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Bonjour p.christian, vous indiquez :
Si je résume ce que j'ai compris de votre position, à un moment donné de l'histoire du christianisme que vous ne situez pas précisément, l’Église catholique se serait fourvoyée. Bref le Saint Esprit a cessé de souffler.
Non, c’est l’Eglise en général qui s’est fourvoyée très tôt dans son histoire sur certains aspects, par exemple en acceptant des déviations doctrinales et morales ou en introduisant dans son sein des personnes qui n’avaient pas la vie de Dieu, mélangeant ainsi l’ivraie au bon grain. A cette époque ce n’était pas encore l’Eglise catholique, même si le terme « catholique » est apparu très tôt aussi, mais dans son sens véritable c'est-à-dire « universel ». L’Eglise catholique en tant que telle ne s’est vraiment constituée que vers le sixième siècle. Cela a continué au cours de l'histoire de l'Eglise. A noter que je me sens pleinement solidaire en responsabilité de ces dérives.
Quant à l’Esprit, il souffle où il veut et je ne doute pas qu’il le fasse également dans l’Eglise et les fidèles catholiques. Il souffle aussi dans les autres chrétiens, même si aucun non catholique n’a été reconnu digne d’être canonisé. Mais compte tenu de nos défaillances, l’action de l’Esprit en nous peut être entravée de diverses manières.
De quelle autorité pouvez-vous affirmer cela ?
Par l’autorité du Seigneur Jésus, Chef de l’Eglise, telle qu’elle se manifeste dans la Bible et par l’Esprit, lequel a fait son habitation dans chaque chrétien et dans leur communauté, à savoir l’Eglise.
Vous pensez que l'Eglise universelle (pour ne pas dire catholique) est un groupe d'humain pratiquant un certain nombre d'activités.
Cela pose un problème. Comment faites vous pour déterminer qui en fait partie et qui n'en fait pas partie ?
Pour moi, l’Eglise est la communauté des (vrais) chrétiens, quels que soient les systèmes chrétiens où ils se rassemblent. Cela est une réalité qui doit être indépendante de toute organisation constituée sur la terre, au demeurant structurée et hiérarchisée, ce qui à mon sens n'est pas la pensée divine.
Dans le désordre et même la ruine actuelle de l’Eglise, il est parfois difficile de distinguer un vrai chrétien (c'est-à-dire un membre de l’Eglise). Aussi « le Seigneur connaît ceux qui sont siens » (2 Tim 2). Cependant il est très rafraîchissant de distinguer la foi chez tel ou tel (avec parfois le risque de se tromper).
Je pense que si vous ne faites pas confiance aux hommes nommés par le Seigneur, au fond c'est que vous ne lui accordez pas votre confiance.
C’est le Seigneur, et non une institution humaine, qui donne aux hommes des dons ou charismes, ou les qualifie pour des responsabilités quant aux choses de Dieu. Il faut reconnaître de telles personnes, même si cela reste informel. Quant aux ecclésiastiques, beaucoup sont dévoués et de fidèles serviteurs du Seigneur, et il convient de le reconnaître même si, comme moi, on est « a-clérical ».
Vous n'avez à mes yeux ni histoire, ni une légitimité autre que celle que vous vous donnez vous-même, ni même avec le peu de personnes qui s'en réclament (si j'ai bien compris) une assise humaine.
Notre histoire est l’histoire de la chrétienté, qui commence par la Pentecôte d’Actes 2. Notre légitimité est l’approbation du Seigneur. Dans la lettre aux 7 églises d’Asie d’Apocalypse 2 et 3, l’église de Philadelphie, dont nous devrions nous inspirer est caractérisée par ayant peu de force, par ayant gardé la parole du Seigneur, et n’ayant pas renié son nom.
Cela dit nous embrassons dans nos cœurs tous les chrétiens quels que soient les dénominations ou ils se rassemblent et même s’ils sont isolés (ce qui n’est pas une bonne chose).
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