En préambule, je veux être très clair : je confesse que le célibat consacré est une vocation surnaturelle, supérieure (ce mot étant bien compris : c'est-à-dire qu'il représente objectivement un état qui signifie plus complètement la grâce et démontre plus pleinement son action) au mariage, qui, lui, est de l'ordre de la nature et de la grâce. Je confesse en même temps l'éminente dignité du mariage chrétien.
Anna a écrit :Je suis d'accord avec cette vision d'Amboise séparant les continents des incontinents. Ceux qui consacrent leur virginité au Christ ont une vocation supérieure aux personnes mariées, qui suivent un instinct naturel primaire.
Je ne dis pas que le mariage se limite à cela, néanmoins force est de constater que l'attrait physique pour le sexe opposé est un phénomène animal, partagé par toute l'humanité. Rien d'exceptionnel au départ.
Le mariage naturel préexiste bien au mariage sacramentelle.
Oui, mais Amboise va plus loin que ça et dénie toute dignité au mariage dans la Nouvelle Alliance. C'est cela qui est intolérable.
Parler "d'instinct naturel primaire" comme base du mariage est très réducteur. Le mariage est certes la vocation naturelle, mais il n'en reste pas au stade purement naturel ; et entre deux baptisés, il a une dimension spirituelle et mystique qui englobe et transfigure la nature. L'
Éros est un nécessaire préambule à l'
Agapè, pour reprendre Benoît XVI.
Après toute la construction sacramentelle et la restauration du mariage par le Christ lui font dépasser ce stade primaire pour devenir " un signe", alors que la vie Consacrée est plus qu'un signe, elle est une réalisation de l'Union du Christ et de l'Eglise.
Mmh, j'aurai dit le contraire. La vie consacrée est un
signe eschatologique ("les temps se font court", disait Saint Paul) qui, par le sacrifice de la vocation naturelle pour un bien supérieur, atteste de la présence et de la venue de ce Bien qu'est l'union individuelle et sans intermédiaire au Christ. Tandis que le mariage est plus qu'un signe, c'est une
icône de la relation sponsale entre le Christ et son Église.
Notre société et l'Eglise en général, faute de ferveur de la part des fidèles, encouragent de plus en plus les jeunes à se contenter du mariage, comme étant un bien ultime alors que nous savons pertinent que le mariage est l'état de vie le plus inférieur dans l'Eglise.
Un état de vie inférieur, certainement (le célibat est supérieur au mariage, nous le savons bien). Il y a effectivement une tendance, dans les milieux cathos, suite à une méconnaissance de la Tradition de l'Église sur le sujet et à une sur-emphase sur la théologie du Corps, à considérer mariage et célibat comme deux choix de dignité égale (ce qu'ils ne sont pas) - cf mon diacre.
Par exemple, on parle de "vocation au mariage", ce qui reflète une certaine réalité... mais se fait au prix du sens traditionnel de "vocation". La "vocation" est ce qui nous tire d'un état, d'une configuration "de base" pour nous appeler à quelque chose qui le transcende : bref, qui nous appelle du naturel au surnaturel. En ce sens, le mariage étant une vocation naturelle, il ne peut y avoir de "vocation au mariage".
Mais je ne vois définitivement pas ce que la ferveur a à voir là-dedans. Dans les milieux cathos que je fréquente, c'est toujours un grande joie quand on annonce une vocation.
On gagnerait à oser le dire pour encourager et favoriser l'éclosion des vocations surnaturelles au lieu de tout niveler par le bas.
J'ignore ce que vous entendez par "niveler par le bas". Nous ne parlons peut-être pas des même catholiques ;-)
Les plus de 50 ans sont allergiques aux termes "inférieurs", "supérieurs".
Oui effectivement nous ne parlons pas des même
