Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Re: Le lundi de la septième semaine du Temps ordinaire

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L'homélie du Pape François, quel encouragement pour notre prière !

Le pape a médité sur l’Evangile du jour, où Jésus se lamente de l’incrédulité des disciples, qui ne parviennent pas à guérir un enfant possédé : « Tout est possible pour celui qui croit », dit-il (Mc 9,14-29).

Une prière « courageuse »

Pour le pape, cette « incrédulité », c’est « le cœur qui ne s’ouvre pas, le cœur fermé, le cœur qui veut tout avoir sous contrôle », c’est-à-dire le cœur qui ne « donne pas le contrôle des choses à Jésus ». Tout croyant a « une part d’incrédulité en lui », a-t-il fait observer.

« Rien ne peut faire sortir cette espèce-là, sauf la prière », explique aussi Jésus dans l’Evangile. C’est donc « par une prière forte, une prière humble et forte, que Jésus peut faire le miracle ». En d’autres termes, a précisé le pape, « la prière pour demander un miracle, pour demander une action extraordinaire, doit être une prière impliquée », qui « implique » celui qui intercède.

Cette prière « courageuse », a expliqué le pape François, n’est pas « une prière de politesse », comme lorsqu’on dit : « je prierai pour toi » et qui se réduit finalement à « un Notre Père, un Je vous salue Marie » et puis « on oublie ».

« Non, a-t-il poursuivi, [il faut] une prière courageuse, comme celle d’Abraham qui luttait avec le Seigneur pour sauver la cité, comme celle de Moïse qui avait les mains levées et se fatiguait, en priant le Seigneur ; comme celle de tant de personnes, de tant de personnes qui ont la foi et qui prient avec la foi, prient, prient. »

Une prière « de lutte »

Le pape a raconté une anecdote arrivée en Argentine : une enfant de 7 ans était malade et les médecins ne lui donnaient plus que quelques heures à vivre. Le père, « homme de foi », est « devenu comme fou et dans cette folie » a pris un autobus pour le sanctuaire marial de Lujan, à 70 km.

« Arrivé à 9h du soir, tout était fermé. Et il a commencé à prier la Vierge, les mains sur la grille en fer. Et il priait, il priait, il pleurait, il priait … et il resté là toute la nuit. Mais cet homme luttait : il luttait avec Dieu, pour la guérison de son enfant. A 6h du matin, il a repris le bus et est arrivé à l’hôpital à 9h. Il a trouvé sa femme en larmes. Et il a pensé au pire : « Mais que s’est-il passé ? ». « Les docteurs m’ont dit que la fièvre était tombée, qu’elle respire bien, qu’il n’y a rien ! Elle sortira dans deux jours, mais ils ne savent pas ce qui s’est passé ! ».

« Ceci arrive encore, non ? Les miracles existent encore ! », a poursuivi le pape. Mais pour obtenir des miracles, il faut prier « avec le cœur » : « une prière courageuse, qui lutte pour arriver à ce miracle ».

En résumé, « la prière fait des miracles, mais nous devons croire ! », a insisté le pape, invitant à « prier avec le coeur » à l’intention de ceux « qui souffrent dans les guerres, pour tous les réfugiés, tous les drames actuels », mais aussi à réciter cette prière : « Je crois, Seigneur, aide mon incrédulité ».

(20 mai 2013) © Innovative Media Inc.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Le mercredi de la 7e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Livre de l'Ecclésiastique 4,11-19.
Ceux qui rendent un culte à la sagesse célèbrent le Dieu saint, ceux qui l'aiment sont aimés du Seigneur ; celui qui l'écoute jugera les nations, celui qui s'attache à elle sera en sécurité dans sa demeure.
S'il se confie en elle, il en prendra possession, et tous ses descendants la recevront en héritage. Pour commencer, elle le conduira par des chemins sinueux, elle fera venir sur lui la peur et l'appréhension, elle le tourmentera par la sévérité de son éducation, jusqu'à ce qu'elle puisse lui faire confiance ; elle l'éprouvera par ses exigences. Puis elle reviendra tout droit vers lui, elle le comblera de bonheur en lui dévoilant ses secrets. Mais s'il s'égare loin d'elle, elle l'abandonnera et le laissera aller à sa perte.


Psaume 119(118),165.168.171-172.174-175.
Grande est la paix de qui aime ta loi; jamais il ne trébuche.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 9,38-40.
Jean, l'un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu'un chasser des esprits mauvais en ton nom ; nous avons voulu l'en empêcher, car il n'est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit : « Ne l'empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n'est pas contre nous est pour nous.


L'Ecclésiastique, à partir de préceptes de la sagesse, qu'il a puisés chez les Grecs, va rapidement remonter vers l'origine de toute sagesse, qui est bien en Dieu. Il n'y a pas de sagesse durable qui puisse émaner de l'homme seul: elle doit être accueillie par lui, il doit se soumette à ses leçons, endurer l'épreuve en son nom, afin d'hériter d'elle son bonheur.

Le Psaume fait un constat similaire: celui qui aime la loi de Dieu, qui la met en pratique, il sera rendu stable, il ne connaîtra pas la confusion.

Mais le sommet de cette démarche est la foi dans le nom de Jésus. Ce n'est pas l'appartenance au groupe constitué par Jésus qui confère une quelconque stabilité aux disciples, mais c'est leur foi en son nom. Ainsi, même l'homme inconnu des douze qui a chassé des esprit mauvais au nom de Jésus, lui appartient parce qu'il a mis sa foi en son nom.

Les lectures de ce matin me poussent à demander plus souvent une intercession ou même : une intervention directe de Jésus, que ce soit pour autrui ou pour moi-même. Ce ne serait de ma part un abus du saint Nom, mais un exercice de foi. Si tant soit peu la foi peut être comparée un muscle, alors il me faut l'exercer, le rendre plus souple et plus prompt. « Je crois ! Viens au secours de mon incroyance ! », dit le père de l'enfant épileptique. Lorsque nous manquons de foi, n'hésitons pas à le reconnaître devant Jésus - qui le sait très bien, mais qui attend de nous d'en avoir l'humilité !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le vendredi de la 7e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Livre de l'Ecclésiastique 6,5-17.
La parole agréable attire de nombreux amis, le langage aimable attire de nombreuses gentillesses.
De bonnes relations, tu peux en avoir avec beaucoup de monde ; mais des conseils, n'en demande qu'à un seul entre mille.
Si tu veux acquérir un ami, acquiers-le en le mettant à l'épreuve ; n'aie pas trop vite confiance en lui.
Il y a l'homme qui est ton ami quand cela lui convient, mais qui ne reste pas avec toi au jour de ta détresse.
Il y a l'homme qui d'ami se transforme en ennemi, et qui va divulguer, pour ta confusion, ce qui l'oppose à toi.
Il y a l'homme qui est ton ami pour partager tes repas, mais qui ne reste pas avec toi au jour de ta détresse.
Quand tout va bien pour toi, il est comme un autre toi-même et commande avec assurance à tes domestiques ;
mais si tu deviens pauvre, il est contre toi, et il se cache pour t'éviter.
Tes ennemis, tiens-les à distance, mais avec tes amis sois sur tes gardes.
Un ami fidèle est un refuge assuré, celui qui en trouve un a trouvé un trésor.
Un ami fidèle n'a pas de prix, sa valeur est inestimable.
Un ami fidèle est un élixir de vie que découvriront ceux qui craignent le Seigneur. Celui qui craint le Seigneur orientera bien ses amitiés, car son compagnon lui ressemblera.


Psaume 119(118),12.16.18.27.34-35.
Montre-moi comment garder ta loi,
que je l'observe de tout cœur.
Guide-moi sur la voie de tes volontés,
là, je me plais.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,1-12.
Jésus arrive en Judée et en Transjordanie. De nouveau, la foule s'assemble près de lui, et de nouveau, il les instruisait comme d'habitude.
Des pharisiens l'abordèrent et pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui répondirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d'établir un acte de répudiation. » Jésus répliqua : « C'est en raison de votre endurcissement qu'il a formulé cette loi.

Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme.
A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l'interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur répond : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d'adultère envers elle. Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d'adultère. »



Qu'il s'agisse d'amitié ou de mariage, ce qui compte aux yeux du Seigneur, c'est toujours la qualité de l'amour du prochain - contre lequel vient se heurter sans cesse notre endurcissement de coeur. La question qui nous est posée aujourd'hui (et qui se pose à chacun chaque jour de sa vie), c'est de reconnaître quelle est la qualité du mouvement de notre coeur.

L'Ecclésiastique voit clair lorsqu'il pose que toute affection doit être soumise à l'épreuve, qu'elle sera vérifée par l'épreuve, que c'est l'épreuve qui pourra seule en révéler la valeur. Il y a donc une mise en valeur de l'épreuve en soi. Et ce qui vaut pour les humains entre eux, vaut également dans la relation à Dieu. En effet, en sautant une page ou deux, je lis au chapitre 2 de l'Ecclésiastique:

01 Mon fils,si tu viens te mettre au service du Seigneur,prépare-toi à subir l'épreuve; fais-toi un coeur droit, et tiens bon; ne te tourmente pas à l'heure de l'adversité. Attache-toi au Seigneur, ne l'abandonne pas, afin d'être comblé dans tes derniers jours. Toutes les adversités, accepte-les; dans les revers de ta vie pauvre, sois patient; car l'or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de la pauvreté.

Pour conclure, il est intéressant de relire que toutes les affections et tout amour doivent être et seront vérifiées. Dans cet Evangile, figure également le rappel très clair, sans réplique admissible, de la valeur authentique du mariage, ce qui est tout à fait d'actualité !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le vendredi de la 7e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par Mac »

Bonjour Etienne et merci pour ton commentaire. :coeur: :ciao:
etienne lorant
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Samedi de la 7ème semaine du Temps ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Livre de l'Ecclésiastique 17,1-15.
Le Seigneur a créé l'homme en le tirant de la terre, et il l'a fait retourner à la terre. Il a donné aux hommes des jours comptés, un temps déterminé, il a remis en leur pouvoir ce qui est sur la terre. (...) Leurs chemins sont toujours à découvert devant lui, ils n'échappent jamais à ses regards.

Psaume 103(102),13-14.15-16.17-18a.
Comme la tendresse du père pour ses fils,
la tendresse du Seigneur pour qui le craint !
Il sait de quoi nous sommes pétris,
il se souvient que nous sommes poussière.

L'homme ! ses jours sont comme l'herbe ;
comme la fleur des champs, il fleurit :
dès que souffle le vent, il n'est plus,
même la place où il était l'ignore.

Mais l'amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent,
est de toujours à toujours,
et sa justice pour les enfants de leurs enfants,
pour ceux qui gardent son alliance.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,13-16.
On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit: « Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu à la manière d'un enfant n'y entrera pas. » Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

C'est souvent dans le chagrin ou le malheur que l'adulte suspend ses activités habituelles et prend du temps pour réfléchir à sa vie et à son identité profonde;
c'est dans ces moments-là qu'il réalise ne pas être aussi libre que le monde lui avait dit. Il constate que si tout paraît permis, certaines choses lui sont néfastes. Et à ce moment, un jugement se produit: il est obligé de faire des choix qui le remettent en question.

Est-ce une leçon de morale que nous donnent les lectures d'aujourd'hui ? Oui, si l'on considère l'accueil que Jésus réserve aux enfants en même temps que la façon dont ses propres disciples essayaient de les écarter de lui. Il s'agit en d'une leçon, mais qui précède l'énoncé d'une morale. En fait, Jésus nous indique les dispositions dans lesquelles il faut être pour accueillir sa Parole dans nos vies.

En effet, à qui donc s'en remettent donc les enfants pour savoir ce qui est bien et désirable ou mauvais et détestable ? A la parole et aux actes de leurs parents. D'où la responsabilité des parents.

Je me souviens toujours de l'épisode de mon enfance, durant lequel j'avais reçu de ma mère, avant mon départ vers l'école, l'instruction de partager avec d'autres mon "quatre-heures". Et selon que je le faisais ou pas, je me sentais fier ou un peu honteux. Bernanos a exprimé cela avec de si belles lignes, que je ne peux m'empêcher de le citer :

« D’où vient que le temps de notre petite enfance nous apparaît si doux, si rayonnant? Un gosse a des peines comme tout le monde, et il est, en somme, si désarmé contre la douleur, la maladie! L’enfance et l’extrême vieillesse devraient être les deux grandes épreuves de l’homme. Mais c’est du sentiment de sa propre impuissance que l’enfant tire humblement le principe même de sa joie. Il s’en rapporte à sa mère, comprends-tu? Présent, passé, avenir, toute sa vie, la vie entière tient dans un regard, et ce regard est un sourire.
Et plus loin :
"Ne s’amuse pas qui veut. La moindre poupée de quatre sous fait les délices d’un gosse toute une saison, tandis qu’un vieux bonhomme bâillera devant un jouet de cinq cent francs. Pourquoi? Parce qu’il a perdu l’esprit d’enfance."(*)

La leçon d'aujourd'hui est très simple. Pour devenir enfant de Dieu, pour entrer dans le royaume, il faut avoir envers Dieu et envers l'Eglise, les mêmes dispositions de confiance joyeuse que l'enfant éprouve à l'égard de sa mère.

(*): http://elkorg-projects.blogspot.be/2006 ... ur-de.html
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Le lundi de la 8e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Livre de l'Ecclésiastique 17,24-29.
La louange est enlevée au mort, puisqu'il n'existe plus ; c'est le vivant, le bien-portant, qui célébrera le Seigneur.
Qu'elle est grande, la miséricorde du Seigneur, qu'il est grand, son pardon pour ceux qui se convertissent à lui!


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,17-27.
Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
L'homme répondit : « Maître, j'ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. »
Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu.
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »


Le passage de l'Ecclésiastique nous montre bien les limites de sa croyance. En effet, les juifs - dans l'ancien comme dans le nouveau Testament (et jusqu'à nos jours !), n'envisagent la résurrection qu'après la venue du Messie. Et comme ils ne l'ont pas reconnu à sa première venue, eh bien, ils se représentent qu'après la vie terrestre, il y a toujours une forme de sommeil perpétuel jusqu'au retour en gloire de Jésus. La seule utilité du respect de toutes les prescriptions de la loi de Moïse, c'est de ne pas être tourmenté au séjour des morts... Certes, il m'est difficile de songer à cela ! Mais, en comparaison, comme je comprends mieux ainsi la foi des premiers chrétiens, et combien les premiers martyrs ont dû étonner leurs bourreaux quand ils allaient au supplice en chantant déjà leur délivrance !

L'obstacle principal pour connaître, dès aujourd'hui, dans notre coeur, la joie de la résurrection, ce n'est pas l'argent sous la forme de billets de banque ou de lingots d'or, mais c'est la pensée de l'argent. Mammon, comme Jésus le nomme, domine toujours ce monde : celui qui a des richesses n'a de cesse d'en avoir toujours plus et d'éluder l'impôt - et celui qui est pauvre devient très facilement voleur et ira jusqu'à tuer pour sortir de sa situation. Mais attention que l'on peut aussi être riche de soi-même : c'est l'orgueil et l'orgueil est un des plus graves péchés... Devant cette sévérité, les disciples sont très déconcertés, mais Jésus les rassure: le Dieu lui-même viendra au secours de leur foi - et Dieu est Amour, c'est l'amour qui triomphera de tout.

Je crois en Toi, Seigneur, mais viens au secours de ma pauvre foi !
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Le mardi de la 8e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Livre de l'Ecclésiastique 35,1-12.
C'est présenter de multiples offrandes que d'observer la Loi ; c'est offrir un sacrifice de communion que de s'attacher aux commandements.
C'est apporter une offrande de fleur de farine que de se montrer reconnaissant ; c'est présenter un sacrifice de louange que de faire l'aumône.
On obtient la bienveillance du Seigneur en se détournant du mal ; on offre un sacrifice d'expiation en se détournant de l'injustice. (...) Car le Seigneur est un juge qui ne fait pas de différence entre les hommes.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,28-31.
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers.»

Dans son amour de la Sagesse, l'Ecclésiastique a compris que pratiquer l'aumône, se montrer reconnaissant, se détourner du mal et de l'injustice, ont plus de prix aux yeux de Dieu que les rites de sacrifice à l'autel. Quand il écrit que le Seigneur est un juge qui ne fait pas de différence entre les hommes, il fait songer à la parabole des ouvriers de la dernière heure : ils recevront le même salaire que ceux qui ont travaillé aux champs depuis la première heure. Il rappelle aussi le mot extraordinaire du Seigneur: "Soyez miséricordieux comme votre père céleste est miséricordieux, lui qui fait se lever le soleil et tomber la pluie sur les bons comme sur les méchants".

L'Evangile d'aujourd'hui confirme cette extraordinaire ouverture de la pratique religieuse. Quiconque a reconnu le Seigneur et s'attache à lui, saura quitter toutes ses anciennes affections sans aucunement perdre au change - et cela en dépit même des persécutions (puisque comme dans les actes des apôtres, ils se réjouiront d'avoir pu subir la bastonnade à cause de leur foi). Le dernier verset rappelle encore qu'une seule chose est importante, c'est d'entrer dans le Royaume, peu importe l'ordre de l'arrivée: car la foi n'est pas une compétition.
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Le mercredi de la 8e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Livre de l'Ecclésiastique 36,1.4-5a.10-17.
Prends pitié de nous, Maître, Dieu du monde entier, regarde : répands la crainte de ton nom sur toutes les nations païennes.
Qu'elles te reconnaissent, comme nous-mêmes avons reconnu qu'il n'y a pas d'autre Dieu que toi, Seigneur !
Renouvelle tes prodiges, recommence à faire des merveilles.
Rassemble toutes les tribus de Jacob, rétablis-les dans leur héritage comme aux jours d'autrefois.
Prends pitié, Seigneur, du peuple qui porte ton nom, d'Israël que tu as considéré comme ton premier-né.
Fais miséricorde à la cité de ton sanctuaire, à Jérusalem, le lieu de ton repos.
Remplis donc Sion du récit de tes hauts faits, remplis ton Temple de ta gloire.
Témoigne en faveur de ceux que tu as créés au commencement, fais revivre les prophéties faites en ton nom.
Donne leur récompense à ceux qui t'attendent, que tes prophètes soient reconnus dignes de foi.
Exauce, Seigneur, la prière de tes serviteurs, selon ta bienveillance en faveur de ton peuple,
et tous les habitants de la terre reconnaîtront que tu es le Seigneur, le Dieu des siècles.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,32-45.
Les disciples étaient en route avec Jésus pour monter à Jérusalem ; Jésus les précédait ; ils étaient effrayés, et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :
« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort, ils le livreront aux païens,
ils se moqueront de lui, ils cracheront sur lui, ils le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera. »
Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
Les dix autres avaient entendu, et ils s'indignaient contre Jacques et Jean.
Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :
car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »



Pour l'Ecclésiastique, pour les disciples comme pour nombre d'entre nous, la connaissance du Dieu vivant passe par de nombreuses remises en question. Que dit la sagesse de l'Ecclésiastique ? Que Dieu est le plus grand, que Dieu est le plus à craindre, que c'est par la crainte que les hommes apprendront à le reconnaître. Et lorsque nos "messagers du ciel" contemporains annoncent "le grand avertissement" - ou encore : "les trois jours de ténèbre", c'est bien un dieu redoutable, un dieu vengeur qu'ils nous présentent. Et l'ancien testament nous présente l'épisode de l'arche de Noël, des plaies d'Egypte, l'anéantissement de l'armée de Pharaon, la destruction de Sodome, l'errance de quarante années dans le désert, etc. Ce sont des textes auxquels j'apporte mon propre crédit - mais sous l'angle de la Miséricorde, car cette dernière y est toujours présente.

C'est ainsi que l'on retrouve la peur également dans l'Evangile du jour. Les disciples marchent derrière Jésus qui se rend à Jérusalem; ils sont effrayés, et ceux qui les suivent sont dans la crainte aussi : il va se passer des choses terrifiantes ! Jésus ne va-t-il pas combattre, ne va-t-il pas se faire reconnaître en sa toute puissance ? Il n'y a que Jacques et Jean - ces "fils du tonnerre" pour surmonter la peur par leur ambition: après la bataille, après l'épreuve, ils veulent siéger à la droite ou à la gauche du Christ dans sa gloire (une gloire dont ils ne savent pas en quoi elle consistera).

Jésus répond en même temps aux craintifs comme aux ambitieux. Dieu n'est définitivement pas comme les hommes se le représentent. La puissance n'est pas dans la domination, mais dans le service - et le plus puissant, c'est celui qui se fait un esclave pour tous les autres - et jusqu'à donner sa vie.

Quel renversement des valeurs ! Et comme il est difficile de s'en défaire !
C'est la raison pour laquelle les croyants qui commencent - ou qui recommencent, rencontrent beaucoup de difficultés devant un Dieu qui n'a rien à faire de tout ce que le monde considère comme grand, fort, glorieux. Hors, Jésus est pourtant celui qui va donner sa vie pour tous. Mais Il ne la donne pas comme un Rambo dans un combat; il se laisse tondre et conduire comme un agneau à l'abattoir. Et en ceci réside la vraie royauté, c'est dans le don total de soi qu'apparaît la vraie puissance... Alors, heureux ceux qui croient !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Le samedi de la 8e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Livre de l'Ecclésiastique 51,12-20.
Mon Dieu, je veux te rendre grâce et te louer, je veux bénir le nom du Seigneur. Quand j'étais encore jeune et que je n'avais pas erré çà et là, aux yeux de tous j'ai cherché la Sagesse dans ma prière.
Devant le Temple, je priais pour la recevoir, et jusqu'au bout je la rechercherai.
Depuis qu'elle était en fleur comme le raisin qui mûrit, elle a été la joie de mon cœur. Mon pied s'est avancé sur le droit chemin ; depuis ma jeunesse, je marchais sur ses traces. Il m'a suffi de tendre un peu l'oreille pour la recevoir, et j'y ai trouvé de grandes leçons.
Grâce à elle, j'ai progressé ; je rendrai gloire à celui qui me donne la Sagesse.
J'ai résolu de la mettre en pratique, ardemment j'ai désiré le bien, et jamais je n'aurai à le regretter. Avec elle, j'ai vaillamment combattu, j'ai mis beaucoup d'exactitude à pratiquer la Loi. J'ai levé mes mains vers le ciel, j'ai déploré de la connaître si mal. J'ai marché tout droit vers elle, c'est dans la pureté que je l'ai trouvée. Avec elle, dès le commencement, j'ai trouvé l'intelligence, c'est pourquoi je ne serai jamais abandonné.


Psaume 19(18),8.9.10.11.
La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l'or,
qu'une masse d'or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 11,27-33.
Jésus et ses disciples reviennent à Jérusalem. Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, les chefs des prêtres, les scribes et les anciens vinrent le trouver.
Ils lui demandaient : « Par quelle autorité fais-tu cela ? Ou bien qui t'a donné autorité pour le faire ? »
Jésus leur dit : « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela.
Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. »
Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : 'Du ciel', il va dire : 'Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ? '
Mais allons-nous dire : 'Des hommes' ? » Ils redoutaient la foule, car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète.
Ils répondent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Alors Jésus leur dit : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »



La Sagesse que le l'Ecclésiastique a demandé dans sa prière lui fait rendre grâce car il peut constater, dans sa propre vie, le chemin qu'elle y a tracé. Comme il en témoigne dès le commencement, au chapitre 2, il a été mis à l'épreuve car son attachement au Seigneur devait être vérifié. C'est ensuite seulement qu'il a commencé d'en goûter les fruits excellents.

L'Evangile de ce samedi nous montre comment Jésus, qui possède en son coeur "tous les trésors de la sagesse et de la science (*), va complètement retourner la question des juifs venus le mettre à l'épreuve. Leur attitude est exactement à l'opposé de celle adoptée par leur ancêtre, dans la première lecture. Ils ne cherchent pas à connaître la sagesse, mais d'emblée, ils la remettent en question.

La réponse qu'ils obtiendront sera en fait comme une balle envoyée sur un mur, et qui rebondit et leur revient - ou mieux encore: comme une image renvoyée par le miroir. Car Jésus, par la simple question qu'il pose, leur retire toute l'autorité dont ils se croyaient investis, mais qui ne reposait sur un détournement de la connaissance. Dès lors, complètement déroutés, ils sont contraints d'avouer que leur prétendue science est néant : "Nous ne savons pas !", disent-ils. Eh bien, quel aveu !

Je prie donc ce matin, avec l'Ecclésiastique, que les épreuves de mon existence permettent à laisser l'Esprit saint modeler tout mon être, et ma manière d'être, selon l'amour de miséricorde dont j'ai été gratifié. C'est bien par la miséricorde que j'ai été mis à l'épreuve, afin que les écailles tombent de mes yeux, qu'ils s'ouvrent et que j'accepte de me laisser conduire.

Pour conclure, j'ai gardé ce très beau Psaume. Combien de fois, tôt le matin, dans la pénombre de la chapelle des soeurs Clarisses, je l'ai chantonné dans une paix profonde, en respectant la teneur, la demi-cadence et la finale ! Ce psaume dit toute l'excellence de la mise à l'épreuve initiale: oui, le regard est clarifié, oui, car le coeur s'adoucit, devient humble et capable d'adoration ! Il n'y plus ni perte ni gain, car tout le coeur est assagi. Heureux donc, tous ceux et toutes celles dont le regard est clarifié !

(*) dans les litanies du Sacré-Coeur de Jésus
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le lundi de la 9ème semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Livre de Tobie 1,1a.2.2,1-9.
Tobie, de la tribu et de la ville de Nephtali, fut déporté sous le règne de Salmanazar, roi d'Assyrie ; mais durant sa déportation, il ne quitta jamais le chemin de la vérité.
Un jour de fête du Seigneur, où l'on faisait un bon repas dans la maison de Tobie, celui-ci dit à son fils : « Va chercher quelques hommes fidèles à Dieu, appartenant à notre tribu, pour qu'ils festoient avec nous. » Le fils s'en alla, mais revint lui annoncer qu'un Israélite, étranglé, gisait dans la rue. Tobie quitta aussitôt sa place à table ; sans même avoir commencé son repas, il se rendit auprès du corps. Il le prit et le porta en cachette dans sa maison, afin de l'ensevelir discrètement après le coucher du soleil.
Lorsqu'il eut caché le corps, il mangea son pain dans le deuil et la crainte,
en se rappelant cette parole du Seigneur transmise par le prophète Amos : Vos fêtes seront changées en deuil et en lamentation. Au coucher du soleil, il sortit pour enterrer le mort. Tous ses proches le critiquaient : « Tu as déjà été condamné à la peine capitale pour ce motif, tu as tout juste sauvé ta vie, et tu recommences à enterrer les morts ? »
Mais Tobie, qui craignait Dieu plus que le roi, enlevait les corps de ses frères assassinés, les cachait dans sa maison et les enterrait au cours de la nuit.


Psaume 112(111),1-2.3-4.5-6.
Heureux qui craint le Seigneur,
qui aime entièrement sa volonté !
Sa lignée sera puissante sur la terre ;
la race des justes est bénie.

Les richesses affluent dans sa maison :
à jamais se maintiendra sa justice.
Lumière des cœurs droits, il s'est levé dans les ténèbres,
homme de justice, de tendresse et de pitié.

L'homme de bien a pitié, il partage ;
il mène ses affaires avec droiture.
Cet homme jamais ne tombera ;
toujours on fera mémoire du juste.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,1-12.
Jésus se mit à parler en paraboles aux chefs des prêtres, aux scribes et aux anciens : " Un homme planta une vigne, il l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Le moment venu, il envoya son serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par ceux-ci ce qui lui revenait du produit de la vigne.
Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent sans rien lui donner. De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l'assommèrent et l'insultèrent. Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d'autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu'un : son fils bien-aimé. Il l'envoya vers eux en dernier. Il se disait : 'Ils respecteront mon fils.' Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, et l'héritage va être à nous ! ' Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d'autres.
N'avez-vous pas lu ce passage de l'Écriture ? La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! » Les chefs des Juifs cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. (Ils avaient bien compris que c'était pour eux qu'il avait dit cette parabole.) Ils le laissèrent donc et s'en allèrent
.


Personne en ce monde ne peut, quelle que soit la qualité de sa pratique, s'imaginer avoir un droit et un pouvoir quelconque au sein de l'institution religieuse, qu'il s'agisse du temple ou de l'Eglise. Bien que déporté, Tobie a pu acquérir des biens et une certaine notoriété en dépit de son exil, mais sa piété envers Dieu n'a pas pour autant perdu de sa ferveur. C'est ainsi qu'il risque sa vie en cachant chez lui les corps de ses congénères tués "pour l'exemple" par les Assyriens. Il ne lui est pas permis de les enterrer, mais il le fait de nuit, dans sa propriété, au péril de sa vie. Il est "L'homme de bien qui a pitié, qui partage et mène ses affaires avec droiture.", ainsi que dit le Psaume.

Dans l'Evangile, Jésus emploie à l'égard des chefs des prêtres, des scribes et des anciens, cette terrible parabole des vignerons homicides. Si un seul d'entre eux pouvait l'entendre sans se rebeller, il serait sauvé: les mots sont simples et clairs, les Juifs doivent revenir à la véritable piété - celle-là même que Tobie et beaucoup d'autres ont pratiquée et dont eux-mêmes ne manquent pas de célèbrer le souvenir ! L'hypocrisie envers le Seigneur est un péché au-dessus d'un amas d'autres péchés, un crachat sur un tas de boue. De même, le fidèle qui confesse "une fois l'an toujours les mêmes péchés", nous a dit notre prêtre, fagit comme ces dignitaires juifs, qui préfère leur rang et leur pouvoir à la véritable pratique religieuse. De même, encore, le prêtre qui croirait pouvoir refuser un sacrement selon des considérations purement personnelles. Ainsi, de notre temps comme du temps de Jésus, quiconque s'imagine posséder une sorte de "priorité" dans le dessein de Dieu... commet une lourde erreur.

La pensée m'est venue ensuite que la piété et la sagesse, si je puis y accéder, consistera dans un perpétuel souvenir du temps où je croyais "dur comme fer" que c'est l'homme qui doit réussir seul sa vie. Ce fut pour moi un temps, non d'orgueil mais de dureté et de cynisme - et un temps de malheur: car le pécheur vit la condition ordinaire du malheur. C'est comme un sable mouvant: plus il se remue pour s'échapper, plus vite il s'enfonce. Seul le péché qui appelle et au secours est sauvé à la fin.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le mardi de la 9e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Livre de Tobie 2,10-23.
Un jour, Tobie, fatigué après avoir enterré les morts, rentra chez lui, s'étendit contre le mur et s'endormit. Pendant son sommeil, des hirondelles firent tomber de leur nid de la fiente chaude sur ses yeux, et il devint aveugle. Dieu permit cette épreuve pour que Tobie donne à la postérité un exemple de patience, comme le saint homme Job.
Comme Tobie, depuis son enfance, avait toujours eu la crainte de Dieu et observé ses commandements, il n'en voulut pas à Dieu pour le malheur qui le frappait, mais il resta inébranlable dans la crainte de Dieu, lui rendant grâce tous les jours de sa vie. De même que des rois injuriaient le bienheureux Job, les parents et les proches de Tobie se moquaient de sa conduite en disant :
« Où est-elle donc, cette espérance, pour laquelle tu faisais l'aumône et enterrais les morts ? »
Mais lui les reprenait : « Ne parlez pas ainsi, car nous sommes les descendants des saints, et nous attendons cette vie que Dieu donnera à ceux qui ne perdent jamais leur confiance en lui. »
Anne, sa femme, s'en allait tous les jours pour faire du tissage, et elle rapportait ce qu'elle avait pu gagner par le travail de ses mains. C'est ainsi qu'un jour elle reçut un chevreau qu'elle rapporta à la maison. Tobie entendit l'animal qui bêlait, et dit : « Prenez garde que ce ne soit le produit d'un vol ; rendez-le à ses maîtres ; car nous n'avons pas le droit de manger ce qui a été volé, ni même d'y toucher. »
Furieuse, sa femme répondit : « On voit bien que ton espérance n'a servi à rien, et tes aumônes ont montré ce qu'elles valaient ! » Elle lui faisait ces reproches, et d'autres du même genre.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,13-17.
On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler,
et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »
Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Faites-moi voir une pièce d'argent. » Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? De l'empereur César », répondent-ils. Jésus leur dit : « A César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet.

Cy Aelf, Paris

C'est un dilemne pour Tobie que d'accepter de son épouse un chevreau qu'il pourrait suspecter d'être d'origine frauduleuse. Et c'est un autre dilemne qui est proposé à Jésus. Tobie se veut juste devant le Seigneur en dépit même du malheur qu'il supporte. Cependant, si le chevreau a été honnêtement gagner (comme le texte le laisse supposer), alors la justice de Tobie est ici prise en défaut.

Le piège tendu à Jésus par les pharisiens et les hérodiens est plus radical: s'il répond qu'il faut payer l'impôt, il se fait l'ami de l'occupant romain et donc un ennemi des juifs; mais s'il répond qu'il ne faut pas payer l'impôt, il sera facile de se débarrasser de lui en le dénonçant à l'occupant romain.

Toute la sagesse divine est présente dans cette brève réponse. Et nous pourrions nous aussi nous poser la question: devons-nous obéir à des lois iniques qui nous sont imposées ou pouvons-nous nous en tenir pour exemptés ? La réponse est toujours la même: il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu.

Les juifs sont sous occupation romaine, mais dans leur histoire, à combien d'autres autorités étrangères n'ont-il pas auparavant été contraints de se soumettre ? Or "rendre à Dieu ce qui est Dieu" conduira Jésus à guérir le serviteur d'un centurion romain, à cause de la grande foi qu'il a manifestée. Aujourd'hui, il en est toujours ainsi : tout repose, en toute occasion, sur la qualité de notre relation à Dieu.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le samedi de la 8e semaine du Temps Ordinaire

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Extraits de l'homélie du Pape François

Pourtant, cette affirmation est le « point central » de l’action du chrétien, a-t-il rappelé : « l’Eglise n’est pas une organisation culturelle, religieuse, ni sociale; ce n’est pas cela. L’Eglise est la famille de Jésus. L’Eglise confesse que Jésus est le Fils de Dieu venu dans la chair. »

Il a dénoncé la tentation « séduisante » de « faire de bonnes choses sans le scandale du Verbe incarné, sans le scandale de la croix ». Sans l'incarnation du Verbe il manque le fondement de la foi : « c’est la vérité, c’est la révélation de Jésus. Cette présence de Jésus incarné. C’est l’essentiel ». Ce mystère ne peut « être supprimé ».

Mais le scandale de la croix attire la persécution du monde : dans l’Evangile du jour, les chefs des prêtres, les scribes et les anciens demandent à Jésus : « Par quelle autorité fais-tu cela ? » (Mc 11, 27-33). Jésus répond par une question : « Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes ? » et ne cède pas à leur « fausse curiosité » qui a pour but de lui « tendre un piège », a souligné le pape.

Pourquoi Jésus posait-il problème ? « Ce n’est pas parce qu’il faisait des miracles » ni parce qu’il prêchait la liberté du peuple, a répondu le pape. « Le problème qui scandalisait ces gens était que les démons criaient à Jésus : “Tu es le Fils de Dieu, tu es le Saint”. Cela est le point central ».

Comme cela est arrivé au Christ, le monde tend aussi des « pièges » aux chrétiens, pièges que le pape a traduit ainsi : « mais vous chrétiens, soyez un peu plus normaux, comme les autres personnes, raisonnables, ne soyez pas si rigides ». Derrière cette invitation, il y a celle de ne pas annoncer que « Dieu s’est fait homme », car « l'incarnation du Verbe est le scandale », a-t-il estimé.

Si les chrétiens deviennent « des chrétiens raisonnables, des chrétiens sociaux », il n’y aura « plus de martyrs ». Au contraire, s’ils affirment que « le Fils de Dieu est venu et s’est fait chair », s’ils prêchent « le scandale de la croix », « les persécutions viendront, la croix arrivera ».

En conclusion, le pape François a exhorté les fidèles à demander au Seigneur « de ne pas avoir honte de vivre avec ce scandale de la croix ». Il a invité à invoquer de Dieu la sagesse, pour « ne pas se laisser prendre au piège par l’esprit du monde qui fera toujours des propositions éduquées, des propositions civilisées, de bonnes propositions ». Mais ces propositions nient « le fait que le Verbe se soit incarné », un fait qui « scandalise » et « détruit l’œuvre du diable ».

( 3 juin 2013) © Innovative Media Inc.
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Re: Le mardi de la 9e semaine du Temps Ordinaire

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,13-17.
On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler, et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »

En relisant ce passage, tout à l'heure, je me suis rendu compte du réalisme de la scène décrite par Marc. En effet, ces pharisiens et hérodiens se comportent avec Jésus comme n'importe quel policier lorsqu'il interroge un suspect. C'est toujours la même méthode qui commence par la flatterie. "Tu dis toujours la vérité, ce n'est pas toi qui vas te laisser influencer !"

A ces mots, n'importe lequel d'entre nous, même s'il est méfiant, aura tendance à baisser sa garde, et se dira: "J'ai de la chance, je suis tombé sur des hommes qui savent apprécier mes qualités"... Mais sans plus attendre vient le piège de la question, il est tendu comme un filet, mais qui a de grosses mailles: "Est-il permis ?" avec l'obligation de répondre par "Oui ou non"...

En 2013 encore, cette scène aurait pu être jouée et primée pour sa "crédibilité" !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le mercredi de la 9e semaine du Temps Ordinaire

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Livre de Tobie 3,1-11.24-25.
Tobie se mit à gémir et à prier en pleurant :
« Tu es juste, Seigneur, tous tes jugements sont justes, et tous tes chemins sont miséricorde, vérité, jugement.
Et maintenant, Seigneur, souviens-toi de moi ; ne me punis pas pour mes péchés, ne te rappelle pas mes fautes, ni celles de mes pères.
Nous n'avons pas obéi à tes commandements ; c'est pourquoi nous avons été livrés au pillage, à la déportation, à la mort, aux moqueries et aux injures de toutes les nations chez lesquelles tu nous as dispersés.
Oui, Seigneur, tes jugements sont sévères, parce que nous n'avons pas agi selon tes commandements et que nous n'avons pas eu devant toi une conduite loyale. Et maintenant, Seigneur, agis à mon égard selon ta volonté ; ordonne que mon esprit soit reçu dans la paix, car pour moi, mieux vaut mourir que vivre. »
Le même jour, dans une ville du pays des Mèdes, il arriva aussi que Sara, fille de Ragouël, se fit insulter par une des servantes de son père.
Elle s'était mariée sept fois, mais un démon, appelé Asmodée, avait chaque fois tué le mari dès qu'il avait voulu s'unir à elle.
La servante accusait donc la jeune fille de cette faute ; elle lui disait : « Que jamais on ne voie sur terre un fils ou une fille nés de toi, meurtrière de tes maris ! Veux-tu donc me tuer, moi aussi, comme tu as déjà tué tes sept maris ? » En entendant ces paroles, Sara monta dans la chambre du haut, et elle resta trois jours et trois nuits sans manger ni boire ; elle faisait de longues prières, et elle implorait Dieu en versant des larmes pour être délivrée de ce déshonneur.
En ce temps-là, les prières de l'un et de l'autre furent agréées devant le Dieu Très-Haut dans sa gloire, et le saint ange du Seigneur, Raphaël, fut envoyé pour les guérir l'un et l'autre, car leurs prières avaient été présentées en même temps devant le Seigneur.


Psaume 25(24),2c-3.4-5ab.6-7.8-9.
Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,18-27.
Des sadducéens - ceux qui affirment qu'il n'y a pas de résurrection - viennent trouver Jésus, et ils l'interrogeaient :
« Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, qu'il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère. Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement.
Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et finalement, la femme mourut aussi. A la résurrection, quand ils ressusciteront, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ? » Jésus leur dit : « N'êtes-vous pas dans l'erreur, en méconnaissant les Écritures, et la puissance de Dieu ?
Lorsqu'on ressuscite d'entre les morts, on ne se marie pas, mais on est comme les anges dans les cieux.
Quant à dire que les morts doivent ressusciter, n'avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes complètement dans l'erreur. »


La Liturgie de ce jour met en rapport l'histoire de Sara, la femme qui perd ses sept maris, avec la question posée par les Sadducéens qui mettent en scène sept frères qui ayant eu la même femme, mais sans avoir de descendance.

Et en même temps, ce qui ressort de cette mise en rapport des textes, c'est que Sara, tout comme Tobie, ont eu le mérite de s'adresser à Dieu dans leur malheur. Tandis que les Sadducéens, qui ne croient pas à la résurrection, persistent dans leur erreur jusqu'à proposer à Jésus cette fable de la femme aux sept maris. Ils ne se rendent pas compte qu'en agissant ainsi, ils se raidissent contre Dieu, exactement de la même façon que les Pharisiens (mais pour d'autres motifs).

Jésus leur répond en rappelant ce que Dieu dit à Moïse dans le buisson ardent : "Moi, je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob". Comment Dieu se présenterait-il comme celui qui règne sur des morts ? Devant lui, tous sont vivants ! Et ce n'est certes pas au hasard que Jésus a choisi de rappeler la révélation au buisson ardent - car les Pharisiens comme les Sadducéens sont tout aussi entêtés leurs erreurs.

En résumé, Sara et Tobie ont rencontré le malheur dans leur vie, mais ils se sont adre ssés à Dieu. Tandis que Sadducéens et Pharisiens, qui vivent également une forme de malheur sous l'occupation romainene prient pas - ou ne prient que dans un seul sens. Leurs attitudes devant Jésus montre bien ce qu'ils veulent: la relation à Dieu soit selon leurs vues, et à perpétuité !

Aujourd'hui, on parlerait d'une idéologie, car instrumentaliser Dieu, c'est d'une manière ou d'une autre concevoir une idéologie. N'est-ce pas ce qui conduira Jésus à la croix ? Et n'est-ce pas la croix du Christ qui est un scandale pour ceux qui ne veulent pas croire ? Et c'est, aujourd'hui, par la croix du Christ que les idéologies actuelles seront renversées.

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le jeudi de la 9ème semaine du Temps Ordinaire

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Livre de Tobie 6,10-11a.7,1.9-17.8,4-10.
Tobie avait envoyé son fils au pays des Mèdes sous la conduite d'un jeune homme, qui était en réalité l'ange Raphaël, envoyé par Dieu. A la première étape, le jeune Tobie dit à son compagnon : " Où veux-tu que nous allions loger?" L'ange lui répondit : « Il y a ici un homme appelé Ragouël, membre de ta tribu et de ta famille ; il a une fille nommée Sara. » Ils allèrent donc chez Ragouël, qui les reçut avec joie. Après avoir parlé avec eux, il ordonna de tuer un chevreau et de préparer le repas.
Lorsqu'il les invita à s'asseoir pour le repas, Tobie lui dit : « Je ne mangerai pas ici aujourd'hui, et je ne boirai pas, si tu n'accueilles pas ma demande, et si tu ne me promets pas de m'accorder ta fille Sara. »
En entendant ces mots, Ragouël fut épouvanté, en pensant à ce qui était arrivé aux sept maris qui avaient voulu s'unir à sa fille, et il prit peur en pensant que la même chose pouvait arriver à Tobie. Comme il hésitait et ne répondait pas à la demande du jeune homme, l'ange Raphaël lui dit : « Ne crains pas d'accorder ta fille à Tobie : il est fidèle à Dieu, et c'est lui qu'elle doit épouser ; voilà pourquoi aucun autre n'a pu l'obtenir. »
Ragouël dit alors : « Je suis sûr maintenant que Dieu a accueilli ma prière et mes larmes, et je crois fermement qu'il vous a conduits tous deux jusqu'à moi, pour que ma fille épouse un homme de sa parenté, suivant la loi de Moïse. Et maintenant, Tobie, sois sans inquiétude : je te la donne. » Il prit la main droite de sa fille et la mit dans celle de Tobie, en disant : « Que le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob soit avec vous ; que lui-même vous unisse et vous comble de sa bénédiction. »
On prit une feuille pour écrire, et l'on rédigea l'acte de mariage.
Après quoi ils festoyèrent en bénissant Dieu.
Quand ils furent dans leur chambre, Tobie adressa à la jeune femme cette exhortation : « Sara, lève-toi. Nous allons prier Dieu aujourd'hui, demain et après-demain. Pendant ces trois nuits, c'est à Dieu que nous sommes unis, et quand la troisième nuit sera passée, nous consommerons notre union.
Nous sommes les descendants d'un peuple de saints, et nous ne pouvons pas nous unir comme des païens qui ne connaissent pas Dieu. » Ils se levèrent tous les deux et se mirent à prier ensemble avec ferveur. Ils demandaient à Dieu sa protection. Tobie disait : « Seigneur, Dieu de nos pères, que le ciel et la terre te bénissent, ainsi que la mer, les sources, les fleuves et toutes les créatures qui s'y trouvent. C'est toi qui as fait Adam avec la glaise du sol, et qui lui as donné Ève pour l'aider. Et maintenant, Seigneur, tu le sais : si j'épouse cette fille d'Israël, ce n'est pas pour satisfaire mes passions, mais seulement par désir de fonder une famille qui bénira ton nom dans la suite des siècles. » Sara dit à son tour : « Prends pitié de nous, Seigneur, prends pitié de nous ; puissions-nous vivre heureux jusqu'à notre vieillesse tous les deux ensemble. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,28-34.
Un scribe, s'avança vers Jésus et lui demanda : " Quel est le premier de tous les commandements?"
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l'Unique et qu'il n'y en a pas d'autre que lui. L'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n'osait plus l'interroger.

Cy Aelf, Paris

Pour parvenir à la connaissance du Dieu vivant, les hommes ne peuvent procéder que par étapes et dans l'humilité. Ragouël bénit le mariage de Tobie et de sa fille Sara en invoquant le "Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob", car il est clair pour lui que Dieu est le Dieu des vivants, dès le commencement. Le malheur qui frappait Sara se meut félicité. Toute la maison se réjouit car Dieu avait le dessein de lui donner pour époux un homme issu du même lignage qu'elle, signe évident de la faveur divine. C'est la raison pour laquelle aucun homme jusqu'à Tobie n'avait pu l'approcher. Et l'explication heureuse d'un malheur efface en efface jusqu'au souvenir.

Le mérite du scribe, dans l'Evangile, c'est qu'à la réponse donnée par Jésus un noeud s'est défait en lui. Quelque chose de nouveau apparaît soudainement, qui est supérieur à la loi mosaïque. Pour nous aussi, c'est extraordinaire, car nous avons la recette de l'amour parfait: "Tu aimeras Dieu en tout premier lieu; et parce que tu aimes Dieu, tu aimeras ton prochain. Et tu aimeras ton prochain comme tu dois aussi t'aimer toi-même, puisque tous sont issus de Dieu.

Ce scribe montre lui-même qu'il a saisi quelque chose de neuf et qui réjouit son coeur, puisqu'il va plus loin encore et ose affirmer que cette forme d'amour vaut mieux que toutes les offrandes et que tous les sacrifices ! Les pharisiens présents n'ont plus eu qu'à se taire, car bien sûr, ils se souviennent, par exemple, de la plainte de Dieu proférée par la bouche d'Isaïe: "Cessez d'apporter de vaines offrandes: J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; elles me sont à charge; je suis las de les supporter.Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas: Vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions. Cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, protégez l'opprimé; faites droit à l'orphelin, défendez la veuve." (Isaïe 1:14 et ss)

Jésus conclut : "Tu n'es pas loin du royaume de Dieu". Mais pourquoi le scribe n'y est-il pas encore ? Il ne lui reste qu'un pas à franchir encore: renoncer à lui-même pour suivre Jésus. Autrement dit: c'est bien et c'est réjouissant de comprendre le projet du Seigneur, mais c'est mieux encore de renoncer à soi-même pour le suivre.

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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