Cinci a écrit :Pour reprendre avec un autre angle d'attaque :
... comment il faut considérer la création de base de l'homme ?
Je veux dire par là la création de son être, l'homme est-il crée bon à la base (lorsqu'il est vierge de toute expérience) ou simplement neutre ?
Et moi je me demande en fonction de quoi au juste tu peux en arriver à te poser cette question, didyme.
J'ai toujours tendance à m'acharner contre l'idée que l'homme puisse se perdre de façon définitive en raison du fait que je pense que l'homme est crée bon et n'a donc pour fin que le bien.
Mais l'autre jour, en lisant le traité des principes d'Origène et son chapitre sur le libre-arbitre, il voulait tellement absolutiser (selon ce qu'il m'en semble) la liberté de l'homme, tant montrer sa responsabilité, son travail ou sa négligence, sa totale liberté de tendre au bien comme au mal que ça me donnait l'impression que l'homme était tel une matière neutre pouvant tendre de manière égale au bien comme au mal comme s'il n'avait aucune base de bien.
Et je me suis demandé si je ne faisais pas fausse route en prenant pour base de l'homme le bien.
D'une certaine façon, il me paraît évident que l'homme est crée bon. Et d'une autre, si Dieu ne crée pas le mal, est-ce une telle évidence que ce qu'il crée est forcément bon et non pas comme une matière neutre ayant pleine liberté de choisir sa direction.
Mais tu vois, c'est marrant car pour la plupart, on ira tous dire que l'homme est crée bon mais sous principe de liberté, on développe une pensée qui semblerait "décréer" l'homme, lui retirer son identité de créature de Dieu, ignorer la trace de Dieu dans l'homme.
Cinci a écrit : Si la nature dont nous sommes dotés est bonne en elle-même : il arrivera juste que l'on peut en mésuser, non ? Pour moi c'est un peu comme l'intelligence. Cette dernière est bonne en elle-même (la qualité est désirable), et ce, même s'il demeure toujours possible à un être rendu vicieux d'en mésuser afin d'occasionner du tort à autrui.
Oui je suis d'accord là-dessus, sur le fait qu'on s'éloigne du bien, qu'on laisse peu de place à Dieu au point de penser "déracinement", mais c'est sur le côté trop absolu que je réagissais surtout.
Cinci a écrit :Une mère ne fait pas don de la vie d'une manière neutre à son enfant; ce serait comme un non-sens.
Donner la vie d'une manière neutre voudrait signifier que le parent serait totalement indifférent au fait que le rejeton puisse décider de se jeter sous le train, ou décider de se retourner contre l'auteur de ses jours, soit de devenir un cannibal soit un tueur en série. Il indiffère au Père que la vie soit pour la sainteté ou pour vivre en animal : la neutralité.
Oui l'analogie est plutôt parlante.