Félicitation Jean-Baptiste, vous avez mis le doigt sur ce que je cherchais depuis longtemps.
Je constate aussi une différence profonde : le rapport à la transcendance et de manière plus général au divin. HP est totalement "naturaliste", la magie y est une force naturelle comme les autres, et jamais la question du divin ne se pose, pas même dans une perspective panthéiste.
Alors que dans Tolkien, c'est très présent. Les créatures se savent créatures, enfants d'Illuvatar. On voit bien la manifestation du mal qui cherche à usurper ce pouvoir créateur, avec la création des goblins, puis celle des uruk-hai...
Mais tout ça ne me suffisait pas à comprendre ce qui fait qu'une oeuvre est lumineuse, quand l'autre reste sombre du début à la fin : vous avez touché juste en constatant que la différence, c'est l'espérance.
Je me demande si on ne peut pas aussi considérer, du coup, qu'il y a dans Tolkien une manifestation de foi (dans ce rapport au créateur, très diffus mais toujours présent), et on se retrouverait alors avec foi et espérance qui accompagnent la charité, l'amour véritable. Alors que dans HP, il n'y a aucune foi (c'est un univers totalement athée), un vague espoir qui est très loin d'être l'espérance, et par conséquent un amour qui se retrouve réduit à un sentiment dont on perçoit bien qu'il lui manque quelque chose...
Harry Potter et Tolkien
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Re: Harry Potter et Tolkien
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Re: Harry Potter et Tolkien
Je pense avoir bien compris ce que vous vouliez dire.jeanbaptiste a écrit :J'ai évidemment un peu exagéré quand j'ai dis que l'amour chez Rowling était "creux".
Et c'est toute la contradiction de la situation ... l'amour et l'espérance sont justement deux valeurs phares du christianisme. Finalement des gens comme eux seraient presque plus chrétiens que des croyants fatalistes et peu charitables ...
C'est là que je voyais l'action de l'Esprit Saint tel que vous le décrivez : le cœur serait déjà converti avant que la tête ne le soit. Il paraît qu'il y a jusqu'au moment de sa mort pour se tourner vers Dieu, ça laisse de la marge ^^
Plus je réfléchis aux croyances, à la foi, à la recherche de l'absolu et plus les adjectifs définissant les différentes possibilités me semblent étriqués. Ils effacent toute la complexité du raisonnement et du ressenti qu'il y a derrière, avec ses doutes, ses espoirs, ses contradictions ...
EDIT : maintenant que j'y pense, l'expérience personnelle doit jouer aussi ... entre quelqu'un qui a connu les tranchées de la 1ere guerre mondiale et une autre qui a eu (à peu de choses près, je suppose) une vie normale, on doit forcément retrouver une différence d'intensité dans les sentiments au niveau des œuvres. Qui sait ce qu'aurait donné HP si Rowling avait connu les bombardements ? (ça rejoint l'intensité des œuvres de Miyazaki d'ailleurs ...)
Oui, la fin m'a déçu aussi.jeanbaptiste a écrit :P.S. : j'ai bien aimé Harry Potter, mais j'avoue que les deux derniers tomes m'ont un peu déçu. J'ai eu la désagréable impression que tout en faisant "mûrir" à mesure que ses personnages et son lectorat vieilli, elle a cependant préservé des procédés littéraires typiques de la littérature enfantine propre aux deux premiers tomes. Ça m'a un peu gâché la lecture.
Je ne parlerai pas de procédés littéraires puisque je n'aime pas analyser les œuvres (et en plus je suis pas douée pour). Les deux premiers tomes, sans prétentions, passent toujours très bien, j'ai même été agréablement surprise quelquefois. Mais au niveau des possibilités de l'histoire à la fin de la série, je trouve qu'il y avait des choses très intéressantes qui avaient été amenées petit à petit, et qui finalement n'ont pas été exploitées, au profit de choix complètement bateaux ... un grand gâchis, de mon point de vue
Dans les critiques à formuler à propos de la fin : Voilà ... de mon côté la fin de HP ça a fait pouet, en gros.
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Re: Harry Potter et Tolkien
L'auteur aurait eu bien tort de se fatiguer à écrire une fin intéressante, puisque de toute façon elle était sûre d'avance d'en vendre des millions. Non?marie du hellfest a écrit : Oui, la fin m'a déçu aussi.
un grand gâchis, de mon point de vue![]()
(cela dit, je n'ai lu que le 1er tome, qui ne m'a pas donné envie de lire la suite. D'après ce que vous dites, je n'ai rien perdu).
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Re: Harry Potter et Tolkien
Je ne sais pas ... les premiers tomes m'ont toujours donné une impression de nostalgie de mes rêves d'enfant, qui me paraît sincère et bien palpable.
J'ai l'impression qu'à ce moment là Rowling doit s'amuser autant que le lecteur à évoluer dans cet univers. D'ailleurs le côté "rétro" des sorciers (hermétiques aux nouvelles technologies), les matériaux employés (naturels, contrairement aux synthétiques qui inondent les moldus), tout ça participe d'une ambiance chaleureuse et accueillante.
C'est systématique, à chaque fois que je me replonge dans le premier tome j'ai l'impression de me revoir petite dans la maison de mes grands-parents, lors des grandes réunions de famille de Noël ...
Je la vois mal se détacher dans les derniers tomes de l'univers qu'elle a recréé et qui est si bien réussi dans les premiers (preuve à mon sens qu'elle s'y est vraiment investie). Ce serait un peu comme saboter un chef-d’œuvre qu'on a mis des années à construire, sous prétexte qu'on a plus besoin de s'inquiéter de ses problèmes d'argent.
Et dans ce cas, pourquoi s'embêter à rajouter des développements intéressants dans les tomes médians alors que sa fortune était déjà assurée ?
Elle aura plus probablement été débordée, je pense. Par une fin dont elle n'était pas satisfaite et qu'elle n'a pas réussi à mettre en place ? Je rappelle qu'au moment où le premier tome a été éditée elle était une illustre inconnue et la publication aurait très bien pu s'arrêter là, peut-être même qu'elle ne l'avait même pas envisagée alors. Par la pression du public et de la notoriété qu'elle a acquise ? Par une pression de son éditeur ? Parce qu'elle n'arrivait finalement plus à se dépatouiller de la complexité développée dans les précédents tomes ? That is the question !
Dans tous les cas ça n'enlève rien au plaisir que j'ai pris à lire les 5 premiers tomes ...
J'ai l'impression qu'à ce moment là Rowling doit s'amuser autant que le lecteur à évoluer dans cet univers. D'ailleurs le côté "rétro" des sorciers (hermétiques aux nouvelles technologies), les matériaux employés (naturels, contrairement aux synthétiques qui inondent les moldus), tout ça participe d'une ambiance chaleureuse et accueillante.
C'est systématique, à chaque fois que je me replonge dans le premier tome j'ai l'impression de me revoir petite dans la maison de mes grands-parents, lors des grandes réunions de famille de Noël ...
Je la vois mal se détacher dans les derniers tomes de l'univers qu'elle a recréé et qui est si bien réussi dans les premiers (preuve à mon sens qu'elle s'y est vraiment investie). Ce serait un peu comme saboter un chef-d’œuvre qu'on a mis des années à construire, sous prétexte qu'on a plus besoin de s'inquiéter de ses problèmes d'argent.
Et dans ce cas, pourquoi s'embêter à rajouter des développements intéressants dans les tomes médians alors que sa fortune était déjà assurée ?
Elle aura plus probablement été débordée, je pense. Par une fin dont elle n'était pas satisfaite et qu'elle n'a pas réussi à mettre en place ? Je rappelle qu'au moment où le premier tome a été éditée elle était une illustre inconnue et la publication aurait très bien pu s'arrêter là, peut-être même qu'elle ne l'avait même pas envisagée alors. Par la pression du public et de la notoriété qu'elle a acquise ? Par une pression de son éditeur ? Parce qu'elle n'arrivait finalement plus à se dépatouiller de la complexité développée dans les précédents tomes ? That is the question !
Dans tous les cas ça n'enlève rien au plaisir que j'ai pris à lire les 5 premiers tomes ...
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Re: Harry Potter et Tolkien
J'ai probablement dit une bêtise, car je n'y connais rien ! Je suis hermétique à ce genre d'ambiance, et je ferais mieux de laisser causer les gens compétents!
Re: Harry Potter et Tolkien
Peut-être que plûtot que d'avoir manqué de bonne volonté, cette auteure n'a tout simplement pas réussi à créer une "bonne fin". (ce qui peut-être assez difficile, il est plus facile de créer un bon début que de maintenir le niveau et de bien conclure)
"With my eternal life, I will see the world through to its end. Until everyone who won't like me is gone."
— Porky Minch
"Can you face your fears ?"
— Hanako
I speak from the noise
Souls and shapes, forever twisted
the lost voices of the damned
lure the bringer of despair
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Re: Harry Potter et Tolkien
Bonjour,
Je plussoie fortement !
Ce que je retiens de la série Harry Potter c'est surtout cette ambiance, cette excitation lorsqu'il découvre l'univers des sorciers avec toutes ces nouvelles règles, la liberté (être entre personnes du même âge dans des dortoirs, pouvoir explorer le château en catimini... C'est grisant pour tout enfant qui lit cette saga je pense !), ces nouveaux lieux (la banque, l'école, le village voisin, les cachettes secrètes, les bois), le bestiaire, les cours, la redécouverte de l'histoire de sa famille, etc.
J'ai lu tous les tomes plusieurs fois puis moins à partir du 6ème. Le dernier je ne l'ai lu qu'une fois et il m'a en effet laissé un goût amer.
A titre d'exemple sur le manichéisme :
marie du hellfest a écrit : Dans tous les cas ça n'enlève rien au plaisir que j'ai pris à lire les 5 premiers tomes ...
Ce que je retiens de la série Harry Potter c'est surtout cette ambiance, cette excitation lorsqu'il découvre l'univers des sorciers avec toutes ces nouvelles règles, la liberté (être entre personnes du même âge dans des dortoirs, pouvoir explorer le château en catimini... C'est grisant pour tout enfant qui lit cette saga je pense !), ces nouveaux lieux (la banque, l'école, le village voisin, les cachettes secrètes, les bois), le bestiaire, les cours, la redécouverte de l'histoire de sa famille, etc.
J'ai lu tous les tomes plusieurs fois puis moins à partir du 6ème. Le dernier je ne l'ai lu qu'une fois et il m'a en effet laissé un goût amer.
A titre d'exemple sur le manichéisme :
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Re: Harry Potter et Tolkien
Bonjour,
A mon tour de mettre un peu mon grain de sel dans la conversation d'autant que vu mon âge je suis un peu de la "génération Harry Potter" puisque j'ai commencé à lire le premier tome à huit ans et que j'y ai pris énormément de plaisir et ce pour toute la série. Je confie tout de même qu'il s'agit là du regard qui fut celui de l'adolescent que j'étais avec la maturité que cela implique. Néanmoins, à titre d'exemple, jusqu'à mon passage en études supérieures, par habitude, je relisais l'ensemble de la série au moins une fois par an.
Alors, me direz-vous, pourquoi cet engouement ? Tout simplement parce que c'est une façon de rêver un peu. Au fond les romans reprennent un peu des clichés de la magie en les replaçant dans un contexte scolaire plutôt parlant (on s'identifie plus ou moins bien au système britannique, mais comme c'est assez bien ficelé, ça n'en devient que plus exotique), offrant du coup une certaine évasion. Mais comme certains l'ont fait remarquer, cela vaut essentiellement pour les cinq premiers tomes. Après quoi, on s'éloigne graduellement : à partir de là, on aime ou on n'aime pas. Pour ce qui est de mon ressenti personnel, j'étais à l'époque plutôt enthousiaste parce que ça glissait un peu vers le genre "fantasy" que j'avais alors l'habitude de lire. Maintenant aujourd'hui, je ne saurais le dire puisque je n'ai pas rouvert les livres depuis ma terminale.
Concernant le manichéisme de l’œuvre, il est vrai qu'on ressent tout même beaucoup l'opposition "gentils/méchants", même si parfois elle est nuancée par quelques personnages (Rogue - qui soit dit en passant est un délice et plus encore porté à l'écran par Alan Rickman, mais je m'éloigne - la famille Malfoy ou encore Cornelius Fudge). Après il ne faut pas oublier qu'au départ il s'agit bel et bien d'un livre pour enfants et même l’œuvre grandit de tome en tome, elle en reste tributaire en ce sens.
Enfin bref, dans tout les cas, ayant grandi avec cette série de livre, mon regard est tout sauf objectif, je contente donc de ces quelques impressions
Fraternellement,
Minister.
A mon tour de mettre un peu mon grain de sel dans la conversation d'autant que vu mon âge je suis un peu de la "génération Harry Potter" puisque j'ai commencé à lire le premier tome à huit ans et que j'y ai pris énormément de plaisir et ce pour toute la série. Je confie tout de même qu'il s'agit là du regard qui fut celui de l'adolescent que j'étais avec la maturité que cela implique. Néanmoins, à titre d'exemple, jusqu'à mon passage en études supérieures, par habitude, je relisais l'ensemble de la série au moins une fois par an.
Alors, me direz-vous, pourquoi cet engouement ? Tout simplement parce que c'est une façon de rêver un peu. Au fond les romans reprennent un peu des clichés de la magie en les replaçant dans un contexte scolaire plutôt parlant (on s'identifie plus ou moins bien au système britannique, mais comme c'est assez bien ficelé, ça n'en devient que plus exotique), offrant du coup une certaine évasion. Mais comme certains l'ont fait remarquer, cela vaut essentiellement pour les cinq premiers tomes. Après quoi, on s'éloigne graduellement : à partir de là, on aime ou on n'aime pas. Pour ce qui est de mon ressenti personnel, j'étais à l'époque plutôt enthousiaste parce que ça glissait un peu vers le genre "fantasy" que j'avais alors l'habitude de lire. Maintenant aujourd'hui, je ne saurais le dire puisque je n'ai pas rouvert les livres depuis ma terminale.
Concernant le manichéisme de l’œuvre, il est vrai qu'on ressent tout même beaucoup l'opposition "gentils/méchants", même si parfois elle est nuancée par quelques personnages (Rogue - qui soit dit en passant est un délice et plus encore porté à l'écran par Alan Rickman, mais je m'éloigne - la famille Malfoy ou encore Cornelius Fudge). Après il ne faut pas oublier qu'au départ il s'agit bel et bien d'un livre pour enfants et même l’œuvre grandit de tome en tome, elle en reste tributaire en ce sens.
Enfin bref, dans tout les cas, ayant grandi avec cette série de livre, mon regard est tout sauf objectif, je contente donc de ces quelques impressions
Fraternellement,
Minister.
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Re: Harry Potter et Tolkien
Arf, compétent, c'est beaucoup dire ... ^^Fée Violine a écrit :J'ai probablement dit une bêtise, car je n'y connais rien ! Je suis hermétique à ce genre d'ambiance, et je ferais mieux de laisser causer les gens compétents!
Disons que l'attachement à un monde par son auteur est quelque chose qui se rencontre fréquemment parmi la littérature hors "roman classique", si je puis dire. Certains auteurs avouent même que c'est leurs personnages qui guident l'histoire, même s'ils avaient prévu autre chose pour la suite ... c'est assez amusant de s'intéresser à l'écriture de ce genre d’œuvre.
Je vous rejoins sur l'ambiance, c'est souvent une question de goût, et les goûts et les couleurs, comme on dit ...
Personnellement la fantasy est peut-être le type de monde qui me touche le plus, que ce soit en littérature, jeux-vidéos, films ou jeux-de-rôles.
Tout à fait ! Je ne compte plus les histoires que j'ai trouvées palpitantes et où la fin m'a déçue (voir m'a fait l'effet du soufflet de Gaston, quelquefois).Zarus a écrit :Peut-être que plûtot que d'avoir manqué de bonne volonté, cette auteure n'a tout simplement pas réussi à créer une "bonne fin". (ce qui peut-être assez difficile, il est plus facile de créer un bon début que de maintenir le niveau et de bien conclure)
Mais dans notre cas, plus que "ratée", je l'ai trouvée "bâclée" ; maintenant il ne s'agit que de mon impression, et comme je marche presque uniquement au ressenti ...
@ Silica :
Oui, j'avais oublié l'évolution de la famille Dursley également ! Une bonne surprise, un semblant de respect qui semble se former entre Dudley et Harry, et la tante Pétunia qui a souffert à sa manière de Voldemort, jusqu'à vouloir occulter et dénigrer la cause de sa souffrance ...
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