Bonjour,
Voyageur a écrit : ↑dim. 26 mars 2017, 18:30Cependant, je reste choqué par cette excommunication de principe. Qu'est-ce que ces "modernistes" ? Ceux qui acceptent les conséquences de Vatican II et l'élection du Pape François ?
Certains arborent cette tendance nostalgique avec une telle ostentation qu'elle en devient malsaine et néfaste. Je suis content que Suliko ai eu le courage d'exposer ses sentiments. Il ne s'agit pas de mener une charge à son encontre. J'aimerais comprendre ce qu'il y a lieu de faire afin de prévenir tout nouveau schisme.
Il me semble que les "modernistes" visés dans ce fil, seraient plutôt ceux (ou leurs successeurs, il y en a encore) qui, il y a 50 ans, ont décidé de tout bazarder par-dessus bord et ont rejeté haineusement tout ce qui ressemblait, de près ou de loin, à un passé abhorré. Messe traditionnelle, chant grégorien, latin, tenue ecclésiastique, théologie classique, morale traditionnelle, sens du péché, notion même de péché... Le tout rejeté dans l'expression "intégriste", étiquette servant à diaboliser l'adversaire et à escamoter toute discussion.
D'une part, par leur comportement, ils ont rompu la charité ecclésiale, qui est l'essence même de l'Eglise. Il s'agit bel et bien du péché mortel de
schisme. Et ils sont assez odieux pour en rejeter la responsabilité sur ceux qui, après tout, n'ont fait que défendre l'héritage reçu (adroitement ou non, peu importe). Et d'autre part, il faut bien reconnaître que beaucoup en sont venus à nier totalement l'enseignement le plus explicite des Evangiles... (ce qui en fait des hérétiques) - je parle de questions comme la notion de péché et la nécessité de la pénitence, l'existence du démon, etc... (toutes ces choses dont on n'entend plus parler dans la plupart des paroisses actuelles).
Certaines réformes étaient certainement nécessaires, et je suis le premier à trouver que le mouvement "traditionaliste" cherche trop souvent à se replier sur l'édifice catholique tel qu'il était sous Pie XII (et qui n'était certainement pas odéal, sinon il aurait su résister à la déferlante), plutôt qu'à faire le tri intelligemment dans les réformes et à "retenir ce qui est bon". Mais une vraie réforme n'est pas une table rase du passé. Au contraire, une vraie réforme cherche à redorer l'aspect de ce dont on a hérité, pas à le détruire, de la même façon qu'on restaure une oeuvre d'art.
Après, on peut aussi parler de l'attitude générale qu'on peut qualifier de modernisme, et qu'Altior a bien expliquée plus haut - l'attitude qui consiste à croire que le présent est forcément meilleur, plus savant que le passé. Ceux qui ont fait la révolution en question étaient, nécessairement, des modernistes (sinon ils auraient cherché la restauration plutôt que la révolution). Tous les modernistes ne sont pas forcément des révolutionnaires, c'est ce qui peut être ambigü.
Maintenant, l'attitude moderniste n'est pas celle d'un St Paul, ni celle qui a toujours été tenue par l'Eglise, qui suppose avant tout la
conservation du dépôt de la foi.
Edit: qu'il soit clair que je ne mets pas tous ceux qui fréquentent l'Eglise "non tradi" dans le même panier. Mais l'attitude que je décris a certainement existé, existe toujours, et a profondément divisé l'Eglise.
In Xto,
archi.