comment pardonner, c'est très difficile.
Pire qu'une simple déception amoureuse, c'est une grenade qui m'a explosé à la figure il y a de cela 26 ans et j'en rêve encore ( cauchemars).
A 26 ans donc j'étais en fac en Allemagne et je faisais aussi de la chanson, du coup j'ai eu plein de contacts avec les intermittents du spectacles dont un jeune metteur en scène amateur, étudiant en droit. Appelons-le Robert.
Pas de coup de foudre ( trois amours blessées m'avaient rendue méfiante) mais une amitié, cafés, cinés, il me présente ses potes, sorties à deux, diner en tête à tête chez lui... pendant sa cure au bord de la mer il m'écrit une longue lettre avec des phrases comme "ton visage raconte tant de choses".*J'étais seule et je commence à me faire des idées. De son côté, affirmera-t-il plus tard, il s'était "demandé s'il n'allait pas tomber amoureux" de moi.
Mais lorsque nous nous sommes revus, en sortant d'un ciné, une très très belle inconnue dans la rue a flashé sur lui et elle est venue le draguer sous mon nez, extrêmement hardie, elle a empoché son numéro et le lendemain il m'annonce qu'elle l'avait invité a aller seul avec elle à la piscine. Cette dragueuse était une beauté d'un mètre 78 /52 kg maxi, 18 ans, un physique de star américaine;.. moi à côté c'est vrai qu'avec 20 cm de moins et 8 ans + 8 kg de plus qu'elle, ma grosse tête longue et mon gros nez vilain je ne faisais plus le poids. Je l'avais sentie venir ,cette fille, et j'ai dit à Robert ce que j'en pensais, qu'elle le voulait, et maladroitement je me suis déclarée.
Jusqu'ici on est dans un truc banal.
Mais Robert a carrément explosé de rage en me traitant de parano ( faux, une semaine plus tard ils sortaient ensemble pour un, deux, trois ans....plus peut-être ?), en revendiquant son droit , sa liberté, en m'accusant de l'"écraser", de "me croire des droits sur lui" et en tournant contre moi ce que je lui avais confié de mes amours déçues "à cause de ce que tu m'as dit sur tes ex, je n'avais pas envie d'être ta 4ème victime, t'es une fille à problèmes qui doit se faire soigner" ! '
Terminée l'amitié, finie la confiance, Robert était dans une rage noire et m'a même jeté "tu crois sans doute que je m'intéresse à N...seulement à cause de son physique!"...mais il a néanmoins insisté pour qu'on "reste bons amis"
Bref, de quoi devenir folle et désespérée.
A cette époque je faisais une thérapie chez un mauvais psy qui m'a conseillé de faire comme cette fille et m'a dit que "oui, les hommes ça marche à la quéquette".
Sur quoi , de désespoir, je me suis saoulée à une soirée pour finir au lit avec avec le premier venu et ensuite j'ai eu 3 ou 4 aventures sans lendemain avec des inconnus.
Avec la rencontre d'amis chrétien, j'ai arrêté ces bêtises. Quelques années plus tard, à trente ans, j'ai rencontré mon futur époux et suis revenue vers l'Eglise. Mon époux porte d'ailleurs un patronyme qui en tchèque veut dire "celui qui revient à la maison" ou encore" il paie ses dettes"et ironie du sort, il est d'origine tchèque, comme Robert.
J'ai du mal à pardonner ce qui s'est passé. Cela revient sous formes de cauchemars.
J'essaie de m'expliquer pourquoi je n'arrive pas à tourner la page de cette histoire somme toute courte ( neuf mois) passée depuis longtemps. Et en même temps je me demande s'il n'y avait pas à l'oeuvre des forces obscures.
Même avec le recul de 26 années, cet épisode revient troubler mon sommeil et me faire souffrir.
Que faire, est-ce qu'il y a des prières ?



