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voici un de leurs écrit :
Compte-rendu de l'action du 8 mars 2005.
Manifestation des « lycéens en colère » contre le Projet de Loi Fillon.
Pour la première fois, une manifestation lycéenne fut bloquée, par des membres de l'Union Civique Républicaine. Partant du ras-le-bol d'une partie de la jeunesse face à cette grande récréation, nous, membres de l'UCR, avons décidé de passer à l'action. En effet, la jeunesse de gauche (c'est un euphémisme) n'a ni le monopole de la rue, ni celui des esprits.
Arrivés à 14 heures Place de la République, les membres de l'UCR prennent le temps d'observer l'environnement immédiat. La population des cortèges de la FIDL et de l'UNL est hétérogène et l'assistance est loin d'être au rendez-vous. Toujours dans le dessein de « légitimer » leur mouvement, de nombreux lycéens se font une publicité odieuse sur notre compatriote détenue en Irak, en arborant des portraits de la journaliste et de son guide. Nous remarquons en outre de nombreux éléments « racailleux », qui visiblement ont d'autres envies que de scander des chants plus éculés les uns que les autres.
14h30, le cortège prend la direction de Bastille, en descendant le boulevard Filles du Calvaire. Les jeunes manifestants sont encadrés par des membres du service d'ordre de la CGT (sûrement au nom de la solidarité?), de la FSU, de l'UNSA et des Jeunesses Communistes Révolutionnaires. Concernant ces derniers, beaucoup parmi eux ont un comportement violent, et ils profitent de la manifestation pour diffuser leur propagande (Mort aux 35 heures, si tu as faim mange ton patron?). Devant le cortège lycéen, un triple cordon de CRS se charge de garder les jeunes à bonne distance.
Stationnés près d'un abri bus, les membres de l'UCR décident de passer à l'action. Ils déplient une banderole longue de 15 mètres où est inscrit : « lycéens formatés, commencez par lire le projet ! ». Le président de l'association, à l'aide d'un mégaphone, scande différents slogans, le tout repris en ch?ur par le reste des troupes (« Ecole en danger, urgence de réformer »).
Surpris part cette irruption, les CRS sont dans l'obligation d'arrêter le cortège. Les journalistes pointent tous leurs objectifs et caméras sur cette surprenante banderole, qui prend le contre-pied du discours communément admis.
Après une minute, un détachement de CRS se précipite vers nous, nous arrache la banderole et nous enjoint à rejoindre le trottoir. Tout cela se passe relativement paisiblement. Voyant que nous ne sommes pas du même acabit que la majorité des lycéens, ils nous proposent de continuer à scander nos idées, en bénéficiant d'une protection. En effet, lorsque le cortége passe à proximité de nos membres, et que certains viennent nous voir afin d'en découdre, ceux-ci sont immédiatement arrêtés par un officier de Police. De nombreux manifestants sont interloqués par ce « groupe », qui se permet de bloquer leur cortège, et qui surenchérit en scandant sous leurs yeux des idées à contre-courant.
Certains viennent nous voir, nous demandent d'où nous venons. D'autres nous interpellent sur des points du projet de loi, points sur lesquels nous avons su répondre sans hésitation, et « bizarrement » nos interlocuteurs en perdent leur répartie. Il est vrai, qu'il est plus facile de répondre à une question lorsqu'on a lu et annoté le projet. En outre, cela nous a permis de constater les connaissances plus que parcellaires de beaucoup de lycéens sur le projet de loi d'orientation scolaire.
Après être restés une demi-heure au sein du cortège lycéen et sentant le climat devenir de plus en plus délétère (des groupes de jeunes très mobiles commencent à haranguer certaines personnes), nous décidons de quitter la manifestation avec la sensation du devoir accompli. L'Union Civique Républicaine a réussi son coup. Les gens se sont interrogés sur notre présence, les médias ont eu bruit de notre association, et surtout nous avons réussi à bloquer la manifestation.
Quand un syndicat comme l'UNI se prévaut d'être l'étendard de la jeunesse de droite, cela prête fortement à sourire. En effet, pour des laïus et autres discours, il y a toujours quelqu'un prêt à se « dévouer », mais quand il s'agit d'être présent sur le terrain, le silence est plus que pesant.
L'alternative est possible, et l'Union Civique Républicaine se propose d'en être le parangon.
Voulez vous que la contestation populaire soit l'apanage d'organisations et autres syndicats, dont le but premier est avant tout de défendre leurs intérêts, ou voulez-vous avoir voix au chapitre ? Si tel est le cas, l'UCR ne demande qu'à vous accueillir.
« Il y a aussi d'autres lycéens qui expriment leur opinion. »
François Fillon. JT France 2. 09/03/05.



