deux anciens que Daniel avait convaincus de faux témoignage par leur propre bouche. Conformément à la loi de Moïse, on leur fit subir la peine que leur méchanceté avait imaginée contre leur prochain : on les mit à mort. Et ce jour-là, une vie innocente fut épargnée.


Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.
Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

Si je passe un ravin de ténèbres,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi,
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemies ;
Tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie.
J'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,12-20.
Jésus disait aux Juifs : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » Les pharisiens lui dirent alors : « Tu te rends témoignage à toi-même, ce n'est donc pas un vrai témoignage. » Jésus leur répondit : « Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même, et pourtant c'est un vrai témoignage, car je sais d'où je suis venu, et où je m'en vais ; mais vous, vous ne savez ni d'où je viens, ni où je m'en vais. Vous, vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne. Et, s'il m'arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j'ai avec moi le Père, qui m'a envoyé. Or, il est écrit dans votre Loi que, s'il y a deux témoins, c'est un vrai témoignage. Moi, je me rends témoignage à moi-même, et le Père, qui m'a envoyé, témoigne aussi pour moi. » Les pharisiens lui disaient : « Où est-il, ton père ? » Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. » Il prononça ces paroles alors qu'il enseignait au Temple, du côté du Trésor. Et personne ne l'arrêta, parce que son heure n'était pas encore venue.

C'est le jugement humain, ainsi que la justice humaine, qui sont remis en question dans ces textes. L'histoire de la chaste Suzanne montre combien le témoignage des hommes peut être sujet à caution - que ce soit dans sa fausseté intéressée ou sa fragilité. Dans l'affaire que la Bible rapporte, ce sont les juges eux-mêmes qui sont coupables et sans l'intervention de Daniel, inspiré par Dieu, c'est l'innocente qui allait être mise à mort.

Dans l'Evangile, Jésus semble rendre témoignage à lui-même, mais les pharisiens qui cherchent désormais à l'arrêter et non plus seulement à l'accuser, sont placés devant leur propre ignorance : lorsque Jésus parle de son Père, ils sont tout à fait incapables de dire qui est ce Père au nom duquel le Seigneur n'a jamais cessé lui aussi de témoigner.

Ce qui demeure, au-delà de la justice humaine, qui est et sera toujours faillible, c'est l'amour de Dieu. Les lectures de ce jour sont en réalité une suite de l'évangile de la femme adultère et conclut de la même façon, par la remise en question de toute la justice des hommes. Celle-ci se trouve réellement dénoncée: "Ne jugez pas et vous ne sera pas jugés", dit encore Jésus. Mais comment doit donc réagir le croyant qui vit dans le monde et qui est soumis - qu'il le veuille ou non, à la justice humaine ? En s'en remettant à Dieu pour tout. Jésus lui-même est sur le point d'être arrêté et jugé mais personne n'arrive à mettre la main sur Lui et à l'arrêter; c'est lui, le Seigneur, qui en temps voulu, décidera de l'heure où il sera livré aux mains des membres du conseil suprême du Sanhédrin.

Ne nous inquiétons donc pas des jugements portés sur nous, mais abstenons-nous de juger ceux qui nous entourent, et d'abord ceux qui nous accuseraient car ce détachement est issu de la foi. Comme il est intéressant de rapprocher cet Evangile de celui de Matthieu, au chapitre 10 ! Je le cite donc ici :

Jésus disait aux douze Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Le disciple doit se contenter d’être comme son maître, et le serviteur d’être comme son seigneur. Si le maître de maison s’est fait traiter de Béelzéboul, ce sera bien pire pour les gens de la maison. Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Est-ce qu’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde. Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La foi de Joseph et Marie

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Deuxième livre de Samuel 7,4-5a.12-14a.16.
La parole du Seigneur fut adressée au prophète Nathan :
« Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j'y habite ? Quand ta vie sera achevée et que tu reposeras auprès de tes pères, je te donnerai un successeur dans ta descendance, qui sera né de toi, et je rendrai stable sa royauté.
C'est lui qui me construira une maison, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. S'il fait le mal, je le corrigerai à la manière humaine, avec le bâton, je le frapperai comme font les hommes. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujour
s. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4,13.16-18.22.
Frères, Dieu a promis à Abraham et à sa descendance qu’ils recevraient le monde en héritage, non pas en accomplissant la Loi mais en devenant des justes par la foi. C'est donc par la foi qu'on devient héritier ; ainsi, c'est un don gratuit, et la promesse demeure valable pour tous ceux qui sont descendants d'Abraham, non seulement parce qu'ils font partie du peuple de la Loi, mais parce qu'ils partagent la foi d'Abraham, notre père à tous.
C'est bien ce qui est écrit : J'ai fait de toi le père d'un grand nombre de peuples. Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l'existence ce qui n'existait pas.
Espérant contre toute espérance, il a cru, et ainsi il est devenu le père d'un grand nombre de peuples, selon la parole du Seigneur : Vois quelle descendance tu auras ! Et, comme le dit l'Écriture : En raison de sa foi, Dieu a estimé qu'il était juste.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1,16.18-21.24a.
Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l'on appelle Christ (ou Messie).
Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ;
elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse


Saint Joseph était un juste selon la foi, c'est-à-dire un digne descendant d'Abraham. Il avait sa foi fixée en Dieu et, en conséquence, même ce qu'il ne pouvait pas comprendre, ne l'empêchait pas d'avancer. Souvenons-nous que Dieu avait demandé à Abraham, pour vérifier sa foi, qu'il lui sacrifie Isaac, qui était le fils de la promesse - et sans lui, plus de descendance ! Mais Abraham eut foi en Dieu et ainsi, Dieu considéra qu'il était juste.

De même Joseph, de même Marie. Marie a cru à la parole de l'ange du Seigneur. Elle a cru contre l'impensable, l'inimaginable sur le plan strictement humain - un enfant conçu sous l'action de l'Esprit-Saint ? Marie ne s'est pas étonnée, mais elle a cru à la parole de l'ange: "Qu'il m'en soit fait selon ta parole". Quant à Joseph, il connaissait la loi mais lui aussi était un homme de foi. Et il crut, lui aussi à a parole de l'ange qui lui parla dans un songe.

La foi plus importante que la compréhension humaine, nous la retrouvons chez Joseph et Marie lorsqu'à l'âge de douze ans, Jésus demeura au temple pendant trois jours afin de discuter avec les scribes et les docteurs de la Loi.
L'Evangile dit en cette occasion: "En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : " Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! " Il leur dit : " Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. " Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait.

Ils ne comprennent pas mais ils "suivent". Le souvenir de ces évènements, pénibles sur le moment, sera plus tard, pour eux, un grand motif de joie.

Comment inscrire ces textes dans ceux du carême ? Je dirais : en abaissant notre désir de vouloir tout saisr, tout de suite, sans attendre. Lorsque la maladie nous touchera, lorsqu'un revers de fortune nous semblera injuste, lorsqu'un élan de notre coeur sera brisé, souvenons-nous de la foi de Joseph et Marie !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Confrontation finale avec les juifs

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Le mercredi de la 5e semaine de Carême

Livre de Daniel 3,14-20.91-92.95.
Le roi Nabucodonosor parla ainsi dans sa colère : « Est-il vrai, Sidrac, Misac et Abdénago, que vous refusez de servir mes dieux et d'adorer la statue d'or que j'ai fait ériger ?
Êtes-vous prêts, maintenant, à vous prosterner pour adorer la statue que j'ai dressée, quand vous entendrez le cor, la flûte, la cithare, la harpe, la lyre, la cornemuse et tous les autres instruments de musique ? Si vous n'adorez pas cette statue, vous serez immédiatement jetés dans la fournaise ; et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ? »
Sidrac, Misac et Abdénago dirent au roi Nabucodonosor : « Ce n'est pas à nous de te répondre.
Si notre Dieu, que nous servons, peut nous délivrer, il nous délivrera de la fournaise et de ta main, ô roi.
Et même s'il ne le fait pas, sois-en bien sûr, ô roi : nous ne servirons pas tes dieux, nous n'adorerons pas la statue d'or que tu as dressée. »
Alors Nabucodonosor fut rempli de fureur contre Sidrac, Misac et Abdénago, et son visage s'altéra. Il ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu'à l'ordinaire.
Puis il ordonna aux plus vigoureux de ses soldats de ligoter Sidrac, Misac et Abdénago et de les jeter dans la fournaise.
Le roi Nabucodonosor les entendit chanter. Stupéfait, il se leva précipitamment et dit à ses conseillers : « Nous avons bien jeté trois hommes, ligotés, au milieu du feu ? » Ils répondirent : « Assurément, ô roi. »
Il reprit : « Eh bien moi, je vois quatre hommes qui se promènent librement au milieu du feu, ils sont parfaitement indemnes, et le quatrième ressemble à un être divin. »
Et il s'écria : « Béni soit le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago, qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs ! Ils ont mis leur confiance en lui, et ils ont désobéi à l'ordre du roi, ils ont livré leur corps plutôt que de servir et d'adorer un autre dieu que leur Dieu. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,31-42.
Jésus disait à ces Juifs qui maintenant croyaient en lui :
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes les descendants d'Abraham, et nous n'avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : 'Vous deviendrez libres' ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : tout homme qui commet le péché est esclave du péché. L'esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Donc, si c'est le Fils qui vous rend libres, vous serez vraiment libres.
Je sais bien que vous êtes les descendants d'Abraham, et pourtant vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n'a pas de prise sur vous.
Je dis ce que moi, j'ai vu auprès de mon Père, et vous, vous faites aussi ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c'est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous êtes les enfants d'Abraham, vous devriez agir comme Abraham.
Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Abraham n'a pas agi ainsi.
Mais vous, vous agissez comme votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ! Nous n'avons qu'un seul Père, qui est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car moi, c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c'est lui qui m'a envoyé.
Cy Aelf, Paris

La foi de Sidrac, Misac et Abdénago, qui leur valut d'être jeté dans la fournaise par le roi Nabucodonosor est mise ici en parallèle avec la foi tronquée de ces juifs qui veulent bien voir en Jésus un prophète - mais qui se fient moins à Dieu qu'à leur descendance, leur filiation et leurs traditions. Ils se réclament d'Abraham et n'en démordent pas. Ont-ils déjà oublié le reproche que leur faisait Jean le Baptiste dès le commencement : ""N'allez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père car, je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham."

La question qui se pose dans la démarche de la foi n'est pas l'appartenance à un peuple mais le renoncement au péché. Or, le péché des juifs - étalé durant toute l'ancien testament, c'est d'avoir délibérément préféré la descendance d'Abraham aux lois données par Moïse. Leur péché, c'est bien l'infidélité, c'est-à-dire l'adultère : on adore Dieu de manière bien visible, mais on commet les mêmes péchés que les autres peuples, en se fiant aux purifications et aux sacrifices qui permettent d'éluder la sanction du péché. Et d'ailleurs, il existe des "pécheurs publics" (prostituées, collecteurs d'impôts, samaritains, etc.), ce qui est très commode.

Et, un peu plus tard, dans ce dialogue de sourds, lorsque Jésus parle de leur père, ils répondent que leur père est Dieu - mais il est clair que par le péché, leur père est le diable lui-même. Et dans l'incompréhension la plus totale, cette confrontation va se poursuivre jusqu'à la rupture définitive.
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Re: Confrontation finale avec les juifs

Message non lu par Teano »

Bonjour,

Je suis toujours tentée de rapprocher ces paroles de Jésus-Christ dans l'évangile selon Saint Jean de l'épître de Saint Jacques, au chapitre 2 :

C’est grâce à ses œuvres que notre père Abraham est devenu juste et saint quand il a offert son fils Isaac sur l’autel. Ne vois-tu pas que la foi accompagnait ses œuvres et qu’elle est arrivée à maturité grâce aux œuvres ? C’est alors que l’Écriture a pu dire : Abraham crut à Dieu et pour cela il fut fait juste et saint et il fut appelé ami de Dieu.

Qui est la "descendance d'Abraham" ? A quoi la reconnaît-on, si ce n'est à la fidélité d'Abraham ?

In Christo

Teano
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Re: Confrontation finale avec les juifs

Message non lu par etienne lorant »

Oui, c'est juste, c'est bien à la fidélité - jusqu'à l'héroïsme, au dépassement complet de soi, que l'on reconnaîtra les vrais fils d'Abraham. Mais j'emploie encore le mot "dépassement" (comme si c'était humainement possible), alors qu'il s'agit plutôt de "détachement"... Merci !!!
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Rupture avec les Juifs

Message non lu par etienne lorant »

Première Lecture

Abraham tomba la face contre terre et Dieu lui parla ainsi : « Voici l'Alliance que je fais avec toi : tu deviendras le père d'un grand nombre de peuples. Au lieu d'être appelé Abram, comme jusqu'ici, ton nom sera désormais Abraham, car je fais de toi le père d'un grand nombre de peuples. Je te ferai porter des fruits à l'infini, de toi je ferai des peuples, et des rois sortiront de toi. « J'instituerai mon Alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une Alliance perpétuelle par laquelle je serai ton Dieu, et celui de ta descendance après toi. A toi et à ta descendance après toi je donnerai tout le pays de Canaan - ce pays où tu es venu en immigré - pour que tu en aies la possession perpétuelle, et je serai votre Dieu. « Et toi, tu observeras mon Alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. » (Gn 17, 3-9)

Evangile
Jésus disait aux juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un reste fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort. » Les Juifs lui dirent : « Nous voyons bien maintenant que tu es un possédé. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : 'Si quelqu'un reste fidèle à ma parole, jamais il ne connaîtra la mort.' Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi. Qui donc prétends-tu être ? » Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien ; c'est mon Père qui me glorifie, lui que vous appelez votre Dieu, alors que vous ne le connaissez pas. Mais moi, je le connais, et, si je dis que je ne le connais pas, je serai un menteur, comme vous. Mais je le connais, et je reste fidèle à sa parole. Abraham votre père a tressailli d'allégresse dans l'espoir de voir mon Jour. Il l'a vu, et il a été dans la joie. » Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n'as pas cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu'Abraham ait existé, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.( Jn 8, 51-59)

"Copyright AELF - Paris - 1980 - Tous droits réservés".

Il était inévitable que le débat, entamé dès le commencement de sa mission entre Jésus et l'institution religieuse juive, finisse par cette rupture définitive que nous découvrons dans l’Évangile de ce jour. Le Seigneur n'a pas hésité à prononcer le nom que les juifs ne prononcent pas, ce même nom que Dieu avait donné à Moïse lorsque celui-ci l'en avait prié en disant : "Qui dirai-je qui m'a envoyé vers eux ?" C'est bien ce "Je suis". A partir de ce moment, Jésus est condamné. Mais il demeure le maître des évènements, il les domine toujours.

Dans l'histoire de l'Eglise, nombreux sont ceux qui ont considéré - et qui considèrent encore, hélas - que l'ensemble du peuple juif, et donc aussi l'Israël actuel, porte tout le poids de la responsabilité de la mort de Jésus: ils l'ont appelé le "peuple déicide" et l'ont condamné comme tel. Mais cette condamnation perpétuelle a été démentie déjà par saint Paul dans son épître aux Romains (chapitre 11) dont je reproduis ci-après le passage le plus significatif - toujours emprunté au site de l'Aelf:

11 Je pose encore une question : Israël a-t-il trébuché pour ne plus se relever ? Non, bien sûr ! Mais c'est à sa faute que les païens doivent le salut ; Dieu voulait le rendre jaloux.
12 Or, si la faute des fils d'Israël a été un enrichissement pour le monde, si leur échec a été un enrichissement pour les païens, que dire alors du jour où l'ensemble d'Israël sera là ?
13 Je vous le dis à vous, qui étiez païens : dans la mesure même où je suis apôtre des païens, ce serait la gloire de mon ministère
14 de rendre un jour jaloux mes frères de race, et d'en sauver quelques-uns.
15 Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l'écart, qu'arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !
16 Si un peu de pâte est consacrée à Dieu, toute la pâte devient sainte ; si la racine de l'arbre est sainte, les branches le sont aussi.
17 De ces branches, quelques-unes ont été coupées, alors que toi, qui es une branche d'olivier sauvage, tu as été greffé parmi elles, et tu as part désormais à l'huile que donne la racine de l'olivier.
18 Alors, ne sois pas plein d'orgueil envers les autres branches ; malgré tout ton orgueil,
19 ce n'est pas toi qui portes la racine, c'est la racine qui te porte. Tu vas me dire : « Des branches ont été coupées pour que moi, je sois greffé ! »
20 Fort bien ! Mais c'est à cause de leur manque de foi qu'elles ont été coupées ; et toi, c'est à cause de ta foi que tu tiens. Ne fais pas le fanfaron, sois plutôt dans la crainte.
21 Car si Dieu n'a pas épargné les branches d'origine, il ne t'épargnera pas non plus.
22 Observe donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité pour ceux qui sont tombés, et bonté pour toi si tu demeures dans cette bonté ; autrement, toi aussi tu seras retranché.
23 Et eux, s'ils ne demeurent pas dans leur manque de foi, ils seront greffés : car Dieu est capable de les greffer de nouveau.
24 En effet, toi qui étais par ton origine une branche d'olivier sauvage, tu as été greffé, malgré ton origine, sur un olivier cultivé ; à plus forte raison ceux-ci, qui sont d'origine, seront greffés sur leur propre olivier.
25 Frères, pour vous éviter de vous fier à votre propre jugement, je ne veux pas vous laisser dans l'ignorance de ce mystère : l'endurcissement actuel d'une partie d'Israël durera jusqu'à l'entrée de l'ensemble des païens ;
26 c'est ainsi qu'Israël tout entier sera sauvé, comme dit l'Écriture :Le libérateur viendra de Sion,d'Israël il fera disparaître l'impiété.
27 Voilà ce que sera mon Alliance avec euxlorsque j'enlèverai leur péché.
28 L'annonce de l'Évangile en a fait des ennemis de Dieu, et c'est à cause de vous ; mais le choix de Dieu en a fait des bien-aimés, et c'est à cause de leurs pères.
29 Les dons de Dieu et son appel sont irrévocables.
30 Jadis, en effet, vous avez désobéi à Dieu, et maintenant, à cause de la désobéissance des fils d'Israël, vous avez obtenu miséricorde ;
31 de même eux aussi, maintenant ils ont désobéi à cause de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c'est pour que maintenant, eux aussi, ils obtiennent miséricorde.
32 Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous les hommes.
33 Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables !
34 Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ?
35 Qui lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour ?
36 Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. A lui la gloire pour l'éternité ! Amen

J'avais prévu d'écrire autre chose mais l'inspiration qui m'est venue tient aux évènements nombreux que produit la haine dans ce temps que nous vivons. Puisque je le vis, ce temps, vous le vivez aussi - il règne une grande confusion dans la vie en société (c'est le moindre que l'on puisse dire) et l'avenir paraît très sombre.

Et cependant, ces textes nous disent finalement de ne pas vivre dans la crainte car notre Seigneur est vraiment le maître de tout. Confions-nous donc entièrement à Lui.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Rupture avec les Juifs

Message non lu par etienne lorant »

Puisque je trouve dans l'actualité du Vatican une réponse à mon inspiration du moment, j'embraye aussitôt !


« Nous sommes liés d’un lien spirituel très spécial », a dit le pape François aux délégations juives qui ont participé à la messe d’inauguration de son pontificat, hier, 19 mars 2013.
Le pape a en effet reçu en audience les délégués fraternels d’Eglise chrétiennes, les représentants du peuple juif et de religions non chrétiennes, ce matin, 20 mars, au Vatican. Parmi les représentants juifs, le représentant du grand rabbinat d'Israël, Oded Wiener, le rabbin David Rosen, Directeur du département pour les questions interreligieuses à l’American Jewish Committee et le grand rabbin de Rome Riccardo Di Segni.

Lors de son discours, le pae François s’est tourné expressément vers les « distingués représentants du peuple juif », auquel « nous sommes liés d’un lien spirituel très spécial ».
Il a rappelé en ce sens, en citant Conseil Vatican II : « l’Église du Christ reconnaît que les prémices de sa foi et de son élection se trouvent, selon le mystère divin du salut, chez les patriarches, Moïse et les prophètes. »

http://www.zenit.org/fr/articles/juifs- ... es-special
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Re: Rupture avec les Juifs

Message non lu par Teano »

Aujourd'hui je rapproche volontiers l'Evangile du jour, de Saint Luc :

Jésus disait aux juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un reste fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort. »

Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! » Et l'ange la quitta. (Luc 1, 38)

Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent ! » (Luc 11,28)

J'aimerais être fidèle à la Parole comme Marie l'a été.

Les propos tenus contre Jésus sont d'une noirceur terrible, ils traduisent une révolte profonde contre Dieu. "Abraham est mort et les prophètes aussi" c'est la négation de Dieu, de son action, de Sa Providence, de Sa miséricorde. Cela revient à dire "Dieu est mort".

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Re: Rupture avec les Juifs

Message non lu par Mac »

Merci claire et Etienne. :)

Quelques réflexions.

En déclarant : "si quelqu'un reste fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort", Jésus me semble implicitement signifier aux Juifs Sa propre nature divine, et ils le comprennent très bien en fait (qui donne la vie éternelle si ce n'est Dieu pour les juifs?) puisque nous voyons bien la question centrale qu'ils posent à Jésus Christ au fil du déroulement de la discutions: Qui donc prétends-tu être ?

Au delà de leur confirmer qu'ils ont finalement bien interpréter Son "si quelqu'un reste fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort" en leur déclarant "avant qu'Abraham ait existé, moi, JE SUIS", il leur fait comprendre clairement qu'Abraham n'est pas mort contrairement à ce qu'ils croient ceci en leur déclarant "Abraham votre père a tressailli d'allégresse dans l'espoir de voir mon Jour. Il l'a vu, et il a été dans la joie." Car effectivement comment Abraham pourrait-il avoir vu le jour du Seigneur s'il était mort véritablement?


Au fond il me semble secondairement, que la vision matérialiste de la vie des juif et la vision chrétienne ( de Jésus Christ) s'opposent et opposition exprimée par les paroles des juifs "Abraham est mort, les prophètes aussi" et le "il la vu" de Jésus Christ, et donc comme disait claire il s'agit implicitement de négation de Dieu (de Sa grâce), mais cela semble être du à l'ignorance des Juifs puisque Jésus leur dit "Mais moi, je le connais, et, si je dis que je ne le connais pas, je serai un menteur, comme vous."
Je note au passage la répétition par trois fois de : "si quelqu'un reste fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort".

Fraternellement. :ciao:
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Re: Rupture avec les Juifs

Message non lu par levergero78 »

Le pape François vient de déclarer : L'Eglise catholique est consciente de l'importance de la promotion de l'amitié et de du respect entre les hommes et les femmes des différentes traditions religieuses et cela je peux le répéter".

Je suis persuadé que François fera le maximum pour le rapprochement et le dialogue inter-religieux, notamment avec les juifs.
http://jean-paul.vefblog.net
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