De La Vie :En Afrique, la question sensible pour les pasteurs concerne la polygamie.
Ainsi, "pour bon nombre d'entre eux, mettre fin à la polygamie suppose d'inciter l'Église à durcir le propos sur l'indissolubilité du mariage comme lien entre un homme et une femme pour la vie et donc, à freiner une possible évolution concernant l'accès à certains sacrements pour les divorcés-remariés.
Ainsi, selon le vaticaniste américain John Allen, « la voix de l'Afrique dans le débat semble renforcer l'aile conservatrice ». Selon les prélats qui ont participé aux sessions préparatoires, les cardinaux des pays en développement ont émis des conseils de prudence quant à un éventuel ramollissement de la position de l'Église."
http://www.lavie.fr/religion/catholicis ... 662_16.php
Recopie partielle :
Remarque : Nous devrions bien méditer sur ces coutumes africaines qui pourraient servir de guide pour nous.Nous l'avions évoqué il y a un an mais nos débats occidentaux dans cette période pré-synodale ont parfois tendance à occulter ceux qui préoccupent d'autres continents. A quelques jours de l'ouverture du synode sur la famille, un théologien africain a donc tenu à faire une piqûre de rappel, déclarant que la théologie ne devait pas être uniquement occidentale : « On ne peut ignorer les autres cultures, qui devraient aussi avoir leur place dans le christianisme », a ainsi déclaré le professeur congolais Bénézet Bujo, spécialiste des théologies africaines et professeur au département de théologie morale et d'éthique à l'université de Fribourg en Suisse.
Le texte commence comme un coup de gueule : « A l'occasion du Synode sur la famille, on ne parle ici – en Europe ou en Amérique du Nord – que de l'accès aux sacrements des divorcés remariés. On n'entend pas la réalité de l'Afrique ! On ne devrait pas seulement parler des difficultés rencontrées dans le monde occidental », s'exclame Bénézet Bujo. Il poursuit : « Les Occidentaux ont vu le mariage à partir de leur culture et ils l'ont présenté dans l'Eglise catholique romaine comme ayant une valeur universelle. »
Mais dans le fond, cette dénonciation de l'occidentalo-centrisme théologique recoupe une demande précise : celle de la reconnaissance de la sacramentalité du système matrimonial africain par une refonte de ce qui se pratique actuellement, le « mariage par étapes ». En effet, il existe en Afrique trois étapes : le mariage coutumier, qui implique les familles, le mariage civil, au niveau de la municipalité, et le mariage religieux, à l'Eglise.
En Afrique, explique Bénézet Bujo, le mariage n'est pas uniquement l'affaire du couple mais aussi celui de la communauté : ainsi la notion d'alliance entre personnes est indissociable de celle de l'alliance entre familles. « Dans la tradition africaine, ce ne sont pas les deux époux qui décident seuls. Lorsque les jeunes se marient tout de même quand la communauté – qui connaît l'arrière-fond culturel et les antécédents des familles – ne le souhaite pas, alors souvent l'échec est au bout du chemin! Les anciens savent ce qui est bon pour fonder une bonne famille… »
Or, dans la théologie catholique, ce sont les époux qui se donnent le sacrement de mariage. En Afrique, explique Bénézet Bujo, l'acte implique aussi les familles, ce qui n'est pas reconnu par l'Eglise. « C'est une véritable dichotomie, que les Africains ne comprennent pas. Devant cette multitude de procédures, un chrétien catholique africain est marié quand il a accompli les trois étapes précédentes. Ne serait-il pas possible d'harmoniser ces trois célébrations pour n'en faire qu'une, qui serait par ailleurs sacramentelle? L'Eglise devrait être présente dans toutes ces étapes. »
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Sur les 191 pères synodaux présents du 5 au 19 octobre, 42 viennent d'Afrique, les autres se répartissant de la manière suivante : 38 d'Amérique, 29 d'Asie, 78 d'Europe et 4 d'Océanie.
Témoignage :
Dans la famille africaine, nombreuse, de ma femme toutes les situations décrites ci dessus existent.
Ce qui est certain c'est que, pour eux, le mariage religieux est l'accomplissement du mariage.
"Une fois marié à l'église il ne peut y avoir de divorce".
Ma belle fille, qui vit maintenant en France, s'est mariée civilement en janvier et devait se marier devant notre évêque tout début juillet. En juin nous avons, tous, considéré que les jeunes mariés n'étaient pas prêts et le mariage a été repoussé.
L'évêque a tout à fait approuvé ce report.
Et tant pis pour les préparatifs du mariage, les invitations, le tralala etc .... et les dépenses.


