« Le sage a le cœur à sa droite, mais le fou a le cœur à sa gauche. »
Ecclésiaste, 10, 2
En fait, le "coeur à sa droite", c'est le Coeur spirituel. Il me semble qu'un "C" majuscule devrait toujours être utilisé lorsqu'on discute du Coeur spirituel.


En un mot, le livre de l'Ecclésiaste marquerait comme une sorte de limite atteinte, dans la Bible, en matière de sagesse humaine. Et c'est un cul-de-sac! Il n'y a rien de vraiment solide en-dehors du fait de devoir mettre sa foi en Dieu et encore qu'il n'y a pas moyen non plus de saisir le plan divin. C'est le black out ! Il prendra une intervention ultérieure de Dieu lui-même (la venue de Jésus) pour déverrouiller la compréhension des choses.«Le livre de Daniel appartient aux écrits de sagesse, il a la forme d'une grande parabole qui s'apparente au genre du roman et il marque le passage de la sagesse à l'Apocalypse. Tous ces mots réclameraient une explication pour le profane, que je ne donnerai pas ici, sauf à remarquer que cette distinction des genres et des styles dans la Bible permet d'entrevoir une maturation, une avancée dans la conscience religieuse et mystique du peuple d'Israël, dont l'Évangile nous permet de comprendre pleinement le dynamisme. Les livres sapientaux, qui ont hérité de tout ce que la sagesse humaine peut déployer au regard de la Parole divine, pointent vers un dépassement des limites. L'Ecclésiaste exprime la vanité de tout, excepté la foi inébranlable en Dieu, au-delà de toute sagesse. Le mal n'est pas rationnellement soluble. C'est bien pourquoi l'apocalypse se substituera à la sagesse, comme une révélation divine, seule solution possible de l'énigme de l'homme et du monde. Ce n'est plus une simple parole d'enseignement, c'est une parole d'intervention. [...]
C'est le règne de Dieu lui-même qui s'avance, par-delà toutes les tentatives vaines des hommes. L'Apocalypse marque un changement de temps, le passage à une autre période de l'histoire, où s'annoncent ta eschata, «les dernières choses».
... le «fils d'homme» apparu sur les nuées du ciel qui va à la rencontre de l'«Ancien des jours» pour remettre en ses mains le Royaume universel est celui qui vient briser la statue représentant toutes les puissances idolâtrées sur la terre. Sur la ruine de ces puissances, le chapitre 2 de Daniel annonce que le Dieu du ciel dressera un royaume qui jamais ne sera détruit. Mais ce royaume appartiendra aussi aux «saints du Très-Haut», à tous ceux qui auront été persécutés et livrés à la mort à cause de leur foi au seul vrai Dieu (7,22). (G, Leclerc, p.134)


07 Va, mange avec plaisir ton pain et bois d’un cœur joyeux ton vin, car Dieu, déjà, prend plaisir à ce que tu fais.
08 Porte tes habits de fête en tout temps, n’oublie pas de te parfumer la tête.
09 Savoure la vie avec la femme que tu aimes, chaque jour de cette vie de vanité qui t’est donnée sous le soleil, tous ces jours de vanité… Voilà ton lot dans la vie et dans la peine que tu prends sous le soleil.
10 Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le avec la force dont tu disposes, car il n’y a ni travaux, ni projets, ni science, ni sagesse au séjour des morts où tu vas.


car plus que de résignation, il faudrait parler de désenchantement, d’un désenchantement dû à la foi, à l’espoir qu’elle devrait contenir et qui ne se réalisait pas, la promesse même étant trop floue pour que sa portée soit suffisante.
Du coup ce qui se passe sur terre a beaucoup d’importance - et c’est toujours vrai, sinon nous n’y serions pas encore ! même si en effet, on peut désormais la relativiser au regard du temps qui suivra. Non, cela ne nous enseigne pas la mortification, sinon comme vous l’avez perçu mais dans ce sens de résignation (que maintenant nous pouvons et devons dépasser), car « nous avons péché » et que les limites de la vie présente en sont la conséquence, mais ce qu’il en reste du don initial est suffisant pour trouver un certain bonheur et que l’ecclésiaste a manifestement trouvé, mais qu’il aurait voulu dépasser.Cedricspandrell a écrit : ↑mar. 22 nov. 2022, 2:10 Peut-être que l'Ecclesiaste est le livre de la résignation, et continuer à avoir la foi même dans la résignation est la plus grande preuve d'amour pour Dieu ?
Et que ce qu'il se passe sur terre n'a que peu d'importance, l'Ecclesiaste enseigne sur la mortification de nos passions pour totalement s'abandonner à Dieu. Enfin c'est mon impression.
Mais cette rigueur était nécessaire, il fallait qu’il y ait quelque chose à « observer » pour cristalliser la foi et le manque, et pouvoir ainsi se libérer d’un fardeau pour goûter une joie modeste et sans mélange. Penser à la façon dont Marie devait vire et ressentir les choses avant l’Annonciation. Vin et vie « insouciante » n’étaient que les adjuvants de l’époque pour parvenir à la joie, à défaut de Présence Réelle et de la connaissance de la grâce et de Son Amour -mais il était possible d’avoir des « pressentiments ».Cedricspandrell a écrit : ↑lun. 21 nov. 2022, 21:34 pourquoi Dieu nous encourageait à boire du vin et mener une vie insouciante alors que dans toute l'Ecriture , surtout dans l'AT, c'est la rigueur qui est de rigueur ?

Bonjour Cedricspandrell,Cedricspandrell a écrit : ↑lun. 21 nov. 2022, 21:34 Merci LibreMax de votre retour,
Cependant dans mon interprétation et quand je relis ma Bible Crampon, je vois le dernier verset comme une sanction.
Bon étant novice, je n'ai évidemment pas la science infuse, mais d'ailleurs la traduction même porte à confusion : dans ma Bible c'est schéol et dans la votre séjour des morts ; schéol se rapporte plus à un purgatoire genre pas très attractif alors que le séjour des morts adoucit la chose non? Ce qui change grandement la tournure du dernier verset et pourquoi Dieu nous encourageait à boire du vin et mener une vie insouciante alors que dans toute l'Ecriture , surtout dans l'AT, c'est la rigueur qui est de rigueur ?
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 9 invités