Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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gerardh
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Re: La connaissance de Dieu

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Bonjour,

Quelques commentaires :

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,1-11.

C'est le récit bien connu de la pêche miraculeuse… et d'un événement plus merveilleux encore: la conversion de Simon. Que fait celui-ci pendant que le divin Maître enseigne les foules auprès de lui? Il lave ses filets salis par le travail infructueux de la nuit précédente. Jésus va l'obliger à écouter. Il lui demande de le mener sur le lac, de façon à s'adresser depuis la nacelle au peuple massé sur le rivage… en même temps qu'à l'homme qui est à côté de lui. Puis le Seigneur va encore parler d'une autre manière à Simon et à ses compagnons. Il remplit leur filet, se faisant connaître ainsi comme le Maître de l'univers, Celui qui commande aux poissons de la mer selon le Ps. 8 v. 6, 8 et qui peut tout là où l'homme ne peut rien. Saisi de crainte, convaincu de péché par la présence du Seigneur, Simon se jette à ses genoux en s'écriant: «Retire-toi de moi…». Mais est-ce pour se retirer de lui que le Sauveur plein d'amour a cherché le pécheur?

Luc est seul à nous raconter cette rencontre décisive du Seigneur avec son disciple Pierre. Dans le livre des Actes, il nous montrera ce dernier, devenu pêcheur d'hommes, être le moyen d'une miraculeuse «prise» d'environ trois mille âmes (Act. 2 v. 41).

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etienne lorant
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A vin nouvau, outre neuve

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Le vendredi de la 22e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,15-20.

Le Christ est l’image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature, car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles : tout est créé par lui et pour lui.
Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui.
Il est aussi la tête du corps, c'est-à-dire de l'Église. Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, puisqu'il devait avoir en tout la primauté. Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total.
Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,33-39.
On disait un jour à Jésus : « Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent ! »
Jésus leur dit : « Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l'Époux est avec eux ?
Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé : ces jours-là, ils jeûneront. »
Et il dit pour eux une parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s'accordera pas avec le vieux.
Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues.
Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves.
Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : 'C'est le vieux qui est bon. '
»

Cy Aelf, Paris

Saint-Paul, en plaçant le Christ au sommet et au centre de toutes les créatures, purifie la foi des Colossiens, afin qu'ils n'établissent plus de "gradation" depuis les créatures inanimées jusqu'aux êtres célestes dans la tentation où ils sont de posséder une connaissance tant du monde visible que du monde invisible. C'est une tentation d'autant plus néfaste qu'elle semblerait impliquer que les choses sont telles qu'elles sont et ne peuvent changer. Or, le monde change et le Créateur lui-même a son dessein concernant l'univers qu'Il a créé.

Dans l’Évangile, Jésus manifeste bien que tout, en effet, peut changer, car il existe bel et bien un projet divin dans lequel toutes les créatures sont entraînées. Ainsi, depuis la venue du Christ, les disciples de Jean continuent de jeûner à période fixe; cette pratique, comme toutes les autres chez les juifs, était bien établie et chacun restait chez soi ces jours-là: pas de réunion.  Or, dans ce passage, Jésus et les disciples mangent et boivent librement, et cela choque. D'où les réponses savoureuses, mais qui révèlent combien Jésus connaît les hommes, que Jésus adresse à ses interlocuteurs.
Car un temps est achevé. Personne ne le sait encore, mais les règles et pratiques de l'ancienne Alliance sont déjà dépassée. Le Christ est présent. Il est l’Époux de l'humanité : peut-on jeûner encore ?  Et la remarque finale, non seulement est tout à fait véridique, mais elle me fait toujours sourire: "Jamais celui qui a bu du vieux vin ne désire du nouveau. Car il dit : 'C'est le vieux qui est bon.'  Pour ce qui est du vin, je le dirais aussi !  Mais pour ce qui est de Jésus, qui conduit ma vie secrètement (même au niveau de ma propre conscience), les anciens préceptes ont été renouvelés - le vin du Christ  est nouveau, c'est vrai, mais il est meilleur que la bouteille de vieux "Margaux" que j'ai un jour goûtée !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: A vin nouvau, outre neuve

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Bonjour,

Quelques pensées sur les passages du jour :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,12-23.


Le vrai christianisme n'est pas une religion, un ensemble de vérités auxquelles on adhère. C'est la connaissance expérimentale de quelqu'un. Le christianisme, c'est Christ connu et vécu. Nous avons été mis en relation avec une personne incomparable: le Fils de l'amour du Père. Il nous a donné un lot dans la lumière, une place dans le royaume, la rédemption, la rémission des péchés, la paix, que Christ a faite par son propre sang (v. 20)… Mais ce qui fait la grandeur d'une telle œuvre, c'est la grandeur de Celui qui l'a accomplie. Et l'apôtre énumère comme d'une seule haleine les gloires de ce Bien-aimé: ce qu'Il est, ce qu'Il est devenu, ce qu'Il a fait de nous. Il affirme sa double primauté: sur l'univers créé et sur l'Assemblée, son double titre de Premier-né de toute la création (c'est-à-dire d'Héritier universel) et de Premier-né d'entre les morts. Par Lui la vie est sortie du néant en création. Et elle est aussi sortie du tombeau en rédemption. Il est le Créateur de toutes choses dans les cieux et sur la terre (v. 16). Il est le Réconciliateur de toutes choses sur la terre et dans les cieux (v. 20). Il est enfin le Dominateur qui doit tenir la première place en toutes choses. Dans les cieux, sur la terre et dans notre cœur (v. 18).





Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,33-39.

Les scribes et les pharisiens soulèvent la question du jeûne. Jésus leur répond que cette marque de tristesse n'était pas de saison pendant que Lui, l'Époux, était au milieu d'eux. Du reste la servitude de la loi et des ordonnances ne s'accorde pas avec la liberté et la joie qu'apporte la grâce (v. 36, 37).


Depuis le verset 33 et jusque dans le chapitre 6, un autre point est assez nettement mis en relief : c’est que la grâce fait sortir de l’esclavage et conduit à la liberté. Les pharisiens dédaignaient la grâce et étaient fort attachés aux jeûnes, aux prières, et aux cérémonies prescrites par la loi. La loi produit l’esclavage mais la grâce apporte la liberté : c’est ce que nous enseigne longuement l’épître aux Galates. La pleine vérité exposée dans cette épître ne pouvait pas être révélée avant la mort et la résurrection de Christ, ni avant que l’Esprit ait été donné ; pourtant nous voyons ici le Seigneur commencer à parler des choses qui dans un proche avenir allaient être clairement manifestées. Il emploie des paraboles ou des illustrations, mais Sa pensée est claire. Étant le vrai Messie, il est l’« Époux » et Sa présence auprès de Ses disciples les empêchait d’être assujettis aux contraintes indiquées au verset 33.

Puis un peu plus loin, le Seigneur introduit quelque chose de nouveau. En Lui, la grâce de Dieu commence à rayonner, et comme un morceau de drap neuf, on ne pouvait pas s’en servir comme d’une pièce à mettre au vieil habit de la loi. Le tissu neuf imposerait une telle fatigue au vieux tissu qu’il le déchirerait ; en outre, le neuf et le vieux ne s’accorderaient pas. Ils se révéleraient tout à fait incompatibles.

Puis, nouvelle illustration : la grâce, par sa force, peut être comparée à l’action du vin nouveau, tandis que les formes et les ordonnances de la loi ont le caractère rigide de vieilles outres. Si l’on essaie d’enfermer le vin nouveau de la grâce dans la vieille outre de la loi, on peut être sûr d’une catastrophe. Il faut trouver des vases neufs capables de contenir la puissance nouvelle.
C’est de cette façon remarquable que le Seigneur montre que la grâce de Dieu, qui était venue en Sa Personne, allait produire ses propres conditions nouvelles et que les « ordonnances chamelles » instituées en Israël sous la loi n’étaient imposées « que jusqu’au temps du redressement » (Hébreux 9 : 10). Mais en même temps le Seigneur montre que les hommes, par tempérament, préfèrent la loi à la grâce — le vieux vin leur convient mieux que le nouveau. Il y a une raison évidente à cela : le fait même de donner la loi à l’homme suppose qu’il peut être capable de l’accomplir — tandis que la grâce est offerte sur le fondement éprouvé que l’homme est une créature irrémédiablement perdue.


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Re: La rencontre avec Nicodème

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gerardh a écrit :__________

Bonjour : un commentaire :



Craintif, mais poussé par les besoins de son âme, Nicodème va rencontrer Celui qui est la vie et la lumière (ch. 1 v. 4, 5). Ce chef des Juifs, cet éminent docteur d'Israël, apprend auprès du Docteur venu de Dieu une vérité aussi étrange qu'humiliante pour lui: Ni ses qualités, ni ses connaissances, ni aucune de ses capacités humaines ne lui donnent droit au royaume de Dieu. Car de même qu'on entre dans le monde des hommes par la naissance naturelle, une autre naissance est nécessaire pour entrer dans ce domaine spirituel, celui de la famille de Dieu.

Nous trouvons deux «il faut» dans la réponse du Seigneur. L'un s'applique à l'homme: «Il vous faut être né de nouveau». L'autre, qui en est la contrepartie terrible, concerne notre Sauveur adorable lui-même: «Il faut que le Fils de l'homme soit élevé…». L'élévation de Jésus Christ présenté sur la croix aux regards de ma foi, me sauve de l'éternelle perdition (v. 14, 15; comp. Nomb. 21 v. 8, 9). En le contemplant, j'apprends à connaître l'amour de Dieu pour le monde (donc pour moi personnellement) et la preuve suprême qu'Il en a donnée. Le monde ne sera pas jugé sans avoir d'abord été aimé. Tout l'Évangile est contenu dans ce merveilleux v. 16, moyen de salut pour d'innombrables pécheurs, et qui ne devrait jamais cesser de confondre nos âmes.


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Vous avez oublié de citer votre source, la voici dans la colonne de droite

http://www.bibleenligne.com/Commentaire ... 3.1-21.htm:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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L'homme à la main paralysée

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Le lundi de la 23e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,24-29.2,1-3.

Frères, je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous, car ce qu’il reste à souffrir des épreuves du Christ, je l’accomplis dans ma propre chair, pour son corps qui est l’Église.
De cette Église, je suis devenu ministre, et la charge que Dieu m'a confiée, c'est d'accomplir pour vous sa parole,
le mystère qui était caché depuis toujours à toutes les générations, mais qui maintenant a été manifesté aux membres de son peuple saint.
Car Dieu a bien voulu leur faire connaître en quoi consiste, au milieu des nations païennes, la gloire sans prix de ce mystère : le Christ est au milieu de vous, lui, l'espérance de la gloire !
Ce Christ, nous l'annonçons : nous avertissons tout homme, nous instruisons tout homme avec sagesse, afin d'amener tout homme à sa perfection dans le Christ.
C'est pour cela que je m'épuise à combattre, avec toute la force du Christ dont la puissance agit en moi.
Je veux en effet que vous sachiez quel dur combat je mène pour vous, et aussi pour les fidèles de Laodicée et pour tant d'autres qui ne m'ont jamais rencontré personnellement.
Je combats pour que leurs cœurs soient remplis de courage et qu'ils soient rassemblés dans l'amour, afin d'acquérir toute la richesse de l'intelligence parfaite, et la vraie connaissance du mystère de Dieu. Ce mystère, c'est le Christ,
en qui se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,6-11.
Un autre jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était paralysée.
Les scribes et les pharisiens observaient Jésus afin de voir s'il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l'accuser.
Mais il connaissait leurs pensées, et il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Lève-toi, et reste debout devant tout le monde. » L'homme se leva et se tint debout.
Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? »
Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l'homme : « Étends ta main. » Il le fit, et sa main redevint normale.
Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu'ils allaient faire à Jésus.


Cy Aelf, Paris

Dans le Christ sont tous les trésors de la sagesse et de la science. Avec cette dernière sentence, et l'offrande que fait saint Paul de lui-même pour le salut de l'âme de ses frères, se trouve renversée et rendue caduque l'idée qu'il est possible d'avoir, sur Dieu et sur le Christ des connaissances comparables à celles des classification des créatures visibles. En fait, tout vient de Dieu en son divin Fils.

Dans l’Évangile, Jésus ne pose qu'une question, à laquelle une seule réponse est possible. Si les scribes et les pharisiens avaient espéré une parole qui leur permette de l'accuser, avec celle-ci, ils en sont pour leur frais. Or, guérir la main paralysée d'un homme, ce ne peut être que lui causer du bien, puisque sans des mains vaillantes, comment travailler ? Jésus n'a fait aucun geste. L'homme a étendu sa main et elle s'est trouvée guérie.  En sorte que Jésus n'a accompli aucun geste "pour faire le bien" ni "pour faire le mal". Complètement désarmés, les ennemis du Christ (tout autre qu'eux eût cru en lui), n'en sont que plus déterminés à lui faire du mal.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: L'homme à la main paralysée

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Bonjour,

Quelques pensées :


Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,24-29.2,1-3.

Serviteur de l'évangile (v. 23 fin), Paul l'était aussi de l'assemblée (v. 25). Au prix de bien des souffrances, il travaillait et combattait pour elle (v. 28, 29). Labeur, souffrances et guerre, sont les sens que prend pour lui le mot service (voir Nombres 4 v. 3 note). Il annonçait les mystères, cachés aux sages et aux intelligents, mais révélés au plus jeune croyant (v. 26; ch. 2 v. 2 fin; comp. Éph. 3).
À cette occasion, remarquons les ressemblances entre l'épître aux Colossiens et celle aux Éphésiens. Mais tandis que dans cette dernière le chrétien est vu assis dans les lieux célestes en Christ (Éph. 2 v. 6), l'épître aux Colossiens le considère comme étant sur la terre, ayant Christ en lui: l'espérance de la gloire (v. 27). Quelle pensée! Celui «en qui toute la plénitude s'est plu à habiter», demeure Lui-même maintenant dans les cœurs des siens. On comprend qu'avant de mentionner les «discours spécieux» (v. 4) et les rêveries de l'esprit humain, l'apôtre commence par présenter les excellentes réalités chrétiennes comme pour les mettre en contraste. Oui vraiment, nous avons en Christ, «toutes les richesses de la pleine certitude d'intelligence» et «tous les trésors de la sagesse et de la connaissance» (v. 2, 3). Qu'irions-nous encore chercher en dehors de Lui?
(source : Bibliquest [site protestant] citant « Chaque jour les Ecritures » par JK)




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,6-11.

L’incident se rapportant à l’homme à la main sèche vient aux versets 6-11. Ici encore la question du sabbat est soulevée, et les Pharisiens auraient poussé leurs subtiles objections jusqu’à interdire l’exercice de la miséricorde en ce jour-là. Nous voyons ici, non pas la revendication de la position du Seigneur, ni de Sa Personne, mais de Sa puissance. Il a le pouvoir de guérir en grâce, et ce pouvoir Il l’exerce, que les pharisiens le veuillent ou non. Le Seigneur relève leur défi et, faisant lever l’homme devant eux, Il le guérit à la vue de tous. Les princes des Philistins avaient essayé de lier les mains de Samson avec « sept cordelettes fraîches », mais ils l’avaient fait en vain. Les chefs d’Israël essaient ici de faire des cordelettes avec la loi du sabbat pour en lier les mains pleines de grâce de Jésus, et eux aussi le font en vain.
N’y réussissant pas, ils sont hors d’eux-mêmes et se mettent à comploter pour faire mourir Jésus. Face à cette haine croissante, Celui-ci se retire dans la solitude de la communion avec Dieu.
(source : Bibliquest [site protestant] citant « Réflexions sur l’évangile selon Luc » par F.B. Hole)


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Re: L'homme à la main paralysée

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Bonjour,

Ce que je retiens de l'évangile du jour est l'obéissance de l'homme à la parole de Jésus. Jésus lui demande d'étendre sa main et "il le fit", sans hésitation, sans palabres, sans réserves. "Faites tout ce qu'il vous dira" nous dit la Bienheureuse Vierge Marie.

Puissions-nous être aussi dociles à la douce parole de Dieu !

Dans la joie de Marie

Teano
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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Re: L'homme à la main paralysée

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Bonjour Teano,

Oui, en obéissant aux indications de Jésus, ces hommes ont montré de la foi : il fallait cette œuvre de foi pour qu'ils soient guéris.


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Re: L'homme à la main paralysée

Message non lu par etienne lorant »

Teano a écrit :Bonjour,

Ce que je retiens de l'évangile du jour est l'obéissance de l'homme à la parole de Jésus. Jésus lui demande d'étendre sa main et "il le fit", sans hésitation, sans palabres, sans réserves. "Faites tout ce qu'il vous dira" nous dit la Bienheureuse Vierge Marie.

Puissions-nous être aussi dociles à la douce parole de Dieu !

Dans la joie de Marie

Teano
C'est juste ! ce texte a été lu combien de fois ! Or, entouré comme il était par ses "maîtres pharisiens", l'homme eût pu hésiter. Mais en essayant de "visionner" la scène, le regard de Jésus sur l'homme a dû être d'une "force de miséricorde" telle que la présence des autres n'a plus compté.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Dimanche : le renoncement exigé au disciple

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Vingt-troisième dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 14,25-33.

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d'entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ?
Car, s'il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui :
'Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever ! '
Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s'asseoir pour voir s'il peut, avec dix mille hommes, affronter l'autre qui vient l'attaquer avec vingt mille ?
S'il ne le peut pas, il envoie, pendant que l'autre est encore loin, une délégation pour demander la paix. De même, celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.


Cy Aelf, Paris

L’Évangile de ce dernier dimanche m'a souvent posé un problème, dont je devine bien que la seule et unique résolution est de renoncer à tout pour suivre le Christ.

Or, renoncer à tout ne signifie pas nécessairement de vivre comme saint François d'Assise ou comme l'un quelconque des saints qui ont tout quitté pour aller vivre dans le désert. Le renoncement total, c'est d'abord de mettre définitivement de côté ses ambitions d'autrefois, ambitions mondaines, mais aussi sa réputation (un disciple de Jésus est conduit à côtoyer des âmes que même d'autres chrétiens jugent "infréquentables"). Quiconque a fait l'expérience de la rencontre avec Jésus, croit d'emblée que tout va changer et que "c'est tout simple", mais il n'en est pas ainsi. L'épreuve est nécessaire et nombreux sont ceux qui échouent pour l'avoir trouvée trop difficile. Cette tour à bâtir, on n'en finit pas de l'élever, elle exige un renoncement absolu.

L'image du combat : dix mille hommes pour en vaincre vingt mille, n'est-elle pas celle de la nécessaire lutte contre les démons, contre "l'Adversaire" qui emploiera contre le converti toutes les failles qu'il découvrira dans sa nature ? J'ai lu qu'à un moment de sa vie, le saint frère François s'est écarté de l'ordre qu'il avait fondé car il était tenté de renoncer. N'était-il pas libre encore de revenir en arrière, de se retirer et de se marier ? D'après cette lecture, durant toute une année, François évita de côtoyer ses frères, pour ne pas leur causer du tort à sa "troupe".
L'Adversaire est TOUJOURS un obstacle qui se dresse dans la vie du chrétien, mais plus encore dans celle d'un croyant qui a choisi de ne vivre que de l'Amour.
La solution est de renoncer à tout. Ai-je renoncé à tout ? Pour moi, il m'est impossible de le dire, mais je constate simplement que plusieurs années ont passé et que le "dépouillement" est venu petit à petit, à cause de la grande miséricorde du Seigneur. Le renoncement à une vie affective "normale" fut le plus difficile et très douloureux; mais par contre, le renoncement à la tabagie me valut une inondation de la Joie.
C'est d'ailleurs à cause de cette Joie, que je crois heureuses, jusque dans leurs souffrances, les âmes du purgatoire qui se purifient "comme à travers le feu". Elles souffrent terriblement, mais contrairement aux âmes damnées, elles voient le but ! C'est mon idée que le feu dont elles souffrent, elles s'y précipitent d'elles-mêmes. Comme l'avion qui franchit le mur du son.
Le jour de ma délivrance du tabac, le 13 mai 2004, la souffrance était forte, elle me tiraillait de plus en plus, MAIS la joie intérieure augmentait à mesure. Les heures passaient et à un moment je fus certain que si je continuais à accepter cet état, ce serait gagné, je ne fumerais plus jamais. (Dès le lendemain, cette Joie, la même que celle de ma conversion, avait disparu. C'est la volonté qui a repris son travail). Je n'ai pas osé dire autour de moi : "J'ai cessé de fumer" qu'après quinze jours encore. Depuis, j'ai eu d'autres luttes à mener, mais celle-là, la plus dure m'a rendu patient dans chaque lutte.

On ne devient donc pas un vrai disciple du jour au lendemain. Je crois que même les saints diront qu'ils sont toujours en chemin. Et c'est mieux ainsi, c'est beaucoup plus sûr ainsi.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Dimanche : le renoncement exigé au disciple

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L'Homélie du Pape François

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus insiste sur les conditions pour être ses disciples : ne rien préférer à l’amour de Lui, porter sa croix et le suivre. En effet beaucoup de gens s’approchaient de Jésus, voulait faire partie de ses disciples ; cela arrivait spécialement après tel signe prodigieux qui l’accréditait comme le Messie, le Roi d’Israël. Mais Jésus ne veut tromper personne. Il sait bien ce qui l’attend à Jérusalem, quel est le chemin que le Père lui demande de prendre : c’est le chemin de la croix, du sacrifice de soi pour le pardon de nos péchés.

Suivre Jésus ne signifie pas participer à un cortège triomphal ! Cela signifie partager son amour miséricordieux, entrer dans sa grande œuvre de miséricorde pour chaque homme et pour tous les hommes. Et ce pardon universel passe par la croix. Mais Jésus ne veut pas accomplir cette œuvre tout seul : il veut nous impliquer nous aussi sans la mission que le Père lui a confiée. Après sa résurrection, il dira à ses disciples : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie… Ceux à qui vous pardonnerez les péchés seront pardonnés » (Jn 20,21.22).

Le disciple de Jésus renonce à tous les biens parce qu’il a trouvé en Lui le Bien plus grand, dans lequel tout autre bien reçoit sa valeur et sa signification plénières : les liens de famille, les autres relations, le travail, les biens culturels, et économiques… Le chrétien se détache de tout et retrouve tout, dans la logique de l’Evangile, la logique de l’amour et du service.

Pour expliquer cette exigence, Jésus utilise deux paraboles : celle de la tour à construire et celle du roi qui part à la guerre. Cette seconde parabole dit : « Quel roi, partant en guerre contre un autre roi, ne s’assied pas d’abord pour examiner s’il peut affronter avec dix mille hommes celui qui vient à sa rencontre avec vingt mille ? Sinon, alors que l’autre est encore loin, il lui envoie des messagers pour demander la paix » (Lc 14,31-32).

Ici, Jésus n’a pas l’intention d’affronter le thème de la guerre, ce n’est qu’une parabole. Mais, en ce moment où nous prions fortement pour la paix, cette Parole du Seigneur nous touche vivement, et en substance, elle nous dit : "Il y a une guerre plus profonde que nous devons combattre, tous ! C’est la décision forte et courageuse de renoncer au mal et à ses séductions et de choisir le bien, prêts à payer de notre personne : c’est cela de suivre le Christ, prendre sa croix !"

Cela comporte, entre autres, de dire non à la haine fratricide et aux mensonges dont elle se sert, à la violence sous toutes ses formes, à la prolifération des armes et à leur commerce illégal. Voilà les ennemis à combattre ensemble et avec cohérence, en ne suivant pas d’autres intérêts que ceux de la paix et du bien commun.

Chers frères, aujourd’hui nous rappelons aussi la Nativité de la Vierge Marie, une fête particulièrement chère aux Eglises orientales. Jésus est le soleil, Marie est l’aurore qui annonce à l’avance son lever. Hier soir, nous avons veillé en confiant à son intercession notre prière pour la paix dans le monde, spécialement en Syrie et dans tout le Moyen Orient. Invoquons-la maintenant comme la Reine de la Paix.

Après l’angélus

Je voudrais remercier tous ceux qui, de différentes façons, ont adhéré à la veillée de prière et de jeûne d’hier soir. Je remercie toutes les personnes qui y ont uni l’offrande de leurs souffrances. Je remercie les autorités civiles, ainsi que les membres d’autres communautés chrétiennes ou d’autres religions, les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont vécu, en cette circonstance, des moments de prière, de jeûne, de réflexion.

Mais l’engagement continue : avançons, avec la prière et les œuvres de paix ! Je vous invite à continuer à prier pour que cesse immédiatement la violence et la dévastation en Syrie et que l’on travaille avec un engagement renouvelé pour une solution juste au conflit fratricide. Prions aussi pour les autres pays du Moyen Orient, en particulier pour le Liban, afin qu’il trouve la stabilité désirée et qu’il continue à être un modèle de coexistence ; pour l’Irak, afin que la violence sectaire laisse la place à la réconciliation ; et pour le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, afin qu’il progresse avec décision et courage. Et prions pour l’Egypte, afin que tous les Egyptiens, musulmans et chrétiens, s’engagent à construire ensemble la société pour le bien de toute la population. La recherche de la paix est longue et elle requiert patience et persévérance !

A Rovigo, Maria Bolognesi a été proclamée bienheureuse : une fidèle laïque de cette terre, née en 1824 et morte en 1980. Elle a passé toute sa vie au service des autres, spécialement des pauvres et des malades, en supportant de grandes souffrances en union profonde avec la passion du Christ. Rendons grâce à Dieu pour ce témoin de l’Evangile.

Le pape a ensuite salué différents groupes avant de conclure :

A tous bon dimanche, et bon déjeuner !

http://www.zenit.org/fr/articles/parole ... e-integral
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Le mardi de la 23e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 2,6-15
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Frères, continuez à vivre dans le Christ Jésus, le Seigneur, tel que nous vous l'avons transmis.Soyez enracinés en lui, construisez votre vie sur lui ; restez fermes dans la foi telle qu'on vous l'a enseignée, soyez débordants d'action de grâce.
Prenez garde à ceux qui veulent faire de vous leur proie par leur philosophie trompeuse et vide fondée sur la tradition des hommes, sur les forces qui régissent le monde, et non pas sur le Christ.
Car en lui, dans son propre corps, habite la plénitude de la divinité.
En lui vous avez tout reçu en plénitude, car il domine toutes les puissances de l'univers.
C'est en lui que vous avez reçu la vraie circoncision, non pas celle que pratiquent les hommes, mais celle qui enlève les tendances égoïstes de la chair ; telle est la circoncision qui vient du Christ.
Par le baptême, vous avez été mis au tombeau avec lui, avec lui vous avez été ressuscités, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui a ressuscité le Christ d'entre les morts.
Vous étiez des morts, parce que vous aviez péché et que vous n'aviez pas reçu de circoncision. Mais Dieu vous a donné la vie avec le Christ : il nous a pardonné tous nos péchés.
Il a supprimé le billet de la dette qui nous accablait depuis que les commandements pesaient sur nous : il l'a annulé en le clouant à la croix du Christ.
Ainsi, Dieu a dépouillé les puissances de l'univers ; il les a publiquement données en spectacle et les a traînées dans le cortège triomphal de la croix.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,12-19.
En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote,
Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, celui qui fut le traître.
Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon,
qui étaient venus l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais en étaient délivrés.Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.


Cy Aelf, Paris

En écoutant le texte de l’épître de ce jour, je me suis souvenu de la fascination qu'avait exercé sur moi le cours de "philosophie morale" suivi au cours de ma première année d'études supérieures. Le jeu des concepts m'enchantait, mais il était trompeur - et trompeur aussi sur des choses très simples. Je citerai une seule phrase par laquelle le professeur rendait relative la notion de la liberté. Tout d'abord, il réduisait la liberté à la "capacité de faire des choix". (Or, la liberté peut aussi être un sentiment !). Ensuite, il prenait un exemple en disant: un homme qui a une forte fièvre perd sa capacité de faire des choix, donc sa liberté - la liberté (définie comme capacité de choisir) s'atténuait avec la maladie. Comme j'aimais ces raisonnements !

Mais des années plus tard, une nuit, lors d'un accès de forte fièvre, j'ai découvert qu'au contraire d'être amoindrie, ladite capacité s'était agrandie par la nécessité où j'étais d'aller rapidement acquérir les médicaments prescrits. Il était deux heures du matin, j'avais une température frôlant 40°, et j'avais besoin d'urgence d'un antibiotique. J'ai eu l'idée de prendre une douche et de baisser progressivement la chaleur de l'eau au robinet - et l'eau se refroidissant, ma fièvre a diminué. J'ai pu ensuite sorti ma voiture du garage et la conduire en ville pour acheter mon remède. Et donc, le discours sur la relativité de la liberté de choix ... ne tenait pas forcément, et les conclusions qu'on en avait tirées n'étaient pas très solides.

Si j'en reviens maintenant à ces "forces de l'univers" que les Colossiens étaient tentés de considérer séparément de la foi, eh bien, la possibilité d'erreur était la même. Saint Paul a tout à fait raison de de dire que ces forces, ces puissances, comme toutes les conceptions humaines, sont entraînées dans le cortège triomphal de la Croix.

J'ai parlé d'une intuition que j'ai eue et qui m'a tiré d'affaire? Dans l’Évangile, nous voyons que d'une part, Jésus - contrairement à toute raison humaine, choisit même pour disciple Judas l'Iscariote, celui qui va le trahir. Et d'autre part, les forces qui sortent de Lui sont capables de guérir de toutes sortes de maladies. Du reste, chez les juifs, le mot "corps" désigne l'être tout entier; il ne s'agit pas de faire de distinction entre le corps et l'âme, ce qui se pratique encore de nos jours. On a décidé que le corps ne serait que le support de l'âme, mais ce genre de conception est plutôt risqué, car cela rend beaucoup de choses possibles. Par exemple, les péchés ne concerneraient que le corps, c'est-à-dire, seulement le "support" et n'affecteraient pas l'âme. Mais nous savons bien que c'est faux: l'homme ou la femme qui ont péché ne sont plus les mêmes après qu'avant, mais d'une manière ou d'une autre l'âme aussi doit être guérie des actions mauvaises du corps. Certes, pour les lobbys, désormais, un corps en vaut un autre, l'amour est égal partout, la différence des sexes n'intervient plus - ces dérives modernes sont tout à fait les mêmes que les plus anciennes - et en définitive, c'est le Christ qui est visé en tout cela.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La vérité est unique et les idées multiples

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Bonjour,

Quelques commentaires :


Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 2,6-19.

S'occuper des gloires du Seigneur Jésus est le moyen d'être édifiés et enracinés en Lui (v. 7). Les racines d'un arbre lui assurent à la fois nourriture et stabilité (Prov. 12 v. 3). Si le chrétien n'est pas affermi dans la foi (ch. 1 v. 23), il risque d'être emporté «par tout vent de doctrine» (Éph. 4 v. 14; comp. Matt. 13 v. 21). Précisément des vents dangereux soufflaient à Colosses: la philosophie (v. 8), la tradition (note), le culte des anges (v. 18), les ordonnances religieuses (v. 22)… tout ce que le v. 8 appelle de vaines déceptions. Avec non moins d'imagination, doctrines et thèses sont inventées et foisonnent aujourd'hui. Craignons de prêter l'oreille à tout enseignement qui s'écarte de la Parole de Dieu. L'Ennemi de nos âmes, par les agents qu'il emploie, voudrait nous séduire (v. 4), faire de nous sa proie (v. 8), nous dépouiller (voir note), nous frustrer du prix du combat (v. 18). Or le grand combat a été livré et remporté par un Autre. La croix où Satan a cru un moment triompher a marqué sa défaite totale et publique (v. 15); il a lui-même été dépouillé de son armure et de ses biens (lire Luc 11 v. 21, 22). Ne supportons pas de nous laisser ravir, ou plutôt ravir au Seigneur, quoi que ce soit de ce qui Lui appartient.
(source : Bibliquest [site protestant] reprenant « Chaque jour les Ecritures » par JK)


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,12-19.

Jésus devient de plus en plus isolé au milieu du peuple. Méconnu, méprisé, il remplace le système légal, pour répandre les bénédictions dont les hommes avaient besoin, bénédictions que la loi ne pouvait donner à des pécheurs. Dans cette position, Jésus veut envoyer des hommes dans son travail, comme lui-même avait été envoyé de Dieu, et leur communiquer la puissance nécessaire pour accomplir la même œuvre que lui. Il appelle ses disciples, et en choisit douze qu’il nomme apôtres ou envoyés. Mais, tout en étant Dieu, agissant en puissance au milieu des hommes, Jésus réalisait la position d’un homme dépendant de Dieu son Père ; car, avant de choisir les apôtres, il passe la nuit en prières. « Il s’en alla sur une montagne pour prier. Et il passa toute la nuit à prier Dieu » (v. 12). Retenons tous cet enseignement et suivons cet exemple ; voilà la source de la puissance, de la sagesse, de l’intelligence, et de tout ce dont nous avons besoin pour accomplir nos devoirs, quels qu’ils soient. Salomon, qui avait débuté dans sa carrière royale en disant à Dieu : « Donne à ton serviteur un cœur qui écoute, ... pour discerner entre le bien et le mal.. » (1 Rois 3:9), s’adresse à son tour au jeune homme en disant : « Confie-toi de tout ton cœur à l’Éternel, et ne t’appuie pas sur ton intelligence ; dans toutes tes voies connais-le, et il dirigera tes sentiers » (Proverbes 3:5, 6). En cela, comme en toutes choses, Jésus a été le modèle parfait. S’il s’est servi de sa puissance divine, ce n’a jamais été que sous la dépendance de Dieu, dans l’obéissance. Il a voulu être dirigé par lui pour le choix de ses apôtres ; avant de les nommer, il passe la nuit à prier. Judas Iscariote, qui devint traître, Luc le rappelle, était un des douze ; Jésus le connaissait ; il savait son caractère, ce qu’il ferait ; cependant il ne le met pas de côté, car Dieu son Père voulait qu’il fût au nombre des douze.
Jésus descendit de la montagne et s’arrêta avec les siens dans la plaine. Là, il se trouva entouré d’une grande multitude de gens, venus de la Judée, de Jérusalem et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon, pour l’entendre et pour être guéris de leurs maladies. Toute la foule cherchait à le toucher, car il sortait de lui une puissance qui guérissait. On voit toujours mieux que Jésus était le centre vers lequel les besoins se rencontraient et la source de tout bien. C’est lui qu’il fallait suivre et écouter pour être sauvé et béni, alors comme aujourd’hui. Aussi ce fait excitait-il la haine et la jalousie des chefs du peuple qui voyaient baisser leur prestige. Hélas ! plus tard, ce peuple se laisse convaincre par eux que Jésus méritait la croix.
(source : Bibliquest [site protestant] reprenant « Simples entretiens sur les évangiles » par SP)

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etienne lorant
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La Joie dès ce monde

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Le mercredi de la 23e semaine du temps ordinaire

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,1-11.

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre.
En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.
Faites donc mourir en vous ce qui appartient encore à la terre : débauche, impureté, passions, désirs mauvais, et cet appétit de jouissance qui est un culte rendu aux idoles.
Voilà ce qui provoque la colère de Dieu,voilà quelle était votre conduite autrefois lorsque vous viviez dans ces désordres.
Mais maintenant, débarrassez-vous de tout cela : colère, emportement, méchanceté, insultes, propos grossiers. Plus de mensonge entre vous; débarrassez-vous des agissements de l'homme ancien qui est en vous, et revêtez l'homme nouveau, celui que le Créateur refait toujours neuf à son image pour le conduire à la vraie connaissance.
Alors, il n'y a plus de Grec et de Juif, d'Israélite et de païen, il n'y a pas de barbare, de sauvage, d'esclave, d'homme libre, il n'y a que le Christ : en tous, il est tout.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,20-26.
Jésus s'était arrêté dans la plaine, et la foule l'entourait. Regardant alors ses disciples, Jésus dit : " Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous!
Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez !
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l'homme.
Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.
Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation !
Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.


Cy Aelf, Paris

C'est en regardant ses disciples que Jésus parle du renoncement aux vains bonheurs et aux vaines gloires de ce monde. Car non seulement, ils seront les premiers à vivre cette existence détachée du monde visible, de ses réjouissances faciles, de ces privilèges et intérêts qui perdent leur intérêt dans la vieillesse ou la maladie, mais ils seront également envoyés auprès de leurs frères et sœurs dans le monde entier, pour annoncer la joie impérissable de connaître le Christ et de vivre en Lui toutes choses.  

Je garde précieusement ce souvenir: tout ébranlé mais priant, j'avais franchi, avec une petite valise, la porte de la chambre de l'hôpital où j'allais subir quelques examens peu agréables. J'y étais venu seul, sans prévenir quiconque dans ma famille, j'avais de la peine, mais je priais. Or, en m'étendant sur le lit, j'ai tout de suite aperçu un crucifix sous l'écran de télévision - et j'ai été réconforté, car ce ne pouvait être un hasard. Tous les signes religieux de l'ancienne "Clinique Notre-Dame" (y compris ce nom) avaient été retirés. J'étais dans la seule chambre, au seul endroit de la seule chambre où je pouvais apercevoir le signe de Celui que je priais.

Saint Paul invite les Colossiens à rejeter en bloc tout ce qui rabaisse l'être humain et le soumet aux mouvements des désordres et des passions. Il leur donne un seul désir: le Christ en tout temps, en tout lieu, en toute condition de vie. Heureux ceux qui acceptent l'épreuve du renoncement aux plaisirs qui passent, aux désirs qui abaissent l'âme, afin d'acquérir la Joie qui ne peut être abolie, car elle la marque première de la vie éternelle. Ayant visionné sur le forum une vidéo montrant la patience des Veilleurs confronté aux insultes et aux injures, il me plait d'y trouver une illustration de ce que le Seigneur demande à ses apôtres.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: La vérité est unique et les idées multiples

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Rome, 10 septembre 2013 (Zenit.org) Anne Kurian | 438 clics

La vie chrétienne consiste à « avancer sans crainte, sans honte, sans triomphalisme » en mettant sa foi dans le Christ ressuscité, qui « a vaincu le monde », a déclaré le pape François lors de la messe de ce matin, 10 septembre 2013, à Sainte-Marthe.

Selon Radio Vatican, le pape a commenté la première lecture, où saint Paul encourage à marcher avec le Christ « car Il a vaincu ». Il s'agit de « cheminer en Lui enracinés sur Lui, sur cette victoire, solides dans la foi » (Col 2,6-15.). Le pivot de cette victoire étant « Jésus est ressuscité ! ».

Mais c'est un point difficile à comprendre, a-t-il fait observer : « Il y a tant de chrétiens sans résurrection, de chrétiens sans le Christ ressuscité : ils accompagnent Jésus jusqu'au tombeau, ils pleurent, ils l'aiment beaucoup, mais s'arrêtent là. »

Le pape a diagnostiqué notamment trois attitudes de chrétiens sans résurrection : « les peureux, les chrétiens craintifs ; les honteux, ceux qui ont honte ; et les triomphalistes. Ces trois n'ont pas rencontré le Christ ressuscité ! »

« Les craintifs : ce sont ceux du matin de la résurrection, ceux d'Emmaüs… ils s'en vont, ils ont peur ». « Les craintifs ont peur de penser à la résurrection ».

Les chrétiens honteux qui « ont honte » de dire que « le Christ, avec sa chair, avec ses plaies, est ressuscité » : « confesser que le Christ est ressuscité donne un peu honte en ce monde qui s'appuie sur l'avancée des sciences ».

A ces chrétiens, Paul dit « Prenez garde à ceux qui veulent faire de vous leur proie par leur philosophie trompeuse et vide fondée sur la tradition des hommes, sur les forces qui régissent le monde, et non pas sur le Christ ».

Enfin, les chrétiens qui « au plus profond d'eux ne croient pas dans le ressuscité et veulent une résurrection plus majestueuse », les chrétiens « triomphalistes ». « Ces chrétiens, avec ces attitudes triomphalistes dans leur vie, leurs discours et leur pastorale, dans la Liturgie, au plus intime d'eux-mêmes ne croient pas profondément au Ressuscité ».

Or, « le message que Paul donne aujourd'hui » est que le Christ « est tout », la totalité et l'espérance, « car il est le Vainqueur » : « C'est Lui qui est le Vainqueur. Il a vaincu ».

Le pape a donc exhorté à « avancer sans crainte, sans peur, sans honte, sans triomphalisme, simplement en regardant le Seigneur ressuscité, sa beauté, en mettant les doigts dans ses plaies et la main dans son côté ».

Dans l’Évangile, a-t-il conclu, les malades cherchent à toucher Jésus « parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous » (Lc 6,12-19) : « Allons à Lui et laissons-nous, comme ces malades, toucher par Lui, par sa force, car Il est en chair et en os, non pas une idée spirituelle qui passe… Il est vivant. Il est ressuscité. Et Il vainc le monde. Que le Seigneur nous donne la grâce de comprendre et de vivre ces choses ».

(10 septembre 2013) © Innovative Media Inc.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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