Bonsoir Silica,
Avant toute chose, votre réponse n'est pas si brève que cela
Ensuite, j'en suis désolé si vous trouvez mes arguments peu concluants mais je ne suis pas surpris : je me doute que je ne convertirai pas beaucoup de femmes à sortir de bon nombre de stéréotypes les concernant.
Ceci étant dit, passons au coeur de la discussion.
Vous pouvez commencer par revoir votre définition d'agression sexuelle : une main aux fesses en est une, et les femmes ont tout autant la capacité physique que les hommes de la commettre (mais bizarrement ce sont rarement les hommes qui se font tripoter dans les transports en commun).
Et lorsque vous dites :
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Le problème consiste en un rapport à la sexualité qu'il faut revoir, mais pour cela, il faut que sexualité, il y ait... Un gosse de primaire ou de maternelle n'en est pas à ce stade.
Justement, non, ce n'est pas de la sexualité en l'occurrence c'est de la violence, de la domination : certains hommes se sentent autorisés à poser leurs mains sur des femmes qui n'ont rien demandé ou ont même carrément dit non, et c'est grave, et on peut commencer par apprendre aux enfants qu'on doit un respect égal aux filles et aux garçons, qu'il n'y a aucune différence de ce côté là. On n'a pas à contraindre qui que ce soit à des atteintes sexuelles. Cela ne vous choque pas quand on apprend aux enfants à ne pas frapper les autres, pourquoi en irait-il autrement ici ?
Au sujet de la définition d'agression sexuelle, j'utilise la même que celle qui est utilisée dans les statistiques que j'ai fourni, histoire de coller avec des éléments qui ont une certaine réalité. De fait, ces statistiques comme vous le dites vous même dans votre raisonnement parlent d'HOMMES, et non-pas d'enfants. Seulement avez-vous des exemples de cas d'enfants mâles qui agresseraient à ce point des petites filles? Surement pas! Pourquoi? Parce que leur sexualité ne s'est pas développée suffisamment pour qu'elle pousse l'enfant à l'exprimer. Et si elle ne s'est pas éveillée, à quoi bon en parler aux enfants? Ils ne comprendront pas un traitre mot de la dimension sexuelle qui leur sera expliqué. Par contre, ce qu'ils peuvent comprendre à leur âge est la dimension gênante/violente de l'acte comme vous l'avez dit, seulement c'est de l'EDUCATION, et c'est un domaine qui doit être exclusivement réservé à la famille.
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pour ceux qui osent franchir le pas (5%), beaucoup de leurs plaintes sont classées sans suite par des policiers qui se moquent et ne prennent pas la chose au sérieux. En voilà, un véritable stéréotype de genre qui serait bon à abattre!
Je suis d'accord à 100%, mais ce stéréotype néfaste n'annule pas l'injustice des autres. Beaucoup de plaintes pour viol déposées par des femmes (ce qui concerne seulement 10% des viols) sont également classées (si elles avaient bu, si elles avaient déjà eu des rapports sexuels avec leur agresseur, etc).
On est d'accord et je n'ai jamais dit le contraire.
J'affirme juste qu'il doit y avoir sensiblement le même cas de violences conjugales en harcèlement, coups, blessures, et meurtres que l'on parle d'homme ou de femme.
Une fois pour toute, aborder l'homosexualité (au collège, pas en primaire, même si en primaire cela peut arriver dans la discussion ou quand les enfants posent des questions) n'a pas un but prosélyte pour la simple et bonne raison qu'on ne choisit pas d'être homosexuel. C'est quelque chose qu'on est ou pas, comme l'hétérosexualité. Aborder ce sujet a donc deux objectifs dont le bénéfice est incontestable : 1) indiquer aux (futur.e.s) hétérosexuel.le.s que l'homosexualité n'est pas un sujet de moquerie, pas quelque chose d'indigne et que les homosexuels ne méritent pas moins de respect que les autres. 2) Indiquer aux (futur.e.s) homosexuel.le.s qu'il n'y a aucune honte à l'être et qu'on ne doit pas se percevoir comme un monstre à partir du moment où on en prend conscience. Si cela peut éviter des méchancetés, des fugues et des suicides tout le monde y gagnera.
Là encore, nous avons un désaccord certain : je vous invite à regarder la fin de la conférence que j'ai linké en premier post qui vous prouvera par A+B que le discours sur l'homosexualité est prosélyte.
Pour le reste, il s'agit de notion de respect d'autrui, domaine qui appartient à l'éducation et donc à la famille. Du reste, j'émets des réserves quand au côté "normal" que vous imputez à l'homosexualité dans votre raisonnement. Gardez à l'esprit que la grande majorité des gens sur cette planète croient en un être supérieur et que la plupart des grandes religions proscrivent l'homosexualité comme étant contre-nature. A moins que vous vouliez faire caviarder tous les livres sacrés qui existent, vous aurez du mal à faire croire aux gens de manière unanime une chose pareille...
Quant au harcèlement par hiérarchie il peut également être sexuel, et comme les femmes sont moins souvent à des postes de responsabilité que les hommes elles ont matériellement moins l'occasion de harceler leurs employés (même si cela arrive. Le pouvoir...). Dans tous les milieux, des petites phrases « pas méchantes » mais qui blessent et vous ramènent en permanence à votre sexe aux blagues sexistes en passant par les ultimatums sexuels, le quotidien des femmes dans leur sphère professionnelle n'est pas sécurisant, sauf si c'est un milieu où il y a une majorité de femmes (édition, médecine).
Je vois ce que vous voulez dire au sujet des petites phrases déplacées mais par pitié n'exagérez pas non-plus. Vous parlez de quotidien des femmes pas sécurisant dans leur sphère professionnelle, comme si à tout moment, un infâme méchant patron mâle pouvait leur sauter dessus ou leur faire des réflexions douteuses. Je vous invite à d'avantage peser vos mots parce que c'est ainsi que certain(e)s en viennent à penser que la femme vit comme un calvaire de toute époque et que l'homme se prélasse, repus, entre 2 agressions... Non, plus sérieusement, le quotidien des femmes est beaucoup plus rose que cela, que ce soit dans la rue ou sur leur lieu de travail.
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on nous montre à la télévision des corps masculins (souvent gras et poilus) pour contraster avec les corps sans défaut de femmes qui sont exhibés pour vendre un produit.
C'est tout à fait intéressant, je n'avais jamais vu ça sous cet angle. Mais cette sexualisation constante du corps de la femme amène aussi les gens à penser que les femmes sont fondamentalement sexuelles, faites pour ça et presque uniquement pour ça... Pourquoi refuseraient-elles alors ?...
Cela amène aussi à penser que les hommes ne pensent qu'à "ça", partout et tout le temps... Là encore les hommes ne sont pas mieux traités!
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"insécurité permanente" : une femme peut aisément sortir dans la rue (même le soir) sans se faire agresser, qu'est ce que vous racontez?
Je me suis mal exprimée (mais je trouve douteux que cela vous fasse rire même en ces termes) : je voulais dire « sentiment d'insécurité permanente ». Vous ne le savez certainement pas mais c'est un privilège de pouvoir sortir sans craindre de se faire insulter, peloter, draguer ou abuser et surtout la nuit où le moindre trajet à pied toute seule fait voir des étoiles et imaginer les pires scénarios. C'est à cause d'un conditionnement : depuis l'enfance on nous a toujours répété que c'était dangereux, dangereux de sortir le soir en restant plutôt flou sur les raisons. Résultat : les femmes ont peur du viol la nuit dans la rue alors qu'en fait si elles sont violées ce sera probablement chez elles ou chez leur conjoint.
Je partage tout à fait votre point de vue sur le conditionnement.
Là où je m'en éloigne, c'est que pour moi, nous vivons dans une société de la peur où chacun, homme comme femme, craint que le ciel lui tombe sur la tête à tout instant (accident, agression, maladie, etc...), chose qui peut créer un certain nombre de troubles chez les individus... En l’occurrence, sortir tard le soir, dans l'esprit des gens n'est pas plus rassurant que l'on soit un homme ou une femme : une femme craindra le viol, un homme craindra le vol. Mais quoiqu'il arrive, tout ceci n'est pas aussi fréquent que ce que vous dites : à titre personnel, je connais beaucoup de femmes (aux physiques et aux âges assez variés) et très peu se soucient particulièrement des agressions lorsqu'elles sortent, et pourtant j'ai habité plusieurs grandes villes!
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Concrètement, de nos jours, il n'y a AUCUNE formation interdite aux femmes
Oui bien sûr... Mais c'est pour cela que je parle d'inhibition. Qu'est-ce qui empêche une femme de devenir ingénieure ou physicienne ? Rien. Alors pourquoi y a t-il beaucoup plus d'hommes dans ces métiers ? Et pourquoi si peu d'hommes sont-ils caissiers ou « femmes de ménage » (là le stéréotype est contenu dans l'appellation même) alors que ce sont des métiers assez physiques ? Vous noterez également la différence de prestige.
Ce qui empêche? Comme je l'ai dit, il n'y a pas que le genre là dedans...
Soit dit en passant je vous invite une fois de plus à regarder les statistiques, parce que dans le cas de l’ingénierie, 1 personne sur 4 est une femme. Notamment, les ingénieurs en agronomie sont en majorité des femmes (66% en 2013)... Si tout devait être lissé (indépendant du genre), et si tous les écarts ne s'expliquent que par les stéréotypes de genre, pouvez-vous m'expliquer ce qu'il y a de particulièrement féminin dans le fait d'être ingénieure en agronomie, s'il vous plait?
Autre chose, vous parlez de caissières et de femmes de ménage mais vous omettez qu'il existe des balayeurs des rues et des éboueurs. On ne voit pas beaucoup de femmes dans ces métiers... Les hommes se garderaient-ils tout le prestige de ces professions?
Est-il donc nécessaire d'enseigner le genre à l'école pour avoir la chance de voir des balayeuses de rue, des éboueuses et des ingénieurs agronomes? Est-ce si fondamental au point qu'on doive sensibiliser tout jeune à la sexualité les enfants? Là encore, un faux problème avec de mauvaises "solutions"!
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Globalement, en gardant tout cela en tête, les passions retombent assez vite, et on peut ENFIN se focaliser sur les véritables problèmes.
Alors ça... Vous m'expliquerez quels sont-ils ces « véritables problèmes » si tout ce qu'on vient d'énoncer c'est de la gnognotte.
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Effectivement, le viol reste un problème masculin parce que ce sont eux qui peuvent d'un point de vue pratique plus facilement le réaliser : il y a encore beaucoup à dire là dessus mais c'est un état de fait qui ne changera jamais. Effectivement, l'image de la femme est utilisée à des fins commerciales notamment, mais c'est le monde de la mode et les métiers de l'image qu'il faut recadrer... Dites-moi en quoi tout cela changerait si on faisait lire "papa porte une robe" et "dis mamans" aux enfants?
« c'est un état de fait qui ne changera jamais » Ah bah super, donc les viols sont une conséquence naturelle de la société, on laisse comme ça on s'en fout !
Non, vous n'avez pas compris mon propos : je ne nie pas que des problèmes existent mais comme je le disais (chose qui vous a fait bondir mais que pourtant j'argumente, statistiques à l'appui) ce ne sont pas des problèmes particulièrement propres aux femmes! Les hommes vivent un certain nombre de choses déplaisantes au quotidien dont celles que vous avez cité et ça n'a pas l'air d'émouvoir grand monde... Si donc les hommes et les femmes vivent plus ou moins les mêmes peines, nous n'avons donc pas besoin du gender à l'école
Après évidemment qu'il faut faire quelque chose au sujet des violeurs, des racistes et de tous les comportements violents, que ce soit en terme de prévention comme en terme de punition, ne caricaturez pas. Mais ce que je me tue à vous dire c'est que le gender n'est PAS la solution : non-seulement ce n'est pas à l'école d'éduquer des enfants, mais parler de sexualité alors que le sujet devrait plus s'axer sur le respect de l'autre n'avance pas plus les enfants. J'irai même jusqu'à penser que ça les fera reculer, parce qu'ils seront sexualisés plus tôt et qu'ils adopteront plus tôt tous les comportements que vous dénoncez...
Je veux bien admettre votre bonne foi et votre inquiétude, seulement, vous n'êtes pas la seule à parler aux gens qui vous entourent, et à évoluer dans la société. Je pense aussi savoir de quoi je parle... Aussi pour se départager, avez-vous des chiffres ou des analyses à me présenter pour étayer vos dires? Moi, je l'ai fait et cela ne reflète absolument pas ces stéréotypes féministes de l'homme conquérant supérieur et de la femme objet de désir passif... Je me demande même très sincèrement si tout cela a au moins un jour existé!
Tout ceci s'apparente plus à du matraquage médiatique et idéologique qu'à de véritables problèmes de société...