pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 15:51
Il semblerait que Juda a pris au sérieux de ne pas se prendre au sérieux
La formule est plaisante mais me semble –pardonnez-moi – spécieuse : il me semble au contraire qu’il n’y a rien de plus sérieux que de se tuer, à moins de rentrer dans des considérations dignes de Gide et de « son acte gratuit » mais qui dans son cas sont à exclure. Je comprends bien que son choix n’aurait pas été le vôtre, mais il fut on ne peut plus sérieux et c’est pourquoi quasiment immédiat et dans la foulée de sa tentative de restitution monétaire qui m’inspire cette question : pensez-vous qu’il se serait tué si les prêtres avaient accepté « son argent » que dans un mouvement d’humeur significatif il ne reprend pas ?
Ne pensez-vous pas que « non », car cela aurait eu valeur pour lui (peut-être et-ce lâche mais c’est un autre sujet et qui confirme…) de rédemption (à défaut de pouvoir « faire quelque chose » ) ?
Ce qui répond à la fois à ceci :
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 15:51
Je constate que lui, le premier, s'est condamné tout seul.
Si Dieu lui laisse la liberté, que lui-même se condamne, quel sens cela aurait-il de le réhabiliter?
Nous faut-il être plus royalistes que le roi?
En ce sens où le refus des prêtres a eu valeur pour lui de refus Divin, d’injustice à son égard, de non-reconnaissance de la sincérité de sa démarche. Il a réagi alors impulsivement en jetant l’argent. Ce qui est dommage car s’il l’avait conservé il ne se serait sans doute pas suicidé mais aurait cherché « comment » se racheter par la question « qu’en faire » ? Il a été mis en désespoir, son stress s’est accru immensément…
Et à cela :
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 15:51
Veuillez considérez qu'il n'avait pas le couteau sous la gorge.. Il a pris une décision
Qui montre l’importance qu’il accordait à certes non pas une réparation qui lui semblait impossible (et vous-même reconnaissez qu’en cela il n’avait pas tout à fait tort), mais à une substitution qui lui permette d’exercer et de manifester un « ferme propos » qui en aurait la valeur et en tiendrait lieu, dans laquelle se reconstruire et espérer un pardon
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 15:51
cmoi a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 13:26
car m’accorderez-vous (question subsidiaire mais d’importance) que s’il en avait éprouvé, du repentir, il pourrait être sauvé ?
Oui
Nous allons donc poursuivre (c’est commencé…) en nous concentrant sur ce point, qui touche aussi, si vous voulez bien le reconnaître, à la notion de « plein consentement » concernant son suicide
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 15:51
Un repentir digne de ce nom eut inspiré à Juda de...remplacer Simon de Cyrène, par exemple. Le repentir mène à la repentance. Il cherche à réparer.
D’où sa souffrance de ne le pouvoir
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 15:51
Le remord n'est que la douleur ressentie.
Se préoccuper de son remord, c'est se préoccuper de son ego.
L' objectif premier du remord n'est pas de réparer au profit d'autrui, mais de soulager la douleur propre de celui qui la ressent, à son propre profit.
Nous sommes d’accord sur tous ces points. Reste à voir ce qu’il en est concernant Judas. Rien ne nous permet de dire qu’il ait voulu, en se suicidant, se débarrasser seulement de sa souffrance : pourquoi pas l’offrir en se privant de la vie qu’il affectionnait er qui était son bien le plus précieux, pour que sa peine soit « reconnue » ?
Il savait que sa souffrance disparaîtrait, il voulait « en profiter » pendant qu’elle était là pour avoir le courage de ce sacrifice : ce n’est pas se préoccuper de soi ! Et c’est très différent que « de se condamner tout seul »
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 15:51
Le remord peut évoluer en repentir, mais Juda, n'en était pas là.
Qu’en savons-nous ? C’est une spéculation mais la réalité connue n’exclut pas mon interprétation
pierrot2 a écrit : ↑lun. 03 août 2020, 15:51
Même lorsqu'il tente de restituer les pièces d'argent de la trahison, il dit que c'est parce qu'il a péché. Il se préoccupe d'abord de sa conscience. Il assume certes la vérité (il a livré un innocent à la mort), mais certes pas la justice, qu'il est bien en peine de produire (la délivrance de Jésus).
Vous n’êtes pas très « fair play » avec lui ! Rien indique « qu’il se préoccupe d’abord de sa conscience », il peut seulement en être inspiré d’agir et s’il se hâte de faire sa démarche, il me semble au contraire qu’il ne cherche pas à amadouer sa conscience mais qu’il l’écoute : il est simplement tombé sur les mauvaises personnes et qui nous dit comment les apôtres, s’il les avait sollicités, auraient ou ont réagi ? Il se montre ouvert aux autres, à un jugement, mais il ne rencontre qu’indifférence ou rejet, dénigrement…
N’aurait-il pas eu un tempérament impulsif qui lui aura joué un « sale tour » ? Je pense que si…