françois67 a écrit :Pas besoin de citer Josèphe, je connais ses citations très controversées.
Elles ne sont pas du tout controversées. Certes, certains ont suspecté une influence chrétienne (car Flavius Josèphe, dans ce passage, semble faire l'éloge du Christ), mais pas une invention globale ex nihilo. En outre, la version slavonne du texte confirme l’authenticité de ce passage.
Voici ce que j’ai pu trouver pour satisfaire votre curiosité :
Manuscrit Syriaque n° 14658 du British Muséum (date de 73 environ)
Lettre envoyée par un Syrien nommé Mara Bar-Serapion, à son fils. Alors qu'il est en prison, il encourage son fils à poursuivre la sagesse, soulignant que ceux qui ont persécuté les sages ont eu des problèmes. Il prend comme exemple les morts de Socrates, Pythagore et Christ. A propos de Christ il dit :
"Quel avantage ont tiré les Juifs de l’exécution de leur roi sage? … Ce roi sage n’est même pas mort pour un quelconque profit ; Il a vécu de l’enseignement qu’Il avait donné."
Suétone (69 - 125)
Archiviste à la cour de l'empereur Hadrien. Disgracié en 122, il se consacra à des ouvrages historiques.
"Comme les juifs ne cessaient de troubler la cité sur l'instigation d'un certain Christus, il (Claude) les chassa de Rome" (Vie de Claude, XXV.11)
"Il livra aux supplices les Chrétiens, race adonnée à une superstition nouvelle et coupable" (Vie de Néron, XVI.3).
Ce passage n'est pas une preuve directe de l'existence de Christ ; mais il prouve qu'au temps de Néron, c'est à dire une trentaine d'années après la mort de Christ, il y avait des personnes qui se réclamaient de Christ : difficile de croire alors que Christ n'ai pas réellement existé !
Cornélius Tacitus (55 - 118)
Historien romain. Il décrit l'incendie de Rome en 64, et explique que les chrétiens sont devenus les boucs émissaires de Néron qui les accuse d'avoir provoqué le feu ; vers 116 il écrit :
"le nom de chrétien leur vient du nom de Christ, qui fut condamné sous le règne de Tibère, par le procureur Ponce Pilate, ..." (Annales, 15.44)
Pline le Jeune (61 - 114)
Ecrivain latin. Il était gouverneur de la Bithynie (au nord-ouest de la Turquie) en 112. Dans une lettre adressée à l'empereur Trajan il lui demande conseil sur la façon de traiter les chrétiens :
"Ceux qui niaient être chrétiens ou l'avoir été, s'ils invoquaient des dieux selon la formule que je leur dictais et sacrifiaient par l'encens et le vin devant ton image que j'avais fait apporter à cette intention avec les statues des divinités, si en outre ils blasphémaient le Christ - toutes choses qu'il est, dit-on, impossible d'obtenir de ceux qui sont vraiment chrétiens -, j'ai pensé qu'il fallait les relâcher... [Ceux qui disaient qu'ils étaient chrétiens] affirmaient que toute leur faute, ou leur erreur, s'était bornée à avoir l'habitude de se réunir à jour fixe, avant le lever du soleil, de chanter entre eux alternativement un hymne au Christ comme à un dieu, ..." (Lettres et Panégyrique de Trajan : X/96/5-7)
Ce texte n'affirme pas l'existence de Jésus Christ, mais la confirme de façon indirecte : il prouve en effet qu'au début du IIème, des hommes et des femmes croyaient fermement à son existence.
françois67 a écrit :Merci de ne pas citer des auteurs parlant des chrétiens et pas de Jésus

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Et pourquoi pas ? Le fait que des chrétiens existent prouve que quelque chose est né, c’est déjà ça.
Eh puis, dites-vous cela : les chrétiens ont rencontré une vive opposition de la part des juifs et des païens dès les débuts.
PERSONNE parmi ces contradicteurs (qu’ils fussent juifs ou païens) n’a jamais mis en doute l’existence du Christ. Ça aurait été facile pourtant, non ?
françois67 a écrit :En effet, Jésus a fait un sacré remue-ménage en Palestine, mais à part Josèphe, aucun historien juif ne parle du Christ. Je comprends qu'à l'échelle romaine, des agitations dans une petite provincette du fin fond de l'empire n'aient pas attiré beaucoup d'attention des quelques chroniqueurs de l'époque, mais pourquoi n'y a-t'il pas d'archive juive ou du préfet romain, l'exécution du Christ ayant quand même occasionné une grosse affaire.
Premièrement, comme vous semblez le suggérer, la crucifixion de Jésus fut un non évènement pour l’Empire romain. Mais vous parlez ensuite de grosse affaire… Mais laquelle ? La « grosse » affaire commence quand le christianisme se répand, pas avant. Les Romains étaient habitués à crucifier des opposants politiques. Dans la mort de Jésus, il n’y a rien qui mérite que les autorités romaines en fassent tout un plat. C’est de l’ordre de la rubrique des chiens écrasés.
Concernant les archives juives, il faudrait déjà pouvoir affirmer que les autorités juives tenaient des archives précises (et compte tenu du procès douteux de Jésus, on peut comprendre que ces autorités n’aient pas tenu à graver dans le marbre ce qui s’était passé). Ensuite, vous oubliez un peu vite que Jérusalem fut détruite en 70.
Bref, il n’y a aucune raison pour douter de l’existence historique du Christ. Aucun historien sérieux ne le fait d’ailleurs. Son existence est bien mieux attestée que celles de César, Platon ou autres personnages de l’antiquité dont personne ne remet en cause l’existence.
Cordialement,