Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Fête d'Edith Stein (sainte Bénédicte de la Croix)

Message non lu par etienne lorant »

Livre d'Osée 2,16b.17b.21-22.
Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l'entraîner jusqu'au désert, et je lui parlerai cœur à cœur.
Tu seras ma fiancée, et ce sera pour toujours. Tu seras ma fiancée, et je t'apporterai la justice et le droit, l'amour et la tendresse ;
tu seras ma fiancée, et je t'apporterai la fidélité, et tu connaîtras le Seigneur
.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25,1-13.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Le royaume des cieux sera comparable à des jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux.
Cinq d'entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes :
les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d'huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l'huile en réserve.
Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent.
Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : 'Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre. 'Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe.
Les insensées demandèrent aux prévoyantes : 'Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. 'Les prévoyantes leur répondirent : 'Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands. 'Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l'on ferma la porte.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! '
Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. '

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure .



Dans les témoignages de conversion, tout autant que dans le mien d'ailleurs, il se produit une soudaine mise à l'écart du monde dans le sens d'un détachement essentiel. Evoquer une forme de "mort du passé" n'est pas de trop, car La personne que l'on avait croisée la veille a toujours les mêmes traits, sa voix est la même, de même sa coupe de cheveux, sa voix, ses vêtements... mais elle est déjà une autre.
Edith Stein, comme Aaron Lustiger, comme beaucoup d'autres juifs convertis, ont dû lutter et prier beaucoup pour faire admettre leur choix auprès des membres de leur propre famille et leurs anciens correligionnaires. La conversion de certains musulmans également, on n'en doute pas, en a placés plusieurs dans une position extrêmement délicate, dans laquelle leur vie a été menacée.
Le texte d'Osée parle d'amour, car c'est heureusement d'un très grand amour qu'il s'agit et les mots pour l'exprimer ne suffiront jamais.

Je n'ai repris que deux citations:

- Pour le chrétien, il n'y a pas d'étranger ; le prochain est toujours celui qui se trouve devant nous et qui a le plus besoin de nous - qu'il soit parent ou non, que nous le trouvions sympathique ou non, qu'il soit ou non moralement digne de notre aide. L'amour du Christ ne connait pas de limites, il n'a pas de cesse et n'est rebuté ni par la laideur, ni par la saleté.

- Il n'y a pas que l'affection humaine qui trouble la pureté du cœur. Bien plus que l'excès, c'est le manque d'amour qui va à l'encontre du Cœur divin. Chaque antipathie, chaque irritation, chaque colère que nous tolérons dans notre cœur ferme l'accès au Sauveur. Nous ne sommes pas responsable de nos mouvements involontaires, mais dès que nous en prenons conscience nous devons impitoyablement les réprimer ; sans quoi nous nous opposons à Dieu qui est amour, et faisons le jeu de l'Adversaire
La Crèche et la Croix (1941), Edith Stein, éd. Ad Solem Éditions S.A., 2007 (ISBN 978-2-940402-10-6), p. 51

Ces deux petits textes, à eux seuls, m'aident à mieux comprendre la parabole qu'a donnée Jésus concernant les "vierges sages et les vierges folles". Une fois connu le grand amour dont nous sommes aimés, il ne peut subsister qu'une recherche une quête de l'Aimé, même - et peut-être surtout lorsque celui-ci se fait absent. Je me souviens avoir lu que les souffrances de la future sainte Faustine, lors de son noviciat, furent telles qu'elle risquât d'en mourir sans l'intervention de ses supérieures qui la préservèrent en l'obligeant d'adoucir ses pénitences.

La dernière ligne de cet Evangile, elle s'adresse à nous tous en particulier:

"Veillez donc car vous ne savez ni le jour ni l'heure !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Fête d'Edith Stein (sainte Bénédicte de la Croix)

Message non lu par etienne lorant »

L'Eglise fête aujourd'hui, vendredi 9 août, sainte Edith Stein (1891-1942, en religion, Thérèse Bénédicte de la Croix), victime de la Shoah, carmélite et martyre, que Jean-Paul II a voulu comme co-patronne de l'Europe pour montrer le chemin de "la recherche de la vérité et du bien commun".

Arrêtée en Hollande, au carmel d'Echt, avec sa soeur Rosa, par les SS, elle a été emprisonnée au camp de Westerbork, déportée par le convoi n° 587, du 7 août 1942, et assassinée en chambre à gaz avec tous les juifs du convoi, au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, le 9 août 1942. C'est pour cela qu'on l'a appelée la "sainte sans tombe".

Au moment de son arrestation, le 2 août, elle aurait dit à sa soeur Rosa: « Viens, allons pour notre peuple ».

Jean-Paul II l'a proclamée co-patronne de l'Europe le 1er octobre 1999, avec Catherine de Sienne et Brigitte de Suède. Il l'avait béatifiée à Cologne, le 1er mai 1987 et canonisée à Rome le 11 octobre 1998.

Sa mémoire liturgique invite à faire mémoire de la Shoah en disant, avec les papes Jean-Paul II et Benoît XVI, pèlerins à Auschwitz: "jamais plus".

En choisissant Edith Stein parmi les saintes patronnes de l'Europe, le pape Jean-Paul II disait le sens de sa décision tout d'abord en tant que modèle féminin, puis en tant que témoin de l'histoire, et en tant que modèle d'union de la contemplation et de l'action: "L'Europe est déjà placée sous la protection céleste de trois grands saints: celle de Benoît de Nursie, père du monachisme occidental, ainsi que celle des deux frères Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves. A ces témoins éminents du Christ, j'ai également voulu associer trois autres figures féminines, afin de souligner le grand rôle que les femmes ont joué et continuent à jouer dans l'histoire ecclésiale et civile du continent, jusqu'à nos jours."

"Dès ses débuts, et bien que conditionnée par les cultures dans lesquelles elle était insérée,  a précisé le pape, l'Eglise a toujours reconnu la pleine dignité spirituelle de la femme, à commencer par la vocation et la mission singulière de Marie, Mère du Rédempteur. Dès le début, les chrétiens se sont adressés à ces femmes, telles que Félicité, Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile et Anastasie - comme l'atteste le Canon romain - avec une ferveur aussi grande que celle qu'ils réservaient aux hommes saints."

Puis il insistait sur la personnalité des trois saintes qui "ont toutes un lien spécial avec l'histoire du continent". "Edith Stein, qui, provenant d'une famille juive, quitta sa brillante carrière de chercheuse pour devenir religieuse carmélite, sous le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix, et mourut dans le camp d'extermination d'Auschwitz, est le symbole des drames de l'Europe de ce siècle", a expliqué le pape.

"Brigitte de Suède et Catherine de Sienne, qui ont toutes deux vécu au XIVème siècle, travaillèrent inlassablement pour l'Eglise ayant à cœur son destin au niveau européen. Brigitte, qui s'était consacrée à Dieu après avoir vécu pleinement sa vocation d'épouse et de mère, parcourut l'Europe du Nord au Sud, se prodiguant sans répit pour réaliser l'unité des chrétiens, et mourut à Rome. Catherine, humble et intrépide tertiaire dominicaine, apporta la paix dans sa terre natale de Sienne, en Italie et dans l'Europe du XIVème siècle. Elle consacra toutes ses énergies à l'Eglise et réussit à obtenir le retour du Pape d'Avignon à Rome."

Le pape a aussi souligné leur façon spécifique d'aller contemplation et action, pour mieux transformer l'Europe: "Toutes les trois expriment admirablement la synthèse entre la contemplation et l'action. Leurs vies et leurs œuvres témoignent, avec une grande éloquence, de la force du Christ ressuscité, vivant dans son Eglise: la force d'un amour généreux pour Dieu et pour l'homme, la force d'un authentique renouveau moral et civil. Dans ces nouvelles Patronnes, si riches de dons sous le profil surnaturel ainsi qu'humain, puissent les chrétiens et les communautés ecclésiales de chaque confession trouver leur inspiration, ainsi que les citoyens et les Etats européens, sincèrement engagés dans la recherche de la vérité et du bien commun."

Voici une brève biographie d'Edith Stein présentée par le site du Carmel en France (http://www.carmel.asso.fr/-Edith-Stein-.html).

Philosophe et carmélite, Edith Stein vient au monde dans une famille juive le 12 octobre 1891. Malgré une éducation marquée par le judaïsme, elle s’éloigne pendant un temps de toute croyance religieuse. Sa vive intelligence l’engage à rechercher la vérité et à mener une vie respectueuse de tous et de chacun.

Edith est l’une des rares femmes de son époque à fréquenter l’université. Élève de Husserl, ses travaux philosophique la rende attentive au phénomène religieux, et la question de la foi en Dieu s’impose progressivement à elle.

En 1921, la lecture de l’autobiographie de Thérèse d’Avila la décide à entrer dans l’Église catholique. Unissant ses compétence philosophique à la lumière que lui donne la foi, Edith Stein se consacre pendant une dizaine d’années à l’enseignement. Son principal souci est de mettre en valeur une vision chrétienne de la personne humaine.

Pleinement lucide sur la signification de la montée du nazisme, elle entre au Carmel en 1933 et y prend le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix. Elle poursuit son combat contre le mal qui se déchaîne dans le monde à un niveau de radicale profondeur : avec le Christ, sous le signe de la Croix.

Le 9 août 1942, Edith Stein meurt dans les chambres à gaz d’Auschwitz, à la fois victime de la Shoah et témoin du Christ.

( 9 août 2013) © Innovative Media Inc.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Pauvre petite foi de l'homme

Message non lu par etienne lorant »

Merci pour votre encouragement - certains jours, je reviendrai le lire !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Dimanche : foi, ténèbres, lumière

Message non lu par etienne lorant »

Livre de la Sagesse 18,6-9.
La nuit de la délivrance pascale avait été connue d'avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. (...)  Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d'un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.

Lettre aux Hébreux 11,1-2.8-19.
Frères, la foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère, et de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l'Écriture rend témoignage aux anciens, c'est à cause de leur foi.
Grâce à la foi, Abraham obéit à l'appel de Dieu : il partit vers un pays qui devait lui être donné comme héritage. Et il partit sans savoir où il allait.
Grâce à la foi, il vint séjourner comme étranger dans la Terre promise ; c'est dans un campement qu'il vivait, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse que lui,
car il attendait la cité qui aurait de vraies fondations, celle dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l'architecte.
Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d'avoir une descendance parce qu'elle avait pensé que Dieu serait fidèle à sa promesse.
C'est pourquoi, d'un seul homme, déjà marqué par la mort, ont pu naître des hommes aussi nombreux que les étoiles dans le ciel et les grains de sable au bord de la mer, que personne ne peut compter.
C'est dans la foi qu'ils sont tous morts sans avoir connu la réalisation des promesses ; mais ils l'avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs.
Or, parler ainsi, c'est montrer clairement qu'on est à la recherche d'une patrie.
S'ils avaient pensé à celle qu'ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d'y revenir.
En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Et Dieu n'a pas refusé d'être invoqué comme leur Dieu, puisqu'il leur a préparé une cité céleste.
Grâce à la foi, quand il fut soumis à l'épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu'il avait reçu les promesses
et entendu cette parole : C'est d'Isaac que naîtra une descendance qui portera ton nom. Il pensait en effet que Dieu peut aller jusqu'à ressusciter les morts : c'est pourquoi son fils lui fut rendu ; et c'était prophétique.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,32-48.
Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées.
Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer,
son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage.



Cy Aelf, Paris

Si quelqu'un lit les textes de ce dimanche avec honnêteté, il y trouvera bien qu'il y a une lutte, un combat à mener, une décision à prendre, un noeud à trancher: il faut choisir la lumière dans tous les cas et se tourner vers elle.  Le Livre de la Sagesse le dit bien : les saints partageront aussi bien le meilleur que le pire - mais pourtant: "ils entonnaient les chants de louange des Pères." Ils pouvaient en effet entrevoir la victoire finale des justes".

C'est bien par une foi sans défaut qu'Abraham, mis à l'épreuve d'offrir son fils, son unique, Isaac, en sacrifice, n'y trouva pas une occasion de chute mais, au contraire, une victoire et l'aboutissement absolu de sa foi en Dieu. De sa foi absolue et de son amour absolu de Dieu.

Tout le monde se posera toujours la même question: Abraham a-t-il hésité ?  Abraham a-t-il connu un moment de faiblesse - ainsi que le connut Moïse au moment de faire jaillir de l'eau du rocher ? Eh bien, non, la foi d'Abraham fut de bout en bout sans faille et sans reproche et je ne peux songer à lui qu'en me remémorant l'éloge que lui fit S. Kiergegaard (*) - lequel est le plus juste que j'ai pu découvrir, merci Seigneur !

Mais dès le commencement, ce n'est pas Kiergegaard qui nous l'a dit, mais saint Paul. Paul a su. N'a-t-il pas été élevé dans le ciel parmi les anges ? N'allons-nous pas de gloire en gloire par la foi ?  Lui, Paul, persécuteur converti, est passé de l'ombre à la lumière, et la lumière est aussi la vérité.

Dans l'Evangile de ce dimanche, Jésus lui aussi parle de lumière. Il dit : "Gardez vos lampes allumées". On n'allume pas les lampes durant le jour, mais bien dans les veillées et dans les ténèbres. Et donc, nous savons bien que nous vivons dans notre chair un temps d'opposition entre le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, notre foi et nos penchants mauvais. Les penchants mauvais subsisteront jusqu'à la seconce venue de Jésus, jusqu'à la nouvelle aurore. Que les penchants mauvais ne nous retiennent pas dans l'inquiétude mais qu'ils aiguisent notre désir de la lumière: simple, pure, parfaite.

Je suis contraint d'écrire ce partage en sachant que, ni ce soir, ni demain, je n'aurai l'occasion de participer à une Eucharistie. Tout est vide en ville. Il y a une messe à la cathédrale - qui commence  juste à l'heure où j'assisterai ma mère dans la maison de repos. Ici également - pour mon propre compte, je connais le débat entre lumière et ténèbres. Mais je connais que mon devoir est de servir; ce service garde la mèche allumée.

Je rends grâce par avance aux coups de bâtons que je recevrai puisque je les ai mérités. Mais puissent les épreuves à venir en diminuer le nombre !!!


(*) Hommage à Abraham, notre père dans la foi.


http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?p=230140
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Dimanche : foi, ténèbres, lumière

Message non lu par coeurderoy »

Messe ce matin à la Rochefoucauld et méditation sur la lumière, celle qui nous guide, nous réchauffe et donne vie aux lieux les plus ténébreux et désolés : j'offre pour vous mes angoisses et tristesses de ce jour cher Etienne, moi qui ai eu la grâce de chanter le Ressuscité avec d'autres fidèles : "Jésus, tu as vaincu la mort !", c'est ma prière de ce dimanche ... In Christo !
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

Saint Bernard de Clairvaux
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La Loi et la circoncision du coeur

Message non lu par etienne lorant »

Le lundi de la 19e semaine du temps ordinaire

Livre du Deutéronome 10,12-22.

Moïse disait au peuple d'Israël : " Sais-tu, Israël, ce que le Seigneur ton Dieu te demande? Craindre le Seigneur ton Dieu, suivre tous ses chemins, aimer le Seigneur ton Dieu, le servir de tout ton cœur et de toute ton âme, garder les commandements et les lois du Seigneur que je te donne aujourd'hui pour ton bien.
C'est au Seigneur ton Dieu qu'appartiennent les cieux et les hauteurs des cieux, la terre et tout ce qu'elle renferme. /Et pourtant, c'est uniquement à tes pères que le Seigneur ton Dieu s'est attaché par amour. Après eux, entre toutes les nations, c'est leur descendance qu'il a choisie, ce qu'il fait encore aujourd'hui avec vous.
Pratiquez la circoncision du cœur, n'ayez plus la tête dure,
car le Seigneur votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, vaillant et redoutable, qui ne fait pas de différence entre les hommes et ne se laisse pas acheter. C'est lui qui rend justice à l'orphelin et à la veuve, qui aime l'immigré, et qui lui donne nourriture et vêtement. Aimez donc l'immigré, car au pays d'Égypte vous étiez des immigrés. Tu craindras le Seigneur ton Dieu, tu le serviras, c'est à lui que tu resteras attaché, c'est par son nom que tu prêteras serment. Il est ton Dieu, c'est lui que tu dois louer : il a fait pour toi ces choses grandes et redoutables que tu as vues de tes yeux. Quand tes pères sont arrivés en Égypte, ils n'étaient que soixante-dix ; mais à présent le Seigneur votre Dieu vous a rendus aussi nombreux que les étoiles du ciel.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17,22-27.
Comme Jésus et les disciples étaient réunis en Galilée, il leur dit : « Le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. » Et ils furent profondément attristés.
Comme ils arrivaient à Capharnaüm, ceux qui perçoivent les deux drachmes pour le Temple vinrent trouver Pierre et lui dirent : « Votre maître paye bien les deux drachmes, n'est-ce pas ? » Il répondit : « Oui. » Quand Pierre entra dans la maison, Jésus prit la parole le premier : « Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, sur qui perçoivent-ils les taxes ou l'impôt ? Sur leurs fils, ou sur les autres personnes ? » Pierre lui répondit : « Sur les autres. » Et Jésus reprit : « Donc, les fils sont libres. Mais il faut éviter d'être pour les gens une occasion de chute : va donc jusqu'au lac, jette l'hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra ; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour toi et pour moi.
»

Cy Aelf, Paris

"Pratiquez la circoncision du coeur, n'ayez plus la tête dure", dit Moïse au pleuple. Et en parlant ainsi, bien qu'imparfaitement, il a compris que la Loi est faite pour l'homme et non l'homme pour la Loi, car ajoute-t-il encore: "Dieu ne fait pas de différence entre les hommes, il ne se laisse pas acheter". Tous les malheurs qui ont touché le peuple, depuis la longue traversée du désert jusqu'à la destruction du temple par les Romains, de même que la captivité à Babylone,  toutes ses souffrances proviennent uniquement de ce que les juifs ont craint Dieu plutôt qu'ils L'ont aimé. Quiconque aime ne vit pas dans la crainte, mais s'il a mal agi, il va de lui-même - comme font les enfants - confier leur faute à leur mère, sachant qu'une mère peut tout entendre. Mais à partir du moment où les formes et les règles sont plus importantes que l'attachement du coeur, la religion se dénature et permet au croyant de revenir à son ancien condition.

Jésus, en même temps qu'il annonce sa Passion, affirme clairement que les coups, les blessures et même la mort qui l'attend sur la croix n'ont aucune prise sur Lui. Sa gloire n'en sera que plus grande. L'amour de Dieu est au-delà de tout. On peut s'étonner qu'après une telle déclaration, l'Evangéliste ait placé la question des deux drachmes à payer pour le trésor du temple. Eh bien, même s'Il en est exempt, il va payer cet impôt, afin de n'exposer quiconque à un jugement et une sanction. Mais cela se fera sans effort: le premier poisson pris à l'hameçon suffira pour payer pour Pierre comme pour lui.

Si nous-mêmes pouvions, réaliser à quel point nous sommes aimés de Dieu, notre vie cesserait sur le moment même d'être "bloquée" par nos mentalités, par les manières d'être et de vivre que nous avons apprises. Somme toute, nous deviendront les saints que nous vénérons en nous demandant "comment est-ce possible ?"  Mais c'est possible à tout instant.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Dimanche : foi, ténèbres, lumière

Message non lu par etienne lorant »

La journée d'hier fut entièrement consacrée au service : à la maison de repos - qui nous a présenté des plats trop cuits et à peine comestible - et dans l'après-midi, à la visite d'une tante âgée qui est hospitalisée après une pneumonie; elle va devoir partir en court, moyen, ou long séjour en maison de repos. En cette occasion, j'ai pu collaborer avec ma soeur cadette, laquelle d'ordinaire me tient à l'écart... bref, ce fut un beau dimanche quand des membres d'une famille se remettent à agir ensemble !!!
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Les apparences et le réel

Message non lu par etienne lorant »

Livre du Deutéronome 31,1-8.
Moïse prononça ces paroles devant tout Israël :
« Maintenant que j'ai cent vingt ans, je ne peux plus être votre chef. Le Seigneur m'a dit : 'Ce Jourdain, tu ne le passeras pas ! '
C'est le Seigneur votre Dieu qui le passera devant vous ; il anéantira les nations que vous rencontrerez, et vous donnera leur territoire. Et c'est Josué qui passera le Jourdain à votre tête, comme l'a dit le Seigneur.
Le Seigneur traitera les nations comme il a traité les rois des Amorites, Sihone et Og, et leur pays, tous ceux qu'il a exterminés.
Le Seigneur vous les livrera, et vous les traiterez exactement comme je vous l'ai ordonné.
Tenez bon et soyez forts, ne craignez pas, ne tremblez pas devant eux : le Seigneur votre Dieu marche lui-même avec vous ; il ne vous lâchera pas, il ne vous abandonnera pas. »
Alors Moïse appela Josué, et lui dit en présence de tout Israël : « Tiens bon et sois fort : c'est toi qui vas entrer avec ce peuple dans le pays que le Seigneur a promis par serment à ses pères, c'est toi qui vas remettre au peuple son héritage. Le Seigneur marchera devant toi, il sera avec toi ; il ne te lâchera pas, il ne t'abandonnera pas. Tu n'auras ni crainte ni frayeur.
»

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18,1-5.10.12-14.
Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux.
Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c'est moi qu'il accueille. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.
Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l'une d'entre elles s'égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s'il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu'un seul de ces petits soit perdu.


Cy Aelf, Paris

A partir du moment où le peuple juif entre en Israël, le peuple n'aura plus Moïse pour lui ordonner ce qu'il doit faire. C'est comme une émancipation, un passage vers une autre condition de vie. Le Seigneur n'entend pas du tout établir sur la terre un peuple qui dominera le monde comme les hommes se l'imaginent. Pas plus hier qu'aujourd'hui, Dieu n'a cette intention. Mais les hommes ?  Il ne faut pas être historien pour constater que les hommes cherchent toujours la suprématie d'un peuple sur un autre, d'un mode de développement plutôt qu'un autre: le plus fort cherche toujours à l'emporter sur le plus faible.

Cependant, la parole de Jésus est claire, nous y croyons, elle nourrit notre vie, elle change notre façon de voir et aussi notre agir. Mais depuis deux mille ans que nous attendons la seconde venue du Christ, comment vivre ?  

La réponse est ici. Les valeurs sont inversées: celui qui est grand parmi nous, c'est le plus simple, le plus humble, celui qui ne paraît pas. Et la méthode pour conquérir la planète, c'est d'aller à la recherche de ceux qui se perdent : inutile de voyager beaucoup, bien que certains d'entre nous y sont appelés. Le travail qui doit retenir toute notre attention, c'est toujours la conversion - la nôtre d'abord. Le Père ne veut pas qu'un seul des petits ne se perdent et nous savons combien le Père est patient !  Dès lors, ne tombons pas dans le piège des vaines spéculations modernes. C'est aujourd'hui que tout se joue !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Foi et confiance absolue

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Le lundi de la 20e semaine du temps ordinaire

Livre des Juges 2,11-19.

Après la mort de Josué, les fils d'Israël firent ce qui est mal aux yeux du Seigneur, et ils rendirent un culte aux Baals.
Ils abandonnèrent le Seigneur, le Dieu de leurs pères, qui les avait fait sortir du pays d'Égypte, et ils suivirent d'autres dieux parmi ceux des peuples d'alentour. Ils se prosternèrent devant eux, et ils irritèrent le Seigneur.
Ils abandonnèrent le Seigneur pour servir Baal et Astarté.
Alors la colère du Seigneur s'enflamma contre Israël. Il les livra aux pillards, les abandonna aux ennemis qui les entouraient, et ils furent incapables de leur résister.
Dans toutes leurs expéditions, la main du Seigneur agissait contre eux comme il le leur avait dit, comme il en avait fait serment. Il les réduisit à une très grande détresse.
Alors le Seigneur fit surgir des juges pour les sauver de la main des pillards.
Mais ils n'obéissaient pas non plus à leurs juges. Ils se prostituèrent en suivant d'autres dieux, ils se prosternèrent devant eux. Ils ne tardèrent pas à se détourner du chemin qu'avaient suivi leurs pères. Ils n'imitèrent pas leur obéissance aux commandements du Seigneur.
Lorsque le Seigneur faisait surgir pour eux un juge, le Seigneur était avec le juge, et il les sauvait de la main de leurs ennemis aussi longtemps que le juge était en vie ; car le Seigneur se laissait émouvoir quand ils gémissaient sous la violence de leurs oppresseurs.
Mais, quand le juge était mort, ils recommençaient et poussaient la corruption plus loin encore que leurs pères : ils suivaient d'autres dieux, leur rendaient un culte et se prosternaient devant eux, ils s'obstinaient dans leurs abominations et restaient aussi endurcis que leurs pères.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,16-22.
Quelqu'un s'approcha de Jésus et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Il n'y a qu'un seul être qui soit bon ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. -
Lesquels ? » lui dit-il. Jésus reprit : « Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d'adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage.
Honore ton père et ta mère. Et aussi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l'ai observé : que me manque-t-il encore ? »
Jésus lui répondit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. »
A ces mots, le jeune homme s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.



La première lecture paraît très dure à l'égard des juifs qui, découvrant peu à peula terre promise à Abraham et vers lequel Moïse les a conduits, se rendent compte qu'elle est déjà occupée. Or, ils ne peuvent plus compter sur Josué, qui fut un homme de guerre, mais seulement sur des "juges" chargés de leur rappeler les prescriptions de la loi. Et donc, ils n'avaient certes pas à pactiser avec les populations déjà installées, mais à se tenir à l'écart d'elles - prendre patience, avoir confiance dans la parole rappelée par tel ou tel des juges. Ce qu'ils ne firent pas: ils préfèrènt pactiser avec les autres ethnies et menèrent leur vie comme bon leur semblait.

Lorsqu'on lit le récit que fait la bible des différentes batailles qui finirent par opposer Israël aux autres peuples, on se rend compte d'un même manque de foi.  Pourquoi les juifs ont-ils perdu tant d'hommes de guerre à lutter contre les Philistins, alors qu'une seule petite pierre lancée par le jeune David eut finalement raison de ce peuple ?  Manque de foi et préjugés - tout cela est très humain: combien d'entre nous songent-ils à confier leur journée de travail au Seigneur ?

Quant à l'homme qui vient demander à Jésus que faire pour avoir la Vie, il vient avec, en lui, la certitude d'être quelqu'un de bien aux yeux du Seigneur, il applique les règles avec rigueur, sinon avec zèle, il respecte le repos du sabbat, il donne au trésor du temple, que peut-il donc lui manquer ?  Peut-être est-il venu trouver Jésus car tout cela lui semble un peu trop simple ?  Mais Jésus va mettre le doigt exactement sur le point sensible: "si tu veux être parfait, vends tout ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres" - voilà qui est déjà tout autre chose.  "Puis viens et suis-moi", que je traduis: "réapprends à vivre selon Dieu, plus encore que tu ne l'as jamais fait à ce jour".

Sa démarche est un échec. Celle de saint François, sainte Claire et beaucoup d'autres aboutiront pleinement.
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Re: Foi et confiance absolue

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Bonjour,

Voici quelques commentaires :

Livre des Juges 2,11-19

Pendant les jours de Josué et des anciens qui lui ont survécu, Israël a marché devant l’Éternel. C’est l’histoire de l’Église : tant que les apôtres ont été là, elle était gardée ; mais Paul (Actes 20: 29) et Pierre (2 Pierre 2) ont également averti les fidèles, que leur départ amènerait les fâcheuses conséquences de l’infidélité, et de la révolte. Déjà, les principes en étaient là. Le mélange avec des personnes infidèles, œuvre de l’ennemi, allait devenir le moyen par lequel le mal se développerait et les envahirait.
Le Seigneur l’avait dit (Matth. 13), et Jude en développe la marche et les conséquences avec une clarté et une précision solennelles.
Mais lorsqu’il s’élève en Israël une génération qui n’a pas connu l’Éternel, qui n’a pas été témoin oculaire des œuvres de sa puissance, et qu’elle sert les dieux des nations qu’elle avait laissé subsister, Dieu ne veut plus la protéger. Infidèles au-dedans, les Israélites tombent entre les mains des ennemis du dehors. Puis, comme nous avons dit, dans leur affliction, l’Éternel, touché de compassion, suscite des juges, qui, reconnaissant son nom, ramènent la manifestation de sa puissance au milieu du peuple.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,16-22.

Au v. 16 nous voyons un jeune homme s’approcher de Jésus avec un heureux désir: obtenir la vie éternelle. Seulement la question était mal posée et le Seigneur voudrait le faire comprendre à son visiteur. «Tu veux faire le bien? Eh bien! Voici les commandements»! La réponse du jeune homme montre qu'il ne réalisait pas son incapacité de faire quelque bien que ce soit. Alors le Seigneur lui apprend qu'une idole habite dans son cœur. Ce sont ses biens temporels, obstacle qui empêche tant de personnes de venir à Christ et de le suivre! Non, la vie éternelle ne s'obtient pas en faisant du bien. Et les meilleures dispositions avec les plus grands dons naturels ne servent à rien pour la mériter… parce qu'elle ne se mérite pas. Elle est le don gratuit que Jésus fait à ceux qui le suivent (Jean 10 v. 28).

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Grandeur de la petitesse

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Le mardi de la 20e semaine du temps ordinaire

Livre des Juges 6,11-24a.

L'ange du Seigneur vint s'asseoir sous le térébinthe d'Ophra, qui appartenait à Joas, de la famille d'Abiézer. Gédéon, son fils, battait le blé dans le pressoir, pour le soustraire au pillage des Madianites.
L'ange du Seigneur lui apparut et lui dit : « Le Seigneur est avec toi, vaillant guerrier ! »
Gédéon lui répondit : « Pardon, mon Seigneur ! Si le Seigneur est avec nous, pourquoi tout ceci nous est-il arrivé ? Que sont devenus tous ces prodiges que nous ont racontés nos pères ? Ils nous disaient : 'C'est bien vrai que le Seigneur nous a fait sortir d'Égypte ! ' Mais aujourd'hui le Seigneur nous a abandonnés, en nous livrant au pouvoir de Madiane...  »
Alors le Seigneur regarda Gédéon et lui dit : « Avec la force qui est en toi, va sauver Israël du pouvoir de Madiane. C'est moi qui t'envoie. »
Gédéon reprit : « Pardon, mon Seigneur ! Comment sauverais-je Israël ? Mon clan est le plus faible dans la tribu de Manassé, et moi je suis le plus petit dans la maison de mon père ! »
Le Seigneur lui répondit : « Je serai avec toi, et tu battras les Madianites comme s'ils n'étaient qu'un seul homme. »
Gédéon lui dit : « Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, donne-moi un signe que c'est bien toi qui me parles.
Ne t'éloigne pas d'ici avant que je revienne vers toi. Je vais chercher mon offrande et je la placerai devant toi. » Le Seigneur répondit : « Je resterai jusqu'à ton retour. »
Gédéon s'en alla, il prépara un chevreau, et avec une mesure de farine il fit des pains sans levain. Il mit la viande dans une corbeille, et le jus dans un pot, puis il apporta tout cela sous le térébinthe.
Comme il s'approchait, l'ange du Seigneur lui dit : « Prends la viande et les pains sans levain, pose-les sur ce rocher et répands le jus. » Gédéon obéit.
Alors l'ange du Seigneur étendit le bâton qu'il tenait à la main, et il toucha la viande et les pains sans levain. Le feu jaillit de la roche, consuma la viande et les pains sans levain, et l'ange du Seigneur disparut.
Alors Gédéon comprit que c'était l'ange du Seigneur, et il dit : « Malheur à moi, Seigneur mon Dieu ! Pourquoi donc ai-je vu l'ange du Seigneur face à face ? »
Le Seigneur lui répondit : « Que la paix soit avec toi ! Sois sans crainte : tu ne mourras pas. »
A cet endroit, Gédéon éleva un autel au Seigneur sous le vocable de Seigneur-de-la-paix.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,23-30.
Jésus disait à ses disciples : " Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le Royaume des cieux.
Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux. » Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus les regarda et dit : « Pour les hommes, c'est impossible, mais pour Dieu tout est possible. »
Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre : alors, qu'est-ce qu'il y aura pour nous ? »
Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : quand viendra le monde nouveau, et que le Fils de l'homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m'avez suivi, vous siégerez vous-mêmes sur douze trônes pour juger les douze tribus d'lsraël.
Et tout homme qui aura quitté à cause de mon nom des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra beaucoup plus, et il aura en héritage la vie éternelle. » Beaucoup de premiers seront derniers, beaucoup de derniers seront premiers.


Cy Aelf, Paris

Comme il apparaît souvent dans l'histoire de la conquête par les juifs de la terre promise par Dieu, c'est le plus petit moyen dont Dieu se sert pour renverser les puissances établies. Ici, c'est Gédéon, le plus faible de la plus petite des tribus d'Israël qui est choisi. Plus tard, c'est David, que son propre père tenait écarté car il était le plus petit et avait les cheveux roux, qui sera choisi par Nathan pour vaincre le géant Goliath.

C'est déjà un premier lien avec l'Evangile du jour, puisque Jésus le déclare: "pour les hommes, c'est impossible, mais rien n'est impossible à Dieu" et "beaucoup de premiers seront derniers, et beaucoup de derniers seront premiers". Et c'est encore ce que saint Paul confirmera dans la fameuse Epître aux Corinthiens :

Il est écrit: " Je détruirai la sagesse des sages, et j'anéantirai la science des savants. "
Où est le sage? où est le docteur? où est le disputeur de ce siècle? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ? Car le monde, avec sa sagesse, n'ayant pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication.
Les Juifs exigent des miracles, et les Grecs cherchent la sagesse;nous, nous prêchons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Gentils,mais pour ceux qui sont appelés, soit Juifs, soit Grecs, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car ce qui serait folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et ce qui serait faiblesse de Dieu est plus fort que la force des hommes. Considérez en effet votre vocation, mes frères; il n'y a parmi vous ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais ce que le monde tient pour insensé, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les sages; et ce que le monde tient pour rien, c'est ce que Dieu a choisi pour confondre les forts;
et Dieu a choisi ce qui dans le monde est sans considération et sans puissance, ce qui n'est rien, pour réduire au néant ce qui est,afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu.


Les disciples eux-mêmes se demandent en définitive - en dépit même des douze trône promis, se disent : "Qui donc peut être sauvé ?"

Ces leçons sont importantes pour nous qui vivons dans un monde où c'est encore et toujours le plus fort qui est glorifié; où c'est le riche qui dispose d'une entrée réservée dans les lieux renommés; où telle personne est élevée à cause de ses écrits, quand même ce qu'il écrit sont des abominations devant Dieu. Le Seigneur est différent: il prête attention au plus petit d'abord, car il est comme une mère qui s'extasie devant le plus petit. Le terme de Miséricorde désigne "les entrailles maternelles" de Dieu.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le vendredi de la 20e semaine du temps ordinaire

Livre de Ruth 1,1.3-6.14b-16.22.

A l'époque où gouvernaient les Juges, il y eut une famine dans le pays. Un homme de Bethléem de Juda émigra avec sa femme Noémi et ses deux fils pour s'établir dans la région de Moab. Cet homme mourut, et Noémi lui survécut avec ses deux fils.
Ceux-ci épousèrent deux Moabites ; l'une s'appelait Orpa et l'autre, Ruth. Ils demeurèrent là une dizaine d'années. Ils moururent à leur tour, et Noémi resta privée de ses deux fils et de son mari.
Alors, elle se mit en route avec ses belles-filles, pour quitter la région de Moab et retourner chez elle, car elle avait appris que le Seigneur avait visité son peuple et lui donnait du pain. En chemin, Orpa les quitta.
Noémi dit à Ruth : « Tu vois, ta belle-sœur est retournée vers son peuple et vers ses dieux. Retourne, toi aussi, et fais comme elle. »
Ruth lui répondit : « Ne me force pas à t'abandonner et à m'éloigner de toi, car j'irai où tu iras, et je demeurerai où tu demeureras ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. »
Noémi revint donc de la région de Moab avec sa belle-fille, Ruth la Moabite. Elles arrivèrent à Bethléem au début de la moisson de l'orge
.

Psaume 146(145),5-6ab.6c-7.8-9a.9bc-10.
Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob,
qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,
lui qui a fait le ciel et la terre
et la mer et tout ce qu'ils renferment !

Il garde à jamais sa fidélité,
il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes.
Le Seigneur protège l'étranger.

Il soutient la veuve et l'orphelin,
il égare les pas du méchant.
D'âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,34-40.

Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent,et l'un d'entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l'épreuve :
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. »


Cy Aelf, Paris

La méditation des lectures du jour est toujours intéressante. J'ai posté la mienne durant des années, mais il semble que deux de nos amis, Aldous et Gerardh, sont prêts à écrire leur méditation personnelle chaque jour. Je leur cède volontiers la place. Cependant, je publie ma propre méditation sur d'autres sites. Si quelqu'un veut un lien pour la trouver, qu'il m'envoie sa demande en mp. Merci !
Dernière modification par etienne lorant le ven. 23 août 2013, 14:11, modifié 1 fois.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Dieu de la Miséricorde

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Bonjour

Voici quelques commentaires sur ces passages :


Livre de Ruth 1,1.3-6.14b-16.22.

Comme un rayon de lumière, après les sombres pages du livre des Juges, Dieu nous donne l'histoire de Ruth. Ce beau récit nous apprend que la foi personnelle peut exister dans tous les temps et chez tous les peuples, et que Dieu est toujours prêt à faire de grandes choses pour répondre à cette foi.
Dans ces jours où les juges jugeaient, voici un homme, Élimélec, qui fait, comme chacun «ce qui est bon à ses yeux». Il quitte l'héritage de l'Éternel et va s'établir avec les siens dans les champs de Moab, c'est-à-dire au milieu des ennemis de son peuple. On ne gagne rien à s'éloigner de Dieu. Qu'en résulte-t-il pour cette famille? La mort, les larmes, la misère, l'amertume! Et voilà Naomi la veuve, avec ses deux belles-filles, veuves elles aussi, sur le chemin du retour. Triste retour? Oui, mais pourtant heureux retour pour celui qui, à bout de ressources, tourne vers Dieu ses pensées et ses pas. Ainsi le fils de la parabole, dans le pays éloigné, se souvenant du lieu où il peut trouver du pain en abondance, se lève et s'en retourne à la maison paternelle reconnaissant son péché (comparer verset 6 avec Luc 15:17). On appelle cela la conversion. Nous aimons à penser que chacun de nos lecteurs connaît le sens de ce mot par expérience personnelle?


Orpa n'avait pas longtemps balancé. D'un côté: le veuvage, la misère en compagnie d'une femme triste et âgée, un peuple et un Dieu inconnus. De l'autre: sa propre nation, l'affection des siens, la perspective de fonder un nouveau foyer, ses idoles familières. Ses larmes vite séchées nous rappellent ce jeune homme qui, parce qu'il préférait ses richesses, s'en alla tout triste au lieu de suivre le Seigneur. «Je te suivrai où que tu ailles» dit un autre homme à Jésus. Mais Celui-ci le prévient: «Le Fils de l'homme n'a pas où reposer Sa tête» (Matthieu 19:22; 8:19-20 — voir aussi Luc 14 versets 25 et suivants). Chez Ruth tout a été bien pesé; elle a calculé la dépense. Sa décision est irrévocable; c'est le choix de la foi. Elle s'est attachée à Naomi, mais aussi à son peuple, à son Dieu. Sans regarder en arrière, sans se laisser non plus arrêter par des craintes au sujet de l'avenir, elle se met en route avec sa belle-mère et arrive à Bethléhem: Ce nom signifie «maison du pain», l’abri par excellence contre la famine spirituelle. Là, avec le consentement de Naomi, elle va chercher sa subsistance. Et Dieu la conduit «fortuitement» (mais d'une main sûre) dans les champs de Boaz, l'homme qu'Il a préparé pour lui donner consolation et repos.



Psaume 146(145)

N'attendons pas d'être au ciel pour célébrer notre Dieu Sauveur. «Je louerai l'Éternel durant ma vie», déclare le psalmiste (verset 2; comparer Psaume 34:1). Lui seul mérite notre hommage comme aussi notre confiance Les versets 3 et 4 nous avertissent sérieusement de ne pas mettre notre confiance en l'homme, car c'est un danger constant et qui peut prendre bien des formes (par exemple la recherche d'une recommandation). N'attendons aucun appui des principaux, même si occasionnellement Dieu s'en sert Lui-même pour notre bien. Si haut placés soient-ils, il n'y a pas de salut en eux (verset 3); ils ressemblent à la vanité (Psaume 144:4) et, s'ils sont incrédules, ils périront en un jour avec leurs desseins (verset 4).
Nous avons pour Père un Dieu infiniment puissant, infiniment sage et qui nous aime; que nous faut-il de plus?
Les v. 7 et 8 illustrent ce que fait l’Évangile: Il met en liberté les captifs de Satan (verset 7); Il ouvre les yeux de la foi (Éphésiens 1:18); Il relève ceux qui marchent courbés sous des fardeaux trop pesants. L’Éternel aime les justes (verset 8). L'étranger, l'orphelin, la veuve jouissent de soins appropriés à leurs besoins. Le Seigneur Jésus sur la terre, dans les guérisons qu’il opérait, se faisait reconnaître comme ce Dieu puissant et plein d’amour (Luc 4:19 et 13:13).

Chacun des Psaumes 146 à 150 a pour en-tête et pour conclusion «Louez Jah», autrement dit «alléluia». Ce cri de joie remplira la terre lorsque Israël sera rassemblé et Jérusalem rebâtie.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,23-46.

D'autres contradicteurs, les sadducéens, viennent au Seigneur avec une question oiseuse. Ils pensent par leur récit démontrer l'extravagance de la résurrection. Avant d'en donner la preuve par les Écritures, Jésus s'adresse à la conscience de ces hommes et leur montre qu'ils discutent sans connaître la Parole, sur la base incertaine (et toujours fausse) de leurs propres pensées. C'est ce que font aujourd'hui nombre de personnes, en particulier celles qui appartiennent à des sectes d'erreur et de perdition.
Battus sur le terrain de l'Écriture, les ennemis de la vérité reviennent à la charge (v. 34 à 40). Ils reçoivent en réponse un résumé magistral de la loi tout entière… qui les condamne sans appel. Alors, à son tour, Jésus pose à ses interlocuteurs une question qui leur ferme la bouche. Rejeté, celui qui est à la fois le Fils et le Seigneur de David allait occuper une position glorieuse. Et ceux qui, envers et contre tout, voulaient rester ses ennemis, trouvaient eux aussi la place qui leur est réservée… comme le marchepied de ses pieds (v. 44). Il est toujours impressionnant de voir des personnes si déterminées à suivre leur propre chemin qu'elles refusent de s'incliner devant les enseignements bibliques les plus clairs (2 Tim. 3 v. 8).



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etienne lorant
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Re: Dieu de la Miséricorde

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Merci pour ces commentaires. Cependant, quel est le lien qui s'établit entre les trois textes de la Liturgie de ce jour ?

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Dieu de la Miséricorde

Message non lu par gerardh »

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Bonjour Etienne,

Vous êtes bien plus qualifié que moi pour commenter le lien qu'il y a entre ces trois passages bibliques compte tenu de la liturgie de ce jour.

Quant à moi je me suis limité à présenter des commentaires sur les passages bibliques isolément. Mais même en cela je ne vois pas bien le lien qu'il y a entre ces trois passages bibliques : pouvez-vous m'éclairer ?


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