Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Aldous
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Re: Jeudi saint : Messe en mémoire de la Cène du Seigneur

Message non lu par Aldous »

etienne lorant a écrit :Quant à l’Évangile du lavement des pieds, il est le rappel - incontournable - de la nécessité de nous purifier. Le sacrement de confession (ou de réconciliation) nous purifie en ce sens que nous reconnaissons nos fautes devant le Seigneur, qui a le pouvoir, par l'intermédiaire de son prêtre, de nous remettre nos fautes.
Le lavement de pied a d'abord la signification que Jésus rend un service à ses disciples, et même un service d'esclave. C'est un geste de profonde humilité par lequel c'est Dieu qui s'abaisse pour nous rejoindre (kénose), "il s'anéantit lui-même" (on y voit déjà sa mort et sa Résurrection). Et par ce geste c'est lui qui nous rend "purs".
etienne lorant a écrit :Le lavement des pieds est symbolique en ce sens que nous ne saurions nous laver de la poussières et des blessures du chemin par nous-mêmes, mais Dieu veut, comme en toute chose, que nous passions par notre prochain.
Comme je viens de le dire ce geste exprime que c'est Dieu qui d'abord nous rend "purs" et par là nous rend capable de Lui. Puis c'est en nous demandant de l'imiter dans ce geste que cela renvoie à ce que nous devons faire l'un à l'autre pour le rejoindre.

http://www.interbible.org/interBible/de ... 90410.html
etienne lorant a écrit : Et donc, si nous n'avons pas l'occasion de confesser nos fautes, nous pouvons du moins accomplir un acte de miséricorde qui permette à notre prochain dans la détresse, de se relever ensuite et se remettre en route. Ce que nous ne pourrions pas obtenir pour une raison pratique (l'absence d'un prêtre), nous pouvons tout de même l'obtenir par un acte de miséricorde accompli en toute liberté envers un frère ou une soeur dans la détresse...
Je ne sais pas si on peut comparer la confession de ses péchés dans le face à face avec un prêtre avec ce que nous pourrions faire seul par un acte de miséricorde. Si c'était le cas à quoi bon la confession en tant que telle?
Et pourquoi donc nous n'aurions pas l'occasion de confesser nos fautes? De même nous n'avons pas à accomplir des actes de miséricorde pour effacer nos fautes mais bien plus gratuitement, par amour. L'amour de son prochain n'est pas un calcul.

Etes-vous sûr etienne lorant que vous avez assez de répondant théologique pour ainsi faire au pied levé des commentaires des écritures?
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Re: Le repas pascal de Jésus

Message non lu par etienne lorant »

L'Evangile commenté par le Pape

L’Evangile de ce jour rapporte la trahison de Judas, « l’un des douze, un des amis de Jésus, un de ceux qui lui étaient le plus proches », a fait observer le pape, pour 30 pièces d’argent (Matthieu 26,14-25).

Pour le pape François, Jésus devient « comme une marchandise : il est vendu ». Et cela arrive « tant de fois aussi dans le marché de l’histoire … dans le marché de notre vie, quand nous choisissons aussi les 30 deniers et laissons Jésus de côté, nous voyons le Seigneur qui est vendu », a-t-il poursuivi.

Le pape est allé plus loin : « Parfois, avec nos frères, avec nos amis, entre nous, nous faisons quasiment la même chose », notamment « quand nous jasons les uns sur les autres ».

Pour le pape en effet, le commérage est aussi « vendre » et « la personne sur laquelle nous jasons est une marchandise, devient une marchandise: c’est ce que Judas a fait ».

« Je ne sais pas pourquoi, mais il y a une joie obscure dans le fait de commérer », a ajouté le pape, qui a fait remarquer « avec quelle facilité nous faisons cela » : « Parfois les conversations commencent par de bonnes paroles, et, à l’improviste, arrive le commérage.»

Le pape a comparé le fait de médire au fait d’« écorcher l’autre » : « Chaque fois que nous jasons, chaque fois que nous ‘écorchons’ l’autre, nous faisons la même chose que Judas », a-t-il insisté.

Or, Judas, lorsqu’il a trahi Jésus, « avait le cœur fermé, il n’avait pas de compréhension, il n’avait pas d’amour, il n’avait pas d’amitié », a-t-il estimé, en soulignant que pour l’homme qui cancane, tout devient marché : « Nous vendons nos amis, nos parents ».

Le pape François a donc invité à « ne jamais dire du mal des autres personnes » : « Demandons pardon parce que nous le faisons à l’ami, mais aussi à Jésus, car Jésus est en cet ami, en cet amie. Et demandons la grâce de n’‘écorcher’ personne, de ne jaser sur personne », a-t-il ajouté.

"Et si, a-t-il ajouté, nous nous apercevons que quelqu’un dit du mal de nous, ne rendons pas la justice avec notre langue, mais prions le Seigneur pour lui, en disant “Seigneur, aide-le!”. »

(27 mars 2013) © Innovative Media Inc.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Vendredi saint: le Signe de l'Agneau

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 18,1-40.19,1-42.

Après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, lui aussi, car Jésus y avait souvent réuni ses disciples. Judas prit donc avec lui un détachement de soldats, et des gardes envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C'est moi. » Judas, qui le livrait, était au milieu d'eux. Quand Jésus leur répondit : « C'est moi », ils reculèrent, et ils tombèrent par terre.

Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. » Jésus répondit : « Je vous l'ai dit : c'est moi. Si c'est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » (Ainsi s'accomplissait la parole qu'il avait dite : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés ».)
Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira du fourreau ; il frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l'oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus.
Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. Est-ce que je vais refuser la coupe que le Père m'a donnée à boire ? » Alors les soldats, le commandant et les gardes juifs se saisissent de Jésus et l'enchaînent. Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne, beau-père de Caïphe, le grand prêtre de cette année-là. (C'est Caïphe qui avait donné aux Juifs cet avis : « Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple. »)

Simon-Pierre et un autre disciple suivaient Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans la cour de la maison du grand prêtre,
mais Pierre était resté dehors, près de la porte. Alors l'autre disciple - celui qui était connu du grand prêtre - sortit, dit un mot à la jeune servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. La servante dit alors à Pierre : « N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! »
Les serviteurs et les gardes étaient là ; comme il faisait froid, ils avaient allumé un feu pour se réchauffer. Pierre était avec eux, et se chauffait lui aussi.

Or, le grand prêtre questionnait Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine.
Jésus lui répondit : « J'ai parlé au monde ouvertement. J'ai toujours enseigné dans les synagogues et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n'ai jamais parlé en cachette. Pourquoi me questionnes-tu ? Ce que j'ai dit, demande-le à ceux qui sont venus m'entendre. Eux savent ce que j'ai dit. »
A cette réponse, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C'est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! » Jésus lui répliqua : « Si j'ai mal parlé, montre ce que j'ai dit de mal; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »

Anne l'envoya, toujours enchaîné, au grand prêtre Caïphe. Simon-Pierre était donc en train de se chauffer ; on lui dit : « N'es-tu pas un de ses disciples, toi aussi ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! » Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, insista : « Est-ce que je ne t'ai pas vu moi-même dans le jardin avec lui ? » Encore une fois, Pierre nia. A l'instant le coq chanta.

Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au palais du gouverneur. C'était le matin. Les Juifs n'entrèrent pas eux-mêmes dans le palais, car ils voulaient éviter une souillure qui les aurait empêchés de manger l'agneau pascal.
Pilate vint au dehors pour leur parler : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » Ils lui répondirent : « S'il ne s'agissait pas d'un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré. » Pilate leur dit : « Reprenez-le, et vous le jugerez vous-mêmes suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort. » Ainsi s'accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.

Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ? Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? »

Après cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais c'est la coutume chez vous que je relâche quelqu'un pour la Pâque : voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » Mais ils se mirent à crier : « Pas lui ! Barabbas ! » (Ce Barabbas était un bandit.) Alors Pilate ordonna d'emmener Jésus pour le flageller.
Les soldats tressèrent une couronne avec des épines, et la lui mirent sur la tête ; puis ils le revêtirent d'un manteau de pourpre. Ils s'avançaient vers lui et ils disaient : « Honneur à toi, roi des Juifs ! » Et ils le giflaient.
Pilate sortit de nouveau pour dire aux Juifs : « Voyez, je vous l'amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Alors Jésus sortit, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit : « Voici l'homme. » Quand ils le virent, les chefs des prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Reprenez-le, et crucifiez-le vous-mêmes ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Les Juifs lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu'il s'est prétendu Fils de Dieu. »
Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans son palais, et dit à Jésus : « D'où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher, et le pouvoir de te crucifier ? » Jésus répondit : « Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en haut ; ainsi, celui qui m'a livré à toi est chargé d'un péché plus grave. »

Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais les Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n'es pas ami de l'empereur. Quiconque se fait roi s'oppose à l'empereur. » En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade à l'endroit qu'on appelle le Dallage (en hébreu : Gabbatha). C'était un vendredi, la veille de la Pâque, vers midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. » Alors ils crièrent : « A mort ! A mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les chefs des prêtres répondirent : « Nous n'avons pas d'autre roi que l'empereur. » Alors, il leur livra Jésus pour qu'il soit crucifié, et ils se saisirent de lui. Jésus, portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit : Le Crâne, ou Calvaire, en hébreu : Golgotha. Là, ils le crucifièrent, et avec lui deux autres, un de chaque côté, et Jésus au milieu.

Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placer sur la croix, avec cette inscription : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. » Comme on avait crucifié Jésus dans un endroit proche de la ville, beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, qui était libellé en hébreu, en latin et en grec. Alors les prêtres des Juifs dirent à Pilate : « Il ne fallait pas écrire : 'Roi des Juifs' ; il fallait écrire : 'Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs'. » Pilate répondit : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. »

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chacun. Restait la tunique ; c'était une tunique sans couture, tissée tout d'une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, tirons au sort celui qui l'aura. » Ainsi s'accomplissait la parole de l'Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C'est bien ce que firent les soldats.

Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

Après cela, sachant que désormais toutes choses étaient accomplies, et pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit : « J'ai soif. »
Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit. Comme c'était le vendredi, il ne fallait pas laisser des corps en croix durant le sabbat (d'autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque). Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Des soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis du deuxième des condamnés que l'on avait crucifiés avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à celui-ci, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau.

Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez vous aussi. (Son témoignage est véridique et le Seigneur sait qu'il dit vrai.) Tout cela est arrivé afin que cette parole de l'Écriture s'accomplisse : Aucun de ses os ne sera brisé.
Et un autre passage dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé.

Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème (celui qui la première fois était venu trouver Jésus pendant la nuit) vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès pesant environ cent livres.
Ils prirent le corps de Jésus, et ils l'enveloppèrent d'un linceul, en employant les aromates selon la manière juive d'ensevelir les morts. Près du lieu où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n'avait encore mis personne. Comme le sabbat des Juifs allait commencer, et que ce tombeau était proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus
.


Plusieurs remises en question s'enroulent et se déroulent au moment du procès, de la condamnation à mort et de la crucifixion de Jésus.

Pierre se fait reprendre par son maître sur le coup d'épée donné à Malcus, le serviteur du grand-prêtre: « Remets ton épée au fourreau. Est-ce que je vais refuser la coupe que le Père m'a donnée à boire ? » A partir de ce moment, le texte nous montre un Pierre déstabilisé et comme ayant perdu toute force morale. Lui, qui a pourtant été choisi par Jésus comme étant "le roc", la pierre sur laquelle sera bâtie l'Eglise, le voici qui se met à tout nier, en bloc. Non, non, et non encore ! Il boit sa honte. Il nie et continuera de nier jusqu'au bout: lui aussi doit boire jusqu'à la lie son calice d'amertume.

Dans le même temps, Jésus jugé domine le tribunal improvisé par Caïphe. Qu'il réponde ou bien se taise, Il est vraiment l'homme de la prophétie : "Je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu" (Isaïe 50,4) Même le garde qui le frappe a sa réponse, car la Parole est plus grande et dépasse toujours le geste.

Le plus dérangé parmi tous, c'est Pilate. D'emblée, il se déclare incompétent. Mais il est aussi intrigué par ce juif qui n'a de lui aucune peur, qui lui parle d'égal à égal, et qui lui révèle même le mystère de la conversion - tout homme qui cherche la vérité entend Sa voix. Quant à son pouvoir de vie et de mort, il est subordonné à un autre pouvoir qui le dépasse: "Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en haut". Il reçoit enfin cette sentence - la sentence prononcée par l'accusé sur son juge : "celui qui m'a livré à toi est chargé d'un péché plus grave."

Il n'est guère étonnant que la foule seule ne puisse être dominée. Car la foule est le terrain de la confusion, du mouvement des sentiments multiples, et qui se laisse manipuler par des mots d'ordre - tout comme la mer de Galilée lorsqu'elle est balayée par les vents. C'est bien connu : dans une foule, lorsqu'un mouvement de panique s'en empare d'un côté, c'est de l'autre côté, tout au bout, que se ramassent les corps à la fin.

Suit la scène de la crucifixion. En dépit de l'horreur de ce mode d’exécution, c'est ici que se manifeste pleinement le mystère de la miséricorde divine: la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich nous en a laissé le témoignage du romain à la célèbre lance :

"Les archers paraissaient encore douter de la mort de Jésus, et l'horrible manière dont on avait brisé les membres des larrons, avait encore augmenté chez les amis de Jésus la crainte que les bourreaux ne revinssent à son corps ; cette crainte faisait trembler les saintes femmes pour le corps du Sauveur. Mais l'officier inférieur Cassius, appelé plus tard Longin, homme de vingt-cinq ans, très actif et très empressé. dont la vue faible et les yeux louches lorsqu'il se donnait un air affairé et important excitaient souvent les moqueries de ses subordonnés, reçut une inspiration soudaine.

La férocité ignoble des archers, les angoisses des saintes femmes, l'ardeur subite qu'excita en lui la grâce divine, lui firent accomplir une prophétie. Il saisit sa lance et dirigea vivement son cheval vers la petite élévation où se trouvait la croix. Je le vis s'arrêter devant la fente du rocher, entre la croix du bon larron et celle de Jésus. Alors, prenant sa lance a deux mains, il l'enfonça avec tant de force dans le côté droit du Sauveur, que la pointe alla traverser le coeur et ressortit un peu sous la mamelle à gauche. Quand il la retira avec force, il sortit de la blessure du côté droit une grande quantité de sang et d'eau, qui arrosa son visage comme un fleuve de salut et de grâce. Il sauta à bas de son cheval, s'agenouilla frappa sa poitrine et confessa hautement Jésus en présence de tous les assistants.

La sainte Vierge et ses amies dont les regards étaient toujours fixés vers Jésus, virent avec angoisse l'action inopinée de cet homme, et, lorsqu'il donna son coup de lance, se précipitèrent vers la croix en poussant un cri. Marie tomba entre les bras des saintes femmes, comme si la lance eût traversé son propre coeur, pendant que Cassius louait Dieu à genoux, car les yeux de son corps comme ceux de son âme étaient guéris et ouverts à la lumière. Mais en même temps tous furent profondément émus à la vue du sang du Sauveur, qui avait coulé, mêlé d'eau, dans un creux du rocher au pied de la croix. Cassius, Marie les saintes femmes et Jean recueillirent le sang et l'eau dans des fioles et essuyèrent la place avec des linges" (1).
***
A partir de ce vendredi saint commence la neuvaine à la miséricorde divine. Pour ceux et celles qui connaissent cette dévotion, la fête de Pâques ouvre un nouveau chemin vers la fête de la Miséricorde divine, le dimanche qui suit.

(1)
[+] Texte masqué
http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... uvert.html
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le silence du samedi saint

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,1-12.
Le premier jour de la semaine, de grand matin, les femmes se rendirent au sépulcre, portant les aromates qu'elles avaient préparés.
Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau.
Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.
Elles ne savaient que penser, lorsque deux hommes se présentèrent à elles, avec un vêtement éblouissant.
Saisies de crainte, elles baissaient le visage vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?
Il n'est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu'il vous a dit quand il était encore en Galilée :
'Il faut que le Fils de l'homme soit livré aux mains des pécheurs, qu'il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite. ' »
Alors elles se rappelèrent ses paroles.
Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.
C'étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres.
Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas.
Pierre cependant courut au tombeau ; mais en se penchant, il ne vit que le linceul. Il s'en retourna chez lui, tout étonné de ce qui lui était arrivé
.


Après toute l'agitation de l'arrestation, le procès, les cris, le chemin de croix, la crucifixion, les dernières paroles de Jésus et la mise au tombeau....le silence. Le Sabbat naît silencieux et le ciel est redevenu serein. La succession des évènements pénibles qui ce sont produits les deux derniers jours s'est comme épuisée. Aujourd’hui est un jour d’attente tranquille, de retraite, un jour pour se rendre en un endroit isolé et commencer de penser à une vie renouvelée en nous, qui ne sera sera plus jamais la même. Chaque Samedi Saint est un jour pour assimiler, faire nôtre ce qui s’est passé. Aujourd'hui, je voudrais que désormais, le Samedi Saint ne soit plus simplement comme le jour précédent Pâques. Que ce jour ne se déroule plus comme n’importe quel autre jour. Les premiers vacanciers sont déjà parti, mais quant à moi, je m'enveloppe de silence et d'un silence recueillement.

Malgré tous les signes auxquels ils ont assisté, y compris la résurrection de Lazare, pour les disciples, tout est fini. Jésus est mort. Ils n’entendront plus sa voix familière et ne trouveront plus d'appui sur les paroles de sa prédication. écouteront plus sa prédication puissante. Plus de miracles, plus de guérisons. ou guérir un malade. Comme il nous serait simple, à nous, après tous les siècles passés, de déplorer ce manque de foi ! Mais pour les disciples comme pour ces femmes qui vont au tombeau, c'est bien le corps d’un homme mort qu'il faut embaumer. Ce silence et cette fatalité acceptés, me font me ressouvenir du visage de mon père après son décès: il était de nouveau paisible, et ma mère s'est écriée: "On dirait qu'il dort, qu'il est sur le point de se réveiller". Mais elle le savait mort et nous avons préparé les funérailles.

Pourtant, Jésus avait tout expliqué avant sa mort. Il avait dit aux disciples qu’il devrait souffrir et mourir, et aussi qu’Il se relèverait de la mort. Pourquoi les disciples sont-ils si lents à comprendre ? C'est qu'ils n'étaient pas prêts à comprendre (et le sommes-nous ?) C’est seulement rétrospectivement qu’ils comprendront clairement et distinctement ce que Jésus leur avait dit.

Et donc, parce que nous aurons vécu cette Pâques en toute sincérité, notre vie et nos forces s'en trouveront renouvelées, mais nous nous mettrons de nouveau à scruter les textes afin de comprendre vraiment Rappelons-nous les paroles du Christ. Est-ce que mon esprit est fermé comme l’esprit des disciples ? Est-ce que je pense comprendre qui est le Christ et la signification profonde de ses paroles ? A dire vrai, je ne m'arrête pas à ce questionnement, un jour nouveau commence et, du fait de ma dévotion personnelle, j'en suis seulement au deuxième jour de la neuvaine qui me conduit à la fête de la Miséricorde divine, le premier dimanche après Pâques.
[+] Texte masqué
http://notredamedesneiges.over-blog.com ... 57041.html
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Ce jour de Pâques 2013

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,1-9.
Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis. »
Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là,
et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts
.


Course de Marie-Madeleine vers Pierre et Jean, puis course de Pierre et Jean vers le tombeau. Jean a dépassé Pierre, car il est plus jeune, mais il l'attend et lui cède l'entrée dans le tombeau. Cette ferveur de Jean, dans sa course, ne l'emporte pourtant pas de céder la place à Pierre, car il n'a pas oublié que c'est Pierre qui a été choisi par Jésus pour être la fondement, le roc de l'Eglise qui est en train de naître. La curiosité ne l'eût-elle pas emporté, si j'avais été à sa place ?

Le fait que ce soit Jean qui rapporte cet évènement ne fait que renforcer mon sentiment : l'atrocité des scènes auxquelles ils ont assisté, ne les ont atteint qu'en surface. C'est-à-dire que Jean reste à sa place, Pierre à la sienne, et ainsi en va-t-il aussi de Marie-Madeleine et de tous les autres. Dans de tels moments, on eût pu imaginer la déroute intérieure des disciples, voire une complète débâcle, mais cette lecture nous montre que ce n'est pas le cas. Mais l'Esprit-Saint est à l'oeuvre dans les coeurs qui l'ont accueilli.

La conclusion que j'en ai tiré pour moi-même, en plus de ma joie d'avoir de nouveau communié, c'est que les temps difficiles que nous vivons - sur le plan économique, ou dans nos rencontres quotidiennes, ou sur le plan de de la santé, etc - ne peuvent désormais nous déstabiliser profondément. En profondeur, par notre dévotion régulière, par les sacrements reçus, par la pratique de la miséricorde envers autrui, nous sommes bel et bien sur le chemin de la vie éternelle.

Mais dans cet Évangile comme dans nos vies, le meilleur est encore à venir: toutes et tous, nous portons en nous le dessein que Dieu a conçu pour nous. Il suffit de notre acquiescement à vivre notre quotidien dans la foi et tout s'accomplira pour nous comme le Père l'a voulu. Me voici déjà au troisième jour de la neuvaine à la miséricorde divine: entre le vendredi saint et cette fête de Pâques, ma marche n'a pas cessé (les horaires des messes et les lieux, oui ! - beaucoup !) mais tout est demeuré dans l'ordre et cet ordre dans l'être ne changera plus.

Réjouissons-nous, soyons dans l'allégresse, car le Seigneur est ressuscité, oui, Il est vraiment ressuscité !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Teano
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Re: Ce jour de Pâques 2013

Message non lu par Teano »

Il est vraiment ressuscité !
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


Messages dans cette couleur (ou à peu près...) : modération du forum
etienne lorant
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Lundi de Pâques : retour en Galilée

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,8-15.

Quand les femmes eurent entendu les paroles de l'ange, vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »

Tandis qu'elles étaient en chemin, quelques-uns des hommes chargés de garder le tombeau allèrent en ville annoncer aux chefs des prêtres tout ce qui s'était passé. Ceux-ci, après s'être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en leur disant : « Voilà ce que vous raconterez : 'Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions. 'Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. » Les soldats prirent l'argent et suivirent la leçon. Et cette explication s'est propagée chez les Juifs jusqu'à ce jour.


Dans cet Evangile, ce qui se détache nettement, c'est la proximité de Jésus ressuscité, qui se manifeste librement après que les saintes femmes aient accueilli les paroles de l'ange. Elles se sont mises en route et voici que le Seigneur leur apparaît personnellement - pas tant pour confirmer ce que leur a dit le messager céleste, mais en signe de sa bienveillance.

J'écris ce petit message depuis l'arrière-boutique, au fond de mon magasin, car je n'ai pas d'autre accès au web aujourd'hui. Mais j'ai ma petite mission, moi aussi, toujours la même. Le web n'est-il pas aussi un "carrefour de routes" comme fut Capharnaüm en Galilée ? C'est en Galilée que Jésus apparaîtra à ses disciples, comme pour indiquer qu'un recommancement (ou un"commencement nouveau") est tout proche: c'est bien en Galilée que Jésus a commencé à évangéliser le peuple, et c'est de Galilée que partiront ses disciples pour évangéliser le monde.

Pendant le même temps que les femmes se mettent en route, la joie au coeur, la désobéissance à Dieu se poursuit à Jérusalem. Les chefs des prêtres et les anciens continuent de faire comme faisaient leurs ancêtres lorsque Dieu leur envoyait des prophètes : ils n'ont rien voulu entendre. Une fois de plus, c'est un mode de relation à Dieu qu'ils tentent de protéger, une religion strictement réduite à des règles et des rites auxquels il est interdit de changer quoi que ce soit. Mais ils ne tarderont pas à découvrir que ce temps est achevé...

Je vois un rayon de soleil percer à travers les portes closes - il fait toujurs froid, mais je me mets en route moi aussi : une belle promenade m'attend !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Mardi de Pâques - le grand pardon

Message non lu par etienne lorant »

Livre des Actes des Apôtres 2,36-41.

Le jour de la Pentecôte, Pierre disait à la foule : " Que tout le peuple d'Israël en ait la certitude : ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ. "
Ceux qui l'entendaient furent remués jusqu'au fond d'eux-mêmes ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? »
Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.
C'est pour vous que Dieu a fait cette promesse, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. »
Pierre trouva encore beaucoup d'autres paroles pour les adjurer, et il les exhortait ainsi : « Détournez-vous de cette génération égarée, et vous serez sauvés. »
Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre se firent baptiser. La communauté s'augmenta ce jour-là d'environ trois mille personnes
.

Psaume 33(32),4-5.18-19.20.22.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu'il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Le Seigneur entend ceux qui l'appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l'esprit abattu.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,11-18.

Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes, et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. »
Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus.
Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. »
Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs.
Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit.
»


Comment, dans les textes de ce jour, peut-on relier l'apparition de Jésus à Marie-Madeleine, de la première lecture qui nous montre la conversion de trois mille juifs à Jérusalem, sous la prédication de Pierre ? Une indication figure dans le Psaume, dans le verset qui dit : "(Le Seigneur est proche... du coeur brisé, il sauve l'esprit abattu"). C'est bien de conversion qu'il s'agit et je suis confirmé dans ce sentiment du fait que j'ai moi aussi vécu cette expérience intime - mais forte comme un feu, puissante comme un incendie !, qui aboutit à la pleine et entière adhésion au Christ.

Si la rencontre de Marie-Madeleine nous est rapportée ici, c'est bien du fait de son grand amour de convertie. Sa présence - et l'attention particulière que Jésus lui manifeste ("Cesse de me tenir !") montre que le peuple juif n'est pas définitivement rejeté, mais est appelé à se convertir lui aussi. Et il n'en montrera qu'un plus grand amour, voilà tout. C'est bien le lien qui peut ici être établi. Il faut relire Luc 7, 36-50 et spécialement: "« Il lui sera beaucoup pardonné parce qu'elle a beaucoup aimé »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Mardi de Pâques - le grand pardon

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Quand l'info suit, c'est extraordinaire !

Jérusalem, 2 avril 2013
Les communautés catholiques hébréophones en Israël, qui constituent le Vicariat Saint Jacques, ont écrit une lettre au Pape le jour de la messe d’installation au Vatican, le 19 mars 2013. En voici le texte :


Votre Sainteté,

La communauté catholique hébréophone d’Israël vous envoie ses salutations les plus chaleureuses, en vous assurant de ses prières ferventes pour vous au moment où vous assumez les lourdes responsabilités afférentes à votre mission.

Nous avons tous été profondément émus par vos paroles et vos actes en ces premiers jours de votre Pontificat. Votre insistance à souligner que l’Eglise doit être pauvre avec les pauvres nous rappelle que nous sommes tous appelés à nous faire de façon radicale disciples de Celui qui n’avait pas de lieu pour reposer sa tête.

Nous avons tous été profondément remués par votre lettre au Rabbin Di Segni, où vous avez affirmé souhaiter continuer la longue route de réconciliation et de dialogue avec e peuple juif, au milieu duquel nous vivons ici en Israël.

Nous sommes sûrs que vous contribuerez de manière importante aux efforts pour apporter la paix à notre pays troublé, à cette région et au monde entier.

( 2 avril 2013) © Innovative Media Inc.

---

Petite recherche sur cette communauté catholique en Israël et découverte d'un père Jésuite hors du commun !

Né en Afrique du Sud dans une famille juive ayant fui l’Allemagne en 1936, David Neuhaus, sj. est envoyé par ses parents en Israël à l’âge de 15 ans. Il y fait rapidement la rencontre du Christ, à travers le visage d’une vieille religieuse russe orthodoxe, dont le témoignage lumineux le marque profondément. « Elle irradiait une joie qui pour moi était inexplicable, se souvient-il. Elle avait 89 ans et était totalement paralysée. Elle n’avait apparemment aucune raison d’être joyeuse ». Il évoque alors avec ses parents son attirance pour le christianisme. « Ils ont été tellement choqués que j’ai promis de ne rien faire pendant 10 ans».

Image

Dix longues années d’attente où le désir se fait jour après jour plus vif. Mais il demeure fidèle à la promesse parentale. C’est peu dire que l’homme pèse ses choix, autant que ses mots. Onze ans après avoir découvert le Christ, il est enfin baptisé, puis répond à un appel plus radical encore en s’engageant dans le sacerdoce, chez les Jésuites. Il apprend aussi l’arabe, pour « connaître de l’intérieur le peuple palestinien ». Le Père Neuhaus est aujourd’hui Vicaire Patriarcal pour la communauté catholique hébréophone d’Israël. Anciennement Œuvre St Jacques, le Vicariat a été officiellement fondé sous l’égide du Patriarcat latin de Jérusalem, en 1955, peu après la création de l’Etat d’Israël. Il a été institué pour répondre à la nouvelle réalité de l’immigration massive des juifs, qui incluait des juifs convertis, les conjoints catholiques des juifs, ou encore des catholiques immigrés venus travailler en Israël.

Aujourd’hui, la mission du Vicariat est triple : administrer les sacrements aux quelque cinq cents fidèles que compte la petite communauté, dispenser une formation catéchétique, et inviter au dialogue interreligieux. Le Prélat insiste sur le rôle spécifique de l’Eglise dans la préparation des peuples à un vivre ensemble, aussi inimaginable qu’il puisse apparaître pour le moment.

« Tout le monde vit dans la pensée illusoire ‘qu’un jour, l’autre disparaîtra’. C’est un fléau pour notre pays. L’Eglise doit développer un imaginaire ‘prophétique’. Nous sommes la communauté qui annonce qu’il n’y a plus de mur ! », affirme le Vicaire Patriarcal dans un français parfait. Et de préciser aussitôt combien est difficile cette mission de l’Eglise de proclamer des vérités qui ne sont pas aimées. « Nous vivons ici une longue Via Dolorosa », précise-t-il, s’exprimant avec douceur et clarté.

Pont de dialogue entre juifs et musulmans, la mission du Père Neuhaus consiste aussi à porter au Peuple juif le véritable enseignement de l’Eglise sur le Judaïsme. Le prêtre a fait l’expérience que la propension à penser que les chrétiens sont des ennemis peut y être réelle. Le remède est urgent. « Nous sommes témoins d’une joie qui n’est pas explicable par la logique de ce monde, lequel a besoin de notre témoignage ».

Le site :
[+] Texte masqué
http://www.chretiensdorient.com/article ... 19056.html
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Mercredi de Pâques: questionnement et foi

Message non lu par etienne lorant »

Livre des Actes des Apôtres 3,1-10.
A l'heure de la prière de l'après-midi, Pierre et Jean montaient au Temple. On y amenait justement un homme qui était infirme depuis sa naissance ; on l'installait chaque jour au Temple, à la « Belle-Porte » pour demander l'aumône à ceux qui entraient. Voyant Pierre et Jean qui allaient pénétrer dans le Temple, il leur demanda l'aumône.
Alors Pierre fixa les yeux sur lui, ainsi que Jean, et il lui dit : « Regarde-nous bien ! » L'homme les observait, s'attendant à recevoir quelque chose.
Pierre lui dit : « Je n'ai pas d'or ni d'argent ; mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. »
Le prenant par la main droite, il le releva, et, à l'instant même, ses pieds et ses chevilles devinrent solides. D'un bond, il fut debout, et il marchait. Il entra avec eux dans le Temple : il marchait, bondissait, et louait Dieu.
Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. On le reconnaissait : c'est bien lui qui se tenait, pour mendier, à la « Belle-Porte » du Temple. Et les gens étaient complètement stupéfaits et désorientés de ce qui lui était arrivé
.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,13-35.
Le troisième jour après la mort de Jésus, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient ensemble de tout ce qui s'était passé.
Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas. Jésus leur dit : « De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ? » Alors, ils s'arrêtèrent, tout tristes. L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : « Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple.
Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié. Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé.
A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, et elles n'ont pas trouvé son corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu. » Il leur dit alors : « Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes !
Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, en partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin. Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? » A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.


Les textes de l'Eucharistie d'aujourd'hui m'ont rappelé ce que dit l'Ecclésiaste: "Il est un temps pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel". C'est ainsi que les disciples d'Emmaüs sont dans le questionnement des faits, l'interrogation sur les évènements, la recherche de la vérité, tandis que les disciples Pierre et Jean ont déjà franchi le pas en s'attachant par la foi à la vie même du Christ ressuscité.

C'est du fait de cette adhésion totale que parvenu au temple, le Seigneur - qui est présent en eux plus encore qu'à leurs yeux, les met en présence de l'infirme de naissance qui mendiait depuis toujours à la "Belle-Porte". Sa guérison miraculeuse va certes entraîner l'adhésion de nombreux pèlerins, mais non pas de tous, car la foi n'est pas dépendante d'un raisonnement, d'une apparition ou d'un miracle. La foi est bel et bien un don de Dieu.

Les disciples d'Emmaüs manifestent à nos yeux ce qui précède le don de la foi. N'est-ce pas la recherche de la vérité ? Jésus l'avait révélé ainsi à Pilate: "Je suis né et venu dans le monde pour témoigner de la vérité - quiconque cherche la vérité entend ma voix". Les lectures de ce jour nous offrent donc, à chacun(e), une bonne occasion de nous poser la question: où en suis-je dans ma démarche de foi ? Je réponds personnellement en priant le Seigneur de me donner, aujourd'hui, une occasion d'accomplir un acte de miséricorde. Le temps de l'introspection et du questionnement est achevé, place à la vie nouvelle dans le Christ.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Mercredi de Pâques: questionnement et foi

Message non lu par gerardh »

________

Bonjour

Commentaire sur le Livre des Actes des Apôtres 3,1-11.

Au ch. 3 nous voyons la puissance du Saint Esprit se manifester non seulement dans les paroles des apôtres, mais aussi dans leurs œuvres.

En demandant l'aumône à Pierre et Jean, le pauvre boiteux assis à la Belle porte du temple était loin de s'attendre au don qu'il allait recevoir: une miraculeuse guérison par la foi au nom de Jésus. «Ce que j'ai, je te le donne» — dit Pierre (v. 6). Quand il s'agit de donner, nous pensons généralement d'abord à de l'argent (v. 6). Plus rarement à l'inépuisable trésor céleste c'est-à-dire la connaissance du Sauveur dont nous avons pourtant le privilège de faire part autour de nous.

Quel changement pour ce pauvre boiteux! Jusque là il était «à la porte». Il entre maintenant dans la présence de Dieu pour le louer (v. 8 ). L'un de nos lecteurs serait-il encore «à la porte»?




Commentaire sur l’Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,13-35.


Deux disciples marchent tristement sur le chemin d'Émmaüs. Ayant perdu leur espérance terrestre d'un Messie pour Israël, ils s'en retournent maintenant à leurs champs et à leurs affaires (Marc 16 v. 12). Mais le mystérieux étranger qui se joint à eux va complètement changer le cours de leurs pensées. Il commence par s'étonner de leur manque d'intelligence et de leur incrédulité (v. 25). Ce sont deux choses qui vont souvent ensemble. Que de fois notre ignorance vient de ce que nous ne croyons pas (Héb. 11 v. 3)! Puis le Seigneur ouvre les écritures à ces deux compagnons de route, et leur y fait découvrir «les choses qui le regardent». Ne l'oublions jamais, la clé de l'Ancien Testament, et spécialement des prophéties, consiste à y chercher Jésus.

Remarquez comment le Seigneur se laisse retenir par ceux qui ont besoin de Lui: Il entre pour rester avec ces deux disciples. Puissions-nous faire aussi cette expérience ! En particulier lorsque nous sommes découragés et que nos circonstances ont tourné autrement que ce que nous espérions, apprenons dans Sa présence à les accepter telles qu'elles sont. «La consolation des écritures» dirigera alors nos pensées vers un Sauveur vivant et fera brûler notre cœur (lire Rom. 15 v. 4).


___________
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Jeudi de Pâques

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Livre des Actes des Apôtres 3,11-26.
« Hommes d'Israël, pourquoi vous étonner ? Pourquoi fixer les yeux sur nous, comme si nous avions fait marcher cet homme par notre puissance ou notre sainteté personnelle ? Le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a donné sa gloire à son serviteur Jésus, alors que vous, vous l'aviez livré ; devant Pilate, qui était d'avis de le relâcher, vous l'aviez rejeté. Lui, le saint et le juste, vous l'avez rejeté, et vous avez demandé qu'on vous accorde la grâce d'un meurtrier. Lui, le Chef des vivants, vous l'avez tué ; mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, nous en sommes témoins. Tout repose sur la foi au nom de Jésus : c'est ce nom qui a donné la force à cet homme, que vous voyez et que vous connaissez ; oui, la foi qui vient de Jésus a rendu à cet homme une parfaite santé en votre présence à tous.
D'ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l'ignorance, vous et vos chefs. Mais Dieu qui, par la bouche de tous les prophètes, avait annoncé que son Messie souffrirait, accomplissait ainsi sa parole. Convertissez-vous donc et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés. Ainsi viendra, de la part du Seigneur, le temps du repos : il enverra Jésus, le Messie choisi d'avance pour vous, et il faut que Jésus demeure au ciel jusqu'à l'époque où tout sera rétabli, comme Dieu l'avait annoncé autrefois par la voix de ses saints prophètes.
Moïse a déclaré : Le Seigneur votre Dieu fera se lever pour vous, au milieu de vos frères, un prophète comme moi : vous écouterez tout ce qu'il vous dira.
Si quelqu'un n'écoute pas les paroles de ce prophète, il sera éliminé du peuple.
Ensuite, tous les prophètes qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs ont annoncé eux aussi les jours où nous sommes.
C'est vous qui êtes les fils des prophètes, les héritiers de l'Alliance que Dieu a conclue avec vos pères, quand il disait à Abraham : En ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre. C'est pour vous d'abord que Dieu a fait se lever son Serviteur, et il l'a envoyé vous bénir, en détournant chacun de vous de ses actions mauvaises.
»

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,35-48.
Les disciples qui rentraient d'Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s'était passé sur la route, et comment ils avaient reconnu le Seigneur quand il avait rompu le pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ?
Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.
Il le prit et le mangea devant eux.
Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins


Cy Aelf, Paris


La parole que Pierre adresse aux juifs confirme bien que, dès les premiers moments de la fondation de l'Eglise, l'oeuvre de la miséricorde entreprise par Dieu au sein du peuple juif ne s'arrêtera pas du fait que ce dernier a crucifié Jésus. Et Pierre de confirmer, tout simplement, que l'Alliance conclue par Dieu avec Abraham se continue mais sera étendue à toutes les nations de la terre. Les juifs ont agi par ignorance envers le Christ, mais il fallait que s'accomplisse ce que les prophètes avaient annoncés au sujet du Messie souffrant. C'est l'apôtre Luc qui a rédigé aussi bien ce texte que celui de l'Evangile et c'est pourquoi l'on trouve le même type de langage dans les deux lectures de ce jour.

Dans l'Evangile aussi, Jésus ressuscité vient combler l'ignorance et aider les disciples à guérir de leur mentalité. D'abord, au sujet de la résurrection, le Christ ressuscité ne peut être assimilé à un "esprit" - une sorte supérieure de fantôme. Lazare est bien sorti de son tombeau sur ses deux pieds, et Jésus leur prouve, en se faisant toucher, puis en mangeant, qu'il est ressuscité de la même manière.

Si ce texte est important pour nous chrétiens, c'est afin que nous ne tombions pas dans le piège d'un faux mysticisme. C'est qu'il en existe, de nos jours, des hommes et des femmes qui disent parler "au nom de Jésus", comme si Jésus avait besoin d'un(e) medium pour communiquer avec les hommes ! J'ai moi aussi été - un temps - contaminé par l'un ou l'autre de ces "prophètes modernes" qui ont TOUJOURS la seule fonction de semer la peur dans les coeurs.

Si je m'attarde sur ce sujet, c'est que nous vivons une époque difficile, mais il nous faut la vivre pleinement, non pas comme si nous étions de ces malheureux ignorants que l'on peut faire tourner en rond en regardant le ciel. D'ailleurs, l'Ecriture nous répond et je me fais une joie, de terminer par quelques citations réconfortantes :

- Et voici pourquoi l’amour se manifeste pleinement parmi nous : c’est pour que nous ayons une entière assurance au jour du jugement, d’autant plus que notre situation dans ce monde est celle que le Christ a connue lui-même. Dans l’amour, il n’y a pas de place pour la crainte, car l’amour véritable chasse toute crainte. En effet, la crainte suppose la perspective d’un châtiment. L’amour de celui qui vit dans la crainte n’est pas encore parvenu à sa pleine maturité. (1 Jean 4.17-18)
- Le souci au fond du coeur déprime un homme, mais une parole d’encouragement lui rend la joie. (Proverbes 12.25)
- Ne dites pas complot pour tout ce que ce peuple nomme complot ; ne craignez pas tout ce qu’il craint, ne le redoutez pas. (Isaïe, 8.12)
- Ne vous mettez en souci pour rien, mais, en toute chose, exposez vos besoins à Dieu. Adressez-lui vos prières et vos requêtes, en lui disant aussi votre reconnaissance. (Philippiens 4.6)

et

-"Je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la fin du monde" (Matthieu 28,20)

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Re: Mercredi de Pâques: questionnement et foi

Message non lu par etienne lorant »

Le pape a commenté l’Evangile de la rencontre des deux disciples, déçus après la crucifixion, et le Christ ressuscité sur la route d’Emmaüs, en présence des employés de la Domus Romana Sacerdotalis, précise Radio Vatican.

Le pape a rappelé que tous les disciples avaient peur, après la mort de Jésus. En chemin, ils évoquaient les événements de ces derniers jours et « se lamentaient ». Le pape a insisté : « Ils ne cessaient de se lamenter, et plus ils se lamentaient, plus ils étaient fermés sur eux-mêmes, sans horizon, avec un mur devant eux ».

Leur espérance étaient déçue, ils ne voyaient que l’effondrement de ce en quoi ils avaient cru : « Et, en quelque sorte, a commenté le pape, ils cuisinaient leur vie dans le jus de leurs lamentations et ils avançaient ainsi, ils avançaient en se lamentant. Si souvent je me dis que quand ils nous arrivent des choses difficiles, lorsque la croix nous visite, nous courons ce danger de nous enfermer dans les lamentations. Et à ce moment-là aussi, le Seigneur est proche de nous, mais nous ne le reconnaissons pas. Il marche avec nous. Mais nous ne le reconnaissons pas ».

« Et si Jésus nous parle, a continué le pape, et que nous entendons de belles choses, à l’intérieur, au fond de nous, nous continuons d’avoir peur : il nous semble plus sûr de nous lamenter! C’est une forme de sécurité : voilà ma vérité, l’échec ! Il n’y a plus d’espérance. »

Mais le pape, continue Radio Vatican, a insisté : « Comme c’est beau de voir la patience de Jésus avec les deux disciples d’Emmaüs ! D’abord, il les écoute, et puis il leur explique lentement, lentement… Et puis, à la fin, il se laisse voir. Comme il l’a fait avec Marie-Madeleine au tombeau ».

Le pape en a tiré cet enseignement pour aujourd’hui: “Jésus fait ainsi avec nous: même dans les moments les plus sombres, Il est toujours avec nous, il marche avec nous. Et à la fin ils nous fait voir sa présence”.

Puis il a fait observer que « les lamentations sont mauvaises », pas seulement quand on se lamente des autres, mais aussi de nous-mêmes, quand tout nous apparaît amer : « Elles sont mauvaises parce qu’elles nous enlèvent l’espérance. N’entrons pas dans ce jeu de vivre en nous lamentant, mais si quelque chose ne va pas, réfugions-nous dans le Seigneur, et mettons en lui notre confiance ».
[+] Texte masqué
http://www.zenit.org/fr/articles/ce-n-e ... er-le-pape
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
gerardh
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Re: Jeudi de Pâques

Message non lu par gerardh »

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Bonjour,

Quelques propos sur Luc 24, 35-48 :

Le Seigneur aurait pu monter au ciel au moment de sa résurrection. Mais Il désirait encore rencontrer ses chers disciples (Jean 16 v. 22); Il voulait leur donner la preuve que non seulement Il était vivant, mais qu'Il restait un homme pour toujours, le même Jésus qu'ils avaient connu, suivi et servi ici-bas. Chers enfants de Dieu, Celui que nous verrons au ciel n'est pas seulement «un esprit», ni non plus un étranger pour nos cœurs. C'est le Jésus des Évangiles, le Fils de l'homme, que Luc nous a présenté, le tendre Sauveur que nous aurons appris sur la terre à connaître et à aimer.

«Il faut», «il fallait», «ne fallait-il pas?» (v. 7, 26, 44, 46). Tout le conseil de Dieu devait s'accomplir dans les souffrances de Christ, mais aussi dans ses gloires.




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Aldous
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Re: Jeudi de Pâques

Message non lu par Aldous »

etienne lorant a écrit :Dans l'Evangile aussi, Jésus ressuscité vient combler l'ignorance et aider les disciples à guérir de leur mentalité. D'abord, au sujet de la résurrection, le Christ ressuscité ne peut être assimilé à un "esprit" - une sorte supérieure de fantôme. Lazare est bien sorti de son tombeau sur ses deux pieds, et Jésus leur prouve, en se faisant toucher, puis en mangeant, qu'il est ressuscité de la même manière.
Bonjour,
Est-ce qu'on peut vraiment dire de la même manière? Car Lazarre une fois ressucité reste encore un homme voué à la mort (il mourra tôt ou tard). La Résurrection du Christ n'est pas du même ordre, sa Résurrection est définitive.
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