Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le mardi de la 12e semaine du Temps Ordinaire
Livre de la Genèse 13,2.5-18.
Abraham était puissamment riche en troupeaux, en argent et en or.
Loth, qui accompagnait Abram, avait également du petit et du gros bétail, et son propre campement.
Le pays ne suffisait pas à les faire vivre, parce que leurs troupeaux étaient trop considérables pour qu'ils puissent rester ensemble.
Il y eut des disputes entre les bergers d'Abram et ceux de Loth.
Abram dit à Loth : « Surtout, qu'il n'y ait pas de querelle entre toi et moi, entre tes bergers et les miens, car nous sommes frères !
N'as-tu pas tout le pays devant toi ? Séparons-nous donc. Si tu vas à gauche, j'irai à droite, et si tu vas à droite, j'irai à gauche. »
Loth regarda, et il vit que toute la région du Jourdain était bien irriguée. Avant que le Seigneur détruisît Sodome et Gomorrhe, elle était comme le jardin du Seigneur, comme le pays d'Égypte, quand on arrive au delta du Nil. Loth choisit pour lui toute la région du Jourdain et il partit vers l'est. C'est ainsi qu'ils se séparèrent. Abram resta dans le pays de Canaan, et Loth dans les villes de la région du Jourdain ; il poussa ses campements jusqu'à Sodome. Les gens de Sodome se conduisaient mal, et ils péchaient gravement contre le Seigneur.
Après le départ de Loth, le Seigneur dit à Abram : « Lève les yeux et regarde, de l'endroit où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l'orient et l'occident. Tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta postérité, pour toujours. Je rendrai nombreuse ta postérité, autant que la poussière sur le sol : si l'on pouvait compter les grains de poussière, on pourrait compter tes descendants ! Va ! Parcours le pays dans toute son étendue : c'est à toi que je vais le donner. » Abram déplaça son campement et alla s'installer aux chênes de Mambré, près d'Hébron ; et là, il dressa un autel au Seigneur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,6.12-14.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait : " Ce qui est sacré, ne le donnez pas aux chiens; vos perles, ne les jetez pas aux cochons, pour éviter qu'ils les piétinent puis se retournent pour vous déchirer. Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes.
« Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s'y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent.
Cy Aelf, Paris
L'histoire de Lot et d'Abram nous montrent deux frères devenus riches au point de se gêner l'un l'autre. Pour qu'il ne survienne pas de luttes entre eux, Abram propose donc à Lot qu'ils aillent chacun de leur côté. Et Lot regarde avec envie terres fertiles irriguées par le Jourdain; la proximité d'une ville païenne appelée Sodome ne le dérange aucunement du point de vue commercial. Il n'y a pas de mal à vendre de la viande et de la laine et d'acheter des graines pour semer et gagner plus encore. C'est la même logique du "toujours plus" qui entraîne, encore aujourd'hui (et comment !) les hommes d'affaire de notre temps.
Mais Abram est différent. En proposant à son frère de choisir le premier, il sait bien que celui-ci ne lui laissera pas la meilleure part - du moins la meilleure part "visible" de qui peut se gagner sur la terre.
Abram a choisi Dieu d'abord, "Dieu premier servi !, "et c'est du fait de ce choix qu'il reçoit la meilleure part. Pourtant, pour le reste du monde, cette meilleure part, ce n'est rien qu'une promesse, il n'y a rien de concret, c'est un contrat écrit sur du vent !
Tel est aussi ce que Jésus propose: de garder la Loi en se mettant au service d'autrui, puis de le suivre jusque dans le Royaume.
Pour les juifs du temps de Jésus, les chiens et les cochons sont des animaux impurs. Et donc, donner ses perles à des cochons, c'est dévoiler son coeur de façon très imprudente à des hommes impurs, avides et dangereux. Pour faire le bien, il n'est pas nécessaire de s'exposer à ceux qui aiment le mal et vivent du mal. De sorte qu'en effet, elle est bien étroite la porte à franchir et il est resserré le chemin qui conduit à la Vie. Ne sommes-nous pas comme ces funambules qui marchent sur un fil ? Or le fil qui conduit au Royaume et sur lequel nous avançons, pas à pas, ne cesse de s'élever !... Mais ayons bon courage, car une main invisible - et infaillible, nous soutiendra !
Abraham était puissamment riche en troupeaux, en argent et en or.
Loth, qui accompagnait Abram, avait également du petit et du gros bétail, et son propre campement.
Le pays ne suffisait pas à les faire vivre, parce que leurs troupeaux étaient trop considérables pour qu'ils puissent rester ensemble.
Il y eut des disputes entre les bergers d'Abram et ceux de Loth.
Abram dit à Loth : « Surtout, qu'il n'y ait pas de querelle entre toi et moi, entre tes bergers et les miens, car nous sommes frères !
N'as-tu pas tout le pays devant toi ? Séparons-nous donc. Si tu vas à gauche, j'irai à droite, et si tu vas à droite, j'irai à gauche. »
Loth regarda, et il vit que toute la région du Jourdain était bien irriguée. Avant que le Seigneur détruisît Sodome et Gomorrhe, elle était comme le jardin du Seigneur, comme le pays d'Égypte, quand on arrive au delta du Nil. Loth choisit pour lui toute la région du Jourdain et il partit vers l'est. C'est ainsi qu'ils se séparèrent. Abram resta dans le pays de Canaan, et Loth dans les villes de la région du Jourdain ; il poussa ses campements jusqu'à Sodome. Les gens de Sodome se conduisaient mal, et ils péchaient gravement contre le Seigneur.
Après le départ de Loth, le Seigneur dit à Abram : « Lève les yeux et regarde, de l'endroit où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l'orient et l'occident. Tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta postérité, pour toujours. Je rendrai nombreuse ta postérité, autant que la poussière sur le sol : si l'on pouvait compter les grains de poussière, on pourrait compter tes descendants ! Va ! Parcours le pays dans toute son étendue : c'est à toi que je vais le donner. » Abram déplaça son campement et alla s'installer aux chênes de Mambré, près d'Hébron ; et là, il dressa un autel au Seigneur.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,6.12-14.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait : " Ce qui est sacré, ne le donnez pas aux chiens; vos perles, ne les jetez pas aux cochons, pour éviter qu'ils les piétinent puis se retournent pour vous déchirer. Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les Prophètes.
« Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s'y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent.
Cy Aelf, Paris
L'histoire de Lot et d'Abram nous montrent deux frères devenus riches au point de se gêner l'un l'autre. Pour qu'il ne survienne pas de luttes entre eux, Abram propose donc à Lot qu'ils aillent chacun de leur côté. Et Lot regarde avec envie terres fertiles irriguées par le Jourdain; la proximité d'une ville païenne appelée Sodome ne le dérange aucunement du point de vue commercial. Il n'y a pas de mal à vendre de la viande et de la laine et d'acheter des graines pour semer et gagner plus encore. C'est la même logique du "toujours plus" qui entraîne, encore aujourd'hui (et comment !) les hommes d'affaire de notre temps.
Mais Abram est différent. En proposant à son frère de choisir le premier, il sait bien que celui-ci ne lui laissera pas la meilleure part - du moins la meilleure part "visible" de qui peut se gagner sur la terre.
Abram a choisi Dieu d'abord, "Dieu premier servi !, "et c'est du fait de ce choix qu'il reçoit la meilleure part. Pourtant, pour le reste du monde, cette meilleure part, ce n'est rien qu'une promesse, il n'y a rien de concret, c'est un contrat écrit sur du vent !
Tel est aussi ce que Jésus propose: de garder la Loi en se mettant au service d'autrui, puis de le suivre jusque dans le Royaume.
Pour les juifs du temps de Jésus, les chiens et les cochons sont des animaux impurs. Et donc, donner ses perles à des cochons, c'est dévoiler son coeur de façon très imprudente à des hommes impurs, avides et dangereux. Pour faire le bien, il n'est pas nécessaire de s'exposer à ceux qui aiment le mal et vivent du mal. De sorte qu'en effet, elle est bien étroite la porte à franchir et il est resserré le chemin qui conduit à la Vie. Ne sommes-nous pas comme ces funambules qui marchent sur un fil ? Or le fil qui conduit au Royaume et sur lequel nous avançons, pas à pas, ne cesse de s'élever !... Mais ayons bon courage, car une main invisible - et infaillible, nous soutiendra !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le mercredi de la 12eme semaine du Temps Ordinaire
Livre de la Genèse 15,1-12.17-18a.
La parole du Seigneur fut adressée à Abram dans une vision : « Ne crains pas, Abram ! Je suis un bouclier pour toi. Tu recevras de cette Alliance un merveilleux salaire. »
Abram répondit : « Mon Seigneur Dieu, qu'est-ce que tu vas me donner ? Je suis sans enfant. . . Tu ne m'as pas donné de descendance, et c'est un de mes serviteurs qui sera mon héritier. »
Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram : « Ce n'est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu'un de ton sang. »
Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » Et il déclara : « Vois quelle descendance tu auras ! »
Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu'il était juste.
Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée pour te mettre en possession de ce pays. »
Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que j'en ai la possession ? »
Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »
Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l'autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.
Comme les rapaces descendaient sur les morceaux, Abram les écarta.
Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux s'empara d'Abram, une sombre et profonde frayeur le saisit.
Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les quartiers d'animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une Alliance avec Abram en ces termes : « A ta descendance je donne le pays que voici. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,15-20.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces.
C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons.
C'est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l'arbre mauvais donne des fruits détestables.
Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits.
Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu.
C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Cy Aelf, Paris
Abram avance en âge, mais il n'a toujours pas de descendance de son sang. Pourtant il croit et ne cessera jamais de croire, mais sa chair désire un signe que le Seigneur va lui donner. Or, au moment où le feu du ciel va consumer les offrandes, Abram sera saisi d'un sommeil mystérieux ainsi que d'une grande frayeur... A ce moment-là, il perd toute initiative, il ne peut plus que laisser l'évènement se produire et celui-ci se déroule non comme il avait pu se le représenter, parce qu'à ce moment, il est accablé - plus qu'endormi - rabattu la face contre terre: lorsque Dieu intervient directement, l'homme éprouve de nouveau, dans sa faiblesse, qu'il est bien issu de la terre et que, sans le souffle de vie donné par Dieu, il ne serait que poussière.
Ce moment de profond abattement, de sommeil particulier, on le retrouve dans l'Evangile dans les moments particulier où Jésus laisse deviner que sa chair à Lui est toute animée de l'esprit de Dieu. C'est ainsi qu'à la Transfiguration, Pierre et ses compagnons se retrouve, selon le récit en saint Luc, "accablés de sommeil mais tout en restant éveillés" (Luc 9.28-36); plus tard encore, lors de la dernière nuit au Jardin des Oliviers, saint Matthieu rapporte que les mêmes disciples, qui devaient veiller durant l'agonie, en furent incapables : "leurs yeux étaient appesantis" et "ils n'en avaient pas la force." Ainsi, en chaque occasion où le Seigneur accomplit une grande oeuvre, l'homme le plus vaillant reste pratiquement inerte: il ne peut rien faire.
Quel rapport avec les faux prophètes dénoncés par avance par Jésus ? Tout simplement que l'homme n'a même pas à rechercher de connaître ces moments où Dieu intervient directement. Quand Dieu se manifeste en ce monde, toute chair devient comme inerte, incapable d'aucune intervention. Les faux prophètes - et comme ils sont nombreux de ce temps ! - se reconnaissent facilement à la longueur de leurs prophéties. Il ne s'agit pas des quelques paroles très concises de la Vierge à Lourdes ou à Fatima, ou encore à l'Île-Bouchard, mais de messages continuels, de commentaires d'évènements terrestres, d'avertissements solennels, etc. Pour moi, le mauvais fruit de l'arbre des faux prophètes se reconnaît très facilement d'une part à son caractère lourd et indigeste et d'autre part - et surtout - qu'il annonce la revanche de Dieu sur l'homme, ce qui est ridicule, puisque Dieu n'est qu'amour et ne cesse de rechercher la brebis perdue. A la veille de la seconde guerre mondiale, c'est un message de Miséricorde que Jésus a révélé à sainte Faustine, mais il n'a rien dit de la seconde guerre mondiale qui devait éclater très rapidement. Etonnant, n'est-ce pas ?
La parole du Seigneur fut adressée à Abram dans une vision : « Ne crains pas, Abram ! Je suis un bouclier pour toi. Tu recevras de cette Alliance un merveilleux salaire. »
Abram répondit : « Mon Seigneur Dieu, qu'est-ce que tu vas me donner ? Je suis sans enfant. . . Tu ne m'as pas donné de descendance, et c'est un de mes serviteurs qui sera mon héritier. »
Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram : « Ce n'est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu'un de ton sang. »
Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » Et il déclara : « Vois quelle descendance tu auras ! »
Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu'il était juste.
Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée pour te mettre en possession de ce pays. »
Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que j'en ai la possession ? »
Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »
Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l'autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.
Comme les rapaces descendaient sur les morceaux, Abram les écarta.
Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux s'empara d'Abram, une sombre et profonde frayeur le saisit.
Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les quartiers d'animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une Alliance avec Abram en ces termes : « A ta descendance je donne le pays que voici. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,15-20.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces.
C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons.
C'est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l'arbre mauvais donne des fruits détestables.
Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits.
Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu.
C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
Cy Aelf, Paris
Abram avance en âge, mais il n'a toujours pas de descendance de son sang. Pourtant il croit et ne cessera jamais de croire, mais sa chair désire un signe que le Seigneur va lui donner. Or, au moment où le feu du ciel va consumer les offrandes, Abram sera saisi d'un sommeil mystérieux ainsi que d'une grande frayeur... A ce moment-là, il perd toute initiative, il ne peut plus que laisser l'évènement se produire et celui-ci se déroule non comme il avait pu se le représenter, parce qu'à ce moment, il est accablé - plus qu'endormi - rabattu la face contre terre: lorsque Dieu intervient directement, l'homme éprouve de nouveau, dans sa faiblesse, qu'il est bien issu de la terre et que, sans le souffle de vie donné par Dieu, il ne serait que poussière.
Ce moment de profond abattement, de sommeil particulier, on le retrouve dans l'Evangile dans les moments particulier où Jésus laisse deviner que sa chair à Lui est toute animée de l'esprit de Dieu. C'est ainsi qu'à la Transfiguration, Pierre et ses compagnons se retrouve, selon le récit en saint Luc, "accablés de sommeil mais tout en restant éveillés" (Luc 9.28-36); plus tard encore, lors de la dernière nuit au Jardin des Oliviers, saint Matthieu rapporte que les mêmes disciples, qui devaient veiller durant l'agonie, en furent incapables : "leurs yeux étaient appesantis" et "ils n'en avaient pas la force." Ainsi, en chaque occasion où le Seigneur accomplit une grande oeuvre, l'homme le plus vaillant reste pratiquement inerte: il ne peut rien faire.
Quel rapport avec les faux prophètes dénoncés par avance par Jésus ? Tout simplement que l'homme n'a même pas à rechercher de connaître ces moments où Dieu intervient directement. Quand Dieu se manifeste en ce monde, toute chair devient comme inerte, incapable d'aucune intervention. Les faux prophètes - et comme ils sont nombreux de ce temps ! - se reconnaissent facilement à la longueur de leurs prophéties. Il ne s'agit pas des quelques paroles très concises de la Vierge à Lourdes ou à Fatima, ou encore à l'Île-Bouchard, mais de messages continuels, de commentaires d'évènements terrestres, d'avertissements solennels, etc. Pour moi, le mauvais fruit de l'arbre des faux prophètes se reconnaît très facilement d'une part à son caractère lourd et indigeste et d'autre part - et surtout - qu'il annonce la revanche de Dieu sur l'homme, ce qui est ridicule, puisque Dieu n'est qu'amour et ne cesse de rechercher la brebis perdue. A la veille de la seconde guerre mondiale, c'est un message de Miséricorde que Jésus a révélé à sainte Faustine, mais il n'a rien dit de la seconde guerre mondiale qui devait éclater très rapidement. Etonnant, n'est-ce pas ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Le mardi de la 12e semaine du Temps Ordinaire
La sécurité du chrétien
Pour le pape, la figure d’Abraham rappelle que « personne n’est chrétien par pur hasard : personne. Il y a un appel sur toi, sur toi, sur toi ». C’est un appel « par le nom, avec une promesse : ‘avance, je suis avec toi, je marche à côté de toi’ ».
Comme Jésus l’a promis également au jour de l'Ascension : « je serai avec vous tous les jours : à tes côtés, à tes côtés, à tes côtés. Toujours ».
« Dieu accompagne [l’homme], Dieu l’appelle par son nom, Dieu promet une descendance. Et c’est la sécurité du chrétien : ce n’est pas accidentel, c’est un appel. Un appel qui fait avancer. »
« Etre chrétien est un appel d’amour, d’amitié. Un appel à devenir fils de Dieu, frère de Jésus, à devenir fécond dans la transmission de cet appel aux autres, à devenir instrument de cet appel ».
Il y a aussi une promesse à la racine de l’histoire d’Abraham, qui part « pour aller il ne savait où, mais là où le Seigneur lui dirait » : « Lève les yeux et regarde, de l'endroit où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l'orient et l'occident. Tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta postérité, pour toujours. ».
Du singulier au pluriel
« Cet homme, qui avait déjà peut-être 90 ans, regarde et croit à la parole de Dieu qui l’a invité à sortir de sa terre. Croire ». Il « quitte sa terre avec une promesse. Tout son chemin est d’aller vers cette promesse ».
« Dieu aime Abraham, une personne, et de cette personne il fait un peuple » : « son parcours est aussi un modèle du parcours [chrétien] ». En effet, « dans la Genèse, lors de la création, Dieu crée les étoiles, les plantes, les animaux ». Tout au pluriel. Mais « il crée l’homme : singulier. Un. Dieu parle toujours au singulier, parce qu’il a créé [l’homme] à son image et ressemblance. »
« Les chrétiens aussi ont été appelés au singulier… Dieu parle [à l’homme] au singulier comme il a parlé à Abraham, il lui a fait une promesse et l’a invité à sortir de sa terre ».
S’il y a dans la vie du chrétien « des problèmes, des moments difficiles », il y a « toujours cette sécurité : le Seigneur m’a appelé, le Seigneur est avec moi, le Seigneur m’a promis. Il est fidèle, Il ne peut se renier Lui-même. Il est la fidélité ».
Même si tout homme est « pécheur », le pape a exhorté à « avancer, avec le Seigneur. Avancer avec cette promesse qu’il a faite, avec cette promesse de fécondité … Il ne nous abandonnera jamais. Cette certitude du chrétien nous fera du bien ».
(25 juin 2013) © Innovative Media Inc.
Pour le pape, la figure d’Abraham rappelle que « personne n’est chrétien par pur hasard : personne. Il y a un appel sur toi, sur toi, sur toi ». C’est un appel « par le nom, avec une promesse : ‘avance, je suis avec toi, je marche à côté de toi’ ».
Comme Jésus l’a promis également au jour de l'Ascension : « je serai avec vous tous les jours : à tes côtés, à tes côtés, à tes côtés. Toujours ».
« Dieu accompagne [l’homme], Dieu l’appelle par son nom, Dieu promet une descendance. Et c’est la sécurité du chrétien : ce n’est pas accidentel, c’est un appel. Un appel qui fait avancer. »
« Etre chrétien est un appel d’amour, d’amitié. Un appel à devenir fils de Dieu, frère de Jésus, à devenir fécond dans la transmission de cet appel aux autres, à devenir instrument de cet appel ».
Il y a aussi une promesse à la racine de l’histoire d’Abraham, qui part « pour aller il ne savait où, mais là où le Seigneur lui dirait » : « Lève les yeux et regarde, de l'endroit où tu es, regarde vers le nord et le midi, vers l'orient et l'occident. Tout le pays que tu vois, je te le donnerai, à toi et à ta postérité, pour toujours. ».
Du singulier au pluriel
« Cet homme, qui avait déjà peut-être 90 ans, regarde et croit à la parole de Dieu qui l’a invité à sortir de sa terre. Croire ». Il « quitte sa terre avec une promesse. Tout son chemin est d’aller vers cette promesse ».
« Dieu aime Abraham, une personne, et de cette personne il fait un peuple » : « son parcours est aussi un modèle du parcours [chrétien] ». En effet, « dans la Genèse, lors de la création, Dieu crée les étoiles, les plantes, les animaux ». Tout au pluriel. Mais « il crée l’homme : singulier. Un. Dieu parle toujours au singulier, parce qu’il a créé [l’homme] à son image et ressemblance. »
« Les chrétiens aussi ont été appelés au singulier… Dieu parle [à l’homme] au singulier comme il a parlé à Abraham, il lui a fait une promesse et l’a invité à sortir de sa terre ».
S’il y a dans la vie du chrétien « des problèmes, des moments difficiles », il y a « toujours cette sécurité : le Seigneur m’a appelé, le Seigneur est avec moi, le Seigneur m’a promis. Il est fidèle, Il ne peut se renier Lui-même. Il est la fidélité ».
Même si tout homme est « pécheur », le pape a exhorté à « avancer, avec le Seigneur. Avancer avec cette promesse qu’il a faite, avec cette promesse de fécondité … Il ne nous abandonnera jamais. Cette certitude du chrétien nous fera du bien ».
(25 juin 2013) © Innovative Media Inc.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le jeudi de la 12e semaine du Temps Ordinaire
Livre de la Genèse 16,1-12.15-16.
Sara, la femme d'Abraham, ne lui avait pas donné d'enfant. Elle avait une esclave égyptienne, nommée Agar, et elle dit à Abram : « Écoute-moi : le Seigneur ne m'a pas donné d'enfant. Va donc vers mon esclave ; grâce à elle, peut-être aurai-je un fils. » Abram fut d'accord avec Saraï. (Il y avait dix ans qu'il résidait au pays de Canaan.) Saraï prit Agar l'Égyptienne, son esclave, et la donna pour femme à son mari Abram.
Celui-ci alla vers Agar, et elle conçut. Quand elle se vit enceinte, elle se mit à mépriser sa maîtresse. Saraï dit à Abram : « Que ma honte retombe sur toi ! C'est moi qui ai mis mon esclave dans tes bras, et, depuis qu'elle est enceinte, elle me méprise. Que le Seigneur soit juge entre toi et moi ! »
Abram lui répondit : « Ton esclave t'appartient, agis avec elle comme tu voudras. » Saraï maltraita tellement Agar que celle-ci prit la fuite.
L'ange du Seigneur la rencontra dans le désert, près d'une source, celle qui est sur la route de Shour. L'ange lui dit : « Agar, esclave de Saraï, d'où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « Je fuis ma maîtresse Saraï. »
L'ange lui dit : « Retourne chez ta maîtresse, et humilie-toi devant elle. »
Il ajouta : « Je te donnerai une descendance tellement nombreuse qu'il sera impossible de la compter. » Il lui dit encore : « Tu es enceinte, tu vas enfanter un fils, et tu lui donneras le nom d'Ismaël (c'est-à-dire : Dieu entend), car le Seigneur a été attentif à ton humiliation.
Cet enfant sera indépendant comme l'âne sauvage : sa main se dressera contre tous, et la main de tous contre lui ; là où il habitera, il tiendra tête à tous ses frères. Agar enfanta un fils à Abram, qui lui donna le nom d'Ismaël.
Il avait quatre-vingt-six ans quand Agar le rendit père d'Ismaël.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,21-29.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Il ne suffit pas de me dire : 'Seigneur, Seigneur !', pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : 'Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? '
Alors je leur déclarerai : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal ! 'Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. »
Jésus acheva ainsi son discours. Les foules étaient frappées par son enseignement, car il les instruisait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.
Cy Aelf, Paris
Jésus achève son enseignement sur la montagne par l'image de la maison bâtie sur le roc - qui est seule à résister lorsque la tempête éclate, avec la furie des vents, les avalanches d'eau et de boue. Le roc, c'est son enseignement.
L'enseignement de Jésus n'est pas celui des scribes, loin s'en faut !
Car à l'époque, les scribes sont les seuls parmi le peuple à savoir lire et écrire. De plus, la langue hébraïque étant uniquement composées de consonnes, de la manière dont on y introduit les voyelles pour se faire comprendre, c'est le sens même de chaque mot qui peut varier ! Il en résulte de grandes séances de palabres et de commentaires qui peuvent aller dans tous les sens - et ce doit être très riche pour les gens cultivés - mais tous les autres en ressortent peut-être plus hésitants qu'ils sont venus.
S'il est dit que Jésus parle d'autorité, c'est que lui, au contraire de tous, donne directement le sens réel des Ecritures. Sans fioriture, sans en rajouter, sans recherche d'effet. Et bien sûr, l'impression est forte, d'autant que le Verbe, c'est Lui !
L'homme qui accueille la parole de Dieu sans chercher à l'adapter selon la situation qu'il vit, mais en s'efforçant de la suivre de bout en bout, c'est l'homme qui est juste, qui marche sur la voie qui est sûre - bien qu'étroite.
Au contraire, tous ceux qui se servent de l'enseignement du Christ en le tournant ou le tordant à leur avantage, en y ajoutant ou en retirant parfois un seul mot, ceux-la font partie des faux prophètes. Quand bien même ils accompliraient des miracles en employant le nom de Jésus - un nom effectivement rempli de puissance divine, ils ne font pas la volonté de Dieu.
Ceux qui font la volonté de Dieu sont simples à reconnaître, car ils vivent selon ce qu'ils enseignent, et ne cherchent nullement à se faire reconnaître.
Le lien de cette lecture avec celle de l'Ancien Testament, c'est la foi d'Abram qui se laisse fléchir par l'argumentation de sa femme. Comme c'est difficile d'avoir foi, certains jours ! L' enfant de la promesse tarde à venir - et voici une solution toute humaine, toute trouvée. Mais également une source de problèmes et qui va change une grande partie de l'histoire (car que penser de ce grand peuple sauvage des Ismaélites ?) Pour moi-même, la foi aujourd'hui, ce serait plutôt mon manque de foi actuel, du fait des évènements de société, des inquiétudes concernant l'avenir. Ah, puissions-nous aimer notre quotidien et pour tout le reste, nous en remettre à Dieu ! Car Dieu a fait alliance avec chacun et chacune d'entre nous comme il l'a fait avec Abraham.
(suite) (14:30)
La "nourriture" des lectures de ce matin m'a accompagné jusque dans mon repas de midi (étrange rapport, mais qui m'aura servi de vin !)
J'étais donc en train de prendre mon repas de midi, lorsqu'il m'est venu à l'esprit que Dieu n'a puni ni Abram, ni Saraï, ni Agar. Or, selon la Loi, tous les trois ensemble, se sont rendus coupables d'adultère.
Saraï a carrément remis en question la promesse du Seigneur, et persuadé son époux de se servir des moyens tout humains à leur disposition. Et Abram, comment se fait-il que, tout d'un coup, lui qui a eu foi et été reconnu juste à cause de sa foi, se laisse prendre à écouter le conseil de son épouse ? Il est bien adultère, lui aussi, car sans plus se souvenir de la promesse reçue, il a partagé la couche de l'esclave de sa femme jusqu'à ce qu'elle soit enceinte. Abram a certainement, dans son coeur, laisser s'échapper un ressentiment qui dit : "Puisque tu tardes, Seigneur, alors tant pis, j'avance, j'emploie les moyens à ma disposition et j'avance !" (En d'autres circonstances, j'ai commis la même faute, je sais ce qu'elle vaut, et j'en connais aussi l'amertume !) Mais Dieu n'a puni les uns ni les autres. A cause de son Amour, parce qu'Il sait combien faibles nous pouvons être, Dieu, au contraire de punir, s'est investi plus encore, Il a entendu la plainte de l'esclave et elle aussi a reçu sa part de la Promesse !)
Cette leçon me sert dans le temps que je vis: perte de clientèle, soucis d'argent, questionnements sur la fin de vie (j'aurai 57 ans cette année), sentiment de solitude, tentations de "forcer les rencontres"... tout moi est aussi dans l'histoire d'Abram, de Saraï et d'Agar, EVIDEMMENT !
Etienne
Sara, la femme d'Abraham, ne lui avait pas donné d'enfant. Elle avait une esclave égyptienne, nommée Agar, et elle dit à Abram : « Écoute-moi : le Seigneur ne m'a pas donné d'enfant. Va donc vers mon esclave ; grâce à elle, peut-être aurai-je un fils. » Abram fut d'accord avec Saraï. (Il y avait dix ans qu'il résidait au pays de Canaan.) Saraï prit Agar l'Égyptienne, son esclave, et la donna pour femme à son mari Abram.
Celui-ci alla vers Agar, et elle conçut. Quand elle se vit enceinte, elle se mit à mépriser sa maîtresse. Saraï dit à Abram : « Que ma honte retombe sur toi ! C'est moi qui ai mis mon esclave dans tes bras, et, depuis qu'elle est enceinte, elle me méprise. Que le Seigneur soit juge entre toi et moi ! »
Abram lui répondit : « Ton esclave t'appartient, agis avec elle comme tu voudras. » Saraï maltraita tellement Agar que celle-ci prit la fuite.
L'ange du Seigneur la rencontra dans le désert, près d'une source, celle qui est sur la route de Shour. L'ange lui dit : « Agar, esclave de Saraï, d'où viens-tu et où vas-tu ? » Elle répondit : « Je fuis ma maîtresse Saraï. »
L'ange lui dit : « Retourne chez ta maîtresse, et humilie-toi devant elle. »
Il ajouta : « Je te donnerai une descendance tellement nombreuse qu'il sera impossible de la compter. » Il lui dit encore : « Tu es enceinte, tu vas enfanter un fils, et tu lui donneras le nom d'Ismaël (c'est-à-dire : Dieu entend), car le Seigneur a été attentif à ton humiliation.
Cet enfant sera indépendant comme l'âne sauvage : sa main se dressera contre tous, et la main de tous contre lui ; là où il habitera, il tiendra tête à tous ses frères. Agar enfanta un fils à Abram, qui lui donna le nom d'Ismaël.
Il avait quatre-vingt-six ans quand Agar le rendit père d'Ismaël.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,21-29.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Il ne suffit pas de me dire : 'Seigneur, Seigneur !', pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : 'Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? '
Alors je leur déclarerai : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal ! 'Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. »
Jésus acheva ainsi son discours. Les foules étaient frappées par son enseignement, car il les instruisait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.
Cy Aelf, Paris
Jésus achève son enseignement sur la montagne par l'image de la maison bâtie sur le roc - qui est seule à résister lorsque la tempête éclate, avec la furie des vents, les avalanches d'eau et de boue. Le roc, c'est son enseignement.
L'enseignement de Jésus n'est pas celui des scribes, loin s'en faut !
Car à l'époque, les scribes sont les seuls parmi le peuple à savoir lire et écrire. De plus, la langue hébraïque étant uniquement composées de consonnes, de la manière dont on y introduit les voyelles pour se faire comprendre, c'est le sens même de chaque mot qui peut varier ! Il en résulte de grandes séances de palabres et de commentaires qui peuvent aller dans tous les sens - et ce doit être très riche pour les gens cultivés - mais tous les autres en ressortent peut-être plus hésitants qu'ils sont venus.
S'il est dit que Jésus parle d'autorité, c'est que lui, au contraire de tous, donne directement le sens réel des Ecritures. Sans fioriture, sans en rajouter, sans recherche d'effet. Et bien sûr, l'impression est forte, d'autant que le Verbe, c'est Lui !
L'homme qui accueille la parole de Dieu sans chercher à l'adapter selon la situation qu'il vit, mais en s'efforçant de la suivre de bout en bout, c'est l'homme qui est juste, qui marche sur la voie qui est sûre - bien qu'étroite.
Au contraire, tous ceux qui se servent de l'enseignement du Christ en le tournant ou le tordant à leur avantage, en y ajoutant ou en retirant parfois un seul mot, ceux-la font partie des faux prophètes. Quand bien même ils accompliraient des miracles en employant le nom de Jésus - un nom effectivement rempli de puissance divine, ils ne font pas la volonté de Dieu.
Ceux qui font la volonté de Dieu sont simples à reconnaître, car ils vivent selon ce qu'ils enseignent, et ne cherchent nullement à se faire reconnaître.
Le lien de cette lecture avec celle de l'Ancien Testament, c'est la foi d'Abram qui se laisse fléchir par l'argumentation de sa femme. Comme c'est difficile d'avoir foi, certains jours ! L' enfant de la promesse tarde à venir - et voici une solution toute humaine, toute trouvée. Mais également une source de problèmes et qui va change une grande partie de l'histoire (car que penser de ce grand peuple sauvage des Ismaélites ?) Pour moi-même, la foi aujourd'hui, ce serait plutôt mon manque de foi actuel, du fait des évènements de société, des inquiétudes concernant l'avenir. Ah, puissions-nous aimer notre quotidien et pour tout le reste, nous en remettre à Dieu ! Car Dieu a fait alliance avec chacun et chacune d'entre nous comme il l'a fait avec Abraham.
(suite) (14:30)
La "nourriture" des lectures de ce matin m'a accompagné jusque dans mon repas de midi (étrange rapport, mais qui m'aura servi de vin !)
J'étais donc en train de prendre mon repas de midi, lorsqu'il m'est venu à l'esprit que Dieu n'a puni ni Abram, ni Saraï, ni Agar. Or, selon la Loi, tous les trois ensemble, se sont rendus coupables d'adultère.
Saraï a carrément remis en question la promesse du Seigneur, et persuadé son époux de se servir des moyens tout humains à leur disposition. Et Abram, comment se fait-il que, tout d'un coup, lui qui a eu foi et été reconnu juste à cause de sa foi, se laisse prendre à écouter le conseil de son épouse ? Il est bien adultère, lui aussi, car sans plus se souvenir de la promesse reçue, il a partagé la couche de l'esclave de sa femme jusqu'à ce qu'elle soit enceinte. Abram a certainement, dans son coeur, laisser s'échapper un ressentiment qui dit : "Puisque tu tardes, Seigneur, alors tant pis, j'avance, j'emploie les moyens à ma disposition et j'avance !" (En d'autres circonstances, j'ai commis la même faute, je sais ce qu'elle vaut, et j'en connais aussi l'amertume !) Mais Dieu n'a puni les uns ni les autres. A cause de son Amour, parce qu'Il sait combien faibles nous pouvons être, Dieu, au contraire de punir, s'est investi plus encore, Il a entendu la plainte de l'esclave et elle aussi a reçu sa part de la Promesse !)
Cette leçon me sert dans le temps que je vis: perte de clientèle, soucis d'argent, questionnements sur la fin de vie (j'aurai 57 ans cette année), sentiment de solitude, tentations de "forcer les rencontres"... tout moi est aussi dans l'histoire d'Abram, de Saraï et d'Agar, EVIDEMMENT !
Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le vendredi de la 12e semaine du Temps Ordinaire
Livre de la Genèse 17,1.9-10.15a.16-22.
Lorsque Abram eut atteint quatre-vingt-dix-neuf ans, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Je suis le Dieu tout-puissant ; marche en ma présence et sois parfait. Dieu lui dit aussi : « Tu observeras mon Alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. Et voici le pacte d'Alliance qui sera observé entre moi et vous, c'est-à-dire toi et ta descendance : tous vos enfants mâles seront circoncis. » Dieu dit encore à Abraham : « Désormais, tu n'appelleras plus ta femme Saraï, mais Sara (c'est-à-dire : Princesse). Je la bénirai en te donnant un fils par elle aussi ; oui, je la bénirai, elle donnera naissance à des nations, et elle aura des rois dans sa descendance. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,1-4.
Lorsque Jésus descendit de la montagne, de grandes foules se mirent à le suivre. Et voici qu'un lépreux s'approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l'offrande que Moïse a prescrite dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
Cy Aelf, Paris
La guérison du lépreux est le premier signe donné par Jésus dans l'Evangile de saint Matthieu, nous a dit notre prêtre. Et c'est un miracle qui permet la réintégration du malade dans le peuple élu. Jusqu'à sa guérison, il en avait été exclu, car selon la loi des Juifs, cette maladie rendait impur et ne permettait plus de participer à la vie du peuple: c'était une exclusion totale. Ce qui est remarquable ici, c'est la transgression de la Loi par un acte de foi, mais qui permet la réintégration parmi le peuple. Cet épisode fait songer au sacrement de la réconciliation, dont le pénitent a l'initiative. Plusieurs éléments du texte y font songer: la formulation de la demande du malade, la réponse de Jésus, mais aussi le devoir qu'il lui fait présenter l'offrande prescrite par la Loi de Moïse. D'emblée, l'évangéliste nous montre donc Jésus comme Celui qui enlève le péché du monde. Je pourrais d'ailleurs témoigner que, dans ma propre vie, ce fut le cas, car c'est bien la conversion qui a permis mon retour dans le peuple de Dieu.
Et finalement, tout se tient. Dans la première lecture, le don de la circoncision dans la chair, signe d'alliance, fait bien partie du processus de nouvelle création voulu par Dieu. Cette circoncision sera suivie de ce que je suis tenté d'appeler: la circoncision du coeur - mais il vaut mieux, ici, relire ce que dit saint Paul dans la première épître aux Romains au chapitre 4 v 25 et ss:
"« Sommes-nous en train d'éliminer la Loi au moyen de la foi ? Absolument pas ! Au contraire, nous la confirmons. » (3, 31) C'est la foi qui est la source de toute justification, et donc de celle de la Loi. En effet, ce n'est pas par ses actions qu'Abraham fut élu, mais par sa foi. Or cette élection date d'avant sa circoncision. Ce n'est pas sa circoncision qui a fait de lui un juste, au contraire « il reçut la circoncision comme la marque de la justice obtenue par sa foi » (1, 11). Abraham est donc tout autant le Père de ceux qui n'ont pas la circoncision, il est le Père des croyants, puisque Dieu a promis que c'est par leur foi que les descendants d'Abraham recevront la Terre en héritage. Cette descendance est donc immense, selon la promesse même du Seigneur."
Quant aux changement de noms, il indique aussi cette ouverture universelle: Saraï signifiait "ma princesse", la princesse d'Abram; Sarah sera celle de tous les descendants spirituels d'Abraham. Abram signifie "père noble" et Abraham: "père d'une multitude".
Lorsque Abram eut atteint quatre-vingt-dix-neuf ans, le Seigneur lui apparut et lui dit : « Je suis le Dieu tout-puissant ; marche en ma présence et sois parfait. Dieu lui dit aussi : « Tu observeras mon Alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. Et voici le pacte d'Alliance qui sera observé entre moi et vous, c'est-à-dire toi et ta descendance : tous vos enfants mâles seront circoncis. » Dieu dit encore à Abraham : « Désormais, tu n'appelleras plus ta femme Saraï, mais Sara (c'est-à-dire : Princesse). Je la bénirai en te donnant un fils par elle aussi ; oui, je la bénirai, elle donnera naissance à des nations, et elle aura des rois dans sa descendance. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,1-4.
Lorsque Jésus descendit de la montagne, de grandes foules se mirent à le suivre. Et voici qu'un lépreux s'approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Aussitôt il fut purifié de sa lèpre. Jésus lui dit : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l'offrande que Moïse a prescrite dans la Loi : ta guérison sera pour les gens un témoignage. »
Cy Aelf, Paris
La guérison du lépreux est le premier signe donné par Jésus dans l'Evangile de saint Matthieu, nous a dit notre prêtre. Et c'est un miracle qui permet la réintégration du malade dans le peuple élu. Jusqu'à sa guérison, il en avait été exclu, car selon la loi des Juifs, cette maladie rendait impur et ne permettait plus de participer à la vie du peuple: c'était une exclusion totale. Ce qui est remarquable ici, c'est la transgression de la Loi par un acte de foi, mais qui permet la réintégration parmi le peuple. Cet épisode fait songer au sacrement de la réconciliation, dont le pénitent a l'initiative. Plusieurs éléments du texte y font songer: la formulation de la demande du malade, la réponse de Jésus, mais aussi le devoir qu'il lui fait présenter l'offrande prescrite par la Loi de Moïse. D'emblée, l'évangéliste nous montre donc Jésus comme Celui qui enlève le péché du monde. Je pourrais d'ailleurs témoigner que, dans ma propre vie, ce fut le cas, car c'est bien la conversion qui a permis mon retour dans le peuple de Dieu.
Et finalement, tout se tient. Dans la première lecture, le don de la circoncision dans la chair, signe d'alliance, fait bien partie du processus de nouvelle création voulu par Dieu. Cette circoncision sera suivie de ce que je suis tenté d'appeler: la circoncision du coeur - mais il vaut mieux, ici, relire ce que dit saint Paul dans la première épître aux Romains au chapitre 4 v 25 et ss:
"« Sommes-nous en train d'éliminer la Loi au moyen de la foi ? Absolument pas ! Au contraire, nous la confirmons. » (3, 31) C'est la foi qui est la source de toute justification, et donc de celle de la Loi. En effet, ce n'est pas par ses actions qu'Abraham fut élu, mais par sa foi. Or cette élection date d'avant sa circoncision. Ce n'est pas sa circoncision qui a fait de lui un juste, au contraire « il reçut la circoncision comme la marque de la justice obtenue par sa foi » (1, 11). Abraham est donc tout autant le Père de ceux qui n'ont pas la circoncision, il est le Père des croyants, puisque Dieu a promis que c'est par leur foi que les descendants d'Abraham recevront la Terre en héritage. Cette descendance est donc immense, selon la promesse même du Seigneur."
Quant aux changement de noms, il indique aussi cette ouverture universelle: Saraï signifiait "ma princesse", la princesse d'Abram; Sarah sera celle de tous les descendants spirituels d'Abraham. Abram signifie "père noble" et Abraham: "père d'une multitude".
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2013-2014)
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16,13-19.
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Cy Aelf, Paris
Il est grand le pouvoir qui a été donné à Pierre. Je me suis parfois demandé comment il se faisait que les grandes puissances qui ont ravagé la terre, spécialement au cours du dernier siècle, n'ont pas songé à s'attaquer d'abord au Vatican. Ni les nazis, ni les soviétiques, étant donné leurs idéologies, ne pouvaient s'imaginer que le "non-Etat" du Vatican pouvait représenter une menace. C'est qu'on ne peut pas en même temps nier l'existence de Dieu et accorder une quelconque valeur à l'Eglise ! Cela se voit encore aujourd'hui. Certes, l'Eglise est souvent mise sous pression, mais les chefs d'Etat ne manquent jamais d'aller se faire tirer le portrait auprès du Pape : ce n'est pas parce qu'ils se posent des problèmes de conscience, mais car ils espèrent, un tant soit peu, plaire à l'électorat - non seulement des catholiques, mais aussi de tous les chrétiens du monde.
Il est fascinant de songer qu'Hitler s'en est pris aux juifs sans s'être posé la question de la résistance possible des chrétiens. Mais même ainsi, non seulement le peuple de la première Alliance n'a pas été anéanti, mais il a retrouvé ses frontières historiques. Et par la suite, qui eût cru que l'église russe survivrait au goulag ? Qui eut jamais songé, parmi cette intelligentsia négativiste, qu'un obscur syndicaliste de Pologne et qu'un misérable prêtre - qui avait travaillé à casser des cailloux durant la guerre, pourraient à eux deux constituer une menace pour leur empire ? Aujourd'hui encore, il en est ainsi, car l'essentiel qui se déroule est invisible aux yeux de la la chair. Et les potentats de ce monde s'imaginent pouvoir donner à l'Histoire une direction qui en réalité est toujours la même puisqu'elles est issue de Dieu et marche infailliblement à Sa rencontre.
Hérode Agrippa, cité dans la première lecture, a mis à mort saint Jacques, mais pouvait-il s'imaginer que saint Jacques serait plus beaucoup connu que lui, un roi, deux mille ans plus tard ? Saint Paul aussi s'est fait exécuter - et ensuite Pierre, mais Pierre est toujours présent, n'est-il pas ce vieillard qui porte de petits souliers ? Les puissants de ce monde ne s'en préoccupent nullement. Les idéologues et les philosophes se moquent, tout en ayant parfois la surprise de découvrir que Dieu les aime, eux aussi. Ce fut bien le cas d'André Frossard (*) ... et en 2013, du pessimiste Bernard-Henri Lévy (**)
L'Histoire passe bien par des idées, mais l'histoire passe par les coeurs d'abord. Or, les idées sont souvent fausses, mais le coeur, s'il est vrai, ne peut dire que la vérité, puisqu'il ne peut dire que ce qu'il aime. Certes, on peut détruire un corps, mais comment détruire un coeur qui aime ?
(*) (**)
Jésus était venu dans la région de Césarée-de-Philippe, et il demandait à ses disciples : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? »
Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres encore, Jérémie ou l'un des prophètes. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Cy Aelf, Paris
Il est grand le pouvoir qui a été donné à Pierre. Je me suis parfois demandé comment il se faisait que les grandes puissances qui ont ravagé la terre, spécialement au cours du dernier siècle, n'ont pas songé à s'attaquer d'abord au Vatican. Ni les nazis, ni les soviétiques, étant donné leurs idéologies, ne pouvaient s'imaginer que le "non-Etat" du Vatican pouvait représenter une menace. C'est qu'on ne peut pas en même temps nier l'existence de Dieu et accorder une quelconque valeur à l'Eglise ! Cela se voit encore aujourd'hui. Certes, l'Eglise est souvent mise sous pression, mais les chefs d'Etat ne manquent jamais d'aller se faire tirer le portrait auprès du Pape : ce n'est pas parce qu'ils se posent des problèmes de conscience, mais car ils espèrent, un tant soit peu, plaire à l'électorat - non seulement des catholiques, mais aussi de tous les chrétiens du monde.
Il est fascinant de songer qu'Hitler s'en est pris aux juifs sans s'être posé la question de la résistance possible des chrétiens. Mais même ainsi, non seulement le peuple de la première Alliance n'a pas été anéanti, mais il a retrouvé ses frontières historiques. Et par la suite, qui eût cru que l'église russe survivrait au goulag ? Qui eut jamais songé, parmi cette intelligentsia négativiste, qu'un obscur syndicaliste de Pologne et qu'un misérable prêtre - qui avait travaillé à casser des cailloux durant la guerre, pourraient à eux deux constituer une menace pour leur empire ? Aujourd'hui encore, il en est ainsi, car l'essentiel qui se déroule est invisible aux yeux de la la chair. Et les potentats de ce monde s'imaginent pouvoir donner à l'Histoire une direction qui en réalité est toujours la même puisqu'elles est issue de Dieu et marche infailliblement à Sa rencontre.
Hérode Agrippa, cité dans la première lecture, a mis à mort saint Jacques, mais pouvait-il s'imaginer que saint Jacques serait plus beaucoup connu que lui, un roi, deux mille ans plus tard ? Saint Paul aussi s'est fait exécuter - et ensuite Pierre, mais Pierre est toujours présent, n'est-il pas ce vieillard qui porte de petits souliers ? Les puissants de ce monde ne s'en préoccupent nullement. Les idéologues et les philosophes se moquent, tout en ayant parfois la surprise de découvrir que Dieu les aime, eux aussi. Ce fut bien le cas d'André Frossard (*) ... et en 2013, du pessimiste Bernard-Henri Lévy (**)
L'Histoire passe bien par des idées, mais l'histoire passe par les coeurs d'abord. Or, les idées sont souvent fausses, mais le coeur, s'il est vrai, ne peut dire que la vérité, puisqu'il ne peut dire que ce qu'il aime. Certes, on peut détruire un corps, mais comment détruire un coeur qui aime ?
(*) (**)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Treizième dimanche du temps ordinaire
Premier livre des Rois 19,16b.19-21.
Puis tu consacreras Jéhu, fils de Namsi, comme roi d'Israël ; et tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder. »
Élie s'en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafate, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau. Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai. » Élie répondit : « Va-t'en, retourne là-bas ! Je n'ai rien fait. »
Alors Élisée s'en retourna ; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l'attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d'Élie et se mit à son service.
Psaume 16(15),1-2a.5.7-8.9-10.2b.11.
Garde-moi, mon Dieu : j'ai fait de toi mon refuge.
J'ai dit au Seigneur : Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,1.13-18.
Frères, si le Christ nous a libérés, c’est pour que nous soyons vraiment libres. Alors tenez bon, et ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage. Or vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres.
Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres. Je vous le dis : vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu ; alors vous n'obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair.
Car les tendances de la chair s'opposent à l'esprit, et les tendances de l'esprit s'opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez. Mais en vous laissant conduire par l'Esprit, vous n'êtes plus sujets de la Loi.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,51-62.
Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem.
Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem.
Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? »
Mais Jésus se retourna et les interpella vivement.
Et ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L'homme répondit : « Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu. »
Tous les textes de ce dimanche nous parlent du détachement - et l'on pourrait même parler de "tranchement" - qui est indispensable pour ceux et celles qui désirent marcher à la suite de Jésus.
Après un moment d'hésitation, Elisée se reprend très vite: il va sacrifier ses boeufs - c'est-à-dire tout ce qu'il possède, pour offrir un banquet à tous. Et dans ce geste, même l'attelage est sacrifié, puisqu'il y met le feu pour cuire la viande.
L'Epitre de saint Paul aux Galates est tout aussi sévère et nous concerne, nous aussi, les fidèles dans l'Eglise. L'amour de Dieu nous délivre de nos anciennes dépendances, mais il faut prendre garde que cette nouvelle liberté est vérifiée constamment par l'amour du prochain, quel qu'il soit ! Même s'il est notre ennemi, même si c'est du malheur que nous recevons de sa main, il nous faut aimer le prochain comme nous nous aimons nous-mêmes. Evidemment, cela résonne comme une terrible exigence et la question se pose aussitôt : comment l'accepter ?
Saint Paul répond qu'il faut vivre sous la conduite de l'Esprit de Dieu. Ce ne serait pas possible s'il n'y avait le secours de l'Esprit Saint. C'est bien par la puissance de l'Esprit Saint que le chrétien devient un homme nouveau: car tous les fardeaux des attachements terrestres ne pèsent plus sur lui.
Je peux témoigner qu'au moment de ma conversion, à peine avais-je découvert cet Amour - en contemplant le Christ qui donnait sa vie pour moi, j'ai désiré moi aussi mourir aussitôt. C'eût été merveilleux de mourir à ce moment-là !
La joie qu'insuffle l'Esprit Saint dans une âme - une âme qui se redécouvre telle, est à ce point forte qu'après la conversion, celle qui en a bénéficié cherche à se défaire de tout afin de préserver la joie.
Ainsi, cette parole de Jésus qui semble si sévère: "Laisse les morts enterrer leurs morts" serait inacceptable sans celle qui suit aussitôt : "Toi, va annoncer le règne de Dieu". Evidemment ! Car le règne de Dieu, c'est la vie pour tous, y compris pour les morts, mais c'est d'abord aux vivants qu'il faut l'annoncer !
Ces derniers jours, à cause des épreuves qui se multiplient, qui sont de différentes sortes (et que vous subissez aussi bien que moi !), il m'est arrivé de soupirer et de prier pour qu'elles soient écartées et reportées. Mais non, tout ce qui nous arrive par devant sera au contraire une occasion de joie dans le Seigneur. Ou bien aurions-nous marché jusqu'à maintenant pour revenir aux plaisirs de ce monde - et à ses raisons dont nous connaissons toute la vanité ? Certainement, non. Je crois donc en la Joie qui submergera de nouveau mon âme au milieu de l'épreuve.
"Jésus, j'ai confiance en Toi "
Puis tu consacreras Jéhu, fils de Namsi, comme roi d'Israël ; et tu consacreras Élisée, fils de Shafate, comme prophète pour te succéder. »
Élie s'en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafate, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau. Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai. » Élie répondit : « Va-t'en, retourne là-bas ! Je n'ai rien fait. »
Alors Élisée s'en retourna ; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l'attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d'Élie et se mit à son service.
Psaume 16(15),1-2a.5.7-8.9-10.2b.11.
Garde-moi, mon Dieu : j'ai fait de toi mon refuge.
J'ai dit au Seigneur : Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,1.13-18.
Frères, si le Christ nous a libérés, c’est pour que nous soyons vraiment libres. Alors tenez bon, et ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage. Or vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres.
Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres. Je vous le dis : vivez sous la conduite de l'Esprit de Dieu ; alors vous n'obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair.
Car les tendances de la chair s'opposent à l'esprit, et les tendances de l'esprit s'opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez. Mais en vous laissant conduire par l'Esprit, vous n'êtes plus sujets de la Loi.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,51-62.
Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem.
Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem.
Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? »
Mais Jésus se retourna et les interpella vivement.
Et ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L'homme répondit : « Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu. »
Tous les textes de ce dimanche nous parlent du détachement - et l'on pourrait même parler de "tranchement" - qui est indispensable pour ceux et celles qui désirent marcher à la suite de Jésus.
Après un moment d'hésitation, Elisée se reprend très vite: il va sacrifier ses boeufs - c'est-à-dire tout ce qu'il possède, pour offrir un banquet à tous. Et dans ce geste, même l'attelage est sacrifié, puisqu'il y met le feu pour cuire la viande.
L'Epitre de saint Paul aux Galates est tout aussi sévère et nous concerne, nous aussi, les fidèles dans l'Eglise. L'amour de Dieu nous délivre de nos anciennes dépendances, mais il faut prendre garde que cette nouvelle liberté est vérifiée constamment par l'amour du prochain, quel qu'il soit ! Même s'il est notre ennemi, même si c'est du malheur que nous recevons de sa main, il nous faut aimer le prochain comme nous nous aimons nous-mêmes. Evidemment, cela résonne comme une terrible exigence et la question se pose aussitôt : comment l'accepter ?
Saint Paul répond qu'il faut vivre sous la conduite de l'Esprit de Dieu. Ce ne serait pas possible s'il n'y avait le secours de l'Esprit Saint. C'est bien par la puissance de l'Esprit Saint que le chrétien devient un homme nouveau: car tous les fardeaux des attachements terrestres ne pèsent plus sur lui.
Je peux témoigner qu'au moment de ma conversion, à peine avais-je découvert cet Amour - en contemplant le Christ qui donnait sa vie pour moi, j'ai désiré moi aussi mourir aussitôt. C'eût été merveilleux de mourir à ce moment-là !
La joie qu'insuffle l'Esprit Saint dans une âme - une âme qui se redécouvre telle, est à ce point forte qu'après la conversion, celle qui en a bénéficié cherche à se défaire de tout afin de préserver la joie.
Ainsi, cette parole de Jésus qui semble si sévère: "Laisse les morts enterrer leurs morts" serait inacceptable sans celle qui suit aussitôt : "Toi, va annoncer le règne de Dieu". Evidemment ! Car le règne de Dieu, c'est la vie pour tous, y compris pour les morts, mais c'est d'abord aux vivants qu'il faut l'annoncer !
Ces derniers jours, à cause des épreuves qui se multiplient, qui sont de différentes sortes (et que vous subissez aussi bien que moi !), il m'est arrivé de soupirer et de prier pour qu'elles soient écartées et reportées. Mais non, tout ce qui nous arrive par devant sera au contraire une occasion de joie dans le Seigneur. Ou bien aurions-nous marché jusqu'à maintenant pour revenir aux plaisirs de ce monde - et à ses raisons dont nous connaissons toute la vanité ? Certainement, non. Je crois donc en la Joie qui submergera de nouveau mon âme au milieu de l'épreuve.
"Jésus, j'ai confiance en Toi "
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
-
etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le lundi de la 13eme semaine du Temps Ordinaire
b]Livre de la Genèse 18,16-33. [/b]
Les visiteurs se levèrent pour se rendre à Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire.
Le Seigneur s'était dit : « Est-ce que je vais cacher à Abraham ce que je veux faire ?
Non, car Abraham doit devenir une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui.
En effet, je l'ai choisi pour qu'il ordonne à ses fils et à sa descendance de garder le chemin du Seigneur, en pratiquant la justice et le droit, afin que le Seigneur réalise ce qu'il avait promis en faveur d'Abraham. »
Alors le Seigneur lui dit : « Comme elle est grande, la clameur qui monte de Sodome et de Gomorrhe ! Et leur faute, comme elle est lourde !
Je veux descendre pour voir si leur conduite correspond à la clameur venue jusqu'à moi. Si c'est faux, je le reconnaîtrai. »
Les deux hommes se dirigèrent vers Sodome, tandis qu'Abraham demeurait devant le Seigneur.
Il s'avança et dit : « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le pécheur ?
Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les faire périr ? Est-ce que tu ne pardonneras pas à cause des cinquante justes qui sont dans la ville ?
Quelle horreur, si tu faisais une chose pareille ! Faire mourir le juste avec le pécheur, traiter le juste de la même manière que le pécheur, quelle horreur ! Celui qui juge toute la terre va-t-il rendre une sentence contraire à la justice ? »
Le Seigneur répondit : « Si je trouve cinquante justes dans Sodome, à cause d'eux je pardonnerai à toute la ville. »
Abraham reprit : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre ?
Peut-être, sur les cinquante justes, en manquera-t-il cinq : pour ces cinq-là, vas-tu détruire toute la ville ? » Il répondit : « Non, je ne la détruirai pas, si j'en trouve quarante-cinq. »
Abraham insista : « Peut-être en trouvera-t-on seulement quarante ? » Le Seigneur répondit : « Pour quarante, je ne le ferai pas. »
Abraham dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère, si j'ose parler encore : peut-être y en aura-t-il seulement trente ? » Il répondit : « Si j'en trouve trente, je ne le ferai pas. »
Abraham dit alors : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur ? Peut-être en trouvera-t-on seulement vingt ? » Il répondit : « Pour vingt, je ne détruirai pas. »
Il dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère : je ne parlerai plus qu'une fois. Peut-être en trouvera-t-on seulement dix ? » Et le Seigneur répondit : « Pour dix, je ne détruirai pas la ville de Sodome. »
Quand le Seigneur eut fini de s'entretenir avec Abraham, il partit, et Abraham retourna chez lui.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,18-22.
Jésus, voyant la foule autour de lui, donna l'ordre de partir vers l'autre rive du lac. Un scribe s'approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. »
Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête. »
Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »
Cy Aelf, Paris
Surprise ! Le texte de l'Evangile semble le même, mais il s'agit ici de saint Matthieu. Or, c'est le texte de saint Luc, de ce dernier dimanche, qui permet de répondre à la question du châtiment divin sur les cités païennes et impénitentes. Je répète ce passage, car le choix des textes par l'Association épicopale liturgique (Aelf), n'est certes pas un hasard.
"Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem.
Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? »
Mais Jésus se retourna et les interpella vivement.
On trouve aussitôt le lien avec la première lecture d'aujourd'hui. Car dans les deux cas, Jésus a entrepris sa montée finale vers Jérusalem mais qui passe par des villes "dissidentes" qui ne reconnaissent pas des points essentiels enseignés par les pharisiens: la primauté de Jérusalem ainsi que la résurrection finale des morts.
Et la question qui se pose finalement (par transposition) dans les textes choisis,
c'est bien celle de la justice divine. La supplique d'Abraham va apaiser le courroux divin - et finalement permettre le salut des quelques justes qui y demeuraient, tandis que Jésus rejette la proposition des deux disciples, car Il est venu pour sauver les hommes en prenant sur lui "tous les péchés du monde".
Par sa mort sur la croix, Jésus a, pour ainsi dire, désarmé la justice divine - du moins jusqu'au jugement final. Nous vivons encore le temps de la patience de Dieu. Et si nous voulons prolonger ce temps, que devons-nous faire ? La réponse est claire: il s'agit de pratiquer nous-même, à la suite de Jésus, ce temps de la Misércorde.
Après les deux guerres mondiales, les philosophes ont parlé de la "mort de Dieu", d'où est issue directement le regain du paganisme qui comporte ces idéologies de la jouissance à tout prix, le refus de toute souffrance, l'abolition de l'institution du mariage, mais encore l'euthaniase pour tous, l'idolâtrie des richesses, bref tout ce que nous commençons de vivre - ne nous étonnons donc pas de la persécution de l'Eglise !
J'ajoute que j'ai commencé de souffrir moi aussi. Je ne le dis pas pour m'en vanter, mais je constate comment les choses se passent sur un plan individuel: je viens de me casser une dent, mais je dois attendre un mois que mon dentiste soit revenu de ses congés - autrefois, ils renvoyaient chez un collègue; une vague connaissance s'est immolée par le feu après avoir été expulsée de son logement; ma famille est complètement éclatée: plus aucune solidarité; je maigris, bien que je mange chaque jour; quant à mon moral, il flanche le soir, mes nuits sont courtes et mes réveils sont chargés d'une angoisse qui me serre le coeur comme dans un étau - cela jusqu'à l'Eucharistie du matin qui me soulage considérablement.
D'où le conseil que je donne souvent sur chaque forum où j'écris: "Vous souffrez ? Allez donc puiser force et joie spirituelle à l'Eucharistie ! En effet, je n'ai aucun doute à ce sujet: toutes les misères et les peines que nous portons sont issues de l'abandon de la foi par le plus grand nombre. Courage ! Car l'or est vérifié par le feu.
Les visiteurs se levèrent pour se rendre à Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire.
Le Seigneur s'était dit : « Est-ce que je vais cacher à Abraham ce que je veux faire ?
Non, car Abraham doit devenir une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui.
En effet, je l'ai choisi pour qu'il ordonne à ses fils et à sa descendance de garder le chemin du Seigneur, en pratiquant la justice et le droit, afin que le Seigneur réalise ce qu'il avait promis en faveur d'Abraham. »
Alors le Seigneur lui dit : « Comme elle est grande, la clameur qui monte de Sodome et de Gomorrhe ! Et leur faute, comme elle est lourde !
Je veux descendre pour voir si leur conduite correspond à la clameur venue jusqu'à moi. Si c'est faux, je le reconnaîtrai. »
Les deux hommes se dirigèrent vers Sodome, tandis qu'Abraham demeurait devant le Seigneur.
Il s'avança et dit : « Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le pécheur ?
Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les faire périr ? Est-ce que tu ne pardonneras pas à cause des cinquante justes qui sont dans la ville ?
Quelle horreur, si tu faisais une chose pareille ! Faire mourir le juste avec le pécheur, traiter le juste de la même manière que le pécheur, quelle horreur ! Celui qui juge toute la terre va-t-il rendre une sentence contraire à la justice ? »
Le Seigneur répondit : « Si je trouve cinquante justes dans Sodome, à cause d'eux je pardonnerai à toute la ville. »
Abraham reprit : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur, moi qui suis poussière et cendre ?
Peut-être, sur les cinquante justes, en manquera-t-il cinq : pour ces cinq-là, vas-tu détruire toute la ville ? » Il répondit : « Non, je ne la détruirai pas, si j'en trouve quarante-cinq. »
Abraham insista : « Peut-être en trouvera-t-on seulement quarante ? » Le Seigneur répondit : « Pour quarante, je ne le ferai pas. »
Abraham dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère, si j'ose parler encore : peut-être y en aura-t-il seulement trente ? » Il répondit : « Si j'en trouve trente, je ne le ferai pas. »
Abraham dit alors : « Oserai-je parler encore à mon Seigneur ? Peut-être en trouvera-t-on seulement vingt ? » Il répondit : « Pour vingt, je ne détruirai pas. »
Il dit : « Que mon Seigneur ne se mette pas en colère : je ne parlerai plus qu'une fois. Peut-être en trouvera-t-on seulement dix ? » Et le Seigneur répondit : « Pour dix, je ne détruirai pas la ville de Sodome. »
Quand le Seigneur eut fini de s'entretenir avec Abraham, il partit, et Abraham retourna chez lui.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,18-22.
Jésus, voyant la foule autour de lui, donna l'ordre de partir vers l'autre rive du lac. Un scribe s'approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. »
Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête. »
Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »
Cy Aelf, Paris
Surprise ! Le texte de l'Evangile semble le même, mais il s'agit ici de saint Matthieu. Or, c'est le texte de saint Luc, de ce dernier dimanche, qui permet de répondre à la question du châtiment divin sur les cités païennes et impénitentes. Je répète ce passage, car le choix des textes par l'Association épicopale liturgique (Aelf), n'est certes pas un hasard.
"Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem.
Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? »
Mais Jésus se retourna et les interpella vivement.
On trouve aussitôt le lien avec la première lecture d'aujourd'hui. Car dans les deux cas, Jésus a entrepris sa montée finale vers Jérusalem mais qui passe par des villes "dissidentes" qui ne reconnaissent pas des points essentiels enseignés par les pharisiens: la primauté de Jérusalem ainsi que la résurrection finale des morts.
Et la question qui se pose finalement (par transposition) dans les textes choisis,
c'est bien celle de la justice divine. La supplique d'Abraham va apaiser le courroux divin - et finalement permettre le salut des quelques justes qui y demeuraient, tandis que Jésus rejette la proposition des deux disciples, car Il est venu pour sauver les hommes en prenant sur lui "tous les péchés du monde".
Par sa mort sur la croix, Jésus a, pour ainsi dire, désarmé la justice divine - du moins jusqu'au jugement final. Nous vivons encore le temps de la patience de Dieu. Et si nous voulons prolonger ce temps, que devons-nous faire ? La réponse est claire: il s'agit de pratiquer nous-même, à la suite de Jésus, ce temps de la Misércorde.
Après les deux guerres mondiales, les philosophes ont parlé de la "mort de Dieu", d'où est issue directement le regain du paganisme qui comporte ces idéologies de la jouissance à tout prix, le refus de toute souffrance, l'abolition de l'institution du mariage, mais encore l'euthaniase pour tous, l'idolâtrie des richesses, bref tout ce que nous commençons de vivre - ne nous étonnons donc pas de la persécution de l'Eglise !
J'ajoute que j'ai commencé de souffrir moi aussi. Je ne le dis pas pour m'en vanter, mais je constate comment les choses se passent sur un plan individuel: je viens de me casser une dent, mais je dois attendre un mois que mon dentiste soit revenu de ses congés - autrefois, ils renvoyaient chez un collègue; une vague connaissance s'est immolée par le feu après avoir été expulsée de son logement; ma famille est complètement éclatée: plus aucune solidarité; je maigris, bien que je mange chaque jour; quant à mon moral, il flanche le soir, mes nuits sont courtes et mes réveils sont chargés d'une angoisse qui me serre le coeur comme dans un étau - cela jusqu'à l'Eucharistie du matin qui me soulage considérablement.
D'où le conseil que je donne souvent sur chaque forum où j'écris: "Vous souffrez ? Allez donc puiser force et joie spirituelle à l'Eucharistie ! En effet, je n'ai aucun doute à ce sujet: toutes les misères et les peines que nous portons sont issues de l'abandon de la foi par le plus grand nombre. Courage ! Car l'or est vérifié par le feu.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
-
etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le mardi de la 13e semaine du Temps Ordinaire
Livre de la Genèse 19,15-29.
Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar,
quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu.
Dieu détruisit ces villes et toute la plaine, avec tous leurs habitants et toute la végétation.
Or, la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel.
Ce matin-là, Abraham se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence du Seigneur,
et il porta son regard en direction de Sodome, de Gomorrhe et de toute la plaine : il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d'une fournaise !
Lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine, il s'est souvenu d'Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait.
Psaume 26(25),2-3.9-10.11-12.
Éprouve-moi, Seigneur, scrute-moi,
passe au feu mes reins et mon cœur.
J'ai devant les yeux ton amour,
je marche selon ta vérité.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,23-27.
Comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent.
Et voilà que la mer s'agita violemment, au point que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Ses compagnons s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? » Alors, debout, Jésus interpella vivement les vents et la mer, et il se fit un grand calme.
Les gens furent saisis d'étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
Cy Aelf, Paris
Jésus est bien dans la barque de Pierre, même s'il dort. Mais le texte de Matthieu me semble faire un clin d'oeil au lecteur lorsqu'il dit que Jésus dort. La mer est agitée avec violence, les vagues semblent devoir les entraîner tous par le fond, et Jésus ne se réveille pas ? Je me suis mis à lire que ce sont plutôt les disciples qui dorment - et que seul Jésus veille ! Et au fond, c'est le sens du récit. Les eaux de la mer de Galilée représentent pour nous les évènements du monde et de nos vies. Nous savons bien que chacun de nous est présent dans la barque de Pierre. Et nous devrions nous sentir réconfortés d'y être, puisque Jésus est avec nous. Le problème, c'est que notre foi est faible et que nous ne prions pas assez. Devant un évènement qui nous choque et nous émeut, nous nous plaignons vite en songeant: "Dieu m'a abandonné" ou bien "Il n'écoute pas mes prières !"
C'est notre manque de foi qui nous paralyse devant les évènements, mais aussi devant le Seigneur. Ainsi, la femme de Loth: les anges les avaient tous prévenus de fuir droit devant eux et sans se retourner. Pourquoi a-t-elle hésité ?
Beaucoup de fidèles, ancrés dans leurs habitudes, risquent bien comme la femme de Loth, d'être changés en statues de sel. Etre changé en statue de sel, quelle image ! C'est lorsque l'on ne persévère pas dans la vie de foi, c'est lorsque l'on baisse les bras devant une tentation plutôt que de rompre immédiatement avec elle, que l'on risque le plus.
Cependant, à côté de cela, le Seigneur va sauver Loth, simplement parce qu'il est le frère d'Abraham, et qu'Abraham a eu foi dans le Seigneur.
Ainsi, c'est souvent la grande foi de quelques-uns, dont nous ne savons même pas le nom, qui nous a permis d'échapper à l'un ou l'autre péril. Quel dommage que nous ne puissions pas voir "de plus haut" se dérouler les évènements sur la terre ! Nous serions beaucoup plus reconnaissants, beaucoup moins prompts à juger, et beaucoup plus heureux, car joie et confiance marchent la main dans la main devant le Seigneur.
Le soleil se levait sur le pays et Loth entrait à Soar,
quand le Seigneur fit tomber du ciel sur Sodome et Gomorrhe une pluie de soufre et de feu.
Dieu détruisit ces villes et toute la plaine, avec tous leurs habitants et toute la végétation.
Or, la femme de Loth avait regardé en arrière, et elle était devenue une colonne de sel.
Ce matin-là, Abraham se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence du Seigneur,
et il porta son regard en direction de Sodome, de Gomorrhe et de toute la plaine : il vit monter de la terre une fumée semblable à celle d'une fournaise !
Lorsque Dieu a détruit les villes de cette plaine, il s'est souvenu d'Abraham ; et il a fait échapper Loth au cataclysme qui a détruit les villes où il habitait.
Psaume 26(25),2-3.9-10.11-12.
Éprouve-moi, Seigneur, scrute-moi,
passe au feu mes reins et mon cœur.
J'ai devant les yeux ton amour,
je marche selon ta vérité.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8,23-27.
Comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent.
Et voilà que la mer s'agita violemment, au point que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Ses compagnons s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. » Mais il leur dit : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ? » Alors, debout, Jésus interpella vivement les vents et la mer, et il se fit un grand calme.
Les gens furent saisis d'étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
Cy Aelf, Paris
Jésus est bien dans la barque de Pierre, même s'il dort. Mais le texte de Matthieu me semble faire un clin d'oeil au lecteur lorsqu'il dit que Jésus dort. La mer est agitée avec violence, les vagues semblent devoir les entraîner tous par le fond, et Jésus ne se réveille pas ? Je me suis mis à lire que ce sont plutôt les disciples qui dorment - et que seul Jésus veille ! Et au fond, c'est le sens du récit. Les eaux de la mer de Galilée représentent pour nous les évènements du monde et de nos vies. Nous savons bien que chacun de nous est présent dans la barque de Pierre. Et nous devrions nous sentir réconfortés d'y être, puisque Jésus est avec nous. Le problème, c'est que notre foi est faible et que nous ne prions pas assez. Devant un évènement qui nous choque et nous émeut, nous nous plaignons vite en songeant: "Dieu m'a abandonné" ou bien "Il n'écoute pas mes prières !"
C'est notre manque de foi qui nous paralyse devant les évènements, mais aussi devant le Seigneur. Ainsi, la femme de Loth: les anges les avaient tous prévenus de fuir droit devant eux et sans se retourner. Pourquoi a-t-elle hésité ?
Beaucoup de fidèles, ancrés dans leurs habitudes, risquent bien comme la femme de Loth, d'être changés en statues de sel. Etre changé en statue de sel, quelle image ! C'est lorsque l'on ne persévère pas dans la vie de foi, c'est lorsque l'on baisse les bras devant une tentation plutôt que de rompre immédiatement avec elle, que l'on risque le plus.
Cependant, à côté de cela, le Seigneur va sauver Loth, simplement parce qu'il est le frère d'Abraham, et qu'Abraham a eu foi dans le Seigneur.
Ainsi, c'est souvent la grande foi de quelques-uns, dont nous ne savons même pas le nom, qui nous a permis d'échapper à l'un ou l'autre péril. Quel dommage que nous ne puissions pas voir "de plus haut" se dérouler les évènements sur la terre ! Nous serions beaucoup plus reconnaissants, beaucoup moins prompts à juger, et beaucoup plus heureux, car joie et confiance marchent la main dans la main devant le Seigneur.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le vendredi de la 13e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 23,1-4.19.24,1-8.62-67.
Sara vécut cent vingt-sept ans.
Elle mourut à Hébron, dans le pays de Canaan. Abraham s'y rendit pour le deuil et les lamentations.
Puis il laissa le corps pour aller parler aux Hittites qui habitaient le pays :
« Je ne suis qu'un immigré domicilié parmi vous ; accordez-moi d'acquérir chez vous une sépulture où je pourrai enterrer cette morte. »
Abraham ensevelit donc sa femme Sara dans la caverne du champ de Macpéla, qui est en face de Mambré ; c'était à Hébron, dans le pays de Canaan.
Abraham était vieux, sa vie était très avancée, et le Seigneur l'avait béni en toute chose.
Abraham dit au plus ancien serviteur de sa maison, l'intendant de tous ses biens :
« Tu vas me prêter serment par le Seigneur, Dieu du ciel et de la terre : tu ne prendras pas pour mon fils une épouse parmi les filles des Cananéens au milieu desquels j'habite.
Tu iras dans mon pays, dans ma parenté, chercher une épouse pour mon fils Isaac. »
Le serviteur lui demanda : « Et si cette femme ne consent pas à me suivre pour venir ici ? Devrai-je alors ramener ton fils dans le pays dont tu es sorti ? »
Abraham lui répondit : « Surtout pas ! Le Seigneur, le Dieu du Ciel, lui qui m'a fait sortir de la maison de mon père et du pays de ma parenté, m'a fait cette promesse avec serment : 'A ta descendance je donnerai le pays que voici. ' C'est lui qui enverra son ange devant toi, et tu prendras là-bas une épouse pour mon fils. Si cette femme ne consent pas à te suivre, tu seras dégagé du serment que je t'impose. Mais, en tout cas, tu n'y ramèneras pas mon fils. »
Isaac habitait alors le Néguev.
Il était sorti à la tombée du jour, lorsque, levant les yeux, il vit arriver des chameaux.
Rébecca, levant les yeux elle aussi, vit Isaac. Elle sauta à bas de son chameau
et dit à l'intendant : « Quel est cet homme qui vient dans la campagne à notre rencontre ? » L'intendant répondit : « C'est mon maître. » Alors elle prit son voile et se cacha le visage.
L'intendant rendit compte à Isaac de tout ce qu'il avait fait. Isaac introduisit Rébecca dans sa tente ; il l'épousa, elle devint sa femme, et il l'aima, et Isaac se consola de la mort de sa mère.
Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Abraham, avec la foi qu'il a manifestée en Dieu, interprète lui-même la promesse d'une descendance, issue de lui et qui sera aussi nombreuse les grains de sable sur une plage et les astres dans les cieux.
Pour être cohérent, selon sa compréhension, il va choisir pour son fils une épouse issue de sa parenté. Ainsi, les règles juives très strictes concernant la transmission du nom, la fertilité des épouses et la valeur du lignage sont toutes nées de ce ce raisonnement que fit Abraham au moment de marier son fils Isaac.
Comment pouvait-il s'imaginer que le dessein de Dieu s'étendrait à toute l'humanité et remonterait jusqu'à nous ? Pourtant, dès le moment où Abraham manifesta sa foi en Dieu en ne lui refusant en sacrifice son fils unique, le projet divin de la Rédemption de toute l'humanité en Jésus-Christ était déjà fondé dans la Trinité.
L'Evangéliste Matthieu a bien compris l'accomplissement en Jésus-Christ de la promesse faite à Abraham, et non seulement l'accomplissement, mais aussi l'ouverture à tous les hommes, quels que soient leurs nom de famille. C'est lui même, le "pécheur public", le collecteur d'impôt qui travaillait pour les romains, qui fait commencer son récit par ces deux versets:
Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham
Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères
Lorsque Matthieu a vu Jésus venir à lui et l'appeler, il a vraiment saisi que le salut de Dieu est venu. Pour lui comme pour tous les hommes et les femmes qui voudront bien ouvrir les yeux et Le reconnaître. Désormais, nul ne sera plus "juste" devant Dieu d'après son origine, mais à cause de leur conversion. La porte du Royaume s'ouvre tout aussi bien aux pharisiens, pourvu qu'ils finissent enfin de concevoir la religion comme la pratique de sacrifices et les purifications, pour qu'ils acceptent enfin la parole que Dieu leur a adressée par son prophète:
"Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices? dit l'Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs. Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis? Cessez d'apporter de vaines offrandes: J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas: Vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; Cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve !" (Is. 1)
Parmi les hommes, sur toute la terre, aujourd'hui comme hier, tous ceux et toutes celles qui se convertissent et pratiquent la miséricorde, sont devenus des enfants d'Abraham.
Sara vécut cent vingt-sept ans.
Elle mourut à Hébron, dans le pays de Canaan. Abraham s'y rendit pour le deuil et les lamentations.
Puis il laissa le corps pour aller parler aux Hittites qui habitaient le pays :
« Je ne suis qu'un immigré domicilié parmi vous ; accordez-moi d'acquérir chez vous une sépulture où je pourrai enterrer cette morte. »
Abraham ensevelit donc sa femme Sara dans la caverne du champ de Macpéla, qui est en face de Mambré ; c'était à Hébron, dans le pays de Canaan.
Abraham était vieux, sa vie était très avancée, et le Seigneur l'avait béni en toute chose.
Abraham dit au plus ancien serviteur de sa maison, l'intendant de tous ses biens :
« Tu vas me prêter serment par le Seigneur, Dieu du ciel et de la terre : tu ne prendras pas pour mon fils une épouse parmi les filles des Cananéens au milieu desquels j'habite.
Tu iras dans mon pays, dans ma parenté, chercher une épouse pour mon fils Isaac. »
Le serviteur lui demanda : « Et si cette femme ne consent pas à me suivre pour venir ici ? Devrai-je alors ramener ton fils dans le pays dont tu es sorti ? »
Abraham lui répondit : « Surtout pas ! Le Seigneur, le Dieu du Ciel, lui qui m'a fait sortir de la maison de mon père et du pays de ma parenté, m'a fait cette promesse avec serment : 'A ta descendance je donnerai le pays que voici. ' C'est lui qui enverra son ange devant toi, et tu prendras là-bas une épouse pour mon fils. Si cette femme ne consent pas à te suivre, tu seras dégagé du serment que je t'impose. Mais, en tout cas, tu n'y ramèneras pas mon fils. »
Isaac habitait alors le Néguev.
Il était sorti à la tombée du jour, lorsque, levant les yeux, il vit arriver des chameaux.
Rébecca, levant les yeux elle aussi, vit Isaac. Elle sauta à bas de son chameau
et dit à l'intendant : « Quel est cet homme qui vient dans la campagne à notre rencontre ? » L'intendant répondit : « C'est mon maître. » Alors elle prit son voile et se cacha le visage.
L'intendant rendit compte à Isaac de tout ce qu'il avait fait. Isaac introduisit Rébecca dans sa tente ; il l'épousa, elle devint sa femme, et il l'aima, et Isaac se consola de la mort de sa mère.
Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Abraham, avec la foi qu'il a manifestée en Dieu, interprète lui-même la promesse d'une descendance, issue de lui et qui sera aussi nombreuse les grains de sable sur une plage et les astres dans les cieux.
Pour être cohérent, selon sa compréhension, il va choisir pour son fils une épouse issue de sa parenté. Ainsi, les règles juives très strictes concernant la transmission du nom, la fertilité des épouses et la valeur du lignage sont toutes nées de ce ce raisonnement que fit Abraham au moment de marier son fils Isaac.
Comment pouvait-il s'imaginer que le dessein de Dieu s'étendrait à toute l'humanité et remonterait jusqu'à nous ? Pourtant, dès le moment où Abraham manifesta sa foi en Dieu en ne lui refusant en sacrifice son fils unique, le projet divin de la Rédemption de toute l'humanité en Jésus-Christ était déjà fondé dans la Trinité.
L'Evangéliste Matthieu a bien compris l'accomplissement en Jésus-Christ de la promesse faite à Abraham, et non seulement l'accomplissement, mais aussi l'ouverture à tous les hommes, quels que soient leurs nom de famille. C'est lui même, le "pécheur public", le collecteur d'impôt qui travaillait pour les romains, qui fait commencer son récit par ces deux versets:
Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d'Abraham
Abraham engendra Isaac; Isaac engendra Jacob; Jacob engendra Juda et ses frères
Lorsque Matthieu a vu Jésus venir à lui et l'appeler, il a vraiment saisi que le salut de Dieu est venu. Pour lui comme pour tous les hommes et les femmes qui voudront bien ouvrir les yeux et Le reconnaître. Désormais, nul ne sera plus "juste" devant Dieu d'après son origine, mais à cause de leur conversion. La porte du Royaume s'ouvre tout aussi bien aux pharisiens, pourvu qu'ils finissent enfin de concevoir la religion comme la pratique de sacrifices et les purifications, pour qu'ils acceptent enfin la parole que Dieu leur a adressée par son prophète:
"Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices? dit l'Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs. Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis? Cessez d'apporter de vaines offrandes: J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas: Vos mains sont pleines de sang. Lavez-vous, purifiez-vous, Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; Cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve !" (Is. 1)
Parmi les hommes, sur toute la terre, aujourd'hui comme hier, tous ceux et toutes celles qui se convertissent et pratiquent la miséricorde, sont devenus des enfants d'Abraham.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le samedi de la 13e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 27,1-5.15-29.
Isaac était devenu vieux, ses yeux avaient faibli et il n'y voyait plus. Il appela Ésaü son fils aîné : « Mon fils ! » Celui-ci répondit : « Me voici. »
Isaac reprit : « Tu vois : je suis devenu vieux, mais je ne sais pas le jour de ma mort.
Prends donc tes armes, ton carquois et ton arc, sors dans la campagne et tue-moi du gibier.
Prépare-moi un des plats que j'aime et apporte-le-moi pour que je mange, et que je te bénisse avant de mourir. » Pendant qu'Isaac parlait ainsi à son fils Ésaü, Rébecca écoutait. Ésaü alla donc dans la campagne chasser du gibier pour son père. Rébecca prit les meilleurs habits d'Ésaü, son fils aîné, ceux qu'elle gardait à la maison ; elle en revêtît Jacob, son fils cadet.
Puis, avec des peaux de chevreau, elle lui couvrit les mains et le cou.
Elle lui remit ensuite le plat et le pain qu'elle avait préparés.
Jacob entra chez son père et lui dit : « Mon père ! » Celui-ci répondit : « Me voici. Qui es-tu, mon fils ? » Jacob dit à son père : « Je suis Ésaü, ton premier-né ; j'ai fait ce que tu m'as dit. Viens donc t'asseoir, mange de mon gibier, et tu me béniras. » Isaac lui dit : « Comme tu as trouvé vite, mon fils ! » Jacob répondit : « C'est que le Seigneur, ton Dieu, a favorisé ma chasse. »
Isaac lui dit : « Approche donc, mon fils, que je te palpe, pour savoir si tu es bien mon fils Ésaü ! » Jacob s'approcha de son père. Celui-ci le palpa et dit : « La voix est celle de Jacob, mais les mains sont celles d'Ésaü. » Il ne reconnut pas Jacob car ses mains étaient velues comme celles de son frère Ésaü, et il le bénit. Il dit encore : « C'est bien toi mon fils Ésaü ? » Jacob répondit : « C'est bien moi. » Isaac reprit : « Apporte-moi le gibier, mon fils, je le mangerai et je te bénirai. » Jacob le servit, et il mangea. Jacob lui présenta du vin, et il but. Isaac dit alors : « Viens m'embrasser, mon fils. » Comme Jacob venait l'embrasser, Isaac respira l'odeur de ses vêtements, et il le bénit en disant : « Voici que l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que le Seigneur a béni. Que Dieu te donne la rosée du ciel et la fertilité de la terre, froment et vin en abondance ! Que les nations te servent, que les peuples se prosternent devant toi. Sois un chef pour tes frères, que les fils de ta mère se prosternent devant toi. Maudit soit qui te maudira, béni soit qui te bénira ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,14-17.
Les disciples de Jean Baptiste s'approchent de Jésus en disant : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.
« Et personne ne coud une pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement ; car le morceau ajouté tire sur le vêtement et le déchire davantage. »
Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »
Cy Aelf, Paris
Si l'on veut comprendre pourquoi, en usant de ruse, c'est Jacob qui est choisi par Isaac plutôt que son aîné, c'est que ce dernier l'avait au préalable vendu à son droit d'aînesse par serment, à son frère... et contre une soupe et un plat de lentilles :
Comme Jacob faisait un potage, Esaü arriva des champs, accablé de fatigue. Esaü dit à Jacob: " Laisse-moi donc manger de ce roux, de ce roux-là, car je suis fatigué. " - C'est pour cela qu'on a donné à Esaü le nom d'Edom. - Jacob dit: " Vends-moi d'abord ton droit d'aînesse. " Esaü répondit: "Voici je m'en vais mourir; que me servira mon droit d'aînesse? " Et Jacob dit: " Jure-le-moi d'abord. " Il jura et vendit son droit d'aînesse à Jacob. Alors Jacob donna à Esaü du pain et du potage de lentilles; celui-ci mangea et but; puis il se leva et s'en alla. C'est ainsi qu'Esaü méprisa le droit d'aînesse. (Gen, chap 25, 30)
Cette histoire fournit-elle un rapport avec l'Evangile ? Oui, car les disciples de Jean qui viennent trouver Jésus, ne sont pas disposés à changer de maître: c'est avec les pharisiens qu'ils jeûnent - ce qui implique qu'ils ont gardé une pratique de leur foi toujours liée au respect strict des stipulations de la Loi de Moïse.
Cependant, après la résurrection de Jésus, comme il est rapporté dans le livre des Actes, les apôtres complèteront le baptème de certains disciples de Jean par le baptême dans l'Esprit Saint. Cela indique un peu comme il est difficile pour un homme de "naître d'En Haut" !
Il faut changer fondamentalement. Il faut muter, devenir un mutant, passer d'une pensée de la chair à l'Esprit Saint, il faut accorder la première place à la pratique de la charité et de la miséricorde et renoncer complètement à soi-même pour pouvoir suivre le Christ. Oui, c'est très exigeant, c'est pourquoi Jésus le déclare haut et clair : à vin nouveau, outre neuve. Il faut jeter le vêtement ancien, car le rapiécer ne suffirait pas: il faut revêtir le Christ tout entier. Ce n'est pas simple ? C'est vrai, mais c'est une merveilleuse aventure, un formidable déplacement de l'être, c'est déjà la renaissance dans les Cieux: "Vous verrez les Cieux ouverts et le fils de l'homme debout à la droite de Dieu !"
Isaac était devenu vieux, ses yeux avaient faibli et il n'y voyait plus. Il appela Ésaü son fils aîné : « Mon fils ! » Celui-ci répondit : « Me voici. »
Isaac reprit : « Tu vois : je suis devenu vieux, mais je ne sais pas le jour de ma mort.
Prends donc tes armes, ton carquois et ton arc, sors dans la campagne et tue-moi du gibier.
Prépare-moi un des plats que j'aime et apporte-le-moi pour que je mange, et que je te bénisse avant de mourir. » Pendant qu'Isaac parlait ainsi à son fils Ésaü, Rébecca écoutait. Ésaü alla donc dans la campagne chasser du gibier pour son père. Rébecca prit les meilleurs habits d'Ésaü, son fils aîné, ceux qu'elle gardait à la maison ; elle en revêtît Jacob, son fils cadet.
Puis, avec des peaux de chevreau, elle lui couvrit les mains et le cou.
Elle lui remit ensuite le plat et le pain qu'elle avait préparés.
Jacob entra chez son père et lui dit : « Mon père ! » Celui-ci répondit : « Me voici. Qui es-tu, mon fils ? » Jacob dit à son père : « Je suis Ésaü, ton premier-né ; j'ai fait ce que tu m'as dit. Viens donc t'asseoir, mange de mon gibier, et tu me béniras. » Isaac lui dit : « Comme tu as trouvé vite, mon fils ! » Jacob répondit : « C'est que le Seigneur, ton Dieu, a favorisé ma chasse. »
Isaac lui dit : « Approche donc, mon fils, que je te palpe, pour savoir si tu es bien mon fils Ésaü ! » Jacob s'approcha de son père. Celui-ci le palpa et dit : « La voix est celle de Jacob, mais les mains sont celles d'Ésaü. » Il ne reconnut pas Jacob car ses mains étaient velues comme celles de son frère Ésaü, et il le bénit. Il dit encore : « C'est bien toi mon fils Ésaü ? » Jacob répondit : « C'est bien moi. » Isaac reprit : « Apporte-moi le gibier, mon fils, je le mangerai et je te bénirai. » Jacob le servit, et il mangea. Jacob lui présenta du vin, et il but. Isaac dit alors : « Viens m'embrasser, mon fils. » Comme Jacob venait l'embrasser, Isaac respira l'odeur de ses vêtements, et il le bénit en disant : « Voici que l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ que le Seigneur a béni. Que Dieu te donne la rosée du ciel et la fertilité de la terre, froment et vin en abondance ! Que les nations te servent, que les peuples se prosternent devant toi. Sois un chef pour tes frères, que les fils de ta mère se prosternent devant toi. Maudit soit qui te maudira, béni soit qui te bénira ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,14-17.
Les disciples de Jean Baptiste s'approchent de Jésus en disant : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons ? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.
« Et personne ne coud une pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement ; car le morceau ajouté tire sur le vêtement et le déchire davantage. »
Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »
Cy Aelf, Paris
Si l'on veut comprendre pourquoi, en usant de ruse, c'est Jacob qui est choisi par Isaac plutôt que son aîné, c'est que ce dernier l'avait au préalable vendu à son droit d'aînesse par serment, à son frère... et contre une soupe et un plat de lentilles :
Comme Jacob faisait un potage, Esaü arriva des champs, accablé de fatigue. Esaü dit à Jacob: " Laisse-moi donc manger de ce roux, de ce roux-là, car je suis fatigué. " - C'est pour cela qu'on a donné à Esaü le nom d'Edom. - Jacob dit: " Vends-moi d'abord ton droit d'aînesse. " Esaü répondit: "Voici je m'en vais mourir; que me servira mon droit d'aînesse? " Et Jacob dit: " Jure-le-moi d'abord. " Il jura et vendit son droit d'aînesse à Jacob. Alors Jacob donna à Esaü du pain et du potage de lentilles; celui-ci mangea et but; puis il se leva et s'en alla. C'est ainsi qu'Esaü méprisa le droit d'aînesse. (Gen, chap 25, 30)
Cette histoire fournit-elle un rapport avec l'Evangile ? Oui, car les disciples de Jean qui viennent trouver Jésus, ne sont pas disposés à changer de maître: c'est avec les pharisiens qu'ils jeûnent - ce qui implique qu'ils ont gardé une pratique de leur foi toujours liée au respect strict des stipulations de la Loi de Moïse.
Cependant, après la résurrection de Jésus, comme il est rapporté dans le livre des Actes, les apôtres complèteront le baptème de certains disciples de Jean par le baptême dans l'Esprit Saint. Cela indique un peu comme il est difficile pour un homme de "naître d'En Haut" !
Il faut changer fondamentalement. Il faut muter, devenir un mutant, passer d'une pensée de la chair à l'Esprit Saint, il faut accorder la première place à la pratique de la charité et de la miséricorde et renoncer complètement à soi-même pour pouvoir suivre le Christ. Oui, c'est très exigeant, c'est pourquoi Jésus le déclare haut et clair : à vin nouveau, outre neuve. Il faut jeter le vêtement ancien, car le rapiécer ne suffirait pas: il faut revêtir le Christ tout entier. Ce n'est pas simple ? C'est vrai, mais c'est une merveilleuse aventure, un formidable déplacement de l'être, c'est déjà la renaissance dans les Cieux: "Vous verrez les Cieux ouverts et le fils de l'homme debout à la droite de Dieu !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Quatorzième dimanche du temps ordinaire
b]Livre d'Isaïe 66,10-14c. [/b]
Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d'elle, vous tous qui l'aimez ! Avec elle, soyez pleins d'allégresse, vous tous qui portiez son deuil !
Ainsi vous serez nourris et rassasiés du lait de ses consolations, et vous puiserez avec délices à l'abondance de sa gloire. Voici ce que dit le Seigneur : Je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve, et la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Vous serez comme des nourrissons que l'on porte sur son bras, que l'on caresse sur ses genoux. De même qu'une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai, dans Jérusalem vous serez consolés.
Vous le verrez, et votre cœur se réjouira ; vos membres, comme l'herbe nouvelle, seront rajeunis. Et le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 6,14-18.
Ce qui compte, ce n'est pas d'avoir ou de ne pas avoir la circoncision, c'est la création nouvelle. Pour tous ceux qui suivent cette règle de vie et pour le véritable Israël de Dieu, paix et miséricorde. Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter. Car moi, je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,1-12.17-20.
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison. '
S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira.
Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous. '
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites : 'Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche. '
Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville.
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Vous, je vous ai donné pouvoir d'écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l'Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »
Cy Aelf, Paris
Après la grande épreuve, la souveraine consolation. C'est ce qu'annonce Isaïe dans la première lecture de ce dimanche et il le dit par trois fois : "Vous serez rassasiés du lait de ses consolations", "Moi-même je vous consolerai" et "Dans Jérusalem vous serez consolés."
Saint Paul parle de ses stigmates comme étant le signe de la nouvelle création qui n'est que "paix et miséricorde". Quand à Jésus, dans l'Evangile, comme ses disciples reviennent de leur première misson, il indique le motif unique de la joie: "Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux."
En ce monde, de ce temps, je le reconnais de plus en plus, l'Adversaire multiplie pour les croyants les occasions de chute: nos lendemains sont incertains, nos familles sont divisées, nos gouvernements adoptent des idéologies qui conduisent à la mort, nos lieux de culte ferment les uns après les autres et l'on est raillé parfois par ceux-là même dont on espérait un secours.
Dans son enseignement à sainte Faustine, le Seigneur dit à l'âme qui souffre, et qui s'en plaint, de ne pas chercher de consolations auprès de ses proches, mais de ne s'appuyer toujours que sur Lui. seul. Cette parole est difficile à entendre, car nous aimerions bien être consolés sur le moment même, nous voudrions tellement reposer notre front trop pesant sur une épaule accueillante et qui nous rassurerait !
Mais pour moi comme pour vous, ce qui convient, c'est l'attitude décisive, c'est nous replonger dans notre choix primordial, c'est nous souvenir de notre conversion et c'est aussi trancher par le glaive dans nos hésitations. Allons, marchons ! L'Evangile de Luc nous dit que les disciples revinrent tout joyeux, parce que même les esprits mauvais leur étaient soumis par le nom de Jésus. Ce dimanche, je prierai pour les âmes de tous les artisans du Royaume - c'est-à-dire nous-mêmes, chacun et chacune d'entre nous. Dans le milieu où nous vivons, nous manifestons la suprématie du Christ par les oeuvres puisque, malgré la détresse, la solitude, le rejet, les moqueries, les insultes, les ricanements - et même les mauvais coups, nous demeurons dans l'Amour du Christ, nous ne voulons pas en être détachés.
.
Réjouissez-vous avec Jérusalem, exultez à cause d'elle, vous tous qui l'aimez ! Avec elle, soyez pleins d'allégresse, vous tous qui portiez son deuil !
Ainsi vous serez nourris et rassasiés du lait de ses consolations, et vous puiserez avec délices à l'abondance de sa gloire. Voici ce que dit le Seigneur : Je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve, et la gloire des nations comme un torrent qui déborde. Vous serez comme des nourrissons que l'on porte sur son bras, que l'on caresse sur ses genoux. De même qu'une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai, dans Jérusalem vous serez consolés.
Vous le verrez, et votre cœur se réjouira ; vos membres, comme l'herbe nouvelle, seront rajeunis. Et le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 6,14-18.
Ce qui compte, ce n'est pas d'avoir ou de ne pas avoir la circoncision, c'est la création nouvelle. Pour tous ceux qui suivent cette règle de vie et pour le véritable Israël de Dieu, paix et miséricorde. Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter. Car moi, je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,1-12.17-20.
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison. '
S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira.
Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous. '
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites : 'Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche. '
Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville.
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient : « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Vous, je vous ai donné pouvoir d'écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l'Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal. Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »
Cy Aelf, Paris
Après la grande épreuve, la souveraine consolation. C'est ce qu'annonce Isaïe dans la première lecture de ce dimanche et il le dit par trois fois : "Vous serez rassasiés du lait de ses consolations", "Moi-même je vous consolerai" et "Dans Jérusalem vous serez consolés."
Saint Paul parle de ses stigmates comme étant le signe de la nouvelle création qui n'est que "paix et miséricorde". Quand à Jésus, dans l'Evangile, comme ses disciples reviennent de leur première misson, il indique le motif unique de la joie: "Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux."
En ce monde, de ce temps, je le reconnais de plus en plus, l'Adversaire multiplie pour les croyants les occasions de chute: nos lendemains sont incertains, nos familles sont divisées, nos gouvernements adoptent des idéologies qui conduisent à la mort, nos lieux de culte ferment les uns après les autres et l'on est raillé parfois par ceux-là même dont on espérait un secours.
Dans son enseignement à sainte Faustine, le Seigneur dit à l'âme qui souffre, et qui s'en plaint, de ne pas chercher de consolations auprès de ses proches, mais de ne s'appuyer toujours que sur Lui. seul. Cette parole est difficile à entendre, car nous aimerions bien être consolés sur le moment même, nous voudrions tellement reposer notre front trop pesant sur une épaule accueillante et qui nous rassurerait !
Mais pour moi comme pour vous, ce qui convient, c'est l'attitude décisive, c'est nous replonger dans notre choix primordial, c'est nous souvenir de notre conversion et c'est aussi trancher par le glaive dans nos hésitations. Allons, marchons ! L'Evangile de Luc nous dit que les disciples revinrent tout joyeux, parce que même les esprits mauvais leur étaient soumis par le nom de Jésus. Ce dimanche, je prierai pour les âmes de tous les artisans du Royaume - c'est-à-dire nous-mêmes, chacun et chacune d'entre nous. Dans le milieu où nous vivons, nous manifestons la suprématie du Christ par les oeuvres puisque, malgré la détresse, la solitude, le rejet, les moqueries, les insultes, les ricanements - et même les mauvais coups, nous demeurons dans l'Amour du Christ, nous ne voulons pas en être détachés.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
-
etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le lundi de la 14e semaine du temps ordinaire
Livre de la Genèse 28,10-22a.
Jacob était parti de Bershéba et se dirigeait vers Harrane.
Surpris par le coucher du soleil, il s'arrêta à l'endroit où il était, pour y passer la nuit ; il prit une pierre pour la mettre sous sa tête, et c'est là qu'il dormit.
Il eut un songe : une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait le ciel ; des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il lui dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d'Abraham ton père, le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants.
Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, ils se répandront à l'orient et à l'occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre. Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t'abandonnerai pas avant d'avoir accompli ce que je t'ai promis. »
Jacob sortit de son sommeil et s'écria : « Vraiment, le Seigneur est dans ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. »
Saisi de crainte, il disait : « Que ce lieu est redoutable ! Il est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel ! » Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu'il avait mise sous sa tête, il la dressa pour en faire une stèle, et il la consacra en versant de l'huile sur le sommet.
Et à ce lieu, qui s'appelait alors Louz, il donna le nom de Béthel (c'est-à-dire : Maison de Dieu).
Alors Jacob prononça ce vœu : « Si Dieu est avec moi, s'il me protège sur le chemin où je marche, s'il me donne du pain pour manger et des vêtements pour me couvrir, et si je reviens sain et sauf à la maison de mon père, le Seigneur sera mon Dieu. Cette pierre dont j'ai fait une stèle sera la maison de Dieu. »
Psaume 91(90),1-2.3a.4.14-15ab.
Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut
et repose à l'ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
Tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean Baptiste, voilà qu'un chef s'approcha; il se prosternait devant lui en disant : " Ma fille est morte à l'instant; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. "
Jésus se leva et se mit à le suivre, ainsi que ses disciples. Et voilà qu'une femme souffrant d'hémorragies depuis douze ans s'approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement.
Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. »
Jésus se retourna, la vit et lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t'a sauvée. » Et la femme fut sauvée à l'heure même. Jésus, arrivé à la maison du chef, dit, en voyant les joueurs de flûte et l'agitation de la foule : « Retirez-vous. La jeune fille n'est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui. Quand il eut mis la foule dehors, il entra et saisit la main de la jeune fille, qui se leva. Et la nouvelle se répandit dans tout ce pays.
Cy Aelf, Paris
La résurrection de la fille de Jaïre et la guérison, en chemin, de la femme souffrant de pertes de sang ont fait l'objet d'intéressantes lectures quant à la condition de la femme du temps de Jésus. Cependant, le rêve que fait Jacob, avec la vision de l'échelle et des anges qui montent et descendent depuis les cieux vers la terre donne donne lieu à un commentaire que l'on imagine plus complexe et "théologique", alors que dans le cas précis, je n'y vois que l'attention que le Seigneur, Dieu d'amour et de miséricorde, porte à chacun et chacune d'entre nous.
Cette fabuleuse échelle, que les anges montent et descendent sans fin, sont l'image des prières que nos anges portent auprès du trône de Dieu et les grâce qui nous sont octroyées parfois même à notre insu. Qu'un contre-temps survienne, qu'une maladie nous cloue au lit, ou que nos forces nous abandonnent un temps, et nous nous faisons souvent l'idée que le Seigneur n'entend pas nos prières - alors que c'est notre bien et seulement notre bien qu'Il accomplit.
Sur ce thème, comme j'aurais de belles histoires à rapporter ! Me voici, aujourd'hui même, privé de ma voiture car il faudrait de nouveau la porter à un entretien de carosserie. Et comme tout le monde à ma place, j'ai commencé par me plaindre. "Ah, Seigneur, fallait-il que cela m'arrive à moi !" Mais oui, il le le fallait. Et à cause de ma foi, je me repents et je dis : oui, il ne pouvait pas y avoir de meilleur moment que cette année, en été. N'avais je pas songé moi-même à acheter des chaussures à bonnes semelles et que j'ai bien imperméabilisées en vue de l'hiver prochain ? Eh bien, j'ai été entendu et je crois - aussi - que cette idée, de retourner à la marche m'a également été inspirée. Pourquoi me faire du souci, puisque je suis exaucé !
Et ce que dit Dieu à Jacob, c'est à l'homme qu'il le dit, et c'est donc à chacun et chacune qu'Il le dit: "Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre; car je ne t'abandonnerai pas avant d'avoir accompli ce que je t'ai promis. »
Jacob était parti de Bershéba et se dirigeait vers Harrane.
Surpris par le coucher du soleil, il s'arrêta à l'endroit où il était, pour y passer la nuit ; il prit une pierre pour la mettre sous sa tête, et c'est là qu'il dormit.
Il eut un songe : une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait le ciel ; des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il lui dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d'Abraham ton père, le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants.
Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, ils se répandront à l'orient et à l'occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre. Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t'abandonnerai pas avant d'avoir accompli ce que je t'ai promis. »
Jacob sortit de son sommeil et s'écria : « Vraiment, le Seigneur est dans ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. »
Saisi de crainte, il disait : « Que ce lieu est redoutable ! Il est réellement la maison de Dieu, la porte du ciel ! » Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu'il avait mise sous sa tête, il la dressa pour en faire une stèle, et il la consacra en versant de l'huile sur le sommet.
Et à ce lieu, qui s'appelait alors Louz, il donna le nom de Béthel (c'est-à-dire : Maison de Dieu).
Alors Jacob prononça ce vœu : « Si Dieu est avec moi, s'il me protège sur le chemin où je marche, s'il me donne du pain pour manger et des vêtements pour me couvrir, et si je reviens sain et sauf à la maison de mon père, le Seigneur sera mon Dieu. Cette pierre dont j'ai fait une stèle sera la maison de Dieu. »
Psaume 91(90),1-2.3a.4.14-15ab.
Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut
et repose à l'ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
Tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean Baptiste, voilà qu'un chef s'approcha; il se prosternait devant lui en disant : " Ma fille est morte à l'instant; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. "
Jésus se leva et se mit à le suivre, ainsi que ses disciples. Et voilà qu'une femme souffrant d'hémorragies depuis douze ans s'approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement.
Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. »
Jésus se retourna, la vit et lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t'a sauvée. » Et la femme fut sauvée à l'heure même. Jésus, arrivé à la maison du chef, dit, en voyant les joueurs de flûte et l'agitation de la foule : « Retirez-vous. La jeune fille n'est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui. Quand il eut mis la foule dehors, il entra et saisit la main de la jeune fille, qui se leva. Et la nouvelle se répandit dans tout ce pays.
Cy Aelf, Paris
La résurrection de la fille de Jaïre et la guérison, en chemin, de la femme souffrant de pertes de sang ont fait l'objet d'intéressantes lectures quant à la condition de la femme du temps de Jésus. Cependant, le rêve que fait Jacob, avec la vision de l'échelle et des anges qui montent et descendent depuis les cieux vers la terre donne donne lieu à un commentaire que l'on imagine plus complexe et "théologique", alors que dans le cas précis, je n'y vois que l'attention que le Seigneur, Dieu d'amour et de miséricorde, porte à chacun et chacune d'entre nous.
Cette fabuleuse échelle, que les anges montent et descendent sans fin, sont l'image des prières que nos anges portent auprès du trône de Dieu et les grâce qui nous sont octroyées parfois même à notre insu. Qu'un contre-temps survienne, qu'une maladie nous cloue au lit, ou que nos forces nous abandonnent un temps, et nous nous faisons souvent l'idée que le Seigneur n'entend pas nos prières - alors que c'est notre bien et seulement notre bien qu'Il accomplit.
Sur ce thème, comme j'aurais de belles histoires à rapporter ! Me voici, aujourd'hui même, privé de ma voiture car il faudrait de nouveau la porter à un entretien de carosserie. Et comme tout le monde à ma place, j'ai commencé par me plaindre. "Ah, Seigneur, fallait-il que cela m'arrive à moi !" Mais oui, il le le fallait. Et à cause de ma foi, je me repents et je dis : oui, il ne pouvait pas y avoir de meilleur moment que cette année, en été. N'avais je pas songé moi-même à acheter des chaussures à bonnes semelles et que j'ai bien imperméabilisées en vue de l'hiver prochain ? Eh bien, j'ai été entendu et je crois - aussi - que cette idée, de retourner à la marche m'a également été inspirée. Pourquoi me faire du souci, puisque je suis exaucé !
Et ce que dit Dieu à Jacob, c'est à l'homme qu'il le dit, et c'est donc à chacun et chacune qu'Il le dit: "Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre; car je ne t'abandonnerai pas avant d'avoir accompli ce que je t'ai promis. »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Le vendredi de la 13eme semaine du Temps Ordinaire
Livre de la Genèse 32,23-32.
Cette nuit-là, Jacob se leva, il prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et passa le gué du Yabboq.
Il leur fit traverser le torrent et il fit passer aussi tout ce qui lui appartenait.
Jacob resta seul. Or, quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore.
L'homme, voyant qu'il ne pouvait pas le vaincre, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce combat.
L'homme lui dit : « Lâche-moi, car l'aurore s'est levée. » Jacob répondit : « Je ne te lâcherai que si tu me bénis. »
L'homme lui demanda : « Quel est ton nom ? - Je m'appelle Jacob. -
On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël (ce qui signifie : Fort contre Dieu), parce que tu as lutté contre Dieu comme on lutte contre des hommes, et tu as vaincu. »
Jacob lui fit cette demande : « Révèle-moi ton nom, je t'en prie. » Mais il répondit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » Et à cet endroit il le bénit.
Jacob appela ce lieu Pénouël (ce qui signifie : Face de Dieu), car il disait : « J'ai vu Dieu face à face, et j'ai eu la vie sauve. »
Au lever du soleil, il traversa le torrent à Pénouël. Il resta boiteux de la hanche.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.
Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Cy Aelf, Paris
Que signifie cette lutte à laquelle se livre Jacob et un homme mystérieux qui ne dit pas son nom, mais qui semble bien représenter Dieu lui-même ? Et comment se fait-il que Dieu n'ait pas eu le dessus, mais laisse son adversaire avec une hanche démise tout en lui donnant un nom nouveau : Israël - qui signife "fort contre Dieu"?
Pour comprendre, il faut transposer ce combat et y voir la lutte par la prière, le combat pour ne pas entrer en tentation. Pour moi, je me souviendrai toujours que durant trois années, j'ai prié le Seigneur de faire revenir à moi une femme que j'avais cru pouvoir aimer. Et je me trompais, mais qu'à cela ne tienne: ce n'était pas tant entre elle et moi d'abord, mais entre le Seigneur et moi ! Pour tant de choses, j'avais été exaucé rapidement ! C'était une fête continuelle ! Comment admettre qu'en vue d'un mariage, je n'obtenais pas satisfaction ? Mais la foi, je l'avais et j'ai donc prié plus de trois années, chaque jour, pour obtenir le retour d'Isabelle. Et puis, la veille d'un 14 juillet, je l'ai retrouvé assise à mon bureau ! Enfin ! Pourquoi avais-je dû prier si longtemps ? Il m'est apparu très vite qu'elle avait beaucoup changé, qu'elle se présentait elle-même comme une séductrice et mon doux rêve s'est effondré lamentablement.
Je ne suis jamais marié. Le soir de ma pire déconvenue - quand la séparation fut rendue définitive, je me suis à genoux sous le crucifix de ma conversion et j'ai dit: "Seigneur, je comprends: même Toi, tu ne peux obliger quiconque à aimer ! Mais tu a exaucé ma prière tout de même. A présent, je me repents et je t'offre ce qu'il reste de mon coeur déchiré pour t'aimer jusqu'à mon dernier jour. Il en fut ainsi et désormais tout ce que je peux vivre, je le soumets au bon plaisir de Dieu. Moi aussi, n'ai pas la hanche démise ? Je reste prudent, je ne crois plus, par moi-même parvenir à réaliser de grandes chose.
Dans l'Evangile, Jésus lui-même ne prétend pas convertir tous les hommes de lui-même. Il demande donc à ses disciples de prier le Père d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. N'était-il pas en mesure de faire des disciples de toutes les foules qui le suivaient ? Bien sûr, mais une fois encore, il privilégie la collaboration avec les disciples. De nouveau, le Seigneur n'utilise pas la toute-puissance mais Il cherche ceux qui L'aiment pour l'oeuvre de la Rédemption.
Cette nuit-là, Jacob se leva, il prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et passa le gué du Yabboq.
Il leur fit traverser le torrent et il fit passer aussi tout ce qui lui appartenait.
Jacob resta seul. Or, quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore.
L'homme, voyant qu'il ne pouvait pas le vaincre, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce combat.
L'homme lui dit : « Lâche-moi, car l'aurore s'est levée. » Jacob répondit : « Je ne te lâcherai que si tu me bénis. »
L'homme lui demanda : « Quel est ton nom ? - Je m'appelle Jacob. -
On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël (ce qui signifie : Fort contre Dieu), parce que tu as lutté contre Dieu comme on lutte contre des hommes, et tu as vaincu. »
Jacob lui fit cette demande : « Révèle-moi ton nom, je t'en prie. » Mais il répondit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » Et à cet endroit il le bénit.
Jacob appela ce lieu Pénouël (ce qui signifie : Face de Dieu), car il disait : « J'ai vu Dieu face à face, et j'ai eu la vie sauve. »
Au lever du soleil, il traversa le torrent à Pénouël. Il resta boiteux de la hanche.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.
Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Cy Aelf, Paris
Que signifie cette lutte à laquelle se livre Jacob et un homme mystérieux qui ne dit pas son nom, mais qui semble bien représenter Dieu lui-même ? Et comment se fait-il que Dieu n'ait pas eu le dessus, mais laisse son adversaire avec une hanche démise tout en lui donnant un nom nouveau : Israël - qui signife "fort contre Dieu"?
Pour comprendre, il faut transposer ce combat et y voir la lutte par la prière, le combat pour ne pas entrer en tentation. Pour moi, je me souviendrai toujours que durant trois années, j'ai prié le Seigneur de faire revenir à moi une femme que j'avais cru pouvoir aimer. Et je me trompais, mais qu'à cela ne tienne: ce n'était pas tant entre elle et moi d'abord, mais entre le Seigneur et moi ! Pour tant de choses, j'avais été exaucé rapidement ! C'était une fête continuelle ! Comment admettre qu'en vue d'un mariage, je n'obtenais pas satisfaction ? Mais la foi, je l'avais et j'ai donc prié plus de trois années, chaque jour, pour obtenir le retour d'Isabelle. Et puis, la veille d'un 14 juillet, je l'ai retrouvé assise à mon bureau ! Enfin ! Pourquoi avais-je dû prier si longtemps ? Il m'est apparu très vite qu'elle avait beaucoup changé, qu'elle se présentait elle-même comme une séductrice et mon doux rêve s'est effondré lamentablement.
Je ne suis jamais marié. Le soir de ma pire déconvenue - quand la séparation fut rendue définitive, je me suis à genoux sous le crucifix de ma conversion et j'ai dit: "Seigneur, je comprends: même Toi, tu ne peux obliger quiconque à aimer ! Mais tu a exaucé ma prière tout de même. A présent, je me repents et je t'offre ce qu'il reste de mon coeur déchiré pour t'aimer jusqu'à mon dernier jour. Il en fut ainsi et désormais tout ce que je peux vivre, je le soumets au bon plaisir de Dieu. Moi aussi, n'ai pas la hanche démise ? Je reste prudent, je ne crois plus, par moi-même parvenir à réaliser de grandes chose.
Dans l'Evangile, Jésus lui-même ne prétend pas convertir tous les hommes de lui-même. Il demande donc à ses disciples de prier le Père d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. N'était-il pas en mesure de faire des disciples de toutes les foules qui le suivaient ? Bien sûr, mais une fois encore, il privilégie la collaboration avec les disciples. De nouveau, le Seigneur n'utilise pas la toute-puissance mais Il cherche ceux qui L'aiment pour l'oeuvre de la Rédemption.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Jésus le Pain vivant descendu du Ciel
Livre de la Genèse 41,55-57.42,5-7a.17-24a.
La famine avait atteint tout le pays d'Égypte, et le peuple réclama du pain à Pharaon. Mais Pharaon dit à tous les Égyptiens : « Allez trouver Joseph, et faites ce qu'il vous dira. » La famine s'étendait à tout le pays. Alors Joseph ouvrit toutes les réserves et vendit du blé aux Égyptiens. Mais la famine s'aggrava encore dans le pays.
De partout on vint en Égypte pour acheter du blé à Joseph, car la famine s'aggravait partout.
Les fils de Jacob, parmi beaucoup d'autres gens, vinrent donc pour acheter du blé, car la famine sévissait chez eux, au pays de Canaan.
C'était Joseph qui organisait la vente du blé pour tout le monde, car il avait pleins pouvoirs dans le pays. En arrivant, les frères de Joseph se prosternèrent devant lui, la face contre terre.
Dès qu'il les vit, il les reconnut, mais il les traita comme des étrangers et leur parla avec dureté.
Il les retint sous bonne garde pendant trois jours.
Le troisième jour, il leur dit : « Faites ce que je vais vous dire, et vous aurez la vie sauve, car je crains Dieu. Si vous êtes de bonne foi, que l'un d'entre vous reste détenu dans cette prison. Vous autres, partez en emportant ce qu'il faut de blé pour éviter la famine à votre clan.
Puis vous m'amènerez votre plus jeune frère : ainsi vos paroles seront vérifiées, et vous ne serez pas mis à mort. » Ils acceptèrent, et ils se disaient l'un à l'autre : « Hélas ! nous expions ce que nous avons fait à Joseph notre frère : nous avons vu dans quelle détresse il se trouvait quand il nous suppliait, et nous ne l'avons pas écouté. C'est pourquoi nous sommes maintenant dans la détresse. » Roubène prit la parole : « Je vous l'avais bien dit : 'Ne commettez pas ce crime contre notre jeune frère ! ' Mais vous ne m'avez pas écouté, et maintenant nous devons répondre de son sang. » Comme il y avait un interprète, ils ne se rendaient pas compte que Joseph comprenait tout. Alors Joseph se retira pour pleurer.
Psaume 33(32),2-3.10-11.18-19.
Le Seigneur a déjoué les plans des nations,
anéanti les projets des peuples.
Le plan du Seigneur demeure pour toujours,
les projets de son cœur subsistent d'âge en âge.
Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, appelé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ;
Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ;
Simon le Zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains.
Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël.
Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. »
Joseph, que ses frères avaient voulu tuer parce qu'il était le préféré de leur père, est déjà la préfiguration du Christ, lui qu'on a crucifié et qui est devenu pour tous ses frères humains le Pain de Vie, pour lequel il ne faut rien payer, mais il suffit de se convertir. Si ce renvoi semble facile, que dire donc de la manne que les juifs mangèrent dans le désert après avoir récriminé contre Dieu ? Lorsque je pense encore au destin de Joseph, pleurant sur ses frères qui ne l'ont pas reconnu, cela me rappelle encore Isaïe 55 :
Venez consommer,venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?Écoutez-moi donc : mangez de bonnes choses,régalez-vous de viandes savoureuses ! Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez.Je ferai avec vous une Alliance éternelle,qui confirmera ma bienveillance envers David.
Dans l'Evangile, si les douze reçoivent l'instruction de ne pas quitter les frontières de la maison d'Israël, c'est que le temps n'est pas encore venu. Ce temps viendra à la Pentecôte, lorsqu'ils seront revêtus de l'Esprit Saint et qu'ils pourront, dès lors, parler avec la même assurance que Jésus. Quant à Jésus lui-même, rien ni personne ne peut "l'empêcher" puisqu'il est lui-même le "pain vivant" descendu du Ciel.
La famine avait atteint tout le pays d'Égypte, et le peuple réclama du pain à Pharaon. Mais Pharaon dit à tous les Égyptiens : « Allez trouver Joseph, et faites ce qu'il vous dira. » La famine s'étendait à tout le pays. Alors Joseph ouvrit toutes les réserves et vendit du blé aux Égyptiens. Mais la famine s'aggrava encore dans le pays.
De partout on vint en Égypte pour acheter du blé à Joseph, car la famine s'aggravait partout.
Les fils de Jacob, parmi beaucoup d'autres gens, vinrent donc pour acheter du blé, car la famine sévissait chez eux, au pays de Canaan.
C'était Joseph qui organisait la vente du blé pour tout le monde, car il avait pleins pouvoirs dans le pays. En arrivant, les frères de Joseph se prosternèrent devant lui, la face contre terre.
Dès qu'il les vit, il les reconnut, mais il les traita comme des étrangers et leur parla avec dureté.
Il les retint sous bonne garde pendant trois jours.
Le troisième jour, il leur dit : « Faites ce que je vais vous dire, et vous aurez la vie sauve, car je crains Dieu. Si vous êtes de bonne foi, que l'un d'entre vous reste détenu dans cette prison. Vous autres, partez en emportant ce qu'il faut de blé pour éviter la famine à votre clan.
Puis vous m'amènerez votre plus jeune frère : ainsi vos paroles seront vérifiées, et vous ne serez pas mis à mort. » Ils acceptèrent, et ils se disaient l'un à l'autre : « Hélas ! nous expions ce que nous avons fait à Joseph notre frère : nous avons vu dans quelle détresse il se trouvait quand il nous suppliait, et nous ne l'avons pas écouté. C'est pourquoi nous sommes maintenant dans la détresse. » Roubène prit la parole : « Je vous l'avais bien dit : 'Ne commettez pas ce crime contre notre jeune frère ! ' Mais vous ne m'avez pas écouté, et maintenant nous devons répondre de son sang. » Comme il y avait un interprète, ils ne se rendaient pas compte que Joseph comprenait tout. Alors Joseph se retira pour pleurer.
Psaume 33(32),2-3.10-11.18-19.
Le Seigneur a déjoué les plans des nations,
anéanti les projets des peuples.
Le plan du Seigneur demeure pour toujours,
les projets de son cœur subsistent d'âge en âge.
Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d'expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, appelé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ;
Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d'Alphée, et Thaddée ;
Simon le Zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « N'allez pas chez les païens et n'entrez dans aucune ville des Samaritains.
Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël.
Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. »
Joseph, que ses frères avaient voulu tuer parce qu'il était le préféré de leur père, est déjà la préfiguration du Christ, lui qu'on a crucifié et qui est devenu pour tous ses frères humains le Pain de Vie, pour lequel il ne faut rien payer, mais il suffit de se convertir. Si ce renvoi semble facile, que dire donc de la manne que les juifs mangèrent dans le désert après avoir récriminé contre Dieu ? Lorsque je pense encore au destin de Joseph, pleurant sur ses frères qui ne l'ont pas reconnu, cela me rappelle encore Isaïe 55 :
Venez consommer,venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?Écoutez-moi donc : mangez de bonnes choses,régalez-vous de viandes savoureuses ! Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez.Je ferai avec vous une Alliance éternelle,qui confirmera ma bienveillance envers David.
Dans l'Evangile, si les douze reçoivent l'instruction de ne pas quitter les frontières de la maison d'Israël, c'est que le temps n'est pas encore venu. Ce temps viendra à la Pentecôte, lorsqu'ils seront revêtus de l'Esprit Saint et qu'ils pourront, dès lors, parler avec la même assurance que Jésus. Quant à Jésus lui-même, rien ni personne ne peut "l'empêcher" puisqu'il est lui-même le "pain vivant" descendu du Ciel.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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