Maurras

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voxifera
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Maurras

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Pour ma part, je reste monarchiste convaincu.
La démocratie est antinaturelle

La nature dit que les hommes naissent et croissent en famille, qu'ils sont père, frères, enfants, que les sentiments publics ne peuvent pas ne pas être pénétrés profondément par les sentiments domestiques : légiférer dans l'État comme s'il n'y avait ni paternité ni hérédité dans la race humaine, c'est espérer que les races se composeront éternellement d'une majorité de Brutus.

La nature dit aussi que les grands intérêts publics comportent une part notable et respectable de tractations silencieuses et de délibérations secrètes : légiférer dans l'État comme si tout devait y être public, c'est compter qu'on n'inventera point un système d'information générale tellement étendu et perfectionné que chacun aura l'illusion de tout connaître, tandis qu'il sera impossible de rien savoir de ce qui vaudra la peine d'être connu...

Les lois naturelles sont des nécessités : elles viennent à bout des lois écrites, qui sont des volontés la plupart du temps arbitraires.

En reconnaissant la nature, on la règle, on la discipline, on la fait servir au bien général. En la niant, comme le font les Républiques démocratiques, toutes ses impulsions, toutes ses résistances légalement interdites sont déchaînées en fait, l'égale répression du Meilleur et du Pire valant à celui-ci une espèce d'honneur; d'injustes sévérités contre la transmission héréditaire rendent presque honorable le népotisme le plus effréné; la ridicule prétention de tout traiter sur la place publique confère une espèce de dignité politique aux cachotteries ténébreuses des farceurs qui mettent le secret d'État au seul service des intérêts privés ou des intérêts de parti.
***
C'EST LE REGIME QU'IL FAUT METTRE EN CAUSE.

OU NOUS CHANGERONS QUELQUE CHOSE, ET L'ESSENTIEL, AU REGIME, A LA REPUBLIQUE, OU L'ASSERVISSEMENT A L'ÉTRANGER SE FERA SANS DIFFICULTE.

LES REACTIONS PARTICULIERES ET EPARSES SONT EXCELLENTES, DE TOUT POINT, MAIS ELLES NE SUFFISENT PAS. ELLES NE SERVIRONT QU'A LA CONDITION QU'ON EN TIRE LES ELEMENTS D'UNE REACTION PLUS VASTE ET PORTANT DROIT AU CENTRE COMMUN DES PARESSES, DES INERTIES, DES INCOHERENCES ET DES PERVERSITES POLITIQUES DONT NOUS MOURONS. DES HOMMES SONT DES FOUS OU DES SCELERATS. QU'EST LEUR PART DE NOCIVITE AUPRES DE CELLE DU REGIME ! LE BLOC DES GAUCHES EST UN GRAND COUPABLE. MAIS LE BLOC NATIONAL FUT UN GRAND INNOCENT.

VEUT-ON SAVOIR D'OU SONT VENUS LES PIRES MAUX ?; JE REPONDS SANS HESITER : DU BLOC INNOCENT.
***
Celui-ci a vu l'amélioration possible de la République et de la Démocratie, et il en a subi les moeurs abjectes et infâmes, incapables de rien restaurer, destinées à tout compromettre.

L'autre bloc, familier de ces infamies et de ces abjections, en tire un puissant profit personnel, mais il n'ignore pas vers quelle catastrophe il roule à des vitesses variées : méprisé d'autrui, se méprisant lui-même, désabusé depuis longtemps de ses folles idées directrices, ne croyant ni à la République, ni à la démocratie, ni à la patrie, il se sent déjà mourir, pourrir, empester.

Mais dans son agonie, le sentiment qui le domine est un étonnement naïf, par ce vaste pays dont il ne représente qu'une très faible portion, il est fort étonné de ne voir apparaître encore ni fossoyeur ni héritier.

L'un et l'autre sont là pourtant.
Nos raisons pour la monarchie
Les rois, pères de la patrie
Notre France est une oeuvre d'art. C'est une oeuvre d'art politique, née de la collaboration d'une nature favorable et d'une pensée dirigeante. D'autres nationalités doivent beaucoup plus que la nôtre à la nature. La forme de la Grande-Bretagne présumait et fondait le Royaume-Uni. En Allemagne agissait la langue. L'Italie, avant d'être un État, formait déjà un peuple. Chez nous, la France était possible, la Gaule et Rome l'avaient esquissée, mais l'invasion scandinave et l'anarchie féodale menaçaient de tout effacer à jamais lorsque surgirent les admirables chefs capétiens qui, aidés de l'Église, sauvèrent tout d'abord le fragile germe existant, puis en tirèrent la première Unité politique de la chrétienté et du monde.

Il y a de grands hommes qui firent oeuvre merveilleuse, mais caduque, il n'en reste que gloire : je n'ai pas besoin de vous citer Napoléon. Il y a des héros qui fondèrent leur dynastie et enchaînèrent notre gratitude par leurs bienfaits. Clovis, qui aurait pu nous laisser ariens, nous faisant catholiques, nous rattacha à toute la tradition religieuse et civile préexistante; les Pépins et les Charles arrêtèrent le flot sarrasin. Mais une décadence rapide eut raison de leurs successeurs sinon de leur oeuvre.

Le chef-d'oeuvre capétien dura. Il accomplit, il acheva l'harmonie de l'oeuvre et de ses auteurs, la race créatrice et l'édifice créé. Certes, l'ensemble de la nature française correspondait au labeur capétien et le secondait, on peut le dire, de tout son coeur. Mais que de détails ennemis, que d'accidents, que de déchirures inévitables, qui ne furent pas évités; et, à chaque malheur, il semblait qu'une voix secrète redît à chaque roi le « mon fils, il faut recoudre » de Catherine de Médicis. Et le roi de France, immortel et infatigable, recommençait, tantôt à reprendre le terrain qu'il avait perdu, comme après la prison de Jean le Bon ou la folie de Charles VI, tantôt, après telle ou telle faute commise, à la réparer jusqu'aux plus amples satisfactions, comme dans la lutte contre la maison d'Autriche. Il règne, mais l'idée de ses Pères règne sur lui. Il travaille à conduire la Gaule de Jules César à ses frontières naturelles. Tantôt il assimile avant de conquérir. Tantôt la parcelle conquise est soumise à un patient effort d'assimilation avant qu'il entreprenne de conquête nouvelle. Tel est l'art, telle est la discipline constante de ces quarante rois. Les petits traits particuliers se fondent tous dans ce trait commun de ne pas oublier leur fonction d'assembleurs de la terre française. Un roi débauché nous vaut la Lorraine, et le plus grand de tous, celui d'entre eux auquel on a le plus reproché, parce qu'il fascina et ensorcela son époque, celui qui expira en se reprochant d'avoir trop aimé la guerre, Louis XIV se garde pourtant de l'erreur de trop saisir pour mieux retenir : il évite de prendre cette ligne du Rhin sur laquelle la Révolution et Napoléon crurent s'installer.

Pères de la patrie ! Que sont devenues nos affaires depuis nos parricides répétés en cent ans de révolution ! Nous savons ce qui s'est fait (tout seul, l'admettons-nous ?;) quand ils étaient là. Regardez ce qui s'est défait en leur absence, Louis XVI nous laissait une armée et une marine incomparables; Charles X une brillante situation en Europe et l'Algérie; Louis-Philippe, le bel instrument militaire créé par la loi de 1832. Ils tombent et, depuis, nous tombons. Des catastrophes inouïes nous harcèlent et nous épuisent. On parle de Pavie (bien au-delà des Alpes), On parle de Rosbach (au fond des Allemagnes). Qu'est-ce auprès des trois entrées de l'étranger dans Paris, en 1814, en 1815, en 1870 ?; Qu'est-ce auprès de la Constitution unitaire donnée à deux grands empires de cette Europe que nos rois maintenaient divisés ou fédéraient autour d'eux : l'Allemagne, maîtresse du monde, et l'Italie nous disputant l'Orient latin ?; Qu'est-ce auprès de la guerre civile, érigée, exaltée, couronnée, légalisée, constitutionnalisée sous le sobriquet de Bien public ou de Paix publique ?; Ce gouvernement des partis, c'est-à-dire de partage et de division, peut dresser les statues à ses chefs de faction : tout le monde comprend qu'il tente ainsi de recouvrir en les honorant l'antique folie gauloise et ses tumultes vains.
***
UNE CERTAINE SOCIETE POLITIQUE APPELEE LA FRANCE A DONC ETE CREEE PAR SES ROIS, LES ROIS DE LA TROISIEME RACE.

ON A VU NOTRE GRATITUDE DES SERVICES DE CLOVIS ET DE DAGOBERT. L'HOMME DE GENIE QUI DEMANDA ET REÇUT LE BAPTEME CATHOLIQUE, AU LIEU DU BAPTEME ARIEN PROPRE AUX AUTRES BARBARES, DECIDA DE LA CIVILISATION EN OCCIDENT. MAIS, POUR UNE CAUSE OU UNE AUTRE, SES DESCENDANTS SE TROUVERENT AU-DESSOUS DE LA SITUATION QUE CREAIT L'INVASION SARRASINE ET, ALORS, LE POUVOIR ALLANT A QUI POUVAIT, CE FUT LE TOUR DE CHARLES ET DES PEPINS.

D'AUTRES CAUSES, ENTRE LESQUELLES IL FAUT COMPTER LA PRATIQUE DU REGIME ELECTIF, AYANT AMENE LA DECHEANCE DE LA RACE DE CHARLEMAGNE, CE QUE LE GEANT AVAIT REUNI NE FUT PAS MAINTENU ET, LES CAROLINGIENS NE SACHANT MEME PAS DEFENDRE LEUR DOMAINE CONTRE L'INVASION SCANDINAVE, IL PARUT UNE RACE MEILLEURE, DONT LE CHEF S'APPELA PRECISEMENT LE FORT.

NON PARCE QU'IL ETAIT FORT, MAIS PARCE QUE SA FORCE ETAIT BIENFAISANTE, TOUT LE MONDE EUT RECOURS A LUI ET AUX SIENS DANS LA NECESSITE.

LA CARENCE DU POUVOIR RESSEMBLE A LA VACANCE D'UN CHAMP. LE PREND QUI VEUT, LE TIENT QUI PEUT. LE FAIT CAPITAL DE L'AVENEMENT DES CAPETS, CE NE FUT PAS LA RECONNAISSANCE DE LEUR POUVOIR, CE FUT CE POUVOIR MEME : DEFENSEUR, ORGANISATEUR, BIENFAITEUR.

CE QUE NOUS NOMMONS FRANCE EST NE DE L'ORGANISATION CAPETIENNE. LA CONFECTION SECULAIRE DU TERRITOIRE EST LE SYMBOLE DE LA LONGUE ELABORATION INTELLECTUELLE ET MORALE DONT ILS FURENT LES INITIATEURS ET LES GUIDES. NOTRE PATRIE ETAIT AVANT EUX UN POSSIBLE; LES ELEMENTS EN ETAIENT PRETS. ASSEMBLES SOUS LEURS MAINS, CES ELEMENTS ONT COMMENCE A SE DISJOINDRE QUAND LES NOBLES ARTISTES ONT CESSE DE POUVOIR DIRIGER LE TRAVAIL. ILS N'AVAIENT CERTES PAS ETE A L'ABRI DES ACCIDENTS QUI FRAPPENT LA FAIBLESSE HUMAINE. MAIS TOUTES LES PERTES QU'ILS AVAIENT FAITES DE CE CHEF AUX XIIIE ET XIVE SIECLES, ET AU XVIE ENCORE, AVAIENT ETE SUIVIES DE REPARATIONS EXEMPLAIRES. TOUTES LES FOIS QUE NOTRE INGRATITUDE LES A DETRONES (1789, 1830, 1848), LE PAYS ETAIT COMPACT ET PUISSANT : L'EUROPE ENNEMIE VIVAIT DANS LA DIVISION OU LEUR POLITIQUE TRADITIONNELLE L'AVAIT PLACEE.

MAINTENANT NOUS SOMMES AUX PRISES AVEC DEUX OU TROIS CONCURRENCES OU INIMITIES EUROPEENNES FORMIDABLES.

ET LA FAIBLESSE INTERIEURE DE NOTRE ÉTAT LE MET AUX PRISES AVEC UNE VERITABLE FEODALITE D'INTERETS COALISES CONTRE LUI.

LES SOUVENIRS DE ROME ONT FAIT L'UNITE ITALIENNE. LA REALITE DE LA RACE ET DE LA LANGUE GERMANIQUES, UNIE AUX TRADITIONS DE CHARLEMAGNE ET DU SAINT-EMPIRE, A FAIT L'UNITE ALLEMANDE. L'UNITE BRITANNIQUE EST RESULTEE DE LA CONDITION INSULAIRE. MAIS L'UNITE FRANÇAISE, OEUVRE DE POLITIQUE, DE LA PLUS SOUPLE, DE LA PLUS LONGUE ET DE LA PLUS FERME POLITIQUE AUTORITAIRE, RESULTE ET RESULTE EXCLUSIVEMENT DE DESSEINS CONTINUES PENDANT 1.000 ANS PAR LA MAISON DE FRANCE. CETTE UNITE, SI SOLIDE QU'ELLE « SEMBLE » AUJOURD'HUI SPONTANEE ET NATURELLE, EST L'OEUVRE DIRECTE DE CES PRINCES. LA NATURE S'ETAIT CONTENTEE DE RENDRE CETTE UNITE POSSIBLE, NON NECESSAIRE, NON FATALE : LES ROIS L'ONT FORMEE ET FAÇONNEE COMME UN ARTISTE DONNE UN TOUR PERSONNEL A QUELQUE MATIERE CHOISIE.

DYNASTIE VERITABLEMENT « TERRIENNE » ET « PAYSANNE », PUISQU'ELLE A ARRONDI SA « TERRE » ET COMPOSE NOTRE « PAYS », MAIS DONT ON NE PEUT DIRE AU JUSTE SI C'EST L'AUDACE OU LA SAGESSE QUI L'ONT MIEUX CARACTERISEE !

BIEN QUE PARTIE D'UN CERTAIN POINT DU PAYS, CETTE DYNASTIE POPULAIRE ET MILITAIRE S'EST PEU A PEU ETENDUE JUSQU'AUX CONFINS DE L'ANCIENNE GAULE; SA TRADITION S'EST AMALGAMEE A TOUTES LES NOTRES. LES LIBERTES QUE NOUS ONT FAIT PERDRE CENT TRENTE ANS DE CESARISME ET D'ANARCHIE SONT CELLES QUE NOS PERES CONQUERAIENT AUTREFOIS SOUS LE REGNE DES CAPETIENS ET QUE CEUX-CI RECONNAISSAIENT EN DE SOLENNELLES CONSECRATIONS. LA ROYAUTE ET LES LIBERTES SONT MORTES ENSEMBLE. TOUT ANNONCE QU'ELLES DEVRONT RENAITRE DE CONCERT.

IL EST UNE FRANCE « IDEALE », DISENT, DANS LEUR MAUVAIS LANGAGE, LES RHETEURS, D'ORIGINE ANGLAISE, ALLEMANDE, HELVETIQUE, QUI PRESIDENT A L'ÉGLISE REPUBLICAINE. NOUS SOMMES CITOYENS D'UNE FRANCE REELLE. PAR LA FRANCE, NOUS ENTENDONS UNE REALITE PLUS CHERE ET PLUS BELLE QUE TOUT, ET NON UNE IDEE NUAGEUSE. « PULCHERRIMA RERUM », COMME DISAIT DE SA PROPRE PATRIE LE ROMAIN : NOUS ENTENDONS LE SOL ET SES VARIETES, LE SANG ET SES RICHES NUANCES, LES TRADITIONS, LES INTERETS, LES SENTIMENTS. NOUS SONGEONS AUX MAISONS, AUX AUTELS, AUX TOMBEAUX OU DORMENT DE SAINTES DEPOUILLES. CETTE FRANCE REELLE, ETANT CE QU'ELLE EST ET AYANT BESOIN DE LA MONARCHIE, POSTULE, PAR DEFINITION, AYANT ETE CE QU'ELLE FUT, LA MONARCHIE DU CHEF DE LA MAISON DE FRANCE. CELUI-CI, ETANT CE QU'IL EST, CORRESPOND A CES CONVENANCES ET A CES NECESSITES. LE PEUPLE EST PRET A LE SENTIR. PUISSENT LES ESPRITS CULTIVES RECONNAITRE CE RAPPORT NATUREL D'UNE GRANDE NATION ET D'UNE LONGUE SOUCHE DE PRINCES, EN SE RENDANT ENFIN A LA FORMULE DE NOTRE AVENIR NATIONAL :

« - CE QUE NOS ANCETRES ONT FAIT PAR COUTUME ET PAR SENTIMENT, LE POURSUIVRE NOUS-MEMES AVEC L'ASSURANCE ET LA NETTETE SCIENTIFIQUES, PAR RAISON ET PAR VOLONTE. »
- Charles Maurras - Nos raisons contre la République
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voxifera
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Message non lu par voxifera »

2) Les oeuvres de Maurras ne font pas partie du Magistère
Je pense uqe cela ne constitue pas une interdiction de s'y réferrer.
3) Maurras n'était pas catholique
Certes mais il était ardent défenseur du catholicisme... cela suffit selon moi. Il était par ailleurs ardent opposant de la Réforme.
4) Les oeuvres de Maurras n'ont jamais obtenues le nihil obstat ni l'imprimatur
5) Certaines oeuvres de Maurras ont été placées à l'index : cf. le décret de condamnation
Encore une fois, cela m'interdit-il d'utiliser ces oeuvres ? :blink:
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Christophe
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Message non lu par Christophe »

[align=justify]Bonsoir,
voxifera a écrit :
2) Les oeuvres de Maurras ne font pas partie du Magistère
Je pense uqe cela ne constitue pas une interdiction de s'y réferrer.
Quand Maurras s'oppose au Magistère, il faut faire un choix...
Maurras n'était pas royaliste, mais monarchiste. S'il s'opposait à la théorie de la souveraineté populaire, il n'adhérait pas non plus à la théorie du droit divin. C'est le concept de souveraineté nationale qui est le coeur de la pensée maurassienne... un concept issu de la pensée révolutionnaire libérale. Maurras n'est monarchiste que comme un héritage de la théorie du despotisme éclairé, fort en vogue pendant les lumières : pour des raisons de realpolitik, pas pour des raisons politico-théologiques.
3) Maurras n'était pas catholique
Certes mais il était ardent défenseur du catholicisme... cela suffit selon moi. Il était par ailleurs ardent opposant de la Réforme.
Il était défenseur du catholicisme et opposant du protestantisme pour des raisons politiques, pas théologiques. Pour Maurras, la religion n'est qu'un instrument de cohésion nationale : il a une conception gallicane des relations de l'Eglise et de l'Etat, conception qui une nouvelle fois s'oppose à l'enseignement de l'Eglise.
4) Les oeuvres de Maurras n'ont jamais obtenues le nihil obstat ni l'imprimatur
5) Certaines oeuvres de Maurras ont été placées à l'index : cf. le décret de condamnation
Encore une fois, cela m'interdit-il d'utiliser ces oeuvres ? :blink:
Cela vous l'interdisait. Une chance pour vous, l'index a été supprimé. ;-)
Mais il demeure que les doctrines maurassiennes sont contraires à la foi et ses oeuvres n'ont jamais obtenues le nihil obstat.

Cordialement
Christophe[/align]
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Geronimo
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Maurras et l'antisémitisme

Message non lu par Geronimo »

Christophe a écrit

Si Maurras ne se distinguait pas par un "antisémitisme obsessionnel", il n'en était pas pour le moins antisémite et, pour ce que j'ai pu en voir, ses héritiers (dont certains cadres du FN) partagent ses sentiments sur cette question. Certainement parce qu'elle est constitutive du nationalisme maurassien, et indispensable à la cohérence de son idéologie.


Non, l'antisémitisme n'est pas constitutif de la pensée maurrassienne.
L'oeuvre de Maurras traite d'autres sujets autrement plus intéressants et importants que la question juive.
La question juive y est abordée de façon accidentelle pas du tout essentielle.
L'hypocrisie démocratique, l'arnaque du suffrage universel, la dilapidation du patrimoine, la subsidiarité et la décentralisation sont par contre des thèmes essentiels.


La question est complexe et il faut faire beaucoup de distinctions.

Il faut absolument arriver à se remettre dans le contexte.
A l'époque la Shoah n'avait pas eu lieu et pas plus les juifs que les non-juifs ne s'inquiétaient des propos critiquant les juifs.
C'est l'époque de l'affaire Dreyfus, de l'affaire Stavisky : http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Stavisky

Les propos antisémites de Maurras visent des personnes précises.
Maurras lutte contre les banquiers et affairistes pas contre les juifs à cause de leur nature.
Il était plus antiboches qu'antisémite.
Les petites touches d'antisémitisme sont toutes liées à la dénonciation de l'usure et des affaires pas à la race.
Maurras a dénoncé des coteries de banquier et leur accointance avec les politiques, mais n'a jamais souhaité l'extermination d'une race.
Maurras a lutté exactement de la même façon contre la caste protestante.
Donc cet antisémitisme était politique et ne visait que le lobbying juif en politique et pas les juifs en dehors de la politique.
C'est plus de l'anticommunautarisme que de l'antisémitisme.


La pluspart des écrivains de l'époque ont tenu des propos autrement plus antisémites : Céline, Brasillach etc...
Face à eux Maurras a dit qu'il rejetait "l'antisémitisme vulgaire, populaire et raciste".
L'Action Française n'appréciait pas Nietsche trop "puérilement barbare".

A contrario, il est surprenant que l'on n’accorde aucune importance à l'antisémitisme bien réel de Voltaire, Nietzsche et Kant.


De même qu’a l'époque où j'ai lu Maurras (il y a de ça 15-20 ans) et milité à l'Action Française il n'y avait pas la psychose autour de l'antisémitisme qu'il y a aujourd'hui.
Il y avait un certain nombre de militants juifs à l'AF qui n'étaient pas plus perturbés que moi par l'antisémitisme , aujourd'hui dénoncé, de Maurras.
Le patron du SO (service d'ordre) était un jeune juif qui initiait nos 300 gaillards du SO aux secrets du Krav Maga. Cette présence connue de ces juifs dans nos rangs nous a valu quelques échauffourées avec des skin-heads.
Encore une fois, les quelques critiques de Maurras envers certains juifs n'étaient absolument pas essentielles.

Mitterrand était Maurrassien et n'a jamais été soupçonné d'antisémitisme.




;-)
Coppée
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Re: Maurras et l'antisémitisme

Message non lu par Coppée »

Salutations fraternelles à tous !
Geronimo a écrit :il est surprenant que l'on n’accorde aucune importance à l'antisémitisme bien réel de Voltaire, Nietzsche et Kant
Je savais pour Voltaire et pour Nietzsche, mais je suis surpris par le nom de Kant. Auriez-vous la référence du texte ou des textes ?
Geronimo a écrit :Mitterrand était Maurrassien
Même dans sa façon de gouverner ? Je me pose toujours la question quand on parle des valeurs traditionalistes ou conservatrices de notre défunt président. Je pense toujours à ce moment à Jack Lang, ou à un autre truc marrant.

:)
Dernière modification par Coppée le jeu. 18 janv. 2007, 20:52, modifié 4 fois.
Renaud
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Message non lu par Renaud »

Bonjour à tous,

En ces jours de commémoration des Justes, ceux qui, de leur propre initiative et en se mettant parfois en danger eux-mêmes, sauvèrent des juifs en très grand danger ou perdition durant la période nazie, spécialement entre 1939-45.
Lire ceci:

http://kountras.magic.fr/index.php?publ ... rticleno=6

Renaud

Ave Maria
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