Rencontre avec le Christ à l'heure de la mort ?

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Cinci
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Cinci »

[Que l'on m'autorise ici une parenthèse sur le purgatoire : je n'y tiens plus]

:D


Dans le texte de Luc, le Christ échange avec un auditoire juif dans des termes que celui-ci pourrait comprendre. Les références sont Abraham, Moïse, la Loi, le séjour des morts (les enfers) et le «sein d'Abraham». Le Christ en tant que Sauveur n'apparaît pas là-dedans. C'est Jésus qui parle à des juifs de son temps afin de les interpeller dans un cadre coutumier de pensée qui est le leur. Le récit est ainsi fait. Il ne s'agit pas de l'économie de la Nouvelle Alliance.

DONC

Le pauvre Lazare se retrouve dans le sein d'Abraham, le «mauvais riche» dans une grande angoisse (comme en attente du Jugement dernier) au séjour des morts. Et alors rien ni personne ne peut parvenir à calmer l'angoisse terrible du mauvais riche, ni Abraham ni Moïse, ni les prophètes ni la Loi ... personne ne pourrait le sortir de cette fosse. Personne ? Là, le lecteur chrétien, à la fois sagace et complice du clin d'oeil de Luc comme on devine bien , il comprend que le Christ pourrait faire ce qui était proprement impossible jusque là. C'est selon la parole de l'Évangile : «Aux hommes c'est impossible, à Dieu tout est possible».

Le sein d'Abraham n'est pas le ciel des «bienheureux jouissant de la vision béatifique». Non, ce n'est pas le ciel de la foi chrétienne. Et la fosse, le séjour des morts ou les enfers, mais ce n'est pas non plus «l'enfer des damnés de la foi chrétienne». Il ne s'agit pas de la géhenne dans laquelle se trouve le diable, le faux prophète, etc.

Il ferait aucun sens que le père Abraham appelle «mon enfant», dans la parabole de Luc, ce mauvais riche, mais quand il aurait fallu comprendre, en parallèle, que ce dernier serait un suppôt de Satan, un damné définitivement jugé et en état d'hostilité définitive avec Dieu.

Tout ce que le texte du «chrétien Luc qui écrit à des chrétiens» nous montrerait : c'est bien que l'Ancienne Alliance est insuffisante à elle seule, et que si la Loi de Moïse serait surtout bonne à faire mourir (cf. Paul) et à garantir des places de ''choix'' au séjour des morts, le salut se trouve bien au-delà, comme dans la vie avec le Christ, qui est seul à pouvoir faire vivre en plénitude (revivre; chercher ce qui était perdu).

[...]

Le «mauvais riche» est en prison, au séjour des morts, en pénitence, mais non pas dans un état d'impénitence. La parabole ne se prononce en rien sur l'état ultime du mauvais riche. La situation reste ouverte et à cause du Jugement à venir, à cause du Christ. Un suspens, une tension demeure. Entendons par «la situation reste ouverte» : c'est comme chez saint Paul à propos de ses coreligionnaires juifs.

Enfin, le «mauvais riche» de la parabole n'est pas dans la situation d'un chrétien en purgatoire. Il est plutôt comme dans la situation de «ceux qui sont morts au temps de Noé, alors que Dieu patientait ... etc.» ; voir le topo qui est celui de Pierre dans sa lettre et où il évoque la libération de ceux-là, à partir du moment où Jésus sera lui-même descendu dans la mort, dans les régions inférieures («ceux qui habitaient le pays de l'ombre ont vu une grande lumière»). Le mauvais riche de la parabole se retrouve dans une situation comparable à celle des autres (païens; ceux qui seraient sans espérance, etc), ceux qui seront morts au temps de Noé et avant que Jésus ait jamais parut dans le monde, avant qu'il fut mort et qu'il ressuscitât.

Le texte capital :

  • «Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
    chemin de la mer, pays au-delà du Jourdain,
    Galilée des nations,
    le peuple qui était assis dans les ténèbres
    a vu une grande lumière.
    et pour ceux qui étaient assis dans le sombre
    pays de la mort
    une lumière s'est levée»

    - Matthieu 4, 14
[/color]

Matthieu cite le prophète Isaïe

  • «... je vais enserrer le témoignage, sceller l'enseignement parmi mes disciples; je compterai sur Yavhé qui cache sa Face à la maison de Jacob, je l'attendrai.
    Voici que moi et les enfants que m'a donnés Yavhé, nous servons de signes et de présages en Israël, de par Yavhé des armées qui demeure sur le mont Sion.

    Et si l'on vous dit : «Consultons les nécromans et les devins qui pépient et murmurent; un peuple ne doit-il pas consulter ses dieux, pour les vivants consulter les morts, pour en recevoir enseignement et témoignage ?» Sûrement, c'est ainsi que l'on parlera, car il n'y a pas pour lui d'aurore.

    Il passera dans le pays, accablé, affamé, et dans sa faim il deviendra furieux, maudira son roi et son Dieu. Il se tournera en haut, puis vers la terre il regardera, et voici qu'il y aura détresses et ténèbres, angoissante nuit. Mais l'obscurité sera chassée, car il n'y aura pas de nuit là où il y avait de l'angoisse. Dans le passé, il a avili le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, mais dans l'avenir il glorifiera la route de la mer, l'Au-delà du Jourdain, le distict des nations.

    Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui habitaient au pays de l'obscurité une lumière a brillé. Tu as augmenté l'allégresse, multiplié la joie; on est joyeux devant toi comme de la joie de la moisson, comme lorsqu'on jubile au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui et la barre sur son épaule, le gourdin de son geôlier, tu les as écrasés comme au jour de Madiân; car toute chaussure portée dans la mêlée et tout manteau souillé de sang deviendront la proie des flammes, la pâture du feu. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. L'empire repose sur son épaule et on lui donne pour nom «Conseiller merveilleux, Dieu-héros, Père-à-jamais, Prince de la paix» [...]»

    - Isaïe 8, 16
[/color]


Mon idée à moi :

La parapole de Luc ne tranche pas sur la destination finale du «mauvais riche». Ce dernier est au séjour des morts. Et Jésus est le seul qui pourrait nous extraire celui-là de sa fosse inconfortable.

Après, je pense que le pape Benoit XVI évoquait bien la catégorie hébraïque du séjour des morts, en lien avec cette parabole. Il veut dire que la théologie catholique aura développé le dogme du purgatoire plus tard (qui concernera les élus comme on le sait), à partir de la réflexion théologique juive pré-existante.

A l'époque de Jésus en Galilée, ou à celle de Luc : il n'est pas question de purgatoire, non pas comme si nous devions nous trouver en face d'un théologien, pérorant à la Sorbonne, en l'an 1153. Il faut faire attention.
Cinci
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Cinci »

En le voyant, Jésus dit : «Combien difficilement ceux qui ont de l'argent pénètrent dans le royaume de Dieu !» Il est plus facile en effet à un chameau d'entrer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu.» Ceux qui avaient entendu dirent : «Et qui peut être sauvé !» Il dit : «Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu.»

- Luc 18, 24

[fin de la parenthèse]
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Cinci a écrit :[Que l'on m'autorise ici une parenthèse sur le purgatoire : je n'y tiens plus]

:D


Dans le texte de Luc, le Christ échange avec un auditoire juif dans des termes que celui-ci pourrait comprendre. Les références sont Abraham, Moïse, la Loi, le séjour des morts (les enfers) et le «sein d'Abraham». Le Christ en tant que Sauveur n'apparaît pas là-dedans. C'est Jésus qui parle à des juifs de son temps afin de les interpeller dans un cadre coutumier de pensée qui est le leur. Le récit est ainsi fait. Il ne s'agit pas de l'économie de la Nouvelle Alliance.

DONC

Le pauvre Lazare se retrouve dans le sein d'Abraham, le «mauvais riche» dans une grande angoisse (comme en attente du Jugement dernier) au séjour des morts. Et alors rien ni personne ne peut parvenir à calmer l'angoisse terrible du mauvais riche, ni Abraham ni Moïse, ni les prophètes ni la Loi ... personne ne pourrait le sortir de cette fosse. Personne ? Là, le lecteur chrétien, à la fois sagace et complice du clin d'oeil de Luc comme on devine bien , il comprend que le Christ pourrait faire ce qui était proprement impossible jusque là. C'est selon la parole de l'Évangile : «Aux hommes c'est impossible, à Dieu tout est possible».

Le sein d'Abraham n'est pas le ciel des «bienheureux jouissant de la vision béatifique». Non, ce n'est pas le ciel de la foi chrétienne. Et la fosse, le séjour des morts ou les enfers, mais ce n'est pas non plus «l'enfer des damnés de la foi chrétienne». Il ne s'agit pas de la géhenne dans laquelle se trouve le diable, le faux prophète, etc.

Il ferait aucun sens que le père Abraham appelle «mon enfant», dans la parabole de Luc, ce mauvais riche, mais quand il aurait fallu comprendre, en parallèle, que ce dernier serait un suppôt de Satan, un damné définitivement jugé et en état d'hostilité définitive avec Dieu.

Tout ce que le texte du «chrétien Luc qui écrit à des chrétiens» nous montrerait : c'est bien que l'Ancienne Alliance est insuffisante à elle seule, et que si la Loi de Moïse serait surtout bonne à faire mourir (cf. Paul) et à garantir des places de ''choix'' au séjour des morts, le salut se trouve bien au-delà, comme dans la vie avec le Christ, qui est seul à pouvoir faire vivre en plénitude (revivre; chercher ce qui était perdu).

[...]

Le «mauvais riche» est en prison, au séjour des morts, en pénitence, mais non pas dans un état d'impénitence. La parabole ne se prononce en rien sur l'état ultime du mauvais riche. La situation reste ouverte et à cause du Jugement à venir, à cause du Christ. Un suspens, une tension demeure. Entendons par «la situation reste ouverte» : c'est comme chez saint Paul à propos de ses coreligionnaires juifs.

Enfin, le «mauvais riche» de la parabole n'est pas dans la situation d'un chrétien en purgatoire. Il est plutôt comme dans la situation de «ceux qui sont morts au temps de Noé, alors que Dieu patientait ... etc.» ; voir le topo qui est celui de Pierre dans sa lettre et où il évoque la libération de ceux-là, à partir du moment où Jésus sera lui-même descendu dans la mort, dans les régions inférieures («ceux qui habitaient le pays de l'ombre ont vu une grande lumière»). Le mauvais riche de la parabole se retrouve dans une situation comparable à celle des autres (païens; ceux qui seraient sans espérance, etc), ceux qui seront morts au temps de Noé et avant que Jésus ait jamais parut dans le monde, avant qu'il fut mort et qu'il ressuscitât.

Le texte capital :

  • «Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
    chemin de la mer, pays au-delà du Jourdain,
    Galilée des nations,
    le peuple qui était assis dans les ténèbres
    a vu une grande lumière.
    et pour ceux qui étaient assis dans le sombre
    pays de la mort
    une lumière s'est levée»

    - Matthieu 4, 14
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Matthieu cite le prophète Isaïe

  • «... je vais enserrer le témoignage, sceller l'enseignement parmi mes disciples; je compterai sur Yavhé qui cache sa Face à la maison de Jacob, je l'attendrai.
    Voici que moi et les enfants que m'a donnés Yavhé, nous servons de signes et de présages en Israël, de par Yavhé des armées qui demeure sur le mont Sion.

    Et si l'on vous dit : «Consultons les nécromans et les devins qui pépient et murmurent; un peuple ne doit-il pas consulter ses dieux, pour les vivants consulter les morts, pour en recevoir enseignement et témoignage ?» Sûrement, c'est ainsi que l'on parlera, car il n'y a pas pour lui d'aurore.

    Il passera dans le pays, accablé, affamé, et dans sa faim il deviendra furieux, maudira son roi et son Dieu. Il se tournera en haut, puis vers la terre il regardera, et voici qu'il y aura détresses et ténèbres, angoissante nuit. Mais l'obscurité sera chassée, car il n'y aura pas de nuit là où il y avait de l'angoisse. Dans le passé, il a avili le pays de Zabulon et le pays de Nephtali, mais dans l'avenir il glorifiera la route de la mer, l'Au-delà du Jourdain, le distict des nations.

    Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui habitaient au pays de l'obscurité une lumière a brillé. Tu as augmenté l'allégresse, multiplié la joie; on est joyeux devant toi comme de la joie de la moisson, comme lorsqu'on jubile au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui et la barre sur son épaule, le gourdin de son geôlier, tu les as écrasés comme au jour de Madiân; car toute chaussure portée dans la mêlée et tout manteau souillé de sang deviendront la proie des flammes, la pâture du feu. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. L'empire repose sur son épaule et on lui donne pour nom «Conseiller merveilleux, Dieu-héros, Père-à-jamais, Prince de la paix» [...]»

    - Isaïe 8, 16
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Mon idée à moi :

La parapole de Luc ne tranche pas sur la destination finale du «mauvais riche». Ce dernier est au séjour des morts. Et Jésus est le seul qui pourrait nous extraire celui-là de sa fosse inconfortable.

Après, je pense que le pape Benoit XVI évoquait bien la catégorie hébraïque du séjour des morts, en lien avec cette parabole. Il veut dire que la théologie catholique aura développé le dogme du purgatoire plus tard (qui concernera les élus comme on le sait), à partir de la réflexion théologique juive pré-existante.

A l'époque de Jésus en Galilée, ou à celle de Luc : il n'est pas question de purgatoire, non pas comme si nous devions nous trouver en face d'un théologien, pérorant à la Sorbonne, en l'an 1153. Il faut faire attention.
C'est très exactement l'interprétation du pape dans Spe Salvi 44 et 45.

Le pape dit que le mauvais riche est au purgatoire :
44. Dans la parabole du riche bon vivant et du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 19-31), Jésus nous a présenté en avertissement l'image d'une telle âme ravagée par l'arrogance et par l'opulence, qui a créé elle-même un fossé infranchissable entre elle et le pauvre; le fossé de l'enfermement dans les plaisirs matériels; le fossé de l'oubli de l'autre, de l'incapacité à aimer, qui se transforme maintenant en une soif ardente et désormais irrémédiable. Nous devons relever ici que Jésus dans cette parabole ne parle pas du destin définitif après le Jugement universel, mais il reprend une conception qui se trouve, entre autre, dans le judaïsme ancien, à savoir la conception d'une condition intermédiaire entre mort et résurrection, un état dans lequel la sentence dernière manque encore.
45. Cette idée vétéro-juive de la condition intermédiaire inclut l'idée que les âmes ne se trouvent pas simplement dans une sorte de détention provisoire, mais subissent déjà une punition, comme le montre la parabole du riche bon vivant, ou au contraire jouissent déjà de formes provisoires de béatitude. Et enfin il y a aussi l'idée que, dans cet état, sont possibles des purifications et des guérisons qui rendent l'âme mûre pour la communion avec Dieu. L'Église primitive a repris ces conceptions, à partir desquelles ensuite, dans l'Église occidentale, s'est développée petit à petit la doctrine du purgatoire.
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Arnaud Dumouch
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Mac a écrit :
Arnaud Dumouch a écrit :Il veut la grâce....
Vous n'avez pas compris ma question parce que je vous demandais où dans le texte lisez-vous que ce riche se repent? Où demande t-il pardon à Dieu pour ses péchés envers Lui et envers Lazare?

Fraternellement. :)
Si on aime, c'est qu'on s'est repenti. Dans l'enfer des damnés, il n'y a place qu'aux 6 blasphèmes contre l'Esprit.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Mac »

Bonjour Arnaud, :)
Arnaud Dumouch a écrit :Si on aime, c'est qu'on s'est repenti....
Les criminels s'aiment entre eux ce n'est pas pour autant que ce sont des repentis.
Et je ne vois pas où il (ce riche) demande pardon à Dieu pour ses péchés. Jusqu'à preuve du contraire il n'est pas en train de se repentir.

Fraternellement. :coeur:
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Mac »

Arnaud Dumouch a écrit :...il veut prévenir ses frères de ne plus pécher.
Euh il demande un miracle plutôt comme les juifs en Jean 6,30
30 Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions, et que nous croyions en toi? Que fais-tu?

En clair il dit à Dieu ce qu'Il devrait faire c'est à dire Qu'Il devrait ressusciter le pauvre Lazare et l'envoyer à ses frères qui sont comme lui.

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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Mac »

Arnaud Dumouch a écrit :C'est très exactement l'interprétation du pape dans Spe Salvi 44 et 45.

Le pape dit que le mauvais riche est au purgatoire :
44. Dans la parabole du riche bon vivant et du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 19-31), Jésus nous a présenté en avertissement l'image d'une telle âme ravagée par l'arrogance et par l'opulence, qui a créé elle-même un fossé infranchissable entre elle et le pauvre; le fossé de l'enfermement dans les plaisirs matériels; le fossé de l'oubli de l'autre, de l'incapacité à aimer, qui se transforme maintenant en une soif ardente et désormais irrémédiable. Nous devons relever ici que Jésus dans cette parabole ne parle pas du destin définitif après le Jugement universel, mais il reprend une conception qui se trouve, entre autre, dans le judaïsme ancien, à savoir la conception d'une condition intermédiaire entre mort et résurrection, un état dans lequel la sentence dernière manque encore.
45. Cette idée vétéro-juive de la condition intermédiaire inclut l'idée que les âmes ne se trouvent pas simplement dans une sorte de détention provisoire, mais subissent déjà une punition, comme le montre la parabole du riche bon vivant, ou au contraire jouissent déjà de formes provisoires de béatitude. Et enfin il y a aussi l'idée que, dans cet état, sont possibles des purifications et des guérisons qui rendent l'âme mûre pour la communion avec Dieu. L'Église primitive a repris ces conceptions, à partir desquelles ensuite, dans l'Église occidentale, s'est développée petit à petit la doctrine du purgatoire.
Je ne vois pas Arnaud où le Pape Benoît XVI dit que le riche est au purgatoire dans ce texte. Par contre il dit que Jésus reprend une conception vétro-juive qui parle d'une sorte de détention provisoire.
Dans cette détention certains subissent déjà les punitions, d'autres jouissent déjà de formes provisoire de béatitude.
Or le riche subit bien des punitions.

Fraternellement. :coeur:
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Mac a écrit :Bonjour Arnaud, :)
Arnaud Dumouch a écrit :Si on aime, c'est qu'on s'est repenti....
Les criminels s'aiment entre eux ce n'est pas pour autant que ce sont des repentis.
Et je ne vois pas où il (ce riche) demande pardon à Dieu pour ses péchés. Jusqu'à preuve du contraire il n'est pas en train de se repentir.

Fraternellement. :coeur:
Les criminels s'aiment entre eux pour une alliance d'intérêt commun.

Ici, le riche se soucie de ses frères, de leur salut.

Au contraire, en enfer, on veut que ses frères se damnent aussi afin d'établir une fraternité de révolte contre Dieu. Rien à voir avec l'attitude du riche.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Arnaud Dumouch »

Mac a écrit :
Je ne vois pas Arnaud où le Pape Benoît XVI dit que le riche est au purgatoire dans ce texte. Par contre il dit que Jésus reprend une conception vétro-juive qui parle d'une sorte de détention provisoire.
Dans cette détention certains subissent déjà les punitions, d'autres jouissent déjà de formes provisoire de béatitude.
Or le riche subit bien des punitions.

Fraternellement. :coeur:
La sentence n'a pas été posée et le pape parle de purgatoire : "à partir desquelles ensuite, dans l'Église occidentale, s'est développée petit à petit la doctrine du purgatoire."

Ainsi le pape admet que dans la pensée Juive, il existait à l'époque un purgatoire AVANT LE JUGEMENT (alors que le purgatoire traditionnel catholique est APRES LE JUGEMENT).

C'est très exactement ce que je développe en 1990 dans le traité des fins dernières : Outre la terre et le purgatoire qui suit le jugement (sainte Catherine de Gênes), il existe deux autres purgatoires :

- Le shéol ou passage de la mort où les gens ne sont pas encore jugés
(qui correspond au shéol Juif) Voir Spe Salvi 44, 45.

- L'apparition du Christ dans sa gloire (Voir Spe Salvi 47).

Vous trouverez cela dans le Traité des fins dernières Question 15 article 2 : Je vous mes l'article ci-dessous.
[+] Texte masqué
Traité des fins dernières, Q. 15, a. 2 — Y a t-il six degrés du purgatoire ?

Objections :
1. Cela ne semble pas possible. Si l’on distingue six degrés du purgatoire, c’est qu’il peut y avoir perfectionnement de la charité. Or Martin Luther montre que la charité ne peut croître.
2. L’existence d’un purgatoire appelé shéol ou limbes situé après la mort et où le désir de Dieu pourrait augmenter est contraire à la foi puisque aussitôt après la mort, les âmes reçoivent leur récompense ou châtiment selon leur mérite ou démérite.
3. Dès l’entrée dans le purgatoire, l’âme possède une charité parfaite, selon sainte Catherine de Gênes. Aucun purgatoire ne semble donc nécessaire après l’apparition du Christ.
4. Si l’on admet trois degrés de purification après la parousie du Christ, pourquoi ne pas admettre de nombreux autres degrés intermédiaires par lesquels l’âme passe avant de contempler Dieu face à face.
5. Dès cette terre, certains hommes sont préoccupés uniquement par la recherche de Dieu et "désirent mourir pour être avec le Christ" comme saint Paul. Il semble qu’il soit inutile qu’ils passent par les degrés du purgatoire qui suivent la mort.

Cependant :
Dans tout mouvement, il y a un début, un progrès et une fin. Or la purification de l’âme est un mouvement qui aboutit au détachement total de soi. Donc on doit admettre qu’il peut y avoir plusieurs étapes dans cette purification. C’est ce que confirme sainte Catherine de Gênes : « la joie des âmes augmente en proportion qu’elles s’approchent de Dieu, qu’elles s’occupent uniquement de lui. »

Conclusion :
Si l’on considère l’homme dans la totalité de son histoire, c’est-à-dire depuis sa conception par ses parents jusqu’à son entrée dans la vision de Dieu, deux types de croissances peuvent être discernés : 1° une croissance humaine et naturelle. 2° une croissance surnaturelle liée à la grâce.
Au terme, il convient que toute créature humaine soit capable 1° de poser un acte de choix libre et conscient, volontaire et libre ; 2° de refuser Dieu où au contraire de l’aimer sans aucune trace d’un quelconque amour désordonné de soi (voir question 7).
En scrutant la tradition la plus lointaine de l’Église, on arrive à discerner l’existence de six demeures du purgatoire. Il s’agit de six étapes successives. L’homme n’est pas obligé de passer par toutes. L’essentiel est, qu’au terme, l’amitié (Agape) pour Dieu et le prochain soit devenue tout humble (kénose).
Les deux premiers purgatoires sont caractérisés par le fait que le Ciel et ses habitants se cachent. Ce sont les purgatoires du « silence de Dieu » , les purgatoires de l’ombre.
1° La première demeure est la vie terrestre. Elle est l’un des plus terribles purgatoires en ce sens que l’homme n’est pas sûr autrement que par un acte de foi du projet de Dieu. Il est laissé dans l’absence d’évidence. Il est possible à certains de comprendre avec leur raison que Dieu existe et que l’âme survit après la mort pour un jugement. Mais l’homme est laissé dans l’ignorance totale de la nature de ce jugement… sauf s’il accepte de croire : « Heureux celui qui croit sans avoir vu » . Cette première étape est très efficace pour disposer le cœur de l’homme, à travers une succession de bonheur fragile et d’abandons, vers une soif de plus en plus intense d’un salut : « Y a t il quelqu’un là-haut, qui entend nos prières ? »
2° La deuxième est le domaine des âmes errantes. Ce purgatoire est décrit par saint Bernard dans sa vie de saint Malachie. C’est un lieu que la Bible appelle « le territoire des ombres » ou ailleurs le « shéol » . Elle commence avec l’arrêt du cœur et se termine lorsque le Christ et les saints paraissent. La prolongation d’une errance dans le shéol n’est nécessaire qu’aux âmes extrêmement rustres ou coupables d’un grand crime, quoique non obstinées dans le mal, et pour qui un délai d’errance et de solitude entre ce monde et l’autre aura l’effet positif de développer un minimum de sensibilité à l’amour. L’homme constate que la mort ne conduit pas au néant. En ce sens, il n’a plus peur. Mais, s’il se prolonge, ce temps de shéol peut constituer pour certains hommes particuliers une grande souffrance et purification en vue du salut parce qu’il erre sans but dans une solitude qui paraît ne jamais devoir s’arrêter. Il est inquiet et tremble à l’idée que Dieu ou les dieux sont des forces hostiles dont il ignore la nature.

Les quatre derniers purgatoires (à partir de l’apparition du Messie glorieux), sont caractérisés par le fait qu’une connaissance totale de la Révélation est donnée. Ce sont les purgatoires de lumière.
3° Le premier est vécu à travers l’apparition glorieuse du Christ accompagné des saints et des anges (voir question 8), telle que la décrit saint Faustine dans son Journal. Il s’agit bien du "troisième ciel" où fut ravi saint Paul et qu’il décrit en 2 Corinthiens 12, 2. Cette parousie se produit dans le passage du shéol (dans la mort) la plupart du temps sans délai. La puissance de sa vision provoque un tremblement dans l’âme, plus puissant que tout. À la lumière de la pureté de l’humilité (kénose) et de l’amour du Messie, l’âme est choquée de ses propres ténèbres. L’effet en est la violente purification du reste de ses illusions « Dies irae ». Dieu apparaît à tout homme sous les voiles de son humanité (étape 3) avant de se donner sous la forme de sa divinité (7). Personne n’échappe à cette étape qui permet un choix libre. C’est ce purgatoire là, qui provoque et accompagne le jugement individuel, que le pape invite à contempler dans son encyclique Spe Salvi, n° 47 (2008) : « 47. Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec Lui est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son cœur nous guérissent grâce à une transformation certainement douloureuse, comme « par le feu ».

4-5-6° Pour ceux qui choisissent le projet de Dieu et en qui demeurent quelques restes du péché, s’ouvrent alors les trois purgatoires mystiques décrits par sainte Catherine de Gênes dans son Traité du purgatoire . Les âmes, toutes amoureuses de Dieu, passent de la volonté d’être un jour dignes de lui à la certitude qu’elles ne le seront jamais. Elles deviennent vraies, c’est-à-dire humbles. L’amour égoïste de soi ne subsiste dans cet état qu’à travers des restes qui sont comme des tendances vicieuses de la volonté encore attachée à elle-même. Celui donc qui, dans le purgatoire, désire se purifier des restes du péché en étant principalement préoccupé par la lutte contre la tâche qu’ils laissent en lui, peut être considéré comme un débutant dans la purification et c’est le premier degré du purgatoire mystique. Celui dont la préoccupation principale est d’établir de plus en plus la totalité des tendances de sa volonté dans l’unique désir de Dieu, c’est-à-dire de progresser dans la purification de son âme est dans le deuxième degré du purgatoire mystique, c’est-à-dire le degré des progressants. Enfin, celui qui ne se préoccupe plus du tout de la pureté de son âme mais ne désire qu’une chose, à savoir l’union à Dieu, appartient au troisième degré du purgatoire mystique qui est celui des parfaits et qui peut être appelé le parvis immédiat du Ciel. Elle peut donc être immédiatement introduite dans la gloire de la vision béatifique.


7- Vision béatifique
6- Parvis du Ciel
5- Purgatoire de l’usure
4- Purgatoire des fiers
3- parousie du Christ (troisième ciel).
2- Limbes
1- Vie terrestre


Cette théologie frappa les Pères de l’Église au point qu’ils virent les étapes successives qui conduisent à l’amitié parfaite pour Dieu sous l’image de l’échelle de Jacob. Le livre de la Genèse raconte que le petit-fils d’Abraham, Jacob eut un songe : « Voilà qu’une échelle était dressée sur la terre et que son sommet atteignait le Ciel, et des anges de Dieu y montaient et descendaient! Voilà que Yahvé se tenait devant lui et dit : « Je suis Yahvé, le Dieu d’Abraham ton ancêtre et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donne à toi et à ta descendance. » Il s’agissait là, selon eux, de la vie humaine dans sa progression, pas après pas, vers la vision de Dieu.

Solutions :
1. Luther nie la possibilité même de la charité, c’est-à-dire d’un amour d’amitié réciproque et libre entre Dieu et l’âme. Sa théologie constitue une perte par rapport à l’Évangile mais non une perte totale car il admet un amour passif d’abandon et de confiance. Les degrés du purgatoire ne se prennent pas tous de l’augmentation de la charité . Avant l’apparition du Christ glorieux, de désir de Dieu peut augmenter, donc la charité dès que cet amour est proposé explicitement. Au moment de son apparition, l’amour s’embrase tout entier. L’âme aime de tout son cœur. Après l’apparition du Christ, la charité brûle avec la même force l’âme au début et à la fin de la purification. Les trois purgatoires décrits par sainte Catherine de Gênes ne concernent donc pas la charité mais l’humilité (kénose), c’est-à-dire les restes du péché. Au commencement de ce purgatoire mystique lorsque la présence glorieuse du Christ s’efface, l’âme prie en disant : « Je t’aime et je deviendrais un jour digne de ton amour. » Son amour est total mais il lui manque de cette humilité qui est adaptée à l’essence même de Dieu. Au terme du purgatoire, laminée par l’attente, l’âme dit : « Je ne suis pas digne de te recevoir. Mais dis seulement une parole et je serai guéri. » Sans qu’elle l’ait provoqué elle-même, par la seule vertu du feu de l’absence, son amour est devenu humble.
2. Le shéol ne se situe pas après la mort. Il est le passage même de la mort, c’est-à-dire qu’il n’est ni tout à fait ce monde ni encore l’autre monde. Il est représenté dans l’Ecriture Sainte par le désert où vécut le peuple Juif entre l’Egypte (ce monde) et la terre promise. Le Christ glorieux descend visiter l’âme dans ce passage, sous forme d’une colonne de feu dit le livre de l’Exode, de telle façon qu’à l’entrée dans l’autre monde, c’est-à-dire après la mort (au sens théologique), l’âme soit pour l’éternité en état de mérite et de démérite. Le fait que cette étape puisse se prolonger pour certains ne constitue donc pas une opposition au dogme, sauf si l’on se donne une autre définition de la mort (question 8, article 4).
3. Après la venue du Christ glorieux, que la charité soit parfaite, cela signifie que l’âme est définitivement établie dans l’amour de Dieu au point qu’elle ne peut et ne veut se tourner vers une autre fin que celle de la charité. Mais cela ne signifie pas qu’il ne demeure aucun reste de l’attachement à soi aussi bien dans les tendances de la volonté que dans les préoccupations de l’intelligence. Or celui qui commence à se détacher du péché véniel est dans une autre disposition intérieure que celui qui progresse ou que celui qui arrive au terme. Il y a donc trois degrés dans le purgatoire mystique, après la parousie du Christ.
4. Toutes les distinctions intermédiaires que l’on peut saisir dans la purification de l’âme se trouvent comprises dans l’un ou l’autre des degrés dont on a parlé ; de même que toute division pratiquée dans ce qui est continu est située, selon le philosophe dans ces trois termes : le début, le milieu, la fin.
5. Ceux qui, dès cette vie terrestre, ont déjà purifié leur âme de tout attachement à eux-mêmes ne passent pas dans ou après la mort par le feu du purgatoire. Mais, au cours de l’histoire humaine, en dehors du Verbe incarné, il ne s’est trouvé qu’un seul humain pour vivre une telle perfection, à savoir la vierge Marie. Pour elle, l’apparition du Messie glorieux n’a en aucune façon constitué une révélation de sa misère. Elle se savait si misérable, que la parousie de son Fils ne fit que confirmer les paroles de l’ange à l’annonciation : « Tu es pleine de grâce. » Pour tous les autres hommes, même les plus grands saints, un purgatoire au moins est vécu après celui de cette terre. Il s’agit du "jour du Seigneur" selon l’Écriture : « En ce jour-là - oracle de Yahvé - le cœur manquera au roi, il manquera aux chefs ; les prêtres seront frappés de stupeur et les prophètes d'effroi. Et je dis : « Ah! Seigneur Yahvé, tu as vraiment trompé ce peuple et Jérusalem quand tu disais : Vous aurez la paix alors que l'épée nous a frappés à mort! »
Une autre exception peut être discernée : c’est le cas des petits enfants ou des malades mentaux parvenus innocents dans la mort (Question 19). Mais leur cas n’est pas comparable puisqu’ils n’ont pas été confrontés à la lutte de la chair pendant la vie terrestre. Comme nous le verrons, les innocents connaissent un temps dans les limbes (deuxième purgatoire) où ils développent leur capacité de choisir en présence des saints et des anges, avant la venue du Messie.
Ceux qui sont dans l’état de progressants dans la charité n’ont pas besoin de passer par le purgatoire des débutants car il y a continuité spirituelle entre le purgatoire de cette terre et celui de l’au-delà.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

Message non lu par Peccator »

En enfer, les damnés ne sauraient s'aimer entre eux : l'amour est de Dieu, et l'enfer est privation totale des dons de Dieu.
Les damnés peuvent au mieux s'allier s'ils y voient un intérêt personnel. Et bien sûr, s'il reste après la mort quelque chose de notre âme sensitive, ils peuvent collaborer dans la recherche du plaisir des sens (ou de ce qu'il en reste).
Mais il n'y a aucun amour en enfer.


Dans Spe Salvi, Benoit XVI explique bien sûr que le riche est au purgatoire (et Lazare aussi !), puisqu'il explique que la doctrine du purgatoire est le fruit de la pensée chrétienne qui a développé ces conceptions judaïques sur un état provisoire de purification et de guérison.


Je pense pour ma part que le terme de "sein d'Abraham" est un indice fort : de même qu'on dit "Israël" pour désigner tous les enfants de Jacob, "Abraham" est à la fois le patriarche et le peuple de tous ses enfants. Hors qu'est-ce que la vie d'Abraham, si ce n'est un long cheminement, une longue purification qui conduit vers Dieu ? Le "sein d'Abraham", ce serait alors ce cheminement vers Dieu qui se poursuit après la mort.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Arnaud Dumouch a écrit :La sentence n'a pas été posée


Le Pape benoît XVI n'a donc pas dit que ce riche est au purgatoire??? C'est vous qui le dites???
Ainsi le pape admet que dans la pensée Juive, il existait à l'époque un purgatoire AVANT LE JUGEMENT (alors que le purgatoire traditionnel catholique est APRES LE JUGEMENT).
Ah bon! Je ne vois pas dans ce texte où la Pape admet un purgatoire avant le jugement. Il (le Pape Benoît XVI) dit bien que certains sont puni et d'autres consolés. Donc il y a un jugement déjà s'il y a exécution des peines.
Le pape Benoît XVI dit simplement que ce n'est pas le jugement universelle, il n'a pas dit dans ce texte qu'il y a un purgatoire avant le jugement.

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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Peccator a écrit :En enfer, les damnés ne sauraient s'aimer entre eux : l'amour est de Dieu, et l'enfer est privation totale des dons de Dieu.
Les damnés peuvent au mieux s'allier s'ils y voient un intérêt personnel. Et bien sûr, s'il reste après la mort quelque chose de notre âme sensitive, ils peuvent collaborer dans la recherche du plaisir des sens (ou de ce qu'il en reste).
Mais il n'y a aucun amour en enfer.


Dans Spe Salvi, Benoit XVI explique bien sûr que le riche est au purgatoire (et Lazare aussi !), puisqu'il explique que la doctrine du purgatoire est le fruit de la pensée chrétienne qui a développé ces conceptions judaïques sur un état provisoire de purification et de guérison.


Je pense pour ma part que le terme de "sein d'Abraham" est un indice fort : de même qu'on dit "Israël" pour désigner tous les enfants de Jacob, "Abraham" est à la fois le patriarche et le peuple de tous ses enfants. Hors qu'est-ce que la vie d'Abraham, si ce n'est un long cheminement, une longue purification qui conduit vers Dieu ? Le "sein d'Abraham", ce serait alors ce cheminement vers Dieu qui se poursuit après la mort.
Je partage à 100% votre avis. Et cet avis du pape Benoît XVI sur le riche au purgatoire est, sans qu'on s'en rende compte, un bouleversement de l'eschatologie traditionnelle (où le riche était en enfer).
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Peccator a écrit : Dans Spe Salvi, Benoit XVI explique bien sûr que le riche est au purgatoire (et Lazare aussi !), puisqu'il explique que la doctrine du purgatoire est le fruit de la pensée chrétienne qui a développé ces conceptions judaïques sur un état provisoire de purification et de guérison.
Où dit-il que le riche est au purgatoire Peccator?

Il explique (en tout cas dans le passage qu Arnaud a posté) qu'il y a une phase intermédiaire.
Certains sont punis ou d'autre jouissent déjà des béatitudes.

Voilà le texte :

44. Dans la parabole du riche bon vivant et du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 19-31), Jésus nous a présenté en avertissement l'image d'une telle âme ravagée par l'arrogance et par l'opulence, qui a créé elle-même un fossé infranchissable entre elle et le pauvre; le fossé de l'enfermement dans les plaisirs matériels; le fossé de l'oubli de l'autre, de l'incapacité à aimer, qui se transforme maintenant en une soif ardente et désormais irrémédiable. Nous devons relever ici que Jésus dans cette parabole ne parle pas du destin définitif après le Jugement universel, mais il reprend une conception qui se trouve, entre autre, dans le judaïsme ancien, à savoir la conception d'une condition intermédiaire entre mort et résurrection, un état dans lequel la sentence dernière manque encore.
45. Cette idée vétéro-juive de la condition intermédiaire inclut l'idée que les âmes ne se trouvent pas simplement dans une sorte de détention provisoire, mais subissent déjà une punition, comme le montre la parabole du riche bon vivant, ou au contraire jouissent déjà de formes provisoires de béatitude. Et enfin il y a aussi l'idée que, dans cet état, sont possibles des purifications et des guérisons qui rendent l'âme mûre pour la communion avec Dieu. L'Église primitive a repris ces conceptions, à partir desquelles ensuite, dans l'Église occidentale, s'est développée petit à petit la doctrine du purgatoire.
En enfer, les damnés ne sauraient s'aimer entre eux
S'il est dans cette phase intermédiaire, Est-ce qu'il est damné?

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Mac a écrit :
Arnaud Dumouch a écrit :La sentence n'a pas été posée


Le Pape benoît XVI n'a donc pas dit que ce riche est au purgatoire??? C'est vous qui le dites???
Ca ne peut pas être le purgatoire classique où, justement, la Sentence est posée.

Celui-ci au contraire est AVANT LE JUGEMENT.
Mac a écrit : Le pape Benoît XVI dit simplement que ce n'est pas le jugement universelle, il n'a pas dit dans ce texte qu'il y a un purgatoire avant le jugement.

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Justement si, il le dit :
44. Dans la parabole du riche bon vivant et du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 19-31), Jésus nous a présenté en avertissement l'image d'une telle âme ravagée par l'arrogance et par l'opulence, qui a créé elle-même un fossé infranchissable entre elle et le pauvre; le fossé de l'enfermement dans les plaisirs matériels; le fossé de l'oubli de l'autre, de l'incapacité à aimer, qui se transforme maintenant en une soif ardente et désormais irrémédiable. Nous devons relever ici que Jésus dans cette parabole ne parle pas du destin définitif après le Jugement universel, mais il reprend une conception qui se trouve, entre autre, dans le judaïsme ancien, à savoir la conception d'une condition intermédiaire entre mort et résurrection, un état dans lequel la sentence dernière manque encore.
C'est ce que j'appelle le shéol, le passage de la mort.

C'est là où le Christ paraît puis juge selon ce texte :
1 Pierre 3, 19 C'est lui Jésus qui s'en alla même prêcher aux esprits en prison,
1 Pierre 3, 20 à ceux qui jadis avaient refusé de croire lorsque temporisait la longanimité de Dieu, aux jours où Noé construisait l'Arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l'eau.
1 Pierre 4, 6 C'est pour cela, en effet, que même aux morts a été annoncée la Bonne Nouvelle, afin que, jugés selon les hommes dans la chair, ils vivent selon Dieu dans l'esprit.
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Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?

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Arnaud Dumouch a écrit :Ca ne peut pas être le purgatoire classique où, justement, la Sentence est posée.
Celui-ci au contraire est AVANT LE JUGEMENT.
Mais ils sont déjà punis et d'autres consolés. Donc il y a un premier jugement.
Mac a écrit :44. Dans la parabole du riche bon vivant et du pauvre Lazare (cf. Lc 16, 19-31), Jésus nous a présenté en avertissement l'image d'une telle âme ravagée par l'arrogance et par l'opulence, qui a créé elle-même un fossé infranchissable entre elle et le pauvre; le fossé de l'enfermement dans les plaisirs matériels; le fossé de l'oubli de l'autre, de l'incapacité à aimer, qui se transforme maintenant en une soif ardente et désormais irrémédiable. Nous devons relever ici que Jésus dans cette parabole ne parle pas du destin définitif après le Jugement universel, mais il reprend une conception qui se trouve, entre autre, dans le judaïsme ancien, à savoir la conception d'une condition intermédiaire entre mort et résurrection, un état dans lequel la sentence dernière manque encore.
Vous ne faites que confirmer ce que je dis. Je vous dis que le Pape Benoît XVI ne parle du jugement universel puisqu'il dit: "Nous devons relever ici que Jésus dans cette parabole ne parle pas du destin définitif après le Jugement universel,...un état dans lequel la sentence dernière manque encore." Autrement dit cet état intermédiaire précède le jugement universelle. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas eut déjà un premier jugement.

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