Une interview lucide et intéressante

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Suliko
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Une interview lucide et intéressante

Message non lu par Suliko »

Bonjour,

Voici un texte très intéressant que j'avais lu il y a quelques semaines (si je ne me trompe pas) sur le forum catholique. Je vous en fais part, car je le trouve très bien. Cela fait chaud au coeur de savoir que de tels évêques existent! Si seulement Mgr Schneider pouvait être entendu! Savez-vous s'il est bien considéré par les évêques de France ou d'ailleurs et par le pape?


Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire catholique au Kazakhstan, a donné le 27 mai 2014 en Angleterre une interview publiée sur le site Latin Mass Society concernant la crise dans l’Eglise. Voici le texte intégral de cette interview qui prouve qu’il y a encore des évêques fidèles dans l’Eglise. Le texte reflète, aussi dans sa traduction en français (par l’Unec), la fraîcheur de l’interview orale.

Mgr Athanasius Schneider (MAS) : Selon ma connaissance et expérience, la plaie la plus profonde dans la crise actuelle de l’Eglise est la plaie concernant l’Eucharistie, les abus du Saint Sacrement.

Beaucoup de gens reçoivent la Sainte Communion dans l’état objectif du péché mortel… Ceci se répand dans l’Eglise, surtout dans l’Occident. Là les gens vont très rarement à la Sainte Communion avec une préparation suffisante.
Quelques gens qui vont à la Sainte Communion se trouvent en situations morales irrégulières qui ne correspondent pas à l’Evangile. Sans être mariés ils vont à la Sainte Communion. Ils peuvent être divorcés et vivre dans un nouveau mariage, un mariage civil, et ils vont quand-même à la Sainte Communion. Je pense que c’est une situation extrêmement inquiétante.

Il y a aussi la question de la réception objectivement irrévérente de la Sainte Communion. Ce qu’on appelle la nouvelle manière moderne de recevoir la Sainte Communion directement sur la main est un acte très grave puisqu’il expose le Christ à une énorme banalité.

Il y a le fait préoccupant de la perte des fragments eucharistiques. Personne ne peut nier cela. Et les fragments de l’hostie consacrée sont foulés par les pieds. C’est horrible ! Notre Seigneur est écrasé par les pieds ! Personne ne peut le nier.

Et ceci a lieu partout. Ceci doit être, pour une personne ayant foi et amour pour Dieu, un phénomène très sérieux.

Nous ne pouvons continuer comme si Jésus Dieu n’existait pas, comme si seulement du pain existait. Cette pratique moderne de la Sainte Communion dans la main n’a rien à faire avec la pratique dans l’ancienne Eglise. La communion dans la main contribue graduellement à la perte de la foi catholique en la présence réelle et en la transsubstantiation.
Un prêtre et un évêque ne peuvent dire que cette pratique est OK. Ici on joue avec ce qu’il y a de plus saint, de plus divin et de plus concret sur terre.



INTERVIEWEUR (HT): Vous êtes tout seul en défendant ce point de vue?

MAS: Je suis fort attristé que je me sente comme un qui crie dans le désert. Que la crise eucharistique provient de l’utilisation moderne de la Communion dans la main est une évidence. Ceci n’est pas une exagération. Il est temps que les évêques lèvent leurs voix pour Jésus eucharistique qui n’a pas de voix pour se défendre. Ici il s’agit d’une attaque sur ce qu’il y a de plus saint, une attaque sur la foi eucharistique.
Naturellement il y a des gens qui reçoivent la Sainte Communion dans la main avec beaucoup de dévotion et foi, mais ils sont minoritaires. La grande masse est en train de perdre la foi par cette manière très banale de prendre la Sainte Communion comme une nourriture, comme une frite ou un gâteau. Une telle manière de réception de ce qu’il y a de plus saint sur terre n’est pas sacré, et elle finit par détruire la conscience profonde et la foi catholique en la présence réelle et en la transsubstantiation.


HT : L’Eglise va-t-elle dans la direction opposée à la vôtre ?

MAS : Il paraît que la majorité du clergé et des évêques sont satisfaits de la pratique moderne de la Communion dans la main et ne réalisent pas les vrais dangers liés à une telle pratique. Pour moi c’est incroyable. Comment est-ce possible quand Jésus est présent dans la petite hostie ? Des vrais prêtres et évêques devraient se dire: “Je dois faire quelque chose pour au moins réduire graduellement cette pratique. Je dois faire tout ce que je peux faire. » Mais malheureusement il y a des membres du clergé qui font de la propagande pour l’utilisation moderne de la Communion dans la main, et parfois ils empêchent la réception de la Communion sur la langue et à genoux. Il y a même des prêtres qui méprisent ceux qui se mettent à genoux pour recevoir la Communion. Ceci est d’une tristesse absolue.
Il y a aussi l’augmentation des vols d’hosties, puisque la Communion est donnée directement dans la main. Il y a un réseau, un commerce, avec le vol de saintes hosties, rendu possible par la Communion dans la main.

Pourquoi j’exposerais-je comme prêtre ou évêque Notre Seigneur à un tel danger, un tel risque ? Si ces évêques ou prêtres (qui approuvent la Communion dans la main) tenaient à quelques valeurs, ils n’exposeraient jamais ce trésor au grand risque d’être perdu ou volé. Ils protègent leur maison, mais est-ce qu’ils protègent Jésus pour ne pas être volé si facilement ?



HT: Quant au questionnaire concernant la famille, les gens attendent des grands changements.

MAS: Il y a sur ce sujet beaucoup de propagande publiée par les média de masse. Nous devons être très attentifs. Il y a dans le monde entier les média de masse officiels anti-chrétiens. Presque dans chaque pays c’est le même contenu des nouvelles, à l’exception peut-être des pays africains et asiatique ou de l’Europe de l’est.
Seul par l’Internet vous pouvez répandre vos propres idées. Merci à Dieu que l’Internet existe.

L’idée de faire des changements dans les lois du mariage et de la morale lors du prochain synode des évêques à Rome vient principalement des média anti-chrétiens. Et quelques membres du clergé et Catholiques collaborent avec eux dans la propagation des attentes du monde anti-chrétien en vue d’un changement de la loi de Dieu concernant le mariage et la sexualité.

Il s’agit d’une attaque du monde anti-chrétien, et c’est fort tragique et triste que quelques clercs collaborent avec eux. Pour argumenter en faveur d’un changement de la loi de Dieu, ils utilisent par une sorte de sophisme le concept de la miséricorde. Mais en réalité ce n’est pas de la miséricorde, c’est une cruauté.
Ce n’est pas de la miséricorde, par exemple, si quelqu’un qui a une maladie est laissé dans sa condition misérable. C’est une cruauté.
Par exemple je ne donnerais pas du sucre à un diabétique, ce serait cruel de ma part. J’essayerais de sortir la personne de cette situation et lui donnerais un autre repas. Peut-être au début elle n’aimerait pas cela, mais cela sera mieux pour elle.
Ceux du clergé qui veulent admettre les divorcés et remariés à la Sainte Communion agissent selon un faux concept de la miséricorde. C’est comparable à un médecin qui donnerait du sucre à son client, sachant que cela le tuera. Mais l’âme est plus importante que le corps.
Si les évêques admettent les divorcés et remariés à la Sainte Communion, ils les confirmeront dans leurs erreurs face à Dieu. Ils feront même taire la voix de leur conscience. Ils les enfonceront encore plus dans leur situation irrégulière seulement en en tenant compte de cette vie sur terre, en oubliant la vie après celle-ci, pourtant il y aura là le jugement de Dieu.
Ce problème sera discuté pendant le synode. C’est inscrit sur le programme des sujets à traiter. Mais j’espère que la majorité des évêques aient encore assez d’esprit catholique qu’ils rejettent la proposition mentionnée ci-dessus, et qu’ils ne l’acceptent pas.



CH: Quelle est la crise que vous mentionnez?
MAS: Là il s’agit d’une crise plus large que la réception du Saint Sacrement. Je pense que ce thème de la réception de la Sainte Communion par les remariés explosera et fera apparaître la vraie crise dans l’Eglise. La véritable crise dans l’Eglise est l’anthropocentrisme, en oubliant le Christocentrisme. En fait c’est le pire des maux quand l’homme ou le clergé se mettent au centre lorsqu’ils célèbrent la liturgie et quand ils changent la vérité révélé de Dieu, par exemple concernant le Sixième Commandement et la sexualité humaine.
La crise se révèle aussi dans la manière de laquelle le Seigneur eucharistique est traité. L’Eucharistie se trouve au cœur de l’Eglise. Quand le cœur s’affaiblit, tout le corps s’affaiblit. Donc, si la pratique concernant l’Eucharistie s’affaiblit, alors le Cœur et la vie de l’Eglise est faible. Et si les gens n’ont plus une vision surnaturelle de Dieu dans l’Eucharistie, alors ils commenceront le culte de l’homme, et alors la doctrine aussi changera selon le souhait de l’homme.
La crise est là quand nous nous plaçons nous-mêmes, y compris les prêtres, au centre et si Dieu est rangé dans un coin, et ceci se passe aussi matériellement. Le Saint Sacrement se trouve parfois dans une armoire loin du centre, et le fauteuil du prêtre est au centre. Nous nous trouvons déjà depuis 40 ou 50 ans dans cette situation, et le danger réel existe que Dieu et ses commandements et lois soient rangés de côté, et que les désirs naturels de l’homme soient placés au milieu. Il y a une connexion de cause à effet entre l’Eucharistie et la crise doctrinale.
Notre premier devoir comme êtres humains est d’adorer Dieu, non pas nous-mêmes, mais Lui.
La participation à la liturgie consiste tout d’abord non pas à faire des choses, mais à prier et adorer, à aimer Dieu de toutes ses forces. Voilà la véritable participation, être uni avec Dieu en notre âme. La participation extérieure n’est pas essentielle.
La crise est réellement celle-ci: nous n’avons pas mis le Christ ou Dieu au centre. Et le Christ est Dieu incarné. Notre problème aujourd’hui est que nous oublions l’incarnation. Nous l’avons éclipsée. Si Dieu reste seulement dans mon esprit comme une idée, c’est de la Gnose. Dans d’autres religions, par exemple juive ou musulmane, Dieu n’est pas incarné, Dieu est dans le livre, mais Il n’est pas concret. Seulement dans la Chrétienté, et en vérité dans l’Eglise Catholique, l’incarnation est pleinement réalisée, et c’est pourquoi ceci doit être mis en exergue dans chaque liturgie. Dieu est ici, vraiment présent. Ainsi chaque détail a sa signification.
Nous vivons dans une société non-chrétienne, dans un nouveau paganisme. Aujourd’hui la tentation pour le clergé est de faire des adaptations au nouveau monde, au nouveau paganisme, d’être des collaborateurs. Nous sommes dans une situation similaire comme aux premiers siècles quand la majorité de la société fut païenne et le Christianisme discriminé.



HT: Pensez-vous que vous en êtes conscient à cause de vos expériences dans l’Union Soviétique?

MAS: Oui, (je sais ce que c’est d’) être persécuté, de témoigner que vous êtes un Chrétien.
Nous sommes une minorité. Nous sommes entourés par un monde païen très cruel. La tentation et le défi d’aujourd’hui peuvent être comparés avec les premiers siècles. On exigeait des Chrétiens d’accepter le monde païen et de le prouver en mettant un grain d’encense dans le feu devant la statue de l’Empereur ou d’une idole païenne. Mais c’était de l’idolâtrie, et aucun bon Chrétien n’a déposé un grain là-bas. Ils ont préféré de donner leurs vies ; même des enfants, des laïcs persécutés donnaient leurs vies. Malheureusement il y avait au premier siècle des membres du clergé et même des évêques qui ont déposé des grains dans l’encense devant la statue de l’Empereur ou d’une idole païenne, ou qui ont transmis des livres de la Bible afin qu’ils soient brûlés. De tels collaborateurs chrétiens et clercs furent appelés en ces temps des « thurificati » ou « traditores ».

Mais de nos jours la persécution est plus sophistiquée. On ne demande pas aux Catholiques ou au clergé de déposer de l’encense devant une idole ; ceci serait trop matériel. Maintenant le monde néo-païen nous demande d’accepter leurs idées, par exemple la dissolution du Sixième Commandement de Dieu, ou le prétexte de la miséricorde. Si des prêtres et évêques commencent aujourd’hui à collaborer avec le monde païen dans la dissolution du Sixième Commandement et dans la révision de la manière dont Dieu a créé homme et femme, alors ils trahissent la Foi, ils participent finalement au sacrifice païen.


HT: Voyez-vous venir une scission dans l’Eglise?
MAS: Malheureusement, pendant quelques décennies, quelques clercs ont accepté ces idées du monde. Par contre maintenant ils les suivent publiquement. Si ces choses continuent, je pense qu’il y aura une séparation intérieure dans l’Eglise de ceux qui sont fidèles à leur foi, à leur baptême et à l’intégralité de la foi catholique. Il y aura une scission avec ceux qui assument l’esprit de ce monde, oui je pense qu’il y aura une scission. Peut-on imaginer que des Catholiques qui restent fidèles à la vérité catholique inchangeable puissent être persécutés ou méprisés pendant un certain temps même par ceux qui ont du pouvoir dans les structures extérieures de l’Eglise ?

Mais les portes de l’enfer, c’est-à-dire de l’hérésie, ne prévaudront pas contre l’Eglise, et le Magistère Suprême produira sûrement un texte doctrinal qui rejette toute collaboration avec les idées néo-païennes de changer par exemple le Sixième Commandement de Dieu, la signification de la sexualité et de la famille. A ce moment-là beaucoup de ‘libéraux’ et beaucoup de collaborateurs avec l’esprit de ce monde, beaucoup de «’thurificati et traditores’ modernes quitteront l’Eglise. Car la vérité divine apportera irrésistiblement la clarification, nous rendra libres et séparera, au milieu de l’Eglise, les fils de la lumière divine des fils de la lumière illusoire de ce monde païen et anti-chrétien. Je voudrais supposer qu’une telle séparation s’appliquera à tout niveau des Catholiques : aux laïcs, et même à certains membres du clergé supérieur ; ces membres du clergé qui acceptent aujourd’hui l’esprit du monde païen au sujet de la morale et de la famille se déclarent Catholiques et même obéissants au pape. Ils vont jusqu’à déclarer extrémistes ceux qui sont fidèles à la foi catholique ou ceux qui cultivent la gloire du Christ dans la liturgie.


CH: Avez-vous l’impression qu’on vous traite comme un extrémiste ?
MAS: Je n’ai pas été formellement déclaré comme tel. Je dirais que ces clercs ne sont pas majoritaires, mais ils ont accaparé beaucoup d’influence dans l’Eglise. Ils sont arrivés à occuper quelques positions clef dans certaines administrations de l’Eglise. Cependant ce n’est pas du pouvoir aux yeux de Dieu. Réellement puissants sont les petits dans l’Eglise, ceux qui gardent la foi.
Ces petits dans l’Eglise ont été dégradés et négligés. Ils ont gardé la pureté de leur foi et ils représentent le vrai pouvoir de l’Eglise aux yeux de Dieu, et non pas ceux qui sont dans les administrations. Grâce à Dieu le nombre de ces petits va en grandissant.
J’ai par exemple parlé avec des jeunes étudiants à Oxford et j’étais très impressionné par ces étudiants. J’étais très heureux de voir la pureté de leur foi et de leurs convictions, ainsi que leur esprit clairement catholique. De tels exemples et groupes sont en augmentation dans l’Eglise ; ceci est le travail du Saint Esprit. Ceci renouvellera l’Eglise. Ainsi je suis confiant et plein d’espoir aussi par rapport à cette crise dans l’Eglise. L’Esprit Saint vaincra cette crise avec cette petite armée.
Je ne me fais pas de souci pour l’avenir. L’Eglise est l’Eglise du Christ et c’est Lui le véritable chef de l’Eglise, le pape est seulement le vicaire du Christ. L’esprit de l’Eglise est le Saint Esprit et Celui-ci est puissant. Cependant nous vivons actuellement une profonde crise dans l’Eglise, comme c’est arrivé à plusieurs reprises pendant deux mille ans.

CH: Est-ce que cela deviendra pire avant de se résorber?

MAS : J’ai l’impression que cela s’empirera. Parfois les choses doivent aller jusqu’aux abîmes, et puis vous verrez le collapse de ce système anthropocentrique clérical qui abuse du pouvoir administratif ecclésial, de la liturgie, des concepts de Dieu, de la foi et de la piété des petits dans l’Eglise.

C’est alors que nous verrons se lever une Eglise renouvelée. Cela se prépare déjà. Alors cet édifice clérical libéral s’écroulera parce qu’il a des racines mais pas de fruits.


HT: Quelques-uns dissent que vous vous souciez de choses peu importantes, qu’est-ce que vous dites concernant les pauvres?

MAS; C’est faux. Le premier commandement que Dieu nous a donné était d’adorer Dieu seul. La liturgie n’est pas une rencontre entre amis. C’est notre premier devoir d’adorer et de glorifier Dieu dans la liturgie et aussi dans notre style de vie. La vraie adoration et le vrai amour de Dieu génère l’amour pour les pauvres et notre prochain. C’est la suite logique. Les saints, pendant deux mille ans de l’Eglise, tous ces saints qui étaient si pieux et fervents en prière, ils étaient tous extrêmement charitables envers les pauvres en venant à leur secours.

Dans ces deux commandements il y a tous les autres. Mais le premier commandement est d’aimer et d’adorer Dieu, et ceci est réalisé d’une façon suprême dans la sainte liturgie. Si vous négligez le premier commandement, vous ne faites pas la volonté de Dieu, vous vous faites plaisir à vous-même. Le bonheur est d’accomplir la volonté de Dieu, et non pas de suire notre propre volonté.


HT: Combien de temps passera-t-il avant que l’Eglise soit renouvelée?

MAS ; Je ne suis pas un prophète. Mais si vous regardez l’histoire de l’Eglise, la crise la plus profonde était au 4ème siècle, c’était l’Arianisme. C’était une crise énorme, tous les évêques, presque tous, collaboraient avec l’hérésie. Seulement quelques évêques restaient fidèles, vous pouviez les compter sur les doigts de la main. Cette crise a duré à peu près 60 ans.
Ensuite la terrible crise de ce qu’on appelle le siècle obscure, le 10ème siècle, quand la papauté était occupée par quelques familles romaines méchantes et immorales. Elles ont occupé le siège papal avec leurs fils corrompus, et c’était une crise terrible.
La période malsaine suivante était ce qu’on appelle l’exile d’Avignon, qui a porté grand dommage à l’Eglise menant au grand schisme occidental. Toutes ces crises duraient quelques 70 à 80 années et furent très mauvaises pour l’Eglise.
Maintenant nous sommes, je dirais, dans la quatrième grande crise, dans une confusion effroyable concernant la doctrine et la liturgie. Nous y sommes déjà depuis quelques 50 ans. Peut-être Dieu nous sera-t-il miséricordieux dans 20 ou 30 ans ? Néanmoins nous avons toute la beauté des vérités divines, de l’amour et de la grâce de Dieu dans l’Eglise. Personne ne peut nous enlever cela, aucun synode, aucun évêque ; même le pape ne pourra enlever le trésor et la beauté de la foi catholique concernant Jésus dans l’Eucharistie et les sacrements. La doctrine inchangeable, les principes liturgiques inchangeables, la sacralité de la vie constituent le véritable pouvoir de l’Eglise.



HT : Notre époque est considérée comme une ère beaucoup plus libérale dans l’Eglise.
MAS ; Nous devons prier que Dieu daigne sortir son Eglise de cette crise et donner à son Eglise des apôtres qui soient courageux et saints. Nous avons besoin de défenseurs de la vérité, de défenseurs de Jésus dans l’Eucharistie. Quand un évêque défend son troupeau et défend Jésus dans l’Eucharistie, cet évêque défend les petits dans l’Eglise, et non pas les puissants.



HT : Donc vous n’avez pas peur d’être impopulaire ?

MAS: Il est peu important d’être populaire ou impopulaire. Pour tout membre du clergé la première importance consiste à être populaire aux yeux de Dieu et non pas aux yeux du monde d’aujourd’hui ou des puissants. Jésus nous a prévenus : malheur sur vous si les gens disent du bien de vous !
La popularité est une fausse piste. Jésus et les apôtres ont rejeté la popularité. Des grands saints de l’Eglise, par exemple les saints Thomas More et John Fisher, ont rejeté la popularité et pourtant ils sont les grands héros. Et de ceux qui se soucient aujourd’hui de la popularité dans les média de masse et dans l’opinion publique, ne restera rien dans l’histoire. On se souviendra d’eux comme des lâches, et non pas comme des héros de la foi.



HT : Les media attendant beaucoup du pape François.

MAS: Je remercie Dieu que le pape François ne se soit pas exprimé de la façon que les media de masse attendant de lui. Il a présenté jusqu’à présent dans ces allocutions publiques une très belle doctrine catholique. J’espère qu’il continuera d’enseigner la doctrine catholique d’une façon très claire.



HT : En partageant la Sainte Communion avec les Anglicans et d’autres ?
MAS: Ce n’est pas possible. Il s’agit de croyances différentes. La Sainte Communion n’est pas un moyen pour arriver à l’unité. C’est le dernier pas, et non pas le premier. Ce serait une désacralisation du Saint du Saint. Naturellement nous devons être unis. Mais nous avons des différences de foi, et même quelques différences substantielles. L’Eucharistie est le signe de l’unité la plus profonde. Ce serait un mensonge, contraire à la logique, de partager la Sainte Communion avec des non-Catholiques.
L’œcuménisme est nécessaire pour être en contact avec nos frères séparés, pour les aimer. Au milieu du défi du nouveau paganisme nous pouvons et devons collaborer avec des non-Catholiques sérieux pour défendre la vérité divine révélée et la loi naturelle créée par Dieu.
Il sera mieux de ne pas avoir une structure où l’Etat gouverne la vie de l’Eglise, par exemple en désignant le clergé ou les évêques. Une telle pratique d’’Eglise d’Etat porterait dommage à l’Eglise elle-même. En Angleterre, par exemple, l’Etat gouverne l’Eglise d’Angleterre. Une telle influence de l’Etat peut corrompre l’Eglise spirituellement et théologiquement, ainsi il est préférable d’être libérée d’une telle Eglise d’Etat établie.

HT : Concernant les femmes dans l’Eglise ?
MAS: Les femmes sont appelées le sexe faible, étant donné qu’elles sont physiquement plus faibles, mais spirituellement elles sont plus fortes et plus courageuses que les hommes. Il faut du courage pour donner naissance. C’est pourquoi Dieu a donné à la femme un courage que l’homme n’a pas.
Naturellement il y avait beaucoup d’hommes courageux dans les persécutions. Pourtant Dieu aime choisir les faibles pour confondre les puissants. Par exemple les ‘Femmes Eucharistiques’ dont j’ai parlé dans mon livre Dominus Est, travaillaient dans leurs familles et souhaitaient aider les prêtres persécutés d’une façon très exceptionnelle. Elles n’auraient jamais osé de toucher les saintes hosties avec leurs doigts. Elles auraient même refusé de lire des textes pendant la messe. Ma mère, par exemple, qui vit encore en Allemagne, âgée de 82 ans, était fortement choquée et scandalisée à son arrivée à l’Ouest en voyant des femmes dans le sanctuaire pendant la Sainte Messe. La vrai pouvoir de la femme chrétienne et catholique est le pouvoir d’être le cœur de la famille, l’église domestique, d’avoir le privilège d’être la première à donner la nourriture au corps du petit bébé, mais aussi la première à donner la nourriture à l’âme de l’enfant en lui enseignant la première prière et les premières vérités de la foi catholique. La plus noble et belle profession d’une femme est d’être mère, et particulièrement une mère catholique.

FIN de l’interview.
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Teano
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Re: Une interview lucide et intéressante

Message non lu par Teano »

Bonjour,

Je crois que nous n'avons que trop peu conscience de la sainteté de Dieu.

Dans la joie de Marie,

Teano
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Suliko
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Re: Une interview lucide et intéressante

Message non lu par Suliko »

Teano a écrit :Bonjour,

Je crois que nous n'avons que trop peu conscience de la sainteté de Dieu.

Dans la joie de Marie,

Teano
Oui, c'est d'ailleurs bien pour cela que l'Eglise devrait remettre à l'honneur toutes les pratiques traditionnelles qui aident les fidèles à prendre conscience de la sainteté de Dieu et du don incroyable qui nous est fait pendant la messe. A savoir, comme il est dit dans l'article ou comme l'écrit Ferdinand10: rétablir un véritable jeûne eucharistique (une heure, c'est de la rigolade), supprimer progressivement la communion dans la main, reparler des conditions à remplir pour pouvoir communier et bien expliquer que ce qui est un commandement de l'Eglise, c'est l'assistance à la messe dominicale et pas la communion hebdomadaire, etc...
En fait, j'aurais aimé avoir votre avis là-dessus et peut-être aussi sur les autres sujets abordés par Mgr Schneider.

Bien à vous,

Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Re: Une interview lucide et intéressante

Message non lu par Peccator »

Prendre conscience de la sainteté de Dieu, c'est une très bonne chose. C'est Pierre se jetant à genoux. Mais quand Pierre se jette à genoux, Jésus l'invite aussi à se relever.
Oui, il faut prendre conscience de la sainteté de Dieu. Mais il ne faut pas que cela vienne faire oublier la kénose, l'incroyable humilité de Dieu.

La communion sur la bouche, et pas dans la main ? Pourquoi pas. Petit à petit, j'y viens. Surtout quand je vois ce qui s'associe à la communion dans la main, comme la communion par intinction où l'on trempe soi-même l'hostie dans le calice (et ce, malgré l'interdit répété des évêques) : récemment, on m'avait demandé de présenter le calice, et une personne a laissé tomber son hostie dedans. Rien de grave quand on y réfléchit calmement, et j'ai tout simplement demandé au prêtre quoi faire (réponse : rien, il lui a simplement "bu" l'hostie en question en vidant la coupe après la communion). Mais ce type d'accident montre bien le peu d'attention que l'on porte à ce qu'on est en train de faire (enfin, faut pas dramatiser non plus, même quand on fait très attention, un accident peut toujours arriver).



Mais moi, ce qui m'interroge, ce n'est pas de prendre Jésus dans mes main. Ce qui m'interroge, c'est comment est-ce que je peux assister à la messe, être témoin du sacrifice de Jésus pour mon salut, et ne pas m'effondrer en larmes.

Il parait que St Bernard ne pouvait pas regarder un crucifix sans pleurer. Où sont passées mes larmes à moi ? Ca, ça me perturbe autrement que la question des mains ou de la bouche : de toute façon, c'est Dieu que je reçois, qui vient faire alliance intime avec moi, avec ma chair.




Sur la question de la communion fréquente, je suis partagé. J'ai un temps pensé comme vous, Suliko. Et puis je me suis dit qu'il y a une certaine arrogance à se dire indigne de recevoir Jésus. Parce qu'en fait, on n'en est jamais digne. Jésus ne dit pas à Matthieu ou à Zachée d'aller faire leurs ablutions parce qu'après il va venir chez eux. Non, Il vient chez des pécheurs, et c'est sa venue qui les sanctifie.

Je ne rejette pas l'enseignement de l'Eglise sur la question de ne pas communier en état de péché mortel. Mais je constate qu'il ne faudrait pas que cette règle en vienne à être interprétée comme la possibilité que l'on puisse être dans un état de péché tel qu'on ne puisse plus recevoir Dieu.
En fait, j'ai de plus en plus de mal avec la notion de péché mortel... Et le catéchisme traditionnel ne répond à aucune de mes questions à ce sujet.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Suliko
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Re: Une interview lucide et intéressante

Message non lu par Suliko »

Bonjour Peccator,

Je ne comprends pas comment vous pouvez à la fois écrire ceci:
Surtout quand je vois ce qui s'associe à la communion dans la main...
et ceci:
Mais moi, ce qui m'interroge, ce n'est pas de prendre Jésus dans mes main.
Cela me paraît totalement contradictoire, car c'est bien à cause du manque de respect qui découle de la communion dans la main que ce sacrement est tant maltraité...Relisez l'interview que j'ai postée:elle est assez éloquente. Comment voulez-vous que la majorité des fidèles respectent le Corps du Christ avec la suppression du jeûne eucharistique, le fait de toucher l'hostie dans ses mains, l'absence de précaution pour éviter que des miettes tombent? Sans parler des communions sacrilèges dues à une totale méconnaissance, parfois coupable, de ce qu'enseigne l'Eglise à ce sujet...Tant de gens vont communier mécaniquement à chaque messe, pensant que c'est normal ou "obligatoire"...Et la pression peut être forte pour faire pareil!
Sur la question de la communion fréquente, je suis partagé. J'ai un temps pensé comme vous, Suliko. Et puis je me suis dit qu'il y a une certaine arrogance à se dire indigne de recevoir Jésus. Parce qu'en fait, on n'en est jamais digne.
Je n'ai en fait pas parlé de la communion fréquente...Même si personnellement, je pense que le fidèle lambda ne pourra jamais se préparer aussi bien et pieusement à chaque communion si elle a lieu tous les jours et toutes les semaines. C'est plus cela qui m'interpelle que la question de l'état de péché...Pour cela, il y a la confession.

Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Re: Une interview lucide et intéressante

Message non lu par Peccator »

C'est bien ce que je dis : je n'ai plus les idées claires sur ces questions.

Mais je ne pense pas qu'un simple retour à la communion dans la bouche entraîne une meilleure compréhension de ce qui est en jeu.

Vous dites qu'il n'est pas "normal" ni "obligatoire" de communier à chaque messe. Je ne dis pas non, mais je vous invite à réfléchir à quel pourrait bien être le sens d'aller assister à un sacrifice de communion (ce qu'est la messe), mais sans y prendre part. Il me semble qu'il y a grave, grave péril à concevoir le sacrement de la réconciliation comme un guichet d'entrée, une ablution purificatrice qui rendrait digne de recevoir la communion.

Quant à la communion sacrilège, il faut bien être clair sur ce qui est en jeu : il ne saurait être question d'une atteinte à la sainteté de Dieu, qui se retrouverait souillée par la communion d'une personne indigne. Que cherche-t-on à protéger, en essayant d'éviter les communions sacrilèges ?

Tout le principe même de la messe, ce n'est pas de récompenser les justes, mais bien de sanctifier les pécheurs.



Et de manière plus générale, je m'interroge beaucoup sur tout ce qui touche à la sacralisation. Le sacré, par définition, c'est ce que l'homme met à part, à l'écart, pour le réserver à Dieu. De l'Incarnation au sacrement de l'Eucharistie, toute la démarche divine n'est-elle pas précisément d'aller contre cette logique de sacralisation ? De rapprocher ce qui est séparé ? D'instaurer la communion là où règne la division ?


Alors oui, j'ai des contradictions. C'est qu'aujourd'hui j'ai beaucoup de questions et bien peu de réponses. Je ne fais que faire part de mes questions, et dans les réponses chercher à comprendre le fond, au lieu de m'arrêter à un respect d'une liste de règles. Je ne conteste pas ces règles : au contraire, je cherche à en comprendre le sens profond.
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Suliko
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Mais je ne pense pas qu'un simple retour à la communion dans la bouche entraîne une meilleure compréhension de ce qui est en jeu.
Ah bon, et pourquoi? Cela aiderait énormément à mieux respecter le Saint Sacrement. En plus, c'est la tradition de l'Eglise catholique romaine et déjà rien que cela est un argument absolument non négligeable.
Vous dites qu'il n'est pas "normal" ni "obligatoire" de communier à chaque messe. Je ne dis pas non, mais je vous invite à réfléchir à quel pourrait bien être le sens d'aller assister à un sacrifice de communion (ce qu'est la messe), mais sans y prendre part.
Mais tout simplement parce que même si l'on n'est pas en état de communier, on est aux pieds de la Croix, on assiste au Saint Sacrifice non sanglant! Vous ne pouvez pas dire que cela n'a aucun sens, car l'assistance à la messe, même sans communier, est porteuse de grâces...De nombreux saints ne communiaient que rarement, par exemple saint Louis. N'avaient-ils rien compris?
Il me semble qu'il y a grave, grave péril à concevoir le sacrement de la réconciliation comme un guichet d'entrée, une ablution purificatrice qui rendrait digne de recevoir la communion.
Je n'ai pas écrit cela. Vous savez bien que la confession permet d'être en état de grâce (état nécessaire pour être du nombre des bienheureux au Paradis). Mais je ne vois pas non plus où vous voyez un grave péril à concevoir la confession comme une étape qui rendrait digne de recevoir la communion, puisque c'est en partie cela...C'est juste que pouvoir recevoir la communion n'est juste que l'une des conséquences de la confession et pas son but unique ou fondamental, qui est de se libérer de ses péchés et de se rapprocher de son Créateur.
Quant à la communion sacrilège, il faut bien être clair sur ce qui est en jeu : il ne saurait être question d'une atteinte à la sainteté de Dieu, qui se retrouverait souillée par la communion d'une personne indigne. Que cherche-t-on à protéger, en essayant d'éviter les communions sacrilèges ?
Eviter les communions sacrilèges est la moindre des choses, car c'est bien de Dieu dont nous parlons. Même si rien ne peut effectivement le souiller, Il mérite le plus grand des respects et ses sacrements ne doivent pas être pris à la légère. Je ne comprends même pas votre réflexion...
Et puis, comment voulez-vous qu'un pécheur se sanctifie en buvant sa propre condamnation?
Et de manière plus générale, je m'interroge beaucoup sur tout ce qui touche à la sacralisation. Le sacré, par définition, c'est ce que l'homme met à part, à l'écart, pour le réserver à Dieu. De l'Incarnation au sacrement de l'Eucharistie, toute la démarche divine n'est-elle pas précisément d'aller contre cette logique de sacralisation ? De rapprocher ce qui est séparé ? D'instaurer la communion là où règne la division ?
J'avoue que toutes vos réflexions sont beaucoup trop abstraites pour moi...L'homme a besoin de sacré. Comment pourrait-il adorer Dieu sans cela?

Bien à vous!
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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astre
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Peccator a écrit :Alors oui, j'ai des contradictions. C'est qu'aujourd'hui j'ai beaucoup de questions et bien peu de réponses.
Je trouve que l'on est de plus en plus dans ce cas là, et le manque de catéchisme, ou la façon dont a été transmise notre éducation religieuse se fait ressentir...

Lorsque j'ai reçu la première fois la communion, je l'ai reçue dans la bouche, ensuite, on a habitué les fidèles à la recevoir dans la main... Il y a quelques années déjà, je me suis interrogée et me suis rendue compte que le prêtre purifie ses doigts pour rappeler aux fidèles combien il faut être pur... Mes mains sont elles pures pour recevoir le Corps du Christ ? Pour moi, c'est devenu une forme d'irrespect... Depuis ce jour, je reçois Jésus dans la bouche... Si l'on avait conservé une attitude de respect, les fidèles n'oublieraient pas Qui se trouve devant eux !

Dans un sanctuaire proche de mon domicile, je peux recevoir Jésus dans la bouche et à genoux... Je ressens une joie très profonde !
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Peccator,
Surtout quand je vois ce qui s'associe à la communion dans la main, comme la communion par intinction où l'on trempe soi-même l'hostie dans le calice (et ce, malgré l'interdit répété des évêques)
Je vais vous conter rapidement une anecdote personnelle.

Il m'est déjà arrivé de me retrouver dans une situation un peu imprévue et où après avoir reçu l'hostie en main comme d'habitude l'on me présentât bien ensuite le calice (que je n'aurai pas vu venir dans la circonstance). Et alors au moment où j'amorce innocemment le tremblement d'épaule pour aller tremper le pain (sans rien redouter), voilà que je me retrouve avec un assistant en face qui m'arrache prestement l'hostie de la main, comme un Houdini furieux, l'oeil noir et semblant me considérer tout-à-coup comme un profanateur des Francs en visite à Constantinople et qui projètèrait la mise à sac du siège archiépiscopal. Voici que votre serviteur (p'tit droogie ?) se sera retrouvé coincé, forcé d'entrouvrir les mandibules et présenter sa langue comme seul moyen de récupérer le corps du Christ.

Résultat des opérations :

je suis «indisposé» légèrement vis-à-vis cette communauté nouvelle dite des fraternités monastique de Jérusalem depuis ce temps. Je ne suis pas intéressé tellement de retourner les voir. La découverte d'un pareil zélotisme chez le civil en face qui est nommé pour le service est d'autant plus absurde, ridicule et franchement vexante pour le prolétaire (qui n'est pas obligé de se déplacer de quelques kilomètres pour commencer), mais que le procédé d'intinction de l'hostie dans la coupe par soi-même est très exactement ce que n'importe quel fidèle peut faire chez les moines cisterciens au Canada, chez les pères trappistes. Je le sais pour y avoir appris cette méthode là-bas. Et nombre de fois c'est aussi bien ce que j'aurai pu faire le plus naturellement du monde dans différents lieux, avec nombre de prêtres différents, que ce soit des jésuites ou des prêtres en paroisse ou Georges Convers (prêtre aussi) et responsable du Relais Mont-Royal, etc.

Se déplacer pour aller se faire recevoir comme un Ostrogoth, sans trop de raison valable et pour un geste qui ne pose manifestement de problème à personne parmi les membres du clergé régulier : pas fort.

Les désirs intempestifs à vouloir «redresser» le fidèle lambda au hasard, en fonction de règles que lui-même ignore et pour le considérer comme une rognure : non merci !
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Message non lu par Cinci »

Ainsi :
Et de manière plus générale, je m'interroge beaucoup sur tout ce qui touche à la sacralisation. Le sacré, par définition, c'est ce que l'homme met à part, à l'écart, pour le réserver à Dieu.

De l'Incarnation au sacrement de l'Eucharistie, toute la démarche divine n'est-elle pas précisément d'aller contre cette logique de sacralisation ? De rapprocher ce qui est séparé ? D'instaurer la communion là où règne la division ?
Oui-da ! vous avez mis directement le doigt dessus, mon lieutenant. Là, je suis impressionné.

:)
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Héraclius
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Ce n'est pas la communion dans la main, le problème. C'est l'irrespect des communiants.

Je communie dans la main, et pourtant je ne crois pas avoir moins de respect pour la St Eucharistie. Je me souvient très bien de ma catéchiste qui nous disait qu'il fallait faire de nos mains "un trône pour le Seigneur".

De même, je trouve ça presque "amusant" (si ce n'était pas si triste) de parler du jeûne eucharistique. Il faudrait déjà que les croyants sachent simplement ce que c'est avant de se poser des questions de durée. J'ai appris que ça existait il y a 3 mois seulement en feuilletant le CEC. Personne ne m'en avait jamais parlé avant !

Commençons par songer à faire respecter les lois en place avant de chercher à les durcir.


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''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Message non lu par Peccator »

Je tiens à préciser que dans mes réflexions, je fais part d'interrogations qui sont les miennes, d'une recherche en cours. Je ne conteste pas, et en tout point je veux me conformer à ce qu'enseigne l'Eglise. La réponse à ces questionnements ne peut être que conforme au catéchisme : sinon, c'est qu'il y a erreur.
Mais, et sans doute est-ce là un vice chez moi, j'aimerais bien comprendre ce à quoi j'essaie de me conformer. Et pas uniquement par goût de comprendre, mais surtout par soucis d'éviter l'idolâtrie, et d'avancer vers la Vérité.

Suliko a écrit :Mais tout simplement parce que même si l'on n'est pas en état de communier, on est aux pieds de la Croix, on assiste au Saint Sacrifice non sanglant!
Que signifie "être en état de communier" ? Comment puis-je être "en état de communier" ?

Que voulez-vous dire par "sacrifice non sanglant" ? N'est-ce pas le Sang du Christ que nous buvons au calice ?

Et à quoi sert d'être au pied de la Croix, si on n'y a pas part ? Regarder le spectacle de la crucifixion apporte-t-il le salut ?
De nombreux saints ne communiaient que rarement, par exemple saint Louis. N'avaient-ils rien compris?
Je ne me fais pas juge de ce que mes frères comprennent ou non. J'ai déjà bien assez de mal à comprendre moi-même.

Et si bien des saints ont communié rarement, d'autres ont parlé des grands bienfaits qu'il y a à communier aussi souvent que possible.

Je n'ai pas écrit cela. Vous savez bien que la confession permet d'être en état de grâce (état nécessaire pour être du nombre des bienheureux au Paradis). Mais je ne vois pas non plus où vous voyez un grave péril à concevoir la confession comme une étape qui rendrait digne de recevoir la communion, puisque c'est en partie cela...
Le grave péril, c'est de rentrer dans une logique où je dois faire quelque chose pour me rendre digne de Dieu.

Avec cette logique, je peux me confesser pendant les lectures (dans une église où il y a une permanence de confession pendant la messe, et oui, ça existe encore de nos jours, et pas que chez les traditionalistes), et donc être en état de grâce au moment d'aller communier, tous mes péchés étant pardonnés. Pourquoi dire alors "Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir", puisque précisément, la confession vient de me rendre digne (comment être plus digne qu'en étant en état de grâce) ?

Et puis, comment voulez-vous qu'un pécheur se sanctifie en buvant sa propre condamnation?
Oh, mais je ne veux pas qu'un pécheur se sanctifie, justement. On ne se sanctifie pas soi-même, c'est Dieu qui nous sanctifie.

Mais je pense que nous serons d'accord sur le fait que quand on lutte contre les communions sacrilèges, c'est bien plus pour protéger les pécheurs que pour protéger le Seigneur... Mais alors, ne sommes nous pas en train d'instaurer des barrières entre Dieu et les hommes ?


J'avoue que toutes vos réflexions sont beaucoup trop abstraites pour moi...
C'est bien pourquoi elles ne trouvent pas de réponse dans un manuel de catéchisme : il ne s'agit pas d'apprendre les bases de l'éducation religieuse à destination d'enfants de 7 à 12 ans, mais bien d'essayer de comprendre de dont il est question sur le fond. Il ne s'agit pas de connaître les réponses à beaucoup de questions, apprises dans un livre ou dans un cours, mais de goûter et sentir ce dont parlent toutes ces questions et toutes ces réponses.

L'homme a besoin de sacré. Comment pourrait-il adorer Dieu sans cela?
La semaine dernière, j'ai adoré Dieu un matin en regardant le ciel bleu. J'ai réalisé tout à coup que je regardais alors aussi loin qu'il est possible de regarder : jusqu'aux limites de l'univers. La contemplation de la Création m'a mené à l'adoration du Créateur. Je n'ai eu nul besoin de sacraliser le ciel bleu pour autant. Ce jour-là, ça a été le ciel bleu. C'aurait pu être en regardant un bébé, une abeille qui butine, la lumière du soleil, l'eau d'une rivière... Bien des gens avant moi ont été conduits à l'adoration en contemplant la Création.

La sacralisation, en tant qu'elle conduit à l'adoration de Dieu, est bonne. Oui, je pense avec vous que l'homme a besoin de sacré : "l'homme est créé pour louer, révérer et servir le Seigneur Dieu", disait St Ignace : la notion de révérence inclue bien le fait de conserver une juste distance entre le Créateur et la créature, entre le Maître et le serviteur.
Mais comme toute chose vertueuse, elle peut aussi être détournée, notamment par excès, et alors conduire à la fabrication d'idoles. En sacralisant quelque chose, je me fabrique une image de Dieu qui me satisfasse, et j'y enferme Dieu sans même m'en rendre compte. Ou encore, je fixe Dieu en un lieu stable, pratique pour moi, et ce faisant j'attache Dieu à la terre alors que c'est en mon coeur qu'Il veut faire sa demeure.

Pendant que les prêtres du Temple sacrifiaient devant le Saint des Saints, Jésus, Lui, mangeait et buvait avec les pécheurs. Aujourd'hui encore, nous devons rester vigilants à la tentation des Galates.
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Héraclius a écrit :Ce n'est pas la communion dans la main, le problème. C'est l'irrespect des communiants
Je pense que l'un ne va pas sans l'autre... Si on nous parlait un peu plus du respect de la Sainte Eucharistie, de la façon dont La recevoir, de ne pas oublier Qui on reçoit, devant Qui on se trouve, le communiants seraient un peu plus respectueux ! Il serait bon que les prêtres le rappellent de temps en temps...
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Re: Une interview lucide et intéressante

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Bonsoir Héraclius,
Ce n'est pas la communion dans la main, le problème. C'est l'irrespect des communiants.
Oui, mais l'irrespect des communiants vient justement de la pratique de la communion dans la main et de tout ce qui en découle et qu'explique très bien Mgr Schneider...
Vous respectez le Saint Sacrement, je n'ai aucune raison d'en douter, mais vous êtes une exception plutôt que la règle et d'ailleurs, la tradition dans l'Eglise romaine, ce n'est pas de communier comme on le fait aujourd'hui. C'est un abus...
De même, je trouve ça presque "amusant" (si ce n'était pas si triste) de parler du jeûne eucharistique. Il faudrait déjà que les croyants sachent simplement ce que c'est avant de se poser des questions de durée. J'ai appris que ça existait il y a 3 mois seulement en feuilletant le CEC. Personne ne m'en avait jamais parlé avant !
Le problème est encore plus grave que cela: un jeûne d'une heure, ce n'est pas un jeûne mais une plaisanterie...

Bonsoir Peccator,
Que signifie "être en état de communier" ? Comment puis-je être "en état de communier" ?
Etre en état de grâce. S'être confessé si nécessaire, avoir jeûné et prié dans l'attente de la communion.
Que voulez-vous dire par "sacrifice non sanglant" ? N'est-ce pas le Sang du Christ que nous buvons au calice ?
C'est une expression tout ce qu'il y a de plus traditionnel pour définir la messe: le saint sacrifice non sanglant. Non sanglant parce que si la substance est bien du sang, matériellement, cela reste du vin. Que quelqu'un me corrige si je me trompe dans les termes! Un exemple de cette expression dans le catéchisme:
Et puisque dans ce divin sacrifice qui s’accomplit à la messe, ce même Christ, qui s’est offert lui-même une fois de manière sanglante sur l’autel de la Croix, est contenu et immolé de manière non sanglante, ce sacrifice est vraiment propitiatoire

Et à quoi sert d'être au pied de la Croix, si on n'y a pas part ? Regarder le spectacle de la crucifixion apporte-t-il le salut ?
On parle de communion sacramentelle et de communion spirituelle. Donc, même sans communier sacramentellement, on reçoit des grâces particulières selon nos dispositions intérieures. Voici un extrait du concile de Trente:
Quant à l'usage du tres-Saint Sacrement, nos Peres ont tres-bien & tres-sagement distingué trois manieres de le recevoir, nous enseignant que les uns ne le reçoivent que sacramentellement ; & ce sont ceux qui sont en péché : les autres seulement spirituellement, sçavoir ceux qui mangeant d'affection & d'intention ce Pain céleste qu'ils se proposent, en sentent le fruit & l'utilité, en vertu de cette Foy vive, qui opere par la charité : les troisiémes le reçoivent sacramentellement, & spirituellement tout ensemble ; & ce sont ceux qui s'éxaminent, & se préparent de telle maniere, avant que de s'approcher de cette divine Table, qu'ils s'y présentent avec la robe nuptiale.
Tout ce que je voulais dire, c'est que si l'on ne se sent pas assez bien préparé pour communier, la messe nous apportera quand même des fruits. Je pense que vous êtes d'accord avec moi.
Et d'une manière générale, la messe est porteuse de grâces pour beaucoup de monde (les âmes du purgatoire, les pécheurs, etc...) Je vous mets un petit texte du R.P. Garrigou-Lagrange que j'aime bien à ce sujet (qui d'ailleurs est un peu hors-sujet!):
[+] Texte masqué
Les effets du sacrifice de la messe et nos dispositions intérieures

L’oblation intérieure du Christ Jésus, qui est l’Âme du sacrifice eucharistique, a les mêmes fins et les mêmes effets que le sacrifice de la Croix, mais il importe de distinguer, parmi ces effets, ceux qui sont relatifs à Dieu et ceux qui nous concernent.

Les effets de la Messe immédiatement relatifs à Dieu, comme l’adoration réparatrice et l’action de grâces, se produisent toujours infailliblement et pleinement avec leur valeur infinie, même sans notre concours, même si la Messe était célébrée par un ministre indigne, pourvu qu’elle soit valide. De chaque Messe s’élève ainsi vers Dieu une adoration et une action de grâces d’une valeur sans limites, à raison de la dignité du Prêtre principal qui offre et du prix de la victime offerte. Cette oblation « plaît plus à Dieu que tous les péchés réunis ne lui déplaisent » ; c’est là ce qui constitue l’essence même du mystère de la Rédemption par manière de satisfaction[6].

Quant aux effets de la Messe, qui sont relatifs à nous, ils ne se répandent que dans la mesure de nos dispositions intérieures.

C’est ainsi que la Messe, comme sacrifice propitiatoire, obtient ex opere operato aux pécheurs qui n’y résistent pas, la grâce actuelle qui les porte à se repentir et qui leur inspire d’aller se confesser de leurs fautes[7]. Les paroles Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, parce nobis Domine, produisent en ceux des pécheurs qui n’y mettent pas d’obstacle des sentiments de contrition, comme le sacrifice de la Croix les produisit en l’âme du bon larron. Il s’agit ici surtout des pécheurs qui assistent à la Messe ou de ceux pour qui elle est dite.

Le sacrifice de la Messe, comme satisfactoire, remet aussi infailliblement aux pécheurs repentants une partie au moins de la peine temporelle due au péché, et cela en proportion des dispositions plus ou moins parfaites avec lesquelles ils y assistent. C’est pour cela, dit le Concile de Trente, que le sacrifice eucharistique peut être offert aussi pour la délivrance des âmes du purgatoire[8].

Enfin comme sacrifice impétratoire ou de Supplication, la Messe nous obtient ex opere operato toutes les grâces dont nous avons besoin pour nous sanctifier. C’est la grande prière du Christ toujours vivant qui continue pour nous, accompagnée de la prière de l’Église, Épouse du Sauveur. L’effet de cette double prière est proportionné à notre ferveur, et celui qui s’y unit de son mieux est sûr d’obtenir pour lui et ceux qui lui sont chers, les grâces les plus abondantes.

Selon saint Thomas et beaucoup de théologiens, ces effets de la Messe relatifs à nous ne sont limités que par la mesure de notre ferveur[9]. La raison en est que l’influence d’une cause universelle n’est limitée que par la capacité des sujets qui la reçoivent. Ainsi le soleil éclaire et réchauffe sur une place aussi bien mille personnes qu’une seule. Or le sacrifice de la Messe, étant substantiellement le même que celui de la Croix, est, par manière de réparation et de prière, une cause universelle de grâces, de lumière, d’attrait et de force. Son influence sur nous n’est donc limitée que par les dispositions ou la ferveur de ceux qui la reçoivent. Ainsi une seule messe peut être aussi profitable pour un grand nombre de personnes que si elle était offerte pour une seule d’entre elles ; tout comme le sacrifice de la Croix ne fut pas moins profitable au bon larron que s’il avait été offert pour lui seul. Si le soleil réchauffe aussi bien sur une place mille personnes qu’une seule, l’influence de cette source de chaleur spirituelle qu’est la Messe n’est certes pas moindre dans son ordre. Plus on y assiste avec foi, confiance, religion et amour, plus grands sont les fruits qu’on en retire.

Tout cela nous montre pourquoi les saints, à la lumière des dons du Saint-Esprit, ont toujours tant apprécié le Sacrifice de la Messe. Certains, quoique infirmes et malades, voulaient se traîner à la messe, parce qu’elle vaut plus que tous les trésors. Sainte Jeanne d’Arc, se rendant à Chinon, importunait ses compagnons d’armes et obtenait d’eux, à force d’instances, d’assister chaque jour à la messe. Sainte Germaine Cousin était si fortement attirée vers l’Église quand elle entendait la cloche annoncer le saint sacrifice, qu’elle laissait ses brebis à la garde des anges et courait assister à la messe ; toujours son troupeau fut bien gardé. Le saint Curé d’Ars parlait du prix de la Messe avec une telle conviction, qu’il avait obtenu que tous ou presque tous ses paroissiens y assistassent. Nombre d’autres saints versaient des larmes d’amour ou tombaient en extase pendant le sacrifice eucharistique ; quelques-uns ont vu à la place du célébrant Notre-Seigneur lui-même, le Prêtre principal. D’autres, à l’élévation du calice, virent le précieux sang déborder, comme s’il allait se répandre sur les bras du prêtre et dans le sanctuaire, et des anges venir avec des coupes d’or pour le recueillir, comme pour le porter partout où il y a des hommes à sauver. Saint Philippe de Néri reçut des grâces de ce genre et se cachait pour célébrer, à cause des ravissements qui souvent le saisissaient à l’autel.
Bien sûr, je ne veux pas dire par là qu'il ne faut exagérément jamais aller communier par excès de scrupules!
Le grave péril, c'est de rentrer dans une logique où je dois faire quelque chose pour me rendre digne de Dieu.
Je ne le vois pas comme cela...Il s'agit tout simplement de se détacher du péché par la confession, le jeûne et la prière.
En ce qui concerne le Domine, non sum dignus, je l'interprète d'une manière très simple et peut-être fausse, mais pour moi, il s'agit d'une invocation humble de l'âme chrétienne qui se sait indigne de tant de bienfaits de la part de son Seigneur. Même de très grands saints ressentaient vivement leur indignité, bien qu'ils étaient tout à fait en état de grâce...
Oh, mais je ne veux pas qu'un pécheur se sanctifie, justement. On ne se sanctifie pas soi-même, c'est Dieu qui nous sanctifie.
Je reformule donc ma question: pourquoi voulez-vous que Dieu sanctifie une personne qui fait une communion sacrilège alors qu'Il enseigne qu'il faut s'approcher dignement de Son Corps et de Son Sang? Pourquoi Dieu donnerait-il des règles et des conseils, si c'est pour ne pas les prendre en compte?
Mais je pense que nous serons d'accord sur le fait que quand on lutte contre les communions sacrilèges, c'est bien plus pour protéger les pécheurs que pour protéger le Seigneur... Mais alors, ne sommes nous pas en train d'instaurer des barrières entre Dieu et les hommes ?
Non, nous montrons par là quel grand respect nous avons du Saint Sacrement et nous évitons aux fidèles une communion qui ne leur apporterait pas des grâces, au contraire...
C'est bien pourquoi elles ne trouvent pas de réponse dans un manuel de catéchisme : il ne s'agit pas d'apprendre les bases de l'éducation religieuse à destination d'enfants de 7 à 12 ans, mais bien d'essayer de comprendre de dont il est question sur le fond. Il ne s'agit pas de connaître les réponses à beaucoup de questions, apprises dans un livre ou dans un cours, mais de goûter et sentir ce dont parlent toutes ces questions et toutes ces réponses.
Sauf qu'il existe des catéchismes pour adultes...Votre remarque est presque vexante...
La semaine dernière, j'ai adoré Dieu un matin en regardant le ciel bleu. J'ai réalisé tout à coup que je regardais alors aussi loin qu'il est possible de regarder : jusqu'aux limites de l'univers. La contemplation de la Création m'a mené à l'adoration du Créateur. Je n'ai eu nul besoin de sacraliser le ciel bleu pour autant. Ce jour-là, ça a été le ciel bleu. C'aurait pu être en regardant un bébé, une abeille qui butine, la lumière du soleil, l'eau d'une rivière... Bien des gens avant moi ont été conduits à l'adoration en contemplant la Création.
Cela ne s'oppose en rien à ce que je dis...Il s'agit de deux choses différentes (la contemplation de la beauté de la Création et le besoin de sacré). Vous parlez du risque qu'il y aurait à trop sacraliser certaines choses, mais à notre époque de désacralisation générale, ce n'est vraiment, mais alors vraiment pas le problème!
Pendant que les prêtres du Temple sacrifiaient devant le Saint des Saints, Jésus, Lui, mangeait et buvait avec les pécheurs. Aujourd'hui encore, nous devons rester vigilants à la tentation des Galates.
Oui, mais la faute des prêtres du Temple, c'est de n'avoir pas reconnu Notre Seigneur, pas de sacrifier devant le Saint des Saints, puisque Dieu lui-même le leur avait ordonné...

Bien à vous,

Suliko
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Re: Une interview lucide et intéressante

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Bonjour,
Même de très grands saints ressentaient vivement leur indignité, bien qu'ils étaient tout à fait en état de grâce...
Oui, d'ailleurs plus les saints deviennent saints, plus ils voient qu'ils sont indignes de Dieu et qu'ils ont donc totalement besoin de Lui.

Le problème aujourd'hui c'est que, je crois, beaucoup de fidèles ont perdu le sens de notre religion au profit d'une religion qui n'est pas celle du Christ.

Il n'y pas de salut (ni de péchés d'ailleurs), pas de sanctification mais simplement le désir de vivre le mieux possible sur cette terre pour aller ensuite au Paradis (où tout le monde va ou presque d'ailleurs), c'est une religion humaine totalement répugnante et fausse, pleine de fables. Aujourd'hui l'idée est répandue que puisque Dieu est bon, Il sauvera tout le monde alors qu'en vérité Dieu nous propose le salut mais il ne l'impose à aucun moment, c'est à nous de nous tourner vers Lui pour recevoir son don, c'est vraiment l'homme qui doit s'occuper de son salut car nous sommes libres. Peut-être l'Eglise devrait-elle rappeler cela avant tout ? Il faudrait avoir des prêtres comme ce Pasteur américain : https://www.youtube.com/watch?v=RVNdgnHWq7I#t=550

Il faudrait donc avant tout rappeler la réalité, celle que Jésus est venu nous visiter au fond de l'abîme pour nous arracher au prix de sa vie de la mort et du péché et nous réconcilier avec Dieu le Père et qu'il appartient à chaque homme de mettre sa vie dans les pas du Seigneur pour être en communion avec Lui, sanctifié par Lui et arrivé en Terre Promise. De facto, on ne peut pas communier dignement si on se fiche de ce que Jésus a fait pour nous, mais pour comprendre ce que Jésus a fait pour nous, il faut se voir tel que nous sommes réellement, c'est sans doute là tout le problème dans notre monde d'apparence.

"Ecce Agnus Dei, qui tollis peccata mundi" (Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde), voilà qui devrait nous arracher toutes les larmes de notre corps et nous détourner du péché.
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