Bonjour à tous,
Après s’être concentré sur la création de l’humanité, le sujet s’est orienté vers la création des premiers jours de la Genèse.
Dans les deux cas, je préfère toujours éviter de considérer le récit comme illogique ou incohérent, car c’est souvent notre lecture personnelle ou culturelle qui nous empêche de percevoir ce que ce récit, rédigé dans une autre culture, nous exprime.
A chaque époque, les chrétiens mettent leur lecture en cohérence avec leur raison et leurs connaissances scientifiques, mais, en tout temps, il faut éviter d’enfermer les interprétations dans les connaissances d’une époque.
Le premier danger est d’oublier que les mêmes mots sont utilisés dans des sens différents selon le contexte. Ainsi, la planète terre n’a évidemment pas été créée après les plantes qui y poussent ou le soleil autour duquel elle gravite. La Genèse nous indique elle-même que le mot « terre » du troisième jour ne définit pas notre planète mais le « sec » par opposition aux « eaux ».
De même, la lumière ou la nuit du premier jour ne définissent pas l’éclairage du soleil que nos yeux peuvent percevoir et qui distingue nos jours et nos nuits. Le début de l’évangile de St Jean nous montre que la Lumière du premier jour c’est le Christ par qui tout a été fait.
Les eaux qui existaient déjà de toute éternité lorsque l’Esprit planait sur les « eaux » cela n’a pas le même sens que les eaux qui coulent dans nos rivières et qui remplissent nos mers.
La vie qui se développe d’abord dans la matière avant d’animer des êtres distincts ce n’est pas nécessairement l’herbe de nos prairies avant que notre planète n’existe.
Il serait beaucoup trop long de reprendre ici tous les détails des nuances du texte hébreu lorsqu’il nous présente la création en six « jours ».
Mais, de longues réflexions ont déjà été partagées sur ce point dans plusieurs sujets de ce forum qui peuvent toujours être relus, voir relancés.
Le sujet est loin d’être épuisé.
Les sens multiples des mots du début de la Genèse nous aident à dilater notre regard au-delà de nos interprétations trop étroites non pour exclure la réalité historique dont la Genèse nous parle mais pour nous ouvrir au-delà des réalités scientifiques terrestres et nous faire entrer dans la réalité spirituelle de Dieu.
Cela nous aide, plus particulièrement, à comprendre ce que fut la création de l’humanité de l’ « adam », un mot qui a aussi plusieurs sens, de même d’ailleurs que le mot « animaux ».
Cela concerne notamment ce que la Genèse peut nous dire de la réalité des êtres préhumains par rapport aux animaux. Le texte n’est pas fermé à cette hypothèse comme beaucoup l’imaginent.
Trebla a écrit :
Trebla a écrit : Dieu a créé tous les animaux de la terre selon leur espèce.
Les australopithèques forment un genre d'hominidés disparu ayant vécu entre environ 6 millions d'années et 2,5 millions d'années avant notre ère. Le genre Australopithecus (du latin australis, « du sud », et du grec ancien πίθηκος, píthēkos, « singe ») a été défini par Raymond Dart lors de la découverte d'Australopithecus africanus en 1924
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Australopith%C3%A8que
Les singes sont des animaux de la terre.
Cela veut dire que les singes ont été créés le même jour que les hommes.
Gn 1.25 Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce.
Le texte hébreu est beaucoup plus nuancé et mystérieux que ce résumé qui indique pour commencer que «
Dieu a créé tous les animaux de la terre selon leur espèce ». Ni le mot «
créé », ni le mot «
animaux » ne sont en réalité dans le texte cité avec le sens que nous donnons aujourd’hui à ces mots.
Relisons littéralement le texte des versets 24 et 25 du premier chapitre de la Genèse, en soulignant quelques mots :
« Dieu dit :
Que la terre produise des
êtres vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des
vivants de la terre selon leur espèce. Et cela fut ainsi. Dieu fit les vivants (chay) de la terre (erets) selon leur espèce, le bétail (behemah) selon son espèce et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. »
Des nuances peuvent ainsi être observées :
« Dieu dit :
Que la terre produise
(ce n’est pas une création directe mais une action de Dieu par une production de la matière, la terre, ce qui est compatible avec une évolution durant des milliards d’années)
des êtres vivants
(ne traduisons pas trop vite par « animaux » car, dans le texte hébreu, ce sont des « nephesch chay » : c’est exactement l’expression utilisée pour la création des humains lorsqu’il est dit que l’humain formé avec la poussière du sol devint un « être vivant » ou une « âme vivante », soit un nephesch chay dans le texte hébreu ; en outre, des « chay » en hébreu : c’est exactement le mot utilisé lorsqu’il est indiqué que Eve est la mère de tous les « vivants », en hébreu les « chay », ce qui n’exclut en rien l’espèce humaine)
selon leur espèce
(rien ici ne permet davantage de distinguer les australopithèques, les homos erectus ou les homos sapiens des autres espèces de vivants qui vivent sur la terre)
du bétail
(en hébreu : « behemah », ce qui vise les bêtes que nous nommons animaux d’une manière qui peut les distinguer des préhumains)
des reptiles
(ce qui distingue les bêtes qui rampent sur le sol par rapport aux autres (behemah) qui se déplacent sur pattes, outre ceux qui se déplacent dans l’eau ou dans les airs cités dans des versets antérieurs),
et des vivants de la terre selon leur espèce
(c’est bien à nouveau le mot « chay », dont il est dit que Eve est la mère de tous les « chay », qui est ici utilisé, de sorte que rien ne peut en exclure l’espèce humaine, adamique, mais le texte ajoute « de la terre » alors que c’est dans l’Eden spirituel de Dieu que Eve est dite mère de tous les « chay » ce qui paraît viser les vivants spirituels que sont les humains créés à l’image de Dieu)
Et cela fut ainsi. Dieu fit
(c’est le même mot hébreu « asah » qui est utilisé lorsque Dieu dit « Faisons (asah) l’homme (adam) à notre image » : rien ne permet d’exclure l’espèce biologique humaine des autres espèces ou des autres vivants que Dieu a fait en les faisant « produire » par la terre. Les animaux comme les humains sont des vivants produits par la terre que Dieu fait ainsi)
les vivants de la terre (chay /erets)
selon leur espèce, le bétail (behemah)
selon son espèce et tous les reptiles de la terre selon leur espèce
Les observations qui précèdent permettent de penser que la création corporelle et biologique des humains ne fut pas différente de celle des autres vivants de la terre. C’est la création terrestre de l’adam, d’un vivant terrestre.
Mais, la création spirituelle s’est faite par Eve, dans l’Eden spirituel de Dieu, où elle est reconnue comme la mère de tous les vivants spirituels. C’est la création spirituelle de l’adam, mâle et femelle, un vivant spirituel.
Ce qui fut absolument nouveau c’est la création spirituelle de l’adam mâle et femelle à l’image de Dieu.
L’adam est une espèce produite par la terre et c’est ainsi que Dieu l’a faite. Ce fut une longue histoire de milliards d’années.
Mais, à la fin du sixième jour, Dieu dit « Faisons » l’adam à notre image… L’être créé fut aussi nouveau dans la nature que le sera plus tard le Christ lors de son incarnation. Dieu a créé un être nouveau « spirituel et corporel », des âmes immortelles dans un corps.
Ce fut un fait aussi historique que l’incarnation du Christ.
A cet égard, Trebla considère Adam et Eve comme des ancêtres communs aux néanderthaliens et aux homos sapiens.
Il répond comme suit à une question posée :
Trebla a écrit :« Comment appliquez-vous vos observations à votre opinion qui considère tant les néanderthaliens que les homos sapiens comme des descendants d'Adam et Eve » ?
Adam et Eve ont été créés parfaits en ce qui concerne leur ADN. Ils n'avaient aucun problème génétique. Tout a changé au moment de leur chute. Dès ce moment fatal, le génome de tous les êtres vivants s'est détérioré progressivement.
Rien dans la Genèse ne relate une détérioration progressive des êtres vivants après le péché originel.
En considérant Adam et Eve comme les parents biologiques de ces deux types d’hominidés, cela les renvoie à plus de 300.000 ans, à l’époque des chasseurs cueilleurs.
Cela me paraît en contradiction avec les généalogies et l’époque néolithique que nous indique la Genèse.
Deux longs chapitres de la Genèse détaillent avec précision la généalogie d’Abraham et les évangiles confirment cette généalogie.
On doit certes relativiser les listes : des noms manquent, ces noms peuvent avoir un sens individuel ou collectif, des générations sont sautées. En outre, la mesure du temps est très incertaine, mais elle est cependant détaillée avec une précision mathématique de sorte que chaque ancêtre fait l’objet d’une durée de vie précise avant qu’il engendre l’ancêtre suivant et d’une autre durée de vie précise après qu’il ait engendré cet ancêtre, puis d’une addition exacte de ces deux mesures qui en confirme l’exactitude.
Par exemple, Seth, le troisième fils d’Adam et Eve engendre Enosh lorsqu’il a « cent cinq ans ». Après avoir engendré Enosh, il a vécu « huit cent sept ans ». Le texte ajoute que toute la durée de sa vie est de « neuf cent douze ans » (105 + 807). Il est difficile de discerner la signification symbolique ou la finalité de ces multiples noms et mesures en dehors d’un souci d’insistance sur la réalité concrète.
Le chapitre 5 de la Genèse nous donne ces précisions pour neuf ancêtres. Le chapitre 11 nous donne une liste similaire jusqu’à Abraham.
Malgré des particularités symboliques, ces précisions extrêmement concrètes et mathématiques semblent indiquer une réelle généalogie concrète qui paraît incompatible avec une extension sur des centaines de milliers d’années.
En outre, une telle extension reporterait la création de l’humanité en dehors de la période néolithique où elle est située il y a moins de 10.000 ans, selon la Genèse, par les activités d’élevage et d’agriculture de Caïn et Abel et par la construction d’une ville par Caïn, sans compter les compétences mathématiques attestées par la généalogie des premières générations.
Enfin, la généalogie de la Genèse nous raconte une humanité accompagnée par Dieu. Pourquoi donc, Dieu aurait-il créé une humanité il y a des centaines de milliers d’années sans qu’il n’en reste rien de connu et sans que la Genèse n’en mentionne rien ?
Et que dire du langage, des capacités d’abstraction et de réflexion des hominidés vivant il y a 300.000 ans ? Ils ne sont guère semblables à nous, ni au Christ.
En réalité, une opinion qui déplace le récit d’Adam et Eve loin dans le passé me semble avoir pour principal motif d’essayer de maintenir une interprétation littérale de la Genèse incompatible d’une part avec une lecture correcte du texte hébreu prenant en compte les nuances linguistiques et culturelles qu’il contient manifestement et, d’autre part, avec une prise en compte sérieuse des acquis scientifiques.
Trebla semble admettre que la multiplication des preuves scientifiques ne permet plus de maintenir le compte littéral fixant la création de l’humanité il y a 5777 ans, mais au lieu de relire les textes fondateurs en tenant compte des multiples connaissances nouvelles de notre époque, il me semble procéder simplement à un déplacement à une époque reculée pour laquelle les contestations scientifiques paraissent plus aisées à mettre en doute.
Il me semble plus conforme au récit biblique autant qu’à la foi de l’Eglise de considérer que la création de l’humanité fut une création spirituelle avec des corps que le Créateur a fait produire par la terre au cours de milliards d’années par diverses mutations successives (alternant comme Trebla l’a rappelé à juste titre de longues périodes de stabilité de chaque espèce avec des mutations rares, ce qui est tout relatif durant des milliards d’années au cours desquelles ces multiples petites mutations forment une évolution).
Mais, cela demande de relire les textes sans s’accrocher à des interprétations reçues dans l’enfance ou dans un contexte culturel dépassé qui ne sont pas la Parole de Dieu elle-même.