Éthique et sexualité
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Forum de discussions entre chrétiens sur les questions morales et éthiques. Certaines discussions de ce forum peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs.
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- Boris
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Éthique et sexualité
L'homosexualité était punie jusqu'il y a peu par la loi parce que c'est un acte contre-nature. Il s'agit toujours de rechercher le plaisir pour le plaisir même si les personnes ne s'en rendent pas compte et croient vivre de l'Amour. Mais est-ce que l'Amour peut exister lorsqu'il est stérile ?
Pour les sites de rencontre, je suis bien d'accord avec vous. Je suis tombé sur le site yahoo des questions/réponses. Il y a une évangélisation énorme à faire pour éduquer à l'amour et il ne s'agit pas de contraception mais de savoir ce qu'est véritablement l'Amour.
Mais tout cela provient de la contraception : en séparant l'union de la procréation, comme le dit Paul VI, cela a encouragé les comportements infidèles (dans le sens sans fidélité entre l'homme et la femme).
Les divorces explosent depuis les années 60, comme ce fut certainement le cas en 1790.
S'il n'y a plus besoin d'être fidèle, alors comment construire quelque chose et en particulier une famille ?
L'Amour requiert la fidélité, surtout dans les épreuves. Elles sont plus courantes qu'on ne le pense.
Mais pourquoi je fais tant de reproche à la contraception : c'est parce qu'elle empêche le véritable respect de la femme. Comme je l'ai dit, la femme (de manière naturelle) ressent ou non une attirance pour son mari pendant son cycle.
Il importe donc au mari de savoir écouter sa femme pour ne pas la forcer à avoir une union alors qu'elle ne le veut pas du tout.
Il s'agit de respect.
Alors qu'avec la contraception, la femme ne se sent jamais l'envie d'avoir une union. Elle se force constamment et ne connait pas d'autre solution. Le mari ne peut donc pas être à l'écoute de sa femme et le respect qu'il lui doit disparait.
Combien de fois j'ai entendu des jeunes d'aumônerie ou des collègues ou ici ou là sur Internet des hommes s'étonnant qu'une femme n'ait pas envie d'avoir une union lorsqu'elle voit un "beau mec" dans la rue.
Ce n'est pas le fonctionnement de la femme : elle est émotive et non soumise aux contacts. Un homme peut avoir une telle pulsion : une jolie fille sexy peut lui faire tourner la tête. Mais la réciproque n'est pas vraie.
En n'ayant aucun repère sur sa sexualité à cause de la contraception, la femme ne peut pas se rendre compte qu'à un certain moment de son cycle elle est plus réceptive qu'à d'autres moments.
Ainsi la contraception lui fait croire que la nature la pousse à se forcer pour faire plaisir à son mari.
Il y a donc une dénaturation totale de la manière dont la femme vit sa sexualité. C'est un des paradoxes de la société actuelle :
- société matriarcale émotionnelle
- sexualité vécue par et promue pour les femmes sous le mode masculin
On peut par exemple se fixer l'objectif d'investir le pseudo-forum de yahoo et d'y donner les bonnes réponses :
- lorsqu'un garçon demande comment faire pour qu'une relation avec une fille dure, il faut lui répondre fidélité et engagement, donc fiançailles en vue du mariage.
- lorsqu'un autre demande si une fille serait prête à coucher avec le premier venu si c'est un top model, il faut lui répondre non et expliquer la différence de fonctionnement entre hommes et femmes (pour les uns passent 5 min au téléphone et les autres 35 min pour faire passer le même message ?)
...
Pour les sites de rencontre, je suis bien d'accord avec vous. Je suis tombé sur le site yahoo des questions/réponses. Il y a une évangélisation énorme à faire pour éduquer à l'amour et il ne s'agit pas de contraception mais de savoir ce qu'est véritablement l'Amour.
Mais tout cela provient de la contraception : en séparant l'union de la procréation, comme le dit Paul VI, cela a encouragé les comportements infidèles (dans le sens sans fidélité entre l'homme et la femme).
Les divorces explosent depuis les années 60, comme ce fut certainement le cas en 1790.
S'il n'y a plus besoin d'être fidèle, alors comment construire quelque chose et en particulier une famille ?
L'Amour requiert la fidélité, surtout dans les épreuves. Elles sont plus courantes qu'on ne le pense.
Mais pourquoi je fais tant de reproche à la contraception : c'est parce qu'elle empêche le véritable respect de la femme. Comme je l'ai dit, la femme (de manière naturelle) ressent ou non une attirance pour son mari pendant son cycle.
Il importe donc au mari de savoir écouter sa femme pour ne pas la forcer à avoir une union alors qu'elle ne le veut pas du tout.
Il s'agit de respect.
Alors qu'avec la contraception, la femme ne se sent jamais l'envie d'avoir une union. Elle se force constamment et ne connait pas d'autre solution. Le mari ne peut donc pas être à l'écoute de sa femme et le respect qu'il lui doit disparait.
Combien de fois j'ai entendu des jeunes d'aumônerie ou des collègues ou ici ou là sur Internet des hommes s'étonnant qu'une femme n'ait pas envie d'avoir une union lorsqu'elle voit un "beau mec" dans la rue.
Ce n'est pas le fonctionnement de la femme : elle est émotive et non soumise aux contacts. Un homme peut avoir une telle pulsion : une jolie fille sexy peut lui faire tourner la tête. Mais la réciproque n'est pas vraie.
En n'ayant aucun repère sur sa sexualité à cause de la contraception, la femme ne peut pas se rendre compte qu'à un certain moment de son cycle elle est plus réceptive qu'à d'autres moments.
Ainsi la contraception lui fait croire que la nature la pousse à se forcer pour faire plaisir à son mari.
Il y a donc une dénaturation totale de la manière dont la femme vit sa sexualité. C'est un des paradoxes de la société actuelle :
- société matriarcale émotionnelle
- sexualité vécue par et promue pour les femmes sous le mode masculin
On peut par exemple se fixer l'objectif d'investir le pseudo-forum de yahoo et d'y donner les bonnes réponses :
- lorsqu'un garçon demande comment faire pour qu'une relation avec une fille dure, il faut lui répondre fidélité et engagement, donc fiançailles en vue du mariage.
- lorsqu'un autre demande si une fille serait prête à coucher avec le premier venu si c'est un top model, il faut lui répondre non et expliquer la différence de fonctionnement entre hommes et femmes (pour les uns passent 5 min au téléphone et les autres 35 min pour faire passer le même message ?)
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UdP,
Boris
Boris
- Christophe
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Re: Les films pornographiques
Mikaël, puis-je vous poser une question personnelle et vous demander si vous vivez actuellement une relation amoureuse stable ? Si c'est le cas, comment votre compagne - que je ne devine pas "catholique intégriste" - réagit-elle lorsque vous lui dites (ou pensez-vous qu'elle réagirait si vous lui disiez) que vous souhaitez avoir des aventures extra-conjugales ? (Mais que cela, bien évidemment, ne vous empêche pas de la chérir de tout votre coeur, d'avoir des enfants avec elle à qui vous donnerez une bonne éducation...)Prenons un exemple concret : notre hardeur qui va jouer dans un film porno, rien ne l'empêche d'avoir une compagne qu'il va chérir de tout son coeur et des enfants avec elle à qui il donnera une bonne éducation.
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)
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Métazét
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Re: Les films pornographiques
Cher Christophe,
Je vis effectivement, actuellement, une relation amoureuse stable. Ma fiancée (eh oui) n'est certes pas catholique intégriste (heureusement pour moi !), mais est quand même bien catholique (suffisamment pour vouloir me "traîner" à la messe avec elle, à l'insu de mon plein gré...).
Je n'ai pas une envie folle d'avoir des relations extra-conjugales (contrairement peut-être à ce qu'elle pense d'ailleurs !) mais inversement, il est vrai que je ne vois pas vraiment d'intérêt à l'exclusivité, qui me paraît contre-nature, surtout que je ne vois pas bien quels préjudices - outre psychologiques - cela pourrait causer.
Evidemment, étant d'une honnêteté intellectuelle irréprochable
, je lui ai déjà fait part de mes convictions, tentant de les argumenter à l'occasion. Il se trouve qu'elle est assez loin de les partager (c'est son droit). Qui plus est, ça a tendance à l'inquiéter. Malheureusement, je ne vais pas me mentir à moi-même et aux autres pour leur faire plaisir : j'estime que ma pensée est mon ultime refuge de liberté que nul - pas même ma chérie - n'a le droit de me prendre ou d'amender. Je ne pense pas que je mettrai un jour en application mon idéal philosophique toutefois, donc ma fiancée n'a pas trop de soucis à se faire. Même si l'exclusivité me paraît être intrinsèquement injuste et mauvaise, elle ne l'est pas de manière absolue. Dans certaines circonstances - par exemple celles-ci - cela peut être considéré comme un moindre mal (plutôt qu'une perte de confiance, une rupture, des pleurs et des grincements de dents...).
Notons toutefois, pour en venir aux préjudices psychologiques, que ceux-ci sont basés sur un certain nombre de traits de caractère qui, pour être assez répandus dans la population, n'en demeurent pas moins assez peu moraux : la jalousie, la convoitise, la possessivité, etc. Ce sont donc les femmes et maris exigeant l'exclusivité qui se font du mal à eux-mêmes, lorsqu'ils croient que celle-ci est mise en défaut. Je dis bien "lorsqu'ils croient", car ce n'est pas l'adultère en lui-même qui fait mal (s'il a lieu dans un cadre privé, il ne peut guère causer de torts à quiconque, ce n'est pas qqch qui laisse des marques...), c'est le fait de croire qu'un adultère a eu lieu, peu importe que cela soit le cas ou non. Je ne sais pas, Christophe, si vous êtes aussi en couple, mais je suis prêt à parier qui si vous faites croire - à tort - à votre dulcinée que vous êtes allé voir une autre, cela aura exactement le même effet que si vous le faites pour de bon, puis que vous lui avouez...
Ces préjudices psychologiques peuvent justifier d'opter pour l'exclusivité comme moindre mal, mais cela ne peut pas en faire un bien. Après tout, les relations strictement amicales sont généralement non-exclusives et peu déplorent cet état de fait. Quelqu'un qui exigerait d'un ami une exclusivité sans faille serait regardé, avec justesse, comme quelqu'un d'injuste. Dans ce cadre là, exiger l'exclusivité serait perçu comme mal, immoral. Je ne fais qu'appliquer la même logique à l'ensemble des relations, sur la base du principe de traiter semblablement ce qui est semblable, à proportion de leur ressemblance, et sauf si des raisons contraires s'y opposent. Or pour raisons contraires, je ne vois guère que les faiblesses de l'être humain : jalousie, convoitise, possessivité... Mais ce ne sont pas des vraies raisons raisonnables, ce sont des basses passions à combattre.
Bien à vous,
Mikaël
Je vis effectivement, actuellement, une relation amoureuse stable. Ma fiancée (eh oui) n'est certes pas catholique intégriste (heureusement pour moi !), mais est quand même bien catholique (suffisamment pour vouloir me "traîner" à la messe avec elle, à l'insu de mon plein gré...).
Je n'ai pas une envie folle d'avoir des relations extra-conjugales (contrairement peut-être à ce qu'elle pense d'ailleurs !) mais inversement, il est vrai que je ne vois pas vraiment d'intérêt à l'exclusivité, qui me paraît contre-nature, surtout que je ne vois pas bien quels préjudices - outre psychologiques - cela pourrait causer.
Evidemment, étant d'une honnêteté intellectuelle irréprochable
Notons toutefois, pour en venir aux préjudices psychologiques, que ceux-ci sont basés sur un certain nombre de traits de caractère qui, pour être assez répandus dans la population, n'en demeurent pas moins assez peu moraux : la jalousie, la convoitise, la possessivité, etc. Ce sont donc les femmes et maris exigeant l'exclusivité qui se font du mal à eux-mêmes, lorsqu'ils croient que celle-ci est mise en défaut. Je dis bien "lorsqu'ils croient", car ce n'est pas l'adultère en lui-même qui fait mal (s'il a lieu dans un cadre privé, il ne peut guère causer de torts à quiconque, ce n'est pas qqch qui laisse des marques...), c'est le fait de croire qu'un adultère a eu lieu, peu importe que cela soit le cas ou non. Je ne sais pas, Christophe, si vous êtes aussi en couple, mais je suis prêt à parier qui si vous faites croire - à tort - à votre dulcinée que vous êtes allé voir une autre, cela aura exactement le même effet que si vous le faites pour de bon, puis que vous lui avouez...
Ces préjudices psychologiques peuvent justifier d'opter pour l'exclusivité comme moindre mal, mais cela ne peut pas en faire un bien. Après tout, les relations strictement amicales sont généralement non-exclusives et peu déplorent cet état de fait. Quelqu'un qui exigerait d'un ami une exclusivité sans faille serait regardé, avec justesse, comme quelqu'un d'injuste. Dans ce cadre là, exiger l'exclusivité serait perçu comme mal, immoral. Je ne fais qu'appliquer la même logique à l'ensemble des relations, sur la base du principe de traiter semblablement ce qui est semblable, à proportion de leur ressemblance, et sauf si des raisons contraires s'y opposent. Or pour raisons contraires, je ne vois guère que les faiblesses de l'être humain : jalousie, convoitise, possessivité... Mais ce ne sont pas des vraies raisons raisonnables, ce sont des basses passions à combattre.
Bien à vous,
Mikaël
Dernière modification par Métazét le mer. 26 sept. 2007, 21:23, modifié 2 fois.
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
Re: Les films pornographiques
Avez-vous déjà été trompé par quelqu'un que vous aimiez ? Moi oui, et je peux vous garantir que la douleur ressentie n'a rien à voir avec de la convoitise, de la jalousie ou de la possessivité. J'ai eu aussi l'occasion de voir des amis dévastés par l'infidélité de leur partenaire et ce n'était pas une simple affaire d'ego démesuré comme vous le laissez entendre...Notons toutefois, pour en venir aux préjudices psychologiques, que ceux-ci sont basés sur un certain nombre de traits de caractère qui, pour être assez répandus dans la population, n'en demeurent pas moins assez peu moraux : la jalousie, la convoitise, la possessivité, etc.
Pourquoi la fidélité serait-elle injuste et mauvaise ? Parce qu'elle vous oblige à contrôler vos pulsions et à faire passer l'être aimé avant votre plaisir personnel ? Que la fidélité soit contraignante, je peux comprendre, mais "mauvaise" ? Ca n'a pas de sens...Même si l'exclusivité me paraît être intrinsèquement injuste et mauvaise, elle ne l'est pas de manière absolue.
Sauf que l'amour-amitié n'est pas l'amour-relation conjugal. Il y a dans le couple quelque chose qui relève de l'union parfaite et du don de soi.Après tout, les relations strictement amicales sont généralement non-exclusives et peu déplorent cet état de fait.
Pour en venir à votre petite amie catholique, elle voit cela avec les yeux de la foi. Sa foi et son amour pour Dieu lui disent qu'Il a voulu que l'homme et la femme s'unissent dans une relation exclusive basée sur le don total de soi à l'être aimé, aux antipodes de l'égoïsme humain. Il y a là un message important : là où notre nature "charnelle" nous pousse à ne penser qu'à notre plaisir, Dieu nous rappelle que nous valons mieux que ça et que nous pouvons, par amour, faire le don de notre vie et de notre être à une personne. Pour moi, c'est une affaire de dignité humaine.
Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
Re: Les films pornographiques
Bonjour Métazét,
Contrairement aux autres religions, l’Eglise a abandonné les rites et les tabous qui sanctifiaient ces activités humaines que sont manger, boire, voyager, construire une maison, etc. Les Juifs doivent être très présents à ce qu’ils mangent pour respecter les règles de la Cacherout, les Hindous ne se mettent jamais en route sans une offrande à l’un des nombreux (et malins) sâdhus qui se tiennent aux portes des villes. Et donc lorsque comme les autres religions l’Eglise place des « activités d’éveil » (c’est bien de cela qu’il s’agit) dans le cadre de la sexualité, il semble qu’elle soit obsédée par ce seul sujet.
Il n’en est rien. L’ascèse consiste à rendre plus conscients, plus « éveillés », ceux qui la pratiquent. Toute civilisation, et surtout la plus brillante d’entre toutes, la nôtre, est fondée sur la mise à distance des satisfactions sensorielles. Il faut maîtriser sa faim pour prendre le temps de cuisiner, et on sait l’importance du passage du cru au cuit dans l’humanisation. Il faut renoncer à piller pour échanger, et il n’est pas de richesse sans commerce. Il faut canaliser ses pulsions sexuelles vers un être aimé unique pour construire une relation. Toute vie sociale est fondée sur cette frustration de nos appétits immédiats (voyez Freud et son Malaise dans la civilisation), mais (et voilà la sucette), si le processus de sublimation est réussi, la gratification finale est encore plus grande. La littérature nous décrit inlassablement les coucheries et les adultères, c’est que les autres, les couples heureux n’ont pas d’histoire.
Je vous souhaite donc de n’être pas un sujet de film. Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire sur un autre fil, Dieu veut notre bonheur dans cette vie déjà. Il nous donne par Son Eglise les recettes pour l’atteindre. Sachons être heureux.
Christian
(qui parle mieux qu’il ne vit)
PS L’amour n’est pas l’amitié. On n’échappe pas à la jalousie dans la relation d’amour. On peut « civiliser » la manifestation de ce sentiment, jamais l’éradiquer. Et donc la passion à combattre si l’on veut rester pleinement humain n’est pas la jalousie, mais le donjuanisme.
Contrairement aux autres religions, l’Eglise a abandonné les rites et les tabous qui sanctifiaient ces activités humaines que sont manger, boire, voyager, construire une maison, etc. Les Juifs doivent être très présents à ce qu’ils mangent pour respecter les règles de la Cacherout, les Hindous ne se mettent jamais en route sans une offrande à l’un des nombreux (et malins) sâdhus qui se tiennent aux portes des villes. Et donc lorsque comme les autres religions l’Eglise place des « activités d’éveil » (c’est bien de cela qu’il s’agit) dans le cadre de la sexualité, il semble qu’elle soit obsédée par ce seul sujet.
Il n’en est rien. L’ascèse consiste à rendre plus conscients, plus « éveillés », ceux qui la pratiquent. Toute civilisation, et surtout la plus brillante d’entre toutes, la nôtre, est fondée sur la mise à distance des satisfactions sensorielles. Il faut maîtriser sa faim pour prendre le temps de cuisiner, et on sait l’importance du passage du cru au cuit dans l’humanisation. Il faut renoncer à piller pour échanger, et il n’est pas de richesse sans commerce. Il faut canaliser ses pulsions sexuelles vers un être aimé unique pour construire une relation. Toute vie sociale est fondée sur cette frustration de nos appétits immédiats (voyez Freud et son Malaise dans la civilisation), mais (et voilà la sucette), si le processus de sublimation est réussi, la gratification finale est encore plus grande. La littérature nous décrit inlassablement les coucheries et les adultères, c’est que les autres, les couples heureux n’ont pas d’histoire.
Je vous souhaite donc de n’être pas un sujet de film. Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire sur un autre fil, Dieu veut notre bonheur dans cette vie déjà. Il nous donne par Son Eglise les recettes pour l’atteindre. Sachons être heureux.
Christian
(qui parle mieux qu’il ne vit)
PS L’amour n’est pas l’amitié. On n’échappe pas à la jalousie dans la relation d’amour. On peut « civiliser » la manifestation de ce sentiment, jamais l’éradiquer. Et donc la passion à combattre si l’on veut rester pleinement humain n’est pas la jalousie, mais le donjuanisme.
Ils m’ont abandonné, moi, la source des eaux vives, pour se creuser des citernes
(effectivement, c’est pas le bon calcul)
Jérémie
(effectivement, c’est pas le bon calcul)
Jérémie
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Métazét
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Re: Les films pornographiques
Bonsoir Raistlin,
L'exclusivité me paraît injuste et mauvaise car elle est contre-nature, et que la non-exclusivité, tout en n'étant pas contre-nature, ne nuit directement à personne.
Vous évoquiez d'autres motifs de souffrance suite à un adultère, que ceux que j'ai énuméré. Je pense (corrigez-moi si je me trompe), qu'ils ne s'attachent pas tant à l'adultère en tant que tel, qu'à la signification culturo-sociologico-religieuse qu'on y attache. Ainsi, dans nos sociétés monogames, on a tendance à se dire des choses du genre : "Elle/Il a été en voir un/e autre, donc il ne m'aime plus ou cela ne va plus dans notre couple". La validité de la conclusion requiert toutefois une prémisse majeure implicite qui est : "La seule raison pour laquelle les gens commettent l'adultère, c'est qu'ils n'aiment plus leur conjoint ou que cela ne va plus dans leur couple". Pour moi, cette prémisse ne va pas du tout de soi, mais elle fortement implantée dans l'inconscient collectif. Comme j'espère l'avoir montré, il y a plein d'autres raisons possibles et beaucoup plus saines et positives qui peuvent expliquer l'adultère. Mais je vais un peu vous donner raison quand même : il est bien possible que dans la grande majorité des cas, l'adultère soit le signe d'un malaise dans le couple. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'adultérin et sa "victime" ont toutes les chances de partager ce même jeu de langage implicite et socialement acquis qui veut qu'effectivement, l'adultère soit mal, soit le signe d'un malaise, d'un désamour, etc. Mais comme nous l'a appris Ferdinand de Saussure, le lien entre un signe (ici l'adultère) et sa signification (ici le mal, le malaise) est arbitraire (le mot "chien" n'aboie pas...). Et puisque, pour ma part, je récuse ce background sémantique, j'aimerais que mon comportement soit jugé à l'aune de la signification personnelle que je lui donne, et non pas à l'aune de sa signification habituelle, sociologique. Mais je peux comprendre que cela soit difficile. Au fond, c'est exactement le même problème que la croix gammée. A l'origine symbole spirituel oriental anodin (on trouve d'ailleurs encore des représentations sur des temples, des peintures, etc.), il a été chargé au tournant du précédent siècle, d'une énorme charge sémantique négative, si bien qu'aujourd'hui, serait bien peu avisé celui qui, bien que non néonazi, en arborerait une dans un lieu public, simplement parce qu'il trouverait que ce symbole a une grande valeur esthétique, et même s'il décidait, à titre personnel, de lui redonner une toute autre signification (par exemple sa signification orientale originelle). D'ailleurs, je n'échappe pas totalement à la règle. Si qqn me disait le mot de Cambronne, je serais assez outré mais, passé ma première réaction, si j'apprends que le qqn en question est étranger, et que dans sa langue, exactement le même phonème est utilisé pour dire : "je vous estime beaucoup", je changerais alors d'attitude, je m'excuserais pour le malentendu, et je serais au final ravi
En résumé, je dirais que la valeur morale des "crimes" purement sémantique, est relative à la norme en vigueur. Elle est une question de codes et d'usages, mais elle n'a rien d'absolu. Je suis un ardent partisan du réalisme moral en général, lorsqu'il s'agit des préjudices ou des biens objectifs faits aux gens. Mais lorsque le problème est uniquement lié à une signification, je dois dire que je suis plutôt relativiste.
Bien cordialement,
Mikaël
J'en prends donc acte... Toutefois, je dois bien reconnaître qu'en ce qui me concerne, non seulement je ne verrais pas d'inconvénient à ce que ma chérie ait d'autres relations, mais en plus je trouverais cela assez normal et naturel. Je sais bien que je ne suis pas le plus beau, le plus intéressant et le plus intelligent mec de la Terre, donc je trouverais tout à fait normal et naturel que les sentiments qu'elle a pour moi, elle puisse les avoir aussi pour quelqu'un d'autre. Peut-être dans une moindre mesure certes, puisque la vie commune a pour effet de cimenter l'amour... A condition qu'elle ne m'abandonne pas et qu'elle ne m'aime pas moins, je ne vois pas pourquoi cela me dérangerait davantage que si, mettons, elle donne rendez-vous en ville à une copine pour discuter entre nanas. Le principal, à mes yeux, je pense que c'est qu'elle me soit fidèle - dans le vrai sens du terme : engagement durable, et non pas exclusivité, puisque, comme je l'ai souligné précédemment, on peut être fidèle à plusieurs amis - et qu'à la question : "Si tu ne devais prendre qu'une seule personne avec toi sur une île déserte, qui prendrais-tu ?", elle me réponde sans hésitation : "Toi". Pour le reste, elle est libre et bien assez grande pour savoir ce qui est bien pour elle (de toute façon, il me semble qu'il y a un problème méthodologique insurmontable dans l'idée suivant laquelle on pourrait mieux savoir que quelqu'un ce qui est bon pour lui ; j'entends bien sûr une fois que ce quelqu'un est pleinement informé, en possession de ses moyens, libre, etc.). J'aimerais d'ailleurs qu'elle ait cette même attitude envers moi, car je n'aime pas le paternalisme. Mais bon, je fais avec, c'est un moindre mal étant donné tout l'amour qu'elle me donne.Raistlin a écrit :Avez-vous déjà été trompé par quelqu'un que vous aimiez ? Moi oui, et je peux vous garantir que la douleur ressentie n'a rien à voir avec de la convoitise, de la jalousie ou de la possessivité. J'ai eu aussi l'occasion de voir des amis dévastés par l'infidélité de leur partenaire et ce n'était pas une simple affaire d'ego démesuré comme vous le laissez entendre...Notons toutefois, pour en venir aux préjudices psychologiques, que ceux-ci sont basés sur un certain nombre de traits de caractère qui, pour être assez répandus dans la population, n'en demeurent pas moins assez peu moraux : la jalousie, la convoitise, la possessivité, etc.
Vous parlez de plaisir personnel, alors que je parlais surtout d'amour (même si le plaisir personnel n'y est pas exclu). Quant à faire passer l'être aimé après, ce n'est donc pas le cas, comme je viens de l'expliquer. A la question : "Si tu ne devais prendre qu'une seule personne avec toi sur une île déserte, qui prendrais-tu ?", je lui répondrais sans hésitation : "Toi".Pourquoi la fidélité serait-elle injuste et mauvaise ? Parce qu'elle vous oblige à contrôler vos pulsions et à faire passer l'être aimé avant votre plaisir personnel ? Que la fidélité soit contraignante, je peux comprendre, mais "mauvaise" ? Ca n'a pas de sens...Même si l'exclusivité me paraît être intrinsèquement injuste et mauvaise, elle ne l'est pas de manière absolue.
L'exclusivité me paraît injuste et mauvaise car elle est contre-nature, et que la non-exclusivité, tout en n'étant pas contre-nature, ne nuit directement à personne.
Vous évoquiez d'autres motifs de souffrance suite à un adultère, que ceux que j'ai énuméré. Je pense (corrigez-moi si je me trompe), qu'ils ne s'attachent pas tant à l'adultère en tant que tel, qu'à la signification culturo-sociologico-religieuse qu'on y attache. Ainsi, dans nos sociétés monogames, on a tendance à se dire des choses du genre : "Elle/Il a été en voir un/e autre, donc il ne m'aime plus ou cela ne va plus dans notre couple". La validité de la conclusion requiert toutefois une prémisse majeure implicite qui est : "La seule raison pour laquelle les gens commettent l'adultère, c'est qu'ils n'aiment plus leur conjoint ou que cela ne va plus dans leur couple". Pour moi, cette prémisse ne va pas du tout de soi, mais elle fortement implantée dans l'inconscient collectif. Comme j'espère l'avoir montré, il y a plein d'autres raisons possibles et beaucoup plus saines et positives qui peuvent expliquer l'adultère. Mais je vais un peu vous donner raison quand même : il est bien possible que dans la grande majorité des cas, l'adultère soit le signe d'un malaise dans le couple. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'adultérin et sa "victime" ont toutes les chances de partager ce même jeu de langage implicite et socialement acquis qui veut qu'effectivement, l'adultère soit mal, soit le signe d'un malaise, d'un désamour, etc. Mais comme nous l'a appris Ferdinand de Saussure, le lien entre un signe (ici l'adultère) et sa signification (ici le mal, le malaise) est arbitraire (le mot "chien" n'aboie pas...). Et puisque, pour ma part, je récuse ce background sémantique, j'aimerais que mon comportement soit jugé à l'aune de la signification personnelle que je lui donne, et non pas à l'aune de sa signification habituelle, sociologique. Mais je peux comprendre que cela soit difficile. Au fond, c'est exactement le même problème que la croix gammée. A l'origine symbole spirituel oriental anodin (on trouve d'ailleurs encore des représentations sur des temples, des peintures, etc.), il a été chargé au tournant du précédent siècle, d'une énorme charge sémantique négative, si bien qu'aujourd'hui, serait bien peu avisé celui qui, bien que non néonazi, en arborerait une dans un lieu public, simplement parce qu'il trouverait que ce symbole a une grande valeur esthétique, et même s'il décidait, à titre personnel, de lui redonner une toute autre signification (par exemple sa signification orientale originelle). D'ailleurs, je n'échappe pas totalement à la règle. Si qqn me disait le mot de Cambronne, je serais assez outré mais, passé ma première réaction, si j'apprends que le qqn en question est étranger, et que dans sa langue, exactement le même phonème est utilisé pour dire : "je vous estime beaucoup", je changerais alors d'attitude, je m'excuserais pour le malentendu, et je serais au final ravi
En résumé, je dirais que la valeur morale des "crimes" purement sémantique, est relative à la norme en vigueur. Elle est une question de codes et d'usages, mais elle n'a rien d'absolu. Je suis un ardent partisan du réalisme moral en général, lorsqu'il s'agit des préjudices ou des biens objectifs faits aux gens. Mais lorsque le problème est uniquement lié à une signification, je dois dire que je suis plutôt relativiste.
Je n'arrive pas à voir les choses de cette façon. Certes oui, dans l'amour conjugal, il y a union parfaite et don de soi, mais dans l'amour-amitié, lorsqu'il s'agit d'une amitié vraiment très profonde, je trouve qu'il y a aussi qqch qui relève de l'union parfaite et du don de soi. Je l'ai déjà expérimenté.Sauf que l'amour-amitié n'est pas l'amour-relation conjugal. Il y a dans le couple quelque chose qui relève de l'union parfaite et du don de soi.Après tout, les relations strictement amicales sont généralement non-exclusives et peu déplorent cet état de fait.
Je ne reviens pas sur les points que j'ai déjà évoqué plus haut et que vous reprenez dans ce paragraphe. En ce qui concerne la dimension proprement religieuse de la question, nous entrons dans un autre registre sur lequel je ne pourrai pas vous suivre, étant personnellement agnostique vaguement "pandéistisant"... Cela dit, je peux comprendre qu'une personne basant sa vie sur un système assez radicalement différent du mien puisse aboutir à des conclusions notoirement éloignées également. J'espère avoir montré au moins que ma façon de voir a une bonne cohérence interne et qu'elle est valide au regard du système d'axiomes qui est le mien (et que je n'ai, certes, pas entièrement explicité, mais qui pourrait se rapprocher assez - pour ce qui est de la morale - de l'éthique minimale). Toutefois, je pense qu'il est tout aussi inutile que j'essaye de vous persuader de la justesse de mes premiers principes qu'il sera inutile pour vous de me persuader de la justesse des vôtres. Il y a un moment, dans le raisonnement, où il faut se reposer sur une ou plusieurs vérités de base qui semblent évidentes par elles-mêmes, mais qui en toute rigueur ne le sont pas puisque tout le monde ne s'accorde pas dessus. La seule attitude restante en ce cas est donc le compromis pragmatique. C'est pourquoi je dis que l'exclusivité est un moindre mal. Je parle bien entendu de mon point de vue. De même, avoir un chéri pas catholique et faire avec lui des câlins "approfondis" avant mariage est sans doute également un moindre mal de son point de vue. Les compromis étant de chaque côté et n'étant qu'assez modérés en fin de compte, la situation s'en trouve relativement équilibré, et parvient à un certain épanouissement certes imparfait (la perfection n'est pas de ce monde, l'essentiel à mes yeux est d'y tendre), mais finalement pas si mal, par rapport à la situation d'autres couples qui pourtant ne connaissent pas forcément de différend philosophique majeur.Pour en venir à votre petite amie catholique, elle voit cela avec les yeux de la foi. Sa foi et son amour pour Dieu lui disent qu'Il a voulu que l'homme et la femme s'unissent dans une relation exclusive basée sur le don total de soi à l'être aimé, aux antipodes de l'égoïsme humain. Il y a là un message important : là où notre nature "charnelle" nous pousse à ne penser qu'à notre plaisir, Dieu nous rappelle que nous valons mieux que ça et que nous pouvons, par amour, faire le don de notre vie et de notre être à une personne. Pour moi, c'est une affaire de dignité humaine.
Bien cordialement,
Mikaël
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
Re: Les films pornographiques
Vous vous méprisez donc à ce point ?Métazét a écrit :Toutefois, je dois bien reconnaître qu'en ce qui me concerne, non seulement je ne verrais pas d'inconvénient à ce que ma chérie ait d'autres relations, mais en plus je trouverais cela assez normal et naturel.
Re: Les films pornographiques
Nolite dare sanctum canibus : neque mittatis margaritas vestras ante porcos, ne forte conculcent eas pedibus suis, et conversi dirumpant vos.Métazét a écrit :il est vrai que je ne vois pas vraiment d'intérêt à l'exclusivité, qui me paraît contre-nature, surtout que je ne vois pas bien quels préjudices - outre psychologiques - cela pourrait causer
Il y a beaucoup de mythes tenaces véhiculés par des présentations faussées au sujet de la pornographie et de la prostitution. La réalité est nettement moins glauque que vous le pensez (j'ai d'ailleurs une copine qui est actrice porno depuis peu et qui y trouve de l'épanouissement, alors qu'elle avait quelques préjugés négatifs avant).
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Métazét
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Éthique et sexualité
Je ne me méprise aucunement en disant cela. Le seul à être méprisant ici, c'est vous. Je me demande bien pourquoi d'ailleurs. Même si vous ne le percevez pas ainsi, sachez que j'estime faire des efforts pour répondre à vos objections et argumenter.Charles a écrit :Vous vous méprisez donc à ce point ?Métazét a écrit :Toutefois, je dois bien reconnaître qu'en ce qui me concerne, non seulement je ne verrais pas d'inconvénient à ce que ma chérie ait d'autres relations, mais en plus je trouverais cela assez normal et naturel.
Je ne suis pas latiniste, pouvez-vous me traduire cette phrase ? Merci.Charles a écrit :Nolite dare sanctum canibus : neque mittatis margaritas vestras ante porcos, ne forte conculcent eas pedibus suis, et conversi dirumpant vos.
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)
Re: Les films pornographiques
Charles a tout simplement cité l'évangéliste Matthieu au chapitre 7 le verset 6.Charles a écrit :Nolite dare sanctum canibus : neque mittatis margaritas vestras ante porcos, ne forte conculcent eas pedibus suis, et conversi dirumpant vos.
«Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles aux porc, de peur qu'ils ne les piétienent et que, se retournant, ils ne vous déchirent.»
Père Guy
"J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir".
credo
"J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir".
credo
Re: Les films pornographiques
Chers amis,
Il me semble qu'en fait comprendre la position chrétienne sur la sexualité est impossible si l'on ne fait pas un détour par son anthropologie - je n'y connais moi-même pas grand chose, mais bon... Pour la pensée chrétienne, l'homme est un, en ce sens que spirituel, charnel, affectif, intellectuel ont partie mêlée. Et dans l'échelle des dons, le don de soi dans la sexualité est un sommet très particulier, l'union la plus intime que peuvent réaliser un homme et une femme. Mais pas que cela : c'est aussi la source de la fécondité, la participation à l'acte créateur (la pro-création, ça dit bien ce que ça veut dire). A ce titre, avoir des rapports sexuels ne se situe pas du tout au même niveau que "manger des bonbons entre des repas équilibrés" : on est pas impliqué au même titre dans les deux cas. Manger trop de bonbons peut nuire, mais il n'y a aucune dimension relationnelle propre à cet acte. Alors que la sexualité est éminemment relationnelle : ces deux actes ne sauraient être régis par des règles morales analogues : ils sont sans rapport l'un avec l'autre. Il me semble du coup que cette comparaison, pour métaphorique qu'elle puisse paraître, est en fait dangereuse en ce sens qu'elle brouille le débat en mettant sur le même plan des choses qui n'y sont pas. Prcontre, elle est révélatrice du niveau où se situe l'enjeu, et simplement parvenir à poser le problème en termes clairs pourrait permettre de démêler pas mal l'écheveau.
Pour en revenir à l'anthropologie, il me semble que la position chrétienne considère l'acte conjugal comme ayant une portée ontologique particulière : c'est le lieu où s'accomplit une unité (l'homme et la femme) féconde (l'enfant). Le récit d'Adam et Eve contient l'essentiel : l'homme et la femme, dans la sexualité, réalisent les plans divins, qui sont leur nature profonde, pas moins (!), en tant qu'ils sont corps et qu'ils sont co-créateurs. Par-delà tout les moralismes "bourgeois" et jansénistes, avec ce que le premier peut avoir d'hypocrite, qui ont dû pas mal brouiller les cartes dans l'esprit de pas mal de monde, il faut remettre la sexualité dans l'ordre des réalités. Si Dieu existe, qu'Il nous a créés par amour, pour vivre dans l'amour avec Lui et entre nous, si le récit biblique de la genèse traduit bien une vérité de fond sur l'homme, alors oui, la fidélité conjugale n'est pas qu'affaire de conventions, mais rejoint bien la substance même de notre être. Je crois, mais c'est évident, qu'en la matière le problème de nos sociétés occidentale est le relativisme : à refuser que l'on puisse poser un discours vrai, notamment en matière de morale sexuelle, tout devient permis et la "morale" se trouve réduite au légal, c'est-à-dire non pas au plus petit dénominateur commun, mais à ce qui empêche l'implosion immédiate de la société... quant à ses effets à long terme, qui vivra verra.
L'idée de mariage, de don de soi total qui est une réalisation de l'amour propre à l'amour humain adulte, a un sens spirituel qui se réalise, notamment, par la fidélité. La construction de notre unité intérieur qui veut unifier toutes nos dimensions - pulsions sexuelles, attirance émotionnelle, affective, intelligence, volonté, etc. La sexualité est porteuse de sens, qui est celui d'un don de soi mais qui se situe aussi au niveau de l'accueil de la vie (et la déresponsabilisation à l'échelle sociale en la matière débouche, notamment, sur le crime redoutable de l'avortement massif...). Ainsi, avoir des relations sexuelles dans un cadre qui ne permet pas d'assumer tous les aspects de la réalité sexuelle est un mensonge objectif, une fuite de la réalité - ce n'est pas la manière la plus glamour de présenter les choses, mais bon...
Le point de vue chrétien, me semble-t-il, trouve écho dans nos consciences, mais un écho plus ou moins brouillé par le désordre du péché. Notre unité intérieure est à bâtir et nous pouvons facilement construire des édifices qui ne collent pas parfaitement avec les plans originels - si je puis dire - mais réalise un bâtiment dans lequel on se sent bien. Vivre d'amour vrai, de don de soi total, est une étape crucifiante, un chemin de maturation. A ce titre - mais je ne parle pas en connaissance de cause - la construction du couple et son évolution dans le temps selon la pensée chrétienne me paraissent exemplaires. Le mariage n'est pas inscrit dans nos gènes, et la fidélité ne trouve pas son origine dans nos hormones. Pas plus que le "tu ne tueras pas". La proposition chrétienne en matière d'amour est une chemin de croissance, d'éducation à l'amour - qui est tout sauf une activité instinctive et/ou émotionnelle et en la matière, nos impressions, notre éducation, notre histoirepeuvent être bien mauvais conseillers... ou guides merveilleux ! Je pense que persone ne mettra en doute le fait que l'interdiction du meurtre est un progrès pour l'humanité, et que c'est en même temps une certaine construction : si nous revenions quelques millénaires en arrière, avant même le talion, que trouverions-nous ? La justice est une construction, qui remplace la vengeance. Elle est également un progrès indéniable, je dirais objectif dans le sens de l'accomplissement de l'humain/divin en nous. Je pense qu'en matière de fidélité, on se situe à ce niveau-là : elle réalise un progrès objectif, décisif dans l'ordre du don de soi, de l'amour, qui ne se trouve pas dans notre moi-biologique, pour utiliser la terminologie de Zundel. Mais le relativisme et un certain nombre de philosophes dits du soupçon, et surtout leurs idées qui imprègnent notre société, peuvent brouiller complètement cet enjeu. "L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'amour de l'être aimé. C'est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu'appelle le large." (Rilke)
Je ne crois pas qu'en matière de sexualité on se situe au niveau du distinguo de Saussure entre signifiant et signifié qui établit l'arbitraire du lien entre les deux. La sexualité a un enjeu ontologique, morale, sociale (je n'ai pas su tout abordé cet aspect, mais l'influence de la morale sexuelle sur la structuration de la société serait aussi à envisager), un enjeu relationnelle, familiale, éducatif etc. pour tout dire, anthropologique qui fait qu'on est bien loin d'un domaine sur lequel on puisse plaquer "l'arbitraire saussurien". Quand bien même "on ne voit pas", cela peut simplement signifier que cette question mérite de s'y arrêterbien davantage, après avoir réglé les questions amont, sur le sens de la vie humaine, l'univers et le reste
, pour paraphraser Douglas Adams.
Sur la question des causes de l'homosexualité que vous mentionnez sur les sites de rencontre - des femmes qui cherchent des femmes... et son complémentaire (?) - je ne suis pas convaincu que la pilulle y soit pour grand-chose... en tout cas à titre principal (c'est peut-être historiquement un élément déclencheur ?). A titre personnel, l'idée même d'embrasser un homme - autre que mon père et dans les formes propres à l'affection père/fils
- me révulse assez profondément. Autant dire que l'idée d'aller plus loin avec un autre m'est insoutenable. Je pense que pour que des gens aillent dans ce sens - et dans toutes les directions plus ou moins déviantes - car les positions la LGBT eu autres Grands Censeurs de notre société (certains courants de pensée font de l'identité sexuelle une construction pure dénuée de tout lien avec le biologique) vont bien plus loin. Il y a surtout une question à se poser au niveau de l'éducation (non pas uniquement celle des parents, mais aussi de l'influence de la société sur la personne). A mon avis, ces tendances tiennent plus à la logique d'une société de consommation qu'à la seule contraception - qui est un élément parmis d'autre, même s'il a un caractère décisif à maints égards. Nos sociétés de consommation, où l'on existe par ce que l'on possède/consomme/acquiert, où l'on est plus dans l'ordre de l'avoir que de l'être, où le plaisir sexuel est bien souvent envisagé comme un des buts suprême, où l'idée d'amour comme don de soi est rarement envisagée comme le but de la vie (c'est le moins qu'on puisse dire), où la peur de l'autre est parfois terriblement puissante, me semble former un terreau à toutes les déviances, à toutes les pulsions désordonnées et difficilement contrôlables qui se trouvent en nous. Dans la société du zapping où il faut faire toutes les expériences, où le relativisme ambiant "interdit d'interdire", où l'individualisme règne, où la morale se réduit au "ma liberté s'arrête où commence celle de l'autre", ou tout arrière plan objectif/ontologique a été balayé, où les références morales - à commencer par la religion - sont décriées comme une atteinte à la liberté (mais qu'est-ce que la liberté ? aurait demandé Ponce), que l'on voit s'exprimer la recherche maximum/instinctive/impulsive du plaisir n'a rien de surprenant. L'homme n'est pas une bête et au quotidien, mes collègues sont en général - pas toujours, ceci-dit ! - des gens décents qui ne placent pas généralement le bonheur à l'échelle du seul "physique". Le sentimental a sa part. Mais c'est un peu court, jeunes gens, il faudrait penser bien des choses en somme... Bref, tout ça pour dire que statistiquement, les pulsions auront plus tendance à s'exprimer dans notre société pour un ensemble de raisons implicites. Et puis, bien sûr, il y a l'échelle du personnel, de l'innée, de l'acquis, des "accidents" de la vie : le psychologique a là toute sa place...
Marc
Il me semble qu'en fait comprendre la position chrétienne sur la sexualité est impossible si l'on ne fait pas un détour par son anthropologie - je n'y connais moi-même pas grand chose, mais bon... Pour la pensée chrétienne, l'homme est un, en ce sens que spirituel, charnel, affectif, intellectuel ont partie mêlée. Et dans l'échelle des dons, le don de soi dans la sexualité est un sommet très particulier, l'union la plus intime que peuvent réaliser un homme et une femme. Mais pas que cela : c'est aussi la source de la fécondité, la participation à l'acte créateur (la pro-création, ça dit bien ce que ça veut dire). A ce titre, avoir des rapports sexuels ne se situe pas du tout au même niveau que "manger des bonbons entre des repas équilibrés" : on est pas impliqué au même titre dans les deux cas. Manger trop de bonbons peut nuire, mais il n'y a aucune dimension relationnelle propre à cet acte. Alors que la sexualité est éminemment relationnelle : ces deux actes ne sauraient être régis par des règles morales analogues : ils sont sans rapport l'un avec l'autre. Il me semble du coup que cette comparaison, pour métaphorique qu'elle puisse paraître, est en fait dangereuse en ce sens qu'elle brouille le débat en mettant sur le même plan des choses qui n'y sont pas. Prcontre, elle est révélatrice du niveau où se situe l'enjeu, et simplement parvenir à poser le problème en termes clairs pourrait permettre de démêler pas mal l'écheveau.
Pour en revenir à l'anthropologie, il me semble que la position chrétienne considère l'acte conjugal comme ayant une portée ontologique particulière : c'est le lieu où s'accomplit une unité (l'homme et la femme) féconde (l'enfant). Le récit d'Adam et Eve contient l'essentiel : l'homme et la femme, dans la sexualité, réalisent les plans divins, qui sont leur nature profonde, pas moins (!), en tant qu'ils sont corps et qu'ils sont co-créateurs. Par-delà tout les moralismes "bourgeois" et jansénistes, avec ce que le premier peut avoir d'hypocrite, qui ont dû pas mal brouiller les cartes dans l'esprit de pas mal de monde, il faut remettre la sexualité dans l'ordre des réalités. Si Dieu existe, qu'Il nous a créés par amour, pour vivre dans l'amour avec Lui et entre nous, si le récit biblique de la genèse traduit bien une vérité de fond sur l'homme, alors oui, la fidélité conjugale n'est pas qu'affaire de conventions, mais rejoint bien la substance même de notre être. Je crois, mais c'est évident, qu'en la matière le problème de nos sociétés occidentale est le relativisme : à refuser que l'on puisse poser un discours vrai, notamment en matière de morale sexuelle, tout devient permis et la "morale" se trouve réduite au légal, c'est-à-dire non pas au plus petit dénominateur commun, mais à ce qui empêche l'implosion immédiate de la société... quant à ses effets à long terme, qui vivra verra.
L'idée de mariage, de don de soi total qui est une réalisation de l'amour propre à l'amour humain adulte, a un sens spirituel qui se réalise, notamment, par la fidélité. La construction de notre unité intérieur qui veut unifier toutes nos dimensions - pulsions sexuelles, attirance émotionnelle, affective, intelligence, volonté, etc. La sexualité est porteuse de sens, qui est celui d'un don de soi mais qui se situe aussi au niveau de l'accueil de la vie (et la déresponsabilisation à l'échelle sociale en la matière débouche, notamment, sur le crime redoutable de l'avortement massif...). Ainsi, avoir des relations sexuelles dans un cadre qui ne permet pas d'assumer tous les aspects de la réalité sexuelle est un mensonge objectif, une fuite de la réalité - ce n'est pas la manière la plus glamour de présenter les choses, mais bon...
Le point de vue chrétien, me semble-t-il, trouve écho dans nos consciences, mais un écho plus ou moins brouillé par le désordre du péché. Notre unité intérieure est à bâtir et nous pouvons facilement construire des édifices qui ne collent pas parfaitement avec les plans originels - si je puis dire - mais réalise un bâtiment dans lequel on se sent bien. Vivre d'amour vrai, de don de soi total, est une étape crucifiante, un chemin de maturation. A ce titre - mais je ne parle pas en connaissance de cause - la construction du couple et son évolution dans le temps selon la pensée chrétienne me paraissent exemplaires. Le mariage n'est pas inscrit dans nos gènes, et la fidélité ne trouve pas son origine dans nos hormones. Pas plus que le "tu ne tueras pas". La proposition chrétienne en matière d'amour est une chemin de croissance, d'éducation à l'amour - qui est tout sauf une activité instinctive et/ou émotionnelle et en la matière, nos impressions, notre éducation, notre histoirepeuvent être bien mauvais conseillers... ou guides merveilleux ! Je pense que persone ne mettra en doute le fait que l'interdiction du meurtre est un progrès pour l'humanité, et que c'est en même temps une certaine construction : si nous revenions quelques millénaires en arrière, avant même le talion, que trouverions-nous ? La justice est une construction, qui remplace la vengeance. Elle est également un progrès indéniable, je dirais objectif dans le sens de l'accomplissement de l'humain/divin en nous. Je pense qu'en matière de fidélité, on se situe à ce niveau-là : elle réalise un progrès objectif, décisif dans l'ordre du don de soi, de l'amour, qui ne se trouve pas dans notre moi-biologique, pour utiliser la terminologie de Zundel. Mais le relativisme et un certain nombre de philosophes dits du soupçon, et surtout leurs idées qui imprègnent notre société, peuvent brouiller complètement cet enjeu. "L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'amour de l'être aimé. C'est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu'appelle le large." (Rilke)
Je ne crois pas qu'en matière de sexualité on se situe au niveau du distinguo de Saussure entre signifiant et signifié qui établit l'arbitraire du lien entre les deux. La sexualité a un enjeu ontologique, morale, sociale (je n'ai pas su tout abordé cet aspect, mais l'influence de la morale sexuelle sur la structuration de la société serait aussi à envisager), un enjeu relationnelle, familiale, éducatif etc. pour tout dire, anthropologique qui fait qu'on est bien loin d'un domaine sur lequel on puisse plaquer "l'arbitraire saussurien". Quand bien même "on ne voit pas", cela peut simplement signifier que cette question mérite de s'y arrêterbien davantage, après avoir réglé les questions amont, sur le sens de la vie humaine, l'univers et le reste
Sur la question des causes de l'homosexualité que vous mentionnez sur les sites de rencontre - des femmes qui cherchent des femmes... et son complémentaire (?) - je ne suis pas convaincu que la pilulle y soit pour grand-chose... en tout cas à titre principal (c'est peut-être historiquement un élément déclencheur ?). A titre personnel, l'idée même d'embrasser un homme - autre que mon père et dans les formes propres à l'affection père/fils
Marc
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