le sens de bon renvoi à la finalité c'est ainsi.
C'est sous le rapport qu'une chose rapproche une autre de sa fin qu'elle est dite bonne pour cette chose
ou sous le rapport qu'une chose est en possession de sa fin qu'elle est dite elle même une chose bonne.
la question posée : l'homme est il crée bon appelle donc deux réponses :
- la nature humaine est bonne en ce qu'elle a le moyen de se rapprocher de sa fin.
- aucun homme sur terre n'est bon depuis le péché originel, nous sommes sur terre viateurs, en chemin vers notre fin que nous ne possédons pas.
Voici qui justifie mes propos de façon générique.
Le paragraphe suivant répond à une vos objections :
il n'y a pas de bonté en soit comme vous semblez le supposer. la bonté comme indiqué est liée à la finalité.Si l'homme est créé à l'image de Dieu c'est qu'il a cet attribut de Dieu, la bonté.
Vous faites usage de l'expression "à l'image de Dieu" Saint Thomas d'Aquin la définit ainsi :
comme vous le voyez la citation "à l'image de Dieu" ne permet pas de conclure "donc l'homme est bon".L'homme est à l'image de Dieu, en cela surtout que c'est, par sa nature intellectuelle, qu'il peut le plus imiter Dieu. Or, la nature intellectuelle imite surtout Dieu, dans la connaissance et l'amour qu'il a de lui-même. De là vient que l'image de Dieu peut être considérée dans l'homme à un triple point de vue :
1° En tant que l'homme a une aptitude naturelle à connaître Dieu et à l'aimer;
et cette aptitude consiste dans la nature même de l'esprit qui est commune à tous les hommes.
2" En ce que l'homme, soit par acte, soit par habitude, connaît Dieu et l'aime, imparfaitement cependant;
et cette image provient de la conformité par la grâce.
3° En ce que l'homme, par un acte continu, connaît et aime Dieu parfaitement;
et en ce sens, cette image provient de la similitude de la gloire.
Aussi, sur ce verset du Psaume (IV, 7) : « La lumière de votre visage est gravée sur nous, Seigneur » la Glose distingue une triple image à savoir : celle de la création, celle de la seconde création ou récréation, et celle de la similitude.
La première se trouve dans tous les hommes;
la seconde dans les justes seulement;
mais la troisième n'est que dans les bienheureux.
(I q. 93, a, 4.)
Au contraire j'y retrouve ma distinction :
bonté selon la nature en tant qu'elle a le moyen de trouver sa fin : St Thomas dit aptitude.
ensuite absence de bonté selon la fin théologique en tant que nous n'avons pas sur terre la connaissance de Dieu tel qu'il se connait.
pour répondre à quelques unes de vos remarques de façon détaillée :
1er §
réfuté supra. pour que vous ayez raison il faudrait exposer ce qu'est la bonté.La finalité c'est de restaurer la bonté, mais nous ne partons pas de rien, cette bonté est là en nous.
2eme §
les guillemets sont là pour indiquer que je parle selon le sens que j'ai donné au terme dans les première phrases. "bon" étant susceptible de plusieurs définitions, je donne la mienne, et selon celle ci j'en tire la réponse à la question.Expliquez-vous ou expliquez pourquoi vous mettez "bon" entre guillemets et pas... (pour une même définition, une fois vous mettez bon entre guillemets et une fois pas, c'est vraiment confus...)
là où ils ne sont pas c'est que j'ai oublié de les mettre tout simplement. Puisqu'ils vous gênent je mets les citations en italique.
je ne comprends pas votre phrase ni en quoi elle correspondrait à mes écrits.Mais puisque vous dites que "bon" c'est sa finalité... ça voudrait dire qu'il est créé fini, donc qu'il n'y a pas de finalité à atteindre...
être bon n'est pas la ou une finalité. C'est ce qu'on dit d'une chose qui conduit, réalise, approche de la finalité : c'est une qualité qu'à une chose sous un certain rapport.
3eme §
notre nature est inférieure à la nature angélique. Elle est défectueuse notamment sous ce rapport que nous ne connaissons pas le bien directement, avec sureté, mais par tâtonnement, le bien que nous faisons sur terre est mêlé d'ivraie comme dit l'Evangile.La liberté (même dans le sens que nous avons renouer ou pas avec notre bonté) n'est pas un défaut de notre nature, c'est notre nature.
La liberté n'est pas notre nature, c'est une qualité de notre nature. qualité ici ne veut pas dire necessairement postif mais un élément, une composante, un attribut, etc.
je ne comprends pas le sens de votre phrase, qui supposerait que vous ayez définit préalablement ce qu'est le bon.Et quand quelqu'un renoue avec sa bonté, il ne quitte pas sa nature humaine, il est toujours susceptible de pécher.
Quel sens a pour vous quand quelqu'un renoue avec sa bonté.
4eme §
désolé nous ne sommes pas pécheurs par nature. Notre nature est faite pour être unie à Dieu, pour accueillir la trinité dans notre âme. Nous sommes fait pour le Ciel, déjà sur terre.Non l'autre (l'homme en état de péché) n'est pas la négation de son humanité, c'est l'expression de son humanité (nous sommes pécheurs).
Par suite le péché qui détruit cette dimension va contre notre nature tout simplement.
De même si vous voulez que le tabac qui détruit les poumons va contre notre constitution physique.
J'ai fais la différence entre un homme en état de grâce et un homme en état de péché.C'est en ce sens que les saints continuent de se considérer comme pécheurs et de toujours marcher vers la sainteté parfaite (inatteignable car seul Dieu est parfait).
Les saints commettent des péchés, certes, sauf une grâce bien particulière, c'est le cas de tout homme sur terre. Ce n'est pas de cela dont nous parlons.
Nous parlons de la différence entre un homme (pécheur) en état de grâce et un homme en état de péché (mortel) si la précision entre parenthèse vous aide.
Dans un cas la nature humaine se trouve pleinement exprimée, dans le second elle est niée car sa dimension divine est détruite.
Conclusion :
Pour reprendre votre propre expression de l'homme fait à l'image de Dieu et conclure ainsi sur la même vérité qui nous a fait commencé :
Vous voyez "fait à l'image de Dieu" ne permet donc pas de dire que l'homme soit bon, ni que cette image soit acquise.L'image de Dieu dans l'homme
peut être effacée, au point d'être presque nulle, comme chez ceux qui n'ont pas l'usage de la raison;
ou bien obscurcie et déformée, comme chez les pécheurs;
ou bien claire et belle comme dans les justes. (I q. 93, a. 8, ad. 3m.)




