Calanda et Peter van Rudder : des faux miracles

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Sceptique
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Re: Calanda et Peter van Rudder : des faux miracles

Message non lu par Sceptique »

Raistlin a écrit : La jambe sera enterrée, et deux ans et demi plus tard, on trouvera le trou où elle fut enterrée vide (p. 79).
L'aticle de Wikipédia dit à ce sujet : "Selon le journal Aviso Historico du 4 juin 1640, des recherches ont été faites dans le cimetière de l'hôpital de Saragosse, où la jambe coupée avait été enterrée, mais on n'y a pas trouvé la jambe, il n'y avait qu'un trou vide dans la terre. A. Deroo et V. Messori ne renvoient pour ce fait qu'au journal Aviso Historico, ce qui semble indiquer que les actes du procès ne le mentionnent pas." On aurait donc trouvé un trou vide. Et pourquoi un trou ? Ne s'était-on pas contenté d'enfouir la jambe, lui avait-on fait un caveau ? Dommage qu'on n'ait pas plus de détails et que les actes du procès ne semblent pas en parler.
Raistlin a écrit :Pellicer a l'habitude de laisser sa plaie visible (p. 80).
Dans le cas De Rudder, de nombreux témoins ont dit que quand De Rudder avait tordu sa jambe sous leurs yeux (c'est une preuve qu'on donne de la persistance de la fracture : il pouvait tourner son pied de façon à amener le talon en avant), il avait mis sa jambe à nu pour le faire, de sorte qu'on voyait bien que la torsion se faisait à l'endroit de la fracture. Ce point est important, sinon la torsion du pied pouvait très bien avoir été rendue possible par la perte du tendon extenseur du gros orteil, perte dûment constatée par un médecin. En face de ces nombreux témoins, il y en a deux qui ont dit que De Rudder leur avait fait sa démonstration souvent (un des deux dit "bien cent fois"), mais jamais en dénudant sa jambe. La commission ecclésiastique incrimine le grand âge d'un de ces deux témoins. (A propos d'un autre témoin qui en rabat sur ce qu'il avait dit ou qu'on lui avait fait dire lors d'une enquête antérieure, la commission dit avoir l'impression qu'il en sait plus qu'il ne veut en dire.) On a donc un blessé qui exhibe complaisamment son infirmité, des villageois qui ont raconté des choses extraordinaires et qui comprennent le détail qu'on attend d'eux pour que leur témoignage soit significatif, deux témoins à la tête apparemment plus froide dont les déclarations suggèrent que les choses se passaient toujours autrement (pourquoi De Rudder aurait-il toujours, et "bien cent fois", laissé sa jambe couverte devant ces deux témoins s'il la découvrait devant les autres ?), ce qui vaut au moins à l'un d'eux des soupçons de la part de la commission ecclésiastique. Il aurait suffi que ces deux témoins fussent catalogués comme suspects dès avant les séances, et à ce titre ne fussent pas convoqués, pour que tous les témoins parlant de la torsion disent l'avoir vue quand la jambe était découverte. Pourquoi des phénomènes analogues n'auraient-ils pas joué dans le cas Pellicer ?
Raistlin a écrit :Quotidiennement, Pellicer demande un peu d'huile des lampes aux servants d'autel pour oindre son moignon, ce qui lui vaudra les reproches du professeur Juan de Estanga (celui là-même qui l'a amputé) qui continue de le voir régulièrement et gratuitement (p. 81). Estanga avertit que l'onction quotidienne d'huile peut faire obstacle à la cicatrisation complète.
La commission a-t-elle demandé à Pellicer le détail de ses relations avec Estanga ? Pellicer a-t-il fait indépendamment d'Estanga des déclarations qui prouvent qu'Estanga ne le confondait pas sur certains points avec un autre patient ? C'est la moindre des choses, quand on a Pierre et Paul sous la main, de vérifier auprès de Pierre ce que Paul dit de circonstances où Pierre et Paul se sont trouvés ensemble.
Raistlin a écrit :Au bout de 2 ans de cette vie, Pellicer décide de retourner dans sa famille. Là-bas, ne pouvant travailler aux champs, il passera quelque temps à mendier.

Oui, mais, curieusement, on nous dit aussi que le jour précédant la nuit du miracle, il travaillait aux champs. Voyez l'article de Wikipédia, qui renvoie à l'abbé André Deroo, L'homme à la jambe coupée, Montsurs, éd. Résiac, 1977, p. 61, et à Vittorio Messori, Le Miracle impensable, traduction française, Paris, Mame, 2000, p. 89-90. Alors, il était vraiment si infirme que ça ?
Raistlin a écrit : Une fois le miracle advenu, l'examen de la jambe montre la cicatrice laissée par l'accident qui lui a fracturé le tibia (p. 99).
Comme noté par L. Garlaschelli, ceci est parfaitement compatible avec la thèse de la non-amputation.
S.
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