Idoine a écrit :Les arguments juridiques font que rien ne change dans un couple homosexuel comparé à un couple dont les enfants ont été adoptés par exemple. Les arguments psychologiques et sociologiques ne sont pas concluants dans une direction ou dans l'autre. Il ne reste que des centaines de milliers de personnes qui manifestent pour que les enfants ne soient pas éduqués dans des familles homosexuelles, pour leur soi-disant bien. C'est quoi si ce n'est pas de l'homophobie ?
Quand même juste un point :
traditionnellement, un enfant adopté dans une famille, c'est la rencontre d'un grand malheur, celui de l'enfant orphelin ou presque, et d'un don de soi, celui de la famille adoptante; il y a là une nécessité vitale du coté de l'enfant, confronté à une situation où personne n'a vraiment cherché à ce que ça finisse ainsi; c'est un enfant qui a à se construire malgré une épreuve terrible, et pour lequel on retente une filiation. En aucun cas un enfant pouvant connaître des parents responsables ne leur est retiré pour être donné à un autre couple. En ce sens du mot adopter, je veux bien comprendre tout type d'adoptant, mono, homo, hétéro, même si c'est clairement le dernier choix qui me parait préférable.
Pourquoi?
1)Entre autres parce qu'on sort d'un siècle entier de psychanalyse de la famille, qui a eu son apogée lors des lois facilitant le divorce, à grand renfort de "triangulation père-mère-enfant", où de multiples pointures (Dolto en tête) nous ont démontré par A + B qu'il fallait à un enfant autant son père que sa mère, un père
masculin, responsable et plein d'autorité naturelle, et une mère
féminine maternelle et centrage de la famille.
Mais vous pouvez me rétorquer qu'un avis perso ne compte pas tellement il est subjectif. Soit. Mais c'est ce que je ressens.
2)un enfant "adopté" tel que décrit dans la famille homosexuelle, c'est l'enfant biologique de l'un fait grâce à un utérus de prêt, ou à une semence de prêt. Ce n'est en aucun cas un enfant orphelin ou en grand danger psychologique à qui il faut impérativement trouver une famille;
c'est un enfant créé pour le désir d'un couple qui ne lui offre qu'un parent biologique,
l'autre parent biologique n'étant réduit qu'à un service payant. Donc c'est un enfant qui n'a pas, et c
ela de façon volontaire de gens qui décident pour lui et qui le mettent devant le fait accompli, ce que la nature et la psychanalyse ont rêvé pour lui ; deux parents de sexe différent.
Et qui quoi qu'on en dise ne lui offre pas la compagnie quotidienne et permanente de deux personnes différemment sexuées, tels que tant de fois décrits dans moult bouquins depuis longtemps. Je trouve cela fort de café, et somme toute bien égoïste; il me semble qu'aimer quelqu'un, un enfant, c'est aussi anticiper pour lui offrir le meilleur environnement possible au moins au départ.(après soit, la vie n'est pas simple et beaucoup de deuils ou de séparations peuvent survenir quelle que soit la famille).
Enfin, si je peux me permettre le détour anecdotique, si j'étais une fille et que mon père me renvoie l'image que ma mère biologique, porteuse des mes gênes, n'a été pour lui qu'un utérus, je ne sais pas l'image de moi et de la femme que j'aurais développée, mais rien que d'y penser je sens une souffrance pas loin. J'aurais eu une colère indicible envers lui. Et vice-versa pour mon père inconnu si ma mère etc...
C'est du moins ce que je ressens.
De plus, le hasard génétique a fait que je suis l'exact portrait de mon père dans une famille nombreuse où tout le monde est blond aux yeux bleus ou verts, est fin, et de taille moyenne. Je suis géante, aux cheveux de jiais, et taillée au couteau, (comme si j'étais issue d'un peuple tartare!). Autant vous dire que rien n'a été évident pour trouver ma place dans un milieu où tout le monde est beau et où on soupire en me voyant débouler. Si j'avais vécu avec deux mères, je me serais suicidée, ça me semble évident; heureusement que dans ma vie j'ai eu au moins une personne référente à mon image, mon père; grand, fort, travailleur, dévoué; j'ai pu me construire dessus, alors que me construire sur l'image de ma mère, je n'y arrivais pas, malgré son dévouement (je ne le lui reproche pas, mais nous sommes totalement opposées).
Sincèrement, bien que je vois que d'un cas particulier on ne peut pas faire une généralité, je suis infiniment soulagée d'avoir pu connaître mes deux parents, mes deux filiations biologiques, mais aussi familliales, historiques, sur des points intimement liés à la biologie (hémochromatose familiale, maladie cardiaque héréditaire, etc...) et combien j'ai pu apprécier de connaître les stratégies de tous ceux qui m'ont précédé sur ces points de santé pour développer leur endurance vis-à-vis d'elles.
Et on peut me dire tout ce qu'on voudra, ouf!! et re-ouf! j'ai connu mes deux parents, et il me le fallait vraiment.
Et cerise sur le gâteau, de connaître par les photographies les visages de tous ceux qui m'ont précédé il y a cent ans et auquel je ressemble à s'y méprendre, de connaître leur histoire, leur vie, comment depuis eux les choses familiales se sont enchaînées pour arriver jusqu'à aujourd'hui, ça a fait partie de ma construction psychique; je suis forte aussi grâce à eux, et au fait de les connaître. Je fais partie de gens qui ont besoin de tout cela pour arriver à rester droit dans ses bottes, et qui en plus pensent que l'histoire familiale a un sens bien plus profond qu'il n'y parait, que toutes les histoires des générations passées non résolues ressortent sur les suivants, tels que Dolto, encore elle, les décrivait.
Alors en participant à une manifestation je peux évidemment passer pour une homophobe, puisque quoi qu'en dise la loi ou la raison c'est le ressenti qui fait et fera toujours loi affectivement chez le sujet, (et dans toutes les situations, pas que sur les questions polémiques) et ignorer l'aspect affectif d'une personne c'est passer complètement à coté de la moindre chance de la comprendre.
Mais voyez-vous, pour tout un tas de raisons qui me sont propres, et pas simplement dogmatiques et religieuses au sens de "je crois donc je fais le mouton coincé", à mon sens, accueillir un enfant en lui donnant de l'amour, c'est l'adopter s'il y a nécessité vitale,
mais sans avoir créé volontairement les conditions d'une adoption (l'adoption étant toujours une béquille par rapport à une famille originelle, car choisie en deuxième intention, vous en conviendrez); voilà, c'est affectif chez moi. Prouvez-moi que j'ai tort, prouvez-moi que le bien commun est contraire, je continuerai à penser pareil.
Comme ceux qui me jugent homophobe sur leur ressenti.
Bien que j'ai des amis clairement homosexuels qui me supportent très bien.
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour