Cristeros, le film à succès américain
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jean_droit
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Re: Cristiada, le film à succès américain
A Solomon :
Vous l'avez vu ? Racontez nous, s'il vous plait.
Vous l'avez vu ? Racontez nous, s'il vous plait.
Re: Cristiada, le film à succès américain
Oui je l'ai vu, vous pouvez le télécharger sur TPB ou T411. Cela relate plutôt fidèlement l'histoire un peu trop oubliée de cette révolte. Le film est bien fait, a regarder !jean_droit a écrit :A Solomon :
Vous l'avez vu ? Racontez nous, s'il vous plait.
Je ne vais pas non plus spoiler
Re: Cristiada, le film à succès américain
[Controverse sans intérêt. Merci de ne pas polémiquer à tout va. Cordialement, Cgs]
"With my eternal life, I will see the world through to its end. Until everyone who won't like me is gone."
— Porky Minch
"Can you face your fears ?"
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Re: Cristiada, le film à succès américain
Je ne suis pas fana de la résistance armée.
Certes le jeune Wojtyla ne condamnait pas les résistants polonais contre les nazis, mais avait choisi pour lui-même la résistance intellectuelle et religieuse.
Pas évident de juger quand on est pas en situation.
Certes le jeune Wojtyla ne condamnait pas les résistants polonais contre les nazis, mais avait choisi pour lui-même la résistance intellectuelle et religieuse.
Pas évident de juger quand on est pas en situation.
Se croire soi-même imparfait et trouver les autres parfaits, voilà le bonheur. (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)
Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)
Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)
Re: Cristiada, le film à succès américain
Ça bien sûr, ils ont tué des gens qui étaient de simples soldats qui avaient obéis par crainte envers leur famille,ect...Johnny a écrit :Je ne suis pas fana de la résistance armée.
Certes le jeune Wojtyla ne condamnait pas les résistants polonais contre les nazis, mais avait choisi pour lui-même la résistance intellectuelle et religieuse.
Pas évident de juger quand on est pas en situation.
Comme les Alliés n'étaient pas des héros et les soldats allemands pas des monstres.
C'est le lot de tout les conflits, des hommes ordinaires qui se battent en gentils petits pions manipulés par deux "élites" à l'idéologie bien lointaine; les deux étant souvent bien grises; trés trés rarement c'est le gris contre le noir. (occident contre nazisme) mais les soldats sont toujours gris.
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Re: Cristiada, le film à succès américain
Je me suis fait la même réflexion en regardant le film. Après tout, la Rome des premiers siècles n'était pas un exemple de liberté religieuse (c'est le moins qu'on puisse dire). Et pourtant, les premiers chrétiens n'ont pas pris les armes ; ils ont affrontés les empereurs avec le martyr et la soumission aux autorités (sauf en ce qui concerne la Foi, évidemment !).Je ne suis pas fana de la résistance armée.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
Re: Cristiada, le film à succès américain
Je suis d'accord : l'interdiction religieuse n'est pas probablement pas un motif suffisant pour prendre les armes. La seule cause valable est la lutte contre l'asservissement par une puissance étrangère qui conduit souvent à l'anéantissement d'une population.Héraclius a écrit :Je me suis fait la même réflexion en regardant le film. Après tout, la Rome des premiers siècles n'était pas un exemple de liberté religieuse (c'est le moins qu'on puisse dire). Et pourtant, les premiers chrétiens n'ont pas pris les armes ; ils ont affrontés les empereurs avec le martyr et la soumission aux autorités (sauf en ce qui concerne la Foi, évidemment !).Je ne suis pas fana de la résistance armée.
14-18 et 39-45 étaient des combats beaucoup plus légitimes, comme celui d'abdel-kader !
Se croire soi-même imparfait et trouver les autres parfaits, voilà le bonheur. (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)
Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)
Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)
Re: Cristiada, le film à succès américain
Les juifs étaient tolérés et reconnu comme une communauté à part entière. Quand les romains faisaient la conquête de nouvelle cité, ils gardaient les dieux de ces cités là, en les romanisant un peu certes, et parfois certains de ces Dieux étaient adoptés dans les anciennes cité romaine (Mithra). À la limite le moins tolérant c'est Constantin, qui en 313 fait son édit de Milan avec Licinius, mais il persécute quand mêmes les donatistes, les manichéens, les ariens, et interdit comme ses descendants après lui, de plus en plus le paganisme.Héraclius a écrit :Je me suis fait la même réflexion en regardant le film. Après tout, la Rome des premiers siècles n'était pas un exemple de liberté religieuse (c'est le moins qu'on puisse dire).Je ne suis pas fana de la résistance armée.
Et les chrétiens étaient reconnus comme une secte juive au début donc tolérés. C'est quand ils ont vu que les chrétiens étaient prosélytes qu'ils ont perdu leur "parapluie" de statut juif.
Cela dit je suis d'accord avec vous pour dire que la lutte armée est, je pense, en décalage avec la doctrine chrétienne.
Re: Cristiada, le film à succès américain
Oui, mais on se comprend ; je voulais parler des lions dans l'arène et des torches vivantes de Néron.
De toute façon, le paganisme pouvait être entendu comme une seule grande religion avec des aspects différents selon les cultures. Le concept de vérité révélée et exclusive n'existait pas.
Par contre, navré, mais Constantin n'était pas le moins tolérant. Je le préfère, lui qui malgré sa prise de partie en faveur des chrétiens n'a jamais persécuté grand' monde (même les hérétiques - il a été baptisé par un arien, d'ailleurs) à un Dioclétien qui massacrait les chrétiens par milliers.
Après, oui, la situation s'est durcie sous les successeurs de Constantin, mais sans jamais atteindre la proportion des persécution chrétiennes.
De toute façon, le paganisme pouvait être entendu comme une seule grande religion avec des aspects différents selon les cultures. Le concept de vérité révélée et exclusive n'existait pas.
Par contre, navré, mais Constantin n'était pas le moins tolérant. Je le préfère, lui qui malgré sa prise de partie en faveur des chrétiens n'a jamais persécuté grand' monde (même les hérétiques - il a été baptisé par un arien, d'ailleurs) à un Dioclétien qui massacrait les chrétiens par milliers.
Après, oui, la situation s'est durcie sous les successeurs de Constantin, mais sans jamais atteindre la proportion des persécution chrétiennes.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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jean_droit
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Re: Cristiada, le film à succès américain
Zenit publie un long article, en deux partie, sur les Cristeros :
Remarque personnelle :
Cet épisode de la résistance des mexicains à la persécution contre l'Eglise du Mexique doit nous rappeler que, dans notre pays, les actes christianophobes sont nombreux et rarement punis.
Elle doit, aussi, nous rappeler que c'est à nous, à chacun de nous, de nous révolter par des moyens appropriés au laïcisme anti-religieux triomphant.
Soyons toujours et partout des témoins de l'Evangile !
http://www.zenit.org/fr/articles/les-cr ... france-1-2
Remarque personnelle :
Cet épisode de la résistance des mexicains à la persécution contre l'Eglise du Mexique doit nous rappeler que, dans notre pays, les actes christianophobes sont nombreux et rarement punis.
Elle doit, aussi, nous rappeler que c'est à nous, à chacun de nous, de nous révolter par des moyens appropriés au laïcisme anti-religieux triomphant.
Soyons toujours et partout des témoins de l'Evangile !
http://www.zenit.org/fr/articles/les-cr ... france-1-2
Les "cristeros" aujourd'hui en France (1/2)
A la défense de la liberté religieuse durant la révolution mexicaine
Rome, 14 mai 2014 (Zenit.org) Jean-Yves Riou | 358 clics
A partir de ce mercredi 14 mai, les Cristeros débarquent sur le territoire français à travers un film diffusé dans 61 salles de cinéma. Un long-métrage qui permet de découvrir un épisode méconnu de l’histoire mexicaine : le soulèvement populaire des catholiques pour défendre la liberté religieuse contre un gouvernement farouchement anticlérical entre 1926 et 1929.
Partenaire de cet événement, Histoire du Christianisme Magazine consacre un hors-série entier à ce sujet. En outre, deux livres signés par Jean Meyer, le spécialiste mondial des cristeros, qui a redécouvert ce pan occulté de l'histoire dans les années 60, sont publiés aux éditions CLD.
Dans cette première partie d'entretien, Jean-Yves Riou, directeur de la rédaction d'Histoire du Christianisme, évoque l'histoire des cristeros, « le mouvement populaire le plus important de la période de la révolution mexicaine », mouvement où « toutes les générations sont engagées ».
Zenit - De quoi parle-t-on quand on utilise le terme « cristeros » ?
Jean-Yves Riou - Entre 1926 et 1929, au Mexique, les cristeros sont des paysans qui se soulèvent contre le gouvernement pour défendre la liberté religieuse. Les cristeros ne sont pas que des paysans, mais ils sont essentiellement des gens des campagnes, dans un pays où ces derniers représentent 70 % de la population. L’un des cris de ralliement de ces hommes est « vive le Christ-Roi ! ». Ce sont leurs adversaires qui les baptisent cristeros. Eux-mêmes se présentent comme l’Armée de libération nationale, les défenseurs, les populaires… Cristeros est donc un sobriquet dont ils vont faire un titre de gloire tant il exprime le cœur de leur lutte. Leur histoire, la Christiade, la geste des cristeros, est un épisode de la révolution mexicaine qui se déroule entre 1910 et 1940. Un épisode longtemps occulté.
Pourquoi occulté et par qui ?
Occulté par l’État et par l’Église. Il faut d’abord préciser que le soulèvement a été une surprise pour l’État comme pour l’Église. Au début, l’État a cherché sans succès les traces d’un complot clérical. En tout cas, dès son terme, l’été 1929, le sujet est tabou. La Christiade devient un secret de famille. On la nie. L’Église pour des raisons de prudence et l’État parce qu’elle n’entre pas vraiment dans la mythologie de la Révolution : un peuple qui se soulève contre ses guides autoproclamés, cela fait désordre. Bref, ni l’État « révolutionnaire », incapable d’expliquer pourquoi il a mené pendant trois ans une guerre coloniale contre son propre peuple, ni l’Église, qui n’est peut-être pas irréprochable, ne veulent entendre parler de la Christiade.
Pas irréprochable ? Vous pouvez préciser ?
Le conflit est provoqué par la faction radicale à la tête de l’État. Il n’y a pas de doute là-dessus mais, la réponse des évêques, la suspension du culte public le 31 juillet 1926 à minuit, est l’un des facteurs déclencheurs de l’insurrection. Les historiens pensent aujourd’hui que ce sont les évêques les plus radicaux qui ont arraché cette décision à leurs confrères. Bien sûr, il faut nuancer, en amont, les autres causes sont l’arrivée de Calles à la présidence en 1924, la tentative de l’État de créer une Église constitutionnelle en 1925, les provocations et même les persécutions et bien entendu les lois dites Calles qui en 1926 mettent en application les articles les plus anticléricaux de la constitution.
A la fin de la Christiade, poussés par les États-Unis, les représentants romains et les deux évêques désignés négocient la reprise du culte avec le gouvernement, mais les cristeros ne sont pas consultés. A la demande des clercs, les cristeros déposent les armes alors qu’ils n’ont pas été vaincus militairement. Bien au contraire, ils sont en position de force. Mais ils obéissent, souvent la mort dans l’âme. Malgré les sauf-conduits accordés, environ cinq mille anciens combattants – des cadres – sont assassinés. Concernant la position du Saint-Siège, les historiens se demandent aujourd’hui si les négociateurs n’ont pas interprété les consignes romaines dans un sens trop favorable au gouvernement.
Et comment la Christiade est-elle devenue publique ?
Grâce à un jésuite mexicain ! Dans les années soixante, un étudiant français, Jean Meyer, entend ce jésuite parler d’un sujet vierge et tabou dans l’historiographie mexicaine, la Christiade. Les deux hommes suivent en Sorbonne un séminaire de doctorat dirigé par Pierre Chaunu. A l’origine, Jean Meyer voulait faire une thèse sur Zapata. Ce sera finalement la Christiade et le début d’une formidable aventure intellectuelle mais, aussi, humaine. Les premiers pas sont compliqués, le sujet est interdit, les archives cadenassées.
Quarante plus tard, Jean Meyer est le spécialiste mondial de la Christiade. Entre son arrivée au Mexique et aujourd’hui, il y a une thèse de 2500 pages, 30 000 km à parcourir le Mexique profond en 4L, ou à dos de mule, à la rencontre des vétérans des deux camps et à chercher des archives. Un immense travail vulgarisé dans de très nombreux livres et publié en plusieurs langues. Les historiens mexicains, et les autres aussi, présentent aujourd’hui Jean Meyer comme l’homme qui a révolutionné l’histoire contemporaine du Mexique.
Il y a dans la presse des réserves sur le caractère populaire de la révolte ?
Oui j’ai lu ça aussi. Il faut mettre ça sur le compte des égarements de journalistes dépassés par leur sujet. La Christiade est le mouvement populaire le plus important de la période de la révolution mexicaine. Ce n’est pas moi qui le dit mais Jean Meyer qui l’écrit. Toutes les générations sont engagées dans la Christiade, y compris les femmes et les enfants. La Christiade transcende tous les clivages, sauf peut-être celui de l’argent… Ceux qui nient ou réduisent le caractère populaire de la Christiade commettent une injustice vis-à-vis des cristeros. Mais, bon, ils ont raté le train de l’histoire…
Pourtant tous les catholiques ne participent pas à cette guerre ?
D’abord 90% des Mexicains sont catholiques. Ensuite, c’est vrai, il y a des catholiques opposés aux Cristeros. En général, tous ceux qui sentent leurs intérêts économiques menacés ou leur pouvoir vaciller : les potentats locaux, les agraristes, ceux qui ont bénéficié de la réforme agraire, les grands propriétaires... On retrouve ici Bernanos, c’est la grande peur des bien-pensants. Un bon exemple de cacique est le parrain de José. Le personnage a existé et son ambiguïté est très bien montrée par le film. Le clergé lui-même est très divisé. Il est globalement hostile aux cristeros. C’est sûrement une faiblesse du film de montrer un clergé unanime et persécuté. Ce n’est pas la réalité. Une autre faiblesse est de donner une image neutre de la Ligue de défense religieuse appelée communément la Ligue. Les chefs de la Ligue, des catholiques encore, en cherchant à diriger politiquement le soulèvement n’ont provoqué que des catastrophes. C’est la ligue qui appelle au soulèvement général le 1er janvier 1927 qui débouche sur un massacre de paysans désarmés, c’est elle qui fait condamner par Rome les brigades féminines, c’est encore elle qui dépense à tort et à travers l’argent récolté par les cristeros pour acheter des munitions. L’apport essentiel de la Ligue est le recrutement de Gorostieta [l'un des leaders du mouvement des cristeros, ndlr].
A suivre, demain, 15 mai..
Les "cristeros" aujourd'hui en France (2/2)
La foi du peuple Mexicain, sens profond d'une révolte
Rome, 15 mai 2014 (Zenit.org) Jean-Yves Riou | 210 clics
La Christiade - soulèvement populaire des catholiques Mexicains pour défendre la liberté religieuse entre 1926 et 1929 – est « une révolte essentiellement religieuse » qui ne peut se comprendre sans son sens profond : « les sentiments et la foi de ce peuple », affirme Jean-Yves Riou.
Le film « Cristeros » est diffusé en France, dans 61 salles de cinéma, depuis hier, 14 mai. Dans cette deuxième partie d'entretien, Jean-Yves Riou, directeur de la rédaction d'Histoire du Christianisme Magazine, partenaire de l'événement, explique le sens de la révolte et donne des clés de lecture du film (cf. Zenit du 14 mai 2014 pour la première partie).
Zenit - Comment démêler la foi et le religieux des enjeux politiques et sociaux dans les motivations des cristeros ?
Jean-Yves Riou - Franchement, c’est assez simple la Christiade est une révolte essentiellement religieuse. Jean Meyer l’explique : au début de sa recherche, il était persuadé que la guerre avait une explication économique et sociale. Mais il butait sur son sens profond : les sentiments et la foi de ce peuple.
Ceci dit, après les années de tourmente de la Révolution mexicaine, le peuple aspire à un gouvernement juste alors qu’il a le spectacle du triomphe d’une caste de profiteurs. Dans les zones « libérées », les cristeros instaurent un gouvernement qu’ils veulent juste : ils se préoccupent d’éducation, tiennent à distance les « militaires », ceux de leur propre camp, ce qui est une nouveauté radicale. Ils pratiquent une forme de démocratie directe et villageoise. Sur le plan religieux, l’absence de clergé dans les zones de combats amènent à des liturgies blanches (sans eucharistie) conduite par des laïcs. Les cristeros sont très en avance… Les rares messes sont vécues dans un climat de ferveur extraordinaire.
Le fait que Jean-Paul II béatifie des martyrs de cette période n’a-t-il pas contribué à faire connaître la Christiade ?
Absolument. Le premier martyr est le père Augustin Pro (1988), jésuite, faussement accusé d’avoir participé à une tentative d’assassinat contre Alvaro Oberegon, le prédécesseur de Calles. Puis en en 1992 le père Magallanes incarné dans le film par Peter O’Toole, etc. Des grandes figures émergent comme Anacleto Gonzalez Flores, fondateur de l’Union populaire et admirateur de Ghandi. Il y a aussi le petit José qui est l’un des héros du film.
Je pense que le pontificat de Jean-Paul II est intéressant aussi par la réflexion menée sur l’histoire : le christianisme est la religion de l’incarnation, l’histoire est une école de vie… Une mémoire blessée reposant sur un secret de famille ne peut construire un avenir solide. En ce sens, je pense que les travaux de Jean Meyer contribuent à guérir une mémoire blessée.
Les cristeros sont-ils tous à canoniser ?
Le martyre répond à des règles précises et le fait de tomber sur un champ de bataille n’en fait pas partie. Ceci dit, je trouve éclairante la formule de Jean Meyer qui écrit que les cristeros ont pensé et vécu leur guerre comme une « aventure mystique ». Je pense qu’au-delà des règles canoniques il y a une réalité : beaucoup de participants à la Christiade ont vécu le martyre. Et d’abord parce que la Christiade a été pour les paysans mexicains une tragédie.
Comment le film traite-t-il le sujet ?
Comme un film d’action. Cristeros est un western et le spectateur ne s’ennuie pas. C’est un film qui s’inscrit dans un cadre historique totalement méconnu du spectateur, on l’a compris mais c’est important. Ce n’est évidemment pas un documentaire historique. Il est normal qu’il sacrifie aux lois du genre cinématographique. Par exemple, si les héros du film ont existé, dans la réalité, ils ont vécu des itinéraires différents de ceux choisis par le scénariste. J’ai pu lire dans un quotidien du soir que Cristeros « ignore les ambiguïtés de l’histoire et quand il ne peut le faire les aplanit ». C’est une charge ridicule. Un historien peut-il reconnaître son sujet malaxé par un film ? Je ne le crois pas. Personnellement, j’ai travaillé avec un spécialiste sur l’histoire racontée par le film Au nom du Père avec Daniel Day Lewis et Emma Thompson. Le film traite des attentats de l’IRA sur le sol britannique dans les années 1970. Conclusion ? Un film hollywoodien, un cadre général juste mais 95% de faits historiques faux ! Cela signifie-t-il que le film est sans intérêt ? Non. Il offre à un public qui ne connaît pas le sujet une première approche. Après, il n’est pas interdit d’aller plus loin, évidemment. C’est même recommandé.
D’accord, mais Cristeros…
D’abord, je trouve que le film est très documenté sur le plan historique et iconographique. Il a puisé aux meilleures sources. La preuve par l’absurde : le film rabâche le portrait du général Gorostieta que l’on peut lire partout, un général athée à la retraite qui repart au combat et se convertit au contact de ses soldats. Ce n’est pas la faute du film, il est tributaire de l’état de la recherche historique au moment où il s’empare du sujet. Mais depuis, et justement grâce à la sortie du film aux États-Unis, on a découvert que Gorostieta était en réalité un catholique convaincu dès le départ.
Ensuite, une personne qui a lu les sources discerne dans le film une charge historique très forte jusque dans les moindres détails. Par exemple, le film ne peut pas expliquer que les États-Unis, pour des raisons économiques, soutiennent le gouvernement et appliquent un embargo sur les munitions et les armes, sauf pour le gouvernement. L’épisode où El Catorce est fauché par les balles d’une mitrailleuse américaine, une Gatling, montre cela. Selon moi, un film ne peut pas faire beaucoup plus.
Enfin, paradoxalement, je trouve le scénario parfois un peu encombré par l’histoire générale. Il ne réussit pas à s’en détacher suffisamment. Cela s’explique sûrement par le fait que l’histoire de la Christiade étant méconnue, le scénariste se sent aussi obligé de suivre un cadre chronologique.
Pourquoi le diffuser en France ?
Parce qu’il était attendu par un tout un public. C’est une petite société, Saje Prod, qui a pris le risque d’acquérir les droits de distribution. Hubert de Torcy, son directeur, est particulièrement courageux. C’est un vrai pari financier et médiatique. Il faut le remercier et le soutenir absolument.
Quelles clés donneriez-vous pour le visionner ?
Très simple. Voir le film en toute décontraction et prendre du plaisir. Avec deux antidépresseurs : que ceux qui trouvent le film violent se rassurent, la réalité l’était autrement plus. Enfin, que ceux qui redoutent le manichéisme n’oublient pas qu’ils assistent à un spectacle et que le cinéma se moque des nuances, il y a les bons et les méchants. Honnêtement, la version cinéma n’exagère pas, bien au contraire, les exactions des soldats fédéraux et elle donne aussi une place aux bavures, très rares, des cristeros comme le montre l’épisode du train brûlé avec des civils. L’idéal serait que le spectateur devienne à son tour acteur et cherche à mieux comprendre cette période de l’histoire mexicaine.
Pour cela, il peut lire notre hors-série d’Histoire du christianisme magazine : 92 pages pour mettre le film en perspective. Ensuite, pour une première approche de la Christiade, je conseille La Cristiada, de Jean Meyer, un album historique et photographique inédit. Et puis pour aller au fond du sujet, je recommande trois livres, toujours de Jean Meyer, La rébellion des Cristeros, l’Eglise, l’Etat et le peuple dans la révolution mexicaine (CLD, mai 2014), réédition enrichie de la version grand public de sa thèse, et puis deux livres plus anciens mais fondamentaux, Apocalypse et révolution au Mexique (Gallimard), la guerre sous l’angle des témoignages, La Révolution mexicaine (Tallandier), indispensable pour comprendre la contexte. Des livres passionnants et très accessibles.
Propos recueillis par Anne Kurian
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jean_droit
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Re: Cristiada, le film à succès américain
Lu dans le Forum Catholique :
Un peu exagéré, peut être, mais cela donne une bonne indication.
Un peu exagéré, peut être, mais cela donne une bonne indication.
Opinion des spectateurs : Le meilleur film de tous les temps : 4,6 / 5.
J'espère que ce lien fonctionne pour tous - il est possible qu'il ne fonctionne que pour ceux qui ont un compte Facebook :
https://www.facebook.com/photo.php?fbid ... =1&theater
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jean_droit
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Re: Cristiada, le film à succès américain
Tout fin de compte le film est à l'affiche en Dordogne à Périgueux.
Une séance tous les jours, au moins jusqu'à mardi.
Cela veut dire que la liste des 67 salles est incomplète et/ou que devant un certain succès d'autres salles le programment.
A nous de répandre la nouvelle.
A nous de faire en sorte que le plus de personnes possible puisse aller le voir.
Une séance tous les jours, au moins jusqu'à mardi.
Cela veut dire que la liste des 67 salles est incomplète et/ou que devant un certain succès d'autres salles le programment.
A nous de répandre la nouvelle.
A nous de faire en sorte que le plus de personnes possible puisse aller le voir.
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Re: Cristiada, le film à succès américain
Lu dans perépiscopus :
“Cristeros” : “La Croix” écrabouillée en 3 points
24 MAI 2014
Nous avons exprimé ici même le 14 mai dernier, l’indignation qu’a provoquée chez beaucoup de catholiques la “critique” imbécile que la journaliste Claire Lesegrétain a commis dans le quotidien La Croix, le “journal-officieux-des-évêques-de-France” sur l’excellent film Cristeros réalisé par Dean Wright. Dans un commentaire impeccable, paru aujourd’hui sur le blogue du site Internet de L’Homme Nouveau, Hugues Kéraly démonte, en trois coups de cuillère à pot et en trois points, l’inanité sonore de Claire Lesegrétain : 1. Le film de Dean Wright ne force pas « le trait sur la brutalité des soldats de l’armée fédérale » (Lesegrétain) : au contraire, il la minore ! 2. « L’interdit évangélique de toute forme de violence » (Lesegrétain) est une lubie de la journaliste qui ne correspond pas à ce que nous enseigne la doctrine catholique en matière de légitime défense ! 3. L’absence « d’inspiration chrétienne » que dénonce Lesegrétain montre que cette journaliste est myope et qu’elle a oublié ses lunettes quand elle a vu Cristeros… Non seulement « l’inspiration chrétienne » y est mais Cristeros est un film éminemment spirituel comme le fut, voici déjà dix ans, La Passion du Christ de Mel Gibson, un film également étrillé alors par les journalistes de La Croix… Sicut canis qui revertitur ad vomitum suum…
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Toto
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Re: Cristiada, le film à succès américain
Pour une fois qu'un film catholique sort, il vaudrait mieux aller au cinéma et payer, afin d'inciter d'autres producteurs à faire de même. Inciter à pirater, sur un forum catholique, un film catholique, m'étonne.solomon a écrit : Oui je l'ai vu, vous pouvez le télécharger sur TPB ou T411.
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jean_droit
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Re: Cristeros, le film à succès américain
La Croix fit "amende honorable" ....
Amusant .....
Je vois qu'il y a maintenant l'unanimité ....
Participons au grand succès de ce film ....
De La Croix
Amusant .....
Je vois qu'il y a maintenant l'unanimité ....
Participons au grand succès de ce film ....
De La Croix
Cristeros : n’écoutez pas les critiques !
J’hésitais à aller voir le film Cristeros en raison des critiques négatives à son sujet et je ne m’y suis résolu que par conscience professionnelle, après avoir exposé sur Herodote.net les événements auxquels il se rapporte : la rébellion des paysans mexicains contre le gouvernement révolutionnaire qui avait prétendu éradiquer leur foi catholique.
Quelle n’a pas été ma surprise de découvrir un excellent film à grand spectacle, fidèle à l’Histoire à quelques réserves près. Il se regarde pendant 2h25 sans une seconde d’ennui et l’on en sort avec une vision exacte des événements qui ont ensanglanté le Mexique entre 1926 et 1929.
Ces événements ont une valeur universelle. Ils témoignent des horreurs auxquelles peut conduire le fanatisme et l’on pense immédiatement à la Vendée de 1793. On pense aussi aux persécutions infligées aujourd’hui aux chrétiens du Pakistan ou d’Irak sans que ceux-ci puissent se rebeller par les armes.
Le film, au demeurant bien équilibré, n’oppose pas le Bien au Mal. Il dresse du président mexicain Calles un portrait fidèle à la réalité, celui d’un homme d’État patriote et social, pétri de bonnes intentions mais aveuglé par sa haine de la religion. Il souligne par ailleurs le cynisme des dirigeants américains et du Saint-Siège, qui s’arrangent avec le gouvernement mexicain sur le dos des paysans opprimés.
Il ne cache rien du seul crime de guerre imputé aux rebelles Cristeros, l’incendie d’un train et de ses occupants. Il ne s’étend pas sur la Terreur autrement plus systématique pratiquée par les troupes fédérales de l’État mexicain, à l’exception du martyre bien réel d’un enfant de douze ans.
Plus largement, Cristeros se présente comme un hymne à la liberté de conscience et je m’étonne même que les représentants de l’islam de France ne l’aient pas recommandé à leurs ouailles car il donne matière à réfléchir sur les interdits qui pèsent sur le port du voile et toutes autres pratiques religieuses.
Il y a des précédents à ce film. Je pense à Mission, de Roland Joffé (Palme d’Or Cannes 1986), qui raconte à travers une fiction le drame des missions jésuites du Paraguay, persécutées par les oligarques locaux et abandonnées à leur sort par le Saint-Siège ainsi que par les « philosophes » voltairiens.
On peut aussi évoquer Le vent se lève, de Ken Loach, icône de la critique cinématographique (Palme d’Or Cannes 2006), une fiction engagée et ultraviolente autour de la guerre d’indépendance de l’Irlande.
Bien reçu au Mexique et aux États-Unis, le film Cristeros a fait un flop en Espagne.
En France, il a pâti à droite comme à gauche, dans les milieux laïcs comme dans les milieux religieux, d’une critique frileuse, tissée d’aprioris négatifs, qui condamne le film sans l’avoir vu, au motif que des intégristes catholiques auraient tenté de le récupérer (selon le même raisonnement, craignons qu’un jour Marine Le Pen n’affiche son goût pour La Flûte enchantée car l’opéra et Mozart seraient dès lors mis à l’Index !).
Cette critique est le reflet d’une société qui a perdu ses repères et n’ose plus afficher de convictions fortes tant est grande la peur d’être rejeté dans les ténèbres du lepénisme, du djihadisme, du mélenchonisme ou de je ne sais encore quel -isme.
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