Le cavalier du premier sceau

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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Fée Violine
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Re: Le cavalier du premier sceau

Message non lu par Fée Violine »

Merci!

Je crois avoir lu qu'il y a un livre d'Hénoch qui est dans le canon de la Bible de l'Église d'Éthiopie?
Quant aux oracles sibyllins, il ne s'agit évidemment pas de ceux qui étaient déjà anciens à l'époque du roi Tarquin? Le titre a été repris par des auteurs juifs/chrétiens?
Et que sont ces rouleaux du Temple et ce règlement de la guerre? Les titres sont intrigants.
L'athée
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Re: Le cavalier du premier sceau

Message non lu par L'athée »

Je n'ai plus le livre sous la main et ne connais pas par coeur leur histoire. Bcp ont été trouvé à Qumran,
Les Oracles sibyllins ont été écrit au Ier siècle sauf le 5e chapitres écrit plus tard, peut être au IIe
Les Rouleaux du Temple est un livre qui daterai de la période du Grand Prêtre, Jean Hyrcan, soit entre 134 ou 104 av
Hénoch est effectivement dans le canon d'Ethiopie.
Pour les autres, je ne m'en souviens plus. Esdras, Henoch, et Baruch sont les plus connu, vous pouvez les trouver facilement en format PDF sur internet.

Pour en revenir au sujet, dans ces textes on trouve de très nombreuses traces de rois mauvais, parfois comparés à des bêtes sauvages, qui amènent quelques fois avec eux, la peste la famine et la guerre.

Quelques exemples

I Hénoch : Dans ce texte au moment du Jugement et du dernier combat devant Jérusalem, Dieu envoie ses anges sur terre et plus précisément «chez les Parthes et les Mèdes» (56,5), afin de mettre «en branle les rois». Ce passage est important car le cavalier du premier sceau est souvent considéré comme la représentation d’un roi Parthe, dû à son arc, l’arme par excellence de ce peuple. Le texte continue ainsi : «Et les rois sortiront comme des lions de leurs antres, comme des loups affamés parmi leur troupeau» (56, 5-6). Ces rois arriveront devant Jérusalem mais ils y seront coincés, et se mettront alors à s’entretuer et le Shéol (l’Hadès) «ouvrira sa gueule {et} ils s’y engloutiront» On retrouve, comme dans le texte de l’Apocalypse, les bêtes sauvages, les hommes qui s’entretuent et l’Hadès qui vient chercher les hommes. Le roi est ici un personnage négatif, s’inscrivant dans le plan divin et intervenant parmi une série de fléaux.

L’Apocalypse d’Élie :
Ce texte est lui aussi assez évocateur. Dieu invoque deux rois (2,2), un de la paix et un de l’injustice. Le roi de l’injustice «multipliera les guerres» en Égypte, alors que le roi de la Paix est appelé pour lui faire la guerre et le tuer, dans l’unique but d’apporter la paix. (2,9). Dans le même chapitre, l’auteur écrit que l’un des fils du roi de la paix prendra le visage du Diable et que quatre rois sortiront de lui. L’un d’eux ira même jusqu’à le tuer (2,15) et apportera la guerre, ordonnera que les femmes soient livrées «au poison des flèches»(2,27) et qu’à cause de la violence des guerres, même les enfants de douze ans doivent apprendre «à lancer des flèches» (2,29). On remarque alors que l’arc, les flèches et le roi représentent ici une figure négative, qui apportera les guerres. Finalement un roi venant de la «ville du soleil» viendra «exterminer les païens» (2,39-40) et détruire les temples afin de restaurer la paix. Celui là représente le Verbe de Dieu, le Roi des rois. Le chapitre suivant rapporte la manifestation de l’Antichrist. Celui ci viendra disant qu’il est l’oint, bien qu’en réalité il ne le soit pas. Il aura les mêmes caractéristiques et les mêmes pouvoirs «excepté la résurrection des morts» (3,10) Il est décrit physiquement comme un «jeune» avec une «touffe de cheveux blancs» (3,13), mais il est capable de se transformer en «vieillard», ou en «jeune enfant» (3,14).

Le Testament de Juda :
L’auteur regroupe dans le même passage les rois qui «engraisseront de façon ignoble les corbeaux et les rapaces» (les bêtes sauvages) avec la «multitude de cadavres» (21,6) qu’ils vont provoquer, et les faux prophètes qui seront alors «comme des ouragans» (21,9). Dieu décide alors de punir les hommes qui suivent ces rois là, par la série de fléaux «famine, peste, mort et épée...» (23,3).

Psaumes de Salomon :
Dans ce livre il est écrit que le Messie Seigneur, le «roi juste» (17,32) viendra sur terre au moment du Jugement, et qu’il «n’espérera pas dans le cheval, le cavalier et l’arc» (17,33). Le Messie est alors considéré comme un roi juste, peut être en comparaison à d’autres rois qui eux sont des rois de l’injustice, et qui placent tous leurs espoirs dans le cheval, le cavalier et l’arc. Le Cavalier de l’Apocalypse serait alors ce roi de l’injustice?

Le Testament de Moïse :
Le roi demeure encore comme un personnage négatif dans ce texte où un roi d’Orient viendra avec sa cavalerie pour exiler les tribus d’Israël. Ce roi serait Nabuchodonosor (note : La Pléiade p.1002).

Les Oracles Sibyllins : un «grand roi, aigle fauve couvrira le pays entier de gens de pied et de cavalier, brisera tout, emplira tout de maux» (3,611). On peut reconnaitre dans ce dernier les bêtes sauvages, un chef d’armée (si l’on considère le premier cavalier comme le chef de file des trois autres) et les maux que l’on retrouve dans l’Apocalypse de Saint Jean. Dans le même texte, en signe avant coureur du dernier Jour, Dieu annonce qu’un «roi capturera le roi voisin» (3,635), que «la peste s'abattra» (3,633) sur la terre, que «les nations ravageront les nations et détruiront les peuples» (3,636), «les vautours et les bêtes sauvages de la terre détruiront leur chair» (3,644) et que pour finir la terre «toute entière restera sans labours ni semailles» (3,647). On reconnait ici les quatre fléaux des cavaliers de l’Apocalypse. Ici le roi est alors un personnage temporel, qui s’inscrit dans tout un processus de destruction et de mort, incarnant donc un personnage exclusivement négatif. Dans le chapitre V du même livre, «un roi se lèvera» (il s’agit certainement de Néron), il «triomphera longuement dans les guerres» et apparait alors comme un «reptile affreux» (5,29). Puis il se présente alors comme «l’égal de Dieu» (5,34). Ce roi fait des massacres, la guerre sévit dans le monde entier à cause de lui, et il soumettra l’univers (5,365), mais Dieu passe après lui et apporte la paix sur tous les hommes. Le roi est donc encore une fois un personnage négatif, bien que prévu dans le plan divin.

IV Esdras :
Lorsque le Seigneur annonce à Esdras les signes du temps final, il débute par «la voie de la vérité {qui} sera caché» et le pays qui sera «dépourvu de foi» (5,1) et un temps «livré à la confusion». Il enchaine ensuite par des bêtes sauvages qui sortent des bois (5,8) des amis qui se combattront entre eux (5,9) et finit par une famine (6,22). Sans que cela soit clairement dit, on peut transposer ce premier signe du temps final dans la figure du cavalier blanc. Il cache la vérité derrière son apparence divine, essaye de confondre les fidèles de Dieu afin qu’ils ne croient plus en lui. Esdras reçoit ensuite une vision d’un aigle à trois têtes. Dieu lui explique que les trois têtes sont trois rois qui seront suscités par Dieu «à la fin» (12,23). Puis le Seigneur avertit le prophète qu’«ils domineront la terre et ses habitants en oppresseurs pires que tous leurs prédécesseurs». La figure du roi envoyé comme signe de la fin des temps est ici encore négative, représentant l’oppression, les violences, à une période qui est très similaire à celle de l’Apocalypse de Jean. (note : Cette partie du texte aurait été écrite par un Zélote vers 90 ap. J.-C. selon René Basset : Les apocryphes éthiopiens 1899)

Apocalypse Syriaque de Baruch :
Le Seigneur annonce qu’avec «les dernières eaux noires {viendra}un égarement de l’esprit et une terreur du coeur» (70,1), qu’ensuite les hommes s’entretueront (70,3) puis qu’enfin les survivants mourront de la famine (70,8).

Paralipomènes de Jérémie :
Dans ce livre, Dieu demande à Jérémie de partir de la Ville avec Baruch, afin de n’être pas touchés par le malheur qui va venir sur la ville. Ce malheur c’est un roi et son armée. Ce roi est en vérité un roi sans gloire, ni sans véritable puissance, puisque si Dieu n’ouvre pas les portes de la Ville, «ils ne pourront rentrer en elle» (1,8). Il ne peut gagner que parce que Dieu lui permet, comme pour les cavaliers de l’Apocalypse, auxquels Dieu confère un pouvoir de destruction.

Rouleau du Temple :
Dans ce texte que l’on considère comme ayant été écrit du temps de Jean Hyrcan, grand prêtre de 134 à 104 av. J.-C. (note La Pléiade p.62), Dieu envoie parmi les hommes des faux prophètes afin de les «mettre à l’épreuve» (54,12).

Pour les faux prophètes voir également : I Hén 98,15 ; 99,2, Oracles Sibyllins 3,496
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Re: Le cavalier du premier sceau

Message non lu par Cinci »

Bonjour Blue Eyes,

Merci pour le petit mot.



L'Athée,

C'est bien de vouloir consulter les différents textes apocalyptiques du monde juif. Pour les exégètes professionnels, je penserais même que c'est une nécéssité. Je suis sûr aussi que tous ceux que je vous ai nommé l'auront fait. Bref, c'est une bonne initiative de nous avoir retranscris les extraits pertinents dans ce fil.

Maintenant, si je dois considérer ces mêmes extraits que vous apportez, je ne trouve pas qu'il y ait une réelle contradiction avec les explications données plus haut, une empêchement pour une interprétation commune, etc.
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Re: Le cavalier du premier sceau

Message non lu par Cinci »

Du nouveau ...


Au travers de mes lectures, je serai tombé sur un article de John C. Poirier dans New Testament Studies. Ce dernier répondait à Michael Bachmann, lequel suggérait très exactement une idée que nous aurons défendu l'an dernier, blue eyes et moi, savoir que la figure du cavalier en blanc, dans le chapitre 6 de l'Apocalypse de Jean, devait nous renvoyer directement à la figure du Christ, le vainqueur du chapitre 19.

Je n'ai pas lu les explications de Bachmann. Quoi qu'il en soit, Poirier n'est pas d'accord. Dans son article, Poirier avance une autre explication.

Ici :

«The match between the colour of the first horseman's steed and that od Christ's steed in Rev 19,11 could be rooted in their both portrayed as conqueror - the TDNT article on"Leukos" lists "joy, fortune, and victory" among the many possible signification of the colour white in the ancient world - rather than an absolute ot typological equivalence between the two figures.»

«The rider is basically a conqueror. What do conquerors do? In ancient times, more so than in our own, the activity of a conqueror was conceived primarly in terms of taking captive. Conquerors takes captives. The history of the ancient Near Eastern and Mediterranean worlds, including Israelite and Jewish history, is filled withy accounts of conquerors deporting populations to a conqueror's homeland or alternatively dispersing them among the nations of the world. [...] That, I think, is the point of calling the first horseman a conqueror. Equating the first horseman with the notion of captivity brings a sequence of four devastating fates into focus : captivity, sword, famine and death. When we compare this sequence with the devastations of Jer 15,2, we find a one-for-one match :

  • Jérémie 15, 1-2

    Yavhé me dit : Même si Moïse et Samuel se tenaient devant moi,
    mon âme ne se tournerait pas vers ce peuple. Rejette-les loin
    de ma Face et qu'ils s'en aillent! 2 Et s'ils te disent : «Oû irons-nous?»
    tu leur diras : ainsi parle Yavhé :

    Qui est pour la mort, à la mort!
    Qui est pour le glaive, au glaive!
    Qui est pour la famine, à la famine!
    Qui est pour la captivité, à la captivité!

    3 Je vais préposer sur eux quatre engeances - oracle de Yavhé -
    le glaive pour tuer, les chiens pour traîner, les oiseaux du ciel
    et les bêtes de la terre pour dévorer et détruire. 4 Je ferai d'eux
    une épouvante pour tous les royaumes de la terre, à cause de
    Manassé, fils d'Ézéchias, roi de Juda, pour tout ce qu'il a fait
    dans Jérusalem.
In fact, Rev 6,1-8 seems to be Jer 15,2 in apocalyptical dress. To be sure, the ordering of the lists is different - Revelation has "captivity, sword, famine, death", while Jeremiah has "death, sword, famine, captivity" - but the items are all the same. »


Référence bibliographique :

Michael Bachmann, «Noch ein Blick auf den ersten apokalyptischen Reiter (von Apk 6, 1-2)», NTS 44 (1998), 257-78, p.278
Mathias Rissi, "The Rider on the White Horse", Int 18 (1964), 407-18
Allen Kerkeslager, "Apollo, Greco-Roman Prophecy, and the Rider on the White Horse" in Rev 6,2, Journal of Biblical Litterature, 112 (1993), 116-121
John C. Poirier, "The First Rider : A Response to Michael Bachmann", New Testament Studies, vol 45, 2, april 1999
Dernière modification par Cinci le mer. 10 févr. 2016, 2:53, modifié 1 fois.
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Re: Le cavalier du premier sceau

Message non lu par Cinci »

J'ai ressenti quelque scrupule de conscience. C'est qu'après être tombé là-dessus, je ne pouvais passé l'information sous silence.

L'explication que donne Poirier signifie donc que l'athée aurait eu raison de s'objecter finalement, et moi tort de faire une équivalence directe entre le Christ et le cavalier du premier sceau.

Dans son article, l'auteur dit que la couleur blanche est commune au cavalier et au Christ parce qu'ils sont dépeint comme des conquérants tous les deux. Et la similitude s'arrêterait là. Il n'affirme pas que le cavalier du premier sceau serait un antichrist par contre. Il faut faire attention. Il ne s'agirait pas d'un antichrist. Non, parce qu'il fait partie de ces fléaux que Dieu appelle pour exercer son jugement sur le peuple infidèle, sur ceux qui refusent que Dieu règne sur eux. En quelque sorte, la figure du cavalier peut être relativement neutre (genre roi Cyrus de Perse, pas un affreux) . Il peut représenter une figure qui vient jouer un rôle positif dans le plan de Dieu, à son insu certainerment, tout en représentant une force contrariante pour les infidèles à Jérusalem.

C'est facile de se tromper. Non seulement Bachmann aurait pu penser ce que je pense, mais Mathias Rissi également. Plusieurs auteurs font bien cette équivalence à raison de la couleur blanche. Ce que dit Poirier est quand même convaincant. Et puis, dans l'optique de Poirier, les documents intertestamentaires pourraient être sollicités, à bon droit, dans ce sens qu'aurait voulu privilégier l'athée.
Dernière modification par Cinci le mer. 10 févr. 2016, 12:17, modifié 1 fois.
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Re: Le cavalier du premier sceau

Message non lu par Cinci »

Le commentaire de Eugénio Corsini :
Le symbole du cheval, récurrent dans l'Apocalypse évoque d'abord l'idée de guerre. Mais sa connotation dépend du cavalier qui le
monte. Dans notre texte et dans la VIe trompette (9,15), l'idée de guerre est de signe négatif (elle apporte aux hommes
destruction et mort), alors que celle qui est évoquée par le Logos sur le cheval blanc (19,11) comporte la ruine seulement pour
les ennemis de l'humanité, aux hommes elle procure le salut et la vie.

Le cheval est donc solidaire de son cavalier,et la valeur su symbole dépend de la fusion des deux éléments. La scène du Logos qui
descend du ciel sur le cheval blanc est une allégorie de l'incarnation du Christ, comme nous le verrons plus loin; dès lors le
cheval blanc peut symboliser la nature humaine que Jésus Christ fait sienne en la ramenant à sa condition originelle d'Innocence.

De manière analogue, il y a un rapport entre les chevaux et les cavaliers de la VIe trompette, qui présente une allégorie de la
corruption de l'homme provoquée par les démons : les couleurs des cavaliers (rouge-feu, bleu foncé et verdâtre) se reflètent dans
les substances vomies par les chevaux (feu, fumée, soufre). Les chevaux seraient ici, de nouveau, une représentation de la nature
humaine, et leurs cavaliers, une puissance non humaine qui s'en est emparée.

[...]

Selon le récit de la Genèse (Gn 1,26), l'homme a été crée dans une condition privilégiée, de seigneurie sur l'univers et d'amitié
avec Dieu. Mais, par le péché, il a perdu son état d'origine et a été exilé sur une terre devenue hostile, oü il doit peiner pour
survivre et oü, finalement, il succombe.

Tel est aussi le parcours que Jean décrit en Apocalypse 6, 1-8. La première scène (6,2), par la couleur blanche du cheval et
l'aspect du cavalier (couronné et victorieux), présente l'Humanité dans l'état idéal de perfection qui lui était propre au
commencement et qui sera à nouveau le sien quand le Logos l'aura assumée, rachetée et recrée. Du premier cavalier il est dit en
effet qu'il sortit victorieux et pour vaincre. Il tient un arc qui atteint une cible éloignée, image des possibilités inhérentes à
la nature humaine, et il porte une couronne, symbole de sa suprématie sur les autres êtres crées.

Avec le 2e sceau, la scène change brusquement. La couleur rouge-feu du cheval évoque d'emblée la violence (ce rouge revient sur
les cuirasses des cavaliers en 9,17, et caractérise le Dragon en 12,3) L'attribut du cavalier est un grand glaive, et sa tâche est
d'ôter la paix de la terre, en sorte que les hommes s'entretuent (6,4). C'est le fléau de la guerre. Jean le met en tête des
conséquences du péché d'origine, non seulement en raison de son évidence, mais aussi parce qu'Il contraste le plus avec les
perspectives radieuses offertes à l'humanité : selon la tradition prophétique de l'Ancien Testament, la paix en premier lieu. En
outre, comme Jean le fait comprendre par la suite, c'est sur la guerre que se fonde un pouvoir politique oppresseur.Le texte du 2e
sceau se place dans la perspective d'une luttre fratricide : pour l'auteur, les hommes sont tous enfants de Dieu, et le récit
biblique lui rappelait que la guerre avait commencé par le meurtre d'Abel.

E, Corsini, L'Apocalypse maintenant, p.129
Sa thèse c'est que le chapitre 6 de l'Apocalypse nous tracerait le portrait évolutif de la situation de l'humanité, qui va de mal
en pis, qui court à sa perte littéralement en dehors de Dieu. La mort est l'aboutissement des seuls efforts humains. Le cavalier
du premier sceau serait donc comme l'homme à l'état natif. C'est le premier Adam en quelque sorte.
Cinci
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Re: Le cavalier du premier sceau

Message non lu par Cinci »

Il dit aussi plus loin :
Le cavalier sur le cheval blanc

Du ciel ouvert, Jean voit s'avancer un cheval blanc dont le cavalier, à en juger par ses traits, est le Christ lui-même. Cette scène offre des analogies avec l'apparition du cheval blanc à l'ouverture du premier sceau (6,2) et avec la vision du Fils d'homme sur la nuée blanche (14,14). L'analogie avec le premier sceau se limite à la présence du cheval blanc et à l'idée qu'une victoire attend le cavalier. Bien que significatives, ces ressemblances ne suffisent pas pour conclure à l'identité des deux personnages, qui sont décrits différemment. Si l'on s'en tient au symbole du cheval blanc, on peut dire de prime abord que, puisque le cheval suggère en principe l'idée de guerre et que le blanc a une valeur positive dans l'Apocalypse, l'idée commune aux deux visions est celle d'une entreprise (guerrière) couronnée de succès. Cela vaut en effet pour le cavalier du premier sceau et pour le Logos descendant du ciel.

Dans la succession des chevaux en 6,1-8, nous avons reconnu une allégorie des conséquences du péché originel, en particulier de la plus grave, la guerre. Dans cette perspective, le cavalier du premier sceau est apparu comme un symbole récapitulatif de l'histoire humaine vue à la lumière de l'histoire du salut : l'homme sort en vainqueur (c'est à dire intact) de la main du Créateur; ayant perdu ses prérogatives, il est destiné à les recouvrer grâce au Christ.

p. 258
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