Isabelle47 a écrit :@gentil athée,
Tout cela est en effet bien complexe.
Et si éloigné de la parole du Christ, éclatante de simplicité :
"Vous avez appris qu'il a été dit: Tu ne commettras pas d'adultère. Et moi je vous dis: quiconque regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son coeur, commis l'adultère avec elle"
Au contraire, ce que je dis est hyper-simple, et très proche de la parole de Jésus de Nazareth !
C'est hyper-simple car ce n'est que de l'amitié non-sexuelle. Par contre, cette amitié engage tous les aspects de l'être humain : son esprit, son cœur, son corps, ce qui est — je le rappelle encore une fois — naturel, logique et bienfaisant. Ce qui est complexe, c'est de vouloir perturber cette unité harmonieuse en réprimant l'un ou l'autre ou plusieurs de ces aspects de l'amitié.
C'est très proche de la parole de Jésus car si l'adultère est d'abord dans le cœur, il s'ensuit que ce n'est pas un type de geste, de pensée ou de parole qui est adultère — ou non — par lui-même, c'est l'
intention dans laquelle s'inscrit ce geste, cette pensée ou cette parole. Si l'intention est sexuelle, alors il y a adultère ; mais si l'intention n'est pas sexuelle, s'il s'agit juste d'exprimer son affection, son amitié, de se montrer tendre, de partager de la chaleur humaine, la douceur d'un toucher, la sensualité non-sexuelle d'un massage non-sexuel, etc., alors ce n'est pas adultère et je ne vois pas au nom de quoi il en serait autrement.
Isabelle47 a écrit :Parole que vous trouverez peut-être simpliste, inapplicable, inaudible, d'autant que ce qui suit ne donne pas dans la facilité: ("Si ton oeil droit entraine ta chute, arrache le et jette-le loin de toi"),
"
Si ton œil droit (...)", donc, si je comprends bien le français, cela veut dire que les échanges amicaux avec quelqu'un ne devraient être évités que si et seulement si ils produisent — en dépit de la pureté des intentions — en nous et/ou en ce quelqu'un, une excitation sexuelle intolérable. Cette phrase, si je la comprends bien, nous invite à être les propres juges de nos réactions et à mettre nous-mêmes en place les barrières nécessaires là où il faut, en fonction de nos propres manières de réagir. Il ne s'agit donc pas de faire allégeance à un code de conduite étriqué donné une fois pour toute pour tout le monde sans considération de ses capacités, réactions, émotions, etc.
Isabelle47 a écrit : mais qui pourrait vous permettre de comprendre la position de votre épouse et de tout catholique.
Ce n'est manifestement pas la position de tout catholique, puisque, progressivement, j'en viens à trouver un accord global avec plusieurs intervenants. MariaMagdala, par exemple, a écrit ceci :
Si vous etiez monogame, cela ne poserait pas de probleme. Personnellement, je suis totalement monogamme et pourtant tres tactile, je prends facilement les personnes dans mes bras, je fais des massages bien-etre, corps entier a des amis sans que cela pose probleme a mon

amour

. Ce n'est pas mon métier, je le fais par plaisir. Ce ne sont pas des rapports sexuels et pourtant les personnes sont nues a 99% donc on dépasse les situations que vous évoquiez de bisous et de calins bisounours.
Isabelle47 a écrit :Il est vrai que si vous êtes athée, ce discours ne vous concerne pas et qu'il pourrait même vous paraitre d'une rare pureté (et dureté

)
Bien sûr que si, que ce discours me concerne, ne serait-ce que parce que je suis marié à une catholique et que, donc, je suis bien obligé de faire avec sa religion, notamment au regard des engagements pris lors de notre mariage (nonobstant la question de savoir si ce dernier a eu lieu véritablement et s'il va durer encore). Par ailleurs, comme vous voyez, ma philosophie tient parfaitement compte des remarques formulées par Jésus de Nazareth.
Ma touche athée, dans l'affaire, c'est que je pense qu'une "chute" (pour reprendre votre citation : "Si ton oeil droit entraine ta chute, arrache le et jette-le loin de toi") serait moins dommageable qu'un "péché contre l'amitié". C'est-à-dire que je pense qu'il vaut mieux encore se "manquer", parce qu'on aura voulu trop aimer ses amis, que de réprimer sa tendresse et son affectivité. Vous me direz : si je "faute", mon épouse en souffrira. Certes, je ne serais néanmoins ni le premier ni le dernier à qui ça arriverait d'avoir un "manquement", et elle ne serait ni la première ni la dernière à devoir le supporter. L'alternative, c'est qu'à trop réprimer mes élans de tendresse et d'affectivité, j'en vienne :
- ou bien à déprimer, et donc être un générateur de déprime pour mon entourage ;
- ou bien à accumuler, encaisser, accumuler, encaisser, jusqu'à ce que la cocotte minute explose et que je "faute" pour de bon ;
- ou bien un mixte des deux.
Et dans tous les cas, la conséquence sera une rupture avec ma femme...
C'est d'ailleurs ce qui est en train de se tramer, et pourtant je n'ai même pas commis l'adultère en acte... J'ai juste revendiqué mon droit, conforme à mes engagements, à une vie affective et sensuelle (quoique non-sexuelle) hors du couple.
Quant à l'erreur, elle est humaine. L'important est d'éviter d'en faire de trop. Mieux vaut une vie conjugale harmonieuse et saine ponctuée de quelques rares accidents de parcours regrettés et pardonnés, ou une vie conjugale qu'on aura voulu trop parfaite, et qui, dès lors, sera coercitive jusqu'à en être invivable et se terminera promptement dans les cris et les pleurs ?