Le déclin de l'Eglise Catholique en Europe

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. » (Mt 5.13-14)
Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions ecclésiales
James
Senator
Senator
Messages : 756
Inscription : mar. 25 avr. 2006, 0:02
Conviction : Catholique

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par James »

Bonjour à tous!


Je suis assez en accord avec ce qu'il se dit ici!

Seulement, il y a un énorme soucis à noter qui contre-carre tout effort d’évangélisation traditionnelle : la laïcisation de la société!
Autant dans les siècles passés, nous avions des hommes de Dieu sur les places qui annonçaient l’Évangile, exhortaient les passants et d'autres faisant du porte-à-porte, autant maintenant, tout ceci est perçu comme une gène (faute à des méthodes trop entreprenantes)! Vous faites la louange des témoins de Jéhova et vous avez en partie raison, mais, il ne faut pas oublier l'aspect envahissant et assez irrespectueux de bon nombre d'entre eux qui leur a valu d'être si mal vu dans la culture populaire! Pour ma part, si cette méthode d'évangélisation est tombée en désuétude, c'est clairement de leur faute, je ne me cache pas de l'affirmer. De plus, beaucoup de politiciens comme de citoyens ont pour objectif assumé d’éradiquer la religion de l'espace public considérant qu'il s'agit d'un élément appartenant au domaine du privé. La première étape a été de l'interdire dans les lieux d'enseignement, institutions et bâtiments gérés par l'état : ne croyez surtout pas qu'ils s'arrêteront là... Autre élément à noter en parallèle, la laïcisation de notre clergé. Vous l'avez remarqué il n'y a plus de prêtres en soutane dans la rue et beaucoup de bonnes sœurs retirent leur vêtement et leur voile. Globalement, la présence religieuse visible au quotidien est faible à quasi-nulle, comme si croire est devenu une sorte de honte...

Pour le temps qu'il nous reste à être autorisé à parler de Dieu dans les rues, pourquoi ne pas revenir à une forme d'évangélisation "non-agressive"?
A la manière de ce qu'il nous est dit dans les Écritures Saintes, pourquoi ne pas former des petits groupes d'une poignée de personnes pour se poster à des carrefours dans nos villes pour lire des passages de la Bible et répondre aux questions des passants? Sans forcément sauter sur les gens pour leur demander de leur temps, mais en attendant qu'ils viennent d'eux-mêmes à nous (ou à l'église la plus proche)... L'idée serait de se distinguer des gens de la Croix Rouge et des témoins de Jéhova en laissant aux gens LE CHOIX.
Après, dans ce que je raconte, je réinvente la roue et peut-être existe t'il des gens qui font ce que je viens de dire, mais habitant en Ile-de-France et circulant régulièrement sur Paris, je n'en vois pas et n'en ai jamais vu!


Si dés lors, l'espace public nous est restreint voir interdit, que nous reste t'il? Ce que nous faisons là, ici et maintenant : avoir une présence dans le cyber-espace!
A mon sens, il est impératif d'utiliser les outils de notre époque pour que l'évangélisation reste en phase avec la réalité de la population.
Avoir des émissions religieuses à la radio et à la télévision est fondamental et il faut les soutenir, tout comme il est important d'avoir des revues spécialisées, cependant, ce sont des médias désormais ringards face à internet! L'idée de tenir un forum est excellente et j'en félicite ceux qui en sont à l'origine, seulement ce n'est pas suffisant! Il nous faut d'avantage d'espaces de dialogues pour que des gens d'horizons divers et variés puissent s'y reconnaitre et être entendus. Il nous faut des espaces d'information aussi sur la doctrine et le fonctionnement de l’Église. Il nous faut des espaces de "confrontation" aussi pour que soient visibles les arguments qui expliquent que le catholicisme n'est pas comme le protestantisme, ni comme l'islam... D'ailleurs à ce sujet, je regrette le site "la parole de Dieu face à l'islam" qui avait l'énorme intérêt de briser point par point le mythe concordiste.
L'évangélisation "à distance" devrait être d'avantage étudiée par l’Église parce qu'elle touche en priorité les jeunes, les personnes seules, les malades et ceux qui ne peuvent se déplacer,... en plus de ne pas avoir de frontières!


Bref, personnellement, je pense que la future évangélisation sera numérique ou ne sera pas.
Avatar de l’utilisateur
Zarus
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 535
Inscription : ven. 23 août 2013, 13:19

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par Zarus »

Les Témoins de Jehovah sont déjà assez chiants...et eux-même avouent que c'est peu efficace. ;)

J'ai l'impression qu'à partir du moment ou la religion catholique n'est pas omniprésente et obligatoire, vous trouverez moyen de rouspéter...

Que la religion catholique s'effondre quand elle n'est pas mise sur un piédestal, promu par l'obscurantisme, n'est pas un mauvais signe pour sa véracité ? :clown:
"With my eternal life, I will see the world through to its end. Until everyone who won't like me is gone."
— Porky Minch

"Can you face your fears ?"
— Hanako

I speak from the noise
Souls and shapes, forever twisted
the lost voices of the damned
lure the bringer of despair
Jeremy43
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1017
Inscription : dim. 29 sept. 2013, 22:12

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par Jeremy43 »

Bonjour,

Que cherchez vous sur ce forum zarus ?

La religion catholique ne s'est pas effondrée en un jour, la revolution a été la plus puissante attaque, c'est par le sang que les sectes maçonniques ont imposé leur vision satanique à la france. Par la modernité, la laïcité, la libération des moeurs et enfin le modernisme elles ont réussi à détruire presque totalement la foi catholique, la remplaçant dans le coeur même de nombreux de ses pasteurs par un humanisme se pliant aux lois des hommes. Désormais elles promulguent des lois de plus en plus iniques et détruisent chaque jour un peu plus la terre et l'homme.

Le pire, c'est que ceux qui exercent la plus forte pression sur les religieux et les prêtres qui suivent la Tradition (même s'ils célèbrent la messe de Paul VI), ce sont les évêques et les religieux corrompus par le modernisme et l'égo.

Fort heureusement, cette corruption des âmes touche beaucoup moins les jeunes prêtres qui sont de plus en plus nombreux à porter la soutane.

Comme dans le reste de la société, la "génération 68" a fait un mal fou à l'Eglise... Puisse nos bergers revenir à la raison et se repentir avant leur jugement car ils ont pour beaucoup oublié qu'ils sont responsables devant Dieu de leurs brebis.
seba15
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 472
Inscription : sam. 23 févr. 2013, 21:05

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par seba15 »

Je pense qu'il y a un besoin de centralisation.
Faire qu'il y ait un prêtre tous les 30-50 Km qui fasse des messes dans une église assez grande.
Ce sera bientôt aux fidèles de se déplacer pour assister aux messes. C'est même déjà le cas dans certaine paroisses sans prêtres.
Ou alors les gens devront regarder la messe à la télé le dimanche.
Enfin il y a plein de raison a la baisse de la fréquentation des églises et de la pratique.
Mais bon il faut utiliser les outils d'aujourd'hui comme internet sans la situation serait pire, il n'y aurait plus de prêtre et moins de moyen de contacter d'autres chretien avec qui partager nos soucis et faire des débats.
James
Senator
Senator
Messages : 756
Inscription : mar. 25 avr. 2006, 0:02
Conviction : Catholique

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par James »

seba15 >

Ce qui me choque surtout c'est la différence de peuplement d'une paroisse à l'autre, et plus précisément, d'une paroisse urbaine à une paroisse rurale!
Ayant l'habitude de fréquenter les 2, entre mon domicile et ceux de ma famille, j'ai pu voir des situations presque indécentes : 3 à 4 prêtres pour un secteur de 2 églises pour les grandes villes (capitale, région parisienne et chefs lieux), ET à côté de ça, 1 prêtre pour 2-3 églises espacées sur plusieurs villes de province de quelques milliers d'habitants.

Je sais que la France est un pays encore beaucoup trop centré sur sa capitale, mais concrètement, il y a aussi une réflexion à mener dans l’Église pour une meilleure répartition des ouvriers de la moisson.
seba15
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 472
Inscription : sam. 23 févr. 2013, 21:05

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par seba15 »

Il faut tenir compte de la densité de population.
les gens s'entasse dans les villes, donc il y a surement besoin de plus de prêtres.
Par exemple sur aurillac qui est une petite ville doit y avoir 30 000 habitant, tandis que sur un canton de province il y a même pas 4-5000 habitant dans le canton entier.
James
Senator
Senator
Messages : 756
Inscription : mar. 25 avr. 2006, 0:02
Conviction : Catholique

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par James »

Oui enfin quand j'assiste à des messes où il y a 2-3 prêtres sur Paris (véridique!) alors que je sais que certains coins de France n'en ont pas (vu que l'unique prêtre qui leur est attribué est occupé ailleurs)...
Avatar de l’utilisateur
Toto
Barbarus
Barbarus

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par Toto »

Zarus a écrit : Que la religion catholique s'effondre quand elle n'est pas mise sur un piédestal, promu par l'obscurantisme, n'est pas un mauvais signe pour sa véracité ? :clown:
S'effondre, s'effondre...Plus de 1 milliard de fidèles malgré 2000 ans de persécutions, c'est quand même pas si mal.
Avatar de l’utilisateur
Suliko
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3154
Inscription : ven. 07 janv. 2011, 22:02

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par Suliko »

Dans les pays peu développés (environnements ruraux de l’Amérique du Sud et Afrique) oui.
Par contre là ou se trouve l'instruction et où l'Eglise n'exerce pas de monopole (donc les gens vraiment libres),hrumm...
:rire: Les contre-exemples sont nombreux! Je pense notamment à certains pays orthodoxes ou islamiques.
Et puis, Jeremy43 ne parlait pas de complot, mais de combats ouverts et connus de tous! Renseignez-vous d'abord un minimun sur l'histoire de votre pays: la lutte d'influence entre l'Eglise et les républicains n'a rien à voir avec un quelconque complot...
Je vous conseille également, si vous avez le temps, cet article (puisque vous parlez d'hommes libérés de la religion):
http://www.catholica.presse.fr/2010/08/ ... me-libere/
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
Jeremy43
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1017
Inscription : dim. 29 sept. 2013, 22:12

Re: Situation de l'Eglise en Europe

Message non lu par Jeremy43 »

Bonsoir,
J'aurai espéré mieux que la sempiternelle théorie du complot utilisé par tout et son contraire.
Il n'y a pas de complot, l'Adversaire est connu et parfaitement identifié, ses suppôts eux aussi le sont et ils ne cachent pas du tout leur désir annihiler l'Eglise catholique pour créer à la place une spiritualité républicaine, les enfants n'appartiennent plus à Dieu (ni à leurs parents) mais à la république (et ça ce sont les penseurs de la république qui l'ont déclaré).

Les buts de l'Adversaire sont connus : détruire l'homme et l'ensemble de la Création par haine de Dieu, en ce 21ème siècles il faut être aveugle pour ne pas voir le déchaînement du mal sur le monde... et notre pauvre France n'y échappe pas.
donc les gens vraiment libres
Il n'y a que Dieu qui rend vraiment libre. Un chrétien est invincible car Jésus a vaincu la mort.
elenos
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1034
Inscription : mer. 22 août 2012, 14:10
Localisation : France

Les racines chrétiennes de l'Europe sont-elles mortes ?

Message non lu par elenos »

La France (et l'Europe) a-t-elle encore des racines chrétiennes ?
Est-ce un vieux barbon qui dit ça ?
Non
C'est un étudiant parisien de 22 ans, engagé dans la vie politique.
[+] Texte masqué
Pierre Gentillet bonjour, pourriez vous vous présenter ?
Pierre Gentillet : J'ai 22 ans, je vis à Paris et j'étudie le droit à la Sorbonne. Je suis politiquement engagé à l'UMP depuis plusieurs années et j'ai rejoins l'un de ses courants politiques, la Droite Populaire, duquel je suis devenu président du mouvement jeune : les jeunes de la Droite Populaire.
LVDR : Vous avez récemment écrit un texte assez élogieux sur Vladimir Poutine en le qualifiant de « l’un des plus grands chefs d’Etat de l’histoire russe » mais également comme « l’un des derniers chefs d’Etats européens capable d’exercer le pouvoir avec l’indépendance et le sens des réalités politiques ». Pourquoi pensez-vous cela?
Pierre Gentillet : J'ai en effet écris un article il y a quelques semaines sur Vladimir Poutine ou j'appelais de mes vœux à un rapprochement entre Paris et Moscou. J'ai souligné également les qualités du chef d'Etat qu'est Mr Poutine. Je pense que c'est un des grands chefs d'Etat de l'histoire russe car il est à mon sens parfaitement en phase avec son peuple et son histoire. La Russie a toujours eu une tradition assez dirigiste du pouvoir et elle ne s'en est d'ailleurs jamais vraiment cachée. Vladimir Poutine est fidèle à cette tradition d'exercice du pouvoir. Il décide seul des grandes décisions, il n'est sous la pression d'aucun groupe d'intérêt comme c'est le cas par exemple aux Etats-Unis, il est souverain dans ses décisions. Il respecte la tradition culturelle de la Russie en particulier s'agissant de l'Eglise orthodoxe. En ce domaine la France aurait fort à gagner à s'inspirer du respect que la Russie porte à ses racines religieuses. En Russie, l'Etat subventionne la restauration des Eglises orthodoxes, en France le pouvoir subventionne les Femen qui dégradent nos Eglises.
LVDR : pourquoi d’après vous Vladimir Poutine est-il si populaire dans les milieux conservateurs/patriotes en Europe de l’Ouest ?
Pierre Gentillet : Je pense qu'il y a une grande partie de la droite en Europe de l'Ouest, notamment en France, qui apprécie ce que je vous expliquais précédemment à savoir la fidélité de M. Poutine vis à vis des traditions de son pays. Comme vous le savez nous avons eu en France un long débat et finalement une loi autorisant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels. La Russie a pris le contre-pied en adoptant des lois limitant la propagande LGBT. Rien n'est fixé pour l'occident car comme vous le voyez en Espagne le gouvernement veut adopter des lois très voir trop restrictives concernant l'avortement. L'autre raison de sa popularité tient aussi dans son insoumission au nouvel ordre mondial ainsi sans doute qu'au respect qu'inspire de nouveau la Russie sur la scène internationale grâce au changement de politique depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine.
LVDR : Vous comparez les voies qui s’offrent à la France pour l’avenir en affirmant que l’Hexagone devait sortir du giron américain et se placer en tant qu’acteur indépendant au cœur du monde multipolaire qui émerge. Pourriez-vous développer ?
Pierre Gentillet : Il me paraît ridicule de penser que le destin de la France se résume à choisir entre un assujettissement soit entre les Etats-Unis ou la Russie. La France doit d'abord sortir du giron américain et se tourner vers Moscou de manière à retrouver un équilibre propre à l'indépendance qui doit lui incomber. Il ne s'agit pas pour la France de devenir une république soviétique assujettie à Moscou mais de reprendre son indépendance en diversifiant ses amitiés. La France a des liens très anciens et très forts avec la Russie, bien plus anciens que les Etats-Unis. En se tournant davantage vers la Russie, la France pourrait par exemple envisager un partenariat pétrolier important pour cesser d'importer exclusivement ses hydrocarbures du Qatar et de l'Arabie Saoudite, alliés des Etats-Unis comme chacun sait. Elle pourrait aussi établir des positions communes en matière de politique étrangère, en particulier au Moyen Orient.
LVDR : De nombreux débats ont eu lieu, qui réjouiraient Huntington, pour savoir si l’avenir de l’Europe de l’Ouest était l’Euramérique ou au contraire l’Alliance euro-russe, voir l’Eurasie. Quelle est votre opinion à ce sujet ?
Pierre Gentillet : J'ai toujours considéré la thèse du choc des civilisations d'Huntington comme une pure fumisterie. Pardonnez moi mais même si je ne sous-estime pas les antagonismes culturels et religieux qui existent dans le monde, je ne suis pas convaincu de l'inévitabilité d'un conflit entre civilisations chrétiennes et musulmanes alors que pour ne prendre que l'exemple de la dernière guerre, l'essentiel des conflits les plus durs ont lieu au sein même de ces civilisations (Chiites, Sunnites). A mon sens c'est une simple manière d'inventer un problème à l'occident pour ranger la France et d'autres pays occidentaux du coté des Etats-Unis pour mieux justifier et appuyer les interventions américaines au Moyen Orient basées très souvent en réalité plus sur des mobiles économiques que politiques ou humanitaires. Il faut très clairement nous tourner davantage vers la Russie et refuser l'Euramérique qui est une mise sous tutelle américaine de l'Europe. Concernant l'Eurasie, je sais que les thèses de Douguine sont très porteuses en Russie et je m'y intéresse moi même beaucoup. Cependant je doute que l'Eurasie puisse devenir une réalité politique à court terme. Je pense qu'en l'état actuel des choses il faut simplement renforcer nos liens vers l'Est. Si une réalité politique eurasienne s'impose, elle ne devra s'imposer que par le consentement des peuples.
LVDR : La Russie a-t-elle à terme le destin selon vous de s’unifier à l’Europe (l’axe Paris-Berlin-Moscou du Général De Gaulle) alors que ce n’est peut-être pas le cas pour l’Amérique ?
Pierre Gentillet : Je pense que la Russie a un rôle très particulier du fait tout d'abord de l'immensité de son territoire et de sa proximité avec la sphère asiatique. Cela fait qu'elle doit rester un gigantesque Etat tampon entre l'Asie et l'Europe. A mon sens il faut clairement un axe Paris-Berlin-Moscou mais qui ne fasse pas entrer la France dans une dépendance vis à vis de la Russie, ce devra être une union diplomatique respectueuse de la souveraineté des Etats-Nations.
LVDR : Vous mentionnez de potentiels « futurs conflits qui pourraient opposer l’Eurasie à l’Amérique ». Pourriez-vous développer ?
Pierre Gentillet : Je traite en effet dans mon article du rôle de la France qui doit être redéfinie en prévision ou en anticipation des conflits futurs. De par sa position géographique charnière entre ces deux grandes entités, la France peut redonner un nouveau sens à sa mission nationale. Longtemps elle a cru que son rôle serait celui d'un empire à travers les exemples de Clovis, Charlemagne et Napoléon. Je pense qu'à l'aube du IIIème millénaire le rôle de la France doit être celui d'un arbitre international, rôle qu'elle peut acquérir par sa position clef dans les grandes instances (siège permanent à l'ONU). Elle peut l'acquérir surtout par sa position géographique. Dans un futur proche, le monde sera bientôt multipolaire avec de nouveaux géants comme la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Argentine. La formation de ses nouveaux blocs amènera sans doute le Brésil et l'Argentine à acquérir dans un premier temps leur indépendance vis à vis de la tutelle des Etats-Unis mais à terme la géographie et la géopolitique imposera un bloc continental américain pour faire face à un nouveau bloc eurasiatique à savoir Russie-Chine, partenariat à la fois géographique, économique, stratégique et institutionnel de part leur alliance clef à l'ONU du fait de leur sièges permanents. La France se trouvera alors pile au milieu de ces deux ensembles et cette position stratégique appelle la France à tenir un rôle d'arbitre des futurs conflits qui opposeront ces grands ensembles dans un monde multipolaire.
LVDR : Vous souhaitez que la France s’inspire du modèle économique russe qui se traduit pourtant par une présence forte de l’Etat dans les affaires économiques (capitalisme d’Etat) et notamment dans les secteurs stratégiques. Pourquoi cela ?
Pierre Gentillet : Je pense que la Russie a réussi ce que peu de pays ont réussi à savoir conserver une économie puissante et nationale dans un espace mondialisé. A droite nous sommes très attachés à la liberté économique mais nous sommes aussi dans le même temps attaché à ce que l'économie profite aux intérêts de la nation. La Russie oscille entre un modèle qui est celui du capitalisme d'Etat ou bien du capitalisme privé sous surveillance étatique. Je suis très admiratif en particulier de la réussite de Gazprom, cette compagnie ou l'Etat est actionnaire majoritaire et qui représente une part colossale du PNB russe. La Russie, en reprenant la main sur les secteurs clefs comme ceux de l'énergie s'est assurée une reprise importante et durable de sa croissance. Elle réussi à conserver un capital qui demeure national en s'intégrant pleinement au marché mondial. C'est à bien des égards une réussite. Je note cependant qu'un des graves handicaps reste la corruption qui demeure un des principaux problèmes du pays. L'indice de corruption demeure encore beaucoup trop important. Je dirai donc que sur la gestion de l'argent public, la Russie a en revanche cette fois-ci à s'inspirer de la France.
LVDR : Vous êtes membres de la Droite Populaire, quel regard ce mouvement porte-t-il sur la coopération franco-russe et la Russie en général ?
Pierre Gentillet : En règle générale, la Droite Populaire a toujours été favorable à la politique étrangère russe. Je pense notamment au dossier syrien dans lequel la Russie, et en particulier Vladimir Poutine, a réussi à éviter une intervention étrangère et à imposer une médiation diplomatique. Elle l'a été encore plus récemment à propos de l'Ukraine, le chef de file de notre courant Thierry Mariani ayant publié une tribune appelant à revoir les interprétations simplistes des médias occidentaux sur les émeutes en Ukraine. La Droite Populaire, fidèle à sa tradition gaulliste de la politique internationale estime la Russie pour sa prise en compte des réalités politiques, c'est à dire qu'elle base sa politique étrangère sur le rapport Etat à Etat et non pas toujours au nom des droits de l'homme. Vous me permettrez de citer à ce sujet le député de la Droite Populaire Jacques Myard qui disait il y a quelques mois à une conférence au siège de l'UMP sur la politique étrangère« les droits de l'homme c'est bien joli mais ce n'est pas une raison d'Etat».
LVDR : La droite populaire appartient à un parti, l’UMP, qui est souvent vu comme atlantiste. L’une des premières décisions du président Sarkozy après son élection a été de réintégrer la France au sein du commandement intégré de l’OTAN, resserrant ainsi les liens avec les Etats-Unis. Quel regard portez-vous sur cette décision ?
Pierre Gentillet : Je pense que même si dans les faits la réintégration au commandement intégré de l'OTAN ne changeait pas grand chose, sur le plan symbolique c'était important car la France conservait son indépendance en restant en dehors et semblait rester fidèle au rôle d'arbitre dont je parlais plus haut et que le général de Gaulle semblait vouloir dessiner, à savoir une France amie de tous mais en dehors des alliances des grands blocs.N
On peut le voir ici :
http://french.ruvr.ru/2014_02_28/P-Gent ... uses-2785/
poche
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3052
Inscription : lun. 11 mars 2013, 9:28

Re: Les racines religieuses de l'Europe

Message non lu par poche »

Voici un exemple de l'antiquité de la foi catholique en France;

Irénée venait d'Asie Mineure comme beaucoup d'autres dans cette vallée du Rhône. Dans sa jeunesse, il avait été disciple de saint Polycarpe de Smyrne qui avait été lui-même un disciple de saint Jean l'Apôtre. C'est peut-être ce qui lui donna le sens aigu de la tradition dans l'Église: transmission d'homme à homme du dépôt de la foi. On le retrouve à Lyon. On ne sait pourquoi, car il ne s'est pas expliqué sur les raisons de son voyage. On ne sait pas non plus comment il échappe à la grande persécution qui décime les Églises de Lyon et de Vienne. Etait-il en mission à Rome comme on l'a dit? En tous cas, il succède à saint Pothin l'évêque de Lyon , mort martyr pendant cette persécution. Il ne cesse de se dépenser au service de la paix des Églises. Un grand danger le préoccupe: les doctrines gnostiques qui se répandent dangereusement. Elles nient l'Incarnation du Fils de Dieu et mettent en péril l'intégrité de la foi. Saint Irénée les étudie très minutieusement, enquête, interroge, lit. Armé par cette connaissance approfondie de l'adversaire, il rédige un important traité "Contre les hérésies" pour réfuter ces doctrines ésotériques. En même temps, il intervient auprès du pape pour l'empêcher d'exclure de la communion de l'Église les communautés qui fêtent Pâques à une autre date que l'Église romaine. Il n'oubliait pas que son nom signifie: "le pacifique". L'intelligence, la charité et le sens de la Tradition apostolique resplendissent dans ses œuvres. Il fut le premier grand théologien de l'Église d'Occident et mourut peut-être martyr.
Illustration: église Saint Irénée, Lyon.
...Selon son enseignement, la foi de l’Église doit être transmise de manière à apparaître telle qu'elle doit être, c'est-à-dire "publique", "unique", "pneumatique", "spirituelle"... (Saint Irénée de Lyon - Benoît XVI - audience du 28 mars 2007)
Voir sur le site du musée du diocèse de Lyon:
Eusèbe de Césarée ... reprend des éléments d’écrits d’Irénée en partie perdus. Il le présente comme 'presbytre de la communauté de Lyon' (paroikia) quand la persécution éclate en 177. Il succède à Pothin l’évêque martyr.
Mémoire de saint Irénée, évêque et martyr, vers l’an 200. Comme l’écrit saint Jérôme, il fut, dans sa jeunesse, disciple de saint Polycarpe de Smyrne et conserva fidèlement la mémoire du temps des apôtres. Il était prêtre de Lyon quand il succéda à l’évêque saint Pothin et on pense qu’il a été aussi couronné de la gloire du martyre. Il a exposé sans relâche la Tradition apostolique et publié un ouvrage célèbre en cinq livres contre les hérésies pour défendre la foi catholique.

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/14 ... -Lyon.html

Irénée était un disciple de saint Polycarpe, qui était un disciple de saint Jean l'évangéliste, qui était un disciple de Jésus.
jean_droit
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8381
Inscription : jeu. 08 déc. 2005, 13:34
Localisation : Périgord

Le Saint Père et l'Europe

Message non lu par jean_droit »

Sur Aleteia je viens de lire un article intéressant :
Pourquoi le Pape François préfère voyager en Asie et en Amérique plutôt qu’en Europe
http://www.aleteia.org/fr/religion/arti ... 368?page=2

J'en extrais deux paragraphes qui me semblent intéressants.
Une Europe qui tourne le dos à Dieu

Le pape François, qui se rendra en Amérique du Nord (y compris le Mexique) l'an prochain, ne va guère en Europe, parce que, malgré les efforts de Jean-Paul II et de Benoît XVI, l’intérêt pour la religion en Europe n’augmente pas, ni dans les médias, très critiques envers la doctrine catholique tout comme les lois des Etats, ni dans la culture et les coutumes européennes.

Dans les pays européens, dans de larges secteurs de la société, on vit en tournant le dos à Dieu, si ce n'est pas contre Dieu.

Cela n’empêche pas, au cours des dernières décennies, qu'aient vu le jour en Europe des institutions et mouvements catholiques, en particulier laïcs, dont le prestige se répand non seulement dans le vieux continent, mais aussi dans le monde entier.
Le Pape n'est pas culturellement européen

Bien que d'origine italienne, le pape François n'est pas culturellement européen, mais d'Amérique du Sud. Son activité pastorale, il l’a développée en tant que jésuite et en tant qu'évêque, en Argentine et en Amérique du Sud. Il connaît très peu l’anglais, ce qui ne l’a pas empêché d’atteindre rapidement une popularité et un leadership étonnants à travers le monde.

Il voit les Européens trop égocentriques, repliés sur eux-mêmes, jouissant d’un bien-être élevé qui empêche souvent de vivre détachés d’un grand nombre de “besoins” dont manque la grande majorité des plus de 6 milliards d’hommes sur la Terre, ceux qui dans de larges zones sont aussi exploités.

L’Europe vit aujourd’hui avec une mentalité très individualiste, égocentrique, peu encline à la générosité, à se donner aux autres, très matérialiste, consumériste et hédoniste.
Remarques :

1- L'Europe est en plein déclin religieux alors que l'Eglise se porte fort bien dans le reste du monde.
Comme le dit l'article, saint Jean Paul II et Benoît XVI ont essayé de secouer la torpeur de l'Eglise d'Europe.
Il y ont mis toute leur énergie mais en vain.
C'est, bien sûr, un grave échec pour eux.
A cause de cela l'influence de l'Europe dans l'Eglise diminue sans cesse.
L'élection au siège de Pierre d'un sud américain est significative.
On peut dire pareil au sujet des nominations faites depuis que François premier a été élu.

J'ai l'impression que l'Eglise se fera de moins en mois en Europe et même, peut être, de plus en plus contre l'Europe.

2- Il est très important de souligner les deux caractéristiques du Saint Père : Sud Américain et jésuite.
Cela explique beaucoup de son caractère, de sa faconde et de ses idées.
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 10 invités