La France toujours plus déchristianisée
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jean_droit
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Re: La France toujours plus déchristianisée
La France, et aussi, l'Europe, se déchristianisent à tout va.
Je peux prendre comme exemple statistique ma paroisse :
Population : 6.800 personnes
Assistance moyenne aux messes dominicales : 120 l'hiver et 150 l'été.
Soit, respectivement : 1,8 et 2,2 %
C'est à dire que 98 % de la population ne va pas régulièrement à la messe.
Pour les Rameaux .... à mon avis 300 personnes au moins soit presque 5 %
C'est à dire que 95 % ne sont pas allés à la messe des Rameaux.
Pour la semaine Sainte :
Jeudi Saint : messe 40 personnes et Adoration de 12 à 4 personnes à la fin.
Vendredi Saint : 30 personnes
Samedi Saint et dimanche de Pâques : 160 personnes
Soit 2,5 %
C'est à dire que 97,5 % de la population n'est pas allé fêter Pâques .... Sauf au restaurant.
Et, pourtant, notre curé fait de son mieux et nous préparé un très bon et varié programme de Carême.
Je peux prendre comme exemple statistique ma paroisse :
Population : 6.800 personnes
Assistance moyenne aux messes dominicales : 120 l'hiver et 150 l'été.
Soit, respectivement : 1,8 et 2,2 %
C'est à dire que 98 % de la population ne va pas régulièrement à la messe.
Pour les Rameaux .... à mon avis 300 personnes au moins soit presque 5 %
C'est à dire que 95 % ne sont pas allés à la messe des Rameaux.
Pour la semaine Sainte :
Jeudi Saint : messe 40 personnes et Adoration de 12 à 4 personnes à la fin.
Vendredi Saint : 30 personnes
Samedi Saint et dimanche de Pâques : 160 personnes
Soit 2,5 %
C'est à dire que 97,5 % de la population n'est pas allé fêter Pâques .... Sauf au restaurant.
Et, pourtant, notre curé fait de son mieux et nous préparé un très bon et varié programme de Carême.
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jean_droit
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Re: La France toujours plus déchristianisée
Je ne cesse de dire que nous sommes en bonne partie responsables de la déchritianisation de la France. Nous c'est à dire nos évêques, nos curés, les fidèles engagés .... et chacun de nous.
Je suis persuadé que si chacun de nous faisions des efforts d'évangélisation auprès des baptisés et des non baptisés l'Eglise de France se porterait bien mieux.
Dans l'entrée "Le pape François et l'Evangélisation" j'ai cité un article du Figaro montrant les freins qui existent en France pour l'Evangélisation et encore la liste est très loin d'être exhaustive.
Peut être que notre Pape arrivera à faire vraiment se remuer les catholiques de France. J'en doute, malheureusement, un peu sauf s'il trouve des relais efficaces.
Un second facteur positif est apparu ces temps derniers. Les manifestations contre le mariage homosexuel ont montré que les catholiques pouvaient se mobiliser. Certains, dont moi, y ont vu un réveil de l'Eglise de France. Puisse ce réveil être effectif !
Je suis persuadé que si chacun de nous faisions des efforts d'évangélisation auprès des baptisés et des non baptisés l'Eglise de France se porterait bien mieux.
Dans l'entrée "Le pape François et l'Evangélisation" j'ai cité un article du Figaro montrant les freins qui existent en France pour l'Evangélisation et encore la liste est très loin d'être exhaustive.
Peut être que notre Pape arrivera à faire vraiment se remuer les catholiques de France. J'en doute, malheureusement, un peu sauf s'il trouve des relais efficaces.
Un second facteur positif est apparu ces temps derniers. Les manifestations contre le mariage homosexuel ont montré que les catholiques pouvaient se mobiliser. Certains, dont moi, y ont vu un réveil de l'Eglise de France. Puisse ce réveil être effectif !
Re: La France toujours plus déchristianisée
Je pense que le monde d'aujourd'hui est plus libre. C'est pourquoi il y a moins de gens qui se disent chretien.
Mais je pense que si on grattait la surface de ce qui se passait hier, mais si il y avait plus de 90% de chretien.
Combien se comportait comme de vrai chretien ? connaisait-il vraiment la bible ou était-il juste baptisé comme un simple rituel de passage.
Les idées de la bible sont encore relativement présente dans la société auprès de chretien et même de non chretien.
Après il y a beaucoup de gens qui ne vont plus à la messe mais qui la regarde à la télé le dimanche.
Ma grand mère est dans ce cas, comme elle peut plus tellement sortir de chez elle vu son age.
Mais je pense que si on grattait la surface de ce qui se passait hier, mais si il y avait plus de 90% de chretien.
Combien se comportait comme de vrai chretien ? connaisait-il vraiment la bible ou était-il juste baptisé comme un simple rituel de passage.
Les idées de la bible sont encore relativement présente dans la société auprès de chretien et même de non chretien.
Après il y a beaucoup de gens qui ne vont plus à la messe mais qui la regarde à la télé le dimanche.
Ma grand mère est dans ce cas, comme elle peut plus tellement sortir de chez elle vu son age.
Re: La France toujours plus déchristianisée
La France a commencé à se déchristianiser dès le 18è siècle. Et d'un autre coté, c'est le pays d'Europe qui a mis en place les systèmes sociaux les plus protecteurs, sans être gêné par les nombreux abus !seba15 a écrit :Je pense que le monde d'aujourd'hui est plus libre. C'est pourquoi il y a moins de gens qui se disent chretien.
Mais je pense que si on grattait la surface de ce qui se passait hier, mais si il y avait plus de 90% de chretien.
Combien se comportait comme de vrai chretien ? connaisait-il vraiment la bible ou était-il juste baptisé comme un simple rituel de passage.
Les idées de la Bible sont encore relativement présente dans la société auprès de chretien et même de non chretien.
Après il y a beaucoup de gens qui ne vont plus à la messe mais qui la regarde à la télé le dimanche.
C'est paradoxal, la France a perdu le sens de la Transcendance, mais c'est le pays (avec la Scandinavie) où la vie économique, associative est la plus proche de la doctrine sociale de l’Église. Les églises sont moins remplies, mais le secours catholique et les restos du cœur font le plein, le Téléthon est unique au monde. L'Abbé Pierre et Soeur Emmanuelle ont longtemps été parmi les personnes préférées des français, loin devant les politiques, et les cardinaux....
L'esprit français est le plus cartésien du monde, le doute est partout. Le moral de la population est au plus bas, mais la natalité au plus haut !
Après les persécutions révolutionnaires, la France a fourni au 19ème siècle 70% des missionnaires du monde, et aujourd'hui, elle importe des prêtres de ces terres de mission (la divine Providence avait du le prévoir....).
Ce peuple est incohérent depuis toujours, donc ne désespérons pas.
Se croire soi-même imparfait et trouver les autres parfaits, voilà le bonheur. (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)
Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)
Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)
Re: La France toujours plus déchristianisée
Vous oubliez une petite chose à l'actif de la France.
C'est d'elle qu'a démaré les catholiques de tradition.
C'est actuellement, si nous les regroupons tous ensemble ceux qui ont la plus forte progression.
La France joue un rôle important dans l'Eglise, d'une façon ou d'une autre.
j r
C'est d'elle qu'a démaré les catholiques de tradition.
C'est actuellement, si nous les regroupons tous ensemble ceux qui ont la plus forte progression.
La France joue un rôle important dans l'Eglise, d'une façon ou d'une autre.
j r
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jean_droit
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Photographies de la destruction de l'église à Abbeville
Quelle tristesse !
Seigneur pardonnez nous !
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=715487
Seigneur pardonnez nous !
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=715487
Re: Photographies de la destruction de l'église à Abbeville
Pourquoi ils ont détruits cette église ?
Ça fait parti du patrimoine du pays normalement, et ça devrait être classé.
Ça fait parti du patrimoine du pays normalement, et ça devrait être classé.
Re: Photographies de la destruction de l'église à Abbeville
http://www.youtube.com/watch?v=U13roeFFRtM
Ô bâtisseur de cathédrales,
D'il y a tellement d'années
Tu créais avec des étoiles
Des vitraux hallucinés.
Flammes vives
Tes ogives
S'envolaient au ciel léger
Et j'écoute
Sous tes voûtes
L'écho de pas inchangé.
Mais toujours à tes côtés,
Un gars à la tête un peu folle
N'arrêtait pas de chanter
En jouant sur sa mandole.
(Refrain)
Sans le chant des troubadours
N'aurions point de cathédrales,
Dans leurs cryptes, sur leurs dalles
Où l'entend sonner toujours.
Combien de fous, combien de sages
Ont donné leur sang, leur coeur
Pour élever par devers les nuages
Une maison de splendeur
Dans la pierre
Leurs prières
Comme autant de mains levées
Ont fait chapelle
Plus belle
Que l'on ait jamais rêvée
Le jongleur à deux genoux
A bercé de sa complainte
Les gisants à l'air très doux
Une épée dans leurs mains jointes.
(au Refrain)
Toi qui jonglais avec les étoiles
Ô bâtisseur de beauté
Ô bâtisseur de cathédrales
Oh puisions-nous t'imiter !
Mille roses
Sont écloses
Au coeur des plus beaux vitraux
Mille encore
Vont éclore
Si nous ne tardons pas trop
Et si nous avions perdu
Nos jongleurs et nos poètes
D'autres nous seraient rendus
Rien qu'en élevant la tête
(au Refrain)
Paroles et Musique: Anne Sylvestre 1960 © Warner Chapell
Ô bâtisseur de cathédrales,
D'il y a tellement d'années
Tu créais avec des étoiles
Des vitraux hallucinés.
Flammes vives
Tes ogives
S'envolaient au ciel léger
Et j'écoute
Sous tes voûtes
L'écho de pas inchangé.
Mais toujours à tes côtés,
Un gars à la tête un peu folle
N'arrêtait pas de chanter
En jouant sur sa mandole.
(Refrain)
Sans le chant des troubadours
N'aurions point de cathédrales,
Dans leurs cryptes, sur leurs dalles
Où l'entend sonner toujours.
Combien de fous, combien de sages
Ont donné leur sang, leur coeur
Pour élever par devers les nuages
Une maison de splendeur
Dans la pierre
Leurs prières
Comme autant de mains levées
Ont fait chapelle
Plus belle
Que l'on ait jamais rêvée
Le jongleur à deux genoux
A bercé de sa complainte
Les gisants à l'air très doux
Une épée dans leurs mains jointes.
(au Refrain)
Toi qui jonglais avec les étoiles
Ô bâtisseur de beauté
Ô bâtisseur de cathédrales
Oh puisions-nous t'imiter !
Mille roses
Sont écloses
Au coeur des plus beaux vitraux
Mille encore
Vont éclore
Si nous ne tardons pas trop
Et si nous avions perdu
Nos jongleurs et nos poètes
D'autres nous seraient rendus
Rien qu'en élevant la tête
(au Refrain)
Paroles et Musique: Anne Sylvestre 1960 © Warner Chapell
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- Censor

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- Inscription : lun. 25 juil. 2011, 14:33
- Localisation : Archidioecesis Lugdunensis
Re: Photographies de la destruction de l'église à Abbeville
Triste histoire, c'est vrai, mais je trouve qu'on fait parfois un peu trop dans le sentimental. Avez-vous vu des images de l'intérieur de cette église il y a déjà deux ans ? Un champ de ruines jonché de blocs de pierres tombés qui s'étaient effrités. Un lieu de culte qui n'en avait plus que le nom, puisque depuis douze ans aucun culte n'y était célébré.
Que des gens s'émeuvent de la forme, c'est bien compréhensible, mais sur le fond, pour moi sa démolition ne faisait aucun doute et il n'y avait pas d'autre solution possible. Si ça ne s'était pas fait, elle serait tombée d'elle-même, et peut-être sur d'autres bâtiments alentour. De tous temps, même dans la glorieuse période de la chrétienté en France, quand une église était à ce point en mauvais état qu'elle tombait en ruine, on la désacralisait puis on la démolissait. La seule différence avec aujourd'hui, c'est qu'à l'époque on en construisait ensuite une nouvelle à la place. Moi c'est davantage ce fait que je regrette dans cette affaire : qu'au lieu de construire une église neuve, quitte à être plus petite, mais au moins qui continue la présence catholique à cet endroit, on laisse les souvenirs dans un musée. Comme si la foi elle même devait y trouver sa place dans une vitrine. Pourtant, je ne doute pas que des chrétiens, des pierres vivantes continuent à vivre dans ce quartier. C'est dommage qu'on ne pense pas à leur apporter un lieu où faire Église.
Une autre chose qui me révolte profondément, c'est la façon qu'ont eu les autorités civiles d'exclure l’Église du débat et des décisions. Non seulement elle n'a pas eu son mot à dire, mais elle n'a même pas été tenue au courant ! On a commencé à détruire certaines parties alors que l'évêque n'était pas informé. Là il y a un véritable scandale.
A ma connaissance, d'après les informations que je connais, aucune demande de désacralisation n'a jamais été adressée à l'évêché tandis que la démolition se poursuivait, et de fait, l'église n'a pas été désacralisée. C'est grave, parce que ça signifie que cette destruction est du point de vue canonique une profanation.
Je trouve aussi révoltant qu'on n'ait pensé à sauver que ce qui avait une valeur artistique ou historique, et pas ce qui avait le plus de valeur aux yeux des croyants : les autels et les tabernacles. Ils ont été détruits avec le reste alors qu'on a sauvé des gargouilles pour les mettre dans un musée...
Quant à la sépulture d'un abbé qui s'y trouvait, je n'ai pas entendu le fin mot de l'histoire, et je ne sais même pas si on a transféré sa dépouille comme le souhaitait sa famille, ou si ses os voisinent maintenant dans une benne avec des bris de vitraux et des gravats...
Que des gens s'émeuvent de la forme, c'est bien compréhensible, mais sur le fond, pour moi sa démolition ne faisait aucun doute et il n'y avait pas d'autre solution possible. Si ça ne s'était pas fait, elle serait tombée d'elle-même, et peut-être sur d'autres bâtiments alentour. De tous temps, même dans la glorieuse période de la chrétienté en France, quand une église était à ce point en mauvais état qu'elle tombait en ruine, on la désacralisait puis on la démolissait. La seule différence avec aujourd'hui, c'est qu'à l'époque on en construisait ensuite une nouvelle à la place. Moi c'est davantage ce fait que je regrette dans cette affaire : qu'au lieu de construire une église neuve, quitte à être plus petite, mais au moins qui continue la présence catholique à cet endroit, on laisse les souvenirs dans un musée. Comme si la foi elle même devait y trouver sa place dans une vitrine. Pourtant, je ne doute pas que des chrétiens, des pierres vivantes continuent à vivre dans ce quartier. C'est dommage qu'on ne pense pas à leur apporter un lieu où faire Église.
Une autre chose qui me révolte profondément, c'est la façon qu'ont eu les autorités civiles d'exclure l’Église du débat et des décisions. Non seulement elle n'a pas eu son mot à dire, mais elle n'a même pas été tenue au courant ! On a commencé à détruire certaines parties alors que l'évêque n'était pas informé. Là il y a un véritable scandale.
A ma connaissance, d'après les informations que je connais, aucune demande de désacralisation n'a jamais été adressée à l'évêché tandis que la démolition se poursuivait, et de fait, l'église n'a pas été désacralisée. C'est grave, parce que ça signifie que cette destruction est du point de vue canonique une profanation.
Je trouve aussi révoltant qu'on n'ait pensé à sauver que ce qui avait une valeur artistique ou historique, et pas ce qui avait le plus de valeur aux yeux des croyants : les autels et les tabernacles. Ils ont été détruits avec le reste alors qu'on a sauvé des gargouilles pour les mettre dans un musée...
Quant à la sépulture d'un abbé qui s'y trouvait, je n'ai pas entendu le fin mot de l'histoire, et je ne sais même pas si on a transféré sa dépouille comme le souhaitait sa famille, ou si ses os voisinent maintenant dans une benne avec des bris de vitraux et des gravats...
"Respondit Thomas et dixit ei : Dominus meus et Deus meus !", Jn 20, 28
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Invité
- Barbarus

Re: Photographies de la destruction de l'église à Abbeville
Un peu d'histoire concernant cette magnifique église faisant partie du patrimoine français. Source Wikipédia.
Bien que les recherches de Jacques Boucher de Perthes aient mis en évidence une occupation du site d'Abbeville (quartier du Menchecourt-les-Abbeville) d'époque Acheuléenne, il faut s'imaginer l'endroit à l'époque romaine comme une succession de marécages, semblables aux marais de Saint-Gilles qui subsistent aujourd'hui. Plus au nord, tout le plateau entre l'Authie et la Somme était couvert d'une forêt primaire. Les Romains avaient dû entamer ce massif forestier pour le passage de la grande voie d'Amiens au village de Ponches d'une part, et d'autre part à l'Ouest par la chaussée reliant le Beauvaisis à Boulogne-sur-Mer.
Le couple Abbeville / Saint-Valery-sur-Somme constitue la clef de l'énigme historique du débarquement de Maxime et de ses troupes britto-romaines au printemps 383 (St-Valery = Leuconos > Pors Liogan; Abbeville = Talence > Tolente). La route en direction de Paris passe tout près du Vieux-Rouen-sur-Bresle, où a été identifié le personnage Himbaldus (Château-Hubault)3.
La Vierge et l'Enfant dite Vierge d'Abbeville, conservée au musée du Louvre, proviendrait du couvent des Ursulines d'Abbeville
Au viie siècle, les bénédictins de Saint-Valery, Saint-Josse, Saint-Saulve de Montreuil, de Forest-Montiers, de Balance et de Valloires défrichèrent les bois qui avoisinaient leurs monastères. Le roi des Francs Dagobert Ier attribua alors à Riquier une partie de la forêt de Crécy, dont l'ermitage devint l'abbaye de Saint-Riquier : c'est l'acte de naissance du domaine abbatial d'Abbeville. Le nom, Abbeville, vient d'ailleurs du latin et signifie « ville (ou plus exactement) domaine des abbés » (de Saint-Riquier).
La première mention que l'histoire fasse d'Abbeville, dans la chronique d'Hariulphe4, date de 831. C'était alors une petite île de la Somme, habitée par des pêcheurs qui s'y réfugiaient avec leurs barques et s'y étaient fortifiés contre les invasions barbares venues du Nord. L'abbé Angilbert y aurait fait bâtir un château pour défendre cette île qui dépendait de l'abbaye de Saint-Riquier.
En 992, Hugues Capet fait fortifier la ville et la donne à sa fille, Gisèle, lors de son mariage avec Hugues Ier comte de Ponthieu qui résidait alors à Montreuil.
Dès le xiie siècle, l'abbé ouvrit aux lépreux un hospice, la maladrerie des Frères du Val, déplacée à Grand-Laviers au siècle suivant, devant l'extension urbaine. Désormais accessible aux bateaux, Abbeville devint un port de la Manche5 sous la dépendance des abbés de Saint-Riquier. Par la suite, l'ensablement de la baie de Somme a repoussé la mer (12 km), mais la ville continua d'être un port de commerce. Abbeville devint alors la capitale du Ponthieu et s'étendit rapidement sur les deux rives de la Somme, à droite sur la pente des coteaux et à gauche dans les marais.
En 1095, Gui Ier comte de Ponthieu fonde l'abbaye Saint-Pierre d'Abbeville et le 24 mai 1098, il y adoube chevalier Louis le Gros.
À l'occasion de la première croisade, Abbeville fut le point de rencontre des nombreuses troupes venues des provinces du Nord. Godefroy de Bouillon les passa en revue sur l'emplacement actuel de l'église du Saint-Sépulcre.
Avec le développement rapide du commerce du sel (depuis Rue), de la guède (waide en picard) et de l'industrie du drap de laine, les bourgeois augmentent en nombre et en importance politique : ils demandent une charte accordée dans le courant du xiie siècle et qui fut confirmée en 1184 par le comte Jean Ier de Ponthieu qui mourut en Palestine. Pour commémorer l'événement, ils édifient un beffroi en 1126. Un siècle plus tard, Jeanne de Dammartin, comtesse de Ponthieu (1220-1278), permet aux religieux de convertir une partie supplémentaire des forêts en terres labourables, permettant le développement de l'économie locale.
En 1214, la milice d'Abbeville prend part à la bataille de Bouvines.
Au milieu du xiiie siècle, Abbeville était « une des bonnes villes des rois de France ». Son port était un des premiers du royaume et son commerce considérable.
En 1259, les États généraux du royaume se tinrent à Abbeville et Henri III d'Angleterre s'y rencontra avec Louis IX de France pour y signer le traité de Paris qui réglait la question des conquêtes de Philippe Auguste.
En 1272, le Ponthieu avec Abbeville, passe par mariage aux rois d'Angleterre, mais Philippe le Long reprend la ville, prétextant qu'Edouard II d'Angleterre n'avait pas rempli son devoir de vassal. Edouard II s'étant conformé à la loi féodale, Abbeville retombe sous domination anglaise. Toutefois de nombreuses contestations s'élèvent entre les bourgeois et leurs nouveaux maîtres.
Touchée de près par l'expédition anglaise de 1346, Abbeville résiste aux armées anglaises, et sert de base arrière lors de la bataille de Crécy et en particulier lors du siège de Calais.
Bas relief du beffroi d'Abbeville commémorant l’héroïsme de Ringois
En 1360, elle est cédée, avec le Comté de Ponthieu dont elle est la capitale, à la couronne d'Angleterre par le traité de Brétigny. Cette même année, Jean le Bon revenant de captivité y séjourne. En 1361, Abbeville, redevenue anglaise, accueille mal ses nouveaux maîtres. Ringois, bourgeois de la ville, refusant de prêter le serment d'obéissance à Édouard III d'Angleterre, fut emmené sur le sol anglais et précipité du haut de la tour du château de Douvres dans la mer6. Durant cette période, une révolte de Jacques fut défaite par la milice abbevilloise aux abords de Saint-Riquier. Les soldats de Charles V s'emparèrent par surprise de la ville, mais les Anglais la reprirent peu après et elle resta en leur possession jusqu'en 1385.
Pendant toute la guerre de Cent Ans, la ville eut pour maitres tantôt les Anglais, tantôt les Français causant aux habitants de la ville des souffrances considérables. Ils furent éprouvés par les impôts excessifs et de terribles épidémies. Au cours de ces décennies, la région est dévastée par les pillages, les épidémies et les loups. La ville fait ainsi appel au roi de France par deux fois, en 1406 puis en 1415.
Comme les autres villes picardes, elle passe ensuite sous domination bourguignonne en 1421.
En 1430, Henri VI d'Angleterre est reçu à Abbeville.
En 1435, la ville est cédée à Philippe le Bon par le traité d'Arras
Louis XI rachète Abbeville au duc de Bourgogne en 1463 et visite la ville le 27 septembre de la même année. En décembre, par ses lettres patentes, il confirme les privilèges de la ville, attachées par ses prédécesseurs7.
En 1465, Charles le Téméraire revient sur cette cession en prenant la tête de la Ligue du Bien public.
Louis XI échoue devant Abbeville en 1471, mais recouvre toute la Picardie à la mort du duc de Bourgogne en 1477.
En 1480, puis 1483, une épidémie de peste ravage Abbeville.
En 1493, Charles VIII visite la ville.
Le 3 octobre 1514, Louis XII épouse à Abbeville Marie, fille d'Henri VII d'Angleterre.
Le 23 juin 1517, François Ier vint à Abbeville avec la reine et y rencontra le cardinal Wolsey, représentant le roi d'Angleterre dans le but de former une ligue contre Charles Quint.
En 1523, les Anglais se rangent finalement aux côtés de Charles Quint dans les guerres de François Ier et la ville eut beaucoup à souffrir des fréquentes réquisitions. Cette même année, une épidémie de peste ravage Abbeville.
En 1531, François Ier effectue une nouvelle visite dans la ville.
Le coup le plus sérieux porté à Abbeville est la série de raids anglais menés par le duc de Suffolk sur les côtes de l'estuaire en 1544, après la chute de Boulogne-sur-Mer et Montreuil.
Le roi Henri II y est reçu en 1550.
Durant les Guerres de religion, le gouverneur qui était protestant fut massacré avec sa famille par le peuple.
En 1568 François Cocqueville, un chef de guerre protestant, pénètre dans le Ponthieu avec 3 000 soldats. Il pille et saccage l'abbaye de Dommartin, les villes, les églises et châteaux la région d'Authie et de Saint-Valery-sur-Somme. Pourchassé par le Maréchal de Brissac, Cocqueville est capturé avec plusieurs des siens et sont décapités sur la place du marché d'Abbeville.
La Saint-Barthélemy n'y fit aucune victime grâce à la modération de Léonor d'Orléans duc de Longueville gouverneur de la Picardie. Toutefois, la ville qui avait embrassé le parti de la Ligue souffrit beaucoup des Guerres de religion et elle ne fut soulagée que lorsqu'elle eut reconnu, en avril 1594, Henri IV, malgré le clergé qui persistait dans sa résistance.
Le 18 décembre 1594, le roi de France Henri IV visite Abbeville.
En 1582, une nouvelle épidémie de peste sévit à Abbeville.
Au début du xviie siècle une épidémie de peste exerça des ravages. Plus de 8 000 personnes personnes périrent, dépeuplant ainsi Abbeville.
Le 21 décembre 1620, le roi Louis XIII visite la ville. Sa sœur Henriette y vint plusieurs fois.
En 1635 et 1636 la ville souffrit de la guerre contre l'Empire et l'Espagne. Ceux-ci détruisirent de nombreux villages situés aux environs. Richelieu séjourna dans la ville en octobre.
Une épidémie de peste sévit de nouveau durant les années 1635, 1636 et 1637.
En 1656, 6 000 soldats, qui avaient participé à révolution d'Angleterre débarquent en France et prennent leurs quartiers à Abbeville qu'ils quitteront pour aller renforcer l'armée de Turenne en route pour Valenciennes. Peu de temps après, Balthazard Fargues8 vendit la place à Don Juan d'Autriche et après avoir touché le prix, il refusa de la lui livrer, leva des troupes pour son compte et se répandit dans le Ponthieu pour rançonner les habitants. Finalement arrêté il fut jugé et pendu sur la place Saint-Pierre le 17 mars 1665.
En 1657, Louis XIV vint deux fois à Abbeville avec sa mère.
Vers le milieu du xvie siècle, le commerce de la waide recule devant la promotion du pastel des pays du midi, et il faut restructurer l'artisanat. Colbert s'y emploie, et sous Louis XIV, la ville se développe grâce à l'installation des Van Robais, fabricants de draps et de tapisseries venus des Pays-Bas, qui créent en 1665 la Manufacture royale des Rames (ateliers de draperie).
En 1685, à la révocation de l'édit de Nantes, le temple des protestants est détruit et les ouvriers de Van Robais, persécutés, émigrent; la population décroit alors fortement.
En 1693, le Ponthieu devient le refuge d'un nombre considérable de bretons et de normands qui avaient quitté leur pays à cause de la famine, mais ils périrent presque tous de misère.
À la fin du règne de Louis XIV le pays était couvert de troupes. La ville encombrée de malades et de blessés. En 1708, après la prise de Lille, les troupes du duc de Marlborough et d'Eugène de Savoye s'avancèrent fréquemment aux portes d'Abbeville, rançonnant les fermes et les villages. L'hiver 1709 est terrible; le peuple périt de froid, de faim et de misère. À cette époque l'industrie est complètement tombée et l'état doit secourir les fabricants de draps.
En 1717, Pierre le Grand passe à Abbeville.
En juillet 1766, le Chevalier de La Barre, accusé d'avoir, un an plus tôt, manqué au respect dû à une procession religieuse en refusant d'ôter son chapeau et d'avoir chanté des chansons impies, fut exécuté sur la place du Grand-Marché pour blasphème. Soumis à la question, ses jambes furent broyées. La main droite et la langue tranchée, son corps décapité fut finalement livré aux flammes, avec le Dictionnaire philosophique de Voltaire, sur ce même lieu. En 1907, un monument a été érigé par souscription volontaire près de la gare, sur les berges du canal de la Somme, en commémoration du martyre du jeune homme. On peut y voir une plaque de bronze représentant le supplice du chevalier de La Barre. Ce monument est encore aujourd'hui un lieu de rassemblement pour les laïques et les libres-penseurs. Aujourd'hui, un pavé, gravé de son nom et de la date de son exécution, est toujours visible sur la place de l'exécution, nommée maintenant place Max-Lejeune, près de l'hôtel de ville. Le martyre du chevalier de la Barre servit à Voltaire de bannière dans son combat contre le fanatisme religieux9.
Le 2 novembre 1773, la poudrière explosa tuant 150 personnes et endommageant près de 1 000 maisons.
Sur le plan administratif, l’Abbevillois formait une subdélégation dont les ressorts se confondaient avec ceux de la délégation du même nom (située dans la généralité d’Amiens). À la veille de la Révolution, Abbeville fut le chef-lieu d’un bailliage électoral principal (sans bailliage secondaire).
Il n'y eu pas d'excès notable durant les périodes de la Révolution et de la Terreur. En 1793, on brûla sur la place Saint-Pierre des meubles d'églises, des images et des titres féodaux. L'Église Saint-Vulfran devint le temple de la Raison et le 8 juin 1794 on y célébra une fête en l'honneur de l'Être suprême. Abbeville souffrit de la disette en 1794 et 1795. Le 5 janvier 1795, l'hôtel de la Grutuze construit sous Charles VII, où siégeaient les administrateurs du district, est détruit par un incendie.
En 1797, création de la Société d'émulation d'Abbeville, une des plus anciennes sociétés savantes de France.
En 1798 et 1799 l'hiver est rigoureux et une partie de la ville10 est inondée.
Le 18 brumaire An 10, il y eu un terrible ouragan qui causa pour plus de 1 300 000 Francs de dégâts dans l'arrondissement
Le 29 prairial An 11 Bonaparte passe pour la 1re fois dans la ville. Pendant les préparatifs de l'expédition qu'il projetait contre l'Angleterre, le Premier Consul passa souvent à Abbeville en allant au camp de Boulogne.
En 1813, dans le cadre de la réorganisation de la cavalerie qui avait été décimée en Russie, l'arrondissement offrit au gouvernement 43 hommes montés et équipés.
Début 1814 l'invasion devenant chaque jour plus imminente, la garde nationale urbaine fut réorganisée dans l'ensemble de l'Empire. 30 pièces d'artillerie furent placés sur les remparts, et pour compléter le système de défense de la place on abattis les arbres des environs pour confectionner 30 000 palissades et 14 000 blindages. Le 20 février, on apprend qu'une colonne de cavalerie formant l'avant garde du 3e corps de l'armée prussienne, commandée par le baron de Geismar arrive à Doullens, devant se diriger sur Abbeville. Aussitôt, les Abbevillois courent aux armes. 800 fusils sont mis à disposition et une vigoureuse résistance commence à se mettre en place lorsque la population apprend que cette soi-disant avant-garde de l'armée prussienne comptait au plus dans ses rangs 1 500 à 2 000 hommes, tant Cosaques que lanciers Saxons, qui se dirigèrent finalement en direction de Paris.
Début avril, après la Bataille de Paris et l'abdication de Napoléon, 2 000 lanciers et cuirassiers prussiens commandés par le général Roeder (de) arrivèrent de Paris et dans les campagnes voisines et y commirent toutes sortes d'excès durant leur séjour.
Le 27 avril 1814, Louis XVIII entre dans la ville et y est reçu avec de grandes démonstrations de joie. Il logea à l'abbaye de Saint-Pierre.
Durant la première Restauration, de nombreux personnages de marques et environ 10 000 hommes de troupes anglaises passèrent par Abbeville, pour retourner dans leur pays. Le duc de Berry, accompagné des 10e régiment de cuirassiers et du 108e régiment d'infanterie de ligne, y séjourna.
Le 21 mars 1815, le roi Louis XVIII, sur le chemin de l'exil, passe la nuit dans ville.
En 1815, après la bataille de Waterloo, la ville fut de nouveau mise en défense. Toutefois suite à de nombreuses désertions la garnison se trouva réduite à 400 hommes.
Victor Hugo fut trois fois de passage à Abbeville, en touriste :
en 1835, il y séjourna successivement à partir du 26 juillet (après être descendu à "L'Écu de Brabant"), puis les 4 et 5 août (en étant hébergé à "L'Hôtel d'Angleterre")
en août et septembre 1837, arrivé d'Amiens après avoir descendu la Somme en bateau à vapeur
en 1849, quittant la ville sous la pluie le 11 septembre.
1849 : Comme dans toutes les communes de France, la population masculine majeure put, pour la première fois, aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel.
La Gare (carte postale de 1905)
La Première Guerre mondiale et les conférences d'Abbeville[modifier]
Lors de la Première Guerre mondiale, la ville ne sera jamais occupée par les troupes allemandes (comme l'atteste le monument édifié sur le mont de Caubert). Lors des batailles de la Somme, elle accueillera un hôpital militaire (le 3rd Australian General Hospital). L'écrivain André Maurois, dans Les Silences du colonel Bramble décrit plaisamment l'esprit commerçant intact des habitants dans les derniers mois de la guerre. Comme Amiens et Beauvais, la commune est partiellement détruite et les séquelles de guerre sont nombreuses aux environs, notamment en raison des munitions non explosées qui perturbent encore l'agriculture, les chantiers ou l'industrie de la betterave sucrière. En 1918, elle fut le siège de deux conférences franco-britanniques (conférences d'Abbeville) : celle du 25 mars, entre le maréchal Haig et les généraux Wilson et Foch, prépara la conférence de Doullens. Au cours de la seconde le 2 mai, Foch réclama l'autorité sur le front italien mais n'obtint qu'un pouvoir de coordination. C'est à la conférence d'Abbeville (1er et 2 mai 1918) alors que les armées s'affaiblissent que Foch face à Clemenceau et Lloyd George aurait envisagé un repli vers le sud pour protéger la capitale, s'il advenait que les armées françaises et anglaises soient séparées et qu'elles ne puissent plus défendre à la fois l'accès aux ports de la Manche et à Paris, l'armée anglaise devant alors se replier et résister sur la Somme. Ce qui pourra être évité grâce à l'aide américaine.
Entre-deux-guerres[modifier]
Le 3 mai 1936, les électeurs de la 1re circonscription d’Abbeville ne dérogèrent pas au large mouvement populaire. Au 2e tour, ils choisirent pour député Max Lejeune qui, à 27 ans, fut alors le plus jeune élu de la Chambre.
Seconde guerre mondiale[modifier]
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville fut à nouveau en grande partie détruite par les bombardements allemands et anglais, qui firent disparaître à jamais les anciennes maisons à pans de bois et encorbellements.
Le 12 septembre 1939 à Abbeville une conférence entre France et Royaume-Uni a décidé qu'il était trop tard pour envoyer des troupes pour aider la Pologne dans sa lutte contre l'Allemagne.
En 1940 Abbeville est le théâtre de contre-attaques vaines de troupes blindées françaises (commandées par le colonel de Gaulle) et anglaises (article détaillé sur la bataille d'Abbeville).
Abbeville, prise par les Allemands de la 2e Panzerdivision du Generalmajor Rudolf Veiel le 20 mai 1940, fut libérée en septembre 1944 par la 1re division blindée (Pologne) du général Maczek, qui entra par le faubourg de Rouvroy.
Les inondations de 2001[modifier]
Au printemps 2001, la ville, comme toute la vallée de la Somme, eut à souffrir des inondations. Celles-ci durèrent plusieurs semaines, à cause de la saturation de la nappe phréatique, conséquence d'une année à l'humidité exceptionnelle. La gare fut inaccessible, les voies ferrées étant recouvertes par plusieurs centimètres d'eau.
Bien que les recherches de Jacques Boucher de Perthes aient mis en évidence une occupation du site d'Abbeville (quartier du Menchecourt-les-Abbeville) d'époque Acheuléenne, il faut s'imaginer l'endroit à l'époque romaine comme une succession de marécages, semblables aux marais de Saint-Gilles qui subsistent aujourd'hui. Plus au nord, tout le plateau entre l'Authie et la Somme était couvert d'une forêt primaire. Les Romains avaient dû entamer ce massif forestier pour le passage de la grande voie d'Amiens au village de Ponches d'une part, et d'autre part à l'Ouest par la chaussée reliant le Beauvaisis à Boulogne-sur-Mer.
Le couple Abbeville / Saint-Valery-sur-Somme constitue la clef de l'énigme historique du débarquement de Maxime et de ses troupes britto-romaines au printemps 383 (St-Valery = Leuconos > Pors Liogan; Abbeville = Talence > Tolente). La route en direction de Paris passe tout près du Vieux-Rouen-sur-Bresle, où a été identifié le personnage Himbaldus (Château-Hubault)3.
La Vierge et l'Enfant dite Vierge d'Abbeville, conservée au musée du Louvre, proviendrait du couvent des Ursulines d'Abbeville
Au viie siècle, les bénédictins de Saint-Valery, Saint-Josse, Saint-Saulve de Montreuil, de Forest-Montiers, de Balance et de Valloires défrichèrent les bois qui avoisinaient leurs monastères. Le roi des Francs Dagobert Ier attribua alors à Riquier une partie de la forêt de Crécy, dont l'ermitage devint l'abbaye de Saint-Riquier : c'est l'acte de naissance du domaine abbatial d'Abbeville. Le nom, Abbeville, vient d'ailleurs du latin et signifie « ville (ou plus exactement) domaine des abbés » (de Saint-Riquier).
La première mention que l'histoire fasse d'Abbeville, dans la chronique d'Hariulphe4, date de 831. C'était alors une petite île de la Somme, habitée par des pêcheurs qui s'y réfugiaient avec leurs barques et s'y étaient fortifiés contre les invasions barbares venues du Nord. L'abbé Angilbert y aurait fait bâtir un château pour défendre cette île qui dépendait de l'abbaye de Saint-Riquier.
En 992, Hugues Capet fait fortifier la ville et la donne à sa fille, Gisèle, lors de son mariage avec Hugues Ier comte de Ponthieu qui résidait alors à Montreuil.
Dès le xiie siècle, l'abbé ouvrit aux lépreux un hospice, la maladrerie des Frères du Val, déplacée à Grand-Laviers au siècle suivant, devant l'extension urbaine. Désormais accessible aux bateaux, Abbeville devint un port de la Manche5 sous la dépendance des abbés de Saint-Riquier. Par la suite, l'ensablement de la baie de Somme a repoussé la mer (12 km), mais la ville continua d'être un port de commerce. Abbeville devint alors la capitale du Ponthieu et s'étendit rapidement sur les deux rives de la Somme, à droite sur la pente des coteaux et à gauche dans les marais.
En 1095, Gui Ier comte de Ponthieu fonde l'abbaye Saint-Pierre d'Abbeville et le 24 mai 1098, il y adoube chevalier Louis le Gros.
À l'occasion de la première croisade, Abbeville fut le point de rencontre des nombreuses troupes venues des provinces du Nord. Godefroy de Bouillon les passa en revue sur l'emplacement actuel de l'église du Saint-Sépulcre.
Avec le développement rapide du commerce du sel (depuis Rue), de la guède (waide en picard) et de l'industrie du drap de laine, les bourgeois augmentent en nombre et en importance politique : ils demandent une charte accordée dans le courant du xiie siècle et qui fut confirmée en 1184 par le comte Jean Ier de Ponthieu qui mourut en Palestine. Pour commémorer l'événement, ils édifient un beffroi en 1126. Un siècle plus tard, Jeanne de Dammartin, comtesse de Ponthieu (1220-1278), permet aux religieux de convertir une partie supplémentaire des forêts en terres labourables, permettant le développement de l'économie locale.
En 1214, la milice d'Abbeville prend part à la bataille de Bouvines.
Au milieu du xiiie siècle, Abbeville était « une des bonnes villes des rois de France ». Son port était un des premiers du royaume et son commerce considérable.
En 1259, les États généraux du royaume se tinrent à Abbeville et Henri III d'Angleterre s'y rencontra avec Louis IX de France pour y signer le traité de Paris qui réglait la question des conquêtes de Philippe Auguste.
En 1272, le Ponthieu avec Abbeville, passe par mariage aux rois d'Angleterre, mais Philippe le Long reprend la ville, prétextant qu'Edouard II d'Angleterre n'avait pas rempli son devoir de vassal. Edouard II s'étant conformé à la loi féodale, Abbeville retombe sous domination anglaise. Toutefois de nombreuses contestations s'élèvent entre les bourgeois et leurs nouveaux maîtres.
Touchée de près par l'expédition anglaise de 1346, Abbeville résiste aux armées anglaises, et sert de base arrière lors de la bataille de Crécy et en particulier lors du siège de Calais.
Bas relief du beffroi d'Abbeville commémorant l’héroïsme de Ringois
En 1360, elle est cédée, avec le Comté de Ponthieu dont elle est la capitale, à la couronne d'Angleterre par le traité de Brétigny. Cette même année, Jean le Bon revenant de captivité y séjourne. En 1361, Abbeville, redevenue anglaise, accueille mal ses nouveaux maîtres. Ringois, bourgeois de la ville, refusant de prêter le serment d'obéissance à Édouard III d'Angleterre, fut emmené sur le sol anglais et précipité du haut de la tour du château de Douvres dans la mer6. Durant cette période, une révolte de Jacques fut défaite par la milice abbevilloise aux abords de Saint-Riquier. Les soldats de Charles V s'emparèrent par surprise de la ville, mais les Anglais la reprirent peu après et elle resta en leur possession jusqu'en 1385.
Pendant toute la guerre de Cent Ans, la ville eut pour maitres tantôt les Anglais, tantôt les Français causant aux habitants de la ville des souffrances considérables. Ils furent éprouvés par les impôts excessifs et de terribles épidémies. Au cours de ces décennies, la région est dévastée par les pillages, les épidémies et les loups. La ville fait ainsi appel au roi de France par deux fois, en 1406 puis en 1415.
Comme les autres villes picardes, elle passe ensuite sous domination bourguignonne en 1421.
En 1430, Henri VI d'Angleterre est reçu à Abbeville.
En 1435, la ville est cédée à Philippe le Bon par le traité d'Arras
Louis XI rachète Abbeville au duc de Bourgogne en 1463 et visite la ville le 27 septembre de la même année. En décembre, par ses lettres patentes, il confirme les privilèges de la ville, attachées par ses prédécesseurs7.
En 1465, Charles le Téméraire revient sur cette cession en prenant la tête de la Ligue du Bien public.
Louis XI échoue devant Abbeville en 1471, mais recouvre toute la Picardie à la mort du duc de Bourgogne en 1477.
En 1480, puis 1483, une épidémie de peste ravage Abbeville.
En 1493, Charles VIII visite la ville.
Le 3 octobre 1514, Louis XII épouse à Abbeville Marie, fille d'Henri VII d'Angleterre.
Le 23 juin 1517, François Ier vint à Abbeville avec la reine et y rencontra le cardinal Wolsey, représentant le roi d'Angleterre dans le but de former une ligue contre Charles Quint.
En 1523, les Anglais se rangent finalement aux côtés de Charles Quint dans les guerres de François Ier et la ville eut beaucoup à souffrir des fréquentes réquisitions. Cette même année, une épidémie de peste ravage Abbeville.
En 1531, François Ier effectue une nouvelle visite dans la ville.
Le coup le plus sérieux porté à Abbeville est la série de raids anglais menés par le duc de Suffolk sur les côtes de l'estuaire en 1544, après la chute de Boulogne-sur-Mer et Montreuil.
Le roi Henri II y est reçu en 1550.
Durant les Guerres de religion, le gouverneur qui était protestant fut massacré avec sa famille par le peuple.
En 1568 François Cocqueville, un chef de guerre protestant, pénètre dans le Ponthieu avec 3 000 soldats. Il pille et saccage l'abbaye de Dommartin, les villes, les églises et châteaux la région d'Authie et de Saint-Valery-sur-Somme. Pourchassé par le Maréchal de Brissac, Cocqueville est capturé avec plusieurs des siens et sont décapités sur la place du marché d'Abbeville.
La Saint-Barthélemy n'y fit aucune victime grâce à la modération de Léonor d'Orléans duc de Longueville gouverneur de la Picardie. Toutefois, la ville qui avait embrassé le parti de la Ligue souffrit beaucoup des Guerres de religion et elle ne fut soulagée que lorsqu'elle eut reconnu, en avril 1594, Henri IV, malgré le clergé qui persistait dans sa résistance.
Le 18 décembre 1594, le roi de France Henri IV visite Abbeville.
En 1582, une nouvelle épidémie de peste sévit à Abbeville.
Au début du xviie siècle une épidémie de peste exerça des ravages. Plus de 8 000 personnes personnes périrent, dépeuplant ainsi Abbeville.
Le 21 décembre 1620, le roi Louis XIII visite la ville. Sa sœur Henriette y vint plusieurs fois.
En 1635 et 1636 la ville souffrit de la guerre contre l'Empire et l'Espagne. Ceux-ci détruisirent de nombreux villages situés aux environs. Richelieu séjourna dans la ville en octobre.
Une épidémie de peste sévit de nouveau durant les années 1635, 1636 et 1637.
En 1656, 6 000 soldats, qui avaient participé à révolution d'Angleterre débarquent en France et prennent leurs quartiers à Abbeville qu'ils quitteront pour aller renforcer l'armée de Turenne en route pour Valenciennes. Peu de temps après, Balthazard Fargues8 vendit la place à Don Juan d'Autriche et après avoir touché le prix, il refusa de la lui livrer, leva des troupes pour son compte et se répandit dans le Ponthieu pour rançonner les habitants. Finalement arrêté il fut jugé et pendu sur la place Saint-Pierre le 17 mars 1665.
En 1657, Louis XIV vint deux fois à Abbeville avec sa mère.
Vers le milieu du xvie siècle, le commerce de la waide recule devant la promotion du pastel des pays du midi, et il faut restructurer l'artisanat. Colbert s'y emploie, et sous Louis XIV, la ville se développe grâce à l'installation des Van Robais, fabricants de draps et de tapisseries venus des Pays-Bas, qui créent en 1665 la Manufacture royale des Rames (ateliers de draperie).
En 1685, à la révocation de l'édit de Nantes, le temple des protestants est détruit et les ouvriers de Van Robais, persécutés, émigrent; la population décroit alors fortement.
En 1693, le Ponthieu devient le refuge d'un nombre considérable de bretons et de normands qui avaient quitté leur pays à cause de la famine, mais ils périrent presque tous de misère.
À la fin du règne de Louis XIV le pays était couvert de troupes. La ville encombrée de malades et de blessés. En 1708, après la prise de Lille, les troupes du duc de Marlborough et d'Eugène de Savoye s'avancèrent fréquemment aux portes d'Abbeville, rançonnant les fermes et les villages. L'hiver 1709 est terrible; le peuple périt de froid, de faim et de misère. À cette époque l'industrie est complètement tombée et l'état doit secourir les fabricants de draps.
En 1717, Pierre le Grand passe à Abbeville.
En juillet 1766, le Chevalier de La Barre, accusé d'avoir, un an plus tôt, manqué au respect dû à une procession religieuse en refusant d'ôter son chapeau et d'avoir chanté des chansons impies, fut exécuté sur la place du Grand-Marché pour blasphème. Soumis à la question, ses jambes furent broyées. La main droite et la langue tranchée, son corps décapité fut finalement livré aux flammes, avec le Dictionnaire philosophique de Voltaire, sur ce même lieu. En 1907, un monument a été érigé par souscription volontaire près de la gare, sur les berges du canal de la Somme, en commémoration du martyre du jeune homme. On peut y voir une plaque de bronze représentant le supplice du chevalier de La Barre. Ce monument est encore aujourd'hui un lieu de rassemblement pour les laïques et les libres-penseurs. Aujourd'hui, un pavé, gravé de son nom et de la date de son exécution, est toujours visible sur la place de l'exécution, nommée maintenant place Max-Lejeune, près de l'hôtel de ville. Le martyre du chevalier de la Barre servit à Voltaire de bannière dans son combat contre le fanatisme religieux9.
Le 2 novembre 1773, la poudrière explosa tuant 150 personnes et endommageant près de 1 000 maisons.
Sur le plan administratif, l’Abbevillois formait une subdélégation dont les ressorts se confondaient avec ceux de la délégation du même nom (située dans la généralité d’Amiens). À la veille de la Révolution, Abbeville fut le chef-lieu d’un bailliage électoral principal (sans bailliage secondaire).
Il n'y eu pas d'excès notable durant les périodes de la Révolution et de la Terreur. En 1793, on brûla sur la place Saint-Pierre des meubles d'églises, des images et des titres féodaux. L'Église Saint-Vulfran devint le temple de la Raison et le 8 juin 1794 on y célébra une fête en l'honneur de l'Être suprême. Abbeville souffrit de la disette en 1794 et 1795. Le 5 janvier 1795, l'hôtel de la Grutuze construit sous Charles VII, où siégeaient les administrateurs du district, est détruit par un incendie.
En 1797, création de la Société d'émulation d'Abbeville, une des plus anciennes sociétés savantes de France.
En 1798 et 1799 l'hiver est rigoureux et une partie de la ville10 est inondée.
Le 18 brumaire An 10, il y eu un terrible ouragan qui causa pour plus de 1 300 000 Francs de dégâts dans l'arrondissement
Le 29 prairial An 11 Bonaparte passe pour la 1re fois dans la ville. Pendant les préparatifs de l'expédition qu'il projetait contre l'Angleterre, le Premier Consul passa souvent à Abbeville en allant au camp de Boulogne.
En 1813, dans le cadre de la réorganisation de la cavalerie qui avait été décimée en Russie, l'arrondissement offrit au gouvernement 43 hommes montés et équipés.
Début 1814 l'invasion devenant chaque jour plus imminente, la garde nationale urbaine fut réorganisée dans l'ensemble de l'Empire. 30 pièces d'artillerie furent placés sur les remparts, et pour compléter le système de défense de la place on abattis les arbres des environs pour confectionner 30 000 palissades et 14 000 blindages. Le 20 février, on apprend qu'une colonne de cavalerie formant l'avant garde du 3e corps de l'armée prussienne, commandée par le baron de Geismar arrive à Doullens, devant se diriger sur Abbeville. Aussitôt, les Abbevillois courent aux armes. 800 fusils sont mis à disposition et une vigoureuse résistance commence à se mettre en place lorsque la population apprend que cette soi-disant avant-garde de l'armée prussienne comptait au plus dans ses rangs 1 500 à 2 000 hommes, tant Cosaques que lanciers Saxons, qui se dirigèrent finalement en direction de Paris.
Début avril, après la Bataille de Paris et l'abdication de Napoléon, 2 000 lanciers et cuirassiers prussiens commandés par le général Roeder (de) arrivèrent de Paris et dans les campagnes voisines et y commirent toutes sortes d'excès durant leur séjour.
Le 27 avril 1814, Louis XVIII entre dans la ville et y est reçu avec de grandes démonstrations de joie. Il logea à l'abbaye de Saint-Pierre.
Durant la première Restauration, de nombreux personnages de marques et environ 10 000 hommes de troupes anglaises passèrent par Abbeville, pour retourner dans leur pays. Le duc de Berry, accompagné des 10e régiment de cuirassiers et du 108e régiment d'infanterie de ligne, y séjourna.
Le 21 mars 1815, le roi Louis XVIII, sur le chemin de l'exil, passe la nuit dans ville.
En 1815, après la bataille de Waterloo, la ville fut de nouveau mise en défense. Toutefois suite à de nombreuses désertions la garnison se trouva réduite à 400 hommes.
Victor Hugo fut trois fois de passage à Abbeville, en touriste :
en 1835, il y séjourna successivement à partir du 26 juillet (après être descendu à "L'Écu de Brabant"), puis les 4 et 5 août (en étant hébergé à "L'Hôtel d'Angleterre")
en août et septembre 1837, arrivé d'Amiens après avoir descendu la Somme en bateau à vapeur
en 1849, quittant la ville sous la pluie le 11 septembre.
1849 : Comme dans toutes les communes de France, la population masculine majeure put, pour la première fois, aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel.
La Gare (carte postale de 1905)
La Première Guerre mondiale et les conférences d'Abbeville[modifier]
Lors de la Première Guerre mondiale, la ville ne sera jamais occupée par les troupes allemandes (comme l'atteste le monument édifié sur le mont de Caubert). Lors des batailles de la Somme, elle accueillera un hôpital militaire (le 3rd Australian General Hospital). L'écrivain André Maurois, dans Les Silences du colonel Bramble décrit plaisamment l'esprit commerçant intact des habitants dans les derniers mois de la guerre. Comme Amiens et Beauvais, la commune est partiellement détruite et les séquelles de guerre sont nombreuses aux environs, notamment en raison des munitions non explosées qui perturbent encore l'agriculture, les chantiers ou l'industrie de la betterave sucrière. En 1918, elle fut le siège de deux conférences franco-britanniques (conférences d'Abbeville) : celle du 25 mars, entre le maréchal Haig et les généraux Wilson et Foch, prépara la conférence de Doullens. Au cours de la seconde le 2 mai, Foch réclama l'autorité sur le front italien mais n'obtint qu'un pouvoir de coordination. C'est à la conférence d'Abbeville (1er et 2 mai 1918) alors que les armées s'affaiblissent que Foch face à Clemenceau et Lloyd George aurait envisagé un repli vers le sud pour protéger la capitale, s'il advenait que les armées françaises et anglaises soient séparées et qu'elles ne puissent plus défendre à la fois l'accès aux ports de la Manche et à Paris, l'armée anglaise devant alors se replier et résister sur la Somme. Ce qui pourra être évité grâce à l'aide américaine.
Entre-deux-guerres[modifier]
Le 3 mai 1936, les électeurs de la 1re circonscription d’Abbeville ne dérogèrent pas au large mouvement populaire. Au 2e tour, ils choisirent pour député Max Lejeune qui, à 27 ans, fut alors le plus jeune élu de la Chambre.
Seconde guerre mondiale[modifier]
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la ville fut à nouveau en grande partie détruite par les bombardements allemands et anglais, qui firent disparaître à jamais les anciennes maisons à pans de bois et encorbellements.
Le 12 septembre 1939 à Abbeville une conférence entre France et Royaume-Uni a décidé qu'il était trop tard pour envoyer des troupes pour aider la Pologne dans sa lutte contre l'Allemagne.
En 1940 Abbeville est le théâtre de contre-attaques vaines de troupes blindées françaises (commandées par le colonel de Gaulle) et anglaises (article détaillé sur la bataille d'Abbeville).
Abbeville, prise par les Allemands de la 2e Panzerdivision du Generalmajor Rudolf Veiel le 20 mai 1940, fut libérée en septembre 1944 par la 1re division blindée (Pologne) du général Maczek, qui entra par le faubourg de Rouvroy.
Les inondations de 2001[modifier]
Au printemps 2001, la ville, comme toute la vallée de la Somme, eut à souffrir des inondations. Celles-ci durèrent plusieurs semaines, à cause de la saturation de la nappe phréatique, conséquence d'une année à l'humidité exceptionnelle. La gare fut inaccessible, les voies ferrées étant recouvertes par plusieurs centimètres d'eau.
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Invité
- Barbarus

Re: Photographies de la destruction de l'église à Abbeville
Didymos a écrit :Triste histoire, c'est vrai, mais je trouve qu'on fait parfois un peu trop dans le sentimental. Avez-vous vu des images de l'intérieur de cette église il y a déjà deux ans ? Un champ de ruines jonché de blocs de pierres tombés qui s'étaient effrités. Un lieu de culte qui n'en avait plus que le nom, puisque depuis douze ans aucun culte n'y était célébré.
Que des gens s'émeuvent de la forme, c'est bien compréhensible, mais sur le fond, pour moi sa démolition ne faisait aucun doute et il n'y avait pas d'autre solution possible. Si ça ne s'était pas fait, elle serait tombée d'elle-même, et peut-être sur d'autres bâtiments alentour. De tous temps, même dans la glorieuse période de la chrétienté en France, quand une église était à ce point en mauvais état qu'elle tombait en ruine, on la désacralisait puis on la démolissait. La seule différence avec aujourd'hui, c'est qu'à l'époque on en construisait ensuite une nouvelle à la place. Moi c'est davantage ce fait que je regrette dans cette affaire : qu'au lieu de construire une église neuve, quitte à être plus petite, mais au moins qui continue la présence catholique à cet endroit, on laisse les souvenirs dans un musée. Comme si la foi elle même devait y trouver sa place dans une vitrine. Pourtant, je ne doute pas que des chrétiens, des pierres vivantes continuent à vivre dans ce quartier. C'est dommage qu'on ne pense pas à leur apporter un lieu où faire Église.
Une autre chose qui me révolte profondément, c'est la façon qu'ont eu les autorités civiles d'exclure l’Église du débat et des décisions. Non seulement elle n'a pas eu son mot à dire, mais elle n'a même pas été tenue au courant ! On a commencé à détruire certaines parties alors que l'évêque n'était pas informé. Là il y a un véritable scandale.
A ma connaissance, d'après les informations que je connais, aucune demande de désacralisation n'a jamais été adressée à l'évêché tandis que la démolition se poursuivait, et de fait, l'église n'a pas été désacralisée. C'est grave, parce que ça signifie que cette destruction est du point de vue canonique une profanation.
Je trouve aussi révoltant qu'on n'ait pensé à sauver que ce qui avait une valeur artistique ou historique, et pas ce qui avait le plus de valeur aux yeux des croyants : les autels et les tabernacles. Ils ont été détruits avec le reste alors qu'on a sauvé des gargouilles pour les mettre dans un musée...
Quant à la sépulture d'un abbé qui s'y trouvait, je n'ai pas entendu le fin mot de l'histoire, et je ne sais même pas si on a transféré sa dépouille comme le souhaitait sa famille, ou si ses os voisinent maintenant dans une benne avec des bris de vitraux et des gravats...
Triste histoire ? un crime, oui
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Invité
- Barbarus

Re: Photographies de la destruction de l'église à Abbeville
seba15 a écrit :Pourquoi ils ont détruits cette église ?
Ça fait parti du patrimoine du pays normalement, et ça devrait être classé.
Quels sont les commanditaires de ce massacre culturel ? Qui a fait quoi dans cette affaire ? Reste-t-il encore des vestiges ?
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jean_droit
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jean_droit
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Re: Photographies de la destruction de l'église à Abbeville
Triste .... mais, aussi, scandaleux.
Espérons que l'évêque, que les évêques à travers le CEF, que les fidèles réagiront avec force.
Photos et texte :
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=717762
Espérons que l'évêque, que les évêques à travers le CEF, que les fidèles réagiront avec force.
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L'économe du diocèse d'Amiens, Stéphane Duté, qui ne décolère pas, nous apprend que durant dix ans la mairie n'a rien fait pour rénover et entretenir l'église, et raconte :
« L'église a été détruite. Et il y a un souci car légalement ce n'est pas possible. Il faut l'autorisation du préfet et de l'évêque. Pour qu'une église soit détruite, elle doit d'abord être désacralisée et seul l'évêque en relation avec le préfet peut l'accepter. De fait le maire d'Abbeville a considéré qu'il était au-dessus des lois car il n'a pas demandé l'avis de l'évêque.
Il y a deux choses. Il y a une église qui est détruite et il y a un maire qui décide d'être au-dessus des lois.
C'est à dire que la loi en France n'est pas nécessairement respectée à condition toutefois d'être dans le bon camp. Les lois s'appliquent à tout le monde sauf à ceux qui les font.
Cela arrive en France depuis une quinzaine d'année. Nous n'allons pas en rester là. On va voir avec les évêques de France. On ne casse pas une église comme ça.
C'est scandaleux car on ne respecte plus rien, même pas la loi. Le maire a fait quelque chose d'illégal et nous on aura un problème car on aura une église en moins. »
L'abbé Jean-Louis Brunel et la communauté catholique sont sous le choc car la destruction a commencé sans que la communauté chrétienne ait été avertie...
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- Inscription : lun. 21 juin 2010, 19:01
Re: Photographies de la destruction de l'église à Abbeville
Ce que la seconde guerre mondiale n'avait pas réussi à faire, nous l'avons commis…
Kyrie Eleison

Mon père qui a vécu par là-bas pendant la guerre serait bien triste de voir cela.
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"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire"
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