Charles a écrit :wanderer a écrit :La réfutation et la revendication de la vérité ne sont pas des violences. Obliger quelqu'un à réfuter ou à dire la vérité s'il ne ne le veut pas est une violence amorale et ignoble.
Tout à fait d'accord mais la question la plus d'actualité est d'assimiler la simple réfutation et revendication de la vérité à une violence faite aux autres opinions qui elles ne se revendiquent ni de la vérité ni de l'épreuve du dialogue (ces opinions sont plus dogmatiques que n'importe quelle vérité car elle ne risquent jamais la réfutation, étant donné le parti pris d'irrationnalité selon lequel "c'est mon opinion, il faut la tolérer"... qui ne signifie plus depuis longtemps "ne me persécutez pas à cause d'elle" mais désormais "ne me dites pas et ne me prouvez pas que je suis dans l'erreur ou la vérité, ça ne m'intéresse pas et vous êtes un dangereux fasciste").
Tout à fait d'accord avec vous. La réaction que vous dénoncez ("vous n'avez pas le droit de me critiquer, sinon...") est très enfantine et nous avons du mal, aujourd'hui, à en sortir.
Je crois que c'est ainsi en raison d'un certain manque de confiance réciproque. Si vous ne pensez pas comme moi, je sais a priori que vous ne me persécuterez pas ; or beaucoup de gens, aujourd'hui, font comme s'ils n'avaient pas cet a priori ; ils ont peur que leur contradicteur utilise tous ses moyens pour les réduire au silence. Donc ils agissent sur d'autres plans, comme pour prévenir cette "persécution" potentielle (ils utilisent alors le terrorisme intellectuel et d'autres beautés de ce genre, et contribuent ainsi à réduire cette même liberté d'expression qu'ils voulaient se garantir).
L'autre chose qui joue, à mon avis, dans ces comportements, est liée à un problème d'instruction ; le langage contemporain est beaucoup plus pauvre qu'il y a quelques décennies (à plus forte raison chez ceux qui n'ont pour tout horizon que la culture TV, mais aussi pour les autres, moi compris). Pour exprimer nos opinions, nous avons donc moins de moyens, alors nous choisissons souvent une sorte de passage en force (manifs, communication, etc.) ; et dans ce genre de cas, nous paniquons à la simple idée de devoir débattre avec quelqu'un qui fait des phrases concises, bien senties ; tout simplement, nous n'avons plus les moyens linguistiques de lui répondre, alors nous coupons court à toute discussion en menaçant notre contradicteur de le traiter de fasciste.
Peut-être y voyez-vous autre chose ?
Bien à vous