(excusez l'aspect sermon, la lourdeur, la longueur, le «ça va sans dire mais quand même mieux en le disant»)
Pour compléter :
Isabelle48 :
Quelle attitude chrétienne adopter face au terrorisme? Aimer son ennemi?
La mesure
L'attitude chrétienne consiste éventuellement à répondre de façon mesurée. Parce que dynamiter trois HLM avec les familles à l'intérieur, et au motif qu'
un habitant du quartier arabe aurait brocardé le pape dans une chanson serait le genre de solution à écarter bien sûr. Ce serait démesuré.
Une possible alternative
L'amour des ennemis ne consiste pas "seulement" à se laisser massacrer en marmonant des cantiques et en bénissant la
main qui tient le couteau. Faudrait pas exagérer.
Oui, car il peut y avoir mieux que de laisser l'autre se livrer à des crimes contre la personne, mieux quand on pourrait éviter à l'autre que lui-même aille se garantir plus efficacement une bonne place à la gauche de Lucifer. La neutralisation préventive de «plus grands desseins criminels encore à venir» constitue aussi
une très bonne option. En ôtant au furieux l'opportunité de s'enfoncer dans le crime, on lui évite d'avance bien des misères également. Et c'est là qu'intervient la puissance publique : armature de lois, police, détention provisoire, fermeture de mosquées (cf. Tunisie), interdiction, extradition, contrôle de la frontière, politique du
containment (cordon sanitaire), etc.
La bienveillance envers des opposants religieux musulmans et anti-papistes présents sur le sol national français = la
neutralisation des «édificateurs des murs de la prison communautariste et djihadiste oppressive». En désamorçant la possibilité d'action de ces derniers on soulage tout le monde, les athées bouffeurs de curé, militants gay et féministes compris.
Pardonner? Prier pour lui? Ou le considérer comme le mal en actes et le combattre comme tel (sachant que l'une au
l'autre attitude n'empêcherait pas l'autre)?
La prière sert d'abord à soi-même dans un cas ou dans l'autre. C'est vrai que l'on soit captif du djihad islamique ou
bien membre d'une compagnie de sécurité appelée à opérer dans le quartier où ça chauffe. En second lieu, l'effet peut
s'étendre à l'ennemi
mais vraiment en second lieu . Faut imaginer Jeanne d'Arc qui ferait mettre en prière la troupe d'abord et soit avant l'assaut contre la forteresse ennemie.
"Dieu travaille de manière mystérieuse" a dit Obama lors des obsèques du pasteur assassiné.
Certes. Mais nous, chrétiens, allons-nous nous laisser anéantir sans réagir?
Dieu travaille et fait avec nos décisions, au travers des avenues empruntées aussi imparfaites que boueuses.
La piété suprême ne consiste pas «forcément» à choisir la passivité, étant malade à refuser les médicaments, à vouloir se passer de médecin pour soi et les autres, et parce qu'il serait plus beau, plus noble d'attendre le miracle seulement (les anges qui vont descendre), la délivrance par la seule main très sainte de Jésus.
Toujours la mesure ...
La mesure veut dire aussi bien d'être juste avec tous, de ne pas enfermer dans le même sac les terroristes fous avec le moindre musulman bien entendu, comme d'évaluer ce qui pourrait être le mieux à faire dans des circonstances données et où parfois le martyr personnel peut être une bonne réponse (cf.
Thomas Moore), parfois l'usage de la force comme avec Jeanne d'Arc (
qui finira, en fait, par combiner les deux alternatives). Le martyr est d'ordre personnel (
frére Christian), les moyens de gouvernement sont collectifs (cf.
de Gaulle [catholique pratiquant qui communie le dimanche]
à Londres, pour tenter de reconstituer une armée et reprendre les opérations pour libérer le pays, neutraliser les esclavagistes). Ce n'est pas vrai que le rôle du chrétien doit se limiter qu'à celui du pacifiste, en toute circonstance; que les chrétiens seraient forcés d'être des victimes pour «faire comme Jésus». Ce serait juste là comme l'une de ces idées folles auxquelles Chesterton se référait, une vérité partielle qui peut parfois tourner au mensonge.
