Mépriser le monde pour être catholique ?

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Cinci
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Re: Mépriser le monde pour être catholique ?

Message non lu par Cinci »

Je suis tout à fait d'accord sur l'intérêt que peux susciter la réflexion de Clergerie. - Merci de votre participation, Clergerie !

:)


Ce que je constate surtout, si vous voulez mon avis, c'est l'existence de passions. Elles sont diverses, parfois carrément inconciliables entre elles. C'est le philosophe Alain qui disait que les intérêts transigent toujours, les passions jamais.

Le noeud de ce qui est en discussion pourrait se trouver aussi dans une simple remarque d'Aldous Huxley écrite dans les années 1930 :
«Pour comprendre la politique européenne, on devrait lire l'histoire de l'Amérique centrale. C'est en étudiant le plus simple que nous apprendrons à comprendre les phénomènes du même ordre se présentant de façon plus complexes. [...] Le plus frappant dans les guerres d'Amérique centrale est qu'aucune d'elles n'a eu une origine pouvant s'interpréter comme d'ordre économique. Les guerres des cinq républiques ont été des guerres entre conservateurs et libéraux, entre cléricaux et anticléricaux, entre ceux qui désiraient un seul État fédéral et ceux qui revendiquaient une indépendance souveraine pour chaque État.»

- A. Huxley, Des Caraïbes au Mexique. Journal d'un voyageur,1934, p.66

Si des évêques prennent le train de l'Union européenne et comme en vue d'une seule et unique grande construction fédérale, tous ceux qui préfèrent de loin l'autonomie et la souveraineté de leur pays («une question de principe») ne pourront s'y reconnaître. La crise des migrants n'est qu'une occasion de plus pour mettre en lumière l'antagonisme fondamental, la politique véritable et les vraies passions.
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Re: Mépriser le monde pour être catholique ?

Message non lu par Cinci »

Après mon coup d'oeil large du message précédent :
C'est précisément au NOM DE LA DOCTRINE et du catéchisme que les évêques de France condamnent les chrétiens soutenant le Front National : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2015/ ... olique.php
La question n'est pas d'être pour ou contre ce parti, mais on voit bien ce que cette déclaration des évêques veut dire : tout chrétien rétif à l'accueil des migrants est hérétique ! - Clergerie
Je serais en désaccord avec votre perception par contre.

La réaction dédaigneuse des évêques en France à l'égard du FN est tout juste à l'image d'une majorité de Français à mon avis et preuve, s'il était besoin d'en obtenir une de plus, en quoi les évêques subissent également l'influence de leur propre société. C'est tout.

Mais je ne vois pas ce que vous dites dans les lignes même du Figaro. Il ne m'apparaît pas que ceux qui voteraient pour le Front National sont condamnés littéralement; hérétiques pour finir tous ceux en désaccord avec les idées politiques des commissaires de l'Union européenne et concernant les personnes déplacées (!) L'article permettrait surtout de visualiser dans quel camp politique loge une bonne majorité des évêques français, dans quelle mangeoire ils se sustentent.

____
Note : on pourrait parler de la réaction «passionnelle» des évêques, remarquez.
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Re: Mépriser le monde pour être catholique ?

Message non lu par Cinci »

Je n'avais jamais pris très au sérieux les accusations des Romains païens du Ve siècle, de Rousseau et de Gibbons, qui parlaient des chrétiens comme étant, par essence, de mauvais citoyens, préférant laisser pourrir leur patrie que de mettre leur salut en danger.
Dans ses observations générales, Gibbons disait :
  • «Un siècle servile et efféminé adopta facilement la sainte indolence de la vie monastique; mais si la superstition n'eut pas ouvert cet asile, les lâches Romains auraient déserté l'étendard de la république pour des motifs plus condamnables. On obéit sans mal à des préceptes religieux qui encouragent et sanctifient l'inclination des prosélytes; mais on peut suivre et admirer la véritable influence du christianisme dans les effets salutaires quoique imparfaits, qu'ils produisirent sur les Barbares du Nord.»

    - E.Gibbons, Histoire du déclin et de la chute de l'empire romain, tome 1, p.1155
L'historien anglais du XVIIIe siècle restait mitigé dans ses observations. Il ne disait pas que l'Église fut cause principale de la ruine du vénérable empire des anciens Romains. Il disait qu'un cerains abus de la religion (passions, disputes théologiques, etc.) avait pu contribuer au désastre. En rétrospective, l'historien anglais professait les idées «très raisonnables» de l'honnête homme du temps des Lumières.
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