Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
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Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Cher Xavi
Une "imagination" aussi débordante doit être respectée ... j'y reviendrais mais pas avant une bonne semaine ... vacances obligent.
En attendant je constate qu'une fois de plus Le PO a encore frappé !!!
Cordialement, Epsilon
Une "imagination" aussi débordante doit être respectée ... j'y reviendrais mais pas avant une bonne semaine ... vacances obligent.
En attendant je constate qu'une fois de plus Le PO a encore frappé !!!
Cordialement, Epsilon
Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Cher Epsilon,
Merci d’avoir lu mon très très long message !
Vous avez raison de parler d’imagination ! C’est bien cela la démarche à laquelle nous invitent les images de la Genèse : chercher à « imaginer » ce que fut la création, chercher à comprendre comment, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, l’auteur de la Genèse, en composant le texte avec des récits de provenances multiples, a « imaginé », représenté en images, ce que fut le début de notre histoire avec une intelligence parfois beaucoup plus riche et profonde que ce nous nous pouvons penser d’auteurs très anciens.
L’auteur de la Genèse croyait aussi fermement à la création des premiers humains dans l’histoire que nous croyons à l’incarnation de Dieu lui-même dans un corps d’homme un peu plus tard dans le cours de cette même histoire.
Nous représenter ces réalités demande un grand effort d’imagination à renouveler sans cesse selon l’état de nos connaissances actuelles, en oubliant jamais de considérer que le réel dépasse infiniment nos images qui peuvent s’approcher un peu de la réalité terrestre et si peu de la réalité spirituelle.
Bien à vous,
Xavi
Merci d’avoir lu mon très très long message !
Vous avez raison de parler d’imagination ! C’est bien cela la démarche à laquelle nous invitent les images de la Genèse : chercher à « imaginer » ce que fut la création, chercher à comprendre comment, sous l’inspiration de l’Esprit Saint, l’auteur de la Genèse, en composant le texte avec des récits de provenances multiples, a « imaginé », représenté en images, ce que fut le début de notre histoire avec une intelligence parfois beaucoup plus riche et profonde que ce nous nous pouvons penser d’auteurs très anciens.
L’auteur de la Genèse croyait aussi fermement à la création des premiers humains dans l’histoire que nous croyons à l’incarnation de Dieu lui-même dans un corps d’homme un peu plus tard dans le cours de cette même histoire.
Nous représenter ces réalités demande un grand effort d’imagination à renouveler sans cesse selon l’état de nos connaissances actuelles, en oubliant jamais de considérer que le réel dépasse infiniment nos images qui peuvent s’approcher un peu de la réalité terrestre et si peu de la réalité spirituelle.
Bien à vous,
Xavi
Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Cher Xavi
Bon un peu de mytho ne ferra de mal à personne … il est INUTILE de chercher à comprendre Genèse (notamment) sans avoir étudié les mythes Sumero-akkadien, Cananéens et Egyptiens.
Le Paradis :
Dans toutes théologies Orientales et donc dans le Judaïsme primitif le Paradis est terrestre … le Paradis de Genèse deviendra, avec la Faute, un Paradis interdit … un jardin clos/verrouillé ou l’homme en est définitivement banni (Gn 3,23-24) … aussi d’une image « positive » de la mythologie orientale … la Bible en fait une description « négative ».
Dans la mythologie Orientale qui sont toutes polythéistes (tout au plus hénothéistes) avec plusieurs dieux/déesses … ainsi qu’un nombre conséquent de « petits » dieux assurant leurs suites … avaient tous pour résidence une demeure/palais sur terre.
Pour les Sumériens ce lieu de séjour se nommé le « pays Dilmun » (qcq part au S-E de la Perse) … Dilmun était le « pays des vivants » … une paix pastorale y régnait et les « vivants » étaient exempt de toute corruption, souffrance, maladies, vieillesse et bien sûr mort … le parallélisme entre Dilmun et l’Eden n’en est que plus frappant d’autant plus que la localisation de cet Eden (Gn 2,10-14) le situe au pays de Sumer dans le Sud de l’Irak assez « voisin » de Dilmun.
Pour les Cananéens El lui « habite » aussi dans une région « paradisiaque » aux « extrémités du monde » … pour le rejoindre il faut aller « jusqu’aux marges de la terre, à la frontière des eaux » … en fait c’est à la limite du « pays des morts » … c’est aux milieux des « jardins » d’El que se dresse le palais royal.
Le thème du « jardin » fait aussi écho à celui de « mont » … car le sommet d’une « montagne sacrée » est aussi résidence des dieux … nous trouvons le thème Babylonien (entre autres) de « mont cosmique » … qui fait office de lien intermédiaire entre le ciel et terre … et deviendra des lieux de prédilection où les dieux se montrent aux hommes (voir Moïse et le mont Sinaï).
Ainsi dans l’Antiquité les dieux étaient logés autant dans des « jardins sacrés » que sur des « montagnes sacrées » … cette dernière pouvant être combinée par l’image d’un « jardin » au sommet d’un « mont cosmique ».
Qui dit « jardin » dit « jardinier » pour prendre soin de ce jardin en lieu et place de dieu/dieux … pour ce faire il faut créer une race semblable au divin à l’exclusion de l’immortalité (véritable privilège des dieux) … l’homme/adamah devient le « vicaire » du divin dans ce travail de « jardinier cosmique » … il est investit de pouvoirs restreints mais importants de cultiver la terre, de maître des animaux, et de gardien du jardin dans son ensemble.
Arbre :
Dans la mythologie (notamment Cananéenne) … à l’époque basse il y avait le dieu des arbres Adonis-Eshmoun (nommé aussi Khay-taou) … et à l’époque haute (du temps des Israélites) cela devenait un « poteau sacré » (ashère) … qui pouvait prendre la place de la déesse-mère.
Ashérah, nom de la déesse cananéenne Anat-Asterté renvoie à la forme masculine de Ashérim (arbres consacrés) … ces « arbres » deviendront des « pieux sacrés » que l’on retrouve dans la Bible (notamment en II Rois 13,6 ; 18,4) … ces poteaux (symbolise de l’arbre saint) était le logis de l’épouse de Baal.
Le symbolisme étant que l’« arbre de vie » n’est autre qu’une représentation des déesses-mères … elle-même étant la « mère de tous les vivants » qui se présente sous l’association « arbre de vie » gardé par un « serpent » … dans le scénario « positif » … cette « mère » offre à l’homme une « pomme » ayant des pouvoirs régénérateurs … en la mangeant l’homme accepte/confirme son rôle et participe ainsi au « festin des dieux » selon un procédé initiatique classique … tout serait donc le mieux dans le meilleur des mondes.
Cette forclusion, dans le récit biblique, de la féminité (dont il ne reste que le symbolisme arbre/serpent) a pour conséquence une redistribution des attributs de la déesse-mère … soit vers Yahweh soit vers Ève … cette dernière dérivant de l’hébraïque « havva » (vie/vivre) est, selon Adam, « la mère de tous les vivants ».
Nous trouvons la « plante/arbre de vie » (ou plante de jouvence) dans l’Epopée de Gilgamesh … la décision des dieux d’accorder l’immortalité à l’homme se matérialise par la manducation d’une herbe/plante de vie qui pousse, en général, dans le « jardin divin » … en tant que « plante de vie » elle a une double signification symbolique … agissant aussi bien sur la « vitalité/fertilité » que sur la « stérilité/mort » … sa destruction entraînant de fait la disparition de toute vie (végétale, animal y compris bien sûr l’homme).
Ainsi dans Genèse les deux « arbres » ont la double fonction symbolique de représenter … la « vie » (arbre de vie) cette dernière est doublée par un autre arbre qui représente la « mort » (arbre du B/M frappé d’un interdit divin dont la transgression est de donner la mort) … chacun donnant donc des « fruits » à effets contraires … voir le mythe suméro-babylonien d’Adapa qui comme Gilgamesh perd aussi sa chance d’avoir une « vie éternelle ».
L’arbre biblique du « savoir » a sur les humains le même effet catastrophique que l’arbre de mort des autres traditions … si la déesse-mère orientale est corrélée à la « plante de vitalité » son parallèle judaïque, Ève, est associée à « l’arbre de la mort ».
Manger :
Le fait de « manger » qcqchose est si l’on peut dire le minimum vital pour rester en vie … il faut donc prendre ce verbe, ici, comme l’acte suprême d’acquisition sensitive de la « connaissance » … dans le sens de « manger les paroles de qcq’un » … aussi « manger » au Paradis donc participer à la nourriture des dieux signifie partager d’une certaine manière leur condition.
D’où l’importance de l’interdit pour que cette « condition » n’aille pas jusqu’à partager avec les dieux leurs immortalité.
Aussi dans la Bible tout le schéma « positif » du Paradis se transforme en catastrophe (en image « négative ») … la manducation du fruit de « vie » se change en manducation du fruit de « mort » … les personnes divines qui auraient dû superviser l’initiation de l’homme (la « mère des vivants » et le serpent-gardien) se changent en figures maléfiques l’amenant à sa perdition … et son « patron » (Dieu lui-même) qui aurait dû l’amener à l’immortalité se transforme via un « interdit » en un juge amenant la punition … d’un lieu faste (le jardin/Eden) devient pour l’homme une occasion de damnation … avec Yahweh comme Dieu unique nous avons là un basculement de sens au regard des mythes environnants.
Le rôle de la déesse-mère devient satanisé … d’une figure bénéfique/protectrice, elle devient un personnage de mauvais augure … qui, au lieu de rehausser l’homme, est la cause de sa perte … elle est rétrogradée du rang d’épouse (ou de sœur) du grand dieu au rang de créature … le personnage féminin perd sa place dans le conseil des dieux et vient rejoindre l’homme dans la condition mortelle.
Qcq remarques sur votre message :
a) « Plusieurs arbres au centre : c’est possible comme trois personnes en un seul Dieu ».
Cette « comparaison » est qcq peu mal choisie … le fait de dire « au milieu du jardin » est pour souligner l’importance de cet arbre (arbre de vie en 2,9) … pour ce qui concerne l’arbre de la connaissance sa position « au milieu du jardin » vient du verset 3,3 … le « milieu du jardin » n’étant point le centre d’un cercle nous pouvons en conclure que ces DEUX arbres étaient voisin l’un de l’autre.
b) « Satan ne montre qu’un seul arbre et confond les deux arbres ».
Non non … Satan ne saurait, ici, se tromper … il montre bien l’arbre de la « mort » à dessein.
c) « « eden » provient du mot « adown » ».
Ce mot trouve son étymologie avec le sumérien « edin » (champ/plaine/steppe fertile) … qui en akkadien deviendra « edinu » (vallée/jardin en tant que lieu cultivé et florissant).
d) « « gan », traduit par jardin ».
Qui désigne effectivement un endroit clôturé … que l’on retrouve dans toutes les langues sémitiques pour nommer un « jardin/parc » entourant un palais.
Chez les Bédouins (nomades du désert) il y a le mot « djanna » (jardin) … dont la racine hébraïque « dn » signifie : délice, luxure … et ces fameux jardins d’Eden ont donnés le nom de « jardin des délices ».
La LXX donne le mot grec « paradeisos » d’où le mot « paradis » … qui vient du Persan païri-daéza (lieu/enceinte protégé par un rempart).
e) « Dieu ne crée pas un paradis sur la terre, il plante un jardin dans son paradis ».
Non non … Jardin et paradis sont les deux faces d’une même pièce.
f) « l’interdiction de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal est faite à l’adame, au terrien, avant la création de Eve, quand l’adame est encore « seul » (Gn 2,16-18). ».
Exact … d’où la question : comment Eve était-elle au courant ???
On retrouve ici la « fonction » d’un « interdit » qui est là justement pour être transgressé … car dans un mythe l’interdit ne s’oppose qu’à celui à qui il a été signifié c-à-d à Adam et non à Eve … de même l’interdit véhicule sa propre tentation … l’interdit est donc là pour être dépassé d’une manière ou d’une autre … sans transgression il n’y aurait pas « d’Histoire ».
Cordialement, Epsilon
Bon un peu de mytho ne ferra de mal à personne … il est INUTILE de chercher à comprendre Genèse (notamment) sans avoir étudié les mythes Sumero-akkadien, Cananéens et Egyptiens.
Le Paradis :
Dans toutes théologies Orientales et donc dans le Judaïsme primitif le Paradis est terrestre … le Paradis de Genèse deviendra, avec la Faute, un Paradis interdit … un jardin clos/verrouillé ou l’homme en est définitivement banni (Gn 3,23-24) … aussi d’une image « positive » de la mythologie orientale … la Bible en fait une description « négative ».
Dans la mythologie Orientale qui sont toutes polythéistes (tout au plus hénothéistes) avec plusieurs dieux/déesses … ainsi qu’un nombre conséquent de « petits » dieux assurant leurs suites … avaient tous pour résidence une demeure/palais sur terre.
Pour les Sumériens ce lieu de séjour se nommé le « pays Dilmun » (qcq part au S-E de la Perse) … Dilmun était le « pays des vivants » … une paix pastorale y régnait et les « vivants » étaient exempt de toute corruption, souffrance, maladies, vieillesse et bien sûr mort … le parallélisme entre Dilmun et l’Eden n’en est que plus frappant d’autant plus que la localisation de cet Eden (Gn 2,10-14) le situe au pays de Sumer dans le Sud de l’Irak assez « voisin » de Dilmun.
Pour les Cananéens El lui « habite » aussi dans une région « paradisiaque » aux « extrémités du monde » … pour le rejoindre il faut aller « jusqu’aux marges de la terre, à la frontière des eaux » … en fait c’est à la limite du « pays des morts » … c’est aux milieux des « jardins » d’El que se dresse le palais royal.
Le thème du « jardin » fait aussi écho à celui de « mont » … car le sommet d’une « montagne sacrée » est aussi résidence des dieux … nous trouvons le thème Babylonien (entre autres) de « mont cosmique » … qui fait office de lien intermédiaire entre le ciel et terre … et deviendra des lieux de prédilection où les dieux se montrent aux hommes (voir Moïse et le mont Sinaï).
Ainsi dans l’Antiquité les dieux étaient logés autant dans des « jardins sacrés » que sur des « montagnes sacrées » … cette dernière pouvant être combinée par l’image d’un « jardin » au sommet d’un « mont cosmique ».
Qui dit « jardin » dit « jardinier » pour prendre soin de ce jardin en lieu et place de dieu/dieux … pour ce faire il faut créer une race semblable au divin à l’exclusion de l’immortalité (véritable privilège des dieux) … l’homme/adamah devient le « vicaire » du divin dans ce travail de « jardinier cosmique » … il est investit de pouvoirs restreints mais importants de cultiver la terre, de maître des animaux, et de gardien du jardin dans son ensemble.
Arbre :
Dans la mythologie (notamment Cananéenne) … à l’époque basse il y avait le dieu des arbres Adonis-Eshmoun (nommé aussi Khay-taou) … et à l’époque haute (du temps des Israélites) cela devenait un « poteau sacré » (ashère) … qui pouvait prendre la place de la déesse-mère.
Ashérah, nom de la déesse cananéenne Anat-Asterté renvoie à la forme masculine de Ashérim (arbres consacrés) … ces « arbres » deviendront des « pieux sacrés » que l’on retrouve dans la Bible (notamment en II Rois 13,6 ; 18,4) … ces poteaux (symbolise de l’arbre saint) était le logis de l’épouse de Baal.
Le symbolisme étant que l’« arbre de vie » n’est autre qu’une représentation des déesses-mères … elle-même étant la « mère de tous les vivants » qui se présente sous l’association « arbre de vie » gardé par un « serpent » … dans le scénario « positif » … cette « mère » offre à l’homme une « pomme » ayant des pouvoirs régénérateurs … en la mangeant l’homme accepte/confirme son rôle et participe ainsi au « festin des dieux » selon un procédé initiatique classique … tout serait donc le mieux dans le meilleur des mondes.
Cette forclusion, dans le récit biblique, de la féminité (dont il ne reste que le symbolisme arbre/serpent) a pour conséquence une redistribution des attributs de la déesse-mère … soit vers Yahweh soit vers Ève … cette dernière dérivant de l’hébraïque « havva » (vie/vivre) est, selon Adam, « la mère de tous les vivants ».
Nous trouvons la « plante/arbre de vie » (ou plante de jouvence) dans l’Epopée de Gilgamesh … la décision des dieux d’accorder l’immortalité à l’homme se matérialise par la manducation d’une herbe/plante de vie qui pousse, en général, dans le « jardin divin » … en tant que « plante de vie » elle a une double signification symbolique … agissant aussi bien sur la « vitalité/fertilité » que sur la « stérilité/mort » … sa destruction entraînant de fait la disparition de toute vie (végétale, animal y compris bien sûr l’homme).
Ainsi dans Genèse les deux « arbres » ont la double fonction symbolique de représenter … la « vie » (arbre de vie) cette dernière est doublée par un autre arbre qui représente la « mort » (arbre du B/M frappé d’un interdit divin dont la transgression est de donner la mort) … chacun donnant donc des « fruits » à effets contraires … voir le mythe suméro-babylonien d’Adapa qui comme Gilgamesh perd aussi sa chance d’avoir une « vie éternelle ».
L’arbre biblique du « savoir » a sur les humains le même effet catastrophique que l’arbre de mort des autres traditions … si la déesse-mère orientale est corrélée à la « plante de vitalité » son parallèle judaïque, Ève, est associée à « l’arbre de la mort ».
Manger :
Le fait de « manger » qcqchose est si l’on peut dire le minimum vital pour rester en vie … il faut donc prendre ce verbe, ici, comme l’acte suprême d’acquisition sensitive de la « connaissance » … dans le sens de « manger les paroles de qcq’un » … aussi « manger » au Paradis donc participer à la nourriture des dieux signifie partager d’une certaine manière leur condition.
D’où l’importance de l’interdit pour que cette « condition » n’aille pas jusqu’à partager avec les dieux leurs immortalité.
Aussi dans la Bible tout le schéma « positif » du Paradis se transforme en catastrophe (en image « négative ») … la manducation du fruit de « vie » se change en manducation du fruit de « mort » … les personnes divines qui auraient dû superviser l’initiation de l’homme (la « mère des vivants » et le serpent-gardien) se changent en figures maléfiques l’amenant à sa perdition … et son « patron » (Dieu lui-même) qui aurait dû l’amener à l’immortalité se transforme via un « interdit » en un juge amenant la punition … d’un lieu faste (le jardin/Eden) devient pour l’homme une occasion de damnation … avec Yahweh comme Dieu unique nous avons là un basculement de sens au regard des mythes environnants.
Le rôle de la déesse-mère devient satanisé … d’une figure bénéfique/protectrice, elle devient un personnage de mauvais augure … qui, au lieu de rehausser l’homme, est la cause de sa perte … elle est rétrogradée du rang d’épouse (ou de sœur) du grand dieu au rang de créature … le personnage féminin perd sa place dans le conseil des dieux et vient rejoindre l’homme dans la condition mortelle.
Qcq remarques sur votre message :
a) « Plusieurs arbres au centre : c’est possible comme trois personnes en un seul Dieu ».
Cette « comparaison » est qcq peu mal choisie … le fait de dire « au milieu du jardin » est pour souligner l’importance de cet arbre (arbre de vie en 2,9) … pour ce qui concerne l’arbre de la connaissance sa position « au milieu du jardin » vient du verset 3,3 … le « milieu du jardin » n’étant point le centre d’un cercle nous pouvons en conclure que ces DEUX arbres étaient voisin l’un de l’autre.
b) « Satan ne montre qu’un seul arbre et confond les deux arbres ».
Non non … Satan ne saurait, ici, se tromper … il montre bien l’arbre de la « mort » à dessein.
c) « « eden » provient du mot « adown » ».
Ce mot trouve son étymologie avec le sumérien « edin » (champ/plaine/steppe fertile) … qui en akkadien deviendra « edinu » (vallée/jardin en tant que lieu cultivé et florissant).
d) « « gan », traduit par jardin ».
Qui désigne effectivement un endroit clôturé … que l’on retrouve dans toutes les langues sémitiques pour nommer un « jardin/parc » entourant un palais.
Chez les Bédouins (nomades du désert) il y a le mot « djanna » (jardin) … dont la racine hébraïque « dn » signifie : délice, luxure … et ces fameux jardins d’Eden ont donnés le nom de « jardin des délices ».
La LXX donne le mot grec « paradeisos » d’où le mot « paradis » … qui vient du Persan païri-daéza (lieu/enceinte protégé par un rempart).
e) « Dieu ne crée pas un paradis sur la terre, il plante un jardin dans son paradis ».
Non non … Jardin et paradis sont les deux faces d’une même pièce.
f) « l’interdiction de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal est faite à l’adame, au terrien, avant la création de Eve, quand l’adame est encore « seul » (Gn 2,16-18). ».
Exact … d’où la question : comment Eve était-elle au courant ???
On retrouve ici la « fonction » d’un « interdit » qui est là justement pour être transgressé … car dans un mythe l’interdit ne s’oppose qu’à celui à qui il a été signifié c-à-d à Adam et non à Eve … de même l’interdit véhicule sa propre tentation … l’interdit est donc là pour être dépassé d’une manière ou d’une autre … sans transgression il n’y aurait pas « d’Histoire ».
Cordialement, Epsilon
Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Merci, Epsilon, pour vos éclairages. Beaucoup n’appellent pas de commentaires. Il y a des similitudes. Cela ne veut pas dire que les récits et leur sens soient les mêmes.
La connaissance de ces mythes par les Hébreux était même très probablement moindre que la nôtre.
Il me semble que le sens premier d’un texte mythique repris dans la Genèse, non pas strictement, ni exactement, mais de manière transformée, n’est pas nécessairement le sens à retenir.
Il faut aussi tenir compte de l’inspiration divine qui est spécifique à la Parole de Dieu et qui ouvre le sens des textes bien au delà de ce que ses auteurs ont voulu dire consciemment.
La référence aux mythes humains préexistant est utile pour la compréhension du sens littéral des textes bibliques, mais cette référence n’est pas déterminante. C’est la foi de l’Eglise et la lumière de l’Evangile qui restent le guide à suivre dans nos efforts de compréhension. Ceux-ci restent de la plus grand utilité pour nous, même sans connaissance des mythes anciens.
Ce qui compte c’est de comprendre qui nous sommes, quelle est notre vocation, les chemins qui nous sont ouverts, et particulièrement celui qui nous est ouvert par le Christ.
Il y a ici un désaccord à creuser attentivement.
Je ne peux que renvoyer à mon long message précédent. Le « jardin » est, par définition, limité. Il n’occupe pas tout le Paradis.
Nous sommes ici aussi sur une question très délicate. Mais, ici encore, il me semble que mon message précise ce point.
Il me semble que tant que ce n’est pas « bon » (lorsque l’adame est « seul ») tout n’est pas encore terminé.
Tout me semble achevé lorsqu’ils sortent de la solitude pour accéder à une communion dans l’amour à l’image de la communion d’amour qui est en Dieu de toute éternité. A ce moment , Adam et Eve deviennent capables de partager la vie éternelle de Dieu.
Ils ont tous les deux reçu l’interdit. Sinon, comment Eve aurait-elle commis une faute ?
Hélas, je n’ai pas étudié ces mythes. C’est aussi le cas de 99,99 % des croyants. C’était aussi le cas de celui qui a composé le texte final de la Genèse.Epsilon a écrit : il est INUTILE de chercher à comprendre Genèse (notamment) sans avoir étudié les mythes Sumero-akkadien, Cananéens et Egyptiens
La connaissance de ces mythes par les Hébreux était même très probablement moindre que la nôtre.
Il me semble que le sens premier d’un texte mythique repris dans la Genèse, non pas strictement, ni exactement, mais de manière transformée, n’est pas nécessairement le sens à retenir.
Il faut aussi tenir compte de l’inspiration divine qui est spécifique à la Parole de Dieu et qui ouvre le sens des textes bien au delà de ce que ses auteurs ont voulu dire consciemment.
La référence aux mythes humains préexistant est utile pour la compréhension du sens littéral des textes bibliques, mais cette référence n’est pas déterminante. C’est la foi de l’Eglise et la lumière de l’Evangile qui restent le guide à suivre dans nos efforts de compréhension. Ceux-ci restent de la plus grand utilité pour nous, même sans connaissance des mythes anciens.
Ce qui compte c’est de comprendre qui nous sommes, quelle est notre vocation, les chemins qui nous sont ouverts, et particulièrement celui qui nous est ouvert par le Christ.
En quoi cette description est-elle négative ? Le jardin d’Eden est, au contraire, un « pays » de délices.Epsilon a écrit : Dans toutes théologies Orientales et donc dans le Judaïsme primitif le Paradis est terrestre … le Paradis de Genèse deviendra, avec la Faute, un Paradis interdit … un jardin clos/verrouillé ou l’homme en est définitivement banni (Gn 3,23-24) … aussi d’une image « positive » de la mythologie orientale … la Bible en fait une description « négative »
Voyez la différence essentielle avec le jardin planté « dans » l’Eden ! Le paradis n’est pas « sur » la terre mais « dans » le ciel. C’est une réalité terrestre introduite « dans » le ciel.Epsilon a écrit : Dans la mythologie Orientale qui sont toutes polythéistes (tout au plus hénothéistes) avec plusieurs dieux/déesses … ainsi qu’un nombre conséquent de « petits » dieux assurant leurs suites … avaient tous pour résidence une demeure/palais sur terre.
OKEpsilon a écrit : a) « Plusieurs arbres au centre : c’est possible comme trois personnes en un seul Dieu ».
Cette « comparaison » est qcq peu mal choisie … le fait de dire « au milieu du jardin » est pour souligner l’importance de cet arbre (arbre de vie en 2,9) … pour ce qui concerne l’arbre de la connaissance sa position « au milieu du jardin » vient du verset 3,3 … le « milieu du jardin » n’étant point le centre d’un cercle nous pouvons en conclure que ces DEUX arbres étaient voisin l’un de l’autre.
…
c) « « eden » provient du mot « adown » ».
Ce mot trouve son étymologie avec le sumérien « edin » (champ/plaine/steppe fertile) … qui en akkadien deviendra « edinu » (vallée/jardin en tant que lieu cultivé et florissant).
d) « « gan », traduit par jardin ».
Qui désigne effectivement un endroit clôturé … que l’on retrouve dans toutes les langues sémitiques pour nommer un « jardin/parc » entourant un palais.
Chez les Bédouins (nomades du désert) il y a le mot « djanna » (jardin) … dont la racine hébraïque « dn » signifie : délice, luxure … et ces fameux jardins d’Eden ont donnés le nom de « jardin des délices ».
La LXX donne le mot grec « paradeisos » d’où le mot « paradis » … qui vient du Persan païri-daéza (lieu/enceinte protégé par un rempart)
OK. Le mot « confond » que j’ai utilisé ne se réfère pas ici à une erreur mais au seul fait qu’il évoque la vie uniquement par rapport au risque de mort de l’arbre de la connaissance et non par rapport au besoin de se nourrir de l’arbre de vie.Epsilon a écrit : b) « Satan ne montre qu’un seul arbre et confond les deux arbres ».
Non non … Satan ne saurait, ici, se tromper … il montre bien l’arbre de la « mort » à dessein
Ici, on est au cœur de l’essentiel ! Le texte dit explicitement que le jardin est planté « dans » l’Eden. Alors, d’où tirez-vous votre étrange affirmation que le jardin se confond avec l’Eden, se confond avec le Paradis ?Epsilon a écrit : e) « Dieu ne crée pas un paradis sur la terre, il plante un jardin dans son paradis ».
Non non … Jardin et paradis sont les deux faces d’une même pièce.
Il y a ici un désaccord à creuser attentivement.
Je ne peux que renvoyer à mon long message précédent. Le « jardin » est, par définition, limité. Il n’occupe pas tout le Paradis.
L’adame est mâle et femelle. La femelle reçoit l’interdit autant que le mâle, mais il me semble que nous sommes ici avant la création parfaite des personnes humaines pleinement à l’image de Dieu, « capax dei », avant leur achèvement à l’image de Dieu.Epsilon a écrit : f) « l’interdiction de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal est faite à l’adame, au terrien, avant la création de Eve, quand l’adame est encore « seul » (Gn 2,16-18). »
Exact … d’où la question : comment Eve était-elle au courant ???
Nous sommes ici aussi sur une question très délicate. Mais, ici encore, il me semble que mon message précise ce point.
Il me semble que tant que ce n’est pas « bon » (lorsque l’adame est « seul ») tout n’est pas encore terminé.
Il me semble que l’interdit a été signifié à l’adame, mâle et femelle. Il n’y a pas encore d’identification d’une personne nommée Adam et d’une autre nommé Eve. Ils n’apparaissent que plus loin dans le récit. Au moment de l’interdit, il ne s’agit encore, dans le texte que de l’adame (le terrestre), avec un article, et pas encore d’une personne individualisée par un nom.Epsilon a écrit : On retrouve ici la « fonction » d’un « interdit » qui est là justement pour être transgressé … car dans un mythe l’interdit ne s’oppose qu’à celui à qui il a été signifié c-à-d à Adam et non à Eve … de même l’interdit véhicule sa propre tentation … l’interdit est donc là pour être dépassé d’une manière ou d’une autre … sans transgression il n’y aurait pas « d’Histoire »
Tout me semble achevé lorsqu’ils sortent de la solitude pour accéder à une communion dans l’amour à l’image de la communion d’amour qui est en Dieu de toute éternité. A ce moment , Adam et Eve deviennent capables de partager la vie éternelle de Dieu.
Ils ont tous les deux reçu l’interdit. Sinon, comment Eve aurait-elle commis une faute ?
Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Cher Xavi
Commençons par la fin …
Je n’aime pas beaucoup cette notion « adame, mâle et femelle » … c’est de la Kabbale juive reprise par certains dont notamment Hani qui lui même pompe sur Fabre d’Olivet ... je me demande si ce dernier ne vous inspire pas qcq peu ???.
Mais ceci est en rapport avec Gn (1,27) à partir d’une mauvaise traduction disant : « mâle et femelle il LE créa » … il est nul question d’androgyne au niveau de Genèse … et ce verset n’a strictement rien à voir avec Gn (2,16-17) qui nous préoccupe ici !!!
L’interdit est bien spécifié à l’homme uniquement … qui est en qcq sorte nommé en Gn (2,7) via le mot sol « ‘adâmâh » qui fournit l’étymologie de « ‘adâm » homme … et partant de Adam nom du premier homme qui n’est nomme qu’à partir de (4,25 ; 5,1,3 …).
Je ne vois pas la différence entre Eden (qui peut être pris en tant que région) et Jardin (plus localisé dans l’Eden là ou se trouve la demeure de Dieu et le lieu de séjour d’Adam/Eve) … car les deux mots participent au même thème du Paradis terrestre.
Quand je dis que Genèse transforme le mythe en « négatif » … ce n’est pas péjoratif … mais d’une fin heureuse au niveau du mythe nous avons un drame au niveau de Genèse … puisque le Paradis terrestre est définitivement clos … est-ce que l’auteur biblique anticipait déjà une spiritualisation et donc un « déplacement » du paradis de la terre vers le ciel … personnellement je ne crois pas car la notion du Shéol perdurera jusqu’à l’avènement du christianisme … pour lui la terre et partant les Hommes n’avaient plus droit à une vie « paradisiaque » … c’est un constat de sa part.
Les Hébreux comme tout peuple épris de spiritualité étaient, du moins leurs scribes, parfaitement au courant des mythes environnants … puisqu’ils les ont copiés/transformés/adaptés au grès de leur propre théologie.
Cordialement, Epsilon
Commençons par la fin …
Je n’aime pas beaucoup cette notion « adame, mâle et femelle » … c’est de la Kabbale juive reprise par certains dont notamment Hani qui lui même pompe sur Fabre d’Olivet ... je me demande si ce dernier ne vous inspire pas qcq peu ???.
Mais ceci est en rapport avec Gn (1,27) à partir d’une mauvaise traduction disant : « mâle et femelle il LE créa » … il est nul question d’androgyne au niveau de Genèse … et ce verset n’a strictement rien à voir avec Gn (2,16-17) qui nous préoccupe ici !!!
L’interdit est bien spécifié à l’homme uniquement … qui est en qcq sorte nommé en Gn (2,7) via le mot sol « ‘adâmâh » qui fournit l’étymologie de « ‘adâm » homme … et partant de Adam nom du premier homme qui n’est nomme qu’à partir de (4,25 ; 5,1,3 …).
Je ne vois pas la différence entre Eden (qui peut être pris en tant que région) et Jardin (plus localisé dans l’Eden là ou se trouve la demeure de Dieu et le lieu de séjour d’Adam/Eve) … car les deux mots participent au même thème du Paradis terrestre.
Quand je dis que Genèse transforme le mythe en « négatif » … ce n’est pas péjoratif … mais d’une fin heureuse au niveau du mythe nous avons un drame au niveau de Genèse … puisque le Paradis terrestre est définitivement clos … est-ce que l’auteur biblique anticipait déjà une spiritualisation et donc un « déplacement » du paradis de la terre vers le ciel … personnellement je ne crois pas car la notion du Shéol perdurera jusqu’à l’avènement du christianisme … pour lui la terre et partant les Hommes n’avaient plus droit à une vie « paradisiaque » … c’est un constat de sa part.
Les Hébreux comme tout peuple épris de spiritualité étaient, du moins leurs scribes, parfaitement au courant des mythes environnants … puisqu’ils les ont copiés/transformés/adaptés au grès de leur propre théologie.
Cordialement, Epsilon
Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Bonjour Epsilon,
Sauf à rejeter la création des premiers humains parmi des hominidés provenant de l’évolution et à en rester à une création soudaine des premiers humains arrivant soudainement dans la nature sans aucun lien terrestre avec la création préexistante, il me semble que la notion d’adame (préhumain) s’impose.
Le danger de ne pas l’accepter, c’est le rejet complet de toute création de l’humanité dans l’histoire (aussi concrètement que l’incarnation du Christ) et de la réalité du péché originel.
Le problème est grave pour la foi, car comment imaginer alors les premières âmes immortelles dans l’histoire concrète ?
La différence touche à ce qui distingue la réalité terrestre (celle que nous pouvons connaître avec notre cerveau) et la réalité « spirituelle » de Dieu.
Je ne peux que répéter ce que j’ai écrit dans mon avant dernier message. Le jardin est décrit de manière très terrestre et avec la précision que Dieu fait y pousser des arbres du sol terrestre (l’adamah). Il y met aussi l’adame (le terrestre). Mais, il plante ce jardin terrestre « dans » son Paradis, dans son Royaume, dans l’Eden.
Mais, vous avez tout à fait raison de rappeler qu’en ce qui concerne les mythes qu’ils connaissaient « ils les ont copiés/transformés/adaptés au gré de leur propre théologie ».
Bien à vous,
Cordialement, Epsilon
Je ne connais pas Fabre d’Olivet, ni ses écrits, mais je ne peux ici que rappeler qu’il n’y a pas que Gn 1,27. Il y a aussi Gn 5, 2 : « Homme et femme, il les créa : il leur donna le nom adame ».Epsilon a écrit : Je n’aime pas beaucoup cette notion « adame, mâle et femelle » … c’est de la Kabbale juive reprise par certains dont notamment Hani qui lui même pompe sur Fabre d’Olivet ... je me demande si ce dernier ne vous inspire pas qcq peu ???.
Mais ceci est en rapport avec Gn (1,27) à partir d’une mauvaise traduction disant : « mâle et femelle il LE créa » … il est nul question d’androgyne au niveau de Genèse … et ce verset n’a strictement rien à voir avec Gn (2,16-17) qui nous préoccupe ici !!!
L’interdit est bien spécifié à l’homme uniquement … qui est en qcq sorte nommé en Gn (2,7) via le mot sol « ‘adâmâh » qui fournit l’étymologie de « ‘adâm » homme … et partant de Adam nom du premier homme qui n’est nomme qu’à partir de (4,25 ; 5,1,3 …)
Sauf à rejeter la création des premiers humains parmi des hominidés provenant de l’évolution et à en rester à une création soudaine des premiers humains arrivant soudainement dans la nature sans aucun lien terrestre avec la création préexistante, il me semble que la notion d’adame (préhumain) s’impose.
Le danger de ne pas l’accepter, c’est le rejet complet de toute création de l’humanité dans l’histoire (aussi concrètement que l’incarnation du Christ) et de la réalité du péché originel.
Le problème est grave pour la foi, car comment imaginer alors les premières âmes immortelles dans l’histoire concrète ?
Le Paradis c’est la demeure de Dieu, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament.Epsilon a écrit : Je ne vois pas la différence entre Eden (qui peut être pris en tant que région) et Jardin (plus localisé dans l’Eden là ou se trouve la demeure de Dieu et le lieu de séjour d’Adam/Eve) … car les deux mots participent au même thème du Paradis terrestre.
La différence touche à ce qui distingue la réalité terrestre (celle que nous pouvons connaître avec notre cerveau) et la réalité « spirituelle » de Dieu.
Je ne peux que répéter ce que j’ai écrit dans mon avant dernier message. Le jardin est décrit de manière très terrestre et avec la précision que Dieu fait y pousser des arbres du sol terrestre (l’adamah). Il y met aussi l’adame (le terrestre). Mais, il plante ce jardin terrestre « dans » son Paradis, dans son Royaume, dans l’Eden.
Je ne peux que rappeler encore ici la promesse de l’Apocalypse : Au vainqueur, je donnerai à manger de l’arbre de vie dans le Paradis. L’histoire n’est pas définitivement close.Epsilon a écrit :Quand je dis que Genèse transforme le mythe en « négatif » … ce n’est pas péjoratif … mais d’une fin heureuse au niveau du mythe nous avons un drame au niveau de Genèse … puisque le Paradis terrestre est définitivement clos …
En attendant la pleine réalisation du salut qui nous vient par le Christ, il y a une situation intermédiaire, mais il me semble que nous pouvons croire fermement que Dieu n’a pas créé le monde pour tout détruire, mais bien pour l’intégrer harmonieusement dans le ciel où il est de toute éternité. La terre est toute entière appelée à un avènement cosmique.Epsilon a écrit : est-ce que l’auteur biblique anticipait déjà une spiritualisation et donc un « déplacement » du paradis de la terre vers le ciel … personnellement je ne crois pas car la notion du Shéol perdurera jusqu’à l’avènement du christianisme … pour lui la terre et partant les Hommes n’avaient plus droit à une vie « paradisiaque » … c’est un constat de sa part.
Le mot « parfaitement » me semble devoir être fort relativisé. Nous avons nous-mêmes plein de difficultés avec la Genèse, alors il me semble qu’il ne faut pas idéaliser les connaissances des anciens.Epsilon a écrit : Les Hébreux comme tout peuple épris de spiritualité étaient, du moins leurs scribes, parfaitement au courant des mythes environnants … puisqu’ils les ont copiés/transformés/adaptés au grès de leur propre théologie.
Mais, vous avez tout à fait raison de rappeler qu’en ce qui concerne les mythes qu’ils connaissaient « ils les ont copiés/transformés/adaptés au gré de leur propre théologie ».
Bien à vous,
Cordialement, Epsilon
Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Cher Xavi
La bonne traduction de Gn (5,2) est la suivante :
« Mâle et femelle il les créa, il les bénit et les appela du nom d’Homme, au jour où ils furent créés ».
Il y a donc bien DEUX êtres sexués (mâle, femelle) créés et tout le verset est au pluriel … le nom « Homme » (issu de 2,7) sans article est devenu un nom propre (4,25) … le fait de ne nommer qu’Adam/Homme peut être rapproché soit à une règle grammaticale (le masculin l’emporte sur le féminin) … soit à une préséance d’Adam sur Eve (ce qui d’ailleurs est le cas de part sa création en préalable à Eve et par le verset 3,16).
Vous le savez depuis bien longtemps que je ne vous suis pas dans cette « aventure » de faire coïncider la Bible avec l’Histoire/Science et autre Evolution … je ne pose pas trop de question concernant « l’existence de pré-humain » au niveau biblique !!!
L’interdit est spécifié dans l’ordre … de Dieu à Adam, puis de Adam à Eve et pour finir d’Eve au serpent.
La condamnation de Dieu fait un chemin inverse … elle est spécifiée d’abord au serpent … puis à Eve et enfin à Adam … on remarquera que, contrairement à Adam, Dieu ne reproche pas à Eve d’avoir mangé des fruits de l’arbre sujet de l’interdit … et donc de lui avoir désobéi.
Concernant Apo (2,7) que j’avais oublié … nous changeons là de dimension et de signification des termes … le Paradis est ici au ciel lieu de résidence des âmes sauvées … d’ailleurs Paul fait le « lien » entre Paradis (II Cor 12,4) et « troisième ciel » en II Cor (12,2).
Cordialement, Epsilon
La bonne traduction de Gn (5,2) est la suivante :
« Mâle et femelle il les créa, il les bénit et les appela du nom d’Homme, au jour où ils furent créés ».
Il y a donc bien DEUX êtres sexués (mâle, femelle) créés et tout le verset est au pluriel … le nom « Homme » (issu de 2,7) sans article est devenu un nom propre (4,25) … le fait de ne nommer qu’Adam/Homme peut être rapproché soit à une règle grammaticale (le masculin l’emporte sur le féminin) … soit à une préséance d’Adam sur Eve (ce qui d’ailleurs est le cas de part sa création en préalable à Eve et par le verset 3,16).
Vous le savez depuis bien longtemps que je ne vous suis pas dans cette « aventure » de faire coïncider la Bible avec l’Histoire/Science et autre Evolution … je ne pose pas trop de question concernant « l’existence de pré-humain » au niveau biblique !!!
L’interdit est spécifié dans l’ordre … de Dieu à Adam, puis de Adam à Eve et pour finir d’Eve au serpent.
La condamnation de Dieu fait un chemin inverse … elle est spécifiée d’abord au serpent … puis à Eve et enfin à Adam … on remarquera que, contrairement à Adam, Dieu ne reproche pas à Eve d’avoir mangé des fruits de l’arbre sujet de l’interdit … et donc de lui avoir désobéi.
Concernant Apo (2,7) que j’avais oublié … nous changeons là de dimension et de signification des termes … le Paradis est ici au ciel lieu de résidence des âmes sauvées … d’ailleurs Paul fait le « lien » entre Paradis (II Cor 12,4) et « troisième ciel » en II Cor (12,2).
Cordialement, Epsilon
Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Il me semble que l’attribution du nom d’Adam au premier homme masculin peut se rapprocher des effets du péché originel. Dieu dit à la femme : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi » (Gn 2, 16).Epsilon a écrit : La bonne traduction de Gn (5,2) est la suivante : « Mâle et femelle il les créa, il les bénit et les appela du nom d’Homme, au jour où ils furent créés ».
Il y a donc bien DEUX êtres sexués (mâle, femelle) créés et tout le verset est au pluriel … le nom « Homme » (issu de 2,7) sans article est devenu un nom propre (4,25) … le fait de ne nommer qu’Adam/Homme peut être rapproché soit à une règle grammaticale (le masculin l’emporte sur le féminin) … soit à une préséance d’Adam sur Eve (ce qui d’ailleurs est le cas de part sa création en préalable à Eve et par le verset 3,16).
L’homme masculin, qui domine sous l’effet du péché la femme affaiblie par les souffrances de ses enfantements, exprime la domination du terrestre (l’adamah) après la chute. Il reçoit donc le nom de Adam (Terrestre).
Il ne me semble pas justifié d’affirmer que « Dieu ne reproche pas à Eve d’avoir mangé des fruits de l’arbre sujet de l’interdit … et donc de lui avoir désobéi ».Epsilon a écrit : L’interdit est spécifié dans l’ordre … de Dieu à Adam, puis de Adam à Eve et pour finir d’Eve au serpent.
La condamnation de Dieu fait un chemin inverse … elle est spécifiée d’abord au serpent … puis à Eve et enfin à Adam … on remarquera que, contrairement à Adam, Dieu ne reproche pas à Eve d’avoir mangé des fruits de l’arbre sujet de l’interdit … et donc de lui avoir désobéi.
Au contraire, le récit de la Genèse relate que Dieu interpelle la femme « Pourquoi as-tu fait cela ? » (Gn 2, 13) puis lui indique qu’elle va en souffrir (Gn 2,16).
On peut faire d’autres rapprochements, mais l’Eden, c’est le paradis et l’arbre de vie auquel nous retrouverons accès est bien celui du jardin d’Eden.Epsilon a écrit : Concernant Apo (2,7) que j’avais oublié … nous changeons là de dimension et de signification des termes … le Paradis est ici au ciel lieu de résidence des âmes sauvées … d’ailleurs Paul fait le « lien » entre Paradis (II Cor 12,4) et « troisième ciel » en II Cor (12,2).
N’oublions pas qu’à la fin du récit de la Genèse, le jardin d’Eden n’est pas détruit, mais le récit nous indique seulement que les humains en sont chassés.
Cher Epsilon, vous pouvez ainsi écarter la Genèse de la réalité concrète de l’histoire que la science essaie sans cesse de mieux connaître, mais vous ne pourrez écarter la question simple et claire qui se pose aujourd’hui : un couple d’hominidés (des êtres issus biologiquement d’une espèce d’hominidés) sont-ils devenus, par une intervention divine (une création) à un moment et à un endroit de l’histoire concrète que la science étudie, des êtres capables de partager éternellement la vie de Dieu ?Epsilon a écrit : Vous le savez depuis bien longtemps que je ne vous suis pas dans cette « aventure » de faire coïncider la Bible avec l’Histoire/Science et autre Evolution … je ne pose pas trop de question concernant « l’existence de pré-humain » au niveau biblique !!!
Quelle est votre réponse ?
La réponse d’un athée sera simple : c’est non. Pas de Dieu. Pas de vie éternelle. Pas d’intervention extérieure dans l’histoire du monde
La réponse de beaucoup de croyants (surtout parmi les intellectuels) est de penser que tout est mystère en ce qui concerne la présence et l’action de Dieu dans la réalité concrète. Dieu est présent. Il agit dans le monde. Il y a des miracles. Mais, il serait vain et sans intérêt de chercher des explications concrètes ou de déterminer des faits concrets. Beaucoup estiment que les récits bibliques nous donnent des enseignements imagés qui nous aident à comprendre notre vie présente et l’action de Dieu, mais qu’il serait vain d’y chercher la relation de faits historiques. Pour le passé historique, y compris les faits relatés par le Nouveau Testament, la réponse est souvent : je ne sais pas. Que chacun pense ce qu’il veut. Cela n’aurait pas de réel intérêt.
Ce type d’approche amène certains croyants à se détacher de l’historicité de tous les faits bibliques, y compris de ceux du Nouveau Testament. La résurrection, les miracles, la conception virginale deviennent des références davantage imagées que réelles. La connaissance historique de Jésus lui-même s’amenuise. L’historicité est considérée comme sans intérêt.
Dans cette conception, il me semble que l’homme ne se distingue guère de tout le reste de la création appelée à un devenir qui nous échappe totalement. Il serait vain de chercher un « premier » humain dans l’histoire concrète ou de croire à une création d’un premier être ayant une âme immortelle à un moment et à un endroit de l’historie concrète. Il serait vain de chercher à savoir si nos ancêtres biologiques qui vivaient il y a un million d’années avaient une âme immortelle et partageront avec nous le banquet du Royaume.
Cette conception renvoie radicalement dans l’abstrait tout ce qui concerne Dieu dans l’histoire, ce qui modifie aussi notre perception de son action dans le présent, dans notre réalité concrète.
Croire que Dieu s’est fait homme à Nazareth, il y a deux mille ans, c’est tout autre chose.
Je crois que Dieu est venu dans la réalité historique concrète et que ceux qui partagent cette conviction peuvent aborder les questions les plus concrètes que pose cette réalité.
Admettre que Dieu lui-même a pu venir vivre dans notre humanité, aussi concrètement et corporellement que chacun de nous, me semble nous révéler toute l’importance de notre réalité concrète, l’importance de notre corps, de notre chair, de notre âme, de toute la nature créée, autant que l’importance du Royaume de Dieu qui est au milieu de nous.
Cher Epsilon, que croyez-vous ? La situation de l’humain, lorsqu’il meurt, est-elle autre que la situation de toute autre créature vivante animale ou végétale lorsqu’elle meurt ?
Si vous répondez non, la recherche historique de la création de premiers humains n’aurait effectivement aucun sens.
Si vous répondez oui, alors il y a eu nécessairement un événement dans l’histoire, un début historique de l’humanité, car les humains n’ont pas toujours existé. Avec ou sans création de Dieu. Avec ou sans péché originel.
Et, selon les réponses, les réflexions sur les arbres du jardin d’Eden prennent des significations très différentes.
Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Cher Xavi
J’enlève le voile
a) Dieu est créateur de toute chose entre autre des « hominidés »,
b) « à un moment » … il y a un « moment » à toute chose … mais ce « moment » n’est pas un laps de temps ponctuel il s’étend sur des millions/milliard d’années,
c) « à un endroit » … je ne fais que suivre la Science sur ce sujet et c’est bien en Afrique … du moins pour ce que je connais,
d) « des êtres capables de partager éternellement la vie de Dieu ? » … nous changeons ici de concept c’est de la théologie … mais je crois à la « vie » éternelle après la mort.
Concernant la « place » de « l’âme immortelle » dans l’évolution de l’Homme … je ne saurais quoi répondre … est-ce dés les premiers hominidés ou est-ce qu’à partir de Homo Sapiens ???
Cordialement, Epsilon
J’enlève le voile
NON … l’étymologie du nom d’Adam est liée à sa « fabrication » et non à sa Faute.Xavi a écrit :Il me semble que l’attribution du nom d’Adam au premier homme masculin peut se rapprocher des effets du péché originel
NON … l’Homme « domine » le « terrestre » depuis Gn (1,26) … en qcq sorte il reste la « domination » du mari sur sa femme … mais c’est sous un tt autre rapport.Xavi a écrit :L’homme masculin, qui domine sous l’effet du péché la femme affaiblie par les souffrances de ses enfantements, exprime la domination du terrestre (l’adamah) après la chute
SI … car ce n’est pas explicitement écrit … à la rigueur nous pouvons supposer que Dieu reproche à Eve de n’avoir pas écouté Adam … ce dernier étant supposé l’avoir parfaitement mis au courant de l’interdit … d’où la condamnation de la femme concernant sa « domination » par son mari.Xavi a écrit :Il ne me semble pas justifié d’affirmer que « Dieu ne reproche pas à Eve d’avoir mangé des fruits de l’arbre sujet de l’interdit … et donc de lui avoir désobéi ».
NON … d’une part ce n’est pas Gn (2,13) mais Gn (3,13) mais c’est pas grave … par contre votre : « Pourquoi as-tu fait cela ? » n’est pas la bonne traduction … il faut lire : « Qu’est-ce que tu as fait ? » c’est la même forme interrogative du : « Où es-tu ? » (v9) … Dieu feint d’ignorer la Faute commise.Xavi a écrit :Au contraire, le récit de la Genèse relate que Dieu interpelle la femme « Pourquoi as-tu fait cela ? » (Gn 2, 13)
Ma réponse … laissons Genèse de coté :Xavi a écrit :un couple d’hominidés (des êtres issus biologiquement d’une espèce d’hominidés) sont-ils devenus, par une intervention divine (une création) à un moment et à un endroit de l’histoire concrète que la science étudie, des êtres capables de partager éternellement la vie de Dieu ? Quelle est votre réponse ?
a) Dieu est créateur de toute chose entre autre des « hominidés »,
b) « à un moment » … il y a un « moment » à toute chose … mais ce « moment » n’est pas un laps de temps ponctuel il s’étend sur des millions/milliard d’années,
c) « à un endroit » … je ne fais que suivre la Science sur ce sujet et c’est bien en Afrique … du moins pour ce que je connais,
d) « des êtres capables de partager éternellement la vie de Dieu ? » … nous changeons ici de concept c’est de la théologie … mais je crois à la « vie » éternelle après la mort.
Pour ce qui me concerne … OUI Genèse (du moins la Création) donne des « images » et il est « vain » de chercher une qcqconque concordance avec des « faits historiques » … NON pour le NT (en général) qui lui est beaucoup plus prêt de l’Histoire … la réponse ne doit pas être « je ne sais pas. Que chacun pense ce qu’il veut. Cela n’aurait pas de réel intérêt » au contraire, dans la mesure du possible, il faut chercher la Vérité Historique.Xavi a écrit :Beaucoup estiment que les récits bibliques nous donnent des enseignements imagés qui nous aident à comprendre notre vie présente et l’action de Dieu, mais qu’il serait vain d’y chercher la relation de faits historiques. Pour le passé historique, y compris les faits relatés par le Nouveau Testament, la réponse est souvent : je ne sais pas. Que chacun pense ce qu’il veut. Cela n’aurait pas de réel intérêt.
Ce n’est pas mon cas … quand je dis qu’il est vain de chercher des concordances entre la Création en Genèse et l’Histoire … il ne faut pas extrapoler ceci à l’ensemble de la Bible … heureusement d’ailleurs.Xavi a écrit :L’historicité est considérée comme sans intérêt.
OUI dans une certaine mesure … car si la Science/Histoire penche plus sur le monogénisme il faudrait savoir de quoi on parle … je l’ai signalé ICI … je vous conseille d’ailleurs vivement son livre.Xavi a écrit :Il serait vain de chercher un « premier » humain dans l’histoire concrète ou de croire à une création d’un premier être ayant une âme immortelle à un moment et à un endroit de l’historie concrète. Il serait vain de chercher à savoir si nos ancêtres biologiques qui vivaient il y a un million d’années avaient une âme immortelle et partageront avec nous le banquet du Royaume.
Concernant la « place » de « l’âme immortelle » dans l’évolution de l’Homme … je ne saurais quoi répondre … est-ce dés les premiers hominidés ou est-ce qu’à partir de Homo Sapiens ???
OUI … mais cela n’est pas une « garantie » que la Création de Genèse soit Historiquement Vrai … il y a toujours un « début » de l’Histoire le tout est de savoir démêler le Vrai du Faux (disons de la connaissance du moment) au regard de tel ou tel récit.Xavi a écrit :Cher Epsilon, que croyez-vous ? La situation de l’humain, lorsqu’il meurt, est-elle autre que la situation de toute autre créature vivante animale ou végétale lorsqu’elle meurt ? Si vous répondez non, la recherche historique de la création de premiers humains n’aurait effectivement aucun sens. Si vous répondez oui, alors il y a eu nécessairement un événement dans l’histoire, un début historique de l’humanité, car les humains n’ont pas toujours existé. Avec ou sans création de Dieu. Avec ou sans péché originel.
Cordialement, Epsilon
Re: Arbre de Vie, Arbre de la Connaissance
Bonjour cher Epsilon,
Par exemple, pensez à un hominidé en Afrique, dans la région X, en l’année 189.357 avant notre ère (calculée selon notre calendrier) : s’agissait-il d’un être capable de partager éternellement la vie de Dieu ?
Remontez plus haut (ou moins haut) dans l’histoire concrète si nécessaire.
L’âme immortelle ne pouvant pas être acquise progressivement, êtes-vous d’accord d’admettre que la survenance concrète d’un être capable de partager éternellement la vie de Dieu n’a pas pu être progressive ?
A un moment ponctuel de l’histoire concrète, il n’y avait pas de tels êtres. A un autre moment ponctuel, il y en a. Sommes-nous d’accord ?
Quelle que soit votre opinion et vos interprétations de la Genèse, c’est de ce changement dont nous parlons.
NB : L’ensemble de mes réflexions concernant l’historicité d’Adam et Ève et du livre de la Genèse a été développé dans une synthèse réactualisée ce 24 mai 2023, sous le titre « Un jardin dans l’Eden », disponible en pdf dans la section Théologie de ce forum sous l’intitulé « Évolution, création, incarnation : un livre à télécharger » :
https://www.cite-catholique.org/viewtop ... 92&t=20369
Les deux explications me semblent vraies ensemble.Epsilon a écrit :Xavi a écrit: Il me semble que l’attribution du nom d’Adam au premier homme masculin peut se rapprocher des effets du péché originel
NON … l’étymologie du nom d’Adam est liée à sa « fabrication » et non à sa Faute.
La domination du terrestre confiée à l’adame en Gn 1,26 devait être assurée dans la communion spirituelle avec Dieu. Il n’est pas du tout question d’une domination de la femme. Au contraire, avant le péché originel, c’est une communion d’amour qui se réalise entre l’homme et la femme à l’image de la communion des personnes divines. Après la chute, la domination du terrestre par l’adame est nettement moindre et c’est désormais à la sueur de son front que l’humain doit l’assumer.Epsilon a écrit :Xavi a écrit: L’homme masculin, qui domine sous l’effet du péché la femme affaiblie par les souffrances de ses enfantements, exprime la domination du terrestre (l’adamah) après la chute
NON … l’Homme « domine » le « terrestre » depuis Gn (1,26) … en qcq sorte il reste la « domination » du mari sur sa femme … mais c’est sous un tt autre rapport.
Prétendre que la faute de la femme ce serait la désobéissance à son mari, c’est considérer que la domination du mari indiquée à la femme après la chute existait déjà avant. Cela me semble contraire au récit, mais cela prolonge votre réflexion précédente.Epsilon a écrit :Xavi a écrit: Il ne me semble pas justifié d’affirmer que « Dieu ne reproche pas à Eve d’avoir mangé des fruits de l’arbre sujet de l’interdit … et donc de lui avoir désobéi ».
SI … car ce n’est pas explicitement écrit … à la rigueur nous pouvons supposer que Dieu reproche à Eve de n’avoir pas écouté Adam … ce dernier étant supposé l’avoir parfaitement mis au courant de l’interdit … d’où la condamnation de la femme concernant sa « domination » par son mari.
Il me semble que les deux traductions sont similaires et contiennent le même reproche. Rien ne me semble permettre d’affirmer que Dieu feint d’ignorer la faute.Epsilon a écrit : Xavi a écrit: Au contraire, le récit de la Genèse relate que Dieu interpelle la femme « Pourquoi as-tu fait cela ? » (Gn 2, 13)
NON … d’une part ce n’est pas Gn (2,13) mais Gn (3,13) mais c’est pas grave … par contre votre : « Pourquoi as-tu fait cela ? » n’est pas la bonne traduction … il faut lire : « Qu’est-ce que tu as fait ? » c’est la même forme interrogative du : « Où es-tu ? » (v9) … Dieu feint d’ignorer la Faute commise.
Nous sommes bien d’accord ici en ce qui concerne les hominidés.Epsilon a écrit : Xavi a écrit: un couple d’hominidés (des êtres issus biologiquement d’une espèce d’hominidés) sont-ils devenus, par une intervention divine (une création) à un moment et à un endroit de l’histoire concrète que la science étudie, des êtres capables de partager éternellement la vie de Dieu ? Quelle est votre réponse ?
Ma réponse … laissons Genèse de coté :
a) Dieu est créateur de toute chose entre autre des « hominidés »,
b) « à un moment » … il y a un « moment » à toute chose … mais ce « moment » n’est pas un laps de temps ponctuel il s’étend sur des millions/milliard d’années,
c) « à un endroit » … je ne fais que suivre la Science sur ce sujet et c’est bien en Afrique … du moins pour ce que je connais,
Je dois bien constater ici que vous évitez de répondre à la question.Epsilon a écrit : d) « des êtres capables de partager éternellement la vie de Dieu ? » … nous changeons ici de concept c’est de la théologie … mais je crois à la « vie » éternelle après la mort.
Par exemple, pensez à un hominidé en Afrique, dans la région X, en l’année 189.357 avant notre ère (calculée selon notre calendrier) : s’agissait-il d’un être capable de partager éternellement la vie de Dieu ?
Remontez plus haut (ou moins haut) dans l’histoire concrète si nécessaire.
L’âme immortelle ne pouvant pas être acquise progressivement, êtes-vous d’accord d’admettre que la survenance concrète d’un être capable de partager éternellement la vie de Dieu n’a pas pu être progressive ?
A un moment ponctuel de l’histoire concrète, il n’y avait pas de tels êtres. A un autre moment ponctuel, il y en a. Sommes-nous d’accord ?
Quelle que soit votre opinion et vos interprétations de la Genèse, c’est de ce changement dont nous parlons.
Je ne peux ici que renvoyer à mes messages précédents. Vous opinion sur la Genèse rend difficile de discuter de l’historicité de la création sur cette base. Mais, cela n’empêche en rien de la méditer indépendamment de la Genèse. Je suis même convaincu qu’il vaut mieux, pour ceux qui ont des convictions comme les vôtres, attendre que la réflexion sur la création dégage les éléments essentiels sur la base de nos connaissances religieuses et scientifiques avant de revenir plus tard les confronter à la GenèseEpsilon a écrit :Xavi a écrit: Beaucoup estiment que les récits bibliques nous donnent des enseignements imagés qui nous aident à comprendre notre vie présente et l’action de Dieu, mais qu’il serait vain d’y chercher la relation de faits historiques. Pour le passé historique, y compris les faits relatés par le Nouveau Testament, la réponse est souvent : je ne sais pas. Que chacun pense ce qu’il veut. Cela n’aurait pas de réel intérêt.
Pour ce qui me concerne … OUI Genèse (du moins la Création) donne des « images » et il est « vain » de chercher une qcqconque concordance avec des « faits historiques » … NON pour le NT (en général) qui lui est beaucoup plus prêt de l’Histoire … la réponse ne doit pas être « je ne sais pas. Que chacun pense ce qu’il veut. Cela n’aurait pas de réel intérêt » au contraire, dans la mesure du possible, il faut chercher la Vérité Historique.
Xavi a écrit: L’historicité est considérée comme sans intérêt.
Ce n’est pas mon cas … quand je dis qu’il est vain de chercher des concordances entre la Création en Genèse et l’Histoire … il ne faut pas extrapoler ceci à l’ensemble de la Bible … heureusement d’ailleurs.
Xavi a écrit: Il serait vain de chercher un « premier » humain dans l’histoire concrète ou de croire à une création d’un premier être ayant une âme immortelle à un moment et à un endroit de l’historie concrète. Il serait vain de chercher à savoir si nos ancêtres biologiques qui vivaient il y a un million d’années avaient une âme immortelle et partageront avec nous le banquet du Royaume.
OUI dans une certaine mesure … car si la Science/Histoire penche plus sur le monogénisme il faudrait savoir de quoi on parle … je l’ai signalé ICI … je vous conseille d’ailleurs vivement son livre.
C’est évidemment LA question. Et il est évident que la notion d’homo sapiens est très imprécise.Epsilon a écrit :Concernant la « place » de « l’âme immortelle » dans l’évolution de l’Homme … je ne saurais quoi répondre … est-ce dés les premiers hominidés ou est-ce qu’à partir de Homo Sapiens ???
Bien sûr !Epsilon a écrit : Xavi a écrit: Cher Epsilon, que croyez-vous ? La situation de l’humain, lorsqu’il meurt, est-elle autre que la situation de toute autre créature vivante animale ou végétale lorsqu’elle meurt ? Si vous répondez non, la recherche historique de la création de premiers humains n’aurait effectivement aucun sens. Si vous répondez oui, alors il y a eu nécessairement un événement dans l’histoire, un début historique de l’humanité, car les humains n’ont pas toujours existé. Avec ou sans création de Dieu. Avec ou sans péché originel.
OUI … mais cela n’est pas une « garantie » que la Création de Genèse soit Historiquement Vrai … il y a toujours un « début » de l’Histoire le tout est de savoir démêler le Vrai du Faux (disons de la connaissance du moment) au regard de tel ou tel récit.
NB : L’ensemble de mes réflexions concernant l’historicité d’Adam et Ève et du livre de la Genèse a été développé dans une synthèse réactualisée ce 24 mai 2023, sous le titre « Un jardin dans l’Eden », disponible en pdf dans la section Théologie de ce forum sous l’intitulé « Évolution, création, incarnation : un livre à télécharger » :
https://www.cite-catholique.org/viewtop ... 92&t=20369
Nature du péché originel
Bonjour
J'ai un petit point que je souhaiterai éclaircir.
Quand je lis la bible en ce qui concerne le péché originel j'ai deux impression qui me viennent à l'esprit. l'arbre de la connaissance, c'est l'arbre de la science ? autrement dit plus on progresse en technologie plus on pèche ? Ou alors si c'est l'arbre de la connaissance du bien et du mal, ça pose pose la question pourquoi est-ce un péché ? ça nous semble naturel de faire la différence entre les deux non ?
Du coup ce passage me laisse un peu perplexe sur comment l'appréhender.
J'ai un petit point que je souhaiterai éclaircir.
Quand je lis la bible en ce qui concerne le péché originel j'ai deux impression qui me viennent à l'esprit. l'arbre de la connaissance, c'est l'arbre de la science ? autrement dit plus on progresse en technologie plus on pèche ? Ou alors si c'est l'arbre de la connaissance du bien et du mal, ça pose pose la question pourquoi est-ce un péché ? ça nous semble naturel de faire la différence entre les deux non ?
Du coup ce passage me laisse un peu perplexe sur comment l'appréhender.
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Peccator
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Re: Nature du péché originel
C'est l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et le terme connaissance, comme dans toute la Genèse, est à prendre au sens de "acquérir une connaissance intime, faire l'expérience en sa chair", cf l'expression "l'homme connait sa femme".
Manger de ce fruit, c'est à dire faire l'expérience intime du mal, amène à la mort, car seul Dieu peut traverser l'expérience du mal sans en mourir.
C'est péché puisque consommer de ce fruit est une façon pour l'homme de vouloir être Dieu sans Dieu, et s'oppose à la volonté de Dieu (qui voulait que l'homme ne connaisse pas le mal).
Manger de ce fruit, c'est à dire faire l'expérience intime du mal, amène à la mort, car seul Dieu peut traverser l'expérience du mal sans en mourir.
C'est péché puisque consommer de ce fruit est une façon pour l'homme de vouloir être Dieu sans Dieu, et s'oppose à la volonté de Dieu (qui voulait que l'homme ne connaisse pas le mal).
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Philo Perenne
- Censor

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Re: Nature du péché originel
Bonjour,
Dans ce cas, quels étaient le rôle et l'intérêt précis de cet arbre, placé à portée de main d'Adam et Eve, alors qu'il ne fallait surtout pas toucher à ses fruits ? Etait-il là essentiellement pour marquer la liberté conférée à l'homme par Dieu ?
Ou encore, était-il destiné peut-être à une phase "ultérieure" de l'humanité, si j'ose dire, où Adam et Eve sans péché auraient évolué dans l'acquisition d'une connaissance progressive, une sorte de "maturation" ?
Philo Perenne
Dans ce cas, quels étaient le rôle et l'intérêt précis de cet arbre, placé à portée de main d'Adam et Eve, alors qu'il ne fallait surtout pas toucher à ses fruits ? Etait-il là essentiellement pour marquer la liberté conférée à l'homme par Dieu ?
Ou encore, était-il destiné peut-être à une phase "ultérieure" de l'humanité, si j'ose dire, où Adam et Eve sans péché auraient évolué dans l'acquisition d'une connaissance progressive, une sorte de "maturation" ?
Philo Perenne
"L'homme qui dénie le Christ est comme un sourd qui dénigre la musique."
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gerardh
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Re: Nature du péché originel
_____
Bonjour
Adam et Eve étaient originellement dans un état d'innocence, ne connaissant pas le bien et le mal.
Après la chute ils connurent le bien sans la capacité de le faire et le mal sans la capacité de l'éviter.
Il fallait un sauveur pour résoudre définitivement ce problème.
__________
Bonjour
Adam et Eve étaient originellement dans un état d'innocence, ne connaissant pas le bien et le mal.
Après la chute ils connurent le bien sans la capacité de le faire et le mal sans la capacité de l'éviter.
Il fallait un sauveur pour résoudre définitivement ce problème.
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-
Cinci
- Tribunus plebis

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Re: Nature du péché originel
Bonjour,
seba15,
Après avoir mangé ce fruit, Adam redoute Dieu. Il lui faut se cacher dans le fourré. Dieu lui apparaît comme une menace. Or c'est contradictoire que Dieu puisse être une menace pour Adam réellement. Dieu ne peut pas être à la fois bon et mauvais. C'est d'où la question de Dieu : Mais aurais-tu mangé le fruit de l'arbre de la confusion par hasard ? l'arbre produisant des fruits qui sont à la fois bon et mauvais ?
Le péché c'est l'erreur. C'est pourquoi manger le fruit de cet arbre représente le péché. Prendre pour un mal ce qui est bien mais c'est une erreur. Prendre Dieu pour le croquemitaine qu'il n'est pas est un péché. C'est une erreur au plan de la connaissance.
Entrer dans la dynamique de la confusion correspond à entrer dans la dynamique de mort.
Si le pilote de l'avion confond la terre avec le ciel, pique du nez en se figurant faire une chandelle vers le haut quand il descend vers la roche-mère : c'est le crash au sol qui en résulte. Erreur de direction. La confusion ou le fait d'être désorienté équivaut au péché.
[...]
L'erreur initial d'Adam est d'imaginer que Dieu voudrait le priver ou le frustrer de quelque chose; qui est la suggestion du serpent. Mais le commandement de Dieu était de manger de tous les arbres du jardin. «De tous les arbres du jardin tu mangeras.» Il ne s'agissait pas de vouloir frustrer l'homme. Il s'agit de se priver de rien, sauf de la confusion qui entraîne la perte de sens, la ruine, tel ce qui vient tout vicier, tout dévaluer et détruire.
Le jardin avec tous les arbres représenterait les conditions de la liberté dans laquelle Dieu installe l'humanité. Seulement, la liberté n'est pas sans risque.
Philo Perenne,
Une vie humaine pour être véritablement humaine par opposition au conditionnement de l'animal implique une acquisition de connaissances (manger des fruits qui sont bons et désirables) et suppose aussi que l'homme puisse apprendre à se gouverner lui-même ainsi que le monde. Avec cette liberté vient la potentialité que l'homme fasse erreur. C'est pourquoi l'arbre de la connaissance produisant des fruits à la fois bons et mauvais se trouve dans le jardin. L'arbre en question symbolise le danger lié à l'exercice de la liberté, son mésusage. Le danger est inhérent à notre installation dans une condition d'homme, non pas de robot ou d'animal.
Ce n'est pas Dieu qui plante «artificieusement» un arbre, comme tout exprès pour susciter une tentation gratuite et afin de perdre Adam (!) C'est plutôt qu'il est impossible d'éliminer tout danger lorsqu'il s'agit d'installer l'humanité dans ce mieux que Dieu veut pour elle. Il y a un danger et Dieu met Adam en garde contre celui-ci.

seba15,
... selon un anthropologue du nom de Jean-François Froger, il serait normal que vous soyez en difficulté au sujet de ce texte. Pourquoi ? La plupart des traductions de la Bible serait déficiente d'après lui. Pour résumer sa pensée succintement : il faudrait comprendre qu'il s'agit de l'arbre de la connaissance de ce qui est à la fois bon et mauvais. Un fruit qui est bon et mauvais : une contradiction. Manger le fruit de cet arbre signifierait ne plus être en mesure de différencier le bien du mal justement. C'est la confusion. Et c'est l'erreur. Prendre le bien pour ce qui est mal, le mal devant être le bien.Ou alors si c'est l'arbre de la connaissance du bien et du mal, ça pose pose la question pourquoi est-ce un péché ? ça nous semble naturel de faire la différence entre les deux non ? Du coup ce passage me laisse un peu perplexe sur comment l'appréhender.
Après avoir mangé ce fruit, Adam redoute Dieu. Il lui faut se cacher dans le fourré. Dieu lui apparaît comme une menace. Or c'est contradictoire que Dieu puisse être une menace pour Adam réellement. Dieu ne peut pas être à la fois bon et mauvais. C'est d'où la question de Dieu : Mais aurais-tu mangé le fruit de l'arbre de la confusion par hasard ? l'arbre produisant des fruits qui sont à la fois bon et mauvais ?
Le péché c'est l'erreur. C'est pourquoi manger le fruit de cet arbre représente le péché. Prendre pour un mal ce qui est bien mais c'est une erreur. Prendre Dieu pour le croquemitaine qu'il n'est pas est un péché. C'est une erreur au plan de la connaissance.
Entrer dans la dynamique de la confusion correspond à entrer dans la dynamique de mort.
Si le pilote de l'avion confond la terre avec le ciel, pique du nez en se figurant faire une chandelle vers le haut quand il descend vers la roche-mère : c'est le crash au sol qui en résulte. Erreur de direction. La confusion ou le fait d'être désorienté équivaut au péché.
[...]
L'erreur initial d'Adam est d'imaginer que Dieu voudrait le priver ou le frustrer de quelque chose; qui est la suggestion du serpent. Mais le commandement de Dieu était de manger de tous les arbres du jardin. «De tous les arbres du jardin tu mangeras.» Il ne s'agissait pas de vouloir frustrer l'homme. Il s'agit de se priver de rien, sauf de la confusion qui entraîne la perte de sens, la ruine, tel ce qui vient tout vicier, tout dévaluer et détruire.
Le jardin avec tous les arbres représenterait les conditions de la liberté dans laquelle Dieu installe l'humanité. Seulement, la liberté n'est pas sans risque.
Philo Perenne,
En quelque sorte.Etait-il là essentiellement pour marquer la liberté conférée à l'homme par Dieu ?
Une vie humaine pour être véritablement humaine par opposition au conditionnement de l'animal implique une acquisition de connaissances (manger des fruits qui sont bons et désirables) et suppose aussi que l'homme puisse apprendre à se gouverner lui-même ainsi que le monde. Avec cette liberté vient la potentialité que l'homme fasse erreur. C'est pourquoi l'arbre de la connaissance produisant des fruits à la fois bons et mauvais se trouve dans le jardin. L'arbre en question symbolise le danger lié à l'exercice de la liberté, son mésusage. Le danger est inhérent à notre installation dans une condition d'homme, non pas de robot ou d'animal.
Ce n'est pas Dieu qui plante «artificieusement» un arbre, comme tout exprès pour susciter une tentation gratuite et afin de perdre Adam (!) C'est plutôt qu'il est impossible d'éliminer tout danger lorsqu'il s'agit d'installer l'humanité dans ce mieux que Dieu veut pour elle. Il y a un danger et Dieu met Adam en garde contre celui-ci.
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